dimanche 31 mai 2009

Une petite visite du Musée National d'Anthropologie, Mexico (2ème partie)

Remis de vos émotions ? Car il convient de boucler notre petite visite virtuel du MNA. Nous en étions restés à la fameuse salle "Mexica", encore dirigée il y a peu par feu-Felipe Solis. Notre parcours nous emmène vers la salle "Culturas de Oaxaca". Cet état a été occupé de longue date mais les Zapotèques (peuple des nuages) l'ont considérablement marqué de leur empreinte dans des sites comme Monte Alban (dès le Préclassique), Lambityeco ou encore San José Mogote. Plus récemment, les Mixtèques dont le territoire était réparti sur les états voisins de Puebla et du Morelos nous ont légués un patrimoine précieux.



La salle "Cultures de la Côte du Golfe" nous montre toute la diversité culturelle présente à travers les états de Tamaulipas, du Véracruz et du Tabasco. Nahuas, Otomies, Huastèques, Totonaques, Popolacas, Zoques ont ainsi créé une zone d'influences interculturelles très importantes mais héritées d'une tradition mésoaméricaine héritée probablement des Olmèques. On y trouve des pièces venu de Castillo de Teayo, d'El Tajin, de Las Higueras, La Venta. A l'extérieur, on peut voir une reconstitution du monument reproduisant Mictlantecuhtli à échelle humaine et faite de céramique crue.



L'autre salle importante du musée est la salle "Maya". Complètement refaite et réinauguré en 2003. On y découvre là aussi une culture millénaire, aux parlers multiples Car il convient de dire qu'il n'y a pas eu un peuple mais des peuples mayas. Pour eux, l'art est une manifestation mythique et religieuse importante comme en témoigne les reconstitutions des peintures murales de Bonampak, ou des ruines de la zone Puuc, les statuettes en céramique de l'île de Jaina, le palais de Hoch'ob...



Je n'oublie pas la reconsitution de la tombe du souverain palencain Pakal et son fameux masque de jade récemment restauré.



La salle "Cultures de l'occident", on peut découvrir des objets issues de traditions et d'époques très distinctes : il faut retenir notamment les cultures Chupicuaro, Aztatlan, Tarasque, Mezcala et Capacha réparties alors sur les états du Michoacan, du Nayarit, du Guerrero, du Guanajuato, du Jalisco et du Colima.



La salle "Cultures du Nord" correspond à l'espace le plus vaste du pays, s'étirant entre la Basse-Californie d'un côté et les états du Nuevo Leon et du Tamaulipas à l'ouest. Les cultures y étaient principalement nomades même si des exemples de sédentarisation à La Quemada ou Paquimé existaient. On peut néanmoins apprécier l'artisanat de ces populations ou même leurs peintures ruspestres ou les pétroglyphes qu'ils ont laissé sur la roche.



Généralement le visiteur commun s'arrête après avoir parcouru la partie basse du MNA et délaisse à tort la partie "Ethnographie" située au premier étage. Ici il s'agit d'avoir un regard différent sur les populations indigènes qui continuent de vivre à travers tout le pays, que ce soit les Tarahumaras, redécouverts par le français Antonin Artaud, que les Mayas Lacandons.



Le site de l'INAH met à disposition des touristes une visite virtuelle du MNA.
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Une petite visite du Musée National d'Anthropologie, Mexico (1ère partie)

Le Musée National d'Anthropologie de Mexico (MNA) constitue une visite obligée pour tout curieux d'art précolombien. Inauguré le 17 septembre 1964, le MNA est l'oeuvre de l'architecte mexicain Pedro Ramirez Vazquez. Il comprend une partie couverte de 44000 m2 et une autre à l'air libre de 35000 m2. Le parcours se fait dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. L'entrée coûte actuellement 51 pesos soit un peu moins de 3 €.
Voici une première video, disponible sur Youtube et présentant le vestibule et la cour centrale du musée.



Au rez-de-chaussée, on peut découvrir copies et oeuvres originales des cultures préhispaniques dans 11 salles. Une autre sert pour les expositions temporaires. Une première salle appelée "Anthropologie" fait le point sur les différents processus d'hominization (en référence à l'évolution physique de l'être humain) et d'humanisation (développement de techniques et d'outils). Puis dans la salle "Peuplement des Amériques", l'hypothèse d'un peuplement par de groupes d'hommes venus d'Asie par le détroit de Behring est clairement expliqué. En voici une vidéo.



Vient ensuite la salle "Préclassique sur l'Altiplano Central". Dans cette salle, on découvrira notamment les figurines Tlatilco et le concept basique des cultures mésoaméricaines qu'est la dualité.



La salle Teotihuacan est sans conteste la plus spectaculaire du MNA, avec la reconstitution de la Pyramide du Serpent à plumes, celle d'un patio teotihuacain, la présence d'une peinture murale originale de Techinantitla. On découvre ainsi le poids politique, militaire et religieux qu'avait la ville, non seulement sur le Bassin central, mais aussi sur une bonne partie de la Mésoamérique. L'exposition temporaire visible actuellement au musée est à ce titre particulièrement significative de cet aspect de Teotihuacan.



On arrive ensuite à la salle "Les Toltèques et leur époque". A la chute de Teotihuacan, de nouvelles cités se développent rapidement au cours d'une époque appelé Epiclassique. Car si la majeure des pièces présentées sont originaires de Tula, on peut voir des reconstitutions des peintures murales de Cacaxtla, de la pyramide des serpents à plumes de Xochicalco, et des références à Cholula, à Xochitecatl et Teotenango.



Le visiteur passera ensuite par la salle "Mexica" qui regroupent des sculptures, des objets (en céramique, en or, en plumes) qui expliquent de manière extensive les mythes, la vie quotidienne et politico-religieuses du peuple qui dominait une grande partie du territoire mexicain actuel à l'arrivée des Espagnols dirigés par Cortés.



Afin de ne pas être trop indigeste, nous terminerons cette petite visite vidéo prochainement.

Références internet :


N'hésitez pas à nous envoyer vos liens sur le Musée National d'Anthropologie de Mexico par le biais des commentaires ou par courriel. Nous serons ravis de les ajouter en vous citant.

Enviennos sus weblinks sobre el Museo Nacional de Antropología de México por medio de los comentarios o por email. Nos encantara agregarlos citandoles.

Send us your weblinks about the National Museum of Anthropology of Mexico City by the comentaries or by email. We'll be happy to add them quoting you.

