mercredi 29 juillet 2009

De nouveaux éléments sur les fouilles de Cholula

Au mois de mai dernier, nous vous parlions des fouilles qui avaient lieu dans le centre historique de Cholula, Pue. Depuis les archéologues ont terminé leur travail. Le quotidien El Universal se fait ainsi l'écho du site officiel de l'INAH en indiquant la découverte de huit autres enterrements, portant à 25 nombre le nombre de squelettes retrouvés dans les rues de San Pedro Cholula.



Fouilles à San Pedro Cholula.
Photo : Agencia/ELUNIVERSAL, disponible le 28 juillet 2009 sur
http://www.eluniversal.com.mx/img/2009/07/Cul/cholulantg.jpg .

Pour être plus précis, ce sont 20 squelettes complets qui ont été mis à jour. Mais ils étaient accompagnés d'offrandes. Une douzaine d'instruments à vent (ocarinas, flûtes et sifflets) a été retrouvée à côté d'une des cinq concentrations d'ossements découvertes à proximité des corps. La majorité de ces derniers reposait en position assise, les jambes croisés, tout comme les bras au niveau de la poitrine. Quelques uns étaient allongés sur le dos.


Corps retrouvés en position assise, San Pedro Cholula.
Photo : INAH, retrouvée le 28 juillet 2009 sur :
http://dti.inah.gob.mx/images/stories/boletines/2009/julio_09/28_julio/hallazgos_cholula_web.jpg .

Le reste du mobilier enterré vers la fin du Postclassique est composé de tessons de céramique peintes : tepalcates, objets tripodes, plats et vases ; et d'un collier de pierres noires et des pointes de flèche en obsidienne. Certains instruments de musique ont une forme d'animal : c'est notamment le cas de trois ocarinas représentant un hibou, un chien et un singe. Ils mesurent jusqu'à une dizaine de centimètres et leurs extrémités reprennent des motifs floraux et/ou d'étoiles.

D'autre part, les traces d'un mur de 38 mètres de long, stuqué et peint, a attiré l'attention des chercheurs : un bloc d'adobe a ainsi été prélevé puis envoyé au Musée régional. Les archéologues ont recouvert et réenterré le mur pour y reprendre les fouilles plus tard.

Ces fouilles d'urgence avaient été entreprises après la décision de suspendre pour quarante jours les travaux d'urbanisme entrepris alors par la municipalité.


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lundi 27 juillet 2009

Petit bilan du 53ème CIA


Je reconnais bien volontiers ne pas avoir été très présent durant ces dernières semaines. Après un séjour mérité au Yucatan et un retour temporaire à la prépa, j'ai pu me rendre au 53e Congrès International des Américanistes à Mexico.

Inauguré le dimanche 19 juillet par le maire de Mexico, Marcelo Ebrard, ce congrès avait pour problématique : "Los pueblos americanos: cambios y continuidades. La construcción de lo propio en un mundo globalizado". L'occasion fut trop belle pour Ebrard de faire passer un message politique au gouvernement fédéral de Felipe Calderon, lui demandant de changer de direction "face au désastre social indigne et frappant". M. Ebrard est coutumier des déclarations tape-à-l'oeil et populiste mais son discours trouve ses limites dans la mesure où la misère et la délinquance ont sensiblement augmenté dans sa ville, de manière parallèle à l'augmentation des problèmes sociaux dans le reste du pays.

Si le contenu des conférences et exposés proposés par des chercheurs souvent reconnus et compétents dans leur domaine, on ne peut pas en dire autant de l'organisation de l'événement, assurée conjointement par la Mairie de Mexico et par l'Universidad Iberoamericana. Certes il faut rappeler que le siège de l'événement a été changé il y a quelques mois, suite à des différents entre l'INAH et l'équipe municipale de México. Voici quelques exemples très simples qui ont suscité l'indignation, voir les insultes de la part de certains participants.

Commençons par le siège du Congrès. L'Universidad Iberoamericana est une institution catholique reconnue nationalement pour la qualité des diplômes qu'elles proposent et pour les frais d'inscription qu'elle demande à ses élèves, limitant ainsi un accès aux couches les plus humbles de la société, même si elle n'est pas la seule à pratiquer de la sorte. Le problème est que le campus est situé dans la zone financière de la ville de Mexico, si bien que certains taxis ne savaient même pas comment y arriver ! C'est peut-être pour défendre ce standard que les conférenciers devaient débourser jusque 300 dollars et le simple spectateur jusque 300 dollars. Nulle doute que l'INAH, en dépit de ses défauts aurait pu proposer un coût beaucoup plus décent. D'ailleurs, après de nombreux mails demandant des informations sur l'organisation et l'inscription, j'ai reçu une seule réponse pour me confirmer que mon virement bancaire avait été bien enregistré...

