Il y a onze ans, une équipe d'archéologues découvraient une urne funéraire enroulée dans un linge rouge à Comalcalco, zone archéologique située dans l'état de Tabasco.
Appelée Urne funéraire n°26, elle reposait dans la façade du Temple II de ce site (Armijo Torres et alii, 2006 : ill.1 ; Navarrete, 1967) tête-bêche, sur les restes d'un adulte de sexe masculin. Le squelette, incomplet et désarticulé était accompagné d'une offrande comportant quatre-vingt-dix morceaux de coquillage, dont trente-quatre avec des cartouches de quatre à six glyphes. Trente aiguillons de raie mantas faisaient partie du mobilier funéraire dont vingt-cinq ont des cartouches de six à vingt-deux glyphes.
Les archéologues ont récupéré aussi des morceaux de pyrite, sept pendentifs en serpentine, en jadéite et en nacre, soixante-douze perles, cinquante-deux dents de requins perforées, une excentrique en silex, deux noyaux en obsidienne noire, neuf lames en obsidienne grise, sept poinçons réalisés à partir de queues de raies. L'intégralité de l'offrande était recouverte de cinabre rouge, ce minéral rouge toxique lorsqu'il est ingéré, notamment par voie aérienne (Armijo Torres, 2008).
Pour Armijo Torres, directeur du Proyecto Arqueologico Comalcalco, les glyphes ont une forte connotation religieuse et révèle le nom de la personne enterrée sous l'urne. Il s'agirait d'un certain Aj Pakal Than, "Seigneur du feu". Les rituels d'auto-sacrifices annuels qu'il a effectués durant quatorze ans sont ainsi répertoriés à partir de la date en Compte long 9.17.0.0.7, 7 Manik, 0 Pop qui correspond au 31 janvier 771 après Jésus Christ.
Ce cliché montre que l'information a été déjà présentée rapidement sur le site internet de la revue Arqueología Mexicana.
L'INAH a récemment publié le début du déchiffrement des 260 glyphes présents dans cette offrande, en le présentant comme le texte maya le plus long. Immédiatement la machine médiatique de Discovery Channel a suivi, présentant cette information comme une découverte très récente. L'information a été reprise en espagnol sur le site du journal El Heraldo de Tabasco et d'autres médias sur internet, notammant la liste Aztlan. Pourtant, comme on peut le constater dans les références, cette "découverte" n'en est pas vraiment une dans la mesure où Ricardo Armijo avait déjà publié des avancées significatives sur le contenu de cette urne.
Sur la liste Aztlan, une petite polémique apparaît. L'épigraphiste Elaine Schele remet en outre en cause la crédibilité et les incohérences de l'article de Discovery Channel, mais également de la thèse d'Armijo Torres en ce qui concerne une association entre ajaw, "roi" en maya, et la fonction de prêtre qui normalement était distincte de l'ajaw. Sa collègue Karen Bassie traduit ajaw comme "vassal", ce qui changerait complètement la signification de l'urne.
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Appelée Urne funéraire n°26, elle reposait dans la façade du Temple II de ce site (Armijo Torres et alii, 2006 : ill.1 ; Navarrete, 1967) tête-bêche, sur les restes d'un adulte de sexe masculin. Le squelette, incomplet et désarticulé était accompagné d'une offrande comportant quatre-vingt-dix morceaux de coquillage, dont trente-quatre avec des cartouches de quatre à six glyphes. Trente aiguillons de raie mantas faisaient partie du mobilier funéraire dont vingt-cinq ont des cartouches de six à vingt-deux glyphes.
Vue générale de la Zone archéologique de Comalcalco, Tabasco.
Photo de Miguel Marn, disponible le 30 décembre 2009 sur :
Les archéologues ont récupéré aussi des morceaux de pyrite, sept pendentifs en serpentine, en jadéite et en nacre, soixante-douze perles, cinquante-deux dents de requins perforées, une excentrique en silex, deux noyaux en obsidienne noire, neuf lames en obsidienne grise, sept poinçons réalisés à partir de queues de raies. L'intégralité de l'offrande était recouverte de cinabre rouge, ce minéral rouge toxique lorsqu'il est ingéré, notamment par voie aérienne (Armijo Torres, 2008).
Pour Armijo Torres, directeur du Proyecto Arqueologico Comalcalco, les glyphes ont une forte connotation religieuse et révèle le nom de la personne enterrée sous l'urne. Il s'agirait d'un certain Aj Pakal Than, "Seigneur du feu". Les rituels d'auto-sacrifices annuels qu'il a effectués durant quatorze ans sont ainsi répertoriés à partir de la date en Compte long 9.17.0.0.7, 7 Manik, 0 Pop qui correspond au 31 janvier 771 après Jésus Christ.
Lecture des glyphes.
Epine sacrificielle retrouvée dans l'urne funéraire de Comalcalco, Tabasco.
Aiguillon de raie manta sculpté. Classique.
Dimensions : 25 x 13 mm ; 2 mm d'épaisseur.
Aiguillon de raie manta sculpté. Classique.
Dimensions : 25 x 13 mm ; 2 mm d'épaisseur.
Photo retrouvée le 30 décembre 2009 sur http://www.arqueomex.com/images/FOTOSNUM91/pieza91.jpg
Ce cliché montre que l'information a été déjà présentée rapidement sur le site internet de la revue Arqueología Mexicana.
L'INAH a récemment publié le début du déchiffrement des 260 glyphes présents dans cette offrande, en le présentant comme le texte maya le plus long. Immédiatement la machine médiatique de Discovery Channel a suivi, présentant cette information comme une découverte très récente. L'information a été reprise en espagnol sur le site du journal El Heraldo de Tabasco et d'autres médias sur internet, notammant la liste Aztlan. Pourtant, comme on peut le constater dans les références, cette "découverte" n'en est pas vraiment une dans la mesure où Ricardo Armijo avait déjà publié des avancées significatives sur le contenu de cette urne.
Sur la liste Aztlan, une petite polémique apparaît. L'épigraphiste Elaine Schele remet en outre en cause la crédibilité et les incohérences de l'article de Discovery Channel, mais également de la thèse d'Armijo Torres en ce qui concerne une association entre ajaw, "roi" en maya, et la fonction de prêtre qui normalement était distincte de l'ajaw. Sa collègue Karen Bassie traduit ajaw comme "vassal", ce qui changerait complètement la signification de l'urne.














