mardi 27 février 2007

L’Evangile selon Pilate, d'Eric-Emmanuel Schmitt

Une autre chronique littéraire sur un bouquin fascinant, par un auteur qui traduit merveilleusement l'humanité dont nous sommes tous constitués. Publié en avril 2005.

A l’heure où le monde entier se passionne pour Dan Brown et son Da Vinci Code, il me paraissait intéressant d’évoquer une autre enquête policière, sérieusement documentée et livrant une vision des origines du christianisme. Pas besoin d’être spécialement croyant pour lire mon coup de cœur littéraire du mois.

L’Evangile selon Pilate dérange à plus d’un titre. Les évangiles sont les récits de la vie et de la passion ultime de Jésus. La tradition chrétienne en admet quatre : ceux des apôtres Luc, Matthieu, Marc, Jean. Ils sont sensés dispenser la Bonne Nouvelle, l'arrivée du Royaume de Jésus, le royaume du cœur. Pourquoi alors en attribuer un à celui qui l’a condamné sous la pression des rabbins de Jérusalem ?

Le roman d’Eric-Emmanuel Schmitt prend le contrepied des textes officiels. Le langage est simple, courant parfois familier. Son écriture fluide nous permet d’avancer rapidement dans le récit. Il nous livre dans un premier temps une longue introspection de Jésus alors qu’il attend patiemment la garde romaine venue l’arrêter après la trahison de Judas. Cette trahison elle-même est en contresens complet avec l’image que l’on se fait de Judas. A vous de découvrir comment...

On y décèle un Jésus qui doute perpétuellement de sa messianité, de son ascendance divine, des miracles qu’il accomplit. Bref un homme on ne peut plus simple et manquant de confiance en soi. Là encore, Schmitt s’amuse à casser les conventions et les images d’Epinal.

Pilate, préfet romain de Judée, prend alors la suite du récit. Il évoque, dans une correspondance épistolaire avec son frère, la mystérieuse disparition du corps du Christ et la longue enquête qui l’oblige à agir rapidement pour éviter une crise politique et religieuse. Comme Jésus, il cherche à expliquer ce qui doit demeurer irrationnel. Mais plus que le fonctionnaire romain, c’est l’homme qu’on voit, le mari aimant, le futur père…

Voici un petit extrait situé juste avant l’arrestation de Jésus :
« Allons, je tiendrai bon, je tiendrai ferme. Aucun cri ne m’échappera. Que suis-je donc lent à croire ! Comme la nature est forte contre la grâce ! Allons, remettons-nous. Ce que je crains n’est rien en regard de ce que j’espère.
Mais voici la cohorte qui apparaît à travers les arbres. Yehoûdah porte une lanterne et mène les soldats. Il s’approche. Il me désigne.
J’ai peur.
Je doute.
Je voudrais me sauver.
Mon Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Le livre de Schmitt peut paraître iconoclaste : il n’en est rien. Il ne fait que présenter sous un jour humain deux personnages qui se sont rencontrés fortuitement pour que leur destin respectif puisse s’accomplir. Schmitt est un touche à tout, il a écrit de nombreuses pièces de théâtre. Certains de ses romans ont été portés au grand écran. Dans la lignée de l’Evangile selon Pilate, il convient de lire La part de l’autre qui évoque le destin de Hitler s’il avait été admis à l’école des Beaux-Arts de Vienne… Schmitt n’est pas sulfureux, il est juste humain, trop humain…

http://www.eric-emmanuel-schmitt.com
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L'art au Mexique

Un de mes articles préférés publié en avril 2005...

« Aaaaahhhh, Esteban, Zia, Tao les cités d’or !! »… Il ne s’agit pas de vous proposer un karaoké des génériques de dessins animés des années 80, mais de vous faire voyager dans le temps et les arts du pays des Cités d’or chères à l’enfance de certaines forumeuses et certains forumeurs.

Parler de l’art au Mexique, c’est comme parler de l’art en Italie ou Chine. Cela relève du défi, tant les styles et les traditions artistiques sont anciennes et variées dans un pays grand comme quatre fois la France. Les premières manifestations esthétiques remontent à 2000 ou 3000 ans avant Jésus Christ. Ce mois-ci, je vous propose simplement de nous attarder sur les civilisations précolombiennes que sont les Mayas et les Aztèques. Bien loin d’être mortes, leurs traditions picturales ont inspiré bon nombre d’artistes mexicains modernes et contemporains comme nous le verrons avec Frida Kahlo et Diego Rivera.


Ill. 1. Carte de la Mésoamérique



Les Mayas
Respectons un tant soit peu la chronologie qui fait des Mayas une civilisation plus ancienne que les Aztèques. Les Mayas sont dans une continuité culturelle initiée par les Olmèques vers 1500 avant Jésus Christ.



Ill. 2. Tête olmèque, basalte, Hauteur : 2,85 m, Musée universitaire de Xalapa, Veracruz.


Les témoignages archéologiques les plus anciens concernant les mayas remontent au deuxième siècle avant Jésus Christ.

Les sociétés mayas se développent autour de grands centres cérémoniels pouvant s’étaler sur plusieurs dizaines de kilomètres carrés. Retenons parmi les plus importantes Palenque (voir mes photos de carnet de voyage dans la Gazette n°7), Tikal située au Guatemala dont les pyramides ont depuis servi de décor pour La guerre des étoiles. Tous étaient recouverts de stucs peints de couleurs extrêmement vives dont il ne reste que de très rares fragments à cause des conditions climatiques.


Ill. 3. Vue générale du Temple de la Croix, Palenque, Chiapas.


L’âge d’or des Mayas s’étend de 300 à 800 de notre ère. C’est durant cette période que les arts (architecture, sculpture, céramiques, peintures…) sont les plus variés. On y trouve des encensoirs, des personnages représentés parfois avec expression réaliste.


Ill. 4. Personnages mayas, céramique, origine inconnue, Musée National d’Anthropologie, Mexico.


