vendredi 29 janvier 2010

Découverte d'un masque en stuc à Chilonché, Guatemala

Après le Michoacan, voici une autre belle découverte. Partons vers le nord du Guatemala où une équipe d'archéologues de l'Université de Valence, en Espagne, a mis la main et la truelle sur un masque en stuc de grandes dimensions.

Masque, Stuc, Maya, Chilonché, Peten, Guatemala.
Photo : ThinkSpain. Disponible le 27 janvier sur


A première vue, il semblerait qu'il soit plus ancien que la plupart des structures qui avaient été fouillées jusqu'à présent, reposant aindi la chronologie du site. Mesurant 2,8 mètres sur 3, sa hauteur visible atteint 1,5 m.

Ce type de masque n'est pas sans rappeler ceux qu'on peut voir sous la Pyramide des Masques, à Kohunlich, Quintana Roo. Il s'agirait en l'occurence de représentations solaires. Elles ne sont pas datées précisément. Mais la structure sous laquelle ils reposaient datait d'environ 500 après Jésus-Christ.


Masque solaire de la Pyramide des Masques, Kohunlich, Quintana Roo.
Photo prise le 02/01/07 par Luyen. Disponible le 27/01/2010 sur http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/71/Kohunlich.JPG

Références :
Voici un joli site internet sur Kohunlich : http://www.inahqr.gob.mx/Kohunlich/Kohunlich.htm

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Du nouveau sur le sarcophage découvert à Tonina

Il suffisait d'être patient. L'INAH a officiellement publié une note sur son site. La presse mexicaine n'est pas en reste et on peut retrouver ici ou là quelques clichés de la découverte faite par l'équipe d'archéologues dirigée par Juan Yadeun Angulo.

L'archéologue Juan Yadeun Angulo devant l'entrée du sarcophage,Tonina.
Photo : INAH. Retrouvée le 28 janvier 2010 sur

Certains spécialistes de l'INAH n'hésitent pas à voir dans cette découverte un moyen d'expliquer la chute des royaumes mayas des Hautes Terres, étant donné que sa datation remonte à cette époque, entre 840 et 900 de notre ère. Un parallèle audacieux a également été fait avec la tombe de la Reine Rouge de Palenque au début des années 1990, étant donné ses dimensions et l'absence complète de données épigraphiques.

Vue extérieure du sarcophage depuis la plateforme 5, Tonina, Chiapas
Photo : Jesus Quintanar. Retrouvé le 29 janvier sur Milenio.

Yadeun Angulo a rapporté les mesures complètes de ce sarcophage : 2 mètres de long pour 70 centimètres de large. Une pierre de mêmes dimensions et de 15 centimètres de hauteur couvrait le sarcophage. Il a été découvert par accident dans une anomalie de la cinquième plateforme de l'Acropole de Tonina.

Mais le sarcophage a révélé plusieurs informations curieuses. D'abord il y a les restes d'un individu de haut rang, probablement une femme ou un enfant. Des études de médecine légale seront menées pour déterminer le sexe de cet individu et sa filiation ethnique.

Mais certains os ont été retrouvés hors du sarcophage. Cela sous-entend une altération postérieure de la tombe. C'est là qu'intervient une vaisselle en céramique globulaire et contenant des ossements bouillis et fragmentés. Elle est datée de la fin du XVème siècle. Yadeun émet l'hypothèse selon laquelle le site a été partiellement réoccupé par un cacique tzeltal : il aurait fait ouvrir différentes tombes et remplacé les objets originaux par de nouvelles offrandes.

 Olla de style Chib et ossements.
Sarcophage de la cinquième plateforme, Acropole, Tonina.
Epiclassique, Maya.
Photo : El Universal, retrouvée le 18 janvier 2010 sur

Néanmoins l'idée que cette découverte puisse expliquer à elle seule le déclin de la civilisation maya reste faible. L'hypothèse officielle serait qu'à l'époque du sarcophage, plusieurs tribus originaires du Haut Plateau Central  (peut-être de Tula, Hidalgo) auraient occupé par les armes plusieurs cités mayas.

Edition du 29 janvier 2010
L'INAH a mis une vidéo de la découverte de Tonina à disposition du public sur sa chaîne INAHTV.


Edition du 1er février 2010
Dans une note publié le 31 janvier sur son blog Maya News Update, l'épigraphiste Erik Boot parle d'une autre vidéo visible sur le site du magazine allemand Der Spiegel. On y voit quelques prises de vue de la fameuse pierre retrouvée en parallèle du sarcophage. Or il semblerait que la découverte de cette pierre n'ait pas été découverte en même temps. Boot explique que, grâce à un collègue, il avait pu s'en procurer un dessin en 2007 et que la pierre avait probablement découverte dès 2006. La question se pose alors de savoir pourquoi l'INAH n'a pas apporté cette précision ô combien importante dans son communiqué de presse : est-ce par sensationnalisme ? Par "oubli" ?

D'autre part, en ce qui concerne le sarcophage, les affirmations de Yadeun d'une incursion toltèque à Tonina ont provoqué des réactions très sceptiques tant de la part de mayistes, comme David Stuart de l'Université du Texas, que des spécialiste du Haut Plateau Central, comme Susan Gillespie.


