jeudi 15 mars 2007

Moment insolite...

Il y a deux jours, je m'apprêtais à sortir de ma prépa pour rentrer tranquillement à la maison. Le soleil dardait ses rayons puissants, chauds et lumineux (comme d'habitude en fait depuis quelques semaines). Le ciel était clair, quelques duvets nuageux à peine. Et puis ploc! Une goutte vient de s'écraser sur mon front... Re ploc! une autre goutte vient mouiller ma veste en jean... Curieux?! L'arrosage automatique sans doute... Les plocs commencent à se succéder à toute vitesse sur mon visage et mes vêtements. Je n'y comprends rien. "Toute la pluie tombe sur moi" pour reprendre un vieux standard de Sacha Distel. Débute alors une promenade surréaliste : j'ouvre mon parapluie sous une pluie battante et je garde mes lunettes de soleil pour me protéger de la lumière brûlante. A bien regarder, le Cerro de la Silla en face n'est pas recouvert par un chapeau de nuages. En me retournant, je vois bien un nuage mais sa couleur et sa transparence ne laissait pas penser qu'il verserait ses larmes rafraîchissantes.




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lundi 5 mars 2007

Les carnets mexicains de Don Cuervo

Pas question de faire une reprise de Luis Mariano ! D’ailleurs combien de préjugés et de faux semblants collent à la peau de ce pays et de ses habitants ! Cuervo évoque quelques souvenirs de la ville-pieuvre : Mexico…

Que diraient les Aztèques s’ils voyaient leur capitale Tenochtitlan telle qu’elle est aujourd’hui ? Probablement maudiraient-ils leurs descendants d’avoir asséché la grande lagune, d’avoir construit sur ces lieux sacrés que sont les montagnes. Comment prétendre alors connaître une telle ville, moi le Franchute ?
Car il faut bien se rendre à l’évidence : le Distrito Federal est devenu incontrôlable, insondable. La mégapole ne cesse d’enfler, de coloniser les montagnes et les vallées situées à plus de 100 km de son centre, le Zocalo, lieu de toutes les manifestations politiques, culturelles et sociales (parfois les trois simultanément). Dès qu'on arrive en ville, un grouillement permanent de vie vous saute à la figure. A six heures du matin les tiendas des petits vendeurs grouillent de clients dévorant leurs tacos al pastor ou leurs quesadillas (galettes de maïs remplies de viande ou de fromage fondu) et vidant leur bouteille de soda. Pour vous réveiller matinalement, il suffit de laisser sa fenêtre ouverte d’écouter le crieur de gaz ou l’éboueur dans la rue.

C’est près du Zocalo et de son drapeau tricolore gigantesque que se trouvent trois monuments symbolisant à eux seuls le Mexique. Le Palais présidentiel est un bâtiment colossal bien gardé par des militaires assez tatillons. Mais le portail franchi, quel bonheur de voir les fresques du maître Diego Rivera ! Elles racontent de manière très subjective (Rivera ayant longtemps été le chef du Parti Communiste mexicain) les souffrances endurées par les peuples préhispaniques, l’oppression des grands propriétaires terriens et des grands financiers capitalistes (sic !)...



Ill. 1. Fresque de Quetzalcoatl par Diego Rivera

Coincé au nord-est du Zocalo, les ruines aztèques du Templo Mayor mises au jour à la fin des années 1970 se donnent en spectacle aux badauds et aux touristes curieux. Le centre de Mexico est bâti sur l’ancien centre cérémoniel préhispanique de Tenochtitlan. La lagune et les nappes phréatiques ayant été asséchées, les sols se recroquevillent et font pencher les bâtiments, voire les détruisent. La cathédrale n’échappe pas à la règle.



Ill. 2. Templo Mayor et cathédrale de Mexico.

Une personne curieuse et prudente n’hésitera pas à se rendre dans les rues annexes du Templo Mayor, que sont Argentina ou Moneda. C’est là qu’on peut voir quotidiennement le plus grand marché à l’air libre de la ville. On y trouvera aussi bien des pantalons que des coupe-ongles ou de mauvaises reproductions d’objets précolombiens. En fait ces vendeurs sont sous la coupe de dirigeant(e)s mafieux(ses) qui n’hésitent pas à blanchir leur argent sale en fabriquant des contrefaçons à des prix défiants toutes concurrences. Si le cœur et surtout si vos intestins vous en disent, n’hésitez pas à manger dans la rue auprès des locaux. Si vous recherchez des nourritures plus spirituelles, il faut parcourir la Calle de las Donceles : c’est la rue des bouquinistes et des libraires.

A cinq cents mètres à l’ouest du Zocalo, se trouve le Palacio de Bellas Artes qui tient à la fois de grande salle de concerts classiques et d’opéras, mais aussi de lieu d’expositions. Vous pourrez y voir une petite trace française avec une bouche de métro offerte en son temps par la ville de Paris. D’ailleurs la station Louvre contient une trace de ce jumelage entre les métros chilango et parisien. A côté du Palacio se trouve la Torre Latino-Americana.



Ill. 3 et 4. Bouche de métro du Palacio de Bellas Artes et Torre Latino-Americana.

A elle seule la ville de l’Aigle dévorant le serpent regroupe un quart de la population du pays, soit vingt-cinq millions de Chilangos (nom dont les locaux s’affublent). Et, je me suis retrouvé ainsi sur des plus longues avenues du monde : le Paseo de la Reforma mesure en effet environ cinq kilomètres de long. Il comporte des sculptures de grande taille: la statue de Cuauhtemoc, le dernier empereur aztèque, et l’Ange de l'indépendance.




Ill. 5 et 6. Statue de Cuauhtemoc, Paseo de la Reforma.

Au milieu des minibus ou des vochos (les fameuses cocinelles vertes et blanches), difficile de se faire entendre ou de comprendre ce qu’on peut vous demander. Que faire ? Où aller ? Il y a tant à visiter. Le bon plan, c’est encore d’avoir des amis du cru chez qui loger. Ils vous conseillent les bons petits restos ou boutiques aux prix raisonnable. Ils vous emmènent au marché du quartier. Là les odeurs de chicharrones (couenne de porc frite dans l’huile), de papaye, de tepache (cidre d’ananas fermenté), de quesadillas de maïs vert au huitlacoche (une moisissure du maïs), s’entremêlent. Les couleurs vives sont partout, notamment quand il s’agit de préparer le jour des Morts début novembre.




Ill. 7 et 8. Xochimilco et Fontaine del Parque del Centenario à Coyoacan.

Pour les amateurs de calme et de verdure, deux solutions s’offrent. La première est de visiter le piège à touriste que sont les jardins flottants de Xochimilco (Le lieu des champs de fleurs) au sud-est de la ville. Patrimoine mondial de l’humanité, ils sont jumelés avec les hortillonnages d’Amiens (Picardie quand tu nous tiens !). Le calme y est relatif dans la mesure où vous pouvez écouter des mariachis chanter pour les couples sur les barques.
Plus intéressante est la visite de Coyoacan (Le lieu des coyotes). Ce quartier est le lieu des intellectuels et artistes fortunés. C’est là que se trouvent les demeures-musées de Frida Kahlo, de Diego Rivera ou de Léon Trotsky. Exilé au Mexique, il périt assassiné par un partisan de Staline. En novembre, le musée des Arts traditionnels organise une foire des cuisines régionales. Un vrai régal pour le palais. A quelques dizaines de mètres, la grand-place de Coyoacan est remplie de familles, d’étudiants, de couples venus déguster des glaces à l’ombre des arbres. Des jeunes mariés quittent leur vieille voiture pour rejoindre tranquillement l’Eglise de style colonial. La Maison de Cortés se dresse devant nous, austère mais tellement ancienne.