Certains groupes mayas n’hésiteront pas à effectuer des guerres de conquêtes en plein centre du Mexique comme en témoignent les peintures murales de Cacaxtla


Ill. 5. Peinture murale de la Bataille, Edifice A, Cacaxtla, Tlaxcala (vers 800 après Jésus-Christ).


Les arts se sont développés jusque 1200 après Jésus-Christ dans la cité de Mayapan, influencée par les arts le Mexique central. Pour les explorateurs du XIXe siècle, les Mayas équivalaient, par leur finesse et leur érudition, aux cités grecques antiques. Les raisons de la chute des nombreux royaumes mayas posent encore de nombreux problèmes aux archéologues. Une combinaison de facteurs semble avoir eu raison de leurs richesses : sècheresse prolongée, multiplication des guerres entre cités…



Ill. 6. Relief stuqué, Pyramide de Kukulkan, Mayapan, Yucatan.


Ce sont encore 22 idiomes mayas qui sont parlés actuellement au Guatemala, au Mexique, au Salvador, au Belize et au Honduras.


Les Aztèques


A la période où les Mayas dominaient le sud du Mexique, le centre du pays voyait la succession d’empires politiques et économiques important comme Teotihuacan (150-650 après Jésus-Christ) et Tula (950-1000 après Jésus-Christ).


Ill. 7. Peinture murale dite du Tlalocan, Tepantitla, Teotihuacan, Etat de Mexico.



Ill. 8. Atlantes, Hauteur : 4,5 m, Edifice B, Tula, Hidalgo (Photo de Heath Anderson).


Les récits collectés par les Espagnols rapportent la légende de ce peuple nomade dont le dieu tutélaire, Huitzilopochtli, avait indiqué comme lieu d'établissement un cactus où on verrait un aigle dévorer un serpent (emblème figurant sur le drapeau mexicain). La réalité historique tend à montrer qu’en fait les Aztèques se sont établis à un endroit déjà occupé. A partir du XIIIème siècle, ils ont développé rapidement un empire militaire et commercial considérable, récupérant ainsi des matériaux précieux pour représenter leurs dieux et préparer leurs instruments rituels.

Leur religion était marquée par le respect scrupuleux d’un calendrier de fêtes et de sacrifices importants, animaux et humains. Leur but était la bonne marche de l’univers et ils observaient soigneusement les phénomènes célestes et nocturnes comme les Mayas d’ailleurs. Quoi de plus normal alors que de rappeler les mythes de la création de la présente humanité et le rôle que les dieux ont pu jouer à travers céramiques, sculptures ou peintures. ?




Ill. 9. Serpent à plumes, rampe d’escalier sud, Grand Temple, Mexico, vers 1470.


A la différence des Mayas, les Aztèques possédaient un état centralisé autour de Tenochtitlan. L’empereur (tlatloani en langue aztèque) dirigeait les affaires de l’Empire tandis que le femme-serpent (Cihuacoatl) avait la charge des affaires de la capitale.

Frida Kahlo et Diego Rivera



Ill. 10. Diego et moi, 1931. Frida Kahlo, huile sur toile, 99 x 80cm, Musée d’art moderne de San Francisco.


Leur couple fait la fierté même des Mexicains. Frida (1907-1954) est la quatrième fille d’une mexicaine catholique et d’un austro-allemand juif. Cette double culture s’enrichit fortement de sa passion pour le passé glorieux de son pays. Atteinte par la poliomyélite, gravement blessée dans un accident de circulation à l’âge de 17 ans qui lui de nombreux opérations à la colonne vertébrale, elle a trouvé refuge dans la peinture.

L’exacerbation de ses sentiments, de ses douleurs, de ses rêves peuple bon nombre de ses autoportraits. Elle devient rapidement la coqueluche des Surréalistes européens comme Breton. Elle peint également de nombreux portraits de sa famille ou de ses proches.
Femme en avance sur temps, Frida devient une militante communiste de premier plan. Cet engagement politique n’est pas le fruit du hasard. Elle fréquente l’intelligentsia mexicaine, notamment Diego Rivera, secrétaire général du Parti communiste ouvrier mexicain.

Peintre muraliste, Rivera est l’auteur de très nombreuses fresques ornant la plupart des monuments publics de Mexico. Malgré la grande différence d’âge qui les séparait (Rivera étant né en 1886) et l’opposition de la mère de Frida, leur mariage fut loin d’être celui « d’un éléphant et d’une colombe ». L’un comme l’autre étaient assez volages. Leurs séparations répétées ne mettaient que plus en avant leur amour et leur admiration mutuelle.

Les arts maya, aztèque et teotihuacan ont une importance considérable dans leur carrière personnelle. Nombreuses sont les toiles de Frida où on peut voir des masques de Teotihuacan. Son ennuyeux séjour aux Etats-Unis, alors que Diego avait de nombreuses commandes à y honorer, rappelle le besoin chez Frida de ses racines mexicaines.

Dans son autoportrait de 1932, Frida se peint au centre de l'euvre partagée entre la puissante et moderne industrie américaine à sa gauche, et un profond enracinement des cultures mésoaméricaines à sa droite. On peut voir qu'elle a pris soin de figurer des masques de Teotihucan, un pyramide ainsi qu'une tête de mort sculptée. Cette dernière est semblable à celles visibles sur le râtelier de crânes, autel rituel que les Aztèques et les certains Mayas utilisaient pour exposer les têtes de leurs victimes sacrificielles.


Ill. 11. Autoportrait debout à la frontière du Mexique et des Etats-Unis, 1932. Frida Kahlo, huile sur Métal, 31 x 35 cm, Collection Manuel et Maria Reyero, New York. In Prignitz-Poda, 2004.


Les fresques ornant le Palais National à Mexico rapportent les principales étapes de l’histoire de ce pays. On y voit notamment Quetzalcoatl, le dieu Serpent à plumes et emblème du pouvoir pour les souverains aztèques, représenté à proximité des héros de l’indépendance Mexicaine (1821) ou de la Révolution (1911-1920).

