jeudi 19 octobre 2006

De l'art de bien adapter un roman

Il est de bonne guerre au cinéma de porter à l'écran des romans ou des nouvelles. Souvent la qualité est inégale, tout autant que celle des romans d'ailleurs. Souvent les adaptations déçoivent car elles reflètent mal l'univers du roman ou s'en démarquent trop. L'actualité cinématographique de ce mois d'octobre nous a proposé le passage sur grand écran de deux textes considérés pour l'un comme un classique de la littérature française, pour l'autre comme un des grands succès littéraires allemands des vingt dernières années.




Je ne m'étalerai pas trop sur l'adaptation trop libre du Grand Meaulnes réalisée par Jean-Daniel Verhaeghe. Bien que durant une heure quarante, ce long-métrage souffre de lourdeurs qui insupportent rapidement le spectateur le plus patient. Jean-Baptiste Maunier, vu dans les Choristes, porte mal la moustache et se révèle assez peu crédible en jeune instit de campagne alors qu'il n'a pas fini sa mue. Mais ce qui est plus décevant encore, c'est la façon dont Verhaeghe a travesti le roman au point de faire d'Yvonne de Galais une des pièces centrales du film alors qu'Alain-Fournier l'évoque à peine.
On pourra toujours dire qu'il s'agit d'un parti pris scénaristique, d'un procédé de suspense nécessaire pour maintenir en éveil le spectacteur. Le talent convaincant de Clémence Poesy (vue dans le dernier Harry Potter) à incarner cette Yvonne fantasmée par Verhaeghe fait perdre de sa cohérence au film et l'éloigne définitivement des bonnes adaptations de romans. Même un enseignant aura du mal à tirer parti de cette adaptation pour des cours sur le roman d'Alain-Fournier.

www.tfmdistribution.fr/legrandmeaulnes/



Passons plutôt à autre chose et à la relative bonne surprise qu'a constitué Le Parfum, histoire d'un meurtrier. Tom Tykwer, réalisateur de Cours, Lola! cours ! a hérité de la redoutable tâche de porter le texte de Patrick Süskind à l'écran. Originellement, Süskind pensait que son roman serait porté à l'écran par Stanley Kubrick. Mais le maître britannique jugea le livre inadaptable si bien que voir Grenouille, orphelin à l'odorat surdéveloppé, finit par devenir un serpent de mer de la production cinématographique : le projet ressurgissait sans jamais se concrétiser. La gageure relevait surtout de porter par l'image un univers romanesque fondé essentiellement sur l'odorat.

Au terme des deux heures et demie, les sentiments du spectateur sont contradictoires. L'ambiance glauque de Paris, les odeurs enivrantes de Grasse sont bien retranscrites : la photographie, la lumière et des angles de caméra mettent très bien l'histoire en valeur. Ben Whishaw est plus que convaincant : son jeu fait ressortir le côté animal et prédateur de Grenouille. Car à défaut de dialogues nombreux, c'est bien par son jeu, ses attitudes que Whishaw nous donne à voir la monstruosité de Grenouille. Alan Rickman qu'on a plutôt l'habitude de voir dans les adaptations d'Harry Potter est parfaitement en place en père surprotecteur de la toute jeune et resplendissante de fraîcheur Rachel Hurd-Wood, proie du chasseur d'odeur qu'est Grenouille. Dustin Hoffman assure un Cesare Baldini qui rappelle, toute proportion gardée, Salieri dans Amadeus.

Ensuite la deuxième partie du livre qui procédait de la métaphore en prend pour son grade. Tykwer expose clairement une gigantesque orgie sexuelle que Süskind évoquait à mots couverts . Il faut dire qu'à dix-sept ans, je ne maîtrisais pas la subtilité de la métaphore filée ou de l'hyperbole. Autre élément que j'avais oublié, quinze ans après ma découverte du Parfum: la surprotection dont souffrait la demoiselle Richis ne semble trouver de fin que dans le fait d'accepter son meurtre par Grenouille. L'ensemble est porté par une musique composée par le réalisateur, donc en parfaite symbiose avec l'image... Les choeurs éthérés et solos de harpe supportent très bien ce que Tykwer nous donne à voir.

Bref on peut dire que Tykwer a su à la fois préserver l'essence du livre (essence, parfum : jeu de mots laids!) et proposer une mise en scène personnelle mais cohérente avec l'esprit du livre. Si le film est encore projeté près de chez vous, n'hésitez pas un instant. Pour une fois, évitez la VO pour éviter une prononciation trop anglaise des patronymes français.

Pour le plaisir, je n'hésite pas à mettre l'affiche US du Parfum:

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vendredi 13 octobre 2006

Deux jolies découvertes...

