mardi 30 décembre 2008

Saisie de 93 pièces avant une vente aux enchères à Paris

Il ne passe plus un mois sans qu'on ne parle d'objets précolombiens saisis ou renvoyés au Mexique après avoir été légalement ou illégalement acheminés hors du Mexique. En septembre 2008, l'Ambassade du Mexique a demandé la saisie de 93 pièces à l'Hôtel Drouot.
Voici le catalogue de l'étude Binoche où figurent les objets proposés à la vente.

Ce catalogue, l'ambassade du Mexique l'avait reçu de la part du commissaire et n'avait en rien protesté contre la vente. Le commissaire responsable de la vente, Philippe Blazy est sérieux et très regardant sur l'origine des pièces qu'il vend. L'origine des objets est difficile dans la mesure où il s'agit, entre autres, de l'ancienne collection Kerchache, l'homme qui fit entrer les arts premiers au Musée du Louvre il y a quelques années.

Le Mexique et la Colombie ont entrepris une guerre systématique au trafic d'art concernant leurs anciennes cultures. Mais ils doivent prouver que les pièces saisies sont issues de fouilles sauvages, ce qui est impossible à démontrer pour celles de la collection Kerchache. Pour ces pays, il est important d'enrayer le commerce d'objets précolombiens.
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jeudi 25 décembre 2008

Restauration du masque de K’inich Janaab Pakal

Le masque funéraire de K’inich Janaab Pakal
Photo: Inah/Medios


Un des masques de jade qui formaient le ceinturon cérémoniel porté par le souverain Pakal, après avoir été déposé dans sa chambre funéraire, a été restauré par une équipe de l’Instituto Nacional de Antropología e Historia, dans le cadre du « Proyecto Máscaras Funerarias ».
Dans un article publié par la Sala de Prensa de l’Inah le 23 décembre dernier, Sofía Martínez del Campo Lanz, responsable de cette initiative voulue par la « Coordinación Nacional de Museos y Exposiciones » de l’Inah, nous donne des précieuses informations en ce qui concerne le déroulement de ce travail.

L’assemblage des 49 petites pièces de jade a duré 4 mois environ, et le masque mesure 12 cm de longueur pour 13,5 de largeur et 7 cm de haut. En revanche, la partie inferieure présente 3 petites haches de silex, qui mesurent 15,5 x 5 cm.

Le masque sera officiellement exposé en 2009 – tout comme la reproduction de la chambre funéraire du souverain Pakal – dans la Salle Maya du Musée d’Anthropologie de México.

Il ne s’agit pas de la première pièce, provenant de Palenque, restaurée par cette équipe, puisque précédemment le « Proyecto Máscaras Funerarias » avait travaillé sur un autre masque, qui faisait toujours partie du ceinturon cérémoniel du souverain Pakal. Dans ce cas, les spécialistes avaient eu affaire à une pièce représentant un vieux visage, en opposition au masque récemment restauré, représentant, sans doute, un visage aux traits jeunes. Del Campo Lanz explique que ces deux pièces avaient été « tuées » rituellement au dessus de la pierre tombale, et mélangées à d’autres petites pièces de jade, représentant une offrande.
L’observation et l’étude du registre photographique fut, à ce propos, très précieux, puisque les spécialistes ont pu sélectionner les pièces qui appartenaient aux deux différents masques et leur donner la forme anatomique d’origine.

Le « Proyecto Máscaras Funerarias » a permis la récupération, depuis 2001, de 13 petits masques provenant de différentes régions de l’aire maya, et c’est d’ailleurs grâce à cette étude multidisciplinaire si on a pu récupérer beaucoup d’informations sur les variations faciales des différentes populations appartenant à la culture maya.
Au total, on signale la récupération de 4 masques provenant de Palenque, 4 de Calakmul, dans l’état de Campeche, 3 de Dzibanché, en Quintana Roo, 1 de Oxkintok et 1 de La Rovirosa, Yucatan.

Selon Del Campo Lanz l’importance de ce projet est étroitement lié à deux aspects principaux : d’un côté cela permet la reconnaissance des formes et des traits mayas, un aide à la restauration des mosaïques là où le contexte archéologique est particulièrement avare d’informations. De l’autre côté cette étude permet la compréhension de la valeur du masque funéraire. « Les mosaïques faciales, tout comme les représentations des souverains dans les stèles » - explique la spécialiste - « possèdent une symbolique qui nous parle de la relation entre les rois et le monde surnaturel. La récupération des formes originales permet de lire cette signification ».

A l’occasion du 70ème anniversaire de l’INAH, en 2009, la publication d’un ouvrage consacré aux masques funéraires restaurés est prévue.
Actuellement on connaît l’existence, au Mexique, d’environ 30 exemplaires en jade. Le but du Projet est celui de compléter l’étude des pièces encore fragmentées, avec la méthodologie appliquée jusqu’à présent. 

Edition du 27/11/2011. Nous vous conseillons de voir cette conférence proposée par Laura Filloy Nadal au Museo del Popol Vuh en août dernier. 




Bibliographie complémentaire
Bernal Romero, G. 2008. “Las orejeras de K’inich Janahb’ Pakal: comentarios sobre una inscripción olvidada de Palenque”, en Estudios de Cultura Maya,XXXII. Mexico : IIF-UNAM, pp. 91-122. 

Filloy, L. 2011. Costume et insignes d'un roi maya de Palenque : K'inich Janaab' Pakal. Thèse de doctorat sous la direction d'Eric Taladoire. Paris: Université Panthéon-Sorbonne. 

Filloy, L. (coord.). 2010. Misterios de un rostro maya. La máscara funeraria de K'inich, Janaab' Pakal de Palenque. Mexico : Anaconda Books-INAH. 

Martínez del Campo Lanz, S. "K'inich Janaab' Pakal, dios del maíz y árbol del mundo". In Arqueología Mexicana, vol. XVII, núm. 102. México: Editorial Raíces-INAH pp. 24-29. Arqueología Mexicana, vol. XIX. núm. 110. México: Editorial Raíces-INAH.
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mardi 23 décembre 2008

Quand la direction l'INAH se fait taper sur les doigts

Cela peut paraître surprenant mais le quotidien La Jornada rapporte que le Congrès a envoyé une "résolution évidente" pour exhorter à suspendre les travaux qui endommagent la zone archéologique de Teotihuacan. Ces travaux sont réalisés afin de proposer un spectacle son et lumière à l'instar de ce qui existe déjà à Chichen Itza ou à Uxmal. Il porterait le nom de "Splendeur teotihucaine." La chambre basse fédérale s'inquiète d'un spectacle qui bénéficierait à quelques personnes et qui endommagerait définitivement les structures. Un projet similaire avait été rejeté en 1988 par les scientifiques, les politiques et la population locale. Le projet a notamment l'appui du gouverneur de l'Etat de Mexico, Enrique Peña Nieto, membre du Parti Révolutionnaire Institutionnel et de plusieurs entrepreneurs locaux.

Cérémonie de l'équinoxe du printemps 2000,
retrouvé sur Getty Images le 24 décembre 2008.

Pourtant des archéologues et chercheurs de l'institution ont pourtant alerté le directeur Alfonso de Maria y Campos à propos de la "violation de la loi et la destruction de patrimoine" dont est victime la zone archéologique. Mais à l'INAH, on répond que le projet de son et lumière a été autorisé en 1968 avant d'être suspendu en 1994". On se demande pourquoi l'INAH va donc à l'encontre même de sa propre éthique et de ses propres règles. Le spectacle commencera le 29 janvier 2009. On peut être à peu près sûr que le prix de l'entrée augmentera drastiquement comme c'est le cas à Chichén ou à Uxmal.