Ill. 9 et 10. Casa de Léon Trotsky et maison de Frida Kahlo et Diego Rivera, Coyoacan


N’allez pas croire que Mexico est une ville idyllique. Comme dans toute grande ville, la mendicité est là pour rappeler la précarité de bon nombre de Mexicains. N’allez pas croire qu’ils ne font rien : le Mexicain est travailleur, ne dispose pas de SMIC, d’assedic, de retraite ou de Sécurité Sociale. Il n’est donc pas étonnant de voir des petits vieux de soixante-quinze ou quatre-vingts ans passer dans les rames de métro pour vous revendre des compils de MP3 pirates ou des paquets de chewing-gums.
Mexico est sans doute une des villes les plus polluées au monde. Située à 2200 mètres d'altitude, elle est couverte par un smog pendant 300 jours par an. Autant dire qu'il faut s'habituer à la pression atmosphérique et aussi se prémunir des infections respiratoires.
Tepito est certainement le quartier le plus dangereux de la ville. Situé à quelques encablures du centre, les narco-trafiquants y font leurs affaires en toute impunité, parfois avec la complicité de certains policiers véreux. Les élites riches de la ville ont également leur quartier farouchement surveillé et protégé. Las Lomas est un immense Neuilly sur Seine avec des barbelés et des soldats à chaque entrée.

En souvenir ultime, je garde cette photo représentative du passé, du présent et de l’avenir de cette ville résolument active et accueillante : on peut y voir les ruines du Templo Mayor, la cathédrale et la Torre Latino-Americana.




Ill. 11. Trois époques, trois cultures, une nation.

Vous l’avez compris : Mexico est une ville paradoxale, tourmentée. Mais c’est dans cette complexité sociale, architecturale, historique que réside toute sa richesse. Je ne saurai que vous encourager à la parcourir. Et si vous en avez l’occasion, vous serez les bienvenidos en mi casa por otro lado del océano!

Quelques sites à visiter pour mieux connaître le DF:

http://www.mexicocity.gob.mx/
http://photoblog.parella.com/?cat=134
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mexico#Les_sites_remarquables
http://de.wikipedia.org/wiki/Mexiko-Stadt
http://mexique-fr.com
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Eine kleine Reise nach Deutschland

En Allemagne, on ne se fait pas comprendre parce qu’ils ne connaissent pas d’autres langues. C’est un pays froid et sans intérêt. STOP aux préjugés! Découvrons deux petites perles germaniques : Aix-la-Chapelle et Trêves.

Prendre trois jours de repos en Allemagne en plein été peut paraître stupide dans la mesure où l'on recherche soleil et chaleur. Pourtant les villes allemandes les plus proches de Paris sont à la même distance que certains coins de Normandie ou de Bretagne (400 kms). Et contrairement à beaucoup d’idées reçues, l’Allemagne est un pays disposant d’un patrimoine architectural, culinaire, historique et culturel aussi marqué qu’en France.

Aix-la-Chapelle (Aachen) est certainement une ville des plus européennes qui soit puisqu’elle est située à une quarantaine de kilomètres de Liège (Belgique) et à une vingtaine de Maastricht (Pays-Bas). Elle est la capitale du Land de Rhénanie du nord-Westphalie. Mon idée de me rendre à Aix-la-Chapelle vient du fait qu’elle fut avec Noyon (dans l’Oise) une ville royale et impériale. Pépin le Bref et son fils Charlemagne furent couronnés dans ces deux villes.
Mais Charlemagne fit d’Aix-la-Chapelle sa ville de résidence principale et la capitale de son empire. Le général romain Granus l’avait fondée en 124 après Jésus-Christ parce qu’elle présentait des eaux thermales de première qualité (Aquis Grano, telle était son nom alors). Aujourd’hui encore, vous pouvez vous baigner et vous soigner aux Thermes de Charlemagne, très modernisées, cela va sans dire.
Les aménagements de Charlemagne sont encore très visibles. La cathédrale, calquée sur la Basilique de Ravenne en Italie, se compose d’une immense chapelle octogonale aux voûtes peintes et dorées du IX ème siècle. L’octogone symbolise l’union du cercle et du carré, du divin et de l’humain, du spirituel et du matériel. Dans les textes bibliques, le huitième devait être le jour de la venue de Dieu sur terre. En son centre, un immense chandelier de trois cents kilos reprend la forme de la couronne d'épines du Christ. Le style byzantin évoque la Grèce ou la Russie orthodoxe.



Cathédrale et voûte peinte , style byzantin.

Adossée à la chapelle, une haute nef gothique comporte des vitraux anciens et contemporains. Deux immenses reliquaires en or sont protégés sous d’énormes vitres. Dans un bâtiment adossé à la cathédrale, l'on peut voir le trône de Charlemagne. Si vous souhaitez prendre des photos, il vous en coûtera deux euros à l’entrée. Certaines parties comme la nef et le trésor de Charlemagne sont visibles uniquement en suivant une des nombreuses visites guidées en allemand. Je n’ai malheureusement pas pu faire ce genre de visite (six euros environ à des horaires ponctuels).
L’autre monument imposant de la ville est le palais impérial, devenu aujourd’hui l’hôtel de ville ou Rathaus. Sur la place, s’élève une fontaine ornée en son sommet d’une statue en or représentant… Charlemagne. Il s’agit en fait d’une copie puisque l’original est conservée dans le Musée de l’hôtel de ville, dans la salle de couronnement des Empereurs du Saint Empire Romain Germanique.



Rathaus, fontaine de Charlemagne et un petit resto intégré au Rathaus.

Aix est une ville où il fait bon vivre. C’est la capitale allemande des pains d’épices : il en existe tellement ! En se plongeant au cœur du marché face à la mairie, on peut déguster les salami ou autres bratwürsten, sans parler des tartes aux myrtilles (Heidelbeerkuchen). Si vous vous égarez, les gens vous donneront un coup de main sans problème. Ils sont accueillants et beaucoup sont anglophones. Si comme moi, vous avez deux ou trois souvenirs de la langue de Goethe, n’hésitez pas à les utiliser : vos interlocuteurs seront ravis de voir vos efforts.

Pour rejoindre Trèves (Trier), il faut repasser par la Belgique et traverser les paysages sublimes des Ardennes. Le temps changeant fait défiler l’ombre des nuages sur les pentes couvertes de pins. Cent cinquante kilomètres séparent les deux villes.
Au premier abord, Trèves semble triste et industrielle. Mais son passé parle pour elle. Trèves fut en effet longtemps considérée comme une seconde Rome. La plus ancienne ville d’Allemagne fut fondée en 17 après Jésus-Christ sur les terres des Gaules Trévires et portait alors le nom de Augusta Treverorum.
Les ruines romaines qui sont parsemées au centre de la ville sont toutes inscrites au Patrimoine mondial de l’UNESCO comme la cathédrale d’Aix d’ailleurs. Notons la Porta Nigra, unique exemple de porte d’entrée de ville antique en Europe. Par cette porte, on rejoignait la Basilique Constantin, aujourd’hui temple protestant, les thermes impériaux et enfin l’immense amphithéâtre.