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jeudi 28 janvier 2010

Serie de debates en los canales 11 y 22 de México

Une fois n'est pas coutume, cette note s'adresse à nos lecteurs mexicains et à ceux suffisamment malins qui pourront voir un série de débats sur une chaîne mexicaine.

En el marco de los eventos en relación con el Bicentenario de la Independencia mexicana y el Centenario de la Revolución mexicana, el canal 11 del Instituto Politécnico Nacional  y  el canal 22 de la Universidad Nacional Autónoma de México propone una serie de documentales y entrevistas llamados "Discutamos Mexico".

Del 26 de enero al 5 de febrero, se transmitirán y repetirán cuatro programas sobre Mesoamérica :
  1. El mundo mesoamericano : Eduardo Matos Moctezuma siendo moderador de un debate entre Miguel León-Portilla, Féliz Báez y Sara Ladrón de Guevara. Repetición el 29 de enero, 20 horas, Canal 22.
  2. Pensamiento en el mundo antiguo : Eduardo Matos Moctezuma siendo moderador de un debate entre Yólotl González Torres, Johanna Broda y Mercedes de la Garza. El 27 de enero, 20 horas, Canal 11. Repetición el 30 de enero, 20 horas, Canal 22.
  3. Manifestaciones artísticas : Eduardo Matos Moctezuma siendo moderador de un debate entre María Teresa Uriarte, Diana Magaloni, Pablo Escalante. El 1 de febrero, 20 horas, Canal 11. Repetición el 4 de febrero, 20 horas, Canal 22.
  4. El encuentro de dos culturas :  Eduardo Matos Moctezuma siendo moderador de un debate entre Miguel León-Portilla, Féliz Báez y Rodrigo Martínez Baracs. El 2 de febrero, 20 horas, Canal 11. Repetición el 5 de febrero, 20 horas, Canal 22.
Se puede escuchar esos debates en Radio Educación, los martes, miércoles y jueves a las 15.30. Lo mejor del programa se puede ver los domingos en el canal 11 a las 20.30 horas.

Chers lecteurs francophones, nous essaierons de vous proposer un résumé de chaque débat et espérons vos commentaires et réactions.
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    Découverte d’un sarcophage de pierres à Tonina, Chiapas

    Le quotidien La Jornada annonce les résultats partiels d'une campagne de fouilles entreprise par l'INAH sur le site maya de Tonina. Pour l'heure, aucune publication plus détaillée n'a été faite sur le site de l'INAH. Aucune photographie n'a été proposée à la presse ou au public. On n'en sait pas plus sur les archéologues en charge de ce projet.


    Il ressort néanmoins que le sarcophage a été découvert à la fin 2009. Des morceaux de céramiques et des restes osseux ont été récupérés et datés entre 840 et 900 de notre ère, soit à l'Epiclassique. La dépêche indique que les travaux ont permis de retrouver un mur stuqué sur lequel a été gravé un long texte épigraphique à caractère dédicatoire et explicatif d'un des gouvernants du site.


    Face à un tel blackout de la part des autorités, vous l'aurez donc compris : wait and see !
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    mercredi 27 janvier 2010

    Fouilles à La Perseverancia, Michoacan

    Difficile de faire mieux ce jour. A travers des médias moins connus, on peut trouver traces d'importantes découvertes.

    C'est le cas de cette cité perdue, abandonnée au Michoacan. Rien de ce qui a été découvert ne permet une identification avec des populations qui peuplait cette partie du Mexique. Il ne s'agit de Nahuas, ni de Purepechas, ni d'Otomies, ni de Chichimèques. C'est le quotidien en ligne Provincia qui a proposé cette information pour le moins suprenante et qui mériterait des crédits plus importants.


    Reste de l'édifice K9, La Perseverancia, Michoacan
    Photo : Rodolfo Cid. Retrouvé le 26 janvier 2010 sur :

    Tout reste à faire pour les archéologues dirigés par Alejandro Salafranca. Bonne chance à son équipe...
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    mardi 26 janvier 2010

    Ouverture de Plan de Ayutla, Chiapas en 2012

    Les annonces d'ouverture de nouvelles zones archéologiques au public se poursuivent. Le touriste ne s'en plaindra pas. Ni le gouvernement mexicain dirigé par Felipe Calderon. Il faut dire qu'après le pétrole, le tourisme reste la seconde source de devises pour le pays. Après une année 2010 morose, minée par l'épidémie de grippe AH1N1, la crise économique, et la réputation de plus en plus sulfureuse du pays, le gouvernement espère bien profiter de l'expertise des archéologues et travailleurs de l'INAH pour proposer des destinations différentes pour augmenter le tourisme culturel dans les mois et années à venir.



    Ill. 1. Edifice de Plan de Ayutla, Chiapas.
    Photo retrouvée le 25 janvier 2010 sur

    Plan de Ayutla sera donc parmi les derniers sites à être inaugurés. Situé dans l'état du Chiapas, comme Lagartero que nous avons rapidement présenté il y a peu, Plan de Ayutla est situé sur les berges de l'Usumacinta, et regroupait soixante-quatorze bâtiments répartis sur trois acropoles, l'ensemble étant disposé sur vingt-cinq hectares. Le site fut occupé dès le Préclassique tardif (vers 150 avant Jésus-Christ) jusqu'à l'Epiclassique (vers 1000 de notre ère).



