lundi 31 août 2009

Quelques photos des fouilles à Chichen Itza

Comme promis, je vous laisse quelques clichés des fouilles qui se déroulent actuellement à Chichen Itza, Yucatan. Les endroits fouillés sont situés sur la place principale entre la pyramide du Castillo, la colonnade des 1000 guerriers et le le Temple des guerriers. J'ai personnellement pris tous les clichés que je pouvais.







Edition du 31 septembre 2009 : l'INAH a récemment mis en ligne une vidéo sur sa chaîne Youtube. On peut y voir Rafael Cobos expliquer les raisons et les objectifs de ces fouilles.



On y apprend notamment que des fouilles ont lieu en parallèle à 2,5 kms du centre de Chichen depuis l'année dernière et qu'elles ont permis la découverte d'un onzième terrain de jeu de balle qui n'avait pas été alors répertoriée. On peut aussi retenir que l'élément architectural visible sur la troisième photo présente des traits similaires à la plateforme de Vénus située en face du Castillo. Partager

dimanche 30 août 2009

Prochainement sur Mexique Ancien

Chers lecteurs et lectrices,
Internet est un moyen de contacter et d'échanger pour le moins surprenant.
Il y a quelques semaines, l'illustrateur Steve Radzi postait sur Aztlan un lien vers une nouvelle section de son site. Je décidais donc de contacter personnellement M. Radzi afin de lui poser quelques questions, étant donné sa carrière atypique. Après avoir échangé quelques mails, M. Radzi a consenti volontiers à répondre à mes questions sur son travail et sur ses voyages en terre maya. Vous aurez donc la primeur de ses déclarations sur notre blog, le temps d'effectuer la traduction de ses réponses en français.
Je tenais donc à remercier publiquement Steve Radzi pour sa gentillesse et sa disponibilité.
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Découverte d'un enterrement préhispanique à Tamazula, Jalisco

Sur son site, l'INAH a fait un communiqué concernant la découverte, en plein centre-ville de Tamazula de Gordiano, dans l'état de Jalisco. Une équipe d'archéologues dirigée par Juan José Anzaldo Gutiérrez, a réalisé une série de fouilles de sauvetage préalable à la construction du nouveau système d'eaux usées. Cinq crânes humains, des figures zoomorphes, de la céramique et un comal avec son couvercle font partie des principaux relevés par les fouilleurs. A l'intérieur de la bouche d'un des crânes, une lame d'obsidienne de 42 cm de long avait été placée.

Anzaldo Gutiérrez n'exclut pas l'hypothèque d'un rituel sacrificiel qui aurait pu avoir lieu après une partie de jeu de balle. Ils ont été datés du Postclassique ancien tout comme le comal. Les figurines et les vaisselles tripodes ont pour leur part été datées de l'Epiclassique. L'ensemble des objets collectés a été transférés dans un laboratoire pour analyses et pour restauration.

[Edition du 30 août 2009] Dès juillet dernier, sur le site internet de la municipalité de Tamazula de Gordiano, on pouvait voir des photos de différents objets extraits du sol lors des mêmes travaux de construction. On parlait alors de deux metates y d'une jarre.


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mercredi 26 août 2009

Intervention sur deux peintures murales de Teotihuacan

Dans son édition en ligne du 27 août, El Universal rapporte que les peintures "Jaguar reticulado", originaire du complexe d'habitations de Zacuala, et "Personajes en procesion", situé dans le Complexe du Soleil. Datées de la phase Tlamimilolpa, ont subi une cure d'"amaigrissement" sous la vigilance des étudiants-chercheurs de l'ENCRyM (Escuela Nacional de Conservación, Restauración y Museografía), dépendance de l'INAH.


Vue générale du complexe de Zacuala, Teotihuacan.
Photo : B. Lobjois, octobre 2004.

Afin d'être conservées, elles avaient été "décrochées" dans les années 1950 avant d'être déposées sur un support métallique combinées à des résines synthétiques. Malheureusement, ces supports ont provoquées des tensions sur la structure même des peintures, dont les dimensions sont importantes.