Concert de Placido Domingo à Chichen Itza, le 4 octobre 2008.
Retrouvé sur Getty Images le 22 décembre 2008

Cette affaire résume bien le cercle vicieux dans lequel les autorités mexicaines et l'INAH se sont engagés depuis plusieurs années : comment développer un tourisme de masse, pourvoyeur de devises essentielles à l'économie nationale, sans nuire à l'intégrité du patrimoine archéologique nationale? La même question se pose quant à l'écotourisme. Dans le Monde diplomatique en espagnol, un spécialiste estimait que la notion d'écotourisme était galvaudée en Amérique Latine, et notamment au Mexique.

Deux exemples achèveront de vous convaincre. Le premier est l'affluence à Chichén Itza déjà décriée par Peter Schmidt et ses compagnons au début des années 1990. En moyenne, ce sont plus de 1,2 million de visiteurs qui visitent et mettent en danger la pérennité du site. L'année passée, le site a été sélectionné parmi les 7 nouvelles merveilles du monde et laisse présager un doublement des visiteurs. Une des responsables locales de l'INAH qu'au mieux le site pourrait en accueillir 1,5 million. Pour le gouvernement yucatèque et pour le gouvernement fédéral, il est difficile de renoncer à cette poule aux oeufs d'or. Teotihuacan est dans une situation identique, avec la première fréquentation touristique nationale. La question légitime de sa préservation se pose.

Le deuxième exemple concerne l'écotourisme. On ne compte plus le nombre de biosphères et autres hôtels présentés comme respectueux de leur environnement dans la péninsule du Yucatan. L'exemple de Tulum est à ce point frappant : combien d'hôtels sont apparus sur le littoral de cette zone archéologique, au mépris des règles de construction basique et respectueuse du paysage. Dans l'océan, combien de déchets sont rejetés par les touristes pratiquant la plongée sous-marine? Dans quel état dramatique est la barrière de corail qui s'étend jusqu'au Bélize voisin ? Les touristes se soucient-ils de leur impact négatif lorsqu'ils nagent dans des cénotes qui sont restés vierges de toute dégradation accéléré ?

Pour l'heure, je vous encourage à dénoncer cette destruction du Patrimoine mondial de l'Humanité auprès de l'INAH à l'adresse suivante : quejasydenuncias@inah.gob.mx . Car le site internet de l'INAH ne fait aucune allusion à ce problème dans sa section "boletines". Serait-ce une manière de reconnaître ses torts ou de pratiquer la politique de l'autruche ?

Bibliographie :

"Prevén que Chichén Itzá duplique visitantes si es elegida nueva maravilla". In El Universal, édition électronique du 28 juin 2007, consulté le 24 décembre 2008.

"Chichén Itzá y sus pesadillas". In El Universal, édition électronique du 30 juin 2007, consulté le 24 décembre 2008.



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“Tlaltecuhtli, diosa de la tierra” - Art du passé, art du présent

Voici comment l’art contemporain peut se lier d’une manière très féconde au riche passé mésoaméricain.

“Tlaltecuhtli, diosa de la tierra” est le titre d’une expo organisée par l’artiste Fernando Aceves Humana, qui se tient au Musée du site de Monte Albán, Oaxaca, jusqu’au 31 décembre.
Dans un article publié par La Jornada, on explique que le peintre représente – à travers 11 peintures à l’huile de petit format – le travail des archéologues et des restaurateurs qui ont découvert le monolithe de la déesse mexica dans la Casa de las Ajaracas, le 2 octobre 2006.
La réalisation de ces tableaux a été possible grâce à la disponibilité du directeur du « Proyecto Templo Mayor », Leonardo López Luján, qui a permis à Aceves Humana de peindre « in situ » en créant une véritable chronique visuelle des travaux.

L’intérêt de cet artiste pour le passé préhispanique nait de la considération que les arts plastiques ont été abordés, dès les origines des civilisations mésoaméricaines, avec une grande spontanéité, puisqu’ils faisaient partie de la vie quotidienne.
En particulier, il exprime une forte sensibilité en ce qui concerne le génocide des populations indigènes du Mexique et l’anéantissement de la culture mexica perpétré par les Espagnols, qui n’ont pas hésité à détruire bibliothèques, temples, monuments et même la structure sociale des vaincus. Néanmoins, selon l’avis de Aceves Humana, c’est exactement cette familiarité avec les arts qui a permis à la culture mexicaine contemporaine de récupérer ses origines et son identité, à travers la fusion des anciennes traditions avec la nouvelle religion imposée par les Conquistadores.
Le résultat est la naissance d’expressions artistiques nouvelles et originales.

Les commentaires les plus intéressants sont sans doute ceux qui sont liés à son expérience dans le chantier de fouilles du Templo Mayor. L’artiste, en effet, se souvient de son enthousiasme face à la découvertes des nombreuses offrandes votives et aux différentes typologies de flore et faune présentes.
« Monter ou descendre le niveau phréatique » - explique Aceves Humana – « donne l’impression que l’offrande respire. J’ai essayé de modeler cela dans mes peintures ; parfois on oublie que la culture aztèque était une culture aquatique ».

L’expo a été inspirée par l’exemple de Catherwood, qui nous a laissé des superbes dessins et peintures des temples mayas, en 1840, et de Covarrubias, passionné des cultures mésoaméricaines.

Le contenu symbolique de cette expo – voulue en l’occasion de la célébration du 21ème anniversaire de Monte Albán comme patrimoine mondial – est lié à la forte présence de pièces provenant de Oaxaca dans les ruines du Templo Mayor.

Le petit format des peintures, qui mesurent 26x32 cm, est dû aux espaces limités du chantier où Aceves Humana a travaillé pendant l’exploration de la Casa de las Ajaracas. Néanmoins, il est actuellement en train de peindre des toiles de 190x 270 cm qui ont pour thème les offrandes aztèques.

Bien sûr, on peut regretter, dans l’article de La Jornada, l’absence de quelques photos qui puissent nous donner une idée des ces peintures fascinantes au plus haut point.
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lundi 22 décembre 2008

Publication d'Alfred Lopez Austin : Dioses del norte, dioses del sur

A l’occasion du livre Dioses del norte, dioses del sur(Ediciones Era), le quotidien la Jornada propose un long entretien avec l’anthropologue Alfredo López Austin dans son édition du 22 décembre 2008. Le livre part d’un constat simple selon ce dernier : le manque d’études comparatives entre les cultures mésoaméricaines et andines. Co-écrit avec le chercheur péruvien Luis Millon, l’ouvrage jetterait un pavé dans la mare d'une ignorance réciproque entre les deux foyers de civilisations les plus importantes des Amériques. Le but avoué des deux scientifiques est d'élargir les champs d'études des jeunes étudiants.


L'anthropologue Alfredo López Austin de l'Instituto de Investigaciones Antropológicas à l'Universidad Nacional Autonóma de México.

Photo de Carlos Cisneros pour la Jornada.

Tout d'abord, Alfredo López Austin rappelle que les cas de rapprochement entre ces deux domaines de la recherche américaniste existaient avant leur recherche. Il explique qu'il dirige son travail aux andinistes et que son collègue Millones dirige le sien aux mésoaméricanistes. Un des aspects où les civilisations andines et mésoaméricaines se rejoignent est la religion, particulièrement les mythes de création. Et López Austin de citer celui d'une jeune tisseuse vierge qui maintient son métier entre un arbre et sa ceinture. Un petit oiseau l'approche et la rend enceinte. Elle donne alors naissance à un grand personnage, en l'occurrence, le soleil.