    Afficher Zones archéologiques présentées sur Mexique Ancien sur une carte plus grande
    Ill. 2 . Carte des Hautes Terres

    Les mêmes inscriptions ont révélé deux noms possibles du temps de sa splendeur. Le premier toponyme serait Sak T’zi’ (Chien Blanc) : elle aurait été impliquée alors  dans de nombreux conflits avec d'importantes cités des Hautes Terre comme Tonina (Popo), Palenque et Yaxchilan (Pa' Chan), au Mexique ou Piedras Negras (Yo'ki'b) au Guatemala (ill.2).


    Ill. 3. Maquette de Piedras Negras, Guatemala.
    Photo retrouvée le 25 janvier 2010, sur Wikipedia en français.

    Une deuxième interprétation propose le toponyme d'Ak'e (Tortue). Elle repose en partie sur l'idée que les fondateurs de Bonampak, située à 25 kilomètres, aient quitté la ville en portant le glyphe-emblème Ak'e.

    Non content d'héberger un corpus hiéroglyphique de premier choix pour les épigraphistes mayistes, Plan de Ayutla compte également sur le plus grand terrain de jeu de balle des Hautes Terres : 85 m de long sur 40 m de large. Les différentes constructions qui sont actuellement restaurées ont une architecture rappelant beaucoup celle de Tonina (ill.5). Certains éléments architecturaux comme les autels à colonne permettent de corroborer la vassalité de Ak'e / Sak T'zi à Tonina.



    Vue générale de Tonina, Chiapas.
    Photo : Simon Burchell, 11 mars 2007. Disponible le 21 janvier 2010 sur :

    La deuxième partie de l'article proposé sur le site de l'INAH fait la part belle à des explications économiques : un million deux cents mille pesos ont été investis dans les fouilles et restaurations d'une dizaine d'édifices de l'acropole nord. Les  édifices 1, 2, 3, et 13 de l'Acropole nord de Plan de Ayutla ont été complètement dégagés et fouillés. Reste à voir quels seront les prohaines campagnes de fouilles.

    Références bibliographiques et multimédias :

    Martin, Simon; and Nikolai Grube
    (2000). Chronicle of the Maya Kings and Queens: Deciphering the Dynasties of the Ancient Maya. Thames & Hudson, London and New York.

    Schele, Linda et David Freidel


    Stuart, David
    (2002). "An Unusual Calendar Cycle at Tonina" (PDF online publication). Mesoweb articles. Mesoweb: An Exploration of Mesoamerican Cultures. Retrouvé le 21 janvier 2001 sur http://www.mesoweb.com/stuart/notes/Cycle.pdf.

    Yadeun, Juan
    (2001). "El Museo de Toniná: Territorio del tiempo". In Arqueología Mexicana, Vol. IX, número 50, Julio-Agosto 2001, Editorial Raices-INAH, Mexico, pp.44-49.

    Toniná at the Peabody Museum of Archaeology and Ethnology Corpus of Maya Hieroglyphic Inscriptions.

    D'autres publications sur cette partie du Haut Usumacinta sont disponibles dans les Texas Notes.

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    dimanche 24 janvier 2010

    Séismes et conservation du patrimoine au Mexique

    12 jours après le tremblement de terre mortiforme qui a ravagé Haïti en faisant plus de 111000 morts, l'INAH se pose des questions sur les mesures à adopter en cas d'une catastrophe similaire sur le territoire mexicain.

    D'abord, il convient de rappeler que bon nombre de Mexicains restent passablement traumatisés après un événement similaire en 1985. Heureusement le pays a appris à s'organiser (avec ou sans son gouvernement d'ailleurs). Il est également important de noter que cinq secousses quotidiennes touchent le Mexique, principalement le long de la côté Pacifique, du Chiapas à la Baja California Norte, en passant par le Guerrero, Oaxaca, ou le Sinaloa.

    En 1999, le site zapotèque de Monte Alban, Oaxaca, connaissait des dommages notables suite à un séisme de 7,4 degrés sur l'échelle ouverte de Richter. La directrice de cette zone archéologique classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, Nelly Garcia Robles, a expliqué que vingt édifices avaient subi des dommages importants. Pas moins de deux cents ouvriers et cinquante chercheurs furent alors mobilisés pendant une année complète pour les restaurer et renforcer.

    En outre elle dément l'idée préconçue selon laquelle les édifices anciens et millénaires, sous prétexte d'avoir passé les siècles, sont plus solides que les bâtiments modernes. Certains édifices se sont écroulés, d'autres se sont fissurés, d'autres ont été partagés en plusieurs morceaux.

    Depuis lors, le gouvernement japonais a offert un sismographe pour surveiller l'activité sismique sur le site. Les édifices qui s'étaient partiellement ou intégralement effondrés sont surveillés presque personnellement. Un hydrothermographe sert à relever l'humidité près des peintures murales.

    Mais qu'adviendrait-il sur des site plus étendus comme Teotihuacan, Chichen, El Tajin ou Cholula ?