La fresque ci-dessous fait partie d'un ensemble dont le sujet est l'ancienne Mexico-Tenochtitlan. A l'arrière-plan se détache le Grand Temple consacrée à Tlaloc (dieu de la pluie) et Huitzilopochtli (dieu du soleil). Au centre de l'oeuvre, le tlatoani assiste au marché foisonnant de la ville. De nombreux corps de métiers y sont représentés : vanneurs, oiseleurs...




Ill. 12. Marché de Tenochtitlan, 1945, détail. Diego Rivera, fresque, Palacio Nacional, Mexico.


Malade au point de se faire amputer d’une jambe puis d’être alitée en permanence à cause des séquelles de son accident, Frida s’éteignit en 1954. Diego décéda trois ans plus tard. Aujourd’hui encore, leur place est importante dans l’inconscient mexicain. Ils symbolisent le couple mexicain par excellence mais également l’enracinement profond des arts contemporains de ce pays dans les traditions picturales précolombiennes.

Références bibliographiques :

Maria Longhena, 2001. Le Mexique ancien, Gründ.
Nikolaï Grube, 2002. Les Mayas : art et civilisation. Könemann.
Claude-François Baudez, 2004. Les Mayas. Guide Belles Lettres des Civilisations, Les Belles Lettres, Paris.
Helga Prignitz-Poda, 2004. Frida Kahlo, Gallimard, Paris.
Hayden Ferrera, 1996. Frida, une biographie de Frida Kahlo, Livre de poche, Paris.

Sites internet :

http://perso.wanadoo.fr/fatthalin/louvre/histoire_art/pre_colombien/precolombien1.html (en français)
http://www.mexonline.com/precolum.htm (en anglais)
http://www.fridakahlo.it/ (en anglais)
http://www.chez.com/frida/ (en français)
http://www.diegorivera.com/index.php (en anglais)

Sauf mention contraire, les photos ont été prises par le rédacteur de cet article. Merci de me contacter si vous souhaitez les utiliser
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Tribulations en pays maya

Un ressenti de voyage publié dans la Gazette mars 2005 suite à mon voyage de novembre 2004, au sortir d'une douloureuse rupture sentimentale.

Voyage, voyage, nous chantait une femme sans désir... Ce mois-ci découvrez avec votre guide, Cuervo, le Mexique, sous un autre angle, évitez la dictature des grands chemins touristiques...


Le Mexique se limite pas aux sombreros, à ses déserts ou à la mégalopole qui lui sert de capitale : Mexico. En dépit d’un flux touristique de plus en plus important et d’une présence américaine de plus en plus marquée, la République fédérale des Etats-Unis du Mexique a conservé de nombreux endroits où l’authenticité, la curiosité restent souvent de mise. Voici quelques extraits d’un journal de voyage (le deuxième) dans une partie les plus chaudes et les plus colorées de mon pays d’adoption : le pays maya…



Ill. Paysage du Veracruz.


Mérida (Yucatan), jeudi 21 octobre 2004.
Lever à 7 heures du matin. Je pense aller voir la mer aujourd’hui. Direction Progreso à 40 kilomètres au nord de Mérida, à une demi-heure de bus. Pour une fois je suis le seul Occidental du voyage. Tout le monde me regarde, me sourit.
La température frôle presque trente degrés à dix heures du matin. Je pose ma serviette sous un palmier, sur un sable blanc pas toujours propre (pas de pavillon bleu, ici !). L’eau est chaude, pas aussi claire que du côté de Tulum, mais c’est largement suffisant. Entre deux baignades, je m’allonge, je médite, je bronze.
Les restaurants du bord de mer proposent des douches et des vestiaires gratuits, histoire d’appâter le client ensuite. Ca a du bon de faire le touriste gringo de temps en temps entre deux visites de zones archéologiques. Une partie de beach-volley est improvisée avec certains employés du restaurant, prétexte à l’échange et à la curiosité des locaux pour le gringo que je suis…



Ill. Casa de Artesanias, Mérida.


Chichén Itzá (Yucatan), vendredi 22 octobre 2004.
Chichén Itzá est une deuxième maison pour moi : tout y est si familier à mon regard depuis quatre ans que je fréquente mentalement la zone archéologique. Mon travail de terrain ne pourra se faire sur une journée. Francisco, l’un des archéologues du site me propose de passer la nuit au camp de base et de goûter à l’œil aux plats locaux bien épicés. Avant d’aller me coucher, je vais voir un spectacle en son et lumière. Les éclairages rouges, bleus et violets donnent une magie encore plus forte au lieu. Je rentre au campement, humant l’air humide de la jungle et accompagné par les criquets. Ma première nuit en hamac s’annonce dans une pièce réfrigérée par une climatisation bruyante et trop forte, au milieu des tessons de céramiques, et face à un écran de télévision branché sur TV 5.



Ill. Castillo, Chichén Itzá.




Ill. Cuervo à Chichén Itzá.


Mérida (Yucatan), dimanche 24 octobre 2004.
Je retourne au Nest Hostel où mes deux réceptionnistes préférés m’indiquent une cantina familiale excellente, Chez Doña Teo. J’y fais mes deux repas de la journée. Au menu : pozole blanco (un bouillon avec de gros grains de maïs et de la viande de poulet), tamales de mole (préparation à base de farine de maïs, farcie et présentée dans de grandes feuilles de maïs). Je prends le temps de discuter un peu avec le propriétaire : il vient du Véracruz avec toute sa petite famille. Le Yucatan connaît une expansion touristique forte et on n’hésite pas à venir d’autres états pour gagner sa vie. Je me couche le ventre repu le nez encore enivré par la fraîche acidité de l’agua de Jamaïca (infusion glacée de fleur d’ibiscus) et le parfum poivré du chocolat des amandes moulues du mole poblano…



Ill. Couleurs de Mérida.


