jeudi 26 mars 2009

Dégâts dans le site archéologique de El Tajin

Bas-relief de la tete de serpent endommagée dans
le champs de jeu de balle de El Tajin


La Jornada du 21 mars annonce la découverte des dégâts produits par l’installation de l’éclairage des pyramides. Effectivement, un bas-relief a été endommagé à coup de marteau le 15 mars derniers par des inconnus.
Les gardiens de la zone archéologique ont aussi révélé que les dégâts concerne une tête de serpent localisée sur un des murs de l’esplanade du terrain de jeu de balle 17-27. D’après l’avis de la Jornada, l’INAH a gardé le silence sur cette affaire.


Gabriel García Xochihua, délegué du Syndicat des Travailleurs Administratifs, Techniques et Manuels de l’INAH, a dénoncé également l’existence d’une fissure de 30 mètres au coin nord-ouest de la Pyramide des Niches. Apparemment, elle s’est produite après l’installation du spectacle multimedia conçu par le français Yves Pépin il y a cinq ans. Cette fissure pourrait représenter un vrai danger, puisqu’elle pourrait provoquer un glissement de terrain et l'écroulement du temple.


La pyramide des niches,
Photo retrouvée sur le site d'El Universel dans son édition du 9/03/09

García Xochihua fait savoir que les 34 gardiens totonaques du site archéologique sont unis et ils rejettent totalement l’initiative du Resplendor Teotihuacano mis en place à Teotihuacan. Ils dénoncent entre autres le mutisme de l'INAH et sa complicité avec les organisateurs du festival annuel Cumbre Tajin. Ils estiment que l'INAH recherche uniquement l'enrichissement et non la préservation du patrimoine. Ce sont des accusations graves qui ne manqueront pas de relancer la polémique du futur spectacle Son et lumière de Teotihuacan, voulue et commanditée par le gouverneur priiste de l'état de Mexico et probable candidat du même parti aux prochaines élections présidentielles de 2012, Enrique Peña Nieto.


Vue de la pyramide des Niches, El Tajin, Veracruz, octobre 2004.
Photo B. Lobjois

Rappelons qu'à l'instar de Teotihuacan, El Tajin a été classé au Patrimoine de l'humanité, notamment pour sa pyramide des Niches. La version en ligne du quotidien El Universal rapporte la décision de créer une équipe interdisciplinaire (anthropologie, archéologie, épigraphie, linguistique, restauration, astronomie..) afin de cartographier en détail l'intégralité du site. Le directeur du site, Jacobo Mugarte Moo, et l'archéologue Patricia Castillo Peña estiment qu'environ 15% du site avaient été fouillés et que de nombreuses cités satellites demeurent cachées sous la végétation. Ils n'excluent pas qu'El Tajin puisse être plus étendu que Cholula ou Teotihuacan.
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mercredi 25 mars 2009

Découverte d'un terrain de jeu de balle à Oaxaca

Le site internet de l'INAH annonce la découverte d'un terrain de jeu de ballepar une équipe d'archéologues du centre INAH à Santa María Atzompa. Pour être plus précis, Santa María Atzompa est situé à proximité du prestigieux site de Monte Alban. Cette structure longue de 70 mètres a été mise à jour et fouillée. Pour les archéologues, il ne fait aucun doute qu'il s'agissait du plus grand terrain de jeu de balle de cette ville-satellite de Monte Alban.


Site de Santa Maria Atzompa, Oaxaca.
Photo retrouvée sur le site de l'INAH le 24 mars 2009.


Deux autres terrains ont été découverts récemment, mesurant pour l'un 20 mètres de long et pour le second 28 mètres. Un des deux terrains sera l'objet de fouilles pendant cette année : il s'agira de déterminer si ce petit terrain servait à l'entraînement ou s'il était utilisé à des fins rituelles.

Les spécialistes en sont à l'heure des interrogations. Ils essaient notamment de comprendre pourquoi autant de terrains ont été édifiés alors que Santa María Atzompa n'était pas une ville à proximité du centre religieux.

Il semblerait que lors des confrontations sur le grand terrain de jeu de balle, les participants puissent directement voir l'acropole de Monte Alban. Les archéologues ont notamment mis à jour deux étapes de construction : la première remonterait à 650 après Jésus Christ et la seconde vers 850.