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vendredi 29 mai 2009

Une vidéo de Cacaxtla

L'INAH ayant un compte sur Youtube, elle y poste parfois certaines vidéos qui présentent rapidement certaines zones archéologiques. Aujourd'hui, je vous propose de visionner celle concernant Cacaxtla, l'acropole des plus belles peintures murales mexicaines. Pour information, le commentaire est en espagnol sans sous-titres. C'est donc l'occasion de pratiquer la langue d'Octavio Paz...




Je vous propose de faire ensuite une petite interrogation écrite pour voir si vos connaissances sont bonnes.

  1. Où est situé Cacaxtla ?
  2. A quel moment Cacaxtla a connu son apogée ?
  3. Quel type de manifestation artistique est typique de Cacaxtla ?
  4. Citez deux édifices importants de Cacaxtla ?
  5. D'où vient le nom Cacaxtla ?
Envoyez vos réponses à l'adresse de courrier électronique du blog : mexiqueancien@gmail.com

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Exposition Teotihuacan Ciudad de los Dioses (Partie 4)

Après avoir vu ce que donnait l'exposition à Monterrey dans plusieurs notes à la fin de l'année 2008, je vous renvoie au site internet de l'INAH qui a mis les petits plats dans les grands pour attirer le visiteur à l'exposition Teotihuacan, Ciudad de los Dioses, avant sa grand tournée mondiale qui débutera en France à partir de septembre 2009.
Vous trouverez sur ce site dédié une présentation des pyramides du Soleil, de la Lune et du Serpent à plumes, les différents axes thématiques de l'exposition, le contenu de chaque salle, des photos et des vidéos pour préparer tranquillement votre visite au Musée national d'Anthropologie de Mexico.

Tout d'abord, voici le spot publicitaire disponible sur le site de l'exposition :



On peut voir également voir une vidéo plus parlante sur le site du quotidien El universal.



Certaines vidéos se concentrent sur des thèmes de l'exposition comme la guerre.



Sans oublier les masques teotihuacains, au style bien particulier.



Ou encore le thème de la vie, très représenté dans l'art teotihuacain.



Voilà donc de quoi attendre pour les impatients. Pensez également à revoir les notes que nous avons préparées.
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Nouvelles découvertes à Tula, Hidalgo

Alors que les campagnes se succèdent sur le site toltèque de Tula, Hidalgo, une équipe d'archéologues dirigée par Luis Miguel Gamboa, a réalisée des fouilles de sauvetage préparatoire à la construction d'un réseau d'acheminement d'eau potable.


Ossements et offrandes, Tula, Hidalgo.
Crédit photo : INAH. Retrouvée le 28 mai 2009.

Le communiqué de presse de l'INAH, repris par le quotidien en ligne El Universal, fait état de la découverte d'ossements à environ sept cents mètres de la zone archéologique de Tula. D'ailleurs à cinquante mètres, les archéologues avaient découvert une autre fosse qui contenait les restes de vingt-quatre enfants en 2007. L'ensemble a été retrouvé à un mètre de profondeur.

Cette fois, il s'agit des ossements de deux adultes accompagnés d'un mobilier funéraire constitué de sept vases en céramiques, de moules et de polisseurs, d'un collier de coquillages, de fragments de bol, de pilons, des tessons de céramique brûlée ou tordue. Les squelettes ont été retrouvés en position foetale, la tête orientée à l'est, à l'instar de bon nombre d'enterrements du Postclassique ancien, comme nous l'avons vu récemment à Cholula. L'est est le lieu de l'origine, la direction où apparaît le soleil.
Gamboa estime que la proximité des autres découvertes pourrait appuyer l'hypothèse d'un quartier d'artisans-céramistes, à l'instar de ce qui existait à Teotihuacan.

Un anthropologue médico-légal a étudié les crânes des individus et a relevé quatre orifices. Avec la découverte de 2007, ce sont désormais huit individus qui auraient subi ensuite une trépanation, notamment utilisée pour enlever des caillots de sang ou soulager des céphalées trop fortes. Néanmoins, Gamboa estime que des études complémentaires seront nécessaires pour déterminer s'il s'agit d'une pratique médicale ou culturelle. Il faudra en effet déterminer si l'opération était effectuée par la friction d'un poinçon coupant en obsidienne, comme le faisaient les Mayas auparavant. Une petite céramique de style maya présente au Musée Acosta permettrait d'étayer cette hypothèse.


Vasa de l'arbre de la vie, Style maya,
Datation inconnue, Museo Acosta, Tula, Hidalgo.
Photo prise le 30 septembre 2007 par B. Lobjois.

PS : salutations à notre lecteur régulier d'Anses Darlet en Martinique...

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jeudi 28 mai 2009

Découverte d'une cache à Moral-Reforma, Balancan, Tabasco

Le quotidien Milenio reprend une information de l'agence de presse Notimex datée du 22 mai dernier. On y apprend ainsi qu'une équipe d'archéologues et de fouilleurs dirigées par Francisco Cuevas a fait une jolie découverte. Situé à proximité de la frontière avec le Guatemala et l'état du Campeche, la municipalité de Balancan a un site en fouille le long du fleuve Saint Pierre le Martyre.
Moral-Reforma semble avoir été un poste commercial sous protection de Palenque jusqu'en 650 après Jésus Christ. C'est dans l'édifice 14 de ce site que l'équipe de Cuevas a localisé une cache dans laquelle reposait une sculpture pour le moins étrange. Cette structure mesure 27 mètres de haut et repose sur une plateforme possédant les dimensions suivantes : 50 mètres sur 70 mètres.



Photo : Elias Nazur.
Retrouvée le 25 mai 2009 sur le site http://www.tabascohoy.com.mx/nota.php?id_nota=174436


Le traitement de l'information sur internet, notamment dans les quotidiens en lignes Milenio et Tabascohoy, n'est pas clair et contient plusieurs confusions.
L'INAH apporte des précisions bien utiles dans un de ses bulletins en ligne. On apprend ainsi que les six masques étaient disposés de manière symétrique de part et d'autre de la sculpture, de la taille. Tous ont une apparence différente. Les masques sont recouverts de stuc et de pigments de couleurs bleues et verts. Les archéologues se gardent bien de faire une interprétation de ces masques, attendant qu'une découverte similaire soit faite dans le futur. Ce sont en fait deux séries de trois masques : une première comprend les masques mesurant entre 15 cm de long et 11 de large, la seconde ceux mesurant entre 25 cm de long et 19 cm de large. Les restaurateurs vont désormais fixer les pigments pour éviter toute détérioration.