Le "Jaguar reticulado" mesure 1,93 m de long sur 1 m de large. Mais la peinture est incomplète. La palette de couleurs comprend le vert, le bleu, le rouge et le jaune. D'autre part les "Personajes en procesion" ont des dimensions plus importantes : 2,21 m de long sur 1,36 m de large. Si les couleurs sont moins variées, on peut cependant clairement observer un rite.


Complexe Nord de la Pyramide du Soleil, Teotihuacan.
Photo : B. Lobjois, mai 2002.

Cette cure a permis aux chercheurs de l'ENCRyM mais aussi du Museo Nacional de Antropologia, notamment Sergio González García et Laura Filloy Nadal, de déterminer des critères nouveaux dans le traitement des peintures murales. Margarita López Fernández, restauratrice à l'ENCRyM, explique au quotidien mexicain que l'opération a consisté à chauffer la résine et à utiliser de manière lente et contrée des mouvements de leviers . Mais son équipe a dû procéder à de nombreuses expériences avant de procéder directement sur les oeuvres.



Les deux peintures retourneront prochainement dans la salle Teotihuacan du MNA où elles seront à nouveau exposées aux visiteurs.

Référence supplémentaire :
Brève sur le site de l'INAH :




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dimanche 23 août 2009

The Mesoamerican Ballgame

Voici un très joli site internet en anglais et développé sous flash qui présente l'histoire du jeu de balle mésoaméricain de manière pédagogique et divertissante. En fait le site a été créé pour des scolaires. On peut en effet effectuer différentes activités.

Le site compte quatre grandes sections. La première, intitulée Explore the world, permet une découverte géographique et temporelle de la Mésoamérique.



La seconde propose des explications sur la balle, le terrain, l'uniforme et les règles du jeu de balle. Certes il s'agit de raccourcis mais il ne fau pas oublier l'aspect vulgarisateur de ce site.

La troisième partie contient à la fois une vidéo reconstituant le jeu et un jeu de questions-réponses sur le sujet.





La dernière est une série de liens renvoyant à des expositions sur le jeu de balle ayant eu lieu aux USA en 2001 et 2002.

Vous l'aurez compris, ballgame.org n'a pas une vocation de précision scientifique sinon plutôt de sensibilisation et de vulgarisation. Ce site est spécialement indiqué pour les enfants.
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samedi 22 août 2009

Construction d'un laboratoire d'études épigraphiques à Monte Alban

Alors que le déchiffrement de l'écriture maya avance à grand pas, il faut bien reconnaître que les découvertes en matière d'épigraphie zapotèque sont beaucoup plus limitées.

La construction d'un laboratoire d'épigraphie zapotèque permettra peut-être d'accélérer le rythme et la quantité de recherches sur le sujet. La directrice du site de Monte Alban, dans l'état de Oaxaca, a notamment expliqué que ce centre de recherches sera édifié sur le fameux site archéologique, classé au patrimoine de l'humanité. Il aura également pour but la conservation des quelques trois cents stèles qui y ont été découvertes.

90000 dollars du World Monuments Fund et 750000 pesos de l'INAH seront ainsi utilisés pour la construction de ce centre qui sera probablement inauguré en 2010. Les chercheurs pourront alors compter sur un équipement spécialisé pour effectuer leurs différentes études. En attendant, Monte Alban accueillera sa V Mesa Redonda du 2 au 5 septembre prochain.
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vendredi 21 août 2009

Découverte d'une yacata à Ario de Rosales, Michoacan

Sur son site internet, l'INAH fait état de résultats partiels lors de fouilles entreprises à Ario de Rosales, dans l'état du Michoacan. Deux paysans cherchant un champ pour cultiver des avocats sont tombés par hasard sur un monticule couvert d'herbes. Ils ont entrepris de désherber l'endroit et ont pu prendre des photos qu'ils ont envoyées au Centro INAH-Michoacan.