La campagne de fouilles précédente avait permis d'établir l'existence de liens avec Teotihuacan ou avec Sierra de Navajas, dans l'état d'Hidalgo ou même le Guatemala actuel. Selon Nelly Robles, chargée du site de Monte Alban, Santa María Atzompa était plus qu'un quartier de banlieue. Il s'agit d'une entité qui a certainement servi à désengorger l'excédent de population sur le site même de Monte Alban.

Pour l'heure, le site ne sera pas ouvert avant 2012.

Edition du 5 septembre 2009.

Voici deux photos prises par Hector Montaño et publiées sur le site de la V Mesa Redonda de Monte Alban le 4 septembre 2009.





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Réouverture du Temple XVII de Palenque

Sur son site internet, l'INAH informe que le Temple XVII, après un an de travaux de restauration et de consolidation, a été officiellement rouvert au public.
L'année passée les temples XVII et XIX avaient été confiés aux soins des personnels de l'INAH. Le temple XVII appartient au groupe des Croix, particulièrement fréquenté par les touristes. En cliquant ici, vous trouverez un plan du site de Palenque, publié en 1997, dans l'ouvrage de Merle Greene Robertson intitulé The Sculpture of Palenque, Volume 1. Le groupe des Croix est situé dans le coin supérieur du plan. Le Temple XIX a été construit vers 600 après Jésus Christ. Pour sa part, le temple XIX sera réouvert avant les vacances de Pâques.
Deux bonnes nouvelles pour les touristes qui voudront crapahuter dans Palenque prochainement !
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mardi 17 mars 2009

Arqueologia Mexicana n°96

Et voici la dernière livrée de l'éditeur Raices pour les mois de mars et avril 2009. Le prix n'a pas changé : 60 pesos dans toutes les bonnes librairies ou les supermarchés. Au sommaire ce mois-ci, les dieux de la pluie dans les cultures olmèque, zapotèque, maya, teotihuacaine, mexica, d'El Tajin ou du Sud-ouest des Etats-Unis. On propose aussi une étude du culte à la pluie à l'époque coloniale et une incursion ethnologique dans la Mixteca nahua tlapanèque au Guerrero et le synchrétisme religieux au Yucatan avec la cérémonie de demande de pluie.

En préambule, on notera la majeure partie des informations publiées sur ce blog, à l'exception du très polémique spectacle son et lumière de Teotihuacan. Le Dr Manuel Hermann Lejarazu raconte brièvement l'histoire du Codex Muro, appelé également Códice de Ñunaha.

Suit un très bel article de José Eduardo Contreras Martinez sur vingt années de fouilles et de découvertes sur le site de Ocotelulco, Tlaxcala. Cette ancienne chèferie tlaxcaltèque, bien documentée par les chroniques espagnoles est complètement méconnue. Mais elle faisait partie de la ligue tlaxcaltèque contre la Triple Alliance.

Commence ensuite le grand dossier du numéro. José Contel, professeur à l'Université de la Côte d'Opale à Boulogne sur mer, propose une introduction sur les différentes divinités de la pluie. Une version en ligne est consultable en cliquant ici. Tlaloc, Chaak, Cocijo sont présentés en fonction de leurs épithètes et de leur région d'origine.

Karl Taube s'intéresse au dieu de la pluie olmèque et propose notamment un nouveau schéma pour expliquer l'évolution des représentations des dieux de la pluie à partir d'un prototype olmèque.

Puis Javier Urcid décrit les personnages masqués et symbolisant l'éclair, le tonnerre et la pluie dans l'état d'Oaxaca. Son article met notamment en avant l'évolution iconographique des céramiques représentant Cocijo.

La chercheuse du Centre d'études mayas Mercedes de la Garza revient sur le caractère sacré de l'eau chez les Mayas à travers la figure de Chaac.

Guilhem Olivier, professeur à l'UNAM, explique la nature double de Tlaloc dans le centre du Mexique, à la fois dieu de la pluie et de la terre. Il évoque notamment l'iconographie puis la nature et les fonctions de Tlaloc à travers les mythes.

