jeudi 30 avril 2009

Alerte à la grippe au Mexique II

Le quotidien mexicain La Jornada annonce que les 175 sites archéologiques et musées de site de l'INAH seront fermés au public. L'INAH rejoint ainsi l'ensemble des acteurs de la vie culturelle qui ont dû suspendre toutes leurs activités. Partager

Pour se préparer à l'expo Moctezuma de Londres

Erik Boot, sur son blog Ancient Mesoamerica News Update, fait une présentation de l'exposition Moctezuma, dirigeant aztèque qui aura lieu au British Museum de Londres du 25 septembre 2009 au 24 janvier 2010. Il est triste de voir comment Boot, excellent mayaniste, puisse commettre l'erreur de reprendre les propos du Telegraph selon lesquels Moctezuma était le dernier empereur aztèque. Historiquement parlant, après son décès, Cuitlahuac lui a succédé pendant quelques semaines avant de périr problablement d'une des maladies apportées par les Espagnols. Le dernier huey tlatloani fut Cuauhtemoc.

Cette précision étant faite, il convient de parler des objectifs de cette exposition. Elle a pour but de réhabiliter un homme qui est resté dans l'histoire comme celui qui a donné son empire aux Espagnols sans même lutter. Colin McEwan et Neil MacGregor, commissaires de l'exposition, ont cherché à casser cette image d'Epinal. Ils veulent insister sur la rapidité de la chute de l'empire aztèque et sur la facilité avec laquelle les Espagnols ont modifié les rapports entre la capitale Tenochtitlan et ses vassaux. En présentant deux peintures réalisées dans les années 1560, l'exposition montrera comment Moctezuma, enchaîné, a subi les humiliations et les tortures constantes des Conquistadores et cherchera à montrer que le tlatloani a été tué par eux et non par son peuple, comme le rapporte les textes de cette époque.



Couronnement de Moctezuma,
Duran, 2002, pl. 37
Disponible le 30 avril 2009 sur http://www.columbia.edu/itc/spanish/moctezuma.jpg


Cet argument n'est pas neuf en soi. Graulich, dans sa biographie sobrement intitulée Montezuma et publiée chez Fayard en 1994, explique comment malgré le mythe du retour de Quetzalcoatl ou l'assimilation des Espagnols aux Aztèques arrivant dans la région, il a cherché à résister à l'occupant et espérait sauvegarder l'essentiel en partageant le pouvoir avec Cortés. Moctezuma a été intrônisé tlatloani en 1502. Fils d'Axayacatl et neveu d'Ahuizotl, il a conduit l'empire aztèque à son apogée et à son extension géographique maximale.


Moctezuma et Itzquauhtzin,
Codex de Florence

disponible le 30 avril 2009 sur Wikipedia

Références bibliographiques :
Duran, Fray Diego. 2002. Historia de las Indias de Nueva España. coll. Cien de Mexico, 2 vols. CONACULTA, Mexico.
Graulich, Michel. 1994. Moctezuma, Fayard, Paris.
Sahagun, Fray Bernadino de.1950-1981. Florentine Codex. General History of the things of New Spain. Texte établi, traduit et annoté par Charles E. Dibble et Arthur J.O. Anderson, The School of Amerivan Research and the Univ. of Utah, Santa Fe.
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mardi 28 avril 2009

Alerte à la grippe au Mexique I

Ce post ne sera pas long : d'autres sites et pages spécialisées actualisent régulièrement l'évolution de grippe porcine au Mexique et dans le monde. En ce qui concerne l'archéologie, l'INAH informe que l'accès aux 117 musées sous son autorité resteront fermés jusqu'au 6 mai prochain. En revanche, aucune information n'a été transmise en ce qui concerne les zones archéologiques... On recommandera quand même le port de masques et le nettoyage régulièrement des mains comme mesures basiques.

Nous vous renvoyons au site du consulat général de France à Mexico ou à celui de l'ambassade de France.
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lundi 27 avril 2009

Esplandor teotihuacano

La pression permanente des médias, de certaines autorités scientifiques nationales et internationales, voir même des simples touristes en visite aura-t-elle raison du directeur de l'INAH ?

