mardi 7 novembre 2006

Vamos ! A très bientôt sur le net

Une petite note pour saluer mes lecteurs et lectrices. Je pars dans quelques heures maintenant (13h40 à Paris). Mon état d'esprit est quelque peu confus : angoisse, stress, joie, colère (contre la compagnie qui a réduit le poids autorisé)... J'ai déjà pleuré. Je pleurerai certainement en voyant ma mère. Je pleurerai sur place en pensant à mes ami(e)s si loin de moi.
J'espère que le jeu en vaudra la chandelle. Je pars dans le vide en pensant à vous toutes et tous, mes contacts, mes ami(e)s, mes collègues. Prenez bien soin de vos familles et de vous-mêmes.
A très bientôt depuis Monterrey !

Je vous aime et vous resterez toujours auprès de moi.

PS: pensez à rester chez vous en juillet l'année prochaine, histoire de vous rendre visite.
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dimanche 5 novembre 2006

Ma vision de Mexico D.F.

Que diraient les Aztèques s’ils voyaient leur capitale Tenochtitlan telle qu’elle est aujourd’hui ? Probablement maudiraient-ils leurs descendants d’avoir asséché la grande lagune, d’avoir construit sur ces lieux sacrés que sont les montagnes. Comment prétendre alors connaître une telle ville, moi le Franchute ?
Car il faut bien se rendre à l’évidence : le Distrito Federal est devenu incontrôlable, insondable. La mégapole ne cesse d’enfler, de coloniser les montagnes et les vallées situées à plus de 100 km de son centre, le Zocalo, lieu de toutes les manifestations politiques, culturelles et sociales (parfois les trois simultanément). Dès qu'on arrive en ville, un grouillement permanent de vie vous saute à la figure. A six heures du matin les tiendas des petits vendeurs grouillent de clients dévorant leurs tacos al pastor ou leurs quesadillas (galettes de maïs remplies de viande ou de fromage fondu) et vidant leur bouteille de soda. Pour vous réveiller matinalement, il suffit de laisser sa fenêtre ouverte d’écouter le crieur de gaz ou l’éboueur dans la rue.



C’est près du Zocalo et de son drapeau tricolore gigantesque que se trouvent trois monuments symbolisant à eux seuls le Mexique. Le Palais présidentiel est un bâtiment colossal bien gardé par des militaires assez tatillons. Mais le portail franchi, quel bonheur de voir les fresques du maître Diego Rivera ! Elles racontent de manière très subjective (Rivera ayant longtemps été le chef du Parti Communiste mexicain) les souffrances endurées par les peuples préhispaniques, l’oppression des grands propriétaires terriens et des grands financiers capitalistes (sic !)...









Coincé au nord-est du Zocalo, les ruines aztèques du Templo Mayor mises au jour à la fin des années 1970 se donnent en spectacle aux badauds et aux touristes curieux. Le centre de Mexico est bâti sur l’ancien centre cérémoniel préhispanique de Tenochtitlan. La lagune et les nappes phréatiques ayant été asséchées, les sols se recroquevillent et font pencher les bâtiments, voire les détruisent. La cathédrale n’échappe pas à la règle.

Une personne curieuse et prudente n’hésitera pas à se rendre dans les rues annexes du Templo Mayor, que sont Argentina ou Moneda. C’est là qu’on peut voir quotidiennement le plus grand marché à l’air libre de la ville. On y trouvera aussi bien des pantalons que des coupe-ongles ou de mauvaises reproductions d’objets précolombiens. En fait ces vendeurs sont sous la coupe de dirigeant(e)s mafieux(ses) qui n’hésitent pas à blanchir leur argent sale en fabriquant des contrefaçons à des prix défiants toutes concurrences. Si le cœur et surtout si vos intestins vous en disent, n’hésitez pas à manger dans la rue auprès des locaux. Si vous recherchez des nourritures plus spirituelles, il faut parcourir la Calle de las Donceles : c’est la rue des bouquinistes et des libraires.