Les masques retrouvés à Reforma, Tabasco
Photo : INAH, retrouvée le 27 mai 2009 sur
http://dti.inah.gob.mx/images/stories/boletines/2009/mayo_09/26_mayo/mascaras_web.jpg

La sculpture elle-même a des bracelets de stuc. La tête et les extrémités de cette dernière ont été mutilées probablement avant le dépôt. Bras et jambes sont disposés de manière à les représenter comme fracturé. Elle pèse environ 150 kilos et mesure 1 m de long pour 1 m de large. L'ensemble constituait probablement une offrande. A proximité, on a retrouvé les restes d'un brasero ayant des pigments rouges et verts.

Des fragments de projectiles et de céramiques ont été également découverts : ils seront analysés au centre INAH de Tabasco. Au total, ce sont 23 objets qui ont été inventoriés. En plus des mobiliers, l'équipe de Cuevas a restauré cinq stèles, trois édifices et un terrain de jeu de balle. L'édifice principal du site a été restauré à 50% et plusieurs autels étaient disposés sur les marches (cf. le site archaeologynews.org) .
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mercredi 27 mai 2009

L'UNESCO prépare une liste de sites astronomiques

L'INAH nous informe que l'UNESCO met au point une liste mondiale de sites astronomiques et archéoastronomiques à l'occasion de l'Année internationale de l'astronomie. Il ne s'agit pas de sites déjà placés sur la liste du Patrimoine mondial de l'humanité. Mais le Mexique est en bonne position avec les sites de Monte Alban, Oaxaca, Chichen Itza et Uxmal au Yucatan, Palenquen Chiapas etc. Ces sites déjà présents sur la dite liste se verront ajouter une qualification supplémentaire justifiant leur importance astronomique.


Pétroglyphes de Boca de Potrerillos, Nuevo Leon, Mexique.
Photo prise le 20 mars 2007 par B. Lobjois.

Un registre de sites de moindre importance a été établi mais qui ont un facteur astronomique inconstestable. Il comprend les zones archéologiques de El Cerrito, Quérétaro, Cañada de la Virgen, Guanajuato, ou encore Boca de Potrerillos, Nuevo Leon.
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mardi 26 mai 2009

Découverte à Zapopan, Jalisco

Le 14 mai dernier, le quotidien en ligne la Vanguardia reprenait un communiqué de l'INAH sur des fouilles de sauvetage effectuées avant la construction du système des eaux usées à Zapopan, Jalisco. Ce sont une dizaine d'objets en céramique de la culture dite "Tradición Tumbas del Tiro", ayant fleuri au Préclassique tardif jusqu'au Classique moyen, soit entre 100 avant et 500 après Jésus Christ. Parmi les artéfacts retrouvés, on compte des figurines anthropomorphes, des vases-effigies, des fragments d'osseux, une jarre, des fragments de metate.



Objets découverts lors des fouilles de sauvetage à Zapopan, Jalisco.
Photo retrouvée le 26 mai 2009 sur
http://tinyurl.com/yafagv8

L'archéologue Carlos Lopez Cruz a annoncé que les fouilles se poursuivraient plus longuement sur une profondeur plus importante. La culture "Tumbas del Tiro" comme son nom l'indique fait référence à un système funéraire utilisant un puits plus ou moins profond et content parfois plusieurs chambres mortuaires, dont les dimensions sont 3 m de long, sur 2,5 m de large et 1,5 m de haut, sans compter la hauteur du remplissage.

Lopez Cruz estime qu'il s'agit d'offrandes et qu'une tombe devrait être à proximité et entend prolonger les fouilles pour retrouver les ossements qui y seraient déposés. En attendant les objets ont été placés au Musée régional d'archéologie de Guadalajara.
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17 corps retrouvés à Cholula

Le quotidien El Universal reprend une information proposée sur le site internet de l'INAH. On y apprend notamment que la zone archéologique de Cholula, connue en son temps comme le principal lieu de pélerinage de Quetzalcoatl contient encore de nombreuses choses à nous montrer.


Photo EFE, retrouvée le 26 mai 2009 sur El Universal.

Dix-sept squelettes d'adultes et d'adolescents et des offrandes ont été mis au jour lors de travaux effectués dans le centre de San Juan Cholula. Ils étaient regroupés sur une superficie de 16 m2. L'ensemble a été daté du Postclassique ancien, soit entre 900 et 1000 après Jésus Christ. Les archéologues estiment qu'il s'agirait des restes d'Olmeca-Xicalanca, alors présents dans la région, si on considèrent la proximité de Cacaxtla, dans l'état voisin de Tlaxcala.

L'origine et l'ancienneté du groupe de squelettes reste à confirmer mais sa position au nord-ouest de la Grande Pyramide apportera des données archéologiques qui combleront la carence en la matière. Bien qu'étant des sites les plus anciennement fouillés au Mexique, l'information matériel des premiers chantiers à Cholula a été mal conservée, voir détruite.


Ashuni Emanuel Romero, archéologue en charge du chantier, a expliqué que les squelettes sont antérieurs à la venue des Toltecas-Chichimecas à Cholula. Ils ont été retrouvés en position foetale, orientés vers l'est, le nord-est et l'ouest, à l'instar de ce qui était pratiqué au Postclassique. Des offrandes, principalement faites en céramique, accompagnaient les ossements. Il s'agit d'objets tripodes et de vases. Des pièces de jadéite et une lame d'obsidienne complètent ces offrandes.

Après inventaire, toutes les pièces ont été transférées et gardées au musée archéologique du site de Cholula.
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lundi 25 mai 2009

El universo precolombino de Diego Rivera

Voici le titre de l’exposition qui sera visible au Museo Regional Potosino depuis samedi 23 mai et jusqu’au prochain septembre.
Le but de l’exposition est de permettre aux visiteurs de comprendre avec quel regard particulier Rivera voyait et étudiait les antiquités mexicaines qui ont si fréquemment inspiré ses oeuvres.
Formée par 167 pièces, l’exposition a été organisée par l’Instituto Nacional de Antropología e Historia (INAH-Conaculta) en coordination avec le gouvernement de San Luis Potosí ; avant de rejoindre le Museo Regional Potosino, en outre, elle avait transité par le Museo Nacional de Antropología, à l’occasion de l’hommage national rendu à l’artiste pour le 50ème anniversaire de sa mort.
Les pièces exposées font partie de la culture matérielle qui correspond aux anciennes cultures de l’Occident du Mexique localisées dans les actuels états de Colima, Nayarit, Jalisco et Michoacán, et l’exposition est une parmi les dernières qui ont été organisées par Felipe Solís, ancien directeur du Museo Nacional de Antropología récemment décédé.
Luis Pedro Gutiérrez, directeur du Museo Regional Potosino, a expliqué que le but est d’expliquer le procès créatif qui a conduit l’artiste à obtenir des éléments d’inspiration préhispanique pour ses peintures murales, en particulier en ce qui concerne la vision modelée dans le fragment connu sous le nom de « El Mercado de Tlatelolco », peinture visible au Palais National.
Distribuée sur deux étages du musée, l’exposition comprend des vaisselles, des figurines, des colliers, des représentations de chiens et une reproduction de la peinture murale du Palais National où Diego Rivera a peint les scènes les plus connues du passé préhispanique.
Il faut en outre signaler que toutes ces pièces font partie de la collection privée de l’artiste.