Sara Ladron de Guevara propose un travail similaire sur les représentations de Tlaloc à El Taijn, dans l'état de Veracruz tandis que Polly Schaafsma rapporte les étranges similitudes des pétroglyphes représentant Tlaloc au Nouveau Mexique, Etats-Unis, et dans le centre du Mexique.

Leonardo Lopez Lujan rapporte de manière très complète et détaillée les offrandes faites à Tlaloc au Templo Mayor de Tenochtitlan. Johanna Broda s'attarde ensuite sur les fêtes et rituels pour les dieux de la pluie au Postclassique. Son travail repose notamment sur les codex Borbonicus, Florentino, Tovar et sur les Primeros Memoriales.

On passe ensuite à l'époque coloniale avec le synchrétisme religieux qui s'est alors effectué : les anciens dieux indigènes sont assimilés à certains saints chrétiens dont les fonctions sont proches. On voit ainsi comment l'apôtre Saint Jacques ou Saint Jean-Baptiste ont eu un culte particulier dans l'état de Puebla.

Samuel Villela Flores décrit et explique de manière rigoureusement les combats de tigres à la Montaña, état de Guerrero. Ces rituels destinés à la culture des milpas sont en effet centrés autour de la figure de Saint Marc et du félin qui lui correspond et que les natifs ont réinterprétés.

Mario Humberto Ruiz décrit avec nombre de détails la Ch'a Chaak, une prière pour la pluie réalisée dans la péninsule du Yucatan et dont le but est de compter sur l'eau nécessaire à la survie de l'homme.

Enfin Itzel Rodriguez Mortellano s'attarde sur les représentations de Tlaloc dans la peinture murale du XXe siècle.

Après cet énorme dossier, le lecteur découvrira un article très intéressante sur l'archéologie de l'époque vice-royale et une présentation rapide des Primeros Memoriales par Xavier Noguez.
D'ailleurs les Primeros Memoriales seront à l'honneur du prochain numéro hors-série d'Arqueologia Mexicana : elles servent d'élément de base pour le catalogue des dieux de la religion mexica.

En mai, la revue sera en grande partie consacrée à l'art rupestre de l'état de Sonora. Il sera donc question de peintures et de pétroglyphes.
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samedi 14 mars 2009

Remise du rapport sur le projet Esplandor teotihuacano

Le Groupe Technique d'Evaluation, par le biais du directeur de l'INAH, a remis son rapport au Conseil National d'Archéologie, à la chambre des députés et au gouvernement de l'état de Mexico en ce qui concerne l'installation de luminaires sur différentes structures du site archéologique de Teotihuacan. Nous avons évoqué par le passé la polémique qui s'est cristallisée autour de l'installation de lampes et les méthodes peu conventionnelles employées par les ouvriers.

A la différence des rapports faits par les députés et le Conseil National d'Archéologie, le Groupe Technique d'Evaluation estime que les structures préhispaniques n'ont pas été endommagées et que les trous ont été réalisés dans la couche de reconstruction moderne. Ce groupe, composé de spécialistes de l'archéologie teotihuacaine et de l'illumination de monuments, a réalisé un mois d'analyses. Il a émis des suggestions quant à l'installation et l'installation des luminaireset et a demandé l'actualisation de la narration qui sera proposé pendant le parcours.

Le rapport du GTE insiste sur "sa liberté et son autonomie absolue", notamment lors de l'analyse des plans, photographies et informations techniques. Il explique que différentes visites de jour comme de nuit ont été effectuées sur le site.

Les experts en mécanique des sols et en géologie ont calculé que les trous d'une profondeur de 5 centimètres avaient été effectués dans une couche de reconstruction moderne dont l'épaisseur varie entre 20 et 100 cm.

Le GTE explique notamment que des matériaux recommandés par l'INAH ont été utilisés pour isoler les trous et éviter des infiltrations dans les structures préhispaniques. Le poids insignifiant des luminaires ne devrait pas non plus endommager les structures.

Le directeur de l'INAH a également annoncé un fond de dix millions de pesos (soit 53 000 €) pour la maintenance et la restauration des monuments ouvert au public.
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jeudi 12 mars 2009

C'est quoi le bleu maya ?