En tout cas, elle aura fait démissionner Laura Pescador Canton, directrice de la Coordination National d'Archéologie de l'INAH. Elle avait donné son autorisation à la réalisation du Projet "Spendeur teotihuacaine". Le quotidien marxiste La Jornada préfère mettre en avant les manifestations répétées des syndicats de travailleurs de l'INAH comme raison à cette démission. Les mêmes syndicats continuent de demander celle de Roberto Garcia Moll, directeur du projet Tula et président du Conseil National d'Archéologie, pour "avoir avalisé et permis le dommage physique" fait aux pyramides.

C'est Salvador Guilliem Arroyo, directeur du projet Tlatelolco, qui prendra sa relève à partir du 1er mai. Ce dernier préfère garder sa position sur le projet mais a annoncé que "ce qui comptait par dessus tout, c'est le patrimoine national".

Le directeur de la vénérable institution, Alfonso de Maria y Campos, fait depuis février l'objet d'une plainte déposée par des travailleurs de l'INAH et l'archéologue Sergio Gomez Chavez, pour dommages au patrimoine national.


Angel de Maria y Campos

Bien évidemment, il n'en est fait aucune mention sur le site officiel de l'INAH qui, depuis le début de cette affaire, n'intervient qu'au compte-goutte sur ce dossier épineux.
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dimanche 26 avril 2009

Décès de Felipe Solis

Les principaux quotidiens en ligne du Mexique font état du décès de Felipe Solis, directeur du prestigieux Musée d'Anthropologie de Mexico. Il a décédé jeudi d'un arrêt cardiaque, lui même provoqué par une pneumonie fulgurante (à l'instar du comédien Guillaume Depardieu l'année passée). Felipe Solis souffrait de diabète chronique. Pour la polémique, certains mal-informés paniqués ont laissé entendre que F. Solis avait succombé à la grippe porcine qui sévit actuellement à Mexico.
Il avait débuté comme chercheur à l'INAH en 1972, participé au sauvetage de l'aqueduc de Chapultepec en 1975, découvert aux côtés de E. Matos Moctezuma la grande pierre de Coyolxauhqui en 1978
.


Vidéo retrouvée le 29 mai 2009 sur Youtube.

Il dirigeait le MNA depuis 2000 et dirigeait la salle Mexica depuis la même année. Avant son décès, il réglait les détails de l'exposition Teotihuacan, cité des dieux qui sera envoyée en Europe à partir de cet automne. Car une des marques de fabrique de Felipe Solis aura été l'organisation d'expositions montées en collaboration avec les plus grands musées mondiaux à Paris, Chicago, Londres, Tokyo, Turin... Retenons l'exposition Aztecs organisée à la Royal Academy of Arts en 2003, celle sur les mêmes aztèques à Chicago actuellement ou même cette autre exposition réalisée à Bonn en 1984 sur ce même peuple, enfin El imperio Azteca vue à Bilbao en 2004 et 2005. Les expositions The Aztec World au Field Museum de Chicago et celle sur Moctezuma à Londres qui sont visibles actuellement, ont bénéficié de son savoir-faire en la matière.

Il est mort à l'âge de 65 ans. Son corps a été veillé au MNA le vendredi 25 notamment par le directeur de l'INAH.

Don Felipe Solis Olguin, que en paz descanse.

Crédit photo : Quotidien en ligne El Universal, retrouvé le 26 avril 2009 ; http://www.eluniversal.com.mx/img/2009/04/Cul/foto_felipesolis230409.jpg

Pour trouver une bibliographie significative concernant les travaux de Felipe Solis Olguin, je vous renvoie à cet article écrit par Michael Smith, professeur à l'Université d'Arizona. Attention, cette bibliographie n'est pas complète comme le dit lui-même l'auteur dans un commentaire.
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mercredi 22 avril 2009

Bientôt dans vos bibliothèques numériques

L'INAH annonce avoir donné son accord pour la numérisation de plusieurs codex préhispaniques et coloniaux conservés sur le territoire pour alimenter le projet -WDL- ou Bibliothèque Mondial Digitale, patronné par l'UNESCO. Ce projet, né il y a quelques années avec l'idée de permettre à tout un chacun à accéder au patrimoine culturel de l'humanité, est un site dans plusieurs langues, notamment en français et en espagnol, créé par des employés de la Bibliothèque du Congrès, à Washington.