Pour lire l’article complet, rendez-vous sur la page de l’Inah.


Fragment du Le marché de Tlatelolco
Diego Rivera
Photo: MEDIOS/INAH
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dimanche 24 mai 2009

Le site archéologique de Paquimé après 50 ans de fouilles

Photo: La Jornada

Le site archéologique de Paquimé est situé dans l’état mexicain de Chihuahua, et il est inscrit sur la liste des sites faisant partie du Patrimoine Mondial de l’Humanité depuis 1998.


Afficher Zones archéologiques présentées sur Mexique Ancien sur une carte plus grande


Après 50 ans,les fouilles ont permis de récupérer 24 tonnes de matériel préhispanique, comme de la pierre taillée, de la céramique, des restes osseux, de la turquoise, coquillages, cuivre, textiles et bois. Les investigations archéologiques dans le site se sont développées en suivant deux typologies d’approfondissement : les explorations archéologiques relatives à la culture Casas Grandes et la conservation de son architecture.

Selon Eduardo Gamboa Carrera, directeur du Projet Archéologique et membre de l’Instituto Nacional de Antropología e Historia (INAH), ce site aurait été conçu à la suite des migrations des gens qui ont quitté la grande vallée de l’Amérique du nord lors d’une grande sécheresse. Fort probablement, selon l’archéologue, les territoires de Casas Grandes ont représenté la dernière prairie et la limite de ces migrations, et cela expliquerait qu' il n’y ait pas de traces de ces déplacements dans les états de Sonora, Sinaloa et Durango.

Ce site, considéré comme étant construit pour les hommes et non pas pour les dieux comme les autres cités mésoaméricaines, a été étudié par l’archéologue Charles De Peso. On découvre donc que l’apogée de Paquimé remonte au 1200 ap. J.-C., tandis que son déclin date du 1350 ap. J.-C. Toutefois, les derniers résultats des campagnes archéologiques ont permis de dater l’apogée et la chute de ce site à un siècle plus tard. Gamboa estime ces données comme étant très importantes, puisqu’à cette époque – affirme l’archéologue – le contexte général en Mésoamérique était fort différent : les Aztèques étaient déjà les seigneurs de la Vallée de México, et les Tarasques dominaient l’occident.

L’importance de Paquimé en tant que Patrimoine Mondial serait donc encore plus évidente, puisque ce site représenterait l’occasion d’étudier les relations présentes entre les différentes cultures du désert au nord de la Mésoamérique.
En ce qui concerne les caractéristiques ethniques et l’organisation sociale de Paquimé, Gamboa explique que ses habitants descendaient, comme leurs voisins Tarahumaras, Pimas et Tepehuas, des peuples du désert et parlaient une langue uto-aztèque.

Des données très intéressantes sont contenues dans les décorations des vaisselles en céramique : les hommes sont bien robustes, au visage rond et de petite taille. Ils étaient habillés avec des habits multicolores et des casquettes et ils portaient aussi des bijoux comme colliers et bracelets.

En ce qui concerne les tombes découvertes à Paquimé, on peut les subdiviser en deux typologies : les tombes "in situ", où les restes sont localisés dans une urne située en dessous du premier niveau des ensembles architecturaux, et les individus sans tombe et sans associations entre eux, éparpillés à travers le site.
A présent, après 50 ans de recherches, le directeur Gamboa affirme que la priorité doit être la bonne conservation du site qui a été exposé longtemps aux intempéries.

Pour lire l’article de La Jornada, cliquez ici .

Référence bibliographique :
2009. BRANIFF CORNEJO, Beatriz. Paquime. Colección Fideicomiso Historia de las Américas, Serie Ciudades, Fondo de Cultura Economica, Mexico.



Edition du 2 décembre 2009.
Une vidéo est visible sur la chaîne INAHTV :



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mercredi 20 mai 2009

Décès de Beatriz Palavicini Beltran


Sur son site internet, l'INAH a annoncé la disparition subite de l'archéologue Beatriz Palavicini Beltran à l'âge de 42 ans, suite à une maladie hépathique, vendredi dernier. Elle a été responsable du Projet spécial de restauration du site archéologique de Cacaxtla-Xochitecatl, afin de mettre en valeur le patrimoine pictural inscrit d'ailleurs sur les listes de l'UNESCO depuis de nombreuses années.

Lors d'une ses conférences en 2006, lors du 30ème anniversaire des fouilles à Cacaxtla, Palavicini Beltran avait émis l'hypothèse que le site ne servait pas de résidence à une élite. Les résidus de graisses végétales et animales retrouvées, d'albumine et de carbohydrates indiqueraient plutôt que le Gran Basamento aurait plutôt servi d'atelier. Elle était en train de mener des fouilles sur la face du Gran Basamento.


Détail de la peinture murale dite "Mural de la Bataille",
retrouvée le 20 mai 2009 sur http://wikipedia.org, s.v. Cacaxtla.

Avant d'être affecté au Projet Cacaxtla-Xicotecatl, Palavicini Beltran avait travaillé sur le site de Xochicalco, situé à une trentaine de kilomètres de Cuernavaca, dans l'état de Morelos. Elle avait notamment proposer de voir Xochicalco comme le site où est née la représentation anthropomorphe de Quetzalcoatl, le Serpent à plumes, à l'Epiclassique.


Détail de la Pyramide du Serpent à plumes, Xochicalco, Morelos
Photo retrouvée le 20 mai 2009 sur http://wikipedia.org ; s.v. Xochicalco.

Palavicini Beltran était professeur d'études mésoaméricaines à l'UNAM et enseignante à l'Ecole Nationale de Conservation, de Restauration et de Muséographie de l'INAH; et au Collège d'Anthropologie de la BUAP (Benemerita Universidad Autonoma de Puebla).

