samedi 24 janvier 2009

Maya skies

Il me semblait intéressant de me parler de l'initiative d'un groupe de passionnés de la civilisation maya situé en Californie. Ils réalisent un documentaire sur Chichen Itza. La préproduction s'est étendue sur plusieurs années, notamment après sur le terrain en 2007 et 2008 avec de nombreux clichés pris pour une anastylose par ordinateur. Kevin Cain est l'un des maîtres d'oeuvre de ce projet incroyable : leur travail essaiera de restituer cette métropole maya par des animations 3D et avec le maximum de détails.

Leur site est d'ailleurs accessible et permet de voir les techniques et les logiciels pour réaliser cette anastylose. Leur travail semble bien documenté si on en croit les références qu'ils utilisent. Ils ont notamment reçu l'appui de l'INAH et de l'IPN au Mexique, de fondations pour l'éducation ou la recherche aux USA. Une page qu'ils ont créée associe des clichés (parfois panoramiques) à une carte à l'instar de ce qu'on peut voir sur Google maps.

Kevin Caine promet dans un de ces courriers à Aztlan l'accés libre à l'ensemble des informations qu'ils auront pu collecter... Un bel effort désintéressé qu'on ne peut que louer.
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mardi 20 janvier 2009

Excavations à Tula: fouilles archéologiques ou un nouveau spectacle son et lumière?

C’est ce qu'annonce La Jornada du 19 janvier.

Dans le site archéologique de Tula sont clairement visibles des travaux et des excavations actuellement en cours. Le gouvernement de l’état de Hidalgo avait annoncé il y a 2 ans, à travers du Secrétariat du Tourisme, la mise en place d’un spectacle son et lumière comme celui qu’on verra bientôt à Teotihuacan. Ce choix afin d’augmenter l’affluence des touristes.

En revanche les artisans et les marchands qui travaillent près du site affirment qu’il ne s’agit pas d’un spectacle nocturne, mais de véritables fouilles archéologiques, qui ont lieu du lundi au vendredi.

L’article nous informe, par exemple, que la Pyramide C est encerclée par des rubans qui empêchent l’entrée, le tout complété par la présence de fils et planches visibles dans plusieurs endroits de l’édifice. L’édifice K montre aussi les traces d’une évidente excavation.





Le site archéologique de Tula
Photo: G. Sologuren - La Jornada

Sergio Camarena Villaseñor, le délégué de l’INAH pour l’état d'Hidalgo, a fait savoir, dans ces derniers jours, que le spectacle son et lumière à Tula n’a pas été autorisé. En outre, à la suite des dégâts que ce spectacle a causé à Teotihuacan, il a assuré que les archéologues qui suivent actuellement l’avancement du projet seront plus méticuleux.

En plus, les matériaux ne seront pas installés en haut des édifice mais au bas. Le sol n’est pas l’original, puisque celui-ci sera protégé par une couche de terre de 50 cm.Villaseñor confirment l’avis des artisans : les excavations effectuées à Tula font partie d’un projet de l’INAH qui a le but de restaurer et consolider la Pyramide K, précédemment recouverte de terre.

Robert Cobean et Luis Manuel Gamboa, les deux archéologues responsables du projet, ont commencé les fouilles en 2008. Les résultats ont permis de découvrir que cette structure contient des vestiges qui remontent à trois étapes constructives différentes : l’époque toltèque, l’époque aztèque et l’époque coloniale. En raison de cette découverte, les travaux seront achevés dans 5 ans. Le projet prévoit aussi la restauration de la « capilla abierta », une structure franciscaine qui n’est pas très connue, puisqu’elle est cachée à l’intérieur du centre cérémoniel.

En ce qui concerne le spectacle son et lumière, il a été annoncé depuis 2007. L’illumination des Atlantes, des Pyramides D et C et du « Palacio Quemado » est prévue. Il y aura en outre des parcours nocturnes guidés avec groupes de 50-70 personnes, avec la narration des épisodes les plus importants de l’histoire toltèque. La création d’un jardin botanique pour protéger la flore et la faune fait également partie du projet. Ce projet et le spectacle son et lumière coûteront au total 48 millions de pesos soit 2,5 millions d'euros !