Porta Nigra ou Porte Noire et amphithéâtre romain de Trèves.

La Porta Nigra nous amène vers une ruelle, dite rue des Juifs. Car Trêves n’est pas qu’une ville antique. Quelques inscriptions témoignent de l’ancienneté des lieux, très bien préservés. On y accède par un petit porche. La ruelle est vide de passants. Nous prenons le temps de la parcourir, accompagnés par le bruit des gouttes sur le parapluie.



La rue des Juifs et la Cathédrale de Trèves.

Le centre-ville, bien que très fréquenté, nécessite une visite. D’abord parce qu’on voit s’y mêler des styles architecturaux. La cathédrale romane, massive, imposante et remplie de sculptures, de reliefs et de puttis Renaissance et Baroque. Contre elle s’adosse une autre nef de style purement gothique, couverte de peintures murales de style byzantin et de hauts vitraux. Une porte latérale donne accès à un grand cloître ou les futurs mariés viennent se faire photographier. L’endroit, copieusement fleuri et parsemé des tombes des anciens évêques, incite au recueillement, à la rêverie, à l’écriture où à la photographie.



Voûte de style Baroque allemand et cloître de la cathédrale de Trèves

Le marché est toujours situé au même endroit depuis le XIIème siècle. Sur la place homonyme, on remarque à peine l’entrée de l’église Saint Gangulphe, construite au milieu de hautes demeures à colombages et peintes. La porte poussée, on y retrouve tous les ornements classiques du baroque allemand : les peintures blanches sont relevées d’ors, de jaune, d’orange. Le silence y est présent, reposant.



Marktplatz et église Saint Gangulphe de Trèves.

C'est les yeux pleins d'étoiles et l'estomac bien rempli que nous regagnons la France en passant par le Luxembourg et ses campagnes verdoyantes. Quel dommage que le climat n'ait pas été plus clément !

Quelques liens et sites pour préparer votre visite des deux villes :

http://www.aachen.de/DE/tourismus_stadtinfo/aktuell/index.html
http://www.stadtpanoramen.de/trier/trier.html
http://redaktion.trier.de/praefectus/trier?tourist_fr
http://usnp.de/trierdailyphoto/
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Musique aztèque

En Occident, la musique trouve son origine auprès des fameuses Muses grecques. A travers le monde, la musique a toujours une origine divine. Faisons un petit tour du côté des Aztèques et d'un de leurs mythes...

Alors qu'ils avaient créé le monde et l'humanité, les dieux se rendirent compte que quelque chose ne tournait pas rond. Les hommes étaient tristes après leur journée de labeur et ils avaient du mal à vivre les uns avec les autres. Comme d'habitude, les dieux se réunirent et Tezcatlipoca, le Miroir Fumant demanda de donner aux hommes la musique et le chant. Ainsi fut-il décidé.



Ill. 1. Représentation de Tezcatlipoca sur une urne funéraire.
Céramique, Culture Mexica, 1325-1521, Museo Templo Mayor.

Le miroir fumant rechercha sur la Terre un jeune homme. Il l'envoya chercher dans un endroit éloigné les musiciens et leurs instruments avec mission de les ramener vers la Terre pour profiter de leurs secrets.
"Tu auras pour charge d'apporter la joie aux hommes. Tu franchiras les océans et tu arriveras à la Maison du Soleil. Là tu rencontreras différents musiciens et chanteurs et trouveras maints instruments.
- Mais comment arriver jusqu'à la Maison du Soleil, Seigneur de la Terre? demanda le jeune homme avec incrédulité.
- Lorsque tu arriveras à la mer, tu demanderas leur aide aux tortues et aux baleines qui t'assisteront immédiatement. Ensemble, elles formeront un immense pont jusqu'au Soleil.
- Comment le Soleil saura que tu m'as envoyé? interrogea le jeune homme.
- Tu apprendras un chant que tu entonneras en sa présence, répondit Tezcatlipoca. Il t'attendra."

Après plusieurs jours de marche, le garçon arriva à la mer. Il appela les êtres aquatiques comme l'avait dit Tezcatlipoca : à différents endroits apparurent quelques baleines, des tortues sortant la tête de leur carapace . Les animaux se réunirent pour former un pont si long qu'aucun regard humain n'aurait pu en voir l'extrémité.Le jeune homme emprunta ce pont, à la recherche de la Maison du Soleil. Cela lui prit des jours entiers. Il commença à perdre de vue les montagnes et ensuite le reflet des eaux. Ensuite il ne voulut plus regarder en bas et préféra regarder devant lui et pmarcher, marcher, toujours marcher. Il arriva enfin devant la porte du Soleil et là, debout, il entonna la chanson que le dieu noir lui avait enseigné.



Ill. 2. Huehuetl, instrument de percussion, bois. Hauteur : 98 cm, diamètre : 54 cm.
Culture Mexica, Museo de Antropologia, Toluca.

Il chanta si harmonieusement que le Seigneur Soleil en personne s'en émut. Il devina la raison de la présence du jeune homme,. Il ordonna donc à ses musiciens de se boucher les oreilles pour que le chant ne les séduise pas:
"Ne l'écoutez pas! Ne lui répondez pas! Celui qui me désobéira devra partir pour toujours avec ce mortel".
En dépit de l'avertissement du Soleil, beaucoup n'eurent pas le temps de se boucher les oreilles et quittèrent la Maison du Soleil sans pouvoir l'éviter. Le jeune continua de chanter ce que Tezcatlipoca en descendant le pont. Mais, malheureusement pour le Soleil, ses musiciens l'abandonnèrent les uns après les autres et rejoignirent le jeune homme.



Ill. 3. Scène de danse et chant. Codex Tovar, pl. 2. XVIIème siècle.

Sur la Terre, les hommes vinrent à sa rencontre et firent une première fête. Ils étaient si contents d'entendre les mélodies des musiciens et les chanteurs venus de la Maison du Soleil, que, sans s'en rendre compte, leurs pieds se mirent à bouger et à dessiner d'incroyables figures. Tel fut le cadeau de Tezcatlipoca, le Miroir fumant.

En ce qui concerne la bibliographie, je vous recommande cet article de Miguel Leon-Portilla, disponible sur le site internet de la revue Estudios de Cultura Nahuatl, numéro 38.

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Mystérieux cacao...

Et si on vous disait que cette graine miraculeuse était originaire d'un pays que vous commencez à connaître grâce aux articles de Cuervo... Entre mythes, petites et grandes histoires, le cacao dans tous ses états.

Une fois encore, nous prenons l'avion vers les terres subtropicales, humides et chaudes du Mexique. Car si l'essentiel de la production mondiale du cacao est assuré par les pays d'Amérique du sud (le Brésil en tête), il ne faut pas oublier que le cacao est d'origine mexicaine. Il en est du cacao comme du café ou de la vigne : des variétés et des terroirs mutliples lui donnent des saveurs différentes, plus ou moins amères, plus ou moins forte.