Sur le site internet américain du National Geographic, je suis retombé sur les résultats surprenants de plusieurs études effectuées par l'équipe du Dr Dean Arnold, professeur au Wheaton College, en Illinois, aux Etats-Unis. D'abord essayons de comprendre à quoi correspond le bleu "maya" en termes pictographiques.

En fait c'est très simple, Si vous cherchez sur internet des photos des peintures murales de Mayapan, Bonampak ou Cacaxtla, vous observerez l'utilisation d'un bleu tirant légèrement sur le vert. Ce pigment est souvent celui qui résiste le mieux au temps, à l'humidité voir même à la corrosion, aux produits acides et alcalins.

Le bleu maya était utilisé non seulement pour des peintures murales mais également pour peindre des céramiques. Dans les années 1960, plusieurs équipes européennes ont montré que les anciens Mayas avaient utilisé d'une préparation de matières organiques et minérales :à base de palygorskite et d'indigo.

Abordons maintenant les travaux réalisés par Arnold. Parmi les nombreux objets dragués dans le Cénote des sacrifices à Chichen Itza et remontés à la surface, les archéologues du Wheaton College ont longuement étudié une céramique qui contient des traces significatives du bleu maya. Leur recherche a consisté à retrouver les techniques pour obtenir ce pigment. Ce n'est pas la première fois qu'une équipe tente de faire cet essai d'archéologie expérimentale.

Or il apparaît que le troisième élément utilisé n'est autre que le copal, cette sève d'arbre utilisée comme encens lors de rituels. Le copal était en effet considéré comme un aliment pour les dieux. Il serait tout aussi illusoire de limiter l'utilisation du bleu maya à la seule zone maya. A travers les siècles et les cultures mésoaméricaines, cette couleur a été utilisée sur les reliefs peints du Temple des Guerriers, les céramiques peintes de l'île de Jaina au Campeche, les peintures murales de Cacaxtla et Teotihuacan, les serpents à plumes peints de la phase IVb du Templo Mayor à Mexico, ceux de la pyramide double de Tenayuca, etc.

Vous comprenez maintenant pourquoi nous avons choisi cette couleur pour décorer l'arrière-plan de notre blog. Elle fait référence à la fertilité mais aussi aussi au sacrifice, éléments contradictoires mais complémentaires de la pensée dualiste mésoaméricaine. Nous vous recommandons de cliquer sur le site créé par Constantino Reyes-Valerio . Pour des aspects plus techniques, on peut se reporter au mémoire rédigé par Nicolas Peltier en 2003. Nous l'avons rajouté dans les publications mayas.

Le pigment bleu maya fera l'objet d'un atelier lors du prochain congrès des américanistes à Mexico. Voici un document pdf avec la liste des participants et les sujets qu'ils aborderont.

PS : I would like to thank Dr Dean Arnold for sharing generously his teamwork...


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Dans la série "Home sweet home"...

Plusieurs quotidiens mexicains dans leur version électronique ou papier rapportent la remise de 80 caisses au consul du Mexique à Calexico, Californie, Etats-Unis. Elles contiennent environ 200 pièces archéologiques de toutes sortes qui étaient gardées à l'Université de Berkeley après des fouilles faites en 1957 sur le site archéologique.Certaines pièces ont été datées de 2000 ans.

Cuicuilco est une zone intriguante et fascinante. Située à quelques centaines de mettre de la Escuela Nacional de Antropologia e Historia, Cuicuilco a été une importante cité du Préclassique (800 avant Jésus Christ - 100 après Jésus Christ), avant même l'avénement de Teotihuacan ou des pricipales cités mayas. Des cartes, des relevés et des échantillons de charbon permettront également une meilleure compréhension de la chronologie du site.


Pyramide de Cuicuilco, à Mexico, D.F.
Photo B. Lobjois, avril 2002

Parmi les objets remis au consulat figurent des sculptures, des céramiques et des restes osseux. Cette dernière catégorie d'artefacts sera la plus intéressante car elle sera soumise à des tests ADN.