La numérisation se fera en très haute résolution et sera accompagnée d'informations sur leur origine et leur contenu respectifs. Les codex Colombino, Huamantla, Chavero, Sigüenza et la Matricula de tributos seront donc prochainement disponibles sur le site de la BMD. Espérons que l'INAH ajoutera au fur et à mesure de nouveaux documents qui sont utiles aux étudiants-chercheurs et qui n'ont pas toujours les moyens de s'acheter un fac-simile du FCE.

Gageons que le projet de Bibliothèque Digitale de l'Union Européenne ne restera pas les bras croisés...
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lundi 13 avril 2009

Arqueologia Mexicana Hors-série 30 partie 1

Un mois après la sortie du numéro 96 de la revue bimestrielle, l'éditeur Raices et l'INAH propose au public un numéro hors-série au titre ambitieux : La religión mexica : catálogo de dioses.



Résumer en un peu plus de quatre-vingt-dix pages ce qui constitue la pierre angulaire de la civilisation mexica est tout sauf une gageure. C'est Rafael Tena, titulaire d'une maîtrise à l'Universidad Iberoamericana et chercheur à la Direction d'Ethnohistoire à l'INAH, qui s'est vue remettre la responsabilité de cette lourde tâche.
A priori, le thème semble répétitif et rabâché. Par le passé, plusieurs Arqueologia Mexicana ont été publiés en se rapportant plus ou moins directement à la religion des Mexicas comme les numéros 1, 15, 31, 63, 67, 89. Le numéro 91, intitulé justement "La religión mexica" et rédigé par les meilleurs spécialistes internationaux en anthropologie, semblait enfin boucler la boucle, en résumant les dernières avancées en matière de recherches pluridisciplinaires. A l'époque nous vous avions proposé un long article sur le sujet.

Dès lors, publier un numéro hors-série sur le panthéon pourrait sembler contre-productif, voir redondant. Or Rafael Tena surprend le lectorat par l'ambition de son projet : "nous ne voulons pas que notre texte serve uniquement d'oeuvre à consulter, mais plutôt qu'elle constitue un stimulus pour approfondir la recherche de données et essayer de formuler de nouvelles interprétations et synthèses" (p. 6). Après expliqué dans une longue introduction les notions de "religion" et d' "anthropologie" afin de délimiter volontaire son cadre d'étude, Tena propose de rapprocher son approche scientifique de la religion mexica en la reliant aux sphères du mythe, de la magie, de la médecine, des "sciences" et des arts qu'il définit là aussi de manière précise mais sans jamais faire de références externes (p. 8-10). C'est d'ailleurs un des principaux reproches qu'on puisse faire à ce chercheur : proposer des définitions, faire des raisonnements qui ne sont accompagnés d'aucune référence bibliographique. Car on doute que Neta ait trouvé tout tout seul. J'imagine que c'est un choix délibéré de l'éditeur afin d'éviter l'ennui du lecteur et la longueur de l'avant-propos. Néanmoins, tant d'énergie déployée pour en arriver au truisme "la religion peut être mise en relation de n'importe quelle manière avec tous les domaines de la vie et de la connaissance humaine" (p. 10), "c'est un peu court, jeune homme" comme dirait Cyrano de Bergerac.

Dans un deuxième temps, Neta explique la méthodologie employée en quatre temps : comprendre que la religion mexica n'est pas figée mais changeante et adaptable aux circonstances. Cet aspect rappelle combien en effet les Mexicas intégraient les divinités d'autres peuples à leur panthéon, à l'instar de ce que faisaient les anciens Latins avec les divinités méditerranéennes. Pour autant il ne faut pas perdre de vue que la religion mexica, à l'instar d'une grande majorité des religions mésoaméricaines, repose sur un substrat commun. C'est que Seler a appelé la "continuité culturelle". et qui constitue un des fondements de l'histoire des religions de Mésoamérique (cf. Lopez Austin, Graulich, Olivier, Gonzalez Torres...). C'est ce que fait d'ailleurs remarquer Neta dans son deuxième axe méthodologique. Puis il décide de ne pas prendre en compte les différences internes à la société mexica, estimant que les croyances étaient différentes selon qu'on était de la noblese ou du commun. Selon lui, les conceptions véhiculées par la noblesse et le clergé constituaient la religion mexica officielle. Elles sont aussi les plus accessibles au regard des informations véhiculées au moment de la Conquête ou au début de l'époque coloniale.