Afficher Zones archéologiques présentées sur Mexique Ancien sur une carte plus grande
Localisation d'Ario de Rosales, Michoacan.

Après observation des clichés et visite sur le terrain, l'archéologue Roberto González Zúñiga a pu leur confirmer leur découverte, indiquant qu'il s'agissait même d'une yacata, nom tarasque pour une pyramide combinant des plates rectangulaires et semi-circulaires. Cette yacata n'a pas les dimensions énormes de ses parentes du site de Tzintzuntzan, toujours dans le Michoacan. Mais avec ses 4 m de haut pour 14 m de large sur 20 m de long, elle a tout de même fière allure. Elle pourrait être toutefois plus étendue, si on en croit les deux phases de construction clairement visible.


Vue partielle de la yacata de Ario de Rosales, Michoacan.
Photo : El Universal, retrouvée le 21 août 2009

Selon González Zúñiga, cette yacata pourrait faire partie d'un centre cérémoniel daté du Classique (300-850 après Jésus Christ) et probablement influencé par Teotihuacan. L'ensemble serait connu depuis 2004 et s'étendrait sur 13 à 15 hectares. Néanmoins elle ne semble pas avoir été construite par les Purépéchas.

La Coordinación Nacional de Arqueología a été invitée à établir la zone de sauvetage archéologiques pour effectuer l'enregistrement du site.

La nouvelle a été reprise sur les sites d'informations mexicains et même étrangers :
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dimanche 16 août 2009

Quelques publications

Le site de l'INAH propose au lecteur des critiques sur des livres à parâitre ou récemment parus. Aujourd'hui, j'aimerais vous parler de deux ouvrages.

Le premier s'appelle Las aguas celestiales : El Nevado de Toluca. Dans cet ouvrage édité par l'INAH, il est question des différentes fouilles et découvertes réalisées sur le Nevado de Toluca, que Citlalilhuicatl avait rapporté à plusieurs reprises.
Co-rédigé par Pilar Luna, Arturo Montero et Roberto Junco, cet ouvrage cherche cependant à mettre en valeur également le patrimoine artistique et photographique en relation directe avec le Nevado. Il vous en coûtera 350 pesos pour l'acquérir.



Le second ouvrage est à paraître dans les prochaines semaines. Intitulé sobrement Olmecas, Ii sera précédé d'une série de conférences organisées par l'INAH pour sa présentation au public, au MNA, à l'UNAM, au Museo de Antropología de Xalapa et à l'Université Autonome de Tabasco. Comprenant deux volumes, on peut télécharger ce fichier pdf pour voir les couvertures de cet ouvrage.
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Nouvelle promenade virtuelle : Le musée du Grand Temple de Tenochtitlan

Dans sa nouvelle série de mini-sites dédiés à l'archéologie mexicaine, l'INAH propose désormais une visite en vue panoramique ou à 360° du Musée du Grand Temple de Tenochtitlan. Au total, ce sont huit salles qu'on peut (re)découvrir.
On notera cependant des erreurs qui sont indignes d'une institution aussi importante que l'INAH. On nous présente en effet les deux urnes funéraires 10 et 14 comme étant les offrandes 39 et 34.
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De l'utilisation de la brique à Jonuta, Tabasco

Miriam Gallegos Gomora, enseignante-chercheuse du Centre INAH-Tabasco a exposé à la presse une découverte très intéressante faite sur le site tabasqueño de Jonuta. Occupée depuis le Classique moyen (phase Jonuta de 600 à 1000 après Jésus Christ) jusqu'au Postclassique (phase Cintla de 1000 à 1350 après Jésus Christ), Jonuta est situé sur la rive droite du fleuve Usumacinta, dans l'état du Tabasco, à quelques encâblures de Villahermosa et d'un autre site maya situé encore un plus au nord-ouest, Comalcalco.