A cinq cents mètres à l’ouest du Zocalo, se trouve le Palacio de Bellas Artes qui tient à la fois de grande salle de concerts classiques et d’opéras, mais aussi de lieu d’expositions. Vous pourrez y voir une petite trace française avec une bouche de métro offerte en son temps par la ville de Paris. D’ailleurs la station Louvre contient une trace de ce jumelage entre les métros chilango et parisien. A côté du Palacio se trouve la Torre Latino-Americana.

A elle seule la ville de l’Aigle dévorant le serpent regroupe un quart de la population du pays, soit vingt-cinq millions de Chilangos (nom dont les locaux s’affublent). Et, je me suis retrouvé ainsi sur des plus longues avenues du monde : le Paseo de la Reforma mesure en effet environ cinq kilomètres de long. Il comporte des sculptures de grande taille: la statue de Cuauhtemoc, le dernier empereur aztèque, et l’Ange de l'indépendance.


Au milieu des minibus ou des vochos (les fameuses cocinelles vertes et blanches), difficile de se faire entendre ou de comprendre ce qu’on peut vous demander. Que faire ? Où aller ? Il y a tant à visiter. Le bon plan, c’est encore d’avoir des amis du cru chez qui loger. Ils vous conseillent les bons petits restos ou boutiques aux prix raisonnable. Ils vous emmènent au marché du quartier. Là les odeurs de chicharrones (couenne de porc frite dans l’huile), de papaye, de tepache (cidre d’ananas fermenté), de quesadillas de maïs vert au huitlacoche (une moisissure du maïs), s’entremêlent. Les couleurs vives sont partout, notamment quand il s’agit de préparer le jour des Morts début novembre.


Pour les amateurs de calme et de verdure, deux solutions s’offrent. La première est de visiter le piège à touriste que sont les jardins flottants de Xochimilco (Le lieu des champs de fleurs) au sud-est de la ville. Patrimoine mondial de l’humanité, ils sont jumelés avec les hortillonnages d’Amiens (Picardie quand tu nous tiens !). Le calme y est relatif dans la mesure où vous pouvez écouter des mariachis chanter pour les couples sur les barques.
Plus intéressante est la visite de Coyoacan (Le lieu des coyotes). Ce quartier est le lieu des intellectuels et artistes fortunés. C’est là que se trouvent les demeures-musées de Frida Kahlo, de Diego Rivera ou de Léon Trotsky. Exilé au Mexique, il périt assassiné par un partisan de Staline. En novembre, le musée des Arts traditionnels organise une foire des cuisines régionales. Un vrai régal pour le palais. A quelques dizaines de mètres, la grand-place de Coyoacan est remplie de familles, d’étudiants, de couples venus déguster des glaces à l’ombre des arbres. Des jeunes mariés quittent leur vieille voiture pour rejoindre tranquillement l’Eglise de style colonial. La Maison de Cortés se dresse devant nous, austère mais tellement ancienne.

N’allez pas croire que Mexico est une ville idyllique. Comme dans toute grande ville, la mendicité est là pour rappeler la précarité de bon nombre de Mexicains. N’allez pas croire qu’ils ne font rien : le Mexicain est travailleur, ne dispose pas de SMIC, d’assedic, de retraite ou de Sécurité Sociale. Il n’est donc pas étonnant de voir des petits vieux de soixante-quinze ou quatre-vingts ans passer dans les rames de métro pour vous revendre des compils de MP3 pirates ou des paquets de chewing-gums.
Mexico est sans doute une des villes les plus polluées au monde. Située à 2200 mètres d'altitude, elle est couverte par un smog pendant 300 jours par an. Autant dire qu'il faut s'habituer à la pression atmosphérique et aussi se prémunir des infections respiratoires.
Tepito est certainement le quartier le plus dangereux de la ville. Situé à quelques encablures du centre, les narco-trafiquants y font leurs affaires en toute impunité, parfois avec la complicité de certains policiers véreux. Les élites riches de la ville ont également leur quartier farouchement surveillé et protégé. Las Lomas est un immense Neuilly sur Seine avec des barbelés et des soldats à chaque entrée.