Le troisième point de l'introduction de Neta rappelle le synchrétisme dont étaient capables les Mexicas. Il développe rapidement l'origine du couple primordial et les 4 premiers dieux. Malheureusement aucune donnée (texte ou codex) n'est utilisée. Suit une réflexion sur la nature des dieux selon les indigènes préhispaniques, en particulier sur leurs "chasses gardées" naturelles et humaines. Neta revient en particulier sur la nature particulière, double du couple promordiale avant de rappeler que le panthéon mexica contient 144 noms correspondant à des dieux distincts ou à des invocations des mêmes dieux. Il met en avant trois critères pour faciliter leur identification : leurs fonctions, leur fréquence dans le culte officiel et la présence d'un lieu de culte dans l'enceinte du Templo Mayor. Neta revisite ensuite la création du monde, du soleil et de la lune, la création du temps et donc l'instauration des calendriers solaires (xiuhpohualli) et vénusiens (tonalpohualli) . Il fait la liste des vingt treizaines de ce dernier, puis celle des treize dieux associés aux jours du tonalpohualli, et les neufs appelés seigneurs de la nuit d'après ce que rapporte le Codex Tudela. A ce titre, il est intéressant de voir comment Neta rapporte l'hypothèse de Köhler d'une identification plus logique des vingt-deux divinités avec un des vingt-deux niveaux de l'inframonde ou des cieux.

Afin de vous laisser digérer ce compte-rendu tout aussi indigeste que le travail malgré tout intéresssant de Neta, nous vous donnons rendez-vous dans un prochain article dans les prochains jours.
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vendredi 10 avril 2009

Muyil ou l'INAH devient office de tourisme

Quand l'INAH devient un guide touristique pour conseiller les meilleurs sites archéologiques, cela donne cette brêve disponible sur son site. C'est affligeant de voir à quel niveau cette institution si prestigieuse par le passé se rabaisse. A côté l'INRAP française ferait presque pâle figure quand on prend les objectifs de fouilles, de sauvegarde et de restauration du patrimoine mexicain dont est chargé l'INAH.

J'ai eu l'impression de lire Lonely Planet ou le Petit futé en parcourant les deux premiers paragraphes de cet article consacré au site archéologique :

"Peu sont les sites préhispaniques du Mexique où, en plus d'admirer ses anciens temples, on peut également profiter d'un environnement naturel singulier, où se combinent l'exubérante végétation et le bleu turquoise de la mer des Caraïbes. C'est le cas de la Zone archéologique de Muyil, ancienne ville maya située seulement à 20 minutes de Tulum et à une heure et demie de Cancun.
Il s'agit d'un des 20 sites archéologiques les plus importants par sa taille et sa quantité de vestiges architecturaux, présents à l'intérieur de la réserve de la biosphère de Sian Ka'an, dans l'état du Quintana Roo. En fin de compte, il convient de le le visiter pendant les vacances de Semaine Sainte..."

C'est d'un tel mauvais goût que ça en donne envie de vomir. Surtout quand on imagine le nombre de touristes de base qui vont visiter le site de l'INAH pour trouver ce genre d'informations...

Estimado señor director del INAH, basta de tonterias! Desde cuando el INAH es una sub-dependencia de la Secretaria federal de Turismo? El INAH siempre ha sido una entidad reconocida al nivel internacional por su extenso trabajo de excavaciones, restauraciones del patrimonio mexicano antiguo! No digo que las cosas han sido siempre perfectas pero se me hace que desde su nombramiento, cada vez mas, el nombre INAH es el eco de rentabilidad, turismo de masa descontralado, promocion turistica. Es tiempo que el INAH recupere su papel y sus objetivos originales...

Bon je m'arrête là pour mes remarques aigres et acerbes parce qu'il y a vraiment quelque chose de pourri à la direction, Calle Liverpool ou Cordoba...

Revenons-en à nos moutons et parlons un peu de ce site dont je n'avais pas encore entendu parler. Tout d'abord je vous laisse une petite photo du Castillo. Cette photo est proposée par l'INAH sur son site, à la date du 9 avril 2009. On notera d'ailleurs l'absence du nom du photographe.