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Une première campagne de fouilles d'un mois, appelée Proyecto Jonuta 2009, a commencé à livrer des éléments d'études intéressants sur l'architecture domestique des populations mayas qui habitaient sur ce site. Ils étaient d'ailleurs connus pour leur production de vaisselles et figurines en céramique à des fins de commerce régional.

Au final de cette campagne, les archéologues ont ainsi mis à jour quatre murs parallèles de maçonnerie. De petites briques faites en mortier de coquillages et de chaux étaient le matériel utilisé alors qu'à Comalcalco, les maisons et bâtiments à usage domestique étaient réalisés à partir de briques en terre compactée.


Restes de briques utilisées à Jonuta, Tabasco
Photo : Agencia El Universal, disponible le 15 août 2009 sur le site du quotidien El Universal.

D'autre part, des coquillages, des objets en matériaux d'origine marine, des poinçons en os, des lames en obsidienne, et des ossements de petits animaux ont été également retrouvés, suggérant la tenue d'un rituel face à ce bâtiment.

Enfin une offrande composée de cinq figurines et deux vaisselles ont été retrouvées à proximité d'un monticule. Seulement deux des cinq figurines étaient complètes : elles représentent de deux femmes en position de prière, c'est à dire les bras levés. Elles étaient disposées à l'intérieur des vaisselles, le visage orientée vers le ciel. Pour Gallegos, il ne s'agit pas d'une offrande mortuaire, mais plutôt d'une offrande rituelle liée à la fertilité.

Deux articles publiés dans le quotidien El Universal font état de la campagne de fouilles de Jonuta :
D'autres quotidiens font également part de la nouvelle :
En revanche, rien n'a filtré apparemment sur le site de l'INAH.
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Découverte d'un autel maya

Préliminaire à des travaux d'élargissement de la route entre Mérida au Yucatan et son voisin du Yucatan, une jolie découverte a été faite par une équipe d'archéologue de l'INAH Yucatan.


Photo : EFE.
Disponible le 15 août 2009 sur El Universal.

Il s'agit d'un autel constitué de deux cents pierres travaillées et pesant chacune dix kilos. Daté du Classique ancien entre 300 et 600 après Jésus Christ, l'autel sera démonté puis remonté à hauteur d'un échangeur pour que les automobilistes puissent le voir. Il semblerait que, dans les environs, plusieurs indices d'occupation de l'époque Préclassique avaient été retrouvés.
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lundi 3 août 2009

Templo Mayor (23 juillet 2009)

Après trois ans d'attente, j'ai pu entrer dans le saint des saints : les fouilles sous le monolithe de Tlaltecuhtli. J'ai sacrifié une après-midi du CIA pour visiter avec mon épouse ce qui constituera sans doute la plus grosse base d'informations archéologiques disponibles sur les Tenochcas. Le tout guidé par Leonardo López Luján, responsable des fouilles.

Malheureusement, comme il s'agit de fouilles et d'études en cours, il est impossible d'en prendre des photos. Je me contenterai donc de vous décrire brièvement ce que nous avons vu, senti, expérimenté.


Date 12 Lapin, détail du monolithe de Tlaltecuhtli.
Photo retrouvée le 3 août sur le site http://definitivo.com .

Tout d'abord, nous avons fait un petit séjour dans le campement des fouilles pour voir le travail d'inventaire, de dessins et de photographies réalisée par l'équipe de Leonardo. J'ai pu prendre et observer un joli petit jade maya représentant un personnage portant une coiffe en forme de serpent à plumes. Je l'avais là dans mes mains, nettoyé après avoir passé plus de 500 ans sous terre. J'avais presque des palpitations. Un vrai gosse dans un magasin de jouets.

Leo nous a ensuite montré le crâne d'un canidé découvert dans une offrande à caractère aquatique et à connotation de fertilité. L'animal porte des boucles d'oreilles en turquoise (pière extrêmement rare à l'époque puisque les gisements les plus proches sont dans le sud-ouest des USA), un pectoral en jade et des clochettes en or sur les pattes. L'équipe l'a humoristiquement appelé "l'aristochien".