Que descanse en paz, Mtra Beatriz Palavicini Beltran...
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mardi 19 mai 2009

Arqueología Mexicana n° 97

Il est tout frais, il est tout beau. Voici la dernière livrée d'Arqueología Mexicana, en retard pour les raisons sanitaires que tous nos lecteurs connaissent déjà. Au sommaire ce mois-ci, les cultures de l'état de Sonora. Situé au nord-ouest du Mexique, l'archéologie de cet état est méconnu, à l'instar de la quasi-moitié nord du pays. Pourquoi ? Parce que la majeure partie des peuples qui vivaient. Bien sûr certaines tribus étaient sédentarisés comme le montre les sites de Casas Grandes ou de Zacatecas, d'autres étaient semi-sédentaires alors que certaines étaient nomades et ceux, même à l'époque coloniale. Dès lors, la documentation écrite à leur sujet est pour le moins défaillante, pour ne pas dire inexistante.

Poutant la revue publiée par l'INAH s'est déjà aventurée par le passé à faire état des recherches archéologiques, sociologiques ou ethnographiques dans les états du Nord-est mexicain (Nuevo Leon, Cohauila, Tamaulipas) ou plus récemment en Basse Californie. Ce numéro d'Arqueología Mexicana met en avant un état à la croisée entre les peuples venant des états du sud-ouest américain, de la Basse Californie mexicaine, des états du Pacifique mexicain ou encore du Chihuahua voisin.

Mais avant de faire une présentation plus détaillée du dossier mensuel de la revue, attardons-nous quelques instants sur les différents articles le précédant. La section Noticias reprend bon nombre d'informations que nous avions déjà rapportés sur ce blog, mais il convient de mettre en valeur la découverte d'une unité résidentielle et d'un autel de style toltèque près de la Corregidora, Quérétaro.

Manuel Lejarazu fait ensuite la présentation historique du Codex Mendoza, également appelé Matricula de los tributos. Daniel Díaz propose une analyse très courte d'une céramique anthropomorphe originaire de Tlaltilco et datée du Préclassique moyen (vers 1200 à 400 avant Jésus Christ). Puis dans le cadre de la série sur l'anthropologie physique, Josefina Mansilla et Ilan Leboreiro explique de manière extensive et bien illustrée le phénomène de la momification dans le Mexique ancien préhispanique.

Revenons au thème principal de la revue ce mois-ci : les cultures du Sonora. Car comme au Chiapas, c'est une mosaïque de peuples qui vit toujours dans cet état. Leurs ancêtres ont légué des sites intéressants comme La Pintada, le Cerro de las Trincheras, La Playa ou el Fin del Mundo (sic!).

Beatriz Braniff, ethnohistorienne du nord-ouest du Mexique s'attache à décrire l'histoire de cette région, qui jusqu'à 1853 faisait partie d'un ensemble géographique et culturel plus vaste qu'il n'est aujourd'hui. Car la guerre entre le Mexique et les Etats-Unis ont eu raison d'un tiers de la superficie du territoire national, devenue territoire américain. Ce sont les peuples amérindiens qui ont les premiers souffert de la césure géographique entre le Sonora mexicain et l'Arizona américain, eux-mêmes inclus dans une vaste zone culturelle appelée Gran Chichimeca. Le Sonora se caractérise par ces faibles précipitations, la présence de la Sierra Madre occidentale et de longues côtes donnant sur la mer de Cortés.

Ensuite deux chercheurs américains, Paul et Suzanne Fish présentent la culture hohokam du sud de l'Arizona. Ils expliquent notamment comment les Hohokams se distinguent des Anasazis (dont la langue est apparenté au nahuatl) ou des Mogollons voisins pour la forme des bâtiments publics dans des sites comme Pueblo Grande. On y retrouve ainsi des terrains de jeu de balle et des plateformes qui nous montrent des croyances et des rituels propres à leur culture. Mais ils avaient développé un système d'irrigation unique en son genre : environ 50 km de canalisations permettait d'amener l'eau sur 30 000 hectares de terres cultivées ! Malheureusement cette culture disparut entre 1400 et 1200 pour des raisons encore méconnues.

Dans l'article suivant Guadalupe Sanchez, Edmund Gaines, Vance Holliday exposent la vie des chasseurs-cueilleurs du site El Fin del Mundo à l'époque du Pléistocène terminal soit vers 12000 ans avant notre ère. Car si les fragments de flèche et si un fragment organique a permis une datation vers 11000 avant notre ère, les paléontologues ont mis au jour également des ossements de mammouth très anciens qui nous informent de manière significative sur l'environnement à cette époque.

John Carpenter présente le site de la Playa qui a connu dix mille ans d'occupation. De nombreuses pointes de projectiles et des indices de production de décorations en coquillage témoigne des activités de ce site, sans compter les 1300 fours qui nous renseigne sur les activités domestiques qui s'y sont développés. La Playa a connu une occupation régulière depuis le Pléistocène terminal jusque vers 200 après Jésus-Christ.

Maria Elisa Villalpando explique dans un article sur le Cerro de Trincheras qu'il fut un centre régional d'importance égal à Paquimé, Chihuahua. Les archéologues ont ainsi pu compter environ 900 terrasses ont ainsi été construit au Préhispanique tardif (1300-1400 après Jésus Christ). Ces terrasses sont visibles sur une colline de 100 ha de surface s'élevant à 150 mètres au-dessus du niveau du sol. Les terrasses peuvent atteindre 400 mètres de long, même si la majeure partie mesure 15 à 30 mètres.

L'article "Las manifestaciones gráficorupestres en Sonora" met l'accent sur l'art rupestre du Sonora sous toutes ses formes : gravures, peintures, géoglyphes.

Blanca Contreras, Manuel Graniel et Dai Blanquel signent une courte étude sur le site de la Pintada; située dans la Sierra Libre. Là les peintures sont peintes dans un canyon occupé principalement entre 700 et 1600 après Jésus Christ, à en juger par le type de céramiques retrouvées par les archéologues. Mais le site est en danger : la faute à des facteurs naturels incontrôlables mais aussi à un vandalisme humain, en dépit d'un accès restreint à la zone.

Clara Bargellini propose un travail très intéressant sur Les missions du Sonora, ses églises construites par les pères évangélisateurs à la fin du XVIIème siècle. Rodrigo Renteria complète ce dossier en proposant une revue de rituels actuels effectués par les indigènes.