López Austin et son collègue ne prétendent pas expliquer toutes ces similitudes parce qu'il est nécessaire d'étudier complètement ces mythes dans l'iconographie et dans les rites avant de faire des comparaisons et de tirer des conclusions. L'anthropologue se risque cependant à exposer une hypothèse qui mérite d'être vérifiée : "une très ancienne conception panaméricaine du cosmos" héritée des premiers hommes ayant peuplé l'Amérique. Mais ils restent prudents et estiment que cette hypothèse, aussi intéressante soit-elle, doit reposer sur des bases fermes. Les preuves de contacts entre la Mésoamérique et les Andes ne suffisent pas à expliquer des mythes et des pratiques rituelles parallèles. L'article de la Jornada revient notamment sur le concept de dualité particulièrement développé et marqué dans les deux cultures.


L'auteur de Pasado Indigena termine l'article de la manière : Dioses del norte, dioses del sur est une étude sur l'autre car " l'autre est l'unique miroir qui me permet de me voir par contraste, par complément et par opposition. Pourquoi ne nous comprenons-nous pas au moyen de la comparaison avec d'autres personnes qui peuvent nous ressembler ? " Il juge en effet que cette remise en question nous permet de mieux cerner la construction culturelle à travers le temps. Elle est nécessaire dans la mesure où une vision hégémonique light balaie d'un revers de main la pluralité culturelle et cherche à fabriquer de bons producteurs et de de bons consommateurs. Ad finem, elle produit un déracinement chez l'être humain.

Bibliographie sélective d'Alfredo López Austin.

1973. Hombre-dios. Religión y política en el mundo náhuatl. IIH, UNAM, Mexico, 211 p. [1998].

1980. Cuerpo humano e ideología. Las concepciones de los antiguos nahuas. 2 vols., UNAM, Mexico.

1990. Los mitos del tlacuache. Caminos de la mitológia mesoamericana. Alianza Editorial Mexicana, Mexico.

1994. Tamoanchan y Tlalocan. FCE, Mexico.

Co-auteur avec Leonardo López Luján.

1999. Mito y realidad de Zuyuá. FCE, Serie Ensayos, Mexico.

2000. « The Myth and Reality of Zuyuá : The Feathered Serpent and Mesoamerican Transformation from the Classic to the Postclassic ». In Mesoamerica’s Classic Heritage : from Teotihuacan to the Aztecs, David Carrasco ; Lindsay Jones et Scott Sessions (éds.). UCP, Boulder, p. 21-84.

2007. « Serpiente Emplumada : el hombre y el dios ». In Isis y la Serpiente Emplumada, 2007, p. 152-165.
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Exposition Teotihuacan, la ciudad de los dioses (3ème partie)

Chose promise, chose due. Voici donc quelques clichés des pièces les plus intéressantes de cette exposition… Ne vous étonnez pas de ne trouvez que peu d’information complémentaire (voir même aucune). Je jette la faute aux commissaires.

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Commençons avec le jaguar mis à jour il y a quelques années dans le Complexe de Xalla. Il présente la particularité d’avoir des pattes antérieures surprenantes. Celle de droite est simplement sculptée, celle de gauche est sculptée et peinte.


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Voici un exemple parfait de la scénographie proposée par les commissaires de l’exposition. On peut admirer cette reconstitution de la cour du palais de Quetzalpapalotl, réalisée en planches de bois sculptées. Au centre, on peut voir une statue du vieux dieu du feu, alias le Huehueteotl cher aux Aztèques. A l’arrière-plan, on peut apercevoir la grande plaque représentant les crocs typiques de la divinité qui sera Tlaloc à l’époque aztèque.


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Une petite salle est consacrée aux différentes maquettes de temples et d’autels que les anciens habitants de Teotihuacan aimaient représenter. Ici on peut voir que l’architecture traditionnelle du talud-tablero est présente. La partie basse, appelée talud, est relativement étroite. Elle est couverte d’une fine couche de stuc peint. La partie supérieure ou tablero est sculptée de plumes sur chaque frise entourant le panneau central d’où se dégagent des motifs d’eau ondulante qui rappelle la peinture des animaux mythologiques de Zacuala.


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Un des aspects de l’exposition est de mettre en avant la vie quotidienne des Teotihuacains, quelque soit leur origine ethnique, notamment au moyen de ces petites céramiques représentant des nourrissons dans leur berceau ou des mères allaitant.


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La pyramide de la Lune a révélé pleinement ses secrets au cours de ces dernières années. Les fouilles dirigées par Saburo Sugiyama ont permis de découvrir des caches funéraires nombreuses et souvent copieusement fournies. L’offrande 5, en plus de comprendre des offrandes d’animaux, contenait les restes d’un homme probablement enterré vivant. Au centre de l’offrande, cette statuette de pierre et de corail garde une identité énigmatique.


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Retenons aussi cette merveilleuse petite sculpture d’un serpent enroulé sur lui-même. Sa composition n’est pas sans rappeler certaines représentations du serpent à plumes mille ans plus tard chez les Aztèques. Troublant de ressemblance…


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D’autres pièces de l’exposition nous amène à considérer la continuité historique, culturelle et plastique entre Teotihuacan et Tenochtitlan. Bien que spatialement proches (40 kilomètres), ces deux sont passablement éloignées dans le temps : 500 ans séparent la chute de Teotihuacan et la fondation de la cité lacustre des Mexicas. Ce visage humain sortant d’un bec d’aigle rappelle les statues des chevaliers-aigles découvertes au Templo Mayor.


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Comme mentionné un peu plus haut, ce qui frappe à Teotihuacan, c’est le métissage ethnique qui y régnait. La ville était découpée en quartiers : cela nous enseigne combien elle était en contact avec d’autres peuples importants de la Mésamérique comme les Mayas ou les Zapotèques. Cette céramique tripode est typiquement teotihuacaine par sa forme. En revanche, sa décoration mouvante et fouillée en incise témoigne de la présence maya.


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Enfin, je ne résiste pas à vous montrer cette sculpture conservée au Museo Diego Rivera Anahuacalli. Ce serpent à plumes fait partie d’une paire qui était probablement utilisée comme élément architectural. Mais le problème de son origine (douteuse si on se souvient que Rivera avait autant de faux que d’originaux) laisse le curieux que je suis sur sa faim.
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mercredi 17 décembre 2008

Inauguration de la zone archéologique de Tehuacalco

C'est un peu partout que la presse écrite a annoncé l'inauguration, après le site de Peralta, Guanajuato, d'une autre zone archéologique.
D'après El Universal, ce sont quarante millions de pesos qui ont été investis pour fouiller et restaurer le site situé à 40 minutes de Chilpancingol'endroit.
En fait, nec plus ultra, l'INAH a mis en place un site internet propre à Tehuacalco avec des photos panoramiques et des explications.

Milenio explique aussi qu'entre 1200 et 1300 de notre ère, Tehuacalco fut un lieu de culte de l'eau et par extension, du dieu Tlaloc, à croire les pétroglyphes en forme de spirale ou de source présents dans la zone.

Le terrain de jeu de balle, long de 38 mètres, et la pyramide principale appelée la Incinera, haute de 20 mètres, sont les principales structures de ce site mentionnés par la Jornada. Tehuacalco resta hors de l'influence directe des Aztèques. Mais le site avait déjà connu son âge d'or à l'Epiclassique et au Postclassique ancien. Il est parfaitement accessible à qui se rend à Acapulco par la route nationale ou par l'autoroute du Soleil.