D'autre part, sachant que le dimanche était le priemier jour des inscriptions, on a vu de jeunes gens (une trentaine maximum) essayant d'aider comme ils pouvaient, des milliers de congressistes. Les photos et informations transmises par certains ont été égarés, obligeant la prise de photos et de renseignements et retardant ainsi la remise des accréditations. J'ai d'ailleurs pris ma photo le dimanche pour ne récupérer mon accréditation que ... le vendredi, dernier jour du congrès.

Tout aussi incroyable fut la pénurie des annuaires des conférences. Edité en nombre très insuffisant, je n'ai pu le récupérer que le mercredi, si bien que j'ai involontairement raté des exposés qui semblaient très intéressants.

Enfin, j'ai pu regretter l'absence de navettes dès le jour des inscriptions, c'est-à-dire dès le dimanche matin. Ce fut sans aucun doute un jour très lucratif pour les chauffeurs de taxi qui n'hésitaient pas à demander jusqu'à 150 pesos pour aller dans le centre quand normalement la course vers le zocalo en vaut 60.

Le lundi matin, il me fallut trouver le point de rencontres d'où partaient les bus vers l'Ibero. En formant de petits groupes, nous avons découvert le départ des navettes près de la station Bellas Artes au bout d'une demi-heure . Là encore, j'ai été stupéfait de voir que le chauffeur ne savait pas où était l'Ibero. Apparemment, il n'avait reçu aucun briefing pour y accéder facilement et rapidement.

Point positif de cette foire, les panneaux proposés par les opposants au projet Resplandor Teotihuacano : on y voit clairement les destructions des pierres des structures mais aussi l'impact visuel désastreux des structures installées pour illuminer le site...

J'ignore si le nom de la prochaine ville hôte a été révélée lors de la cérémonie de clôture, le vendredi 24 juillet. Il est acquis, de par le principe d'alternance souhaité par le Congrès, qu'elle sera européenne. Espérons que l'organisation sera meilleure et ce ne sera pas très dur à faire. Certains vieux briscars avaient particulièrement aimé l'organisation de Santiago en 2003 et se sont légèrement plaints de Séville en 2006. Mexico 2009 restera dans les annales, mais comme un fiasco d'organisation.

Pour anecdote, on pouvait lire sur un papier scotché à l'une des tables des accréditations : "Para quejas y insultos, favor de ir a la oficine E 15"... Ce congrès fut donc pénible pour tout le monde.

Si vous avez participé au congrès, votre opinion nous intéresse : laissez-nous un commentaire ou envoyez-nous un mail. J'ai d'ailleurs pu rencontrer ou retrouver certains lecteurs fidèles grâce à lui.
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samedi 25 juillet 2009

Quelques cartes pour les travaux

Je vous propose une série de cartes et plans disponibles en cliquant sur le titre de ce post. Attention au respect du droit d'auteur si vous les téléchargez et utilisez.

La première est disponible sur le site de l'Université de Graz, en Autriche, et sur Wikipedia.



En voici une autre trouvée sur le site d'Arlène Dodge :



Celle-ci complète la taxinomie imaginée par Kirchoff en 1940.



Une dernière et pas la moindre puisque c'est celle proposée par le FAMSI :



[Edition du 24/05/2011]Nous avons rajouté cette carte proposée par Chti Marseillais et disponible sur Wikipedia. Elle a été conçue à partir d'une autre carte présentée dans la revue Arqueología Mexicana.



Carte de l'empire aztèque vers 1519.
Disponible le 24/05/2011 sur : 

Merci à Chti Marseillais !

Si vous avez d'autres cartes à proposer, envoyez les liens dans la section de commentaires ou par courriel.
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vendredi 24 juillet 2009

Conférence d'Eduardo Matos Moctezuma au MNA

Ce jeudi 23 juillet, Linda Manzanilla (par le biais d'Alejandro Sarabia), Julie Gazzola, Eduardo Matos Moctezuma et Kim Goldsmith, archéologues ayant participé à différents projets de fouilles à Teotihuacan, ont proposé une série de conférence de vulagarisation destiné au visiteur de l'exposition Teotihuacan qui a lieu actuellement au MNA. Les 4 scientifiques ont ainsi pu résumer les avancées faites au cours du temps sur ce qui a été une des plus grandes villes du monde à son époque.

Et c'est Eduardo Matos Moctezuma qui a naturellement attiré tous les regards et les micros de journalistes. En cliquant sur le lien de cet article, vous accèderez directement à un compte-rendu (en espagnol) de sa conférence. Il a notamment repris sa théorie de l'axis mundi qu'il avait développée pour expliquer l'importance du Templo Mayor de Tenochtitlan dans la cosmologie aztèque.


Eduardo Matos Moctezuma. Photo : Francisco Olvera pour la Jornada du 19 février 2009.