Nous sommes sortis du campement pour passer sous une autre structure à humidité constante : là ont été déposés les énormes blocs qui constituent le monolithe de Tlaltecuhtli. L'ensemble est plus grand que la pierre du soleil du MNA ou que la pierre de Coyolxauhqui : 12 tonnes pour 4 m de long et 3,57 m de large. C'est dire l'importance de cette divinité dans la cosmovision mexica. Si vous regardez les photos sur le blog, vous verrez que la pierre est boueuse. Et bien, figurez qu'elle a été patiemment nettoyée et séchée pendant une année complète pour révéler ses plus belles couleurs.


Offrande 120, in situ, Templo Mayor, Mexico.
Photo retrouvée le 3 août 2009 sur le blog El jardin de las Dudas.

L'apparence est saisissante tant on est peu habitué à voir ce genre de pièces avec ses couleurs originales. D'ailleurs le Templo Mayor, pour fêter les 30 ans de la découverte de la pierre de Coyolxauhqui, propose une projection au-dessus du monolithe qui simule les pigments utilisés pour la colorer : rouge, jaune, blanc, bleu, noir. Ce sont les mêmes couleurs qu'on peut observer en regardant Coyolxauqhui. Quelle émotion en voyant sa chevelure désormais et les boules de coton la décorant! Quelle impression en voyant les griffes et mâchoires ornant ses mains et ses articulations ! Et que dire de la représentation centrale mais très complète d'un personnage portant des sandales typiques des dirigeants!





Pierre de Coyolxauqhui, reconstitution des couleurs par vidéoprojection. Museo del Templo Mayor.
Photos : B. LOBJOIS, le 19 juillet 2009.

Enfin le dernier moment fut la descente vers les fouilles à proprement parler. Ce qui surprend alors, c'est la fraîcheur et l'humidité qui règne. En effet les objets remontés à la surface le sont de haute lutte : des pompes fonctionnent 24 heures sur 24 pour débarrasser de l'eau qui fluctue. Il ne faut pas oublier que le Templo Mayor et l'ensemble de Tenochtitlan ont été construit sur une île artificielle !

A l'emplacement du monolithe de Tlaltecuhtli, on peut voir une énorme caisse en pierre : à l'intérieur, parfaitement conservés par l'eau, plus de 3000 ossements de félidés et canidés attendent d'être remontés quand le niveau baissera. Juste un demi-mètre à l'est, on peut voir un trou, où plusieurs offrandes ont été superposées : actuellement ce sont 21 braseros dont on devine les formes qui patientent entre eau et boue.

Enfin un peu plus à l'ouest, dans l'axe de la chaussée qui menait avant à Tacuba, on voit nettement les différents niveaux (7 jusqu'à présent) des offrandes qui couvrent l'accès à trois salles qui ont été repérés par géoradar mais qui demeurent inaccessibles pour la même raison : l'eau. Chaque offrande avait été soigneusement scellée si bien que les archéologues sont ainsi les premiers à découvrir ce qui avait été caché pendant cinq siècles.

Fin du show, nous devisons patiemment en regardant le compagnon de Leonardo fouiller. Il nous confirme la construction d'une extension du musée où le futur visiteur accèdera au monolithe après un parcours qui le guidera à travers les différentes offrandes mises au jour. Il évoque aussi les pressions de sa hiérarchie, "soucieuse d'annoncer une grande découverte pour les fêtes du bicentenaire de l'Indépendance" en 2010. Ce à quoi Leonardo a répondu qu'il se comparait à un cardiologue qui ne peut pas se permettre de faire la moindre erreur en opérant son patient.