Les sous-sols de Mexico n'ont pas fini de dévoiler leurs secrets. Ainsi a-t-on appris la découverte tout récente près du Zocalo d'un autel et d'un monolithe monumental.
Pesant plus de 11 tonnes le monolithe a à peine été sorti de terre et mesurerait près de 3,5 m de hauteur. Le reste est pour l'heure toujours en voie de dégagement et cacherait, selon les archéologues du Templo Mayor, une cache souterraine. Toujours est-il que Leonardo Lopez Lujan a déclaré qu'il s'agissait certainement de la découverte la plus importante depuis la découverte du Templo Mayor il y a 28 ans. Sur la face supérieure du monolithe, un énorme relief représenterait le Monstre terrestre sous son aspect mâle, Tlaltecuhtli, ou féminin, Tlazolteotl.
Sur une des frises de l'autel, on peut voir un relief peint du dieu de la pluie, Tlaloc, reconnaissable à sa peinture faciale bleues et aux grands cercles entourant ses yeux.






Bref pour en savoir plus, je vous laisse deux liens :

http://news.nationalgeographic.com/news/2006/10/061005-aztecs.html

http://news.bbc.co.uk/2/hi/americas/5409510.stm

La seconde découverte concerne Texcoco, ancien lieu de résidence du fameux roi-poète Nezahualcoyotl. Des fouilles de secours ont mis au jour une canalisation de près de 400 mètres de long à l'emplacement d'un futur supermarché Walmart. La société US a pris en partie les coûts de fouilles de sauvetage. Les archéologues ont exceptionnellement le terrain de fouilles au public avant que tout ne soit recouvert par le béton. Ce site est de première importance. Bon nombre de chroniques coloniales mettaient en avant la luxuriance des jardins de Nezualcoyotl.
J'espère que je pourrai y jeter un oeil à mon arrivée au DF.
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En revenant de Gerberoy

J'ai découvert dans le petit village de Crillon de magnifiques halles anciennes. Notez bien l'architecture typique du Pays de Bray. Toute cette partie de l'Oise a été épargnée par la première guerre mondiale. On est pourtant pas si loin des tranchées de la Somme ou de même des bunkers de la forêt de Tracy le Mont.




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mercredi 11 octobre 2006

Une petite visite...

...à Gerberoy.

Porte Notre Dame.
Photo B. Lobjois


Aujourd'hui ce petit village situé à la frontière de la Seine maritime et de l'Oise mène une vie tranquille. Pourtant dès l'Antiquité, les Romains en avaient fait une place de guerre, un oppidum de par son emplacement stratégique. Au Moyen-âge, Gerberoy garda cette vocation militaire parce qu'elle était placée sur les routes allant de Rouen à Beauvais et de Rouen à Amiens . Elle fut appelée ville par décision du roi Philippe-Auguste en 1202.

Une jolie maison bleue de 1697 devant l'ancienne porte de la forteresse.
Photo B. Lobjois

Plusieurs fois assiégée et incendiée, Gerberoy a connu une histoire mouvementée jusqu'au XVème siècle. Par la suite, lamajeure partie des remparts fut détruite pour laisser place à des résidences construites en briques ou en terre séchée.A l'exception de la rue principale, la majorité des voies est pavée et on peut encore voir la trace des roues de charettes ou de diligences qui passaient alors. Certaines maisons possèdent encore leur date d'édification et d'autres possèdent des petits-reliefs sculptées au-dessus des portes ou des fenêtres.

Une jolie maison en brique et la rue principale de Gerberoy
Photos B. Lobjois

Gerberoy connut tout de même des hôtes prestigieux. Ce fut d'abord Henri IV, blessé lors de la bataille d'Arques qui y trouva refuge en 1591. Au cours du siècle suivant la majeure partie des maisons qu'on peut voir aujourd'hui furent construites. La plus ancienne date de 1621. Louis XIII et le cardinal de Richelieu firent également halte à Gerberoy.



Choeur et chapelle de la Collégiale Saint Pierre.
Photos B. Lobjois.

La renommée de Gerberoy a longtemps reposé sur une collégiale qui fut érigée dès le XIème siècle : elle y recueillait les chanoines de Beauvais qui étaient trop vieux. La collégiale actuelle, bâtie au XVème siècle, comporte une nef entièrement boisée et un choeur de stalles précieusement sculptées. Beaucoup d'éléments baroques y ont été ajoutés.Sur certains murs, on peut voir des tapisseries de la manufacture de Beauvais dont la renommée était égale à celle d'Aubusson. Nous avions visité la collégiale quelques jours avant notre mariage et quelle n'a pas été notre surprise en voyant. Malheureusement les clichés que j'avais pris à cette occasion ont été formatés. Dommage car la décoration était simple mais sublime.