Cela m'amène à rappeler à notre lectorat la sortie toute récente du livre Teotihuacan, publié par le Fondo de Cultura Economico, Serie Ciudades. Je tiens d'ailleurs à remercier publiquement M. Matos Moctezuma pour sa gentille dédicace. Je vous proposerai sans doute un compte-rendu allégé de ce livre en espérant une version plus complète dans une revue spécialisée.



On notera également sa prise de position nuancée quant au spectacle controversé Resplandor Teotihuacano. S'il ne rejette pas l'idée d'un spectacle, Matos Moctezuma estime que la technologie moderne peut permettre de le mettre en place sans agresser les monuments. Car "ce qui doit prévaloir, c'est l'intégrité des monuments".
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jeudi 23 juillet 2009

Encore une découverte à Chichen Itza

Les fouilles à Chichen Itza
Photo: Medios /Inah
Les archéologues de l’INAH ont découvert une structure datée de plus de mille ans, aux alentours des édifices du Castillo et du Temple des Guerriers, dans le site archéologique de Chichen Itza, Yucatan. La construction correspond à la période d’apogée architecturale du site, entre les VIIIème et IXème siècles.
La découverte de cette construction a eu lieu pendant les travaux du projet d’investigation développé par l’INAH. Les fouilles, commencées il y a quatre mois, ont pour but de mieux connaître les caractéristiques architectoniques, les contextes archéologiques et les différents niveaux du terrain.
L’archéologue Rafael Cobos, membre du Consejo de Arqueologia et responsable de l’investigation, affirme que les travaux ont l’objectif de comprendre les relations présentes entre El Castillo, la Grande Colonnade et le Temple des Guerriers, tout cela à travers une série de fouilles dans les aires voisines à ces constructions, afin d’en déterminer le développement et l’évolution architecturale.

L'équipe d'archéologues a découvert une nouvelle structure mesurant 12 mètres de long. Son édification est sans doute antérieure à celle du Castillo et du Temple des Guerriers, avec une différence de plus ou moins 100 ans. Pour l’instant on a identifié un coin de la structure, une corniche et un mur avec talus. On pense qu’il s’agit de la partie sud-est, et on ignore s’il y a aussi des escaliers.
Actuellement les fouilles continuent vers le nord et l’ouest dans le but de connaître l’extension exacte de la structure, qui se présente en bon état, puisque, à son époque, les Mayas avaient pris soin de la recouvrir définitivement en utilisant de la pierre calcaire et de la chaux. Une fois la structure recouverte, le terrain a été nivelé et recouvert d’une couche de stuc sur laquelle a été édifiée une nouvelle structure. Le style architecturale ressemble à celui de la Plateforme de Vénus.

En ce qui concerne la céramique retrouvée, pour l’instant il s’agit seulement de fragments qui datent du VIIIème et IXème siècle.
Selon l’avis de Cobos, la possibilité de découvrir d’autres groupes archituraux comme cette structure permettrait de révéler que les anciens habitants de Chichen Itza essayaient toujours de se détacher des autres groupes sociaux, pour des questions politiques, économiques ou religieuses.

La nouvelle a été reprise un peu partout sur internet :

notamment sur le site du Diario de Yucatan, de Milenio, ou encore d' El Universal.

La blogosphère n'est pas en reste avec deux notes d'Eric Boot.
Regardez cette vidéo de présentation proposée par l'INAH et disponible sur Youtube.



Edition du 24 juillet 2009 par Cacalotl


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mercredi 22 juillet 2009

Les frises stuquées d'Ek Balam menacées ?

Sur la liste Aztlan, Jules Siegel propose un lien vers un article alarmant sur l'état général de la zone archéologique d'Ek Balam, situé à une trentaine de kilomètres au nord de la petite ville de Valladolid, au Yucatan.


Plan du site d'Ek Balam, Yucatan.
Disponible le 21 juillet 2009 sur Wikipedia .

Ek Balam a connnu une occupation continu depuis le Préclassique tardif jusqu'au Postclassique. Protégée par deux murailles, Ek Balam fut une des rivales de Chichen Itza.


Double muraille, Ek Balam, Yucatan.
Photo prise le 9 juillet 2009 par B. LOBJOIS.

Explorée (à l'explosif) par Désiré Charnay au 19ème siècle, Ek Balam, "Jaguar Noir" en maya yucatèque, comprend de nombreuses structures de taille massive qui n'ont pas encore été fouillées, malgré les trente dernières années de fouilles. La ville a connu son apogée au Classique tardif, entre 600 et 850 de notre ère. La structure en meilleur état est sans aucun doute la Torre, appelée en maya Sac Xoc Naah, ou "Maison blanche de la lecture".