En tant qu’étudiante très passionnée, je ne peux que me considérer bien impuissante face à ce type d’initiatives. Espérons qu’effectivement l’équipe d’archéologues qui travaille à Tula aura plus à cœur la santé de ce site archéologique.
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lundi 19 janvier 2009

Polémique sur le son et lumière de Teotihuacan 2




Travaux pour le son et lunmière au sommet de la pyramide du Soleil, Teotihuacan.
Photo Gregory Bull, Associated Press pour The news.

Un article publié dans le quotidien en ligne The News (site mexicain en anglais) fait état de la suspension des travaux pour le fameux "show" voulu par l'INAH et le gouverneur de l'état de Mexico. Il est notamment question de la visite que la Commission permanente du Congrès a effectué le 12 janvier 2008. La chambre des députés avait demandé l'arrêt des travaux le 22 décembre dernier. Cette demande n'a pas été respecté. D'où la visite de la commission le 12 janvier. Et pour le moins, le bilan est accablant : 8000 trous ont été percés sur les pyramides du soleil et de la Lune et le long du Camino de los muertos ! Le rapport blâme également la formation des ouvriers : "Ils ont percé 11 trous là où il n'en fallait que quatre."

Les archéologues de l'INAH justifient le son et lumière par des arguments économiques fallacieux que nous avons déjà développés. Mais ils utilisent des arguments architecturaux qui se tiennent peu : les trous ont été forés dans des ciments déposés dans les années soixante pour consolider les structures préhispaniques. On appréciera au passage la façon dont des monuments vieux de 1500 à 2000 ans sont conservés : cela fait penser au Palais de Cnossos en Crète et à ses colonnes en béton armé.


Manifestation des travailleurs de l'INAH sur la Pyramide de la Lune, Teotihuacan.
Photo : EFE pour Televisa, le 14 janvier 2009.

L'ICOMOS Mexique, organisation non-gouvernementale chargé de faire des audits pour l'UNESCO, a demandé la suspension des travaux, estimant qu' "on ne pouvait pas faire d'un Patrimoine de l'humanité un parc d'attraction à la Luna Park ou à la Disneyland. Selon elle, il existe des solutions comme celles employées à Rome ou à Gizeh.
Dans ma bonne vieille Picardie, la cathédrale d'Amiens fait l'objet d'un spectacle son et lumière absolument merveilleux et qui n'a nécessité aucune perforation ou suspension d'éclairage. Les couleurs de la façade sont projetées et restituent parfaitement ce qu'elle était lors de ses plus jours.


Façade enluminée de la cathédrale d'Amiens.
Photo retrouvé le 19/01/09 sur earthworm.online.fr

Pour autant, faire un son et lumière est-il la meilleure façon de promouvoir un site et une culture ancienne, d'aider une communauté? Certainement pas ou pas seulement.
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jeudi 15 janvier 2009

Polémique sur le son et lumière de Teotihuacan : l'INAH sort de son silence et suspend les travaux

Face à la polémique gonflante, la direction de l'INAH s'est fendu d'un communiqué de presse bien "langue de bois" sur son internet.
Avec le titre "L'INAH avec la volonté de dialogue", on nous explique que le projet Esplandor Teotihuacano s'est fait avec la participation du syndicat des travailleurs de l'institution. "Le spectacle a fait l'objet d'un projet par le Secrétariat au développement touristique de la vallée de Teotihaucan. Le Conseil National d'Archéologie a validé ce projet. Le dit Conseil National d'Archéologie a effectué plusieurs de visites de contrôle sur le site. Il n'a qu'un rôle consultatif en la matière mais a fait les recommandations suivantes en ce qui concerne le système d'illuminations.
  1. Le retrait des gouttières et rails en aluminium et leur remplacement par une gaine souple ;
  2. Le retrait des cloches de protection des projecteurs ;
  3. l'extraction des taquets de fixation des solives qui supportent qui soutiennent les projecteurs et leur rebouchage selon la recommendation expresse au moyen d'un rapport de la Commission
  4. Le camouflage des projecteurs de type LED de technologie Philips (au moins ce sont des projecteurs à économie d'énergie!)

