mardi 23 octobre 2007

Expo Isis et le Serpent à plumes

Monterrey a la réputation d'une ville travailleuse. Il y a peu d'événements culturels d'ampleur nationale et a fortiori internationale. Le Forum Universel des Cultures Monterrey 2007 même s'il a coûté la bagatelle de 700 millions de pesos, soit près de 50 millions d'euros essaie de combler cette lacune, notamment par le biais d'expositions accessible au grand public pour un coût limité.

L'une d'entre elles établit le lien entre les cultures mésoaméricaine et égyptienne autour d'un thème commun, la fertilité. Cela peut paraître tiré par les cheveux de jeter des ponts entre des civilisations si éloignées dans le temps et l'espace. Mais Isis et le serpent à plumes a eu le mérite de fédérer autour d'un projet artistique, culturel et religieux une énorme synergie entre collectionneurs privés et publics des deux pays.

Je ne m'attarderai pas sur la partie égyptienne de l'exposition d'abord parce que ce n'est pas ma spécialité. J'ai néanmoins à la fois la simplicité et la quantité des informations pour comprendre les pièces proposées au visiteur. On peut voir Isis déclinée sous toutes ses formes (sculptures, peintures sur bois, joailleries, peinture murales), ses avatars (Hâthor notamment), ses relations avec Osiris et Hôrus. On y découvre l'importance de son culte jusqu'à l'époque romaine.

Mû par une soif irrésistible de revoir ma bestiole préférée, vous comprendrez que je décide de passer rapidement de salle en salle... Et enfin, le choc ! Comme un retour aux sources en 2002 !
Les parois recouvertes de panneaux verts, une grande plate-forme supporte quatre sculptures à tenons de serpent à plumes de la plate-forme de Vénus à Chichen Itza.

Sculpture à tenon en forme de serpent à plumes,
Plate-forme de Vénus, Chichen Itza, Musée de site de Dzibilchaltun

Pectoral incisé représentant un guerrier-aigle avec un serpent à plumes à l'arrière-plan.
J'ai l'impression de revoir ma première visite du Palacio Canton à Mérida. La même émotion, la même impatience s'empare de moi. Comme mon mitraillage systématique de chaque pièce présentée. Deux, trois, quatre fois je photographie le même serpent. J'avance lentement, religieusement dans les salles. Je ne rate aucun détail. J'en oublie ma petite femme, qui a déjà saturé après une heure de visite chez les pharaons.


Cuauhxicalli sculpté de deux serpents à plumes,
Musée National d'Anthropologie, Mexico.

Stèle sculptée représentation Quetzalcoal avec des atours du Serpent à plumes,
Musée Anthropologique de l'Université de Véracruz, Xalapa.

Un Atlante de la pyramide B de Tula, les chapiteaux de colonne de Tula ou de Chichen Itza, les peintures des Animaux mythologiques et de Techinantitla, la céramique orange de Tula sont une révision en bonne et dûe de la créature emplumée... et puis les sculptures mexicas et avec elle, des surprises... Pour la première je peux contempler le serpent à plumes d'Apaxco, celui de Santa Cecilia à la conche sur la tête, le serpent enroulé de la Fondation Televisa... Je suis comme un gamin lâché dans un rayon de jouets. Et que dire de cette merveille de serpent à plumes recyclé en baptistère qui clot le parcours ?

Céramique orange de style maya, Musée de site de Tula, Hidalgo


Sculpture du Serpent à plumes avec le glyphe atl-tlachinolli
Musée National d'Anthropologie, Mexico


Représentation de Tlaltecuhtli,
vue inférieure de la sculpture du Serpent à plumes avec glyphe atl-tlachinolli
Musée National d'Anthropologie, Mexico.

L'appareil photo chauffe. La carte mémoire finit par saturer. Les questions commencent à se succéder à un rythme effrené dans ma tête, notamment celle-ci : que sait-on du contexte de découvertes de ces serpents enroulés? Peu de chose, voir rien si on cherche sur le net.

Sceptre serpentiforme,
Pyramide du Serpent à plumes, Teotihuacan.

Serpent à plumes,
Musée Régional d'Archéologie, Apaxco.

Il me faut en parler avec mon directeur de thèse, avec les quelques spécialistes du serpent à plumes présents ici au Mexique comme Florescano ou Lopez Austin.
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jeudi 4 octobre 2007

Taiko no Yamato

Samedi dernier m'a rappelé mes meilleures sorties parisiennes. Après avoir visité l'exposition Isis et le Serpent à plumes (dont je ferai un compte-rendu sur ce blog ultérieurement), mon épouse et moi-même avons marché le long du Paseo Santa Lucia pour rejoindre l'Esplanade des 400 ans, au centre de Monterrey. Devant le Musée d'Histoire Mexicaine, nous avons assisté à un concert... Non plutôt à un spectacle... Mince!

Ce n'est pas évident de choisir tant ce que nous avons vu appartenait aux deux catégories.
Bref vous connaissez les Tambours du Bronx mais leurs sonorités métalliques vous hérissent les poils? Pourquoi ne pas faire un petit tour par les tambours (taiko) traditionnels du Japon? En fait, si les instruments sont bien traditionnels avec des tambours de toute taille, des cymbales et des cithares japonaises, la mise en scène est relativement moderne et énergique.

Le groupe existe depuis 1993 et fait le tour du monde en proposant moments zen ou comique. Un vrai régal pour les oreilles, les yeux et le coeur. En effet les vibrations provoqués par les dix musiciens provoquent un sentiment de bien-être, notamment quand le plus gros tambour est frappé avec une sorte de tronc par un petit bout de femme aux cheveux hirsutes. Les lumières suivent parfaitement l'orchestration...
En plus le public est convié à participer au spectacle. Que demander de plus si ce n'est un peu moins de pluie pendant le concert? Voilà un petit moment bien agréable vécu en direct au Forum Universel des Cultures de Monterrey 2007, au Mexique.

Pour comprendre un peu mieux les taikos, visitez l'article de Wikipedia en anglais sur le sujet et consulter cette chronique :
http://www.resmusica.com/aff_articles.php3?num_art=3654


Vous pourrez les voir au Casino de Paris du 15 janvier au 3 février 2008 au casino de Paris. Par contre vous débourserez au minimum 50 € alors qu'on les a vus ici gratuitement.
Ils vendent leur spectacle en double DVD pour environ 26 €
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