Cette pyramide s'est révélée être le tombeau du souverain Ukit Kan Le’k Tok’. De riches offrandes avaient été déposées à côté de son corps : vingt et un vases (parmi lesquels le verre utilisé par le souverain pour boire le cacao), plus de sept mille pièces en jade, en coquillage, en os et en pyrite, un pendentif en or en forme de grenouille et trois perles avaient été découvert par les archéologues au tout début des années 2000. Malheureusement pour lui, Ukit Kan Le’k Tok’ n'a semble-t-il pas été gâté par Mère Nature : bec de lièvre et mâchoire inférieure déviée lui donnaient une apparence sur laquelle se sont penchés les anthropologues physiques.

Car en croire les résultats proposés par Vera Tiesler lors de la VIe Mesa Redonda de Palenque, Ukit Kan Le’k Tok’ avait souffert de caries sur au moins 23 de ses dents, de trois infections qui ont occasionné la perte de cinq d'entre elles. Pour autant, cela n'a pas empêché Ukit Kan Le’k Tok’ de marquer de son sceau le royaume de Tal'ol


Vue générale de la Maison Blanche de la lecture, Ek Balam, Yucatan.
Photo prise le 9 juillet 2009 par B. LOBJOIS.

Siegel copie-colle le texte de l'article que vous pouvez consulter en cliquant sur le titre de cette note. On y lit notamment qu'aucun maintien des structures n'est effectué, notamment pour la partie la plus spectaculaire du site : les reliefs et les peintures stuqués de l'Acropole.



Deux personnages richement vêtus, détail des stucs peints, Ek Balam, Yucatan.
Photo prise par B. LOBJOIS.



Crâne, détail d'un relief stuqué, Acropole, Ek Balam, Yucatan.
Photo B. LOBJOIS.


Cérémonie d'intrônisation de Ukit Kan Le’k Tok’, peinture sur stuc, Acropole, Ek Balam, Yucatan.
Photo prise le 9 juillet 2009 par B. LOBJOIS


Vue de la partie supérieurs des stucs, Acropole, Ek Balam.
Photo prise le 9 juillet 2009 par B. LOBJOIS


Il nous correspond de nuancer les propos de Miguel Covarrubias et de Jules Siegel. J'ai personnellement visité le site d'Ek Balam, il y a une quinzaine de jours et on pouvait voir un des édifices jumeaux en restauration, ce qui sous-entend que des crédits ont bien été alloués pour la restauration ou l'entretien sur Ek Balam. En voici une photo prise le 9 juillet dernier.



Sur ce cliché on voit bien que l'édifice a été restauré récemment. Les pierres et le ciment sont suffisamment clairs pour comprendre qu'il s'agit d'une restauration.

Mais les observations de Covarrubias quant à la gestion des ressources financières au Yucatan sont très souvent exactes. Les fouilles et la restauration du Palomar d'Uxmal avaient été rendues possibles grâce à 100000 dollars. Quels autres sites, mis à part Chichen,peuvent se voir proposer de telles sommes pour leur entretien ou pour des fouilles ? De fait les ouvriers qui ont participé aux différentes campagnes de fouilles à Ek Balam sont catégoriques : aucun chantier n'est prévu à terme à Ek Balam. Certaines bâtiments comme la Structure 3 sont toujours prisonnièress de la végétation.



L'INAH se garde bien de faire un commentaire mais propose un article complet sur la ville dont nous nous sommes inspiré pour rédiger cet article.

Edition du 27 juillet 2009 par Cacalotl

Référence bibliographique :
Staines Cicero, Leticia.
2001."Mural Glífico del Cuarto 22 de la Acrópolis de Ek' Balam". In La pintura mural prehispánica en México, año VII, núm. 14, junio 2001, IIE-UNAM, Mexico, p. 47-50.

Edition du 5 septembre 2009.
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vendredi 17 juillet 2009

Conférence de Linda Manzanilla Naim au MNA

L'INAH propose sur son site un résumé d'une conférence proposée par l'archéologue Linda Manzanilla Naim. Membre du Colegio Mexicano, elle travaille depuis de nombreuses années sur la Zone Archéologique de Teotihuacan, dirigeant notamment les fouilles dans le quartier de la Ventanilla. Sa conférence fait partie d'un cycle plus vaste fêtant les 100 ans de fouilles à Teotihuacan et les 70 ans de la naissance de l'INAH.
Lors de cette présentation au Museo Nacional de Antropología, Manzanilla a proposé une refonte complète de notre perception du système politique en vigueur. S'opposant à la vision d'un seul lignage dirigeant, soutenue notamment par Ruben Cabrera Castro et Saburo Sugiyama, Manzanilla propose une répartition quadripartite du pouvoir à Teotihuacan. Cette hypothèse repose sur la seule interprétation du bol de Calpulalpan, un petit récipient découvert par Sigvald Linné en 1930 et conservé au MNA.