    Références bibliographiques:
    Robles Garcia, Nelly (éd.). Los monumentos arqueológicos de Monte Albán ante los desastres naturales: el sismo de 1999. INAH, Mexico

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    jeudi 21 janvier 2010

    Découverte d'une stèle à Lagartero, Chiapas

    Non content d'annoncer la future ouverture du site chiapanèque de Lagartero au public, l'INAH explique que ses archéologues y ont réalisé une jolie découverte à la fin de l'année dernière.

    Situé sur le municipio de la Trinitaria, au nord de Cordova dans l'état du Chiapas, Lagartero fut habité entre 300 et 1200 de notre ère, si on en croit la chronologie établie à partir des 12 campagnes de fouilles ayant eu depuis 1990. Situé à la croisée entre les Hautes Terres et le Haut Plateau Central, Lagartero occupait alors une position stratégique.



    L'archéologue Sonia Rivero Torres a donc annoncé la découverte d'une stèle longue de 2 mètres, pour 55 centimètres de large et 5 de profondeur. Elle a été sculptée en bas-relief dans une roche volcanique métamorphique appelée "cœur de pierre". Elle a été dégagée alors que les archéologues fouillaient le dixième corps de la pyramide 4. Cet édifice constituait l'axe principal de la campagne d'explorations 2009.


    Pyramide, Lagartero, Chiapas.
    Photo : INAH. Disponible le 15 janvier sur

    Selon Rivero Torres, il s'agirait de la représentation "d'un souverain maya vu de profil se dressant sur un banc et tenant un sac de copal dans chaque main, habillé d'un pagne entrelacé d'un ruban, de sandales et une coiffes en plumes. A ses pieds gît un personnage de moindres dimensions, le torse ouvert en signe de sacrifice ou de domination. " Une frise de grands os entoure la scène, accentuant la connotation morbide de la stèle. Le souverain maya en question pourrait être étranger mais aucune information n'a été révélée sur la présence de glyphes, qui permettrait autant de mettre un nom sur ce visage que de vérifier la datation.

    D'autre part des céramiques ont été retrouvé dans une partie inférieure de la pyramide. A l'intérieure d'une caissette, une petite jarre, un plateau de style Codex et un vase noir à couvercle zoomorphe ont pu être dégagés par les fouilleurs. Ce dernier contenait une offrande d'objets en jade : deux pendants d'oreille, une tortue articulée et des perles qui devaient former un collier. L'ensemble a été datée vers 800. Enfin une troisième caisse a été mise au jour dans le cinquième corps de cette pyramide : elle contenait 40 objets en engobe, des vases zoomorphes et des ossements animaux et humains.

    La nouvelle a été reprise entre autres par le quotidien en ligne El Universal, ou encore la Crónica de Hoy. On remarquera l'inculture du journaliste de ce dernier journal qui situe la zone archéologique au Yucatan (la confondant certainement avec Rio Lagartos qui ne possède pas de zone archéologique d'ailleurs).

    Edition du 24 janvier 2010
    Suite à une recherche réalisée par Chti Marseillais, nous sommes en mesure de vous communiquer une carte situant Lagartero. Merci à lui !
     
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    mardi 19 janvier 2010

    Numérisation de Dzibilchaltun

    Numériser est décidément bien dans l'air du temps à l'INAH. Après l'annonce récente du scanner complet de plusieurs structures à Teotihuacan, c'est désormais à l'ancienne de T'ho (actuellement Mérida, yucatanb) de passer en code binaire.



    Deux archéologues de l'INAH, Diana Trejo Torres et Daniel Ayala Garza, dirigent actuellement une équipe pluridisciplinaire dont la mission sera la création de la première plate-forme virtuelle pour un site archéologique mexicain. Durant les quatre prochaines années, ils rassembleront toutes les informations disponibles afin d'alimenter la plate-forme : plans, dessins, photos, données archéologiques, catalogues.

    Bien que situé très près de Mérida et facile d'accès, Dzibilchaltun n'est pas un site très connu et fréquenté par les touristes (tant mieux!). Alors pourquoi un tel projet? Diana Trejo Torres a expliqué à la presse que l'idée d'une telle plateforme était prévu originalement pour le Musée du Peuple Maya, situé sur le site.

    Chaque pièce, chaque élément, chaque édifice découvert ou présent à Dzibilchaltun sera scrupuleusement détaillé sur la plate-forme et visible en trois dimensions afin d'apprécier la pièce. Un nouvel outil, le Système de Contrôle Digitalisé permettra à l'utilisateur de se promener à n'importe quel endroit du site, de changer d'angle, de perspective mais aussi de le visualiser à n'importe quelle époque. Cette dernière option sera intéressante pour les archéoastronomes.


    Temple des Sept Poupées, Dzibilchaltun, Yucatan.
    Photo disponible sur Wikipedia, article "Dzibilchaltun", le 19 janvier 2010.

    Les premières traces d'occupation de Dzibilchaltun remonte au Préclassique. Ensuite le site a été constamment occupé, y compris à l'arrivée des Espagnols, comme le montrent les ruines d'une chapelle. Mais c'est surtout au Classique moyen que la plupart des structures ont été construites, notamment un bain de vapeur (appelé temazcal chez les nahuas) et le Temple des Sept Poupées. Remodelé à plusieurs reprises, l'orientation astronomique actuelle est cependant frappante : on peut voir le soleil passer par la porte principale lors des équinoxes.