Les caisses, appelées Cuicuilco A1 et B1 dans le catalogue de l'Université de Berkeley, ont été découvertes par des chercheurs de l'INAH de Baja California Norte au Phoebe Hearst Museum, à Berkeley.
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mercredi 11 mars 2009

Conférence de Felipe Solis sur Tonatiuh

Sur son site internet, l'INAH fait un compte-rendu détaillé de la première de la dizaine de conférences intitulée "Los dioses en los codices". C'est Felipe Solis, directeur du Musée National d'Anthropologie, qui a donc inauguré ce cycle en présentant ses recherches sur le dieu du soleil.

Selon Solis -et c'est un premier truisme- Tonatiuh est une divinité solaire mais aussi guerrière, exaltant les guerriers à combattre : "Il symbolisait l'idéal du guerrier, la perfection du combattant, le soldat qui apparaît sur le plan céleste en vainqueur, qui fait fuir les étoiles et élimine l'obscurité en donnant lumière et chaleur à son peuple."



Pierre du Soleil
Photo B. Lobjois, octobre 2004.

Puis Solis de proposer l'hypothèse suivante : le visage sculpté au centre de la Pierre du soleil pourrait être celui de Tonatiuh. Ce visage est en effet encerclé par le disque solaire comme sur les codex précolombiens. Cette théorie repose sur la présence des glyphes symbolisants les quatre soleils des 4 ères précédant l'ère dans laquelle les Aztèques vivaient.

La pierre du soleil serait en fait un monument chronographique. La date 13 Roseau présente sur le haut du monolithe ferait référence à l'avénement de ce cinquième soleil et à l'arrivée de Axayacatl sur le trône. Un rien fantaisiste est l'interprétation de Solis quant à la présence d'yeux et de cils dans chacune des deux mains représentées à côté du visage : il explique que nul ne pouvait ainsi se cacher du dieu.

La pierre du soleil est un monolithe qui mesure 3,6 mètres de diamètre et 1,22 mètres d'épaisseur pour un poids de 24 tonnes. Elle a été découverte en 1791 dans des travaux de remise à niveau sur la place de la cathédrale. De fait la pierre a longtemps été exposée verticalement à même la cathédrale avant de connaître plusieurs déménagements et d'arriver finalement au Musée National d'Anthropologie où le visiteur peut la voir.

Il semblerait que sa position originale était horizontale et qu'elle servait à la fois de pierre pour le sacrifice gladiatoire. Ce rituel cruel consistait à attacher une future victime sacrificielle à combattre avec des armes symboliques contre des guerriers aigles et jaguars puissamment armés. Duran documente très bien le sacrifice gladiatoire (cf. à ce propos les ouvrages de M. Graulich et de Y. Gonzalez Torres sur le sacrifice humain chez les Aztèques). L'utilisation rituelle de la pierre du soleil semblerait justifiée par une cavité où on déposait le coeur et le sang du guerrier vaincu.

Felipe Solis a terminé sa conférence en expliquant qu'il était difficile de savoir combien de victimes étaient sacrifiées à Tonatiuh dans la mesure où les chiffres avancées par les sources coloniales seraient exagérées.

Les quotidiens El Universal et El Mañana ont repris le communiqué de presse disponible sur le site de l'INAH.
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lundi 9 mars 2009

Congrès à Londres

Voici le programme d'un congrés consacré à la civilisation aztèque qui aura lieu à Londres le 13 et 14 mars.
Merci à Jean-Papageno de m'avoir envoyé cette information!

Symposium Programme/ Programa del Simposio

Friday, 13 March

Venue: Institute of Historical Research
Senate House
Wolfson Room (located on the third floor of the North Block of Senate House)
Malet Street
London WC1 E7HU

1.30 – 2.00 Registration
2.00 – 2.15 Welcome address on behalf of the Institute for the Study of the
Americas

2.15 –2.45 José Contel (Université du Littoral. Cote d’Oppale)
Historia o la Predestinación de un Tlatoani: Ensayo sobre el nombre
de los Reyes Aztecas.