Relevé du vase retrouvé à Las Colinas, Calpulalpan, Tlax.
In Linné, 1942 : ill. 128, p. 86.

Selon Manzanilla, les quatre personnages et les quatres animaux qui les accompagnent représenteraient les quatre lignages (rapace, jaguar, serpent, coyote) qui se seraient partagés la ville en 4 quartiers . Il s'agirait donc d'un gouvernement de type corporatif. L'archéologue n'exclut pas qu'un de ces lignages soit d'origine popoloca, c'est-à-dire, de la région de Puebla. Les Popolocas étaient chargés du ravitaillement de la ville et donc étaient chargés de maintenir le réseau de routes commerciales.

Malheureusement, le seul bol de Las Colinas ne suffit pas à prouver cette hypothèse. Manzanilla estime qu'il faudrait retrouver l'identité des dirigeants nobles dans le quartier de Teopancazco et qui travaillaient dans le complexe de Xalla. En montrant que Teotihuacan possédait non seul un gouvernement corporatif à l'échelle habitationnelle mais aussi à l'échelle de la ville, Manzanilla espère montrer qu'il s'agirait d'un cas de partage de pouvoir en Mésoamérique. Elle rappelle notamment la forte présence de fleurs à quatre pétales qui, selon Lopez Austin, pourrait être le glyphe de la ville.

Après la conférence de Manzanilla, une autre de Ruben Cabrera Castro et Alejandro Pastrana, a été proposé dans l'amphithéatre Jaime Bodet du MNA. Les prochaines interventions seront le 23 et le 30 juillet prochain.

Cependant l'argument du cosmogramme mésoaméricain régi par quatre points cardinaux est mis à mal si on considère que les anciens mésoaméricains prenaient en compte une dimension verticale. Ce motif de fleur à 4 pétales, toujours selon Manzanilla, auraient sa représentation architectuale dans la composition du complexe de Xalla, à proximité directe de la pyramide du Soleil.

Références bibliographiques :
LINNE, Sigvald.
1942. « Reconocimientos arqueológicos en la región de Calpulalpan, estado de Tlaxcala ». In Antologia de Tlaxcala, Angel Garcia Cook et Beatriz Leonor Merino Carrion (éds.), I.N.A.H., Tlaxcala, p. 67-119, [1997].

MANZANILLA, Linda, Leonardo LÓPEZ LUJÁN et William L. FASH
2006. « Como definir un palacio en Teotihuacan ». In Arquitectura y urbanismo. Pasado y presente de los espacios en Teotihuacan. INAH, Mexico, p. 185-209.
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Esplandor teotihuacano (suite et fin ?)

Le site de l'INAH informe que les lampes et les rails qui avaient été installés à la fin de l'année dernière ont toutes été retirées. Il y a quelques mois, les trous qui avaient été percés pour installer certaines lampes avaient été rebouchés. La note rappelle que les trous avaient pourtant été faits dans un mélange de ciment et de pierres posé lors de la fouille-restauration de Leopold Batres en 1905.

Alejandro Sarabia González, directeur de la Zone Archéologique de Teotihuacan, explique que "trois mille lampes, plusieurs kilomètres de câble, des groupes électrogènes, des escaliers mobiles et des plateformes de ciment ont ainsi été retirés" de la pyramide du Soleil, puis de la pyramide de la Lune et enfin de la Chaussée des Morts.

C'est donc une excellente nouvelle pour celles et ceux qui ont lutté pour l'intégrité du site. Teotihuacan ne sera donc pas comme Uxmal, Chichen Itza ou d'autres sites qui sont utilisés plus à des fins mercantilistes que pédagogiques et scientifiques. C'est un camouflet personnel pour le directeur de l'INAH, mais surtout pour le gouverneur de l'Etat de Mexico, Enrique Peña Nieto qui avait fait d'Esplandor Teotihuacano son fer de lance pour le tourisme dans son état.


Banderole de protestation, Chichen Itza, Yuc.
Photo prise par B. LOBJOIS le 11 juillet 2009.

Ce projet avait créé une vive inquiétude, notamment auprès des représentants mexicains de l'UNESCO, et de la chambre des députés fédéraux. Une vague de protestation, tant au sein de l'INAH comme dans la communauté américaniste, s'était développée.
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Arqueología Mexicana n°98

Avec un peu de retard, étant donné les vacances prises par votre serviteur, Mexique Ancien vous propose le résumé du dernier numéro de la revue de divulgation de l'INAH.



Hasard des publications, une autre revue publiée par Raices, Relatos e Historias, proposait justement un court article sur la construction de l'empire aztèque et son apogée à l'époque de Moctezuma, dans son numéro de juin. Notre intention n'est pas à proprement parler de présenter Moctezuma Xocoyotzin. D'une part parce que ce serait trop difficile à faire en un seul post, mais surtout parce que différentes publications, complètes, critiques et variées, ont été publiés par le passé.