Un article à plusieurs mains (dont celles de Nikolai Grube) fait état des récentes découvertes faites à Sabana Piletas : on apprend ainsi quelques détails intéressants sur l'escalier hiéroglyphique de cette cité puuc, proche de Sayil ou Labna. Nous avions évoqué la découverte de cet escalier en décembre dernier mais nous avions à l'époque déploré l'absence de détails qui sont partiellement comblés dans cet article. Il semblerait que les signes fassent référence à la date 10.1.9.3.9 12 muluk 7 kumk'u, soit le décembre 868 après Jésus Christ. Il semblerait que cette date face référence à un événement dédicatoire puisque les glyphes mentionnent les trois jeux de balle des ancêtres. D. Stuart rapproche cette date de celle décodée sur la pierre dédicatoire du Grand Terrain de jeu de balle de Chichen Itza.

Enfin Xavier Noguez propose une présentation rapide du Codex de Cholula, sans en changer le nom comme il en a l'habitude. De quoi patienter avant le prochain numéro dont le thème central sera Moctezuma II avec le sous-titre évocateur "Gloire et chute de l'empire mexica". Espérons que Michel Graulich n'aura pas été oublié.
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mercredi 13 mai 2009

Des conférences en ligne

L'Université Francisco Marroquin, située à Guatemala Ciudad, propose une page internet très intéressante, notamment en ce qui concerne des conférences enregistrées proposées par des spécialistes de l'archéologie et de la civilisation maya.

Ce sont une trentaine de vidéos qui sont disponibles à ce jour, parmi lesquelles il convient de mettre en avant :
Nous avons donc décidé de rajouter quelques liens dans la section "Vidéos" de ce blog.
Bon visionnage en espagnol, bien sûr !
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Découverte des restes d'un des 16 rois de Copan ??

Le directeur de l'Institut Honduréen d'Anthropologie et d'Histoire, Dario Euraque, a annoncé qu'une équipe d'archéologues dirigée par Ricardo Agurcia pense avoir mis à jour les restes d'un des 16 rois qui régnèrent sur Copan entre 426 et 820 après Jésus Christ. Il a expliqué que les ossements avaient subi une importante détérioration suite à l'effondrement de la plaque qui scellait la tombe, située dans une chambre, trois mètres sous le Temple Oropéndola.


Le blog d'Erik Boot, Maya News Update, rapporte certains détails anthropologiques très intéressants. On apprend ainsi que la dentition a permis d'évaluer l'âge de l'individu à une trentaine d'années. Les débris osseux retrouvés ont permis une estimation de sa taille entre 1,54 m et 1,67 m.
De nombreux offrandes accompagnaient le corps : des vases en marbre et en albâtre, des coquillages marins, trois colliers de jade, des pendants d'oreilles en jade et en coquillage. Des pigments rouges ont été retrouvés en grand nombre dans la tombe. Il s'agirait de cinabre à l'instar des pigments qui ornent la tombe et les ossements de la Reine Rouge découverte à Palenque au début des années 1990.


Dans une vidéo datée de 2008, Ricardo Ogurcia explique que le Temple Oropénpola se distingue de structures plus anciennes décorées à partir de stucs peints : sa décoration est faite de pierres sculptées. Selon une équipe de chercheurs de l'Université de Pennsylvanie, ce changement de décoration est l'indice d'une déforestation exagérée dans la région de Copan.


Il convient de noter la présence d'un dessin sur le sol. Selon Dario Euraque, ce dessin représenterait un jeu rituel encore difficile à comprendre.

D'autre part Ricardo Ogurcia a confié au quotidien mexicain Milenio qu'il n'exclut pas que les ossements "royaux" puissent être ceux d'un fils ou d'un frère du premier roi de la dernière dynastie de Copan, Yax K'uk M'o, lui même originaire de Teotihuacan. Afin de vérifier cette hypothèse, des analyses ADN seront réalisées et leurs résultats d'ici environ quatre mois. On apprend également que les fouilles ont mis à jour la plus grande pièce de jade du monde maya...

Attention cependant aux effets d'annonce et au sensationnalisme : il convient d'avoir plus d'informations pour se faire un jugement sur cette découverte.
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Ouverture prochaine du site de Tancama, Queretaro

Sur son site officiel, l'INAH présente le site huastèque de Tancama qui sera très prochainement ouvert au public, suite à la déclaration faite l'année dernière par le président Calderon d'ouvrir 10 nouveaux sites d'ici à 2012.

Situé à quelques encâblures de Jalpan de Serra, dans l'état de Queretaro, Tancama signifie "Montagne de feu" en huastèque. Tancama était un site à la croisée de trois cultures : la huastèque au nord-ouest, la tradition de Rio Verde au nord-est et le style des sites de Ranas et Toluquilla. Les fouilles dirigées par l'archéologue Jorge Quiroz se concentrent sur 13 structures. Tancama a une superficie de 3,6 hectares et a connu sa période d'apogée à l'épiclassique vers 700 à 900 après Jésus Christ. Selon l'archéologue Pablo Lopez, ses habitants étaient probablement huastèques.

Le site comporte trois places principales reproduisant les trois dénivelations naturelles du Cerro Alto. La partie haute du site comporte les principaux monuments civiques et religieux où résidait la classe dirigeante : c'est ce que tendent à prouver les différentes tombes (individuelles ou collectives) retrouvées dans plusieurs édifices de la Plaza del Mirador. Certains individus retrouvés comptaient avec une déformation crânienne. Le reste de la population résidait dans la partie basse de la vallée.

Edition du 20 mai 2009.

Sur son blog, Mike Ruggeri explique que 30 corps des deux sexes et de tous âges ont été retrouvés à Toluquilla et analysés pour voir les effets du cinabre sur leurs ossements. L'exploitation minière du cinabre semble avoir été une chose courante à Toluquilla puisqu'on a compté une vingtaine de mines aux alentours du site. Toxique, le cinabre contient du mercure qui a provoqué l'empoisonnement de ces personnes, avec des séquelles comme des anémies, des pertes de dentition avancée et des avortements. Justin Kerr rapporte le cas d'un coquillage recouvert de cinabre à si forte teneur en mercure qu'il a été placé sous plastique pour éviter toute ventilation.