2.45 – 3.15 Juan José Batalla (Universidad Complutense de Madrid)
La representación de Motecuhzoma II en los códices: contextos en
los que aparece figurado y análisis historiográfico

3: 15 – 3.45 Patrick Lesbre (Université de Toulouse-Le Mirail)
Entrevista entre Moctezuma y Nezahualpilli: Augurio de la
Conquista


3.45 – 4.15 Tea

4.45 –5-.15 Katarzyna Mikulska –Dabrowska (Universidad de Varsovia)
Escapando a Cincalco: las facultades (no) divinas de Moctezuma
Xocoytzin
Saturday, March 14

Venue: Institute of Archaeology, UCL

31-34 Gordon Square
London WC1H OPY

9.15 – 9.30 Registration

9.30 –9.45 Welcome address on behalf of the Institute of Archaeology,
University College London

9.45 – 10.15 Nicholas James (Independent Scholar)
Urban crisis: Manners in Tenochtitlan

10.15 –10.45 Elizabeth Graham (Institute of Archaeology, UCL)
Warfare and the Faces of Tribute

10.45 –11.15 Patrick Hojovsky (University of Texas at San Antonio)
Moctezuma’s Portrait at Chapultepec

11.15 – 11.45 Coffee

11.45 – 12.15 Elizabeth Baquedano (Institute of Archaeology, UCL)
Fit for a King: Gold among the Aztec elite

12.15 – 2.00 Lunch

2.30 – 3:15 Emily Umberger (Arizona State University)
Aztec Historical Thought: Moctezuma II and the Conquest of
Mexico

3:15 – 3.45 Stacie Widdifield (University of Arizona)
Moctezuma in the 19th Century: from Archaeology to diplomacy

3.45 – 4.15 Tea

4.15 – 4:45 Patrick Johansson (Instituto de Investigaciones Históricas,
Universidad Nacional Autónoma de México)
Moctezuma’s Death: history and mythology

4.45 - 5.15 Conclusions
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jeudi 5 mars 2009

Exposition Painted Metaphors: Pottery and Politics of the Ancient Maya

Mike Ruggeri annonce sur son blog l'inauguration prochaine d'une exposition sur les Mayas au Musée d'archéologie et d'anthropologie de l'université de Pennsylvanie, à Philadelphie. Intitulée Painted Metaphors: Pottery and Politics of the Ancient Maya (soit Métaphores peintes : poterie et politique des anciens Mayas), cette exposition met en valeur des céramiques retrouvées à Chama, Guatemala. La majorité est datée du Préclassique et accompagne des jades, des figurines, des instruments de musique, des objets rituels, des céramiques à usage quotidien et des pointes de projectiles.

A travers tous ces artefacts, le Musée de l'Université de Pennsylvanie espère faire revivre au visiteur la vie quotidienne des Mayas de Chama. Ce n'est pas sûr qu'on puisse s'y rendre facilement mais l'information vous est transmise par nos soins en français. Le site du Musée propose également une série de podcasts à télécharger et écouter.
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dimanche 1 mars 2009

Cycle de conférences "Los dioses en los codices"

Le site de l'INAH évoque la tenue d'un long cycle de conférences au Musée National d'Anthropologie de Mexico. La Bibliothèque Nationale d'Anthropologie et d'Histoire, située dans les locaux de ce même musée, compte une centaine de codex originaux et quatre-vingt-dix copies qui sont répertoriées Mémoire de l'humanité par l'UNESCO.
LA BNAH fête ses 120 ans en 2009 et reçoit en moyenne 25000 visiteurs par an. A cette occasion, elle a décidé de mettre en valeur ce patrimoine en organisant une série de conférences intitulée "Les dieux dans les codex".
Par codex, on entend des documents des époques précolombiennes et coloniales à caractère religieux, géographiques, juridiques ou généalogiques. Carmen Aguilera coordonnera l'événement qui aura lieu tous les lundis à 19h00 à l'auditorium Fray Bernadino de Sahagun.

La première conférence aura lieu lundi 2 mars et sera proposée par le docteur Felipes Solis Olguin, directeur du Musée National d'Anthropologie. Voici une liste des conférences qui se succéderont jusque fin avril.