Après la traditionnel rubrique du courrier des lecteurs, on peut lire une manchette courte mais très intéressante sur des fouilles réalisées à Coamiles, sur la côte central de l'état de Nayarit, à l'ouest du pays. Des sondages réalisés dans l'Acropole nord de ce site ont permis de retrouver trois phases de construction tout au long du Postclassique. Les archéologues estiment que Coamiles est un lieu d'observation privilégiant les équinoxes, si on prête attention à l'orientation des bâtiments et l'iconographie pétroglyphique présente sur le site.

Retenons également l'article de Manuel Hermann Lejarazu sur l'origine perdue du Codex Borgia. Suit un article assez moyen proposant des reconstitutions au fusain des principaux bâtiments de l'acropole de Xochicalco.

L'imposant dossier sur Moctezuma Xocoyotzin débute par une chronologie de l'empire mexica depuis sa soumission à Colhuacan à son emprise sur une grande partie de la Mésoamérique. Federico Navarrete propose d'ailleurs un premier article sur les lignages historiques et mythiques sur lesquels reposait la royauté mexica. On y apprend aussi comment le lignage de Tlatelolco avait exagéré sur son origine chichimèque. Navarrete appuie son étude sur l'observation de certaines planches du Codex Azcatitlan.

Leonardo Lopez Lujan et Guilhem Olivier se sont intéressés à l'iconographie de Moctezuma, en particulier à ses attributs de pouvoir. L'archéologue et l'historien insistent sur la connotation divine propre à un empereur, sur les rituels qui lui incombaient, et sur les objets comme la natte, le diadème de turquoise, sa barrette nasale ou sa cape en coton bleu. Ils terminent leur présentation en insistant sur les attributs de Moctezuma lors des guerres.

L'article de Frances Berdan sur l'expansion mexica pourrait être trop court pour un sujet assez vaste. Il convient de le voir plutôt comme une introduction rapide à ce thème. Néanmoins les cartes des tributs et populations soumises sont utiles. D'ailleurs l'auteure insiste sur le tribut pour expliquer ce thème et évoque aussi les défaites subies par Moctezuma avant la conquête espagnole.

Eduardo Matos Moctezuma étant à l'origine de ce dossier, il eût été impossible qu'un article de cet éminent spécialiste des Aztèques n'y figure pas. Son article est orienté sur quatre axes : la rencontre Moctezuma-Cortès, la description du palais du premier, la description de Tenochtitlan et enfin la présentation du marché de Tlatelolco.

Autre grand nom de la pensée moderne sur la Mésoamérique, Miguel León-Portilla s'attache à proposer sa vision de l'antépénultième tlahtoani de Tenochtitlan et résume la succession des événements qui conduisirent à la chute de la ville la plus importante des Amériques et le destin dramatique de Moctezuma Xocoyotzin.

La dernière partie de ce dossier propose une vision synoptique de l'image de Moctezuma dans les arts et la vie quotidienne à travers les siècles.

Ensuite, il est intéressant de lire l'article co-écrit par Eric Taladoire et Annick Daneels sur Jean-Baptiste Fuzier, médecin français ayant participé à la seconde intervention française sur le territoire mexicain. Cet homme faisait partie d'une commission scientifique : ses travaux ont essentiellement porté sur l'archéologie du Véracruz. Il a permis la localisation de certains sites et certaines pièces découvertes ont été fidèlement dessinées sous sa main.

Enfin Xavier Noguez fait une présentation courte du Codice Mendoza dont la présence est plus que pertinente si on considère le thème central de la revue.

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jeudi 2 juillet 2009

Diana Magaloni Kerpel, nouvelle directrice du MNA

L'INAH annonce sur son site la nomination de Diana Magaloni Kerpel à la tête du Museo Nacional de Antropología. Depuis le décès aussi inattendu que polémique de Felipe Solis, le plus grand musée mexicain restait sans directeur (ou directrice en l'occurence). La nouvelle a été relayée par le quotidien marxiste La Jornada ou dans Milenio.

Diana Magaloni Kerpel.
Photo retrouvée le 3 juillet sur le site de l'INAH

Magaloni Kerpel est née à Mexico en 1961 et est titulaire d'un doctorat en Histoire de l'Art de l'Université de Yale. Elle a été étudiante puis enseignante à l'Escuela Nacional de Conservación, Restauración y Museografía (ENCRyM). Elle est professeur d'histoire de l'art à l'Instituto de Investigaciones Estéticas de l'UNAM depuis de nombreuses. Elle est une des membres fondateurs, avec feu la Dr Beatriz de la Fuente, du projet Pintura mural prehispánica en México de l'IIE. Son travail s'est concentrée sur les techniques picturales préhispaniques.