Palenque (Chiapas), mardi 26 octobre 2004.
Le voyage de nuit dans le bus s’est bien passé, en compagnie de trois compatriotes qui doivent se rendre jusqu’à San Cristobal de Las Casas. L’arrivée à cinq heures du matin nous contraint à attendre l’ouverture des hôtels et de la boulangerie pour mon petit-déjeuner. Le lever du jour lève le voile sur un paysage que je ne soupçonnais pas : les crêtes verdoyantes des collines et des montagnes découpent l’horizon bleu…
Je me rends sur le site archéologique en passant par un parc aménagé au milieu des ruines et des cascades. L’endroit est enchanteur : j’aperçois les toucans dans la canopée, j’entends les singes hurleurs s’égosiller un peu plus loin dans les monts environnants. Une brume légère, chargées d’odeurs de végétation luxuriante, s’évapore entre les arbres…
Le parcours débouche sur la place principale du site. Les reliefs et des stucs peints donne une majesté et une intemporalité que je ressens à la visite de chaque zone archéologique. La visite s’achève par la découverte de la chambre mortuaire du roi Pakal sous la Pyramide des Inscriptions alors que celle-ci n’est plus accessible au public. C’est la première fois que je suis confronté à la moiteur et à la chaleur de la jungle. Heureusement, c’est la fin de la saison humide et les températures restent modérées.




Ill. Rio Otulum, Palenque.




Ill. Pyramide des Inscriptions, Palenque.


San Cristobal de las Casas (Chiapas), mercredi 27 octobre 2004.
Le Chiapas correspond vraiment à l’image que certains amis mexicains m’avaient faite. De nombreux checkpoints militaires jalonnent la route de montagne qui monte jusque San Cristobal. Certaines communautés paysannes revendiquent fièrement leur autonomie. Les graffiti à la gloire de Marcos ornent certains murs. Les nombreuses cultures de maïs à flan de montagne indiquent que le moment de la récolte, donc de la saison sèche, approche. On contourne le lac d’Ocosingo et son église avant d’arriver une heure plus tard à San Cristobal, ancienne capitale de l’état mais toujours festive et colorée…



Ill. Champ de maïs, environs de Ocosingo.


San Cristobal de las Casas et Tuxtla Gutierrez (Chiapas), jeudi 28 octobre 2004.
Je n’aurai passé que trop peu de temps à San Cristobal mais, l’architecture et les couleurs des maisons, des églises, les patios me chauffent le cœur dans une matinée un peu fraîche. Je m’éloigne des marchés d’artisanats trop courus par les touristes pour rejoindre la Calle Real de Guadalupe. Plusieurs boutiques appartiennent à des communautés indigènes qui vendent tissus, vêtements et poupées de Marcos pour une bouchée de pain. Une vendeuse me parle de sa communauté, des tisserandes qui ont fait les vêtements que je viens d’acheter pour mes proches. Je cours vers le terminal de bus pour rejoindre la pieuvre chilangueña et ses vingt-cinq millions d’habitants en passant par Tuxtla Gutierrez beaucoup plus froide et impersonnelle…



Ill. Calle Madero, San Cristobal de las Casas.




Ill. Templo del Carmen, San Cristobal de las Casas.



Vous avez pu entrevoir quelques moments particuliers de mon carnet de voyage. Ce dernier s’est poursuivi jusque novembre 2004 et a duré six semaines. J’ai visité d’autres régions du Mexique, rencontré d’autres gens (étudiants, petits empaqueteurs à la sortie des magasins, archéologues, gardiens). Les Mexicains sont des gens extrêmement chaleureux, souriants et généreux. Leur vie est souvent dure mais ils ont foi en elle. Le retour en France s’est révélé un peu délicat. Mais partager aujourd’hui certaines de mes pensées dans la gazette de ce forum vous donnera peut-être l’envie de découvrir ce beau pays…

Nota bene : Les photos sont le résultat de mon travail. Si vous souhaitez les importer, veuillez m'en demander l'autorisation et indiquer simplement mon nom que je vous communiquerai par MP. Merci !
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Ma première (surprise)- partie avec Pauline Croze

Une petite chronique de concert publiée en mars 2005 dans la même Gazette. Que de nostalgie et de joie en repensant à la petite Pauline qui faisait face à un public un peu hostile...

3 février 2005. Beauvais, accessoirement préfecture de l’Oise, est sous la grisaille et le froid crachin d’hiver picard. Accompagné de quelques forumeuses et forumeurs, nous faisons la queue depuis deux ou trois heures pour passer les grilles de l’Elispace. On nous distribue les traditionnels flyers des concerts à venir et des autocollants représentant la pochette du premier album de Pauline Croze. Elle s’est déjà produite la veille à Rouen.

Les premières parties, Pauline y est habituée : elle a déjà chanté un peu partout en France et à l’étranger avant des artistes comme Miossec, Tryo, Bernard Lavilliers, Lhasa ou -M-. Pauline a 25 ans et sa carrière s’est construite patiemment. Rédigeant ses premières compositions il y a 6 ans, des rencontres décisives en 2003 lui ont permis de passer dans des festivals comme les Transmusicales de Rennes et de gagner en avril 2004 le prix de la SACEM. Ce prix lui permet dans les deux mois suivants de trouver un label et d’enregistrer son premier disque sorti le 14 février dernier (hasard de la Saint Valentin ?!) dont je vais vous parler un peu plus bas.

Une fois les pistes du Labo -M- achevées, Matthieu, en phase de métamorphose, monte sur scène et nous présente Pauline dans des termes très virils. En effet se lancer seule avec sa guitare et sa voix, c’est très « couillu ». Une jeune femme sans fard, toute vêtue de noire s’avance aux côtés de Mathieu, la gratte électrique à la main. Dans son bonjour au public, on sent une tension et une certaine fragilité.