Cette plante fait partie des nombreux apports que nous devons à la terre des Aztèques. Maïs, haricots, pommes de terre, avocats... sont originaires de là-bas. Mais le cacao occupe une place particulière dans les civilisations mésoaméricaines. Car le cacahuatl ou Theobroma cacao L., est présent dans la mythologie et l'iconographie du Mexique préhispanique.



Ill. 1. Cacaoyer, déroulé d'une céramique polychrome, civilisation maya, site de Nebaj,
Popol Vuh Museum, Guatemala City.
© Justin Kerr

Le terme chocolat que nous utilisons vient également de l'ancien nahuatl : xocoatl a deux étymologies possibles, xoco signifiant soit "amère", soit "bruyant" et atl, "l'eau". Ce terme renvoie au goût caractéristique qu'a la fève broyée et mélangée à l'eau, donnant naissance à la "boisson des dieux". Selon les croyances indigènes de l'époque, le cacaoyer ou cacahuaquahuitl a été rapporté à la surface de la Montagne des Richesses par Quetzalcoatl, le dieu Serpent à plumes. Il cherchait ainsi à offrir aux hommes une plante qui leur permettent de préparer un breuvage aux pouvoirs magiques. D'ailleurs il n'est pas rare de voir la représentation des cacaoyers sur des céramiques, aux côtés de nobles mayas dans leur tombe. Ces derniers bénéficiaient du rare privilège de préparer et de consommer le cacao.



Quetzalcoatl, sculpture, basalte rouge, civilisation aztèque, vers 1450 après J.-C.
Musée du Louvre, Paris.

Les Aztèques avaient de nombreuses recettes si on en croit les travaux du frère franciscain Bernardino de Sahagun.. Signalons toutefois celle-ci. Après avoir extrait et grillé les fèves, on les concassait de manière à obtenir une pâte que l'on mélangeait avec de l'eau, de l'anis, de la canelle ou de la vanille. On épaississait la préparation à l'aide de farine de maïs ou de bouillie de la même farine, avant de la battre avec une branche (de là l'idée de xoco comme "bruyant"). .

Considérés par les Aztèques comme des dieux, les Espagnols découvrent en 1519 le xocoatl et leur chef Cortès rapporte quelques années plus tard une première cargaison de fèves à la Cour de Charles Quint en Espagne. Le succès de la boisson demeure confidentiel. Adouci avec du sucre de canne ou du miel, le chocolat acquiert une réputation formidable, notamment grâce à Charles Quint. Au cours du XVIIème siècle, l'Europe est conquise par la boisson au point qu'Anglais, Français et Portugais décident de planter les précieuses fèves dans leurs colonies respectives.

En France, c'est sous Louis XIII que le cacao se développe. Sous le règne de Louis XIV apparaissent les premières tablettes de chocolat à croquer. A l'époque de Louis XV, on crée des bonbons chocolatés. Ces innovations culinaires sont accompagnées de la création d'une vaisselle propre au chocolat : la chocolatière. Le chocolat devient alors la boisson des salons et entame une longue démocratisation.



Jean Charpentier, La famille Penthièvre ou la tasse de chocolat, huile sur toile,
1768, 1,76 m x 2,56 m, Châteaux de Versailles et de Trianon.


Voici, pour finir, ma version du cacao chaud.

1. Versez l'équivalent d'un bol de lait dans une casserole et faites chauffer à feu très doux.
2. Le lait frémissant, rompez-y 30 grammes de cacao pur (100%) en petits morceaux. Bous pouvez rajouter plus de cacao si vous souhaitez plus de goût.
3. A l'aide d'un molinillo (petit moulin en bois) ou à défaut d'un fouet de ménagère, remuez et faites écumer la préparation.
4. Ajoutez-y le sucre de canne, une gousse de vanille fendue et continuez de remuer la préparation.
5. Sortez la casserole du feu et ajoutez-y canelle, paprika et ... une pointe de poivre du moulin.
A déguster sans modération!

Références bibliographiques et webographiques:
  • Bernadino de Sahagun, Historia general de las cosas de Nueva España, Cien de Mexico, Mexico , 2002, II, p. 755.
  • Louise Tardivel, L'indien généreux, Boréal, Québec.
  • Maria Longhena, L'écriture maya, Flammarion, 1999, Paris, s.v. cacao.
  • Véronique Dumas, "Le cacao et le maïs", in Historia, juillet-août 2003, Paris.
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Ciudad Juarez, capitale des « féminicides »

Voici un article publié il y a un an pour la journée mondiale de la femme.

La dignité de la femme est souvent mise à mal un peu partout dans le monde... Si la France s'en sort moyennement, que dire d'autres régions du Monde. Sortons des sentiers battus...


La journée de la femme approchant, on vous montrera des documentaires et des reportages sur la situation de la femme et de ses droits dans le Monde. Loin de négliger les violences et les injustices que peuvent subir nombre de nos compatriotes, il me paraissait important de vous parler d’un phénomène vieux de treize ans qui touche l’Etat de Chihuahua, au Nord du Mexique.



Ill. 1. Carte du Mexique. Source : http://www.mujeresdejuarez.org/


En 1993, les premiers cas de jeunes femmes, d’adolescentes et même de fillettes violées puis torturées et assassinées sont apparus. Aujourd’hui les chiffres des associations de familles de victimes décomptent près de 1500 disparitions et 400 morts violentes composent un triste bilan. Des corps violés, tuméfiés parfois démembrés ont été retrouvés de part et d’autre de la frontière mexicano-américaine. A mesure que les victimes augmentaient, les familles devaient souvent enterrer leur proche (et elles attendent toujours qu’on leur restitue un corps) sans que justice leur soit rendue.

Pour manifester contre l’impunité des assassins et témoigner de leur douleur face à leur pays et au monde entier, les femmes de Juarez ont multiplié les manifestations, obtenu le soutien d’organisations internationales comme Amnesty International mais aussi de bon nombres de célébrités nationales. Ainsi l’auteur-compositeur-interprète Saul Hernandez, leader du groupe Los Jaguares, n’hésite pas à parler des femmes de Ciudad Juarez et à dénoncer la politique outrancière du gouvernement lors de chaque concert.



Ill. 2 Manifestante contre les « féminicides » devant le bureau de l'ONU à Mexico. Source : Noticieros Televisa.


Les facteurs responsables de cette vague de violences sont multiples. D’une part, la mentalité machiste de bon nombre d’hommes mexicains ne supporte pas le caractère de plus en plus indépendant des femmes mexicaines. A ce motif sociologique s’ajoutent des motifs économiques. La ville de Ciudad Juarez est frontalière de l’Etat du Nouveau-Mexique. Sa population a régulièrement augmenté depuis une vingtaine en raison d’un flux permanent de Mexicains du sud et du centre du pays, tentés par les opportunités de travail mieux rémunéré à Ciudad Juarez et de migration souvent clandestinement à San José. La plupart échoue et se retrouve dans des situations familiales et financières délicates. Enfin il convient de ne pas négliger des facteurs politiques. Depuis le début de la crise les autorités du Chihuahua, puis celles du gouvernement fédéral à Mexico, ont systématiquement cherché à minimiser l’impact des « féminicides » de Ciudad Juarez. Des rapports successifs d’Amnesty International ont mis en lumière l’absence d’enquêtes convenablement menés et l’impunité dont bénéficient les criminels.