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dimanche 10 mai 2009

Fermeture de musées dans l'état de Jalisco

Suite à la recrudescence de cas de grippe humaine A/H1N1 dans l'état de Jalisco, le gouvernement local a décidé de fermer quatre musées : le Musée Régional de Guadalajara, celui d'Agustín Rivera, à Lagos de Moreno; El Cuale, à Puerto Vallarta et le Museo Arqueológico de Ciudad Guzmán.
Le communiqué officiel de l'INAH rappelle que les bureaux du Centre INAH du Jalisco resteront ouverts au public, mais en respectant strictement les mesures sanitaires. Enfin, les zones archéologiques continueront leurs activités sans aucune restriction.
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mercredi 6 mai 2009

Publication de Símbolos de poder en Mesoamérica (coord. Guilhem Olivier)

En fait l'ouvrage dont vous pouvez voir la couverture ci-dessous a été publié l'année dernière. Mais il n'est pas simple de le trouver. Aucune librairie de Monterrey ne l'avait dans ses références et mon ami William Murray a suffisamment été aimable pour me l'apporter directement de l'UNAM où il a été dignement fêté par les étudiants-chercheurs en art rupestre de l'ENAH et l'UNAM.



J'avais demandé par mail au coordinateur de l'ouvrage, Guilhem Olivier, comment se le procurer. Guilhem m'avait indiqué que l'UNAM allait prochainement mettre en place un système de vente par Internet pour faciliter l'accès aux ouvrages publiés par la plus grande université d'Amérique Latine. Guilhem est professeur et chercheur à l'Instituto de Investigaciones Históricas de l'UNAM (cf. le lien dans la section Centres de recherches). Sa thèse de doctorat a été présentée à l'Université du Mirail de Toulouse. Elle a pour titre Tezcatlipoca. Moqueries et metamorphoses d'un dieu aztèque. Elle a été ensuite publiée par le Musée de l'Homme à Paris en 1999 avant d'être traduite en anglais chez University Press of Colorado en 2003 puis en espagnol qu le FCE en 2004. Quand Michel Graulich était directeur de recherches à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes à Paris, Guilhem venait régulièrement proposer des conférences très pointues et très bien documentées sur différents thèmes d'ethnohistoire ou d'histoire des religions. Son prochain ouvrage aura pour thème le dieu Mixcoatl et sera publié prochainement. Il est l'auteur de très nombreux articles, notamment celui publié sur les paquets mortuaires publié dans le Journal de la Société des Américanistes ou encore cet autre sur les dieux des marchands, toujours dans la même revue spécialisée.


Dr Guilhem Olivier
Instituto de Investigaciones Históricas, UNAM

Voici une traduction de la petite notice de l'ouvrage disponible sur le site de l'UNAM en cliquant sur le titre de cette note :
"27 chercheurs, spécialistes dans différentes disciplines (archéologie, anthropologie, histoire, linguistique...), réfléchissent sur le thème du pouvoir en Mésoamérique, notamment sur ses manifestations symboliques. Le lecteur trouvera des études qui prennent en compte les époques Classique, Postclassique, Colonial et les XIXe et XXe siècles. Dans l'espace, les travaux vont depuis la frontière sud de la Mésoamérique jusqu'aux états actuels du Sonora et du Sinaloa au nord, en passant par le Haut Plateau Central, la zone purépécha et la Côte du Golfe. Parmi les peuples qui défilent au large du livre apparaissent Nahuas, Mayas, Otomis, Purépéchas, Mixtèques, Huastèques, Tlapanèques, Pimas, Opates et d'autres encore.

Les axes de recherche de ces travaux ont été les concepts, les symboles et les rituels du pouvoir en Mésoamérique; les relations entre pouvoir et les personnalités qui l'ont exercé, et au final, les différents types de résistance au pouvoir ayant existé dans cette zone. Il ne fait aucun doute, qu'en plus de la manière innovante d'aborder les problèmes et les résultats obtenus, ces études alimenteront l'indispensable dialogue entre les différentes disciplines et ouvriront de nouvelles perspectives de réflexion pour de futures recherches."

Il est vrai que parmi les chercheurs ayant participé à cette ouvrage, il y a quelques pointures européennes comme Michel Graulich, Jacques Galinier, Danièle Dehouve, Patrick Lesbre, Marc Thouvenot, AnneVié-Wohrer, José Contel, les Mexicains Eloise Quiñones Keber, Federico Navarrete et Linda Manzanilla. J'espère vous en proposer prochainement un résumé même si l'ouvrage est assez long.
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lundi 4 mai 2009

De la désinformation

Récemment le blog http://revelations4.blogs.fr/ a utilisé et détourné l'information produite sur le nôtre. En ces temps de psychose, il est facile de l'alimenter en voyant partout des complots à l'échelle mondiale.
A nos lecteurs réguliers, sachez que l'auteur de ce blog, alias Al-Fred, propose un lien vers un audio-vidéo proposé par M. Richard Pellegrin avec des liens (au moins, il a le mérite de nous citer) vers différents articles que nous avons proposés sur Felipe Solis et la conférence qu'il a donnée au mois de mars au MNA.
Ainsi il nous apparaissait urgent et important de nous désolidariser complètement des affirmations fumantes (pour ne pas dire fumeuses) de ce monsieur. Il s'agit même de détournement d'informations.
  1. En se référant à la conférence de Felipe Solis sur Tonatiuh et la Pierre du Soleil, ce monsieur parle d'Axayacatl et fait le rapprochement avec la compagnie d'assurances françaises AXA pour le simple fait de dénoncer des élé. Le comble réside dans la prononciation "Axayacati " qu'on peut entendre sur son commentaire audio (malheureusement) disponible sur le site Dailymotion. Il convient de rappeler qu'Axayacatl peut être traduit par Visage d'eau en nahuatl. le substantif axayacatl fait quant à lui référence à une mouche d'eau qu'on utilise dans une préparation culinaire (cf. Dictionnaire en ligne de Wimmer). Au passage rien le suffixe -atl n'a rien voir avec l'Atlantide ou Atlas...
  2. La seconde erreur vient un peu plus loin dans le même message audio où on apprend que Felipe Solis allait donner une série de dix conférences sur les dieux dans les codex. Si on se réfère à notre post et au site de l'INAH, nous avions proposé le programme complet qui annonçait dix conférenciers différents et non d'un seul.
  3. Non, ce n'est pas la peine en fait... On se lasse...
Voici donc, chers lecteurs, comment on fait de la malinformation, en lisant à moitié les informations et en ne les traitant pas de manière objective. Car la théorie du complot mondial franc-maçon pour expliquer la pseudo-crise sanitaire qu'a vécu la planète pendant les dix derniers jours a des relants d'idéologie politique que nous abhorrons. Comme le dit notre très cher maître, le professeur Michel Graulich : "Trop d'interprétation nuit à l'interprétation". Plus trivialement, on appelle cela "capillotraction".
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vendredi 1 mai 2009

Arqueologia Mexicana Hors-série 30 partie 2

Aujourd'hui nous vous proposons de terminer la revue et commentaire du hors-série 30 de la revue Arqueología Mexicana.