Muyil est un site qui a connu son acmée au Postclassique (1250-1521). Le petit guide "concocté" par l'INAH met en valeur la pyramide double 7H3 qui nous renvoie à celles visibles à Tlatelolco, Tenochtitlan ou encore Tenayuca sur le haut plateau central du Mexique. Le site existe depuis le Classique moyen comme en témoignent certains fragments de peinture où on retrouve des pigments rouges, noirs et bleu maya.

Le Castillo représenté ci-dessus en photo mesure 17 m de haut et, selon les autorités du centre INAH du Quitana Roo, il aurait symbolisé l'arbre ceibal si important dans la conception de l'univers. Même si en fait les archéologues n'ont aucune idée précise de son utilisation et donc de son symbolisme. Cet édifice possède deux autels. Au pied de l'un d'entre eux, on a retrouvé en 2002 une offrande faite de fragments de jade et de coquillages.

L'archéologue Trejo, interrogée sur ce site, explique ensuite la fonction possible du Temple 8. Il se présente comme un édifice à base pyramidale, long de 20 mètres et large de 15 mètres. Il avait deux accès seulement, ce qui sous-entend que son entrée était certainement restreinte au clergé. Le bâtiment est d'ailleurs dans le plus pur style Côte Orientale, c'est-à-dire avec toit à voûte, accès formé par des colonnes ou des piliers et parfois un lieu de prière à l'intérieur. Le développement de la ville s'est fait par les connexions avec la côte caraïbe. Deux lagunes permettaient un acheminement rapide des biens et des hommes.

La description de ce site se fait en rappelant que le visiteur peut d'ailleurs faire un petit tour en barque sur la lagune. Au passage, on indique les horaires et les tarifs... Histoire de rappeler que l'INAH n'est plus tout à fait ce qu'il était...

Références :
Witschey, Walter R. T.
1989. Architectural seriation of the preHispanic structures at Muyil, Quintana Roo, Mexico. M.A. Diss, Tulane University. Disponble sur le site : http://disexpress.umi.com/

1993. The Archaeology of Muyil, Quintana Roo, Mexico : a Maya Site on the East Coast of the Yucatan Peninsula (Ceramic Sequence). Ph Diss, Tulane University. Disponible sur le site : http://disexpress.umi.com/

2000-2008. http://muyil.smv.org/index.htm


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mardi 7 avril 2009

Dans le tourbillon de Pantitlan

Sur la liste d'Aztlan, Kim Goldsmith, archéologue américaine pour l'INAH travaillant à Teotihuacan , posait la question des références coloniales quant au thème des tourbillons sur la grande lagune de Mexico-Tenochtitlan et disait imaginer un trésor caché des Aztèques à l'emplacement du grand tourbillon de Pantitlan. Expliquons un peu ce qu'elle entend par tout cela.

Tout d'abord, il faut faire appel aux différentes sources coloniales. Commençons avec Sahagun et ses informateurs. Dans l'Historia general de las cosas de Nueva España, on apprend que, lors de la première vingtaine d'Atlcahualo (Arrêt des eaux, c'est-à-dire le début de la saison sèche), on faisait une grande fête pour les dieux de l'eau ou de la pluie appelés Tlaloques.

On achetait des petits enfants pas encore sevrés à leur mère, après avoir vérifié que leur implantation capillaire comptait avec deux "tourbillons" sur la tête. La date de naissance, si importante, devait être faste. On emmenait les enfants sur les monts alentours où on avait fait voeu d'offrandes afin de leur retirer le coeur. D'autres étaient emmenés dans d'autres endroits de la lagune. Sahagun cite notamment Tepetzinco et Tepepulco comme montagnes et mentionne le tourbillon de Pantitlan. Les victimes étaient ornées d'epnepanuihqui, un ornement croisé de coquillages, typique du Tlalocan.
Pantitlan, in Florentine Codex, I, ill. 33
Image retrouvée le 7/04/2009 sur http://sites.estvideo.net/malinal/nahuatl.page.html ,
s.v. "pantitlan"