Cela répond également à l'exhortation du 22 décembre dernier par la Commission permanente du Congrès de l'Union sollicitée par les groupes syndicaux de l'INAH, de suspendre l'avancée un projet originalement approuvé."

Si on se souvient des revendications du Syndicat, c'est un démantèlement complet du spectacle. Les travaux ont été accusés par le Congrès et les syndicats de mettre en danger le patrimoine mondial protégé par l'UNESCO. Autant dire que la direction de l'INAH et le Conseil National de l'Archéologie (dont j'ai pu par le passé rencontrer certains membres) se lavent les mains et préfèrent accumuler de l'argent sous prétexte d'avoir des crédits pour de nouvelles fouilles.

De son côté le quotidien marxiste La Jornada rapporte le très grand désarroi du secrétaire fédéral au développement touristique. Ce dernier estime cependant qu'il faut se plier aux recommandations faites par l'INAH. Cette suspension des travaux aura selon lui un impact négatif sur l'emploi et l'économie locale (ah! ça faisait longtemps qu'on avait pas lu ce vieil arguments des emplois et de l'économie locale...) . Selon le même article, l'UNESCO a demandé l'annulation pure et simple du projet.

Pour sa part, Kim Goldsmith, archéologue et anthropologue de l'INAH à Teotihuacan, dénonce sur la liste d'infos Aztlan la presse "amarillista" et estime que le site n'est absolument pas en danger. Selon elle, "les seuls "dommages" dont on fait mention, sont une série de lampes provoquant des éclairs qui auraient été montées sur des ciments modernes et en aucun cas les structures préhispaniques." Elle justifie ensuite la construction de ce spectacle ainsi : "Les touristes utilisent Mexico comme base pour visiter Teotihuacan. Ils ne restent pas dans les villes autour de Teotihuacan. En proposant quelque chose à faire le soir, les touristes resteront dans ces villes, y créant une demande de nouveaux services et de nouveaux emplois."

Par expérience personnelle, les spectacles nocturnes comme de celui de Chichen Itza n'ont absolument aucun intérêt scientifique ou culturel. Le texte narré est pavé d'erreurs et de préjugés. Quant à son aspect artistique, ce n'est guère plus brillant. Je me souviendrai toujours de la perception plein de bon sens d'Eduardo Noriega et de Peter Schmidt, responsables du projet Chichen Itza : ils levaient les yeux vers les ciel ou poussaient de grands soupirs... Qui peut garantir que le texte proposé à Teotihuacan sera respectueux des connaissances qu'on a de cette civilisation, sachant qu'elle reste éminemment méconnue, n'ayant pas développé un système d'écriture intelligible comme celui des Mayas ou des Aztèques?

J'opposerai deux autres arguments contre ces "spectacles". D'abord, le prix d'entrée sera sensiblement augmenté. Je me souviens qu'en 2004 on payait 85 pesos pour l'accès à la zone et au son et lumière de Chichen Itza. Les deux sont indissociables et il n'existe aucun tarif pour la visite seule de la zone. Le touriste qui n'est pas un peu attentif se fait donc gruger ! On peut légitimement penser qu'il en sera de même à Teotihuacan même si Kim Goldsmith m'a répondu le contraire.