Mais Pauline Croze a l’habitude et se met rapidement dans le bain. Elle nous fait découvrir cinq titres de son album. Les éclairages se fondent à la sensualité et au léger voile de la voix. Son regard laisse passer ses sentiments autant que sa voix. Les textes sont sans fioriture et souvent forts de colère, de désespoir mais aussi de tendresse et de douceur. Certains morceaux rappellent les rythmes blufunk de Keziah Jones, d’autres évoquent un jeu plus « reggae », d’autres sont plus folks.
Vient le dernier morceau que Pauline dédie à Matthieu : T’es beau. Ce dernier est prenant. C’est si rare de voir des textes qui décrivent un homme autrement que comme un salaud. J’ai une petite pensée pour Homme sweet homme de Zazie. En tout cas, je suis définitivement conquis.

Pauline nous quitte sous des applaudissements nourris. J’ai le cœur touché et léger après l’avoir écoutée. Je n’ai qu’une seule hâte suite au concert : acheter son album et m’acheter une place pour l’une de ses trois dates au Zèbre, dans le quartier Belleville, à Paris en mars. Matthieu nous a fait un beau cadeau en proposant une artiste fraîche mais certainement pas naïve, forte et fragile, douce et volontaire.

18 février 2005. Ma maison au fin fond de la forêt. Je déballe le paquet que m’a laissé le facteur. J’y trouve le premier album de Pauline Croze que j’attendais avec impatience. J’arrache doucement le cellophane en regardant attentivement la pochette où Pauline regarde vers moi. Le CD tourne au fond du tiroir de mon lecteur.

La première des douze pistes fait écho à la photo de la pochette : Pauline s’est Mise à nu. Le texte de Michaël Furnon (Mickey 3D) sonne et claque sur une gratte électro-acoustique. L’ambiance reste résolument minimaliste, intimiste. La voix chaude et légèrement voilée de Pauline laisse libre à ses sentiments les plus profonds, les plus personnels.
Suivent deux titres où la jeune femme originaire de Montreuil joue sur une certaine sensualité : Dans la chaleur des nuits de pleine lune et M’en voulez-vous ?. Colère, regrets, doutes, s'enchaînent dans Je suis floue, Quand je suis ivre ou Femme fossile. La déclaration d’amour qu’est T’es beau m’a fait autant fondre que sa version concert à Beauvais : un homme aussi a besoin de se sentir aimé. La douleur de la rupture ressort sèchement dans Je ferai sans et plus doucement dans Larmes. Tita sonne une incursion dans des rythmes latins qu’affectionne Pauline Croze. Mal assis résume à lui seul la complexité des sentiments égrainés tout au long de l’album.

Pour ce qui est de la musique en tant que telle, Pauline Croze possède un jeu rappelant parfois certains blues ou certains rythmes africains ou latino-américains. Son univers musical est aussi dépouillé que sur scène. Mais il permet à sa voix de donner plus de forces aux paroles que Pauline nous chante. En effet dépouillement ne veut pas dire simplicité.

Vous l’aurez compris : Pauline m’a envoûté et charmé autant sur scène que sur CD. Elle possède un véritable charisme et une sensibilité réellement touchants. Vivement les prochains concerts au Zèbre, à Paris. Histoire de continuer à se laisser bercer et émouvoir par Mademoiselle Croze…


Pour vous informer d’avantage sur Pauline Croze, visitez son site :
http://www.paulinecroze.com

Elle a réalisé la programmation musicale de l'émission Musicalement vôtre sur la station AligreFM, le 19 février dernier:

http://aligrefm.free.fr/Player/Playermusical2.htm

L'album de Pauline Croze est disponible chez tous les bons disquaires. Elle est en tournée permanente dans toute la France. Vérifiez sur Internet les dates directement sur :
http://www.infoconcert.com
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Les combustibles d'Amélie Nothomb

Un petit mot sur Les Combustibles d'Amélie Nothomb, publié en février 2005 dans la Gazette Ditaime.

Les Combustibles d'Amélie Nothomb

Dans un pays sans nom en plein milieu de l’hiver, la guerre et ses bombardements mettent à mal une ville. Dans ces conditions plus que précaires, enseigner et apprendre la littérature en université relève de la gageure. Pourtant c’est le cadre choisi par Amélie Nothomb pour sa pièce intitulée Les Combustibles. Trois personnages évoluent ainsi en huis-clos dans le bureau du Professeur, quinquagénaire pour qui le froid sibérien est l’occasion d’une plus grande concentration sur ses recherches littéraires. Il est assisté de Daniel, brillant étudiant un rien volage. Sa dernière conquête, Marina se retrouve privée de son logement suite à sa récente destruction. Elle trouve refuge dans la bibliothèque du Professeur où une faible tiédeur subsiste. Ce maigre réconfort ne dure guère. L’université est bombardée et le chauffage vient à manquer. Dès lors comment survivre ?...

Les Combustibles est une pièce de théâtre méconnue dans l’œuvre d’Amélie Nothomb qui m’a séduit tant par le thème que par les problèmes qui y sont abordés. En certains points, elle me rappelle le débat proposé par Umberto Eco dans Le Nom de la Rose (vous savez cette géniale enquête policière dans une abbaye du Moyen-âge ?) : quels sont le prix et le poids du savoir quand il s’agit de survivre ou de défendre une éthique ?

Le Professeur, Daniel et Marina sont en effet capables de briser tous les interdits et de dépasser leurs propres limites dès lors que leur survie, physique et psychologique, se trouve menacée. A ce titre, l’intrigue vous réservera quelques surprises. Ils font preuve de cynisme, d’ironie, de tendresse et d’inattendu à l’instar de ce qu’on peut lire régulièrement chez Nothomb. L’auteur sait mener son lecteur et, ici, son spectateur à travers différents états d’âme avec un certain plaisir. Cette pièce fourmille de degrés de lecture et intriguera les amoureux de l’objet qu’est le livre.

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Hayao Miyazaki : quand nature rime avec culture

Je vous propose la réédition de quelques articles écrits sur la défunte gazette de ditaime. Les thèmes sont hétéroclites, à mon image en fait. Il s'agit ici d'une petite chronique sur le studio Ghibli, publiée en février 2005.