    Il convient de saluer cette initiative très intéressante qui permettrait aux mésoaméricanistes, à long-terme, d'effectuer leur recherche sans devoir batailler avec l'administration et éviter des voyages répétés sur le site. Mais ce type d'initiative risque de trouver ses limites lorsqu'il s'agira de traiter les informations disponibles pour des sites bien documentés comme Teotihuacan, Monte Alban, Palenque, El Tajin ou Chichen. D'autre part Dzibilchaltun est un site peu étendu à la différence des susmentionnés.

    Références bibliographiques :

    Wyllys Andrews IV, E et E. Wyllys Andrews V. 1980. Excavations at Dzibilchaltun, Yucatan, Mexico. with an appendix on vertebrate faunal remains by Elizabeth S. Wing and David Steadman ; [Jennifer S.H. Brown, editor]. Middle American Research Institute, Tulane University, Tulane.


    Ball, Joseph W. et E. Wyllys Andrews V. 1975. "The polychrome pottery of Dzibilchaltun, Yucatan, Mexico". Publication Middle American Research Institute, Tulane University, 31, p. 227-247.
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    dimanche 17 janvier 2010

    Polémique sur la manipulation de l'histoire par certains tlatloanis

    Lié à la non moins célèbre sur la quantité de victimes sacrificielles au Grand Temple de Tenochtitlan, un débat polémique a surgi sur la liste Aztlan suite à une remarque que j'ai fait sur cette même liste : l'histoire mexica de Tenochtitlan a été modifiée consciemment par plusieurs de ses dirigeants. Ce constat simple, reconnu par une très grande majorité de la communauté mésoaméricaniste et documenté par l'archéologie et par plusieurs textes, a cependant été battu en brêche par Roberto Romero Gil.

    Je ne saurai reproduire ici l'intégralité de son message (tant par sa longueur que par la langue utilisée).  J'essaierai donc d'en faire un résumé aussi objectif que possible. La question essentielle est de savoir quelles parties de l'histoire mexica avaient été manipulés. Suit une longue liste des épisodes qui, selon Gil, sont considérés à tort comme manipulation par les chercheurs modernes. Il rejette ainsi en bloc l'idée qu'Itzcoatl ait pu faire brûler des codex qui auraient pu contenir ou cacher l'origine chichimèque ou la condition de tributaire de Tenochtitlan.

    Un des arguments avancés par Gil est le fait que la tradition mexica était essentiellement orale et que les codex étaient essentiellement à usage rituel. Mais Romero Gil oublie que la tradition orale est plus facile à manipuler que la tradition écrite. De plus l'enseignement de l'histoire et des rituels chez les Mexicas n'étaient pas accessibles à tous. Seule une élite y avait accès. Cela facilitait la manipulation des masses.

    Or tous ces éléments, on les connaît par l'archéologique mais également par les chroniques plus ou moins tardives, plus ou moins partiales qui sont arrivées jusqu'à nous. Je répondrai cependant en posant d'autres questions : comment expliquer que nous connaissions si peu sur les premiers tlatloanis ? Pourquoi n'avons aucune trace de codex mexicas-tenochcas (en dehors du fait que les Espagnols aient procédé à de nombreux autodafés) ? Comment expliquer que Moctezuma décide de changer l'année du Feu Nouveau d'une date 1 Lapin à 2 Roseau comme le montre clairement le Teocalli de la Guerre Sacrée ?

    Certes, l'historiographie des Mexicas pose encore de nombreux problèmes cruciaux, comme le souligne Jerry Offner sur Aztlan. Mais Romero Gil a toujours caractérisé sa pensée de manière à glorifier un passé aztèque sans tâche, à revendiquer une graphie du nahuatl qui fait fi des textes classiques qui sont pourtant la base de nos recherches, appelant une forme d'intégrisme paradoxale. Je ne suis pas du genre à faire des arguments ad hominem. Mais les références au nazisme pour qualifier la vision actuelle qu'ont les chercheurs sur Itzcoatl  est exagérée et mal venue de la part d'une personne qui n'a pas vécu directement ou indirectement les horreurs et les conséquences du nazisme. C'est aussi insulter le travail de nombre de chercheurs. Rappelons que ce monsieur est indépendant, sans attache à une université ou un laboratoire de recherches.

    Enfin s'il est bien un truisme dans les études historiques, y compris dans l'histoire moderne, c'est de considérer qu'il est plus avantageux de cacher les casseroles et de glorifier certains faits qui ne le méritaient pas vraiment. Prenons un cas mexicain et un exemple français. C'est bien le président Miguel Aleman, qui dans le but de glorifier l'armée mexicaine face au Président Harry Truman, a demandé la panthéonisation des fameux Niños Heroes en résistant héroïquement lors de l'invasion  des Américains en 1847. En fait les faits sont différents : les Mexicains disposaient de plus de soldats que les Américains mais, en manque d'armes et de munitions, la majorité a préféré fuire le champ de bataille et délaisser Chapultepec. Voilà comment manipuler le passé pour en tirer parti.