Cela m'amène à un deuxième argument, celui de retenir les visiteurs dans les alentours de la zone. Les personnes qui restent sur le site pour voir le spectacle sont peu nombreuses en fait. D'une part, la plupart des touristes qui visitent Chichen le font parce que leur séjour à Cancun inclut cette visite. Mais ils restent deux ou trois heures sur le site et retournent aux plages pendant l'après-midi. Beaucoup ne veulent pas perdre non plus une nuit d'hôtel. Une personne qui souhaiterait rester voir le spectacle ne peut même pas prendre un bus pour Valladolid ou pour Mérida après 18 heures. Les personnes qui restent à Chichen pour le spectacle ont des chambres aux hôtels qui jouxtent la zone (Club Med notamment). Hors ces hôtels sont souvent très chers et peu accessibles aux touristes.

Bref, vous l'aurez compris : ce projet est une erreur.
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Renforcement de la surveillance dans le Parc Archéologique de La Venta

Dans un article de La Jornada, on apprend que, depuis ce mercredi 13 janvier, à Villahermosa, Tabasco, l’Instituto de Cultura, les délégations de la Procuraduría General de la República et l’Instituto Nacional de Antropología e Historia ont annoncé le renforcement de la surveillance dans le Parc Archéologique de La Venta, où seront présentes des rondes de la police d’état.

Il y a quelque jours, trois personnes ont été accusées d’avoir endommagé 23 pièces archéologiques. Après avoir été arrêtées, elles ont été libérées parce que, selon l’article 52 de la Loi Fédérale sur les Monuments et les Zones archéologiques, il ne s’agit pas d’un délit grave.

En même temps, les restaurateurs de l’Inah ont commencé hier à retirer un liquide contenant de l'huile, du sel et du jus de raisin qui a été lancé sur les pièces archéologiques du parc. Une des célèbres têtes olmèques, qui présentait des taches d’huile sur le visage, a été la protagoniste des premiers travaux de nettoyage. Une fois ce travail achevé, les spécialistes pourront estimer combien de temps durera le traitement de nettoyage global.


Tête olmèque endommagée de la Venta.
Photo de Roberto Barboza, correspondant d'El Universal.
Retrouvé le 18 janvier 2009.


La Procaduria General del Estado de Tabasco a expliqué que ces trois personnes appartenaient à une église protestante originaire des Etats-Unis appellée Nouvelle Génération. L'une d'entre elles est une jeune américaine arrivée trois jours plus tôt comme touriste au Mexique. Les deux autres délinquants sont mexicains, l'un étant même avocat. Parmi les pièces endommagées on compte aussi une tombe basaltique, quatre têtes colossales, des autels et une paire de figures anthropomorphes. L'INAH estime à 300000 pesos (environ 16000 €) le coût de cette opération et à 3 mois le temps nécessaire pour le nettoyage.

Selon le quotidien El Universal du 15 janvier, les délinquants ont été libérés après avoir payé 30000 pesos de caution et avancé les 300000 pesos pour le nettoyage.

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mardi 13 janvier 2009

Arqueologia Mexicana n°95

Comme chaque mois, Mexique Ancien vous propose une présentation rapide des différents thèmes proposés dans la revue publiée par l'INAH. Cette année 2009 verra la publication du centième numéro. Gageons que l'éditeur fera un numéro spécial pour ce numéro.

Pour l'heure, concentrons-nous sur celui de janvier-février : le dossier principal a pour thème les volcans du Mexique. Il faut reconnaître l'ouverture pluridisciplinaire des différents articles. La présentation générale propose une carte très complète qui indique les volcans en Mésoamérique et indique, en autres, les contextes archéologiques mis à jour au cours de différentes compagnes. Si on demande à un touriste un peu curieux de la géographie mexicaine, il citera certainement le Popocatepetl (Miroir Fumant) comme référence. Mais quid de l'Iztaccihuatl (Femme Blanche), du Pico de Orizaba (appelé aussi Citlaltepetl ou Montagne de l'étoile), du Nevado de Toluca (ou Xinantecatl), de l'Ilopango ou de la Joya de Cerén ?

C'est le géophysicien Servando de la Cruz qui "ouvre le bal" en expliquant de manière complète et claire le contexte géotectonique du Mexique. On en retiendra la statistique un peu inquiétante de 15 éruptions par siècle au Mexique.