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mardi 16 décembre 2008

Exposition Teotihuacan, ciudad de los dioses (2ème partie)

Après vous avoir montré ici le plan de l'exposition, en voici un compte-rendu complet. Ce qui frappe d'abord le visiteur, c'est la scénographie qui est impeccable et met bien en valeur les 300 pièces de l'exposition. Espérons que ce soit la même que vous verrez à Paris dans un an. D'ailleurs les objets proposés sont très variés : sculptures, peintures, matériels lithiques, céramiques dans toutes ses déclinaisons de décoration (pastillage, peinture, incisions, moulage...).
On peut voir aussi la reconstitution et l'explication de l'Offrande 5 de la Pyramide de la Lune. Sur les murs quelques photos récapitulent les fouilles de cette structure et on peut y voir Saburo Sugiyama, Grégory Pereira et Leonardo López Luján !

J'ai particulièrement été intéressé par un élément architectural ayant la forme de deux serpents à plumes. L'ensemble est conservé au Museo Diego Rivera Anahuacalli, situé à Coyoacan. Or Diego Rivera avait la désagréable habitude de mélanger faux et authentiques objets précolombiens.

Deux salles utilisent des écrans plasmas pour expliquer les différentes phases d'occupation et les techniques de peinture teotihuacaine. La salle sur les contacts de Teotihuacan avec d'autres cultures mésoaméricaines éloignées dans l'espace et le temps montre toute l'influence exercée par cette cité.

J'ai retenu aussi cette reconstitution de la Chaussée des Morts avec des projections des pyramides de la Lune et du Soleil. Un narrateur raconte le mythe de la création des deux astres qui, selon certaines traditions, aurait eu lieu à Teotihuacan.

Si l'aspect visuel de l'exposition a été particulièrement soigné, on ne peut pas en dire autant des informations sur les pièces: la plupart sont limitées voir absentes. A quoi sert de faire une salle complète sur les différentes phases d'occupation de Teotihuacan si on ne peut même pas savoir les dates des pièces présentées? Parfois cela frise le ridicule quand on voit que les petites pancartes répètent la même information mais ne correspondent pas aux pièces présentées.
Souhaitons que le commissaire de l'exposition, Felipe Solis, améliore considérablement ces erreurs pour la tournée européenne.

Dernier point faible de cette exposition : son catalogue ! 200 pesos pour quelques photos et quelques commentaires... On ne peut pas dire que ce soit un catalogue digne de ce nom. Je ne doute pas que le Musée du Quai Branly proposera quelque chose de plus abouti !

Prochainement la troisième partie de cette rétrospective avec des photos, c'est promis...


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dimanche 14 décembre 2008

Découverte d’un codex nahuatl

Le quotidien Noticias Voz e Imagen de Oaxaca et le site d’Aztlan, ont publié un article consacré à une importante découverte annoncée le 12 décembre dernier.
Le protagoniste est le médecin et collectionneur mexicain Manuel García Sánchez. Il y a trois ans, il avait acheté la statue en bois d’un évêque du XVIème siècle au marché des antiquités mexicaines de Plaza el Ángel, dans la Zona Rosa de México.
L’heureuse découverte a été possible à la suite de la détérioration de l’argile qui recouvrait la statue. Cela a permis à son propriétaire de retrouver les morceaux d’un papier, apparemment caché à l’intérieur de la statue et contenant des glyphes nahuatl.

Le document a été remis tout de suite à l’Instituto Nacional de Antropología e Historia pour être enregistré, restauré et étudié. Lors de la présentation publique du codex, l’archéologue José Ignacio Sánchez Alanis a commenté la découverte : il s’agit, en effet, du premier codex retrouvé à l’intérieur d’une statue en bois et argile. Même si les spécialistes étaient déjà au courant de l’existence de codex cachés à l’intérieur de Christs faits de vannerie, la modalité utilisée dans ce cas est tout à fait inédite.
Selon les premières estimations, ce document remonterait au XVIéme siècle, a une origine clairement nahuatl et son contenu ferait allusion au système de tributs, développé par la Triple Alliance de Tenochtitlan, Texcoco et Tlacopan.

L’archéologue a aussi avancé des hypothèses. Il suppose que les indigènes cachèrent le codex à l’intérieur de la statue parce que le document et la statue étaient considérés sacrés, ou encore qu’ils voyaient une relation entre la statue, le codex et la terre, une propriété des dieux – anciens et modernes – et non pas des hommes.

Quoi qu’il en soit, les problèmes liés à l’interprétation du codex et ses origines restent nombreux. La statue de l’évêque étant complètement "décontextualisée", il est à présent impossible de connaître le village et la paroisse d’où elle provient.

Quelles sont les informations à notre disposition sur ce codex ? Son état de conservation est très mauvais puisque plusieurs parties ont disparu. Sur la base des premières études, il semblerait remonter à une période comprise entre 1550 et 1560, et avoir été fabriqué à partir de papier amate. La peinture végétale utilisée est noire. Des lignes sont également visibles, délimitant plusieurs éléments picturaux comme par exemple des chiffres ou des dessins en forme de serpent.

La superficie où ces glyphes sont représentés mesure 38x32 cm.
Statue de l'évêque de propriété du médecin
Manuel García Sánchez
Photo: Site d'Aztlan et EFE
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samedi 13 décembre 2008

Pour une interprétation iconographique de la Pyramide du serpent à plumes de Teotihuacan

L'identification du deuxième grand élément iconographique des tabliers sur la pyramide de Teotihuacan pose en effet problème et on ne compte plus les hypothèses pour tenter d'en donner une interprétation qui satisfasse tout le monde.


Relief représentant le serpent à plumes
Ciudadela, Teotihuacan.
Photo : Bertrand LOBJOIS

Si on regarde les livres de Laurette Séjourné, notamment Pensamiento y religión en el México antiguo, elle identifie le deuxième élément comme étant Tlaloc en raison des deux grands cercles oculaires (p. 98-99) mais explique qu'ici Tlaloc symbolise l'énergie créatrice de la terre.


Relief représentant le monstre Tlaloc ?.
Ciudadela, Teotihuacan.
Photo : Bertrand LOBJOIS

Piña Chan, dans Quetzalcoatl Serpiente emplumada (p.23-24) ne tranche pas le problème pas le problème de l'identité mais il explique qu'il s'agit de "masques fantastiques d'un autre être ou autre monstre à écailles". Il estime même que ces monstres écailleux représentent à la fois l'éclair et la pluie fertilisante.
Graulich synthétise les deux interprétations et estime que cet élément correspond à des masques Tlaloc. Il faut reconnaître qu'il existe d'autres contextes iconographiques ou le serpent à plumes portent des "masques".

Le petit autel du Patio peint d'Atetelco en est un bon exemple. Ici le serpent à plumes est orné de quinconces, symbole du feu.


Reconstitution des peintures de l'autel du Patio Peint.
Atetelco, Teotihuacan.
In de la Fuente et alii, 1995-1996 : ill. 346.

Observez aussi cette peinture murale de Tepantitla.


Détail du relevé du mur 3, chambre 2.
Tepantitla, Teotihuacan
In Miller, 1973: 102, ill. 178.

Enfin, une peinture de Zacuala peut être intégrée à notre discussion.


Peinture du Patio principal.
Zacuala, Teotihuacan.
In De la Fuente, Beatriz et alii, 1995-1996 : ill. 25.

Références bibliographiques :

De la Fuente, Beatriz et alii.
1995-1996. La Pintura Mural Prehispánica en México. I Teotihuacán. Tomo I Catálogo ; Tomo II Estudios. IIE/UNAM, Mexico.

Miller, Arthur.
1973. The Mural Painting of Teotihuacan, Trustees for Harvard University, Washington.

Piña Chan, Roman
1985. Quetzalcoatl, Serpiente emplumada. Fondo de Cultura Economica, Mexico.