    Côté français, on enseigne rien des guerres de la décolonisation. Si on découvre peu à peu les exactions de l'armée français pendant la Guerre d'Algérie, que sait-on du conflit meurtrier entre la France et le Cameroun ? Rien si ce n'est que 50 ans plus tard, les Camerounais ont fêté leur indépendance. En France, pas un mot sur le sujet. Ici, ce qui ne favorise pas un pays n'est pas mentionné dans l'histoire.

    Le passé n'est pas seulement manipulé : il est caché. Les exemples ne manquent pas à travers l'histoire de l'humanité tendent donc à le prouver. Pourquoi diable n'en serait-il pas de même avec les Tenochas ou les Mayas ?

    Heureusement certaines personnes de bon sens comme Michael Smith ou Jerry Offner ont produit des références qu'on peut trouver assez facilement. Parmi celles qu'il convient de retenir, voici deux articles de en format .pdf .

    2005. "Memoria y olvido, ostracismo y propaganda: El Imperio Tepaneca en fuentes e historiografía." In Revista Española de Antropología Americana, 35, Madrid, p. 117-131.

    2007. "Cuauhnahuac ante la hegemonía tepaneca". In Estudios de Cultura Náhuatl, 38, UNAM, Mexico, p. 313-343.

    On ajoutera à cette liste le travail de Susan Gillespie :
    1989. The Aztec Kings: The Construction of Rulership in Mexica History. University of Arizona Press, Tucson.

    2008. "Blaming Moteuczoma: Anthropomorphizing the Aztec Conquest". In Invasion and Transformation: Interdisciplinary Perspectives on the Conquest of Mexico, edited by Rebecca P. Brienen and Margaret A. Jackson. University Press of Colorado, Boulder, pp. 25-56.

    Ajoutons enfin cet article rédigé par Michael Smith.
    2005. "Motecuhzoma II". In Berkshire Encyclopedia of World History, edited by William H. McNeill, pp. 1302-1303, vol. 3. Berkshire Publishing, Great Barrington, MA.
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    samedi 16 janvier 2010

    Nouveaux clichés du Xipe Totec de Tula

    Il y a quelques semaines, nous avions rapporté et commenté la découverte pour le moins inusitée mais superbe d'une sculpture en céramique quasiment intacte à l'entrée du site archéologique de Tula, Hidalgo.


    Le quotidien en ligne Milenio, quelques jours plus tard, mit en ligne quelques photos qui montrent les fouilles, l'enlèvement et le transport de cette pièce.


    Détail de la tête de la sculpture avant son dégagement complet.


    Photo : Meliton Tapia/INAH

    Notez la technique d'incise utilisée pour reproduire la chevelure et celle du pastillage pour reproduire les bubons typiques de cette divinité.

    Sur sa chaîne Youtube, l'INAH a mis en ligne une vidéo montrant la découverte :





    Voyons enfin cette photo du dégagement de la sculpture, retrouvée sur le site du quotidien en ligne El Porvenir.


    Photo : Meliton Tapia/INAH




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    vendredi 15 janvier 2010

    Fouilles et restaurations de la muraille de Chichen Itza

    Et on reparle de Chichen Itza, mais dans une perspective moins "people" que dans notre pénultième note. Quand on visite Chichen Itza ou la plupart des sites mayas, on a du mal à imaginer que la plupart disposait de structures défensives qui protégeaient la cité des invasions et des incendies. Certaines, comme Ek Balam, rivale de Chichen Itza, avait même une triple muraille, parfaitement visible sur ce cliché et cette vue aérien.

    Chichen Itza disposait d'une solide muraille qui séparait notamment le centre cérémoniel avec le Castillo et le fameux cenote des sacrifices. Il faut dire que l'ensemble était encore bien couvert par la végétation. Les vendeurs ambulants,disposés de part et d'autre de l'ancienne sacbé, empêchent de le voir. Faute d'avoir l'autorisation de l'auteur, voici un lien qui vous montrera une vue de la muraille, objet de notre note.

    Appuyée par l'INAH, l'Université Autonome du Yucatan a ainsi récemment entamé un programme de restauration et de fouilles autour de cette grande muraille. Chargé des fouilles, Rafael Cobos souhaite établir la relation que cette muraille pouvait avoir le Grand Terrain de jeu de balle mais aussi reconstituer (dans la mesure du possible) un puzzle gigantesque de pierres sculptées en bas-relief. Les fouilles reprendront en mars pour une troisième campagne. D'autre part, l'ensemble situé au Nord-ouest et appelé Gran Nivelacion, dont la superficie est de huit hectares, sera une des priorités.

    L'année dernière, les travaux se sont concentrées sur l'extrémité occidentale du mur. Des objets en céramique, du matériel lithique et des morceaux de coquillages marins avaient été découverts. Les travaux de reconnaissance ont permis d'établir que la muraille n'était pas continue : des obstacles naturels et orographiques servaient alors de protection. Il a été également établi qu'une partie de la muraille a été sciemment détruite pour construire le Complexe du Grand Terrain de jeu de balle. Selon l'archéologue Rodolfo Canto Carrillo, cette structure a certainement été la dernière construite dans la partie nord du site.