L'ancien hôtel de ville date du XVIIIème et repose au-dessus de halles construites en briques.



Ancien Hôtel de Ville et Halles de Gerberoy
Photo B. Lobjois

Au XXème siècle, c'est le peintre Henri le Sidaner qui a mis en valeur Gerberoy à travers une série de toiles où architecture ancienne et fleurs épanouies vivent en symbiose.

Gerberoy, ville des fleurs en général et des roses en particulier.
Photo B. Lobjois

La rose est un des emblèmes de la ville. Chaque année, au mois de juin, a lieu la Fête des roses: on peut y voir une grande exposition florale à même les murs de la ville et de nombreuses toiles de peintres contemporains amoureux des natures mortes et du patrimoine.
De part son patrimoine authentique et parfaitement conservé, Gerberoy fait partie des 150 plus beaux villages de France. J'espère vous avoir donné envie de vous y rendre et d'y découvrir senteurs et vieilles pierres.
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Pour en savoir plus sur Gerberoy :

http://perso.orange.fr/..mairie-gerberoy/sommaire.htm
http://perso.orange.fr/jean-pierre.his/gerberoy2006/navigation.html

Un petit bonus : voici un petit relief visible au-dessus d'une porte et représentant Saint-Michel terrassant le dragon. Comme je le disais à Karina, il est curieux de voir que Saint Michel à peu près partout où nous nous rendons.

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mardi 10 octobre 2006

Des affres de l'expatriation

Maintenant que le billet est là, que ma décision de partir est prise, il faut mettre la machine en branle. Je dois dire que je le fais à reculons.

Première étape : ma bibliothèque. J'avais décidé la semaine passée de scanner un paquet mais l'installation des pilotes du scanner de mon frère a fait planter tout mon PC. Résultat : formatage et réinstallation de l'ensemble des programmes. Bref, je vais faire ça à l'ancienne : appareil photo numérique, fond blanc et je mettrais tout sur un DVD ensuite.

Au cas où je n'aurai pas assez de poids, je me suis renseigné sur l'excédent de bagages autorisé sur Aeromexico. Pour cents US $, je peux embarquer jusqu'à trente-deux kilos supplémentaires. Pour deux cents dollars, je peux aller jusque cinquante kilos. Je dois encore vérifier les valises pour embarquer mon barda, faire des choix cornéliens sur ce qui m'accompagnent ou non.

Dernier point et non le moindre, il me faut passer en divx tous les DVD que j'ai et là sur ce point, ça merdoie. J'ai du mal à ripper et encoder en VOST, mon format préféré pour regarder les films. J'espère avoir trouvé la solution.
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Biographie de la faim


Amélie Nothomb fait partie de mes auteurs contemporains préférés. Je dois avoir 5 ou 6 de ses bouquins. J'achève actuellement la lecture de Biographie de la faim.

Voilà près de 7 ans qu'Amélie Nothomb surprenait le landernau littéraire et le public avec la parution de Stupeurs et tremblements. Jeune Belge immigré au Japon, elle y rapportait les aléas et affres de son métier au sein d'une grande compagnie japonaise, finissant par toucher l'abîme et la lie. On y voyait une vision morbide de la vie, une acceptation de l'humiliation et des traits les plus repoussants de la mentalité d'entreprise japonaise (heureusement qu'ils se rattrapent sur d'autres choses! Smile

L'année passée paraissait Biographie de la faim. Si j'en parle maintenant, c'est parce que je préfère acheter les bouquins en poche. L'auteur traite de sa petite enfance et de son adolescence passées au gré des mutations diplomatiques de son père. Les bribes de souvenirs sont rapportées avec force détails passaint ainsi par le Japon, la Chine, les USA, la Birmanie... Que nous raconte-t-elle d'autres? Ce qui a fait son enfance, ses addictions au sucre, son plaisir de l'alcool, sa relation fusionnelle avec sa soeur, la rupture de certains interdits quand on est enfant.

Certes Amélie Nothomb a le don du détail, de l'anecdote mais on termine poussivement son texte. Il y a trop de redites, l'ensemble manque de rythme et fait penser davantage à une pelote de souvenirs, de sensations qu'il faut démêler. L'auteur belge montre aussi son goût de mots désuets ou inusités qui pourraient rebuter certains lecteurs...

Bref, ça n'est certainement pas le meilleur de Nothomb. Mieux vaut relire ces premières oeuvres, notamment les pièces de théâtre comme Peplum ou les Combustibles.


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