L'ethnologue de formation Johanna Broda rappelle que pour les anciens peuples mésoaméricains, les montagnes et les volcans étaient tenus pour des êtres vivants, voir déifiés. Elle appuie cette hypothèse sur ce qui serait une représentation du Popo, de l'Iztac, du Cerro de la Malinche et du Pico de Orizaba dans le Codex Vindobonensis (1974, pl. 39). Elle rappelle ensuite la place des volcans dans les conceptions archéo-astronomiques et cosmiques des peuples du Haut Plateau.

image

Codex Vindobonensis, pl. 39.

FAMSI-Akademische Druck und Verlag, 1974


Ismael Montero propose ensuite un petit état des lieux des fouilles archéologiques réalisées sur les volcans mexicains. Il revient notamment sur les découvertes faites aux lacs du Soleil et de la Lune, dans le Nevado de Toluca. Mais il explique aussi le rôle astronomiques des tetzacualco, petites constructions rectangulaire situées au milieude lacs ou d'étangs de faible profondeur. On pouvait y oberserver l'apparition du soleil ou d'autres astres à des moments clés.

Leonardo Lopez Lujan propose un travail récapitulatif sur la pierre dite de Moctezuma II et situé près d'Amecameca, au pied du volcan d'Iztaccihuatl. Cette sculpture monolithique comporte un escalier de 6 marches et des reliefs. La partie inférieur est sculptée d'une frise reprenant le premier de chaque treizaine du calendrier vénusien. Une date présente sur la partie supérieur est 10 Lapin, date de la mort d'Ahuizotl, prédecesseur direct de Moctezuma II. La présence d'une autre date (1 caiman) est à associer avec la date d'intônisation de Moctezuma II, si on en croit les propos rapportés par Duran. Lopez Lujan suppose avec raison que la pierre a dû être sculptée à la hâte lors du passage de Moctezuma à Amecameca, à son retour de ses premières conquêtes.


Au fond le Popocatepetl depuis San Miguel del Milagro, Tlaxcala.
Photo B. LOBJOIS, octobre 2004.

Vient ensuite un article de Patricia Plunkett et Gabriela Uruñuela, deux archéologues de la Universidad de las Americas, située à Cholula. Elles essaient de démêler les fils des légendes d'une pluie de feu. Pour cela, elle recoupe les récits avec des données géologiques et archéologiques. Julio Glockner propose un travail intéressant sur les mythes contemporains liés aux Volcans.

Suite au dossier que nous avons amplement commenté, Emiliano Melgar Tisoc propose un article très intéressant sur les objets en coquillage retrouvés à Xochicalco, Morelos. Xavier Noguez fait une présentation in extenso du Codex Mendoza. Bonne lecture!

Comme d'habitude, vous pourrez trouver le sommaire et deux articles téléchargeables sur le site internet de la revue :

  • El entorno volcanico en Mexico” par Servando de la Cruz Reyna ;
  • Simbolismo de los volcanes. Los volcanes en la cosmovisión mesoamericana; par Johanna Broda.
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    lundi 12 janvier 2009

    Publication d'Estudios de Cultura Maya n°31

    Nos amis du blog Mayistas nous font part de la publication par l'Instituto de Investigaciones filologicas (UNAM) d'Estudios de Cultura Maya n°31. Le fichier est directement téléchargeable sur le site de Filologicas, accessible en cliquant sur le titre de ce post.
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    dimanche 11 janvier 2009

    Nouvelles informations sur le système hydraulique de Uxmal

    La Sala de Prensa de l’Inah a publié, le 8 janvier dernier, un article consacré aux résultats des dernières campagnes de fouilles qui ont eu lieu à Uxmal, Yucatan. Depuis longtemps les archéologues s’interrogeaient sur une question très importante : comment les habitants de cette ville ont-ils pu construire de grands monuments – comme par exemple la Pyramide du Devin – sans pouvoir compter sur une rivière ou des cenotes qui aidaient l’activité constructive ?