Séjourné, Laurette
1957. Pensamiento y Religíon en el Mexico Antiguo, FCE, Mexico. [rééd. 2003]
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Exposition Teotihuacan : Ciudad de los dioses (1ère partie)

Voilà quelques semaines, je vous parlais d'une exposition très importante qui se trouve à Monterrey. Appelée sobrement Teotihuacan : Ciudad de los dioses, elle sera visible au Musée du Quai Branly de septembre 2009 à janvier 2010. C'est du moins ce qui est annoncé dans le programme du Musée du Quai Branly pour l'année prochaine.
En attendant cette échéance, voici le petit prospectus distribué gratuitement à l'entrée de l'exposition de Monterrey. Notez bien la manière dont est organisée l'exposition.














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jeudi 11 décembre 2008

Gente de nubes en tierra de encuentros

Voici une exposition qui promet!
Et oui...encore une!

Le site de l'INAH a publié aujourd’hui un article entièrement consacré à l’exposition qui se tient dans l’ancien musée de la Zone archéologique de Teotihuacan, depuis le début du mois de décembre et jusqu’au 30 avril 2009. Son titre est une évidente allusion au thème central traité, c’est-à-dire l’étude de 70 pièces inédites provenant du « Barrio Zapoteca » de la Cité des Dieux.Cette exposition, voulue à l’occasion des 100 ans de fouilles archéologiques à Teotihuacan, permettra aux gens de comprendre l’importance du rôle joué par le quartier zapotèque dans la vie sociale, politique, économique et culturelle de la Métropole.

Elle se divise en six salles, ce qui permet aux visiteurs de suivre un parcours historique et archéologique qui aura le but d’expliquer l’importance du commerce présent entre Teotihuacan et Monte Albán, dans l’état de Oaxaca. La compréhension sera aussi facilitée par la présence, à côté des pièces archéologiques, des photos qui illustrent les travaux de fouilles menées par les archéologues de l’INAH, depuis 1960. On pourra notamment apprendre quelles étaient les activités de la vie quotidiennes auxquelles se consacraient les habitants de ce quartier, ainsi que les traditions liées aux rites funéraires.

En ce qui concerne les pièces exposées, on pourra admirer des objets en céramique et en pierre, des vaisselles, des ornements en pierre verte, ainsi que des reproductions de tombes avec inscriptions et enterrement et des urnes funéraires décorées avec images de divinités. L’archéologue Ortéga explique que, fort probablement, les habitants du « Barrio zapoteca » étaient des ambassadeurs du pouvoir zapotèque, qui habitaient à Teotihuacan afin d’entretenir des relations diplomatiques avec les souverains de la cité. On calcule que le quartier accueillait environ mille deux cents personnes, qui habitaient dans 14 structures.

Les spécialistes ont aussi avancé des hypothèses sur les professions des gens qui résidaient dans le quartier : ils pouvaient, par exemple, être des maçons spécialisés dans la préparation de stuc. Cela en raison de deux considérations : Monte Albán a été la première ville où on retrouve ce matériel et, en outre, le quartier se situe dans la partie ouest du site, près des réserves de calcaire.
La deuxième hypothèse, en revanche, propose comme profession la préparation des tissus avec la technique de la cochenille. Les archéologues ont en effet retrouvé sur place une énorme quantité de récipients où les tissus étaient immergés pour être ensuite teints.

Quoi qu’il en soit, la série d’expositions proposée par l’INAH en l’occasion du centenaire des investigations à Teotihuacan ne s’arrête pas ici. En 2009, effectivement, il y aura une grande expo qui réunira les pièces découvertes dans les campagnes de fouilles 1980-1982, ainsi que certaines pièces découvertes récemment à Atetelco et La Ventilla.

Je rappelle également aux passionnés qui habitent, comme moi, en Europe, qu’en 2009 nous pourrons admirer l’expo consacrée à Teotihuacan au Musée du Quai Branly de Paris, actuellement à Monterrey, Nuevo León.


Statue de divinité zapotèque
Photo : INAH


Références bibliographiques :

GAZZOLA, Julie.
sd. Les ateliers de lapidaire du quartier La Ventilla dans la ville antique de Teotihuacan, Mexique. Résumé disponible le 12 décembre 2008 sur

MANZANILLA, Linda, Leonardo LÓPEZ LUJÁN et William L. FASH
2006.
« Como definir un palacio en Teotihuacan ». In Arquitectura y urbanismo. Pasado y presente de los espacios en Teotihuacan. INAH, Mexico, p. 185-209.

Teotihuacan, guía visual.
2008. Arqueología Mexicana, edición especial, número 28, Editorial Raices-INAH, Mexico.


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“Un gobierno de Indios: Tlaxcala, 1519-1750”

Voici le titre du livre publié par le FCE, et rédigé par l’historienne Andrea Martínez Baracs. Il y est question de l’organisation politique de Tlaxcala depuis l’époque du pouvoir indigène préhispanique jusqu’à l’époque de l’Indépendance.
La chercheuse du Centre de Recherches et Etudes Supérieures en Anthropologie Sociale analyse l’histoire du gouvernement de Tlaxcala, afin d’en souligner la structure et le fonctionnement complexe, formé par quatre organismes différents.
Depuis la Conquête et jusqu’à l’Indépendance, la province de Tlaxcala fut gouvernée par la noblesse indigène. Les descendants de la génération conquise par l’armée de Hernan Cortés ont su adapter l’ancienne organisation politique aux nouvelles exigences du gouvernement étranger. Ils ont donc gardé une certaine autonomie par rapport à l’état de la Nouvelle Espagne.

L’auteur, dans une interview du quotidien La Jornada, explique que cela a été possible grâce à l’union de trois forces différentes : le gouvernement indigène, formé par les membres des anciennes familles nobles tlaxcaltèques, le pouvoir des Franciscains qui n’ont pas permis l’ingérence des Espagnols dans les affaires de la province, et, finalement, l’importance de la figure du chroniqueur métis Diego Muñoz Camargo, fils d’un conquistador et d’une fille indigène.

C’est la présence de ces trois éléments – argumente Martínez Baracs – qui a permis la réorganisation de Tlaxcala après la conquête espagnole. Il ne faut surtout pas oublier que la fidèle alliance de Tlaxcala avec l’armée de Hernan Cortés est sans doute à la base du développement d’une idéologie de négociation, qui a donné des bons résultats en ce qui concerne la distribution des privilèges et l’indépendance que Tlaxcala a su sauvegarder.

L’aspect le moins étudié, et donc très intéressant à analyser selon l’auteur, est l’action politique des gouvernements indigènes par rapport à la communauté, les autres groupes présents dans la zone et les autorités centrales.

Le livre a été présenté ce mardi dans la librairie Rosario Castellanos, du Centro Cultural Bella Época.

Pour ceux qui sont intéressés à approfondir ce sujet, ainsi que les connaissances sur la région de Tlaxcala, voici une petite bibliographie :


ABASCAL Rafael, Patricio DAVILA , Peter SCHMIDT , et D. DE MEDINA . 1976. La arqueología des sur-oeste de Tlaxcala, Proyecto Puebla-Tlaxcala – Fundación Alemana para la Investigación Científica, México.

MIRABELL L., Angel GARCÍA COOK et Beatriz Leonor MERINO CARRIÓN (éds). 1997. Antología de Tlaxcala, Instituto Nacional de Antropología e Historia, México.

GARCÍA COOK Angel. 1981. "The Historical Importance of Tlaxcala in the Cultural Development of the Central Highlands". In Handbook of Middle American Indians, Suplemento I, Dale Stewart Thomas-Wauchope Robert (éds.), University of Texas Press, Austin, pp. 244 – 276.

GARCÍA COOK Angel et Beatriz Leonor MERINO CARRIÓN. 1988. "Integración y consolidación de los señorios en Tlaxcala; siglos IX al XVI". In Arqueología, Instituto Nacional de Antropología e Historia, 2, México, pp. 155-169.