La directrice de la CONACULTA et le directeur de l'INAH ont déjà jalonné le travail de Magaloni Kerpel : elle aura la charge de rapprocher le MNA du système éducatif national et devra continuer la politique de modernisation des salle. Certains commentateurs estiment sur la Jornada que sa nomination à la tête du MNA "n'est pas la bienvenue" et qu'il s'agit d'un "pacte politique entre copains", dénonçant le fait qu'un archéologue n'ait pas été nommé.

Voici quelques références bibliographiques de Diana Magaloni Kerpel.

2006. « Real and Illusory Feathers: Pigments, Painting Techniques, and the Use of Color in Ancient Mesoamerica », Nuevo Mundo Mundos Nuevos, Coloquios, 2006, [En ligne], Mis en ligne le 25 janvier 2006. URL : http://nuevomundo.revues.org/index1462.html. Consulté le 03 juillet 2009.

2005. « Visualizando la nueva era. Los ochos presagios de la conquista de Mexico en el Códice florentino. », Nuevo Mundo Mundos Nuevos, Optika - Exposiciones, 2005, [En ligne], mis en ligne le 10 février 2005. URL : http://nuevomundo.revues.org/index636.html. Consulté le 03 juillet 2009.

Images of the beginning: the Painted Story of the Conquest of Mexico in the Florentine Codex, Ph.D. dissertation, Yale University.

2003. "Visualizing the Nahua /Christian Dialogue: Images of the Conquest in Sahagún’s Florentine Codex and their Sources". In Sahagún at 500 Essays on the Quincentenary of the Birth of Fr. Bernardino de Sahagún, John F. Schwaller (éd.), Academy of American Franciscan History, Berkeley, p. 193-220.

1995. "Les peintures murales de Teotihuacan, Bonampak et Cacaxtla : découvertes des techniques et traditions". In Analyses et conservation d'oeuvres d'art monumentales / Cycle international de conférences étalées du 16 janvier au 25 juin 1992 (et organisées par le) Laboratoire de conservation de la pierre de l' Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, Laobratoire de conservation de la pierre de l'Ecole polytechnique fédérale, Lausanne, p. 125-138.

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Quelques ajouts sur le blog...

Comme vous l'aurez remarqué, Mexique Ancien se modernise et se met au micro-blogging sur Twitter. Vous pouvez désormais nous envoyer informations et commentaires, liens et photos. Vous noterez que depuis peu les articles faisant référence à un site archéologique sont pourvus d'une capture d'écran avec une carte que nous avons créée sur Googlemaps. En cliquant sur les punaises, vous pourrez voir des photos et des liens vers des informations supplémentaires. Nous ne voulons pas faire de Mexique Ancien une usine à gaz. C'est pourquoi nous apprécierons votre rétroalimentation en cas de problème. Merci.

As you may have noticed, Ancient Mexico is modernizing itself and is now available on Twitter. You can send us now your news, comments, links and pictures. You'll notice that papers about an archaeological site come with a screenshot of a map we have recently created on Googlemaps very recently. If you pick on the buttons, you'll see pictures and links to further information. We don't want to do a heavy blog. So we will appreciate your feedback in case of problem. Remember that a translation tool is available on the left column of the blog ! Thank you.

Como lo hubieran anotado, México Antiguo se está modernizando y inicia el microblogging con Twitter. Así que ahora pueden mandarnos información, comentarios, ligas, y fotos. Anotaran también que desde hace poco los articulos referiendose a un sitio arqueológico contenien un screenshot de un mapa que hemos creado en Googlemaps. Dandole click sobre las marcas, podran ver fotos y links hacia material extra. No queremos que Mexico Antiguo sea demasiaso pesado. Por eso nos gustaria su retroalimentación en caso de un problema. Acuerdense que hay una herramienta de traducción en la columna izquierda del blog. Gracias.
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A la découverte de Cholula I

Peu d'activités et de nouvelles archéologiques durant ces derniers jours... Je vous propose donc de faire un petit détour par Cholula, site archéologique pour le moins cocasse dans la mesure où une église a été construite sur une des plus grosses pyramides mésoaméricaines. Voyons d'abord cette vidéo de 5 minutes disponible depuis peu sur Youtube à partir du compte INAHTV. Attention, elle est en espagnol non sous-titré !



Je ne m'étendrai pas aujourd'hui beaucoup sur la description de la zone archéologique de Cholula, Cholollan en nahuatl classique. Plusieurs textes coloniaux font de Cholula, un lieu de pélerinage très importants pour les anciens Mésoaméricains. Ville de Quetzalcoatl, dieu du vent, patron des commerçants, Cholula était fréquentée depuis des temps anciens, comme en témoignent les peintures murales qui ornaient et dont l'état de conservation est actuellement en grand danger en dépit des traitements successifs appliqués. Les archéologues estiment que ses premiers édifices remonteraient au Préclassique (vers 200 avant Jésus-Christ).