  • lundi 9 mars : "Itzamna y los dioses mayas", par Laura Elena Sotelo
  • lundi 16 mars: "Los dioses tarascos" par Hans Roskamp,
  • lundi 23 mars : "Mictlantecuhtli, el señor de la muerte" par Leonardo Lopez Lujan,
  • lundi 30 mars : "Itzpapalotl, diosa otomi" par Carmen Aguilera,
  • lundi 6 avril : "Xipe Totec, nuestro señor el Desollado" par Carlos Gonzalez,
  • lundi 13 avril : "Tezcatlipoca, el señor del espejo humeante" par Guilhem Olivier,
  • lundi 20 avril : "Dioses mixtecos" par Manuel Hermann Lejarazu,
  • lundi 27 avril : "Tlaltecuhtli" par Eduardo Matos Moctezuma.
Si quelqu'un se trouve au DF à ces dates et pouvait prendre des notes pour le blog, nous en serions ravis...

Un petit message personnel de remerciement à nos amis de Sherbrooke au Québec qui se connectent régulièrement à ce blog.
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Un musée pour le monolithe de Tlaltecuhtli

Le quotidien El Universal reprend sur son site internet une dépêche de l'agence de presse Notimex selon laquelle la fameuse pierre découverte par Leonardo Lopez Lujan et son équipe au Templo Mayor de Tenochtitlan aura son propre musée. C'est ce qu'a annoncé le directeur de l'INAH, Alfonso de Maria y Campos.

Lopez Lujan et Matos Moctezuma, respectivement directeur et fondateur du projet INAH, ont ainsi été chargés de concevoir une enceinte qui accueillera in situ le monolithe mais également des pièces découvertes depuis 1994 dans les rues Guatemala et Argentina. Le musée serait ainsi une annexe du musée du Templo Mayor et bénéficierait d'une première enveloppe de deux cent millions de pesos (1,1 million d'€ environ). Il sera situé dans l'ancien Couvent de la Merced.

La volonté de conserver in situ la pierre de Tlaltecuhtli répondrait à une nouvelle politique de l'Instituto de préserver les pièces et d'éviter ainsi de les endommager en les transportant. Le site de Tamtok, état de San Luis Potosi, a servi d'ailleurs d'expérience.

L'article rapporte ensuite les dimensions du monolithe : 4 m de long pour 3,5 m de large, 40 cm de profondeur. Elle a été datée entre 1500 et 1510 et pèse environ 12 tonnes.

Sa particularité est d'avoir la partie sculptée vers le haut, alors que traditionnellement, Tlaltecuhtli est en contact avec le sol. Cela sous-entend nécessairement un usage distinct.

Je vous conseille de vous rapporter à cet excellent compte-rendu d'une lecture faite par Leonardo Lopez Lujan au British Museum en juillet 2007. On y apprend ainsi les mesures exactes de la pierre : 4 m sur 3,57 m pour un poids de 13 tonnes.

Pour retrouver tous nos articles sur la Pierre de Tlaltecuhtli, veuillez cliquer ici. Vous verrez également nous faisons allusion quant à l'orientation de la pierre.
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Publications de Michael E. Smith

Vous remarquerez à l'usage que nos liens vers d'autres blogs et documents disponibles en ligne augmentent. Parmi nos références figure Michael Smith, archéologue spécialiste des Aztèques et professeur d'archéologie à l'Arizona State University. C'est un auteur qui a énormément publié ces quinze dernières années. Il dirige le projet Calixtlahuaca, dans l'état de Mexico.

En plus d'être doté d'un sens de l'humour très prononcé, Michael Smith est, à la différence de beaucoup de chercheurs internationaux, quelqu'un de généreux avec les étudiants mésoaméricanistes. Par le biais de la page internet de son université, quiconque peut télécharger un grand nombre d'articles et de participations à des ouvrages collectifs. Leonardo Lopez Lujan est également de ceux-là, mais sa bibliographie n'est disponible qu'en le contactant personnellement.


Le professeur Michael E. Smith

Il serait vain et inutile d'en reproduire la liste complète des travaux de M. Smith. Ce serait faire injure à son travail et à sa volonté d'offrir ses recherches à d'autres. Il faut également insister sur les deux blogs qu'il actualise régulièrement :
En ce qui concerne le projet Calixtlahuaca qu'il dirige, je vous renvoie à plusieurs sites internet :
Bref, vous l'aurez compris, Michael Smith est devenu une référence incontournable sur la société aztèque, pas seulement celle de Tenochtitlan, mais celle des provinces annexés et des petites communautés éloignées de la capitale.


Les publications sont disponibles sur cette page miroir.


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