GIBSON Charles et Wolfgang TRAUTMANN . 1952. Tlaxcala in the sixteenth century, disponible le 12 décembre en version intégrale sur JSTOR.

MUÑOZ CAMARGO Diego. 1986. Historia de Tlaxcala, Historia 16, Madrid. Partager

mercredi 10 décembre 2008

Exposition Sangre para la vida

Décidément, c'est la saison qui veut ça. Nous ne sommes pas au printemps mais les expositions temporaires bourgeonnent un peu partout. La dernière est mentionné par le site de l'INAH. Le Museo Regional de Puebla, situé dans l'état homonyme, accueille à partir du 10 décembre une petite expo d'une centaine de pièces afin de proposer "une lecture symbolique du liquide vital" comme le dit le site.
Le visiteur aura donc la chance d'admirer des instruments et des autels utilisés pour le sacrifice, des sculptures de divinités aztèques, des figurines de guerriers et de captifs, étroitement liés au jeu de balle, etc. Les pièces originaires proviennent des musées de site de Cholula et du Museo Nacional de Antropologia, entre autres. Elles sont réparties autour des thèmes suivants:
  • les saignées curatives,
  • le sang féminin,
  • le sang du guerrier,
  • le sang dans le jeu de balle,
  • le sang des morts,
  • l'aliment des dieux,
  • le calendrier rituel,
  • Sang divin et cannibalisme sacré.

L'exposition sera ouverte jusque mi-avril 2009 jusqu'à 19 heures. Le musée régional est situé excentré, en face du planétarium de Puebla. Pour plus d'informations en espagnol, cliquez sur le titre de ce post.
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Déchiffrement d'un escalier hiéroglyphique à Sabana Piletas

La salle de presse de l'INAH publie une dépêche sur les résultats du déchiffrement d'une marche situé sur l'édifice des Glyphes de Sabana Piletas, dans l'état du Campeche. Cette zone étant en cours de fouilles et de restauration, elle n'est pas ouverte au public.

Sabana Piletas fut occupé entre 600 et 1000 après Jésus Christ, soit au Classique et à l'Epiclassique. L'édifice des glyphes compte 4 grands escaliers. L'escalier orienté à l'est compte deux marches faites de 34 panneaux comportant 4 glyphes soit au total 136 glyphes. Chaque panneau est haut de 42 cm et profond de 18 à 22 cm. Deux petites frises en haut et en bas des panneaux sont sculptées d'encoches qui font penser à la peau d'un serpent à sonnettes. Ce sont Nikolai Grube et son équipe de recherches de l'Université de Bonn qui ont proposé les premiers blocs de traduction, confirmés ensuite par David Stuart, épigraphiste de l'Université d'Austin, au Texas.

C'est ainsi que la date du 18 ou du 25 décembre 858 (calendrier grégorien) fut parmi les premiers glyphes identifiés. Une autre inscription importante est pitzil-na qui signifie balle et ferait probablement allusion au jeu de balle et par extension au sacrifice humain. pour justifier cette hypothèse, les scientifiques s'appuient sur la présence de pigments bleus qui recouvraient la peinture et la présence à proximité de deux sculptures phalliques. Or, selon eux, le bleu est une couleur étroitement associée au sacrifice.

Les inscriptions feraient aussi allusion à des guerres avec une seigneurie située au sud de Sabana Piletas : il pourrait s'agir de Itzimté, éloignée de deux kilomètres.
En attendant la communication de nouvelles informations, il faudra se contenter de celles-ci

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Cycle de conférences Le corps maya à travers le temps

Nos amis du blog Mayistas rapporte la tenue d'une série de 4 conférences sur le corps humain mayas à travers le temps au Museo de America, situé à Madrid. Ce cycle aura lieu du 18 avril au 9 mai 2009. L'entrée sera gratuite.
Voici la liste du programme:
  • 18 avril : La représentation du corps à travers l'iconographie et la mythologie maya, par Rocio García Valgañón.
  • 25 avril : Le corps humain dans la langue et l'écriture maya classique, parAsier Rodriguez Manjavacas.
  • 2 mai : Le corps dans les contextes funéraires, par Luis Ríos Frutos y Berta Martinez Silva.
  • 9 mai : Les deux corps d'une personne chez les Mayas d'aujourd'hui, par Pedro Pitarch Ramón.

Merci d'avoir ajouté l'adresse de notre blog sur le leur...
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mardi 9 décembre 2008

La "culture de Huajomulco"

Pour rester dans le thème des cultures mésoaméricaines « mineures », on vous signale ici un article du National Geographic du 8 décembre.
Il y a environ 15 ans, les archéologues de l’INAH avaient diffusé plusieurs informations sur la découverte de 41 objets provenant de la Vallée de Tulancingo.Carlos Hernández, archéologue du Centre INAH de l’état de Hidalgo, affirme – de manière quelque peu étonnante et sans doute très intéressante – que ceux-ci n’appartiennent pas aux cultures matérielles produites par les sociétés de la Vallée de Tulancingo ni aux cultures propres du Mexique central.

Mike Ruggeri propose un lien sur la liste FAMSI vers une photo publiée par El sol de Hidalgo.

On nous apprend que plusieurs figures sont représentées en position assise, avec les mains posées sur les genoux, une position, à vrai dire, typique de l’art mésoaméricain. D'autres portent des couvre-chefs ou des chapeaux coniques, décorés avec des serpents, une caractéristique typique de l'iconographie du dieu aztèque Ehécatl-Quetzalcoatl, le dieu du Vent ou encore un visage en train de sortir de la gueule d’un jaguar. Les sculptures, fabriquées en stuc, sont peintes en bleu et vert, ce qui donne l’impression du jade, et remontent à l’Epiclassique, période comprise entre 600 et 900 ap. J.-C.

Ces découvertes ont donné naissance à un
débat long et polémique, puisque plusieurs archéologues mexicains et étrangers ont supposé qu’il ne s’agit pas de sculptures anciennes, mais plutôt de faux. Hernández n’est pas d’accord avec cette théorie. Il affirme qu'en raison des caractéristiques spécifiques de ce corpus iconographique, ces sculptures pourraient être le produit d’une culture différente, qu’il appelle « culture de Huajomulco ».

En effet, certains de ces artefacts ont été retrouvés près de la pyramide de Huapalcalco, dans l’état de Hidalgo, un édifice dont l’origine reste aujourd’hui incertaine pour les spécialistes. Les petites structures qui composent la pyramide, peintes en noir et blanc, ne correspondraient pas aux styles décoratifs et architecturaux des sociétés présentes dans la région à la même époque, comme celle de Teotihuacan et, plus tard, celle de Tula.
Hernández suppose donc qu’il peut y avoir une relation entre la culture qui a produit les objets et la société qui utilisait cette structure sacrée. L’archéologue Thomas Charlton de l’Université de Lowa appuie cette théorie en affirmant, après les fouilles menées dans l’état de Hidalgo, qu’il est raisonnable supposer qu'à côté de la Vallée de Tulancingo, il y avait un site qui a probablement rejoint sa période d’apogée entre la chute de Teotihuacan et le début de l’ère toltèque.

Les spécialistes concordent tous sur une conclusion : la présence d’une « culture indépendante » des autres, pendant l’époque épiclassique, ne serait pas étonnante. Il s’agit d’une période qui voit un développement extrêmement dynamique des sociétés, des migrations et des contacts entre les populations mésoaméricaines.
C'est ce que précise le spécialiste de l'expansion aztèque Michael Smith sur la liste d'informations de FAMSI : " We need more information and documentation of local findings". Il explique également que la pluralité des cultures mésoaméricaines devait être beaucoup plus prononcée que ce que les anciens textes rapportent. Selon Smith, le terme "mysterious" utilisé dans cette article de NG est galvaudé et utilisé à mauvais escient.