Motolinia reprend l'information de Sahagun selon laquelle les victimes à Tlaloc étaient un garçonnet et une fillette de trois ou quatre ans mais enfants de seigneurs. Tezozomoc confirme ce sacrifice en rapportant les mises à morts d'enfants de seigneurs, effectuées après l'inondation de Tenochtitlan provoquée par la rupture de l'aqueduc d'Ahuizotl. Ce dernier fut lui-même une des très nombreuses victimes de la catastrophe, même si ce fut de manière indirecte.
Les Anales de Tlatelolco (p. 34, paragraphe 125) et la Leyenda de los Soles (1975 : p. 126) rapportent comment le chef des Mexicas alors non sédentarisés, Tozcuecuex, dût sacrifier sa propre fille Quetzalxochitizin dans le tourbillon de Pantitlan pour en finir avec la famine qui les frappait.
Selon la corrélation effectuée par Graulich (p.116), cette quinzaine était originellement placée entre le 19 et 29 septembre avant de se décaler entre le 13 février et le 4 mars au moment de la conquête espagnol.

Il est intéressant de voir comment le tourbillon de Pantitlan a pris une connotation historico-mythique au delà de son utilité religieuse et rituelle. Graulich (2005: 208) explique que le sacrifice d'enfants n'est pas une tradition aztèque. Ce rituel avait cours à Teotihuacan au début du Classique. Nous avons précédemment expliqué qu'on pouvait "réquisitionner" les enfants afin de les sacrifier. Duran apporte une nuance de taille : les parents pouvaient vendre leur progéniture, lorsqu'elle avait un comportement inadéquat. Apparemment chez les Pipils du Guatemala, cette règle avait également cours (Carta del Licenciado Palacios). Les Nicaraos, tribu de langue nahua qui vivait sur le territoire de l'actuel Nicaragua, pratiquait le sacrifice d'enfants pour attirer la pluie. Car n'oublions pas le caractère propitiatoire de ces sacrifices. Ils avaient lieu lors de fêtes régulières ou lorsque les circonstances météorologiques, en l'occurence la sécheresse, l'exigeaient. D'autres indices font penser que les enfants sacrifiés étaient destinés à Quetzalcoatl ou à Tezcatlipoca.

Mais comment expliquer les sacrifices effectuées au tourbillon de Pantitlan? D'après ce que rapporte Duran (op. cit., p. ), on croyait le tourbillon en connexion directe avec le monde souterrain de Tlaloc puisque les eaux montantes en surgissaient pendant la saison des pluies. Graulich établit un parallèle entre ce "trou dans le lagune" et celui, mythique et rapporté par Tezozomoc, présent sur le terrain de jeu de balle construit par les Mexicas à leur arrivée sur le Coatepec. Le sacrifice des enfants à Pantitlan ne fait que rappeler un rituel plus communément répandu et basée sur la croyance selon laquelle les nourissons mort-nés allaient servir le dieu Tlaloc dans son royaume de l'inframonde où ils y connaissaient les délices et ignoraient sous les souffrances. Pour être plus précis, Sahagun parle du Chichihuacauhco, "Lieu de l'Arbre nourricier" où les enfants morts en bas âge pouvaient boire le lait de l'arbre nourricier.

Références bibliographiques :
H. Berlin et R. Barlow (éds.). 1948. Anales de Tlatelolco. Unos annales históricos de la nación mexicana y Codice Tlatelolco, Robredo, Mexico.
Carta del Licenciado Palacios. 1982. Relaciones geograficas de Guatemala del siglo XVI : Guatemala. René Acuña, UNAM, Mexico.
Codex Chimalpopoca. Anales de Cuauhtitlan et Leyenda de los soles. 1975. Feliciano Velazquez (éd.), UNAM, p. 119-128.
Duran, Diego de. 2002. Historia de las Indias de Nueva España e islas de la Tierra Firme. Coll. Cien de México, Conaculta, Mexico.
Graulich, Michel. 2005. Le sacrifice humain chez les Aztèques. Fayard, Paris.
Leyenda de los soles, cf. Codex Chimalpopoca, 1975.
Sahagún, Bernardino de. 19 . Historia general de las cosas de Nueva España. Coll. Cien de México, CONACULTA, Mexico.
Tezozomoc, Alvarado de. 1998 . Cronica Mexicayotl. UNAM, Mexico, p. 81.
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lundi 6 avril 2009

Ouverture d'un chantier de fouilles au Quintana Roo

En 1995, Luz Evelia Campaña et Javier López Camach, archéologues rattachés au Centre INAH du Quintana Roo, avaient exploré et cartographié une cité maya cachée sous la jungle sur une surface de 30 km2. Ils l'avaient baptisée alors Ichkabal. Malheureusement ils n'avaient pas pu réunir les crédits suffisants auprès de l'INAH pour commencer les fouilles. N'oublions que la loi mexicaine oblige en effet que tout édifice fouillé doit être restauré.