L'animation vous fascine ou vous rebute. En tout cas elle ne vous laisse pas insensible. Découvrons-la au travers d'un de ses représentants les plus connus : Hayao Miyazaki. L'actualité culturelle a en effet été marquée par deux événements le concernant et que nous vous proposons de découvrir...

Le réalisateur phare de l’animation japonaise de ces vingt dernières années, Hayao Miyazaki, a connu un succès planétaire avec des productions comme Princesse Mononoke ou Le Voyage de Chihiro. Reculé à plusieurs reprises, son dernier long métrage, Le château ambulant, est sorti le 12 janvier dernier dans les salles obscures françaises. Parallèlement, une exposition, dédiée à l’œuvre de Miyazaki et à celle de Moebius, créateur de la BD Blueberry, se tient actuellement à la Monnaie de Paris. L’occasion était trop belle pour ne pas évoquer ces deux événements attendus par les fans du Studio Ghibli…


Pour l’instant commençons notre voyage miyazakien par son dernier film : Le château ambulant.
Sophie est une jeune et jolie chapelière de 18 ans. A la suite d’un malentendu concernant un élégant et charmant magicien, Hauru, elle est transformée en vieille femme de quatre-vingt-dix ans. Sophie quitte alors sa ville à la quête de ce qui pourra lui rendre son apparence. Perdue dans la montagne, elle trouve refuge dans le mystérieux château d’Hauru composé d’objets en tous genres, ce dernier se déplace grâce au pouvoir d’un adorable petit démon du feu, Calcifer. Sophie apprend ainsi que, pour défaire le maléfice qui la touche, elle devra découvrir le pacte secret qui lie Calcifer et Hauru. Aidé du petit Marko, gardien des lieux en l’absence de son maître, et d’un épouvantail magique appelé Navet, Sophie réussit à se faire engager comme femme de ménage…

C’est sur cette accroche plaisante qu’Hayao Miyazaki saisit rapidement l’attention du spectateur. C’est la première fois que le réalisateur nippon s’attaque à l’adaptation d’un roman européen pour enfants, Howl’s moving castle écrit par l’anglaise Diana Wynne Jones. Un pari qui s’avère en grande partie réussie dans la mesure où Miyazaki-sensei a su allier ses thèmes de prédilection et en trouver de nouveaux. On retrouve ainsi une héroïne jeune et déterminée, une vision magnifiée de la nature, un lieu et une époque imaginaires. Une profusion d’engins et de personnages plus insolites les uns que les autres font leur entrée dans l’univers du réalisateur.

Miyazaki place avant tout « le plaisir du spectateur » comme ligne de conduite à son travail. Visuellement parlant, l’artillerie lourde a été de mise : les couleurs sont variées mais toujours appropriées, l’intégration d’éléments en deux dimensions dans des décors mobiles en trois dimensions se révèle pratiquement imperceptible, et les plans panoramiques sont impressionnants. Le spectateur en prend plein les yeux. Mais il en prend également plein le cœur en riant des affres de la vieillesse que connaissent Sophie ou la Sorcière des Landes ou de la lâcheté d’Hauru, en s’émouvant de l’obstination de l’héroïne pour recouvrer son apparence et trouver l’amour.

Dès lors, nul doute que ce film puisse déconcerter les amateurs des productions de Miyazaki, notamment le public japonais. Le scénario semble parfois mal amené, être moins linéaire. C’est un choix de narration légitime quand on cherche à se renouveler et à montrer plus que ce qu’on sait déjà faire. Il faut savoir que l’œuvre originale de Siana Wynne Jones s’étale sur trois tomes, impliquant certainement quelques coupures. Précisons que Miyazaki s’est inspiré de Strasbourg pour représenter la ville de Sophie et des sculptures « déglinguées » de Jean Tinguely pour la conception du château ambulant.

Bref, même si on croit revoir par moments tel plan de Princesse Mononoke, de Porco Rosso ou du Château dans le ciel, on a besoin de ce genre de repères quand on aime Miyazaki. Un spectateur ignorant de ces œuvres ne sera pas perdu et se laissera bercer par la bande-originale composé par Jô Hisaishi qui a participé à tous les autres anime du maître. Le château ambulant est selon lui son avant-dernier projet.

Pour vous faire une idée plus objective, voici les réactions contrastées de spectatrices à la sortie de la salle:
"Même si Miyazaki reste une valeur sûre, j'ai été déçue par cette anime. L'histoire est très nian nian et la fin digne d'un Disney. De plus, certains personnages ont comme une impression de déjà vu : une grand-mère toujours identique graphiquement, un beau jeune homme qui se transforme en créature volante...
Ses dessins ainsi que les musiques sont tout de même magnifiques et ses personnages toujours très attachants mais un sentiment de déception reste présent à la fin du film."

"Personnellement; j'ai beaucoup aimé. Il y a une ou deux choses que je n'ai pas réellement comprises et qui mériteraient que je le revois (ce n'est pas en raison du manque de linéarité je pense mais j'ai un esprit peut être trop logique et il faut parfois chercher derrière)[...] J'ai remarqué la ressemblance de certains personnages avec d'autres déjà vus mais ça reste secondaire quand on voit la beauté d'Hauru ou les traits de la vieille femme derrière laquelle se cache Sophie.
Ce n'est pas le meilleur des Miyazaki mais il vaut la peine d'être vu! "

Que dire alors de l’exposition qui se tient quai Conti au siège de la Monnaie de Paris jusqu’au 13 mars prochain (veinards de Parisiens !!!)? D’abord c’est un événement en soi dans la mesure où jamais les travaux préparatoires d’un réalisateur japonais d’animation n’avaient été exposés en Europe. Ce sont ainsi environ trois cents dessins originaux (esquisses, aquarelles, roughs, décors finaux…) que le spectateur découvre agencés dans cinq salles. On y retrouve des images des films les plus anciens de Miyazaki comme Nausicaa de la Vallée du vent (1984) et Le Château dans le ciel (1986), ou plus récents comme Princesse Mononoke (1997) et Le voyage de Chihiro (2001). Les amateurs découvrent ainsi des thèmes chers à Miyazaki comme la relation de l’homme avec la nature, l’aviation, la représentation de lieux imaginaires.