Il faudra attendre la suite des campagne de fouilles à Huapalcalco pour avoir plus d’informations.

Pyramide de Huapalcalco - Hidalgo
Photo: National Geographic
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Ouverture du site de Peralta, Guanajuato

Situé sur le territoire de la commune d'Abasolo, le site de Peralta est le premier des 10 sites qui seront ouverts au public d'ici à 2010. Peralta appartient à la culture dite "Tradición del Bajío" et a connu son développement maximal entre 300 et 700 après Jésus-Christ. Ce sont 25 des 160 ha qui seront exploités touristiquement. Les édiles locaux attendent environ 2500 visiteurs mensuels et proposeront à terme un parcours de trois à quatre heures de marche.

Une des caractéristiques de Peralta est son architecture en "patio hundido", c'est à dire d'esplanades fermés par des temples à chaque extrémité. Pas moins de 50 enterrements y ont été découverts par les archéologues. On sait qu'on y effectuait le rituel des voladores, à l'instar de la tradition contemporaine existant à Papantla, Veracruz.

A la mi-décembre, c'est le site de Tehuacalco, Guerrero, qui sera officiellement inauguré. En 2009, c'est un autre site du Guanajuato, Cañada de la Virgen qui sera ouvert. L'intérêt de ces sites est qu'ils n'appartiennent pas aux cultures majeures et traditionnellement connus par les touristes mexicains et étrangers. On peut se féliciter de l'ouverture de ces zones archéologiques qui offriront un regard plus complet et donc plus complexe des sociétés mésoaméricaines. Nous nous en étions fait l'écho il y a déjà quelques mois dans ce post.
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dimanche 7 décembre 2008

Où est situé le plus grand terrain de jeu de balle ?

Si vous cliquez sur ce lien , vous verrez comment les journalistes sont parfois prêts à tout pour publier un papier qui vous en jette plein les yeux. Malheureusement dans leur frénésie à tout publier sans trop recouper et vérifier leurs informations, ils en oublient de dire la vérité.

Vous lirez que le site de Petatlan qui a fleuri entre 200 et 800 après Jésus-Christ, sur la côte du Guerrero. La province fut annexée à l'empire mexica par Axayacatl, avant d'être intégrée à celle de Cihuatlan par Moctezuma II. Vous verrez qu'un terrain de jeu de balle de grandes dimensions a été découvert : 160 mètres de long pour 29 mètres de large. L'auteur de l'article explique qu'il manque un bon morceau à fouiller.

Malheureusement, le blog Antigua y Medieval n'a pas pris le temps non plus de vérifier les informations.

Un autre site d'informations sur internet, El informador revendique aussi le titre de jeu de balle le plus grand du pays pour Santa Quiteria, situé près d'El Arenal, Jaliso, avec 134 mètres de long.

En tout cas, je peux vous dire que le grand terrain de balle de Chichen Itza est le plus étendu de la Mésoamérique, mais ses dimensions dépassent celui de Petatlan. Le grand terrain de jeu de balle mesurait 168 mètres de long et jusqu'à 70 mètres de large. J'ignore s'il existe un terrain plus grand que celui de Chichen Itza.

De la même manière, ne croyez pas votre guide touristique quand il vous dira que Chichen Itza est le site mexicain ayant le plus de terrain de jeux de balle. En fait, c'est le site de Cantona, Puebla, qui en a le plus (gracias a Monica Zamora Rivera por esta información).

Donc n'oubliez pas que les effets d'annonce sont souvent trompeurs et que les journalistes qui rédigent leurs articles n'ont pas nécessairement les connaissances nécessaires.


Bibliographie :
Taladoire, Eric.
1981. Les terrains de jeu de balle (Mésoamérique et sud-ouest des Etats-Unis), Mission archéologique et ethnologique française au Mexique, coll. « Études mésoaméricaines », 733 p.
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Exposition sur les codex de la Mixteca à Oaxaca

Le portail du gouvernement de l'état d'Oaxaca a indiqué, il y a une quinzaine de jours, l'inauguration d'une exposition sur les codex mixtèques. Elle durera jusque mai 2009 au Palais de l'état.
Quatre salles ont été aménagées et combinent vidéos explicatives et activités. Les thèmes principaux sont les religions mésoaméricaines et la colonisation espagnole. Des projections mettent en scène "l'épopée de la princesse 6 Singe et du grand guerrier 8 Cerf".
Pour autant, sans vouloir préjuger de l'exposition, je ne crois pas qu'il fasse s'attendre à une exposition de premier ordre. Maintenant si ça vous tente de cautionner un gouverneur dont les mains sont tâchés de sang depuis la Commune de Oaxaca en 2006, je vous laisse libre de juger.
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vendredi 5 décembre 2008

Le serpent à plumes dans le Codex Nutall, planche 15

La parution du hors-série d'Arqueología Mexicana sur le Codex Nutall m'a rappelé les cinq, voir six représentations du serpent à plumes qu'on peut y observer. Prenons les planches dans l'ordre et examinons-les de plus près. Commençons par la planche 15.



Planche 15, Codex Zouche-Nuttall, 1995.
Photo B. LOBJOIS

Selon le commentaire proposé par Manuel A. Hermann Lejarazu (2008, 42), on peut voir à droite Dame 3 Silex et Sieur 5 Fleur accompagnés de quatre prêtres. Selon notre observation, Deux d'entre eux, 10 Pluie et 10 Herbe portent un petit encensoir contenant un petit faisceau de branches en train de brûler. Les deux personnages en dessous, 10 Roseau et 10 vautour portent un paquet mortuaire et un bâton de semaille. Ces paquets sacrés ou tlaquimilolli pouvaient contenir les reliques d'une divinité tutélaire. On les retrouve aussi dans les textes coloniaux, notamment lorsque les Aztèques quittent leur île mythique d'Aztlan (Histoyre du Méchique, 1905 : 16 ). G. Olivier a étudié très amplement ce thème des paquets sacrés (Olivier, 1995 et 1998). Le bâton porté par 10 Roseau fait penser à celui du dieu Xipe Totec et est présent également dans le Codex Borgia (1963: pl. 22).

Au centre en bas, Hermann Lejarazu (ibid.) explique que le parcours de Dame 3 Silex se termine par sa transformation en serpent à plumes pour rendre visite à la déesse des fleuves appelée 1 Aigle dans la Mixteca. Quels éléments permettent cette interprétation? D'abord, la date 3 Silex nous donne l'identité du personnage en dépit du visage et des mains sortant de la gueule du serpent à plumes parfaitement reconnaissable à ces écailles ventrales jaunes, son panache caudal de plumes vertes, ses plumes courbées et vertes. Dans sa main gauche, elle tient une branche fleurie. Dans sa main droite, elle porte un encensoir duquel s'échappe certainement la fumée du copal. Hermann Lejarazu pense qu'il s'agit ici d'offrandes à cette "vieille" déesse. Celle-ci lui donnerait un jade en retour. Cette pierre verte symboliserait la grossesse. Là encore, les textes coloniaux nous indiquent que la grossesse est présentée sous cette métaphore : c'est ainsi qu'on apprend la grossesse de Chimalman a pu avoir lieu parce qu'un chalchihuitl fut placée en elle, après la mort de son époux Camaxtli. Elle donna le jour à Quetzalcoatl (Mendieta, 2002 : I, I, 188. Pour notre part, l'idée d'une transformation nous semble inopportune même si la présence du serpent à plumes à côté de Dame 3 Silex nous fait plus pencher vers son double animal.