    Coupe d'un cenote. Disponible le 11 janvier 2009 sur ridarelli.net.


    Coupe d'un chultun. Disponible le 11 janvier 2009 sur waterhistory.org

    La réponse vient des analyses menées sur le système hydraulique complexe de la cité. Celle-ci a connu son apogée entre 950 et 1100-1150 ap. J.-C.
    José Huchim Herrera, archéologue et directeur de la zone archéologique appelée Région Puuc, explique que ce réseau aquifère se situe dans la partie ouest du site. Il est caractérisé par la présence de provisions d’eau qui s’accumulait de manière naturelle. En dessous du terrain d’argile, il y avait des dépôts de pierres sans mortier, recouverts de petites voûtes. Une fois le terrain saturé, l’absence de mortier permettait à l’eau de filtrer dans les dépôts.


    Pyramide du devin vue depuis le Quadrilatère des Nonnes, Uxmal.
    Photo : B. LOBJOIS, novembre 2004.

    La cité d’Uxmal pouvait compter aussi sur la présence de 150 chultunob', c’est-à-dire des dépôts en forme de bouteille, creusés dans la roche calcaire et recouverts de stuc, entourés par une superficie concave qui favorisait la récolte de l’eau.

    Les chultunob' se distinguent des cenotes dans la mesure où les premier étaient construit par l'homme et que les seconds sont une cavité naturelle, résultat de l'érosion du plateau karstique yucatèque. Les premiers pouvaient servir de réservoir d'eau ou de toute autre denrée qu'on peut conserver. Les seconds étaient d'immenses réserves d'eau connectées à un réseau souterrain de rivières.

    L'utilisation de chultunob' a donné naissance à une nouvelle manière de construire les édifices, connue sous le nom de « maçonnerie de recouvrement ». Le mortier fut amélioré, ce qui a permis la construction de murs plus résistants et de toits caractérisés par la présence de voûtes de pierre.

    Après l’apogée d’Uxmal, en revanche, la construction de monuments publiques commence à diminuer, supplantée par la présence de structures domestiques.

    Voici une carte du Yucatan très intéressante. Chaque point bleu correspond à un cenote. On notera un arc de cercle de cénote correspond au point de chute de l'énorme météore qui serait tombé il y a 65 millions d'années sur terre, exterminant par conséquence la majeure partie des espèces à cette époque.
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    Visite à Teotihuacan pour vérifier les dégâts du spectacle « Esplendor teotihuacano »

    Nous vous indiquions il y a quelque temps le saccage en règle de Teotihuacan auquel se livre le gouvernement de l'état de México. La chambre fédérale des députés s'en était inquiété et avait publiquement dénoncé l'attitude complice des dirigeants de l'INAH.

    Le quotidien La Jornada indique dans un de ses articles en ligne que les membres de la Commission de Culture de la même assemblée effectueront demain une visite au site archéologique de Teotihuacan afin de vérifier les dégâts que les édifices préhispaniques ont subi à la suite des travaux mis en œuvre pour le spectacle touristique « Esplendor teotihuacano ».

    Emilio Ulloa, président de la Commission législative, a affirmé que, si les dégâts seront prouvés, les travaux seront suspendus. Certains spécialistes de l’INAH accompagneront le président lors de sa visite. Ulloa a fait remarquer que, même si le spectacle a le but de promouvoir le tourisme culturel dans la Vallée de Teotihuacan, il ne faut pas oublier non plus la conservation du patrimoine et du territoire environnant.

    En outre, les spécialistes du syndicat de travailleurs de l’INAH déposeront une plainte en raison des dégâts irréparables subis par les pyramides du site archéologique de Teotihuacan, dûs à la mise en place de filets métalliques, de taquets et autres lampes. Ils ont quantifié les dégâts et présenteront prochainement un rapport détaillé.