Mais elle n'a vraiment pris de l'importance que vers le Xe siècle de notre ère, avec l'arrivée d'individus d'origine toltèque. Comme d'autres cités importantes comme Teotihuacan, Tula, ou Tenochtitlan, Cholula fut une cité multiculturelle. On sait aussi que Moctezuma dut se rendre à Cholula pour honorer Quetzalcoatl et faire légitimer son pouvoir, notamment ses insignes. C'est ce qu'était sensé tout souverain fraîchement intrônisé. Cortès explique dans ses lettres que Cholula était une ville immense, la deuxième du pays par sa population, estimée environ à 100000 personnes.

La conquête espagnole n'a d'ailleurs pas laissé de bons souvenirs à Cholula. Avisés d'un piège tendu par les Aztèques pour empêcher leur progression vers Tenochtitlan, les hommes de Cortès, appuyés par leurs alliés de Tlaxcala (5000) et de Cempoala (400) commirent un acte de guerre qui marquera passablement la mémoire indigène de l'époque (octobre 1519). Les temples furent détruits et les hommes massacrés. Outre l'illustration ci-dessous, le Lienzo de Tlaxcala contient une représentation de ce génocide.


Massacre de Cholula. Détail, aquarelle sur papier, début du XVIe siècle.
William Clements Library, University of Michigan, Michigan, USA.

Retrouvé le 30 juin 2009 sur :
http://www.scholarsresource.com/images/thumbnails/192/x/xtd082575.jpg


Au point qu'aujourd'hui on ne sait toujours pas situer avec exactitude l'emplacement du temple de Quetzalcoatl, centre même du pélerinage. En revanche il est notoire que ses pierres ont été réutilisées pour construire églises et couvents (celui de San Gabriel notamment). La ville n'a donc pas perdu complètement son influence religieuse : la légende urbaine raconte que Cholula compte 365 églises. Il est intéressant de voir comment les Espagnols ont réutilisé les lieux de culte païens pour promouvoir la supériorité de la foi catholique. L'exemple de Cholula n'est d'ailleurs qu'un parmi tant d'autres dans le Mexique colonial.


L'église Nuestra Señora de los Remedios, San Andrès Cholula.
Au premier plan, la plateforme des autels. Photo B. LOBJOIS (mai 2002).

Malheureusement l'information archéologique concernant est lacunaire suite à divers aléas au cours des 50 à 60 dernières années. La Dr Patricia Plunkett, archéologue et professeur à l'Universidad de las Americas de Puebla, nous a expliqué que beaucoup de rapports n'ont jamais été écrits, que le matériel découvert a été détruit par de mauvaises conditions de conservation. Bref, qu'il fallait pratiquement tout refaire, sans avoir beaucoup de traces du passé. Néanmoins, récemment, nous faisions état de découvertes prometteuses.



Le visiteur de Cholula peut explorer les recoins de la grande pyramide au moyen de tunnels qui avaient été percés dans ses différentes phases lors de précédentes fouilles.

Références bibliographiques :
Cortès, Hernan.
2005. Cartas de relación. Editores mexicanos unidos, Mexico. (2ème lettre, p. 64-5)

de Alva Ixtlilxóchitl, Fernando.
1985. Obras Históricas. Tomo I. Edmundo O'Gorman (éd.), UNAM, Mexico.

Lienzo de Tlaxcala.
1892. In Antigüedades mexicanas publicadas par la Junta columbina de México. Ed. facs. préparée par Alfredo Chavero, Secretaria de Fomento, Mexico.

Muñoz Camargo, Diego.
1998. Historia de Tlaxcala. Gobierno del Estado de Cholula-Centro de Investigaciones y Estudios Superiores en Antropología Social-Universidad de Tlaxcala, Tlaxcala. (Livre II, chap. 5, § 308-321)
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mercredi 1 juillet 2009

Comment mettre ses recherches à disposition du public ?

Il est parfois difficile pour un étudiant-chercheur de trouver des revues ou des laboratoires enclines à publier des thèses, des recherches ou des rapports en format libre et électroniques. De nombreuses revues, comme Ancient Mesoamerica ou encore Mexicon, ne permettent qu'un accès restreint (et souvent cher) à des articles ou des travaux dont un étudiant peut avoir besoin.

D'autres comme le Journal de la Société des Américanistes ou Estudios de Cultura Nahuatl, proposent un accès beaucoup plus ouvert à des articles récents, les derniers volumes étant disponibles par abonnement papier.

Michael Smith sur son blog Publishing Archaeology proposait une note sur ce thème des publications disponibles à tous. Un des commentateurs proposait alors de s'enregistrer sur le portail academia.edu. L'idée est donc de s'enregistrer et de télécharger ses travaux pour les mettre à la disposition de la communauté scientifique mais aussi des curieux.
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