Depuis le phénomène a pris de l’ampleur et a gagné la ville de Chihuahua et l’état voisin de Sonora. Pour toute réponse et devant l’internationalisation des pressions, le gouvernement mexicain de Vicente Fox a décidé il y a quelques mois de mettre les bouchées doubles pour résoudre les affaires de disparition et de meurtres à Ciudad Juarez et ses environs. Mais le Procureur général de l’Etat de Chihuhua a fait récemment des déclarations qui ont fortement ému les familles des victimes. Selon lui, seront traitées surtout les affaires comportant des violences sexuelles, soit 20% des 379 meurtres documentés, les autres appartenant au domaine des violences conjugales. Pourtant, il reconnaît de multiples dysfonctionnements et négligences de la part de 177 fonctionnaires de police chargés des enquêtes préliminaires. Une bien faible consolation qui laissent pour compte plusieurs centaines de femmes face aux traumatismes de leur enlèvement et/ou viol...

Dans sa volonté de zèle et avec les méthodes qui la caractérisent, la police judiciaire a même été jusqu’à arrêter et incarcérer plusieurs innocents. Ce fut le cas du cousin d’une victime : alors que celui-ci avait fait plusieurs milliers de kilomètres pour participer aux recherches, la police, agacée par la pression de la famille, a fini par trouver un coupable. L’affaire de Ciudad Juarez pèse lourdement sur le débat politique à quelques mois des élections présidentielles mexicaines et il importe désormais que toutes ses disparitions soient élucidées pour aider le candidat du parti néolibéral au pouvoir…

La route pour le respect de la femme au Mexique est encore longue. Il semblerait qu’une prise de conscience se fasse, en espérant qu’elle ne soit pas uniquement pas liée à des enjeux purement politiciens. Qui plus est, plus de la moitié de la population mexicaine est féminine. Comme j’ai l’habitude de dire, les droits de l’Homme sont aussi ceux de la Femme. Cela est valable au Mexique comme partout dans le monde…

Plusieurs sites internet m’ont permis d’écrire cet article et méritent votre visite. Certains sont même disponibles en version française :

http://www.mujeresdejuarez.org/ : site d’une association de familles de victimes. Signez leur pétition !

http://www.mujerarte.org/juarez-frances.htm : site contenant des toiles représentant de manière très crue les victimes de Ciudad Juarez.

http://web.amnesty.org/library/Index/ESLAMR410122006 : page en espagnol contenant les commentaires d’Amnesty sur le rapport du Procureur général du Chihuahua.

Por mi Tortuguita, con todo mi respeto y amor…
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Le rock mexicain

Il n'y a pas que les mariachis dans la planète musicale mexicaine. Le rock y tient une part non négligeable et se décline sous des formes parfois surprenantes. Plongée avec Cuervo en "el nervio del Volcan"...

La musique mexicaine tient ses origines bien avant l'arrivée des Espagnols et de leurs guitares flamenco. Les documents archéologiques montrent l'utilisation de percussions, de conques ou d'os pour former du son. Certains témoignages montrent les chants que les gens adressaient à leur divinité.



Musicien-chanteur, Céramique maya,
Classique moyen (vers 650 après Jésus Christ)
Copyright http://www.famsi.org

Le rock mexicain revendique clairement cette tradition. Vous connaissez tous la version rock de la Bamba chantée par Ritchie Valens dans les années 50 et reprise à la fin des années 80 par le groupe Los Lobos. Sachez que Ritchie Valens était d'origine mexicaine mais de nationalité mexicaine. Qui plus est, la Bamba est un chant traditionnel maintes fois adapté. L'objet de cet article est de vous présenter quelques groupes des vingt dernières années, toujours actifs ou récemment apparus, et de vous montrer la variété de la scène rock mexicaine actuelle. Vamos??

Commençons par LA référence absolue, à savoir Los Jaguares, affublés par la presse française lors de leur récente venue à Paris du surnom de "U2 mexicains". L'histoire des Jaguares est quelque peu mouvementée. En fait ce groupe est né après la séparation d'un autre groupe, Los Caifanes, en 1995. A la tête des deux formations, l'auteur-compositeur-interprète, Saul Hernandez, peut volontiers être comparé à Bono pour son implication récurrente dans l'humanitaire : il milite notamment auprès d'Amnesty International pour promouvoir les droits de la femme.
Revenons à la musique! Il est vrai que le son des Jaguares peut sonner comme du rock, on ne peut plus classique mais, comme pour bon nombre d'artistes, c'est bien la scène qui permet d'en voir la valeur. El Vampiro est un guitariste hors pair et est très bien accompagné par le bassiste Fedrico Fong.
Le plus incroyable a été de voir ce groupe, capable de draîner plus de cent cinquante mille personnes sur un concert au Zocalo, se produire dans la petite salle de la Boule Noire le 17 novembre dernier. L'ambiance y était amicale et les membres du groupe se sont montrés très disponibles pour leurs fans expatriés en France.




El Vampiro et Saul, Concert à la Boule Noire, le 17 novembre dernier.
Copyright Cuervo.

Les titres références : Celula que explota, Ayer me dijo un ave, Dime Jaguar, Cuentame tu vida (en vivo).

Sites internet sur les Jaguares :
A côté de Saul et ses copains, deux autres groupes se taillent la part du lion. Cafe Tacuba est un groupe où les musiques traditionnelles du Mexique (mariachi, son veracruzano et norteño) se trouvent mêlées au rock, au reggae, au ska ou au raggamuffin. Ce métissage musical explique le succès de la banda. Le groupe mené par Rubén tient son nom d'un bar célèbre du Districto Federal, même s'il a été formé en 1989 dans une ville voisine. Cafe Tacuba est un groupe très productif : pas moins de 9 albums dont le dernier, un triple CD en vivo intitulé Un Viaje, est sorti à l'occasion d'un concert ayant réuni 170000 spectateurs sur la grand place de la capitale mexicaine. A cela s'ajoutent de nombreuses collaborations, notamment avec Beck. Pas étonnant de voir Cafe Tacuba rafler bon nombre de trophées musicaux en Amérique Latine. Les modèles de leur jeunesse étaient The Cure, The Smiths et Violent Femmes.






Sites internet sur Cafe Tacuba :


Les titres phares de Cafe Tacuba : Eres, Esa noche, Maria, Las flores.

Attardons-nous sur Mana. L'histoire de ce groupe débute en 1987 avec un album où les influences pop sont déjà bien présentes. Le leader du groupe revendique des influences Led Zep, Beatles, Stones et U2. Mana, au même titre que Los Jaguares et Cafe Tacuba, proposent parfois des textes revendicatifs. L'essentiel de leur fond de commerce restent des ballades plaisantes, souvent bien rythmées par une guitare saturée, comme le montre le dernier album, Revolucion de Amor, paru en 2003. Toujours est-il que le quatuor qui compose Mana est très connu en Amérique du Sud, aux Etats-Unis et en Espagne. Cette renommée leur a valu des duos prestigieux avec Pavarotti ou Zucchero.