Je garderai toujours une image bien représentative du passé, du présent et de l’avenir de cette ville résolument active et accueillante : on peut y voir les ruines du Templo Mayor, la cathédrale et la Torre Latino-Americana.

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jeudi 2 novembre 2006

Un petit plus : Pan de muertos

Un petit bonus pour les gourmands:

Pour 8 à 10 personnes, il vous faut :
550g de farine de blé type 55
Un sachet de levure de boulanger lyophilisée (11g), ou 20g de levure de boulanger fraîche
2 oeufs
3 jaunes d'oeufs
190g de sucre en poudre
1 cuillère à café de sel
200g de beurre en pommade
1 cuillère à soupe d'eau de fleurs d'oranger
1 cuillère à café de zestes d'orange
110ml de lait tiède
1 cuillère à soupe de sucre glace

Versez la farine dans un saladier. Creusez un puits au milieu de la farine et versez-y le beurre, la levure préalablement délayée dans le lait tiède, les oeufs entiers et les jaunes d'oeufs battus, l'eau de fleurs d'oranger, les zestes d'orange, 90g de sucre et le sel. Incorporez peu à peu les ingrédients à la farine, et formez une boule. Couvrez d'un linge propre, et laissez la pâte doubler de volume (entre 45mn et 1h15, en fonction de la température ambiante).

Tapotez la pâte pour qu'elle s'affaisse. Formez une boule dont vous prélèverez environ 150g pour former les décorations sur le dessus du pain. Façonnez une boule de la taille d'une noix que vous collerez avec un peu d'eau au centre du pain. Enfin, avec le reste de pâte, modelez puis collez 6 branches en forme d'os ou de larmes.
Couvrez le pain d'un linge propre et laissez-le reposer pendant 1h30 à 2h, jusqu'à ce qu'il ait doublé de volume.

Placez le pain dans le four préchauffé à 190°C et laissez-le cuire pendant 20mn. Réduisez la température du four à 170°C et poursuivez la cuisson pendant 10mn. Sortez le pain du four et laissez-le refroidir sur une grille.

Faites fondre le sucre glace dans un peu d'eau. Avec un pinceau, appliquez-le sur le pain et saupoudrez-le immédiatement de sucre semoule.

Recette visible sur :
http://saveursmexicaines.blogspot.com/2005/10/le-pain-des-morts.html
http://forum.mexique-fr.com/index.php
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mercredi 1 novembre 2006

Feliz Dia de Muertos !

Un jour par an, les morts se rappellent aux bons souvenirs des vivants et ces derniers leur doivent quelque chose. Pour le Jour des Morts, on décore tout : les maisons, les édifices publics, les administrations, mais surtout les cimetières.



Tombes décorées et copieusement garnies de victuailles, Tzintzuntzan, Michoacan,
novembre 2004.

L'ambiance se caractérise par un mélange de fête, de joie et en même temps de mysticisme, de religiosité et de respect. On peut voir des couleurs à foison et sentir les effluves de copal (une résine de pin que l'on brûle comme de l'encens sous forme de petites boules) ou des délicieux plats typiques. L'état du Michoacan, situé à environ trois heures à l'ouest de Mexico, comprend les manifestations les plus authentiques et les plus colorées du Jour des Morts au point que de nombreux touristes, la plupart du temps mexicains, s'y pressent.



Personnes priant, cimetière de Tzintzuntzan, Michoacan, 3 novembre 2004

La nuit du 2 au 3 novembre est le moment où l'on se souvient d'êtres chers qui ont quitté ce monde. Cette célébration es le résultat du mélange entre l'héritage indigène et les traditions apportées au Mexique par les Espagnols pendant la Conquête (début du XVIème siècle). La famille se réunit pour réaliser un autel dans la maison. C'est à cette date en effet que l'âme des défunts vient de l'au-delà pour visiter sa famille. Le but de cet autel est de "souhaiter la bienvenue" à ces êtres pour qu'ils se régalent de toutes les choses qu'ils appréciaient lorsqu'ils étaient vivants, notamment en matière de cuisine.