    Tout cela se révèle fort dangereux pour la "santé" du centre cérémoniel, classé au patrimoine mondial de l’humanité par l'UNESCO.
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    vendredi 9 janvier 2009

    "Teotihuacan, cité des dieux aztèques" - Musée du Quai Branly

    Voici une petite brochure que vous pourrez télécharger dans le site du Musée du Quai Branly.
    Il s’agit, comme vous aurez déjà compris, de la présentation de l’exposition « Teotihuacan, cité des dieux aztèques » qui ouvrira ses portes à Paris à partir de septembre 2009 et restera visible jusqu’au janvier 2010.
    On retrouve ici plusieurs photos des pièces qui seront exposées ainsi qu'une brève explication des aspects les plus intéressants de Teotihuacan, comme par exemple les résultats des dernières campagnes archéologiques et la présence d’une importante quantité d’objets qui n’ont jamais été présentés dans les capitales européennes.
    Rappelons aussi qu'en mars, le Mexique sera le pays invité au Salon du livre de Paris, Porte de Versailles. On vous en reparlera très prochainement.

    Bonne lecture !
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    mardi 6 janvier 2009

    Analyses physionomiques du souverain maya Ukit Kan Lek Tok’

    Pendentif d'os représentant le souverain Ukit Kan Lek Tok’
    Photo: INAH/Medios


    Un portrait gravé sur un pendentif en os révèle les traits déformés du visage du souverain maya Ukit Kan Lek Tok’, qui gouverna la cité de Ek Balam entre 770 et 801 ap. J. –C, à l’apogée de son pouvoir. L’INAH a consacré un article à l’étude des caractéristiques physionomiques du souverain, qui ont été maintenant prouvées par les études de l’anthropologie physique.


    Vue générale d'Ek Balam.
    Photo d'Ago76 retrouvée le 19 juin 2009
    sur http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/6f/EkBalam09.JPG

    Les chercheurs de l’INAH et coordinateurs du Projet Archéologique Ek Balam, Leticia Vargas de la Peña et Víctor Castillo Borges, expliquent que, sur cette représentation qui faisait partie de l’offrande funéraire du roi, on peut remarquer la mandibule détournée et la lèvre supérieure divisée.

    L’anthropologue physique Vera Tiesler de l'Universidad Autonóma de Yucatan, qui a eu l'occasion d’analyser les restes osseux du souverain, a pu confirmer la présence de plusieurs pathologies à l'origine de l’aspect physique d'Ukit Kan Lek Tok’. La présence de tartre et caries, la perte de 5 dents dûe à plusieurs infections et la remarquable réduction de la hauteur de la mandibule gauche comptent parmi ces problèmes et ont compromis la symétrie de son visage.

    Les deux chercheurs du Projet Archéologique Ek Balam estiment que ce pendentif d’os n’est pas le seul objet qui peut révéler l’aspect de ce haut personnage : la voûte 15, qui fermait l’enceinte de la chambre funéraire, montre en effet une représentation du souverain en tant que dieu jeune du Maïs, et la lésion faciale est clairement visible.

    Ce souverain est également représenté dans d’autres monuments et objets du site de Ek Balam, comme par exemple le pilier I, un vase cylindrique tripode et la stèle I. Ukit Kan Lek Tok’ est considéré respectivement comme un grand guerrier, un joueur de balle et un ancêtre divinisé.

    Les études épigraphiques menées sur le glyphe emblème ont en outre permis de découvrir le nom original de l’ancien royaume, c’est-à-dire Talol. Ek Balam en a été certainement la capitale.
    Le déchiffrement des nombreux textes glyphiques de la cité a permis aux spécialistes de mieux connaître l’histoire de ce site, dont l’apogée remonte au Classique récent et terminal, entre 600/800 et 900 ap. J.-C.

    Références sur internet :

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    samedi 3 janvier 2009

    Frise découverte à Calakmul bientôt exposée au public

    Et voici pour vous une bonne nouvelle pour bien commencer ce nouvel an!