Il nous reste à analyser cette magnifique représentation de qui semble être un temple du serpent à plumes. On peut noter les peintures banches et rouges, les motifs de grecques qui ornent les taludes-tableros du temples, les rampes du temple. Le toit est conique et rappelle le bonnet en peau de jaguar que porte Quetzalcoatl dans le Codex Borgia ou le Codex Borbonicus. A chacune de ses extrémités apparaît la tête, le corps de la créature. On reconnaît bien ses longues plumes vertes, ses écailles ventrales jaunes, son museau bleu, sa langue bifide et des crocs.
Devant l'entrée du temple est posé un paquet funéraire contenant un silex duquel apparaît une tête humain. A la droite du paquet, on peut voir la queue et le panache du serpent à plumes. Revenons au silex. Le visage est peint de 3 couleurs, typiques elles aussi de Quetzalcoatl : le rouge autour de la bouche, le jaune sur le nez et la partie centrale du front, le noir sur le reste du visage. Le glyphe 9 vent ou Ehecatl permet une identification définitive. La relation du Serpent à plumes avec le silex peut nous renvoyer à sa naissance comme le montrerait le Codex Vindobonensis. Nous ajoutons que plusieurs représentations aztèques du serpent à plumes comportent un silex sur leur langue bifide.



Serpent à plumes avec glyphe 1 Silex, Pierre volcanique, Postclassique récent, Aztèque.
Conservé au Musée National d'Anthropologie, Mexico.
Photo : B. Lobjois

Mendieta rapporte la naissance d'un silex qui est jeté par les dieux sur terre, créant ainsi Chicomoztoc, "le lieu des sept cavernes (2002: I,181). Mille six cents dieux apparurent de Chicomoztoc. Le silex est donc étroitement lié à la vie, puisque c'est le silex qui féconde la terre, créant les dieux et par extension l'humanité qui va honorer les dieux. Graulich propose une analyse très pertinente de ce mythe, expliquant notamment que "le silex [...] est probablement une de ces étincelles fécondantes" créé par les dieux pour l'envoyer chez les hommes (2000: 108-110).

Références bibliographiques :
Codex Borgia
1963. Codíce Borgia. Eduard Seler (éd.), 3 vols., FCE, Mexico/Buenos Aires.


Codex Zouche-Nutall
1992. Crónica Mixteca. El rey 8 Venado, Garra de Jaguar, y la dinastía de Teozacualco-Zaachila libro explicativo del llamado Códice Zouche-Nuttall. Ferdinand Anders, Maarten Jansen et Luis Reyes García (éds.). Sociedad Estatal Quinto Centenario-ADV-FCE, Madrid/Graz/Mexico.

2006. « Codice Nuttall. Lado 1: La vida de 8 Venado ». In Arqueología Mexicana, estudio introductorio e interpretación de láminas, Manuel A. Hermann Lejarazu; Edición especial códices 23, Editorial Raices, Mexico.

2008. « Codice Nuttall. Lado 2: la historia de Tilantongo y Teozacoalco ». In Arqueología Mexicana, estudio introductorio e interpretación de láminas, Manuel A. Hermann Lejarazu; Edición especial códices 29; Editorial Raices, Mexico.

2002. « La Serpiente Emplumada en Mesoamérica ». In Arqueología Mexicana, vol. IX, núm. 53, Editorial Raices, Mexico.

Graulich, Michel.
1987. Mythes et rituels du Mexique ancien préhispanique. Classe des Lettres, Académie Royale de Belgique, Bruxelles. [rééd. 2000]

Histoyre du Méchique
1905. Publié par Edouard de Jonghe. In Journal de la Société des Américanistes, Tome II, Paris, 1905, p. 3-41.

Mendieta, Fray Geronimo de
2002. Historia eclesiástica indiana. Cien de México, 2 vols., CONACULTA, Mexico. [rééd. 1997]

Olivier, Guilhem.
1995. « Les paquets sacrés ou la mémoire cachée des Indiens du Mexique central, xve-xvie siècles ». In Journal de la Société des Américanistes, 81, pp. 105-141.
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jeudi 4 décembre 2008

Hors-série Arqueología Mexicana

Il était temps ! Voici donc la deuxième partie du fac-similé du Codex Nutall. Il y a deux ans, c'est Patrick Johannson, professeur et chercheur à l'UNAM qui avait réalisé la paléographie et les commentaires de la première partie du codex.
Cette fois-ci, c'est Manuel A. Lehrmann Lejarazu, chercheur au CIESA-DF, qui a préparé l'édition de la deuxième qui raconte l'histoire des dynasties de Tilantongo et de Teozacocalco dans la Mixteca Alta. Car c'est une spécificité de ce codex, son origine incertaine.



Planche 22, Codex Nutall, fac-similé édition FCE, México, 1992.
Photo B. Lobjois.

La nomenclature est identique à celle de la première partie et fonctionne sur une double page:
  • à droite, on peut voir une reproduction de la planche de très bonne qualité et une autre plus petite avec les éléments iconographiques importants.
  • à gauche, on peut lire les commentaires et interprétations de l'éditeur.

Sur le site du magazine Arqueología Mexicana, on peut télécharger les pages finales du numéro. C'est un tableau synoptique des planches 1 à 42. En revanche pour le fac-similé, on pourra retrouver des photos de l'édition des années 70 sur le site FAMSI.
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mardi 2 décembre 2008

Exposition Umbrales sagrados, portales mágicos

L'INAH explique que dix porte-encensoirs sont exposés dans l'exposition Umbrales sagrados, portales mágicos, qui se tient au Museo del Templo Mayor, au coeur de Mexico. Ces porte-encensoirs sont le produit de la culture zoque qui vivaient dans la région du Tabasco.
Selon l'archéologue Eladio Terreros, plusieurs de ces porte-encensoirs partagent des caractéristiques iconographiques avec des porte-encensoirs palencanos. L'autre particularité est leur lieu de découverte : il s'agissait de cavernes où les anciens Zoques effectuaient leurs rituels. Ces cavernes se sont formées au fil des millénaires par le passage de l'eau à travers les roches calcaires. Un des porte-encensoirs, découvert dans la grotte de Cuncubac, était peint du fameux bleu maya, visible aussi à Cacaxtla.
Au delà d'être des instruments pour brûler le copal ou d'autres produits, ces porte-encensoirs s'inscrivent dans un contexte d'offrandes complexe et parfois très ancien, remontant pour un cas à 600 avant Jésus Christ. Ils seront présentés jusqu'au 8 février 2009 au Museo del Templo Mayor, du mardi au dimanche, de 9 heures à 17 heures.

A noter dans le communiqué de l'INAH cette magnifique redondance : "deidades divinas". En français, ça reviendrait à dire "divinités divines"
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Découverte d'enterrements à Tamtoc, San Luis Potosi

L'agence de presse de l'INAH rapporte qu'une dizaine d'ossements et un four préhispanique ont été découverts par les archéologues sur le site même de Tamtoc, confirmant trois étapes d'occupation entre 650 et 1500 de notre ère. Les restes mis à jour correspondent au Postclassique et ont été découverts dans des fosses coniques en position assises. Il s'agit de personnes jeunes pour la plupart entre 16 et 17 ans, un individu de 35 ans ayant été aussi découvert. Mais l'identification des sexes est plus problématique en raison de l'usure des ossements.
Le four découvert est lui plus ancien. Il aurait été creusé dans la roche vers 600. Une isolation avec de la boue lui donnait l'avantage de ne pas laisser échapper la chaleur nécessaire à la cuisson des céramiques.
Tamtok est situé au San Luis Potosi, assez près de la frontière du Tamaulipas, dans Huasteca Potosina pour être plus précis
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