Nous avons omis deux pages occupées par différents inserts. Dans un premier, Tena détaille chaque fête du xiuhpohualli puis du tonalpohualli en donnant sa traduction et les dieux auxquels on rendait hommage. Puis dans un deuxième insert, on peut voir un plan de l'enceinte cérémoniel de Tenochtitlan. Ce dernier document, réalisé à partir des reconstitutions de Marquina, est empreint d'erreurs. Les découvertes archéologiques dans les 20 dernières années n'ont pas été prises en compte, comme le montre l'oubli de l'édifice des Aigles (cf. López Luján, 2006) ou la mauvaise orientation du temple de Tezcatlipoca (cf. Matos Moctezuma, 1999).

Revenons au texte principal où Tena rappelait les 13 niveaux célestes et les 8 strates de l'inframonde présentés dans le Codex Vaticanus A et dans l'Historía de Los Mexicanos por sus Pinturas. Il explique ensuite les différents ensuite les différents points cardinaux en les reliant à une couleur et à un signe d'année, s'inspirant ainsi des travaux de Matos Moctezuma et de López Austin sans toutefois les nommer.

Vient un cinquième point important avec la place de l'homme dans la religion mexica. C'est ainsi que Neta relate l'origine de l'humanité. Puis il s'intéresse à l'activité religieuse des hommes et à leur destin en s'appuyant sur des textes coloniaux comme ceux de Duran ou de Sahagun. Il propose un court glossaire des termes désignant les édifices religieux dans le livre II de l'Historia General de las Cosas de Nueva España, résume les noms et fonctions des différents membres du clergé, les principaux gestes et pratiques rituels. Il explique rapidement l'incidence du jour de naissance sur le destin de tout un chacun et comment le type de mort détermine l'au-delà où on se rendra.

La sixième partie de l'introduction explicative de Neta insiste sur la place de la religion dans la société. Il s'attarde sur les différentes classes qui la compose pour mieux rappeler que cette hiérarchie a son importance lors des rituels religieux.

Enfin, dans la dernière partie, l'auteur rappelle comment la religion mexica s'est fondue dans la religion des Conquistadors, certains payant parfois le lourd prix de l'Inquisition et du "paganisme".

Tena propose ensuite une notice pour comprendre le catalogue de dieux qu'il propose au lecteur. Il les a répartis en 3 groupes :
  • les dieux créateurs et pourvoyeurs : Ometecuhtli, Tezcatlipoca, Quetzalcoatl, Xiuhtecuhtli, Yacatecuhtli.
  • les dieux de la fertilité agricole et humaine : Tlaloc, Ehecatl-Quetzalcoatl, Xochipilli, Xipe Totec, Centeotl, Metztli, Teteoinnan.
  • les dieux de l'énergie cosmique, de la guerre et des sacrifices : Tonatiuh, Huitzilopochtli, Mixcoatl, Tlahuizcalpantecuhtli, Mictlantecuhtli.
Neta propose alors une fiche pour chaque dieu. Chaque fiche comprend donc les informations suivantes :
  • le groupe de dieux
  • le nom du dieu
  • ses avatars ou autres noms
  • son nom dans les invocations ou dans le calendrier rituel
  • une ou plusieurs représentations
  • ses attibuts présentés dans les Primeros Memoriales
  • son chant traduit en espagnol à partir de l'appendice du livre II du Codex de Florence ou dans les Primeros Memoriales.
A la fin du numéro, on peut trouver une intéressante bibliographie commentée et le texte en nahuatl des chants proposés dans les fiches.

Pour conclure on peut dire que le texte d'introduction de Neta se révèle intéressant mais pesant et redondant si on considère le numéro récent sur la religion mexica. D'autre part il se révèle incomplet et incorrect. En revanche le catalogue proposé, en dépit de catégories discutables, est un point de départ intéressant pour quelqu'un qui a besoin de trouver des éléments d'interprétation basique sur le panthéon mexica.

Références bibliographiques :
Codex Vaticanus 3738 A. Pedro de los Rios (éd.), ADV, Graz.
Historia de los Mexicanos por sus pinturas. 1985. Angel Garibay (éd.), Editorial Porrúa, Mexico
L. López Luján. 2006. La casa de las aguilas : un ejemplo de la arquitectura de Tenochtitlan, 2 vols, CONACULTA-INAH-FCE, Mexico.
E. Matos Moctezuma. 1999. "Tezcatlipoca, espejo que humea". In Obras, Estudios mexicas, I (tomo 2), Colegio Nacional, Mexico, p. 57-84.
Sahagun, Fray Bernardino de. 1979. Codice Florentino. edición fac-similar de la Secretaría de Gobernación del Gobierno de México. 3 vols., Giunti Barbèra, Florence.
Sahagun, Fray Bernardino de. 1997. Primeros Memoriales. Thelma D. Sullivan (trad.). University of Oklahoma Press, Norman.
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Un peu d'autocongratulation ne fait jamais de mal


Les mesures restrictives frappant le Mexique jusqu'au 6 mai, je me suis amusé à regarder sur google qui parle de ce blog. Et quelle ne fut pas ma surprise à voir qu'à l'occasion du dernier salon du livre où le Mexique était invité d'honneur, Mexique ancien faisait partie des rares signets en français proposés par la Bibliothèque Nationale de France...

hébergement gratuit de photos & vidéos avec www.photomania.com

D'autres blogs en Espagne ou au Mexique font référence à nos articles, ce qui montre le sérieux et la qualité de notre travail.

Si vous cliquez sur la carte des connections sur la colonne de gauche, vous pourrez voir des connections depuis la Thaïlande, la Mauritanie, les USA, le Brésil, l'Algérie, la Russie, la Pologne... C'est la preuve que, même si tout le monde ne parle pas français, l'information que nous transmettons peut être réutilisée.

Cette forme de reconnaissance récompense ce que nous souhaitons pour ce blog : devenir une référence pour tous les amoureux de la Mésoamérique, en mettant en oeuvre ce que nos maîtres nous ont appris, notamment en développant notre esprit critique et en l'utilisant pour vous donner une information la plus complète possible, de manière à ce qu'elle puisse être utilisée par d'autres étudiants-chercheurs dans le monde.

Nous profitons de l'occasion pour renouveler notre appel à des rédacteurs, désireux de faire partager leur amour du Mexique préhispanique et d'en rendre plus accessible les cultures qui y ont vécu.
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