Les fouilles de surface avaient permis toutefois d'établir une datation aux alentours de 250 avant Jésus-Christ, soit le préclassique. La cité était composée de plusieurs grands édifices dont l'un d'entre eux mesurait 200 mètres de long pour 46 mètres de haut !!! A titre de comparaison, la pyramide du soleil à Teotihuacan mesure 220 mètres de côté pour 75 mètres de haut... Pour la directrice du centre INAH au Quintana Roo, Adriana Velazquez Morlet, Ichkabal fut certainement un centre de pouvoir important.

Après environ 15 ans d'oubli, Ichkabal sera finalement fouillé mais sera pas accessible immédiatement au public mais elle montre bien tout ce qu'il reste à fouiller et à découvrir dans la zone maya. L'INAH prévoit une ouverture au public d'ici à 2 ans. Ses fouilles ne sont pas totalement innocente. Elles répondent aux besoins de l'INAH d'agrandir une route culturelle pour les touristes en résidence à Cancun ou Tulum. Elle comprendra les sites de Bacalar, Ichkabal, Dzibanché, Kinichná, Kohunlich et Chakanbakán. Adriana Velazquez Morlet a justifié aussi l'élaboration de cette route culturelle pour aider les populations locales.

Nous vous tiendrons bien évidemment au courant de l'évolution des fouilles. Vous pouvez cliquer sur le titre de ce post pour retrouver un article en espagnol publié sur le site internet du quotidien mexicain La Jornada.
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samedi 4 avril 2009

Les légendes mixtèques exposées au Musée National d’Anthropologie

Photo: Inah
Aujourd’hui la Jornada et le site de l'INAH ont annoncé l’inauguration d’une exposition qui aura lieu dans le vestibule de la Salle Ethnographique « Peuples indiens du sud » du Musée National d’Anthropologie de Mexico.
“Aves,conejos y palmas. Saber mixteco actual” expose dix histoires créatives de magies, légendes et mythes mixtèques modelés sur les toiles de Chuck Taylor ainsi que sur des tasses, terrines et madriers. Pendant l’inauguration de l’exposition, qui durera 60 jours, Alfonso Maria y Campos, directeur de l’Institut National d’Anthropologie et Histoire, a souligné qu’on essaie de transformer l’Inah dans un espace plus ouvert et éclectique, afin de pouvoir développer plusieurs et différentes activités.
Le but de cette exposition est celui de montrer la continuité de l'imaginaire collectif des habitants de Pinotepa de Don Luis, Oaxaca, qui relèvent la zoologie mythique de leurs légendes à travers l'incision et la décorations de tasses, terrines etc. En outre, avec cette expo on cherche à « générer valeur, authenticité, développement soutenable et emploi » pour le groupe ethnique mixtèque, ainsi que permettre le rachat de sa culture et de ses traditions à travers l’incorporation dans le monde contemporain, notamment, dans ce cas, à travers l’art.
Les œuvres d’art visibles dans l’exposition permettent d’interpréter les racines des ancêtres préhispaniques à travers les mythes et les légendes, transmis d’une génération à l’autre. Tout cela est représenté sur plusieurs différents matériaux, comme terrines, papiers et toiles.
Ce qu’on essaie de souligner, avec cette exposition, est la possibilité de créer un dialogue entre tout ce qui est ancien, traditionnel et régional et ce qui est nouveau, moderne et national.
Malgré les effets de la globalisation, l’art mixtèque se modèle entre les mains de ses excellents artisans afin de nous dévoiler la richesse de son passé.

D'autre part, il convient de rappeler l'inauguration de l'exposition Teotihuacan, cité des dieux, préalablement présentée à Monterrey, et qui sera envoyée dans différentes villes d'Europe à l'automne 2009.
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