Mana en concert au Trabendo, Paris, 2003



Sites internet sur Mana :
Les morceaux références de Mana : Corazon espinado avec Carlos Santana à la guitare, Eres mi religion.

Terminons ce petit tour d'horizon par un groupe plus que prometteur, Los de Abajo. Ce groupe est un OVNI. Mêlant hip-hop, reggae, ragga, rock, les influences musicales le reflet du métissage culturel mexicain . Ils revendiquent clairement leur origines de la capitale dans leur premier opus Chilango Cybertropic Power. Leurs textes sont également engagés, dénonciant avec force les abus des dirigeants mexicains de tous bords politiques. Ils mettent en avant un Mexique festif, heureux de vivre même si la vie est souvent dure. Leur deuxième album, produit sur le label Realworld de Peter Gabriel, est sorti il y a quelques semaines et s'intitule Los de Abajo vs The Lunatics (dispo chez Gibert Joseph pour les Parisiens). On y trouve notamment un duo avec Natacha Atlas.





Site internet de Los de Abajo : http://www.losdeabajo.com

Les titres phares de Los de Abajo : Matame Amor, Que mala suerte, Resistencia, Mi candela.

Enfin pour les amateurs de hardcore, tant musical que textuel, il vous faut écouter le groupe Molotov. Hard musicalement parce que le hip-hop et le rap y est matinée de rock et d'électro. Textuellement parce que les paroles sont remplies d'injures (idéal pour le touriste qui en serait victime!) et de propos crus sur la sexualité ou la dureté de la vie dans une grande partie du Mexique. Pour trouver des informations sur d'autres groupes mexicains ou sur la musique mexicaine, n'oubliez pas de visiter les sites suivants:

Tous les artistes mentionnés ont leur CD dispos sur Amazon à des prix souvent très intéressants.
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Sur les traces de quelques femmes peintres

Bannies il y a peu encore d'années des manuels d'histoire de l'art, les femmes peintres ont pourtant contribué pleinement à l'art... Pour en parler, il fallait donc compenser par un regard masculin, celui de Cuervo.

Il y a quelques mois, je vous faisais découvrir Diego Rivera, peintre muraliste mexicain de la première moitié du XXème siècle ( http://gazette.ditaime.com/article/81.html ) . Son épouse, Frida Kahlo, également peintre, ne connut la gloire que tardivement, juste avant de mourir. Pourtant Diego n'hésitait pas à dire que sa femme était une bien plus grande artiste que lui et qu'elle serait plus connue que lui. L'histoire lui a donné raison, mais seulement 30 ans plus tard.
L'exemple de Frida est symptomatique de ce que beaucoup de femmes-artistes ont connu : parfois célèbres et reconnues de leur vivant, les historiens de l'art (des hommes pour la plupart) ont souvent négligé la part considérable qu'elles ont pu avoir dans l'expression artistique en général, et dans la peinture en particulier. Ce sont les historiennes de l'art fémininistes américaines qui ont contribué à la redécouverte de bons nombre de femmes peintres (entre deux soutifs qu'elles brûlaient mais reconnaissons-leur au moins ce mérite! ).
Je vous propose donc de faire un petit voyage à travers les siècles et les pays à la découverte de femmes, parfois simple mère, parfois au destin hors du commun mais toutes mûes par la volonté profonde de représenter leur vision du monde.

Bien que plusieurs exemples de femmes peintres soient vérifiés au Moyen-Age ou à la Renaissance Italienne, nous commencerons notre étude périple par Artemisia Gentileschi. Cette Italienne (1593-1652), fille du maître baroque Orazio Gentileschi, a fait tout son apprentissage technique auprès de lui. Violée par un des assistants de son père et torturée pour vérifier si elle ne mentait pas pour son viol, Artemisia fuit Rome pour Florence et le mécénat des Médicis. Elle ne doit pas tarder à nourrir sa famille par ses toiles, étant donné que son mari revient souvent la bourse vide... Elle finit par le quitter pour rejoindre Naples. L'oeuvre d'Artemisia est marquée par de nombreuses scènes mythologiques ou bibliques. Influencée par le Caravage et le travail de son propre père, elle a dû se battre pour pouvoir peindre des corps d'hommes nus. Son père le lui refusait (foutue autorité paternelle de l'époque). Dans Judith décapitant Holopherne, Artemisia reprend le jeu de clair-obscur cher au Caravage mais insuffle à Judith et à sa servante une force et une sérénité dans leurs gestes qu'aucun homme n'a peint avant elle. La décapitation est présentée au premier plan, le sang jaillissant du coup d'Holopherne en grandes gerbes. Le spectateur est pris par la scène.


Ill. 1 : Judith décapitant Holopherne, 1611-1612, Naples, Museo e Gallerie nazionali di Capodimonte, huile sur toile.

Au XVIIème siècle, la France est considérée comme la référence artistique et littéraire partout en Europe au point que le français est la langue vernaculaire la plus utilisée. C'est sous le règne de Louis XV qu'Elizabeth Vigée-Lebrun (1755-1842) connaît une reconnaissance de bon nombre de ses pairs masculins. Issue de la bourgeoisie, elle est soutenue par son père qui voit très tôt en elle une grande artiste. Epouse d'un peintre de piètre renommée (décidément), Elizabeth Vigée-Lebrun a souvent réalisé des portraits flatteurs de femmes de la Cour comme Marie-Antoinette ou la Comtesse du Barry (rien à voir avec la marque de foie gras). Elle devient peintre officiel de la reine en 1780. Des personnes jalouses de son ascension et de son succès lui font une mauvaise réputation. Au moment de la Révolution, elle s'exile à travers différentes cours d'Europe où son talent est également très apprécié. Une autre de ses spécialités est l'autoportrait. Plusieurs la mettent en scène avec sa fille. Toutes deux regardent vers le spectateur pour témoigner de leur relation privilégiée. Se dégagent une douceur, un bien-être dans le regard et dans le geste protecteur de la mère, chose presque unique dans la peinture de l'époque. Le travail de Vigée-Lebrun a marqué durablement la représentation de l'amour maternel.




Ill. 2 : Madame Vigée Lebrun et sa fille, 1786, Musée du Louvre. Huile sur panneau, 130 cm x 94 cm.

Une des élèves d'Elisabeth Vigée-Lebrun a également connu son heure de gloire quelques années plus tard. Il s'agit de Marie-Guillemine Benoist (1768-1826). Elle a également été disciple de Jacques-Louis David, peintre officiel de Napoléon Ier. Les thèmes abordés par Benoist sont bien plus marqués que ceux de Vigée Lebrun. Dans Portrait d'une Négresse, elle y donne une vision digne et respectueuse d'une servante noire (le mot nègre n'était pas aussi péjoratif qu'il l'est aujourd'hui). Beaucoup y ont vu par la suite la volonté de mettre en valeur l'émancipation de la femme et des Noirs. Toujours est-il que ce tableau a permis à Benoist d'obtenir une bourse qu'elle a utilisé pour ouvrir une école d'art réservée aux seules femmes.



Ill. 3 : Portrait d'une Négresse, 1800, Musée du Louvre.