    El Milenio du 24 décembre dernier annonce que, probablement à partir du mois d’août prochain, une importante frise stuquée découverte dans le site archéologique de Calakmul sera exposée au grand public.
    Le directeur du projet archéologique, Ramón Carrasco, explique que cette frise, découverte il y a maintenant 9 ans mais qui n’a jamais été visible en raison de l’absence des conditions appropriées pour son exposition, mesure 20 mètres de longueur pour 3 de largeur.
    Elle contient des informations très importantes sur l’histoire de la civilisation maya, notamment en ce qui concerne sa naissance en tant que « culture ». Les archéologues faisaient remonter ce moment à la période comprise entre 200 et 100 ap. J-.C, mais cette frise semble témoigner que, déjà à partir du 400 ap. J.-C cette civilisation était très bien établie sur le territoire.
    Selon Carrasco, cette découverte ne peut que confirmer la continuité du pouvoir royal de Calakmul, connue pour sa puissance et pour la qualité de sa production artistique surtout à partir de l’époque classique.

    Grâce au blog Maya News Updates, on a pu lire aussi l’article que la Jornada avait publié le 11 décembre 2002, entièrement consacré à cet événement.
    On découvre donc que la frise découverte est la partie supérieure d’un édifice, apparemment enterré rituellement, qui remonte au 400 ap. J.-C d’après le Carbone 14. Carrasco suppose en outre qu’il représente le passage de la culture olmèque à la culture maya, puisqu’il présente des caractéristiques communes aux deux différentes civilisations.

    La frise est caractérisée par les couleurs noir et rouge et elle représente la première ouverture zoomorphe qui conduisait à l’Inframonde. En son centre est représenté l’esprit ou l’âme « qui tombe ou entre dans la montagne, c’est-à-dire l’Inframonde » - explique Carrasco. Deux oiseaux sont représentés sur les deux côtés, tandis que la partie supérieure est caractérisée par la présence de la bouche du monstre de la terre.

    On regrette l’absence d’une photo et d’une explication iconographique plus précise ; espérons que cela sera disponible prochainement.

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    vendredi 2 janvier 2009

    Demandez le programme !

    Comme l'indique le titre de l'article publié par l'INAH, le Mexique va "offrir" au monde plusieurs cadeaux à travers plusieurs expositions qui auront lieu à l'étranger et en Anahuac. Nous avons déjà parlé en détail de l'exposition Teotihuacan qui aura lieu au Musée du Quai Branly de Paris à partir de septembre 2009. Elle rejoindra le musée Rietberg de Zürich puis le musée Gropius Bau de Berlin.

    Dans le cadre du cycle d'expositions Grands empereurs du monde au British Museum de Londres, l'organisation de Moctezuma, l'homme, le mythe et l'empire aura tout lieu d'intérêt pour les touristes curieux en goguette dans la capitale britannique aux environs du mois d'août. L'événement sera encore plus intéressant si on considère le change euro-livre sterling. L'exposition sera ensuite proposée au public mexicain au MNA.

    Une grande exposition sur les Olmèques est prévue pour 2010-2011 au Musée du Conté de Los Angeles puis au Musée Young de San Francisco. Elle sera programmée ensuite dans cinq musées du Japon. Attendez-vous à ce que de nombreuses pièces olmèques manquent dans les musées mexicains.

    Une dernière exposition appelée Culte funéraire, le miroir de la vie dans l'Occident du Mexique aura lieu dans un pays peu habitué à recevoir les cultures mésoaméricaines : la Slovaquie qui vient de rentrer aujourd'hui dans la zone euro...

    La transition est d'ailleurs toute trouvée pour souhaiter à tous nos lecteurs à travers le monde une heureuse et pacifique année 2009.

    Gracias a nuestros lectores en todo el orbe a quienes deseamos un feliz y pacifico año 2009!

    Thanks to our dear readers all around the world to whom we wish a happy and peaceful year 2009!
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