Une autre bonne raison de visiter cette exposition est l’hommage rendu à deux dessinateurs qui reconnaissent une influence et une admiration mutuelles vieilles de presque 30 ans. Moebius, alias Jean Giraud, traîne ses crayons de part le monde depuis une quarantaine d’année. Concepteur graphiste pour des films comme Tron, Alien ou Le Cinquième élément, Moebius est avant tout un auteur de BD connu notamment pour L’Incal. Leur rencontre tient du hasard mais les deux hommes partagent une vision commune de la nouveauté scénaristique, de la psychologie de personnages et un intérêt énorme pour l’utilisation des nouvelles technologies dans leur travail.

Vous l’aurez compris, ditaimiennes et ditaimiens, une petite visite s’impose. Elle peut s’effectuer en parallèle ou en complément du Château ambulant et intéressera autant les amateurs de graphisme, que les curieux de Miyazaki désireux de mieux cerner son univers ou que les fans de Ghibli soucieux de voir enfin son travail original et de le comparer à celui de Giraud. Bref, vos yeux crépiteront d’étoiles.



En ce qui concerne le film, rendez-vous sur :
http://www.lechateauambulant-lefilm.com/
http://www.buta-connection.net/ghibli.php3
http://www.kobuta-connection.net/
http://www.nausicaa.net/

Pour l’exposition, visitez les liens suivants, vous y trouverez toutes les informations pour votre visite :
Miyazaki-Moebius
Monnaie de Paris
Site Dvdrama

Merci à Emilie de Butaconnection.net pour sa précieuse aide.
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vendredi 23 février 2007

Nom d'un Picard

Vous vous souvenez de mon groupe de rock picard préféré? Les fatals picards bien évidemment...

Regardez cette petite vidéo. Elle vaut son pesant de cacahuètes pour le zoo

http://www.youtube.com/watch?v=yJfh59iEscg

Je perds pas d'vue min chez mi!

Des gros becs, ches gins...

PS: si quelqu'un peut me dire comment afficher une vidéo directement sur mon blog; je suis preneur.

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mercredi 21 février 2007

Une expo rien que pour moi...

Comme quoi, tout peut arriver à Monterrey et lors de son Forum mondial des Cultures en septembre.


La muestra Isis y La Serpiente Emplumada, conformada por cerca de 350 piezas, será exhibida durante cuatro meses en el Fórum Universal de las Culturas.

Cerca de 350 piezas de gran simbolismo y antigüedad pertenecientes a dos culturas fundamentales de la historia de la humanidad, la egipcia y la mesoamericana, conformarán la exposición Isis y La Serpiente Emplumada, que se montará en Monterrey y en esta capital.

El Instituto Nacional de Antropología e Historia señaló que a través de esa muestra se brindará un acercamiento entre dos de las divinidades más representativas de estas milenarias civilizaciones.

Esa magna muestra estará en Monterrey por un lapso de cuatro meses y posteriormente, en febrero del 2008, llegará al Museo Nacional de Antropología de esta capital, esta última como parte del Ciclo Grandes Civilizaciones en México.

La muestra temporal, que se llevará a cabo con la colaboración del Fórum Universal de las Culturas, el Gobierno del Estado de Nuevo León y el Conaculta, representará un hecho sin precedente en los últimos 10 años para la historia museográfica de México y América, al mostrar en paralelo a estas grandes culturas.

Enrique Ortiz Lanz, coordinador nacional de Museos y Exposiciones del INAH, dio a conocer que esta exhibición formará parte del evento internacional que tendrá lugar en Monterrey, y estará integrada por valiosas piezas arqueológicas que permitirán apreciar cómo Isis y Quetzalcóatl, sirvieron como vehículos de los grandes logros alcanzados tanto en el Nilo como en Mesoamérica.

“Serán cerca de 150 piezas procedentes de Egipto y alrededor de 200 de México, que permitirán poner en paralelo a estas culturas de gran trascendencia para la historia de la humanidad”; detalló al referir que si bien formarán parte de una misma exposición y llevarán el mismo título, no estarán mezcladas”.

“Precisamente lo que queremos mostrar es ese paralelismo, no confluencias ni influencias, porque es claro que son civilizaciones que no tuvieron que ver una con otra, pero que tienen la semejanza común de dos deidades trascendentales relacionadas con la creación y que rigieron a lo largo de milenios”, explicó el especialista.

Isis, para los antiguos egipcios fue la deidad madre, la que representaba la fertilidad, la abundancia y la protección. Es una diosa identificada con el Río Nilo que se encuentra en textos desde hace seis mil años y permaneció hasta el mundo griego y romano.

Como un equivalente de un dios de gran continuidad para la civilización mesoamericana, se encuentra la Serpiente Emplumada, deidad creadora y que representa la dualidad, el aire y la tierra.

“Su culto comenzó con la serpiente acuática entre los olmecas (1200 a.C) y se fue transformando hasta llegar Quetzalcóatl, Ehécatl o Kukulcán (1300 d.C)”, recordó.

“Entonces se podrán recorrer cuatro milenios y medio de historia de una idea en el mundo mesoamericano, a la par de la permanencia del culto a Isis en el viejo mundo”, precisó.

En el caso de las colecciones egipcias que conformarán Isis y La Serpiente Emplumada -detalló Ortiz Lanz- provendrán de los museos de E Cairo; el Grecorromano de Alejandría; de la Momificación en Luxor; de Asuán en Nubia y de Karnak.

“Una de las coincidencias afortunadas para nuestro país es que el Museo Grecorromano de Alejandría se encuentra cerrado temporalmente por reestructuración y por tal motivo, prestará 15 de sus mejores piezas que de otra manera no podrían salir”, señaló.