Nous remontons ensuite lentement vers la sortie, celle d'un rêve éveillé et mesurant pleinement le privilège que nous avons eu.
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dimanche 2 août 2009

Vers une restauration des peintures de Tepantitla à Teotihuacan

C'est ce qu'indique le quotidien El Universal dans sa version en ligne du 30 juillet dernier. Cette date était en effet la dernière pour le cycle de conférences à caractère vulgarisatrice proposé par l'INAH, dans le cadre de l'exposition Teotihuacan : Ciudad de los Dioses.


Jaguars, peinture murale, Teotihuacan.
Photo disponible le 2 août 2009 sur le site d'El Universal.

Cette restauration d'un des ensembles de peintures murales les mieux conservées et les plus complètes de Teotihuacan sera à la charge d'une équipe interdisciplinaire et interinstitutionnelle puisque l'INAH et l'UNAM ont signé un accord en ce sens. Pour parvenir à un travail de restauration satisfaisant, les chercheurs Roberto Pliego, Ignacio Rodríguez et Luis Alfonso González Miranda passeront par une reconstitution virtuelle des dites peintures, notamment afin de retrouver l'éclat originale des couleurs et par là-même, donner une vision plus ample de ce qu'était la grande métropole à l'époque Classique (300-650 après J.C.). Pour autant, aucune date n'a encore été déterminée. Tepantitla était certainement un complexe habitationnel réservée à une élite. Située à l'est de la Pyramide du Soleil, elle a été fouillée dans les années 1940.

Une autre conférence, proposée par Teresa Uriarte, professeure et chercheuse à l'Instituto de Investigaciones Estéticas de l'UNAM, proposait de découvrir quatre thèmes iconographiques importants à Teotihuacan : le jeu de balle (pour lequel aucun indice architectural n'a été retrouvé jusqu'à présent), la préoccupation constante pour la mesure du temps, le sacrifice et l'autosacrifice, et enfin la relation de Teotihuacan avec la zone maya.

C'est d'ailleurs sur ce dernier point que la chercheuse mexicaine s'est distinguée proposant de revoir la relation que Teotihuacan entretenait avec Copan, grande ville maya de l'époque classique. Car si les liens entre les deux cités sont pratiquement reconnus par la communauté mésoaméricaniste, Uriarte estime en effet que les représentations du Coyote emplumé et du Jaguar réticulé sur les peintures d'Atetelco, à l'ouest de la chaussée des morts, pourraient symbolisait les liens très fort unissant deux civilisations. Elle appuie sa théorie sur les récentes découvertes faites à Copan (Honduras).


Vue aérienne du complexe d'Atetelco, Teotihuacan.
Photo disponible le 2 août 2009 sur http://www.latinamericanstudies.org/teo-buildings.htm

Selon elle, le coyote est un animal du Haut Plateau central alors que le jaguar était très présent dans les terres mayas. Elle a notamment indiqué la présence d'un glyphe maya traduit par "ville" et présent sur les corps des serpents entrelacés et peints autour des jaguars et des coyotes. Ce glyphe serait également visible sur les peintures de Tetitla et indiquerait la "fondation d'une nouvelle Tollan qui pourrait être Copan".

D'ailleurs Ricardo Agurcia, responsable des fouilles sur le site de Copan, avait rappelé un peu plus tôt la découverte d'une tombe dans la chambre centrale de la pyramide d'Oropendola et qui pourrait être celle du second dirigeant de Copan, appelé Jaguar réticulé dans les textes. Il convient ici de marquer une pause et de rappeler que ce ne sont que des hypothèses reposant que sur des présupposés, notamment en ce qui concerne ce que R. Agurcia espère découvrir.


Pyramide d'Oropendula, Copan, Honduras.
Disponible le 2 août 2009 sur http://www.copanhn.com/es/ruinas_copan/templo_oropendula.html .

Toutefois plus les recherches et plus les hypothèses en rapport au système politique, et donc social, de Teotihuacan se complique. Si on reprend l'hypothèse d'un pouvoir partagé entre quatre communautés, celle d'un pouvoir aux mains de deux personnes, et désormais celle proposée par Uriarte, il devient difficile de faire la lumière.
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