Le XIXème siècle est marqué par la naissance de l'Impressionisme (cf. article de Ptite Marie à cette adresse : http://gazette.ditaime.com/article/30.html ). Tout le monde a en tête les noms de Monet, Sisley ou Renoir mais connaissez-vous Berthe Morisot ou Mary Cassat? Elles ont toutes deux repris le thème de la maternité abordé par Vigée Lebrun. Mais elles se démarquent toutes deux de leur glorieuse aînée par un sens de la couleur et de la lumière propre à ce courant artistique. Berthe Morisot (1841-1895), descendante du peintre Fragonard et élève de Manet, a souvent représenté sa soeur Edma et sa fille Blanche. Le berceau se caractérise par une délicatesse extrême du traitement de l'enfant, vu à travers le tule qui recouvre son lit. Les couleurs nacrés des voiles font ressentir les vêtements d'Edma et sa pose bienveillante aux côtés de l'enfant endormie.




Ill. 4 : Le berceau, 1872, Musée du Louvre. Huile sur toile, 56 cm x 46 cm.



Mary Cassat
(1844-1926), compagne américaine de Degas, a également évolué dans un milieu favorisant son talent. Elle utilise notamment un thème cher à ses collègues masculins : les baigneuses. Elle se démarque en faisant appel à ses modèles favoris : les femmes ET les enfants. Les ors et les fuchsia sont fréquemment utilisés dans ses toiles et leur confèrent fraîcheur et spontanéité. En témoigne Le bain :




Ill. 5 : Le bain, 1910. Paris, Musée du Petit Palais, Huile sur toile, 97,5 cm x 130,5 cm.



Impossible de traiter l'ensemble des femmes peintres qui se sont succédées au cours du temps. En aucun cas, cette présentation n'est exhaustive : j'aurai pu également mentionner Anne Vallayer-Coster, contemporaine de Benoist, Séraphine de Senlis (début XXème), Suzane Valodon ou Sonia Delaunay qui ont contribué grandement à l'épanouissement de la sensibilité féminine à travers la peinture. Bon nombre de peintres hommes ont reconnu l'influence que certaines ont pu avoir sur l'oeuvre. Mais bien plus que cette sensibilité si particulière aux femmes, c'est leur force, leur conviction à réussir dans un milieu parfois dur et critique qui rend leurs toiles si belles et si fortes. Mais au final, les femmes peintres ont abandonné peu à peu ce qui semblaient leur être des thèmes réservés et n'hésitent pas à faire scandale avec leurs toiles.

Pour plus d'informations sur ce sujet, je vous renvoie à quelques articles web qui m'ont aidé à réaliser celui que vous avez sous les yeux :
  1. "Artemisia Gentileschi, artiste peintre et femme libre". Par Pascal Beaudet sur : http://sisyphe.org/article.php3?id_article=995
  2. Article "Elisabeth Vigée-Lebrun sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lisabeth_Vig%C3%A9e-Lebrun
  3. Article "Marie-Guillemine Benoist" sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Marie-Guillemine_Benoist
  4. Article "Berthe Morisot" sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Berthe_Morisot
  5. Article "Mary Cassat" sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Mary_Cassatt
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Concert : Albin de la Simone à Amiens

L'accompagnateur de -M- , Matthieu Boogaerts ou Franck Monnet, faisait une étape dans sa ville natale pour présenter son album "J'ai changé" Récit...

Amiens, samedi 29 octobre, 15h30
Voilà quelques mois que je préparais un concert auquel Céline-attendue m'avait invité. Avec l'aide de Nono, nous la récupérons à la gare située en face de la Tour Perret récemment restaurée. Après avoir fait un détour par l'hôtel pour qu'elle enfile sa tenue de concert spéciale Albin, nous prenons la direction du quai Bélu pour bien repérer la salle.
Premier cadeau: Albin finit une interview avec la télévision locale et nous échangeons quelques mots rapides sur le concert du soir. Nous effectuons ensuite un petit tour en centre-ville, histoire de voir la cathédrale et d'acheter l'album à la FNAC (en prix vert à 10 euros, précipitez-vous!) pour le faire dédicacer.

Une bière en terrasse plus tard, Laure nous rejoint. Après quelques papotages, nous mettons le cap sur le quartier Saint Leu, paradis des étudiants amiénois le samedi soir.

21 heures. Un sandwich avalé et nous patientons pour pouvoir entrer dans la salle alors que le concert était prévu à 20h30. Subrepticement, Jeanne Cherhal, madame de la Simone à la ville, et Jipé Nataf se glissent à nos côtés. C'est une deuxième bonne surprise.
Les portes s'ouvrent : les quelques places assises de la petite salle (150 places) sont déjà occupées. La fosse se remplit rapidement et nous prenons place aux tout premiers rangs.
Autant dire que Céline-attendue ne se sent déjà plus de joie. La chaleur de la salle nous fait penser plus à un sauna et la seule porte qui permettrait de nous aérer doit rester fermée. Un mauvais point pour les organisateurs.
Elle finit par s'ouvrir et laisse entrer Jeanne Cherhal tenant sa basse et Jipé Nataf avec sa Gibson. Seraient-ils les musiciens d'Albin pour ce soir?
Non, ils viennent présenter leur groupe : les Redlegs. Notez sur le cliché le jeans rouge de Jipé et les collants de la même couleur portés par Jeanne. CQFD : ils ont bien les jambes rouges. Leur spécialité : la reprise de classiques de la variété française et internationale ( Brel, Souchon, Kate Bush, Gainsbourg...). "Quoi d'intéressant?" me direz-vous. Jipé vous répondrait qu'ils font ça juste pour le plaisir et qu'accessoirement, ils veulent être des juke-box humains, disponibles pour les baptêmes et les mariages (ça n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd).





Les Redlegs


Pourtant la réussite de leur duo tient à la qualité de leur interprétation, le côté coquin de Jeanne et la maîtrise musicale de Jipé apparaissant clairement. Ils nous proposent des rythmiques et des orchestrations surprenantes au point de mettre rapidement la salle dans leur poche. Telle était la troisième surprise de la soirée.

Un petit quart plus tard, Albin, accompagné de son batteur, de son bassiste et de son guitariste, monte sur scène dans une veste à faire pâlir Shalom. Malheureusement le premier morceau, Simone, est gâché par une mauvaise balance micro, un retour-son absent. Une improvisation au clavier le temps de tout remettre en ordre et le concert prend sa pleine mesure.



Albin : le maître des clés



Les morceaux prennent des tournures souvent rock et peuvent surprendre ceux qui ne connaissent Albin que par son CD. Qu'importent les erreurs de texte, dûes sans doute à l'émotion de se retrouver chez soi ! D'ailleurs Albin a invité un ensemble de cuivres local, le BBCL, pour l'accompagner notamment sur le morceau phare J'ai changé.


Albin et le Big Band des Collèges et Lycées d'Amiens


Le set se déroule jusqu'au premier rappel au cours duquel Jeanne et Jipé rejoignent Albin pour interpréter Ces mots stupides. Instant magique, tout en douceur et bien agréable. Le bassiste d'Albin s'est emparé de sa guitare GOAL 3, en forme de ballon de foot et qui contient un ampli intégré à la caisse de la guitare: original ! Supporter de l'ASC, Albin. Un deuxième et dernier rappel sur J'ai changé : Le public acccompagne Albin seul devant son clavier : papapapalabadabada...