    Muraille de Chichen Itza, Epiclassique, Maya.
    Photo disponible le 13 janvier 2009 sur http://dti.inah.gob.mx/images/stories/boletines/2010/Enero/12_enero/muralla_web.jpg

    La phase de construction la plus ancienne de la muraille comprenait trois étapes dont la plus ancienne remonterait entre 900 et 950. Elle fut ensuite modifiée à la fin du Xe siècle ou au début du XIe siècle. Canto Carrillo explique les trois étapes de construction de la manière suivante. La première se caractérise par un style fin et stylisée : les blocs utilisés avaient été spécialement taillés pour l'occasion. La seconde a vu l'apparition d'escaliers, de plusieurs accès, de structures défensives dans un style plus grossier. La troisème et dernière phase est constituée de pierres travaillées en bas-relief. Elles ont été utilisés sur certaines parties extérieures de la muraille, ce qui semble indiquer la réutilisation précipitée de matériels originaires d'autres structures.

    Pour autant les archéologues semblent convaincu que cette muraille n'était pas que défensive. Selon leur hypothèse, elle permettait d'établir une frontière sociale entre le commun qui vivait en dehors de la cité et l'élite qui vivait au sein de la partie religieuse.


    Addenda :
    De bonnes photos d'Ek Balam sont d'ailleurs consultables ici et .

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    jeudi 14 janvier 2010

    Réouverture du musée de site de Cacaxtla

    Le site internet, a publié un communiqué sur la réouverture prochaine du musée de site de Cacaxtla, fermé pendant plusieurs mois afin de proposer une nouvelle scénographie. 120 pièces archéologiques, incluant onze statuettes en céramiques appelées les Seigneurs, seront désormais exposées sur quelque 700 m2.


    Peinture murale, Temple Rouge, Cacaxtla.
    Culture Olmeca-Xicalanca, Epiclassique.
    Photo disponible le 13 janvier 2009 sur :

    Mais les principales nouveautés résident dans des reproductions à l'échelle 1:1 des différentes peintures murales visibles sur le site mais que les visiteurs ne peuvent approcher : le guerrier-jaguar, les scènes du Temple Rouge ou encore l'Homme-Scorpion figurent en bonne place.Une vidéo sera diffusée en boucle afin d'enseigner les différents techniques picturales utilisées par les artistes cacaxtlecas.


    Peinture murale, Temple Rouge, Cacaxtla.
    Culture Olmeca-Xicalanca, Epiclassique.

    Longtemps chercheuse à Cacaxtla, la nouvelle directrice du MNA, Diana Magaloni Kerpel, est venue à l'inauguration, expliquant les éléments pluriethniques qu'on peut voir retrouver sur ces peintures, notamment en provenance de la zone maya, d'El Tajin ou de l'état d'Oaxaca.

    Le nouveau musée met également l'accent sur l'architecture de l'Acropole de Cacaxtla, en particulier du Gran Basamento sous lequel des fouilles fructueuses ont récemment eu lieu.

    On pourra également observer des statues de Xipe Totec, de Tlaloc ou encore de Tlazolteotl, des statues, des urnes zoomorphes, etc.

    Cacaxtla est un tout petit site, à soixante-dix kilomètres à l'est du DF. Y accéder n'est pas aisé pour qui se promène en bus au Mexique. Une seule ligne d'autobus (celle de l'état de Tlaxcala) vous permettra d'accéder à la vile de Tlaxcala depuis le DF. De là vous devez prendre un combi en direction de San Miguel del Milagro. Comptez quarante minutes de trajet.
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    lundi 11 janvier 2010

    Scandaleux...

    Les autorités fédérales de l'INAH auraient-elles perdu la tête ? Il semblerait que ce qui devait être une opportunité unique devienne une salle habitude. Regardez ce post retrouvé sur le blog d'EJ Albright : Elton John serait prochainement autorisé à donner un concert à Chichen Itza. La source de cette information est fiable : il s'agit d'un archéologue américain qui fouille et restaure à Chichen depuis plusieurs années.

    Je ne suis pas un gran fan de ce chanteur pop adulé un peu partout dans le monde. Mais après Placido Domingo en 2008 et Sarah Brightman, voici que les autorités locales ont pu obtenir l'autorisation d'un concert d'Elton John

    Comment peut-on faire d'une zone archéologique (ancien lieu sacré), en cours de fouilles qui plus est, un lieu pour un concert de cette envergure ? C'est un peu comme si on autorisait Johnny Halliday à faire un convert au milieu des alignements de Carnac, ou -M- à chanter sur le parvis de l'abbatiale du Mont Saint-Michel. Je doute que les populations locales puissent profiter de ce concert où seuls viendront se gargariser les pseudo-intellectuels et autres nantis venus de tous horizons.

    Sous le prétexte de promouvoir un patrimoine mondialement connu, jusqu'à quand les autorités archéologiques fédérales et locales de l'INAH peuvent-elles se rendre complices de ce genre d'atrocités ? L'argent n'explique pas tout et ne doit pas tout permettre. La palme du mauvais pourrait d'ailleurs être attribué au directeur de Cultur, office du tourisme au Yucatan : "Les fouilles archéologiques ne devraient pas perturber le bon déroulement du concert" (sic!). On croit rêver en lisant de tels propos.