Autel du Palacio del Ayutamiento, Morelia, Michoacan, 2 novembre 2004




Autel du Palacion del Gobernador, Morelia, Michoacan, novembre 2004.

Le dessin suivant montre un peu les éléments que l'on met sur ce qu'on appelle Altar de Muertos ou Autel des Morts.

Sur une table, on déploie une nappe de couleurs vives et "sérieuses". Parmi les couleurs vives, on compte le rouge, l'orange et le jaune. Comme couleurs "sérieuses", on met le pourpre, le bleu foncé, le fuschia. Les couleurs vives manifestent la joie car il faut se souvenir que c'est un jour de fête. Les couleurs "sérieuses" représentent le côté mystique, religieux de la célébration. Sur la nappe, on dispose tous les éléments de caractère religieux ou païens.

Parmi les éléments religieux, on va mettre au centre la ou les photos des personnes dont on va se souvenir. De part et d'autre de la photo, on place des bougies qui sont là pour éclairer l'âme du défunt. Devant la photo, on place trois calaveritas de azucar, ou crânes en sucre : deux petites et une grande. Elles représentent la Sainte Trinité catholique, la plus grande symbolisant le Père, les deux petites, le Fils et le Saint Esprit. A droite de la photo, on met une image pieuse (un saint ou une vierge que le défunt avait l'habitude de prier). Toujours devant la photo, on dépose une assiette de sel parce qu'il représente la vie.
Près de la photo, on met un verre d'eau. Le voyage des défunts est en effet long et fatiguant : ainsi ils boiront un peu avant de profiter de leur banquet. On place aussi un petit brûleur où brûle du copal ou de l'encens pour que les mauvais esprits s'éloignent de l'âme du défunt et de la maison. Cela sert également à élever les prières de la famille pour le défunt. Sur le pourtour de l'autel, on met des fleurs oranges, notamment des têtes de zempaxuchitl, d'oeillets. Ces fleurs s'offrent uniquement à ce moment de l'année et leur couleur donne de la joie et décore donc l'autel.



Altar de muertos, octobre 2004, Mexico


Sur le sol, devant l'autel, on fait un chemin d'oeillets par lequel les âmes des défunts vont arriver. Au milieu du chemin, on réalise une croix de cendres de feuille de palme. La cendre rappelle à l'homme "qu'il est poussière et qu'il redeviendra poussière au moment de quitter ce monde". La croix fait référence à la religion et symbolise surtout les quatre points cardinaux. On ne sait pas en effet d'où va venir l'esprit. C'est pour cela qu'on pose une bougie à chaque extrémité de la croix : l'esprit ne se perd pas sur le chemin et arrive jusqu'à sa famille.

Les éléments qu'il ne faut surtout pas oublier sont les aliments et la boisson (liqueur) qui plaisaient au défunt. Ils sont là pour qu'il profite du moment. On y met ses plats préférés, des plats typiques de sa région comme du poulet au mole (sauce au cacao, au piment et à l'amaranthe), du riz à la mexicaine, des tamales (boulettes de farine de maïs cuites à la vapeur dans de grandes feuilles de maïs), des fruits, des bonbons... Il ne faut surtout pas oublier le fameux Pan de Muertos ou Pain des morts. Cette brioche parfumée à la fleur d'oranger est décoré de lignes et de points qui représentent les articulations et les os des morts. On place à proximité la boisson favorie du défunt (chocolat, café, tequila, mezcal...) ainsi qu'un objet rappelant ses occupations préférées (cigare, instrument de musique, livre...).Enfin, tout autour de l'autel et à l'intérieur de la maison, on accroche des guirlandes de papel picado ou papier chinois découpés de manière à créer des formes géométriques, des animaux, des têtes de mort etc. Ils sont là pour rappeler le caractère festif du Jour des morts.


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