Por su parte, la colección mexicana estará integrada por acervo procedente del MNA, así como de recintos del centro y sureste del país. Asimismo, se contará con las aportaciones de diversas zonas arqueológicas fundamentales para la historia de esta deidad mesoamericana, como lo son Chichén Itzá y Tula.

El arribo de esta exposición internacional -aseveró Ortiz Lanz- será posible gracias al apoyo del primer ministro egipcio Farouk Hosni, quien ha avalado el proyecto, así como de la intervención de Zahi Hawass, secretario general del Consejo Supremo de Antigüedades, que ha brindado todas las facilidades para el préstamo de las colecciones.

Entre las obras egipcias que se podrán apreciar destacan: sarcófagos de madera y piedra, máscaras de oro, esculturas de deidades, seres zoomorfos, faraones y representaciones griegas y romanas de la diosa, piezas de orfebrería y fragmentos arquitectónicos de templos, entre otras.

Mientras que entre las piezas mexicanas que serán curadas por Eduardo Matos, se observarán esculturas con la imagen de Quetzalcóatl y su variante Ehécatl, diversas representaciones de serpientes emplumadas, fragmentos de pintura mural, objetos de oro, cerámica, hueso y concha.

Cabe mencionar que para la presentación de esta singular exhibición en el Fórum Universal de las Culturas, a la que se sumará en el mismo espacio la titulada América, Migraciones; actualmente se encuentra en proceso de restauración la Nave Lewis, del Parque Fundidora, que tendrá una capacidad de tres mil 400 metros cuadrados.

Fuente: Milenio.com
http://www.milenio.com/index.php/2007/01/25/35082/

Reseña: Roberto Cerracin


Certes il est question d'égyptologie mais il est question aussi du Serpent à plumes. Cette expo est certainement le fruit des travaux de Florescano sur différentes divinités liées à la fécondité dans différents endroits du globe. Pensez bien que j'y serai! Et si je pouvais y donner une petite conférence, ça serait le pied...

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mardi 20 février 2007

Bouquin sur Cholula


Piqué sur le site du Musée Amparo de Puebla.

Cholula se pierde en el tiempo, hoy en día es, por sus casi 2 500 años de ocupación continua, la ciudad habitada más antigua de México. La arqueología se ha encargado de reconstruir la historia de Cholula, de aquella legendaria ciudad que tuvo dos momentos de esplendor y florecimiento en los que destaca por una parte, un enorme basamento, probablemente el edificio más grande que se erigiera en la América precolombina durante el período clásico (200-900 a.C.), y por la otra, una deslumbrante colección de cerámica de atractiva policromía, dispersa por varios repositorios museológicos de México y del extranjero, que nos habla del poder y la gloria de esa urbe de tiempos tardíos (1325-1521 d.C.), contemporánea al Imperio Mexica.

En el libro Cholula, la gran pirámide, publicado por Grupo Azabache y el Instituto Nacional de Antropología e Historia, se han unido varias plumas de especialistas como Felipe Solís, Roberto Velasco y Verónica Velásquez; de estudiosas y profundas conocedoras de la región como son Patricia Plunket y Gabriela Uruñuela, además de Dionisio Rodríguez y Martín Cruz, que nos permiten adentrarnos en la historia de esta histórica ciudad. Gracias a su interés y talento tenemos acceso a pictografías y escritos antiguos; a las descripciones de los sabios y cronistas; a la arquitectura, pintura mural, cerámica; a testimonios de antiguas formas de vida, y a otros elementos que han sido encontrados a lo largo del tiempo, gracias a las investigaciones arqueológicas realizadas en diferentes temporadas. La introducción fue escrita por el Dr. Eduardo Matos, quien tuvo oportunidad de participar en el Proyecto Cholula, en 1967, que resultó un parteaguas dentro de la arqueología mexicana. Todo ello está acompañado de ilustraciones que nos hablan de la importancia del lugar y de la necesidad impostergable de poner especial atención en una de las ciudades más relevantes del pasado prehispánico de México. Cholula todavía tiene mucho que revelar.

La presentación de este libro estará a cargo de:

Alejandro Montiel. Secretario de Cultura del Gobierno del Estado de Puebla.

Eduardo Matos. Participó en los proyectos arqueológicos de Teotihuacan, Cholula, Tula, Tlatelolco y Tenochtitlan. Fue director de la Escuela nacional de Antropología y del Museo Nacional de Antropología y Presidente del Consejo de Arqueología. Ha publicado más de 400 artículos y 30 libros.

Felipe Solís. Participó en los proyectos arqueológicos de Yaxchilán, Toluquilla y Ranas, Acueducto de Chapultepec y Templo Mayor. Directo del Museo Nacional de Antropología. Ha publicado numerosos ensayos y libros.

Gabriela Uruñuela y Ladrón de Guevara. Profesor titular del Departamento de Antropología de la Universidad de las Américas. Puebla, y directora del Museo de la Ciudad de Cholula. Tanto en el Occidente de México, como en Oaxaca, y en Puebla, ha realizado investigaciones vinculadas con arqueología funeraria, arqueología doméstica, arqueología de desastres y la transición a sociedades complejas.

Voila donc le dernier ouvrage de la collection Matos Moctezuma. Je ne sais pas comment ce type fait pour écrire et publier autant. Force est de constater que les autres auteurs sont reconnus pour leur travaux sur la ville de Quetzalcoatl et que Cholula méritait depuis longtemps un bel ouvrage à la fois accessible au quidam curieux et au chercheur. Rien n'est omis sur la Grand Pyramide. En revanche les autres parties de la zone archéologique ont été un peu laissées de côté. Dommage! Comme toujours dans ces cas-là, le prix est rédhibitoire (pas loin de 700 pesos) mais avec de très bonnes reproductions. A fouiner et à suggérer aux bibliothèques européennes...
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