Albin, Jeanne et Jipé interprétant Ces mots stupides


Dernier cadeau, lors d'une séance de dédicaces avec les artistes: une petite discussion avec Jipé sur les Redlegs, quelques mots échangés avec la sémillante Jeanne et un Albin victime de son succès. Nous repartons avec une énergie et un sourire incroyables. Il est plus d'une heure du matin. Nous traversons le quai Bélu pour prendre une dernière bière avant de nous séparer. Je rentre au radar à plus de quatre heures du mat', Albin dans l'autoradio et l'esprit encore embrumé par les mots, les notes et la simplicité du personnage. A voir et revoir de toute urgence.
Merci à Céline pour ce beau cadeau d'anniversaire (très en retard), à Nono, Mick et Laure, JP pour les instants de complicité.

http://www.albindelasimone.com


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Sur les traces de Santiago

L’Alchimiste fait partie de ces romans qui réconfortent et surprennent un lecteur par le profond sentiment d’humanité qui s’en dégage. Je vous propose de découvrir quelques passages et paysages d'un livre qui ne laisse pas indifférent.



Santiago, jeune berger, est surtout un voyageur dans l’âme. A la quiétude d’une vie casanière, le jeune homme a préféré la vie de nomade, parcourant son Andalousie pour élever ses bêtes et vendre leur laine. Il échappe à toute routine jusqu’au jour où un rêve nocturne l’obsède : un enfant lui dit qu’un trésor l’attend au pied des pyramides d’Egypte. Un vieil homme étrange lui donne les premières clés pour comprendre le voyage qui l’attend et le voit s’éloigner vers l'Afrique.

« Surplombant la petite ville de Tarifa, existe une vieille forteresse jadis construite par les Maures ; et qui s’assied sur ses murailles peut voir de là une place, un marchand de pop-corn et un morceau de l’Afrique. »



Murailles entourant la ville de Tarifa, Andalousie.


A l’instar du Candide de Voltaire, Santiago entame alors un long parcours où il doit apprendre à déchiffrer les signes du destin, à se laisser guider par son coeur pour atteindre son trésor. Il décide donc de traverser le bras de mer séparant l’Espagne et le Maroc. Malheureusement il se fait voler le jour même, au port de Tanger, le peu d’argent qui devait lui permettre de voyager jusqu’en Egypte. Contraint de travailler dans un magasin de cristaux, Santiago médite son cuisant échec et se résout à retourner chez lui après quelques mois de labeur.

« Un après-midi, il vit un homme en haut de la montée, qui se plaignait qu’on ne pût trouver un endroit convenable pour boire quelque chose après avoir gravi cette rampe ».



Medina de Tanger, Maroc.


Ayant permis la prospérité de son patron et assuré les frais de son voyage vers l’Egypte, il rejoint une caravane de marchands de cristaux. Il y fait la connaissance d’un Anglais, désireux de découvrir les secrets des alchimistes, notamment celui de la Pierre Philosophale. Cet homme espère retrouver un alchimiste capable de l’aider. L’un et l’autre apprennent que les signes de la vie peuvent être lus dans la vie de la caravane comme dans les livres d’alchimie.

« La caravane se mit en marche en direction du levant. On avançait durant la matinée, on faisait halte quand le soleil devenait brûlant, et l’on reprenait la progression quand il commençait à baisser… Mais, dans le désert, il n’y avait rien d’autre que le vent éternel, le silence, les sabots des bêtes. Même les guides entre eux ne causaient guère. »



Caravane traversant le désert.


Menacée par des attaques de brigands et des guerres entre clans, la caravane finit par atteindre la gigantesque oasis de Fayoum. Partis à la recherche de l’alchimiste vivant dans l’oasis, les deux jeunes font par hasard la connaissance de Fatima, une jeune porteuse d’eau. Santiago en tombe rapidement amoureux et est prêt à tout abandonner pour vivre son amour. Fatima lui rappelle alors la nécessité qu’il a d’accomplir sa quête personnelle et le rassure sur ses sentiments qui l’accompagneront jusqu’à la fin de son parcours.

« Et ce fut comme si le temps s’arrêtait, comme si l’âme du monde surgissait de toute sa force devant le jeune homme.
Quand il vit ses yeux noirs, ses lèvres qui hésitaient entre le sourire et le silence, il comprit la partie la plus essentielle et la plus savante du Langage que parlait le monde, et que tous les êtres de la terre étaient capables d’entendre en leur cœur. Et cela s’appelait l’amour, quelque chose de plus vieux que les hommes et le désert même… »



Oasis du Fayoum, Egypte.


Cependant Fayoum est sous la menace d’une attaque de guerriers du désert que seul Santiago perçoit. Son intervention auprès des dirigeants de l’oasis aurait pu lui coûter la mort mais elle lui donne fortune et considération. Marqué durablement par l’image de Fatima, le jeune homme finit par rencontrer l’Alchimiste de l’oasis. Ce dernier l’observait de loin et finit par lui proposer de le guider jusqu’aux pyramides… (je vous laisse découvrir la fin par vous-même)

« Toute la nuit, il creusa à l’emplacement indiqué, sans rien trouver. Du haut des Pyramides, les siècles les contemplaient en silence. Mais il ne renonçait pas. Il creusait, creusait sans discontinuer, luttant contre le vent qui, plus d’une fois, ramenait le sable au fond du trou… »

]


Pyramides de Gizeh, Egypte.



Paulo Coehlo reprend cette trame narrative pour en faire bien plus qu’une recherche matérielle. Le jeune Santiago va découvrir bien plus qu’un trésor : il se découvre, apprend à écouter ses sentiments, à avoir confiance en lui.
Coelho s’inscrit dans une tradition littéraire bien établie : celle du conte philosophique. Le merveilleux a sa place dans ce roman : on avance dans des endroits connus mais à une époque difficilement identifiable. Le jeune héros ou la jeune héroïne, élevé(e) en vase clos, voit sa vie basculer et rebondir au gré du destin comme Zadig ou l’Ingénu de Voltaire. Un voyage initiatique, le confronte aux autres et fatalement à lui-même. L’Alchimiste est une formidable leçon de vie, d’humanité. Il prend le lecteur à témoin, le pose face à lui-même, face à ses doutes. Il contient plusieurs clés pour maîtriser nos doutes, jouir des trésors de la vie et écouter notre cœur.
Cette philosophie si humaine, si généreuse, on la retrouve dans d’autres bouquins de Coelho comme la Cinquième Montagne ou le Manuel du Guerrier de la Lumière. Tous sont disponibles en livre de poche. Un dernier conseil cependant : n'allez pas croire que ce livre résoudra tout vos problèmes! Il peut vous aider à voir les choses différemment mais il vous montre à compter sur vous-même pour avancer.

Quelques sites pour vous faire une idée plus précise de cet auteur brésilien et de son oeuvre:

http://www.panoramadulivre.com/htmlfr/selec0303e.htm (français)
http://www.paulocoelho.com.br/ (multilingue)

Enfin une dernière citation pour accompagner votre lecture :

« Et quand tu veux quelque chose, tout l’Univers conspire à te permettre de réaliser ton désir ».

Gracias a mi Tortuguita quien me regalo este libro.
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