    A Mexique Ancien, nous sommes profondément choqués et aterrés par cette initiative désastreuse. Heureusement que le match de boxe qu. Il ne reste plus qu'à autoriser le Cirque du soleil à installer son chapiteau et on aura tout vu, avec Felipe Calderon, président de ce beau pays, dans le rôle de M. Loyal.

    (édité le 13 janvier 2010)
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    Nouvelles données sur les fouilles au Templo Mayor de Tlatelolco

    L'INAH n'a pas le monopole des exclusivités... C'est peut-être ce que mzr, auteur d'un article sur le site du quotidien El Universal, a voulu montrer. Mais ce (cette) journaliste a confondu vitesse et précipitation. La découverte des cinquante corps européens enterrés sous le Gran Basamento de la zone archéologique de Tlatelolco. Car si l'article précise, à juste titre, que cette découverte date décembre 2008, il oublie de rappeler que l'information a été diffusée sur plusieurs sites dont le nôtre.

    Néanmoins deux informations importantes sont proposées : l'exposition au public de la fameuse Caja de Agua dans les prochains mois et la découverte d'une phase ancienne du Templo Mayor de Tlatelolco.



    Templo Mayor de Tlatelolco, Mexica, Postclassique.
    Photo : B. LOBJOIS, prise le 25 juillet 2007.

    Revenons en détail sur la seconde information. Il y a trois mois, les archéologues dirigés par Salvador Guillem Arroyo, directeur du projet et de la zone archéologique de Tlatelolco, ont buté contre une phase de construction ancienne du Templo Mayor, après avoir percé un long tunnel de sept mètres. Si vous observez le cliché ci-dessus, vous pourrez observer la bâche qui en protège l'entrée.

    Selon les hypothèses de Guillem Arroyo, cette phase pourrait remettre en cause la chronologie de la pyramide et du centre cérémoniel de Tlatelolco. C'était avec la même hypothèse qu'avaient été dirigés les travaux du Gran Basamento et avaient finalement abouti à la découverte de ces squelettes européens. Il avait été même proposé d'identifier cette structure avec l'édifice des Aigles de Mexico-Tenochtitlan, tant pour sa fonction militaro-rituelle que symbolique.

    Dans le cas du Templo Mayor, Guillem Arroyo estime que cette phase de construction pourrait dater des XII et XIII siècles, et donc plus ancienne que le Templo Mayor de Tenochtitlan. Il espère prouver cette datation ancienne par le biais des prochaines fouilles d'une offrande rencontrée au bout de ce tunnel. Il pense qu'il s'agit d'une offrande à Tezcatlipoca, dieu des commerçants. Mais ces hypothèses multiples, quand bien même sensées, ne pourront être que vérifiées que par le résultat du terrain. Il convient en effet de s'interroger sur l'identité du destinataire de cette offrande. Tezcatlipoca n'était pas la principale divinité lié aux commerçants: Nappatecuhtli ou Quetzalcoatl pouvaient être invoqués par cette catégorie sociale importante de l'ancienne Mésoamérique.






    Afficher Zones archéologiques présentées sur Mexique Ancien sur une carte plus grande

    C'est ce qu'imaginent désormais les archéologues, puisqu'une offrande a été repérée et sera fouillée lors de la prochaine campagne. Mesurant onze mètres de haut, elle est déjà considérée comme plus ancienne que le Templo Mayor. Guillem Arroyo estime qu'elle a été construite entre 1100 et 1200 de notre ère. De la même manière, l'offrande repérée aurait été faite pour honorer Tezcatlipoca (dieu des marchands). Cette dernière identification pose problème dans la mesure où différentes divinités sont associés aux marchands comme Nappatecuhtli ou même Quetzalcoatl.

    Vous l'aurez compris : même si les hypothèses de Salvador Guillem Arroyo s'avèrent intéressantes et ambitieuses, elles n'en restent pas moins fragiles. Souhaitons toutefois le meilleur pour son équipe et leurs futures recherches.
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    vendredi 8 janvier 2010

    Starbucks piraterait des images précolombiennes.

    La célèbre franchise de cafés originaires de Seattle utiliserait des images aztèques et précolombiennes de manière illégale. C'est ce que l'INAH dénonce. Il semblerait utilise des motifs précolombiens sur certaines de ses tasses mises en vente.

    Si Starbucks semble un habitué de tel détournement d'image, comme le prouve une plainte du gouvernement éthiopien. Starbucks a temporairement vidé ses étagères de tasses à motif précolombiens afin d'entamer des négociations. Cette plainte est curieuse dans la mesure où l'INAH ne fait absolument rien contre les vendeurs de t-shirts ou de bibelots qui pululent et fabriquent sans nécessairement avoir la moindre autorisation de la prestigieuse institution.

    Bizarre en tout cas.
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    Varia

    Si on sort du carcan informatif de l'INAH (au demeurant nécessaire), on trouve parfois des informations et des publications qui valent le détour.

    Si vous êtes intéressé par le fonctionnement du calendrier maya, je ne saurais que trop recommander cette application pour Ipod Touch ou Iphone. Cela a l'air de ne pas trop mal fonctionner.

    Puis il y a aussi cette anastylose sous Autocad 3D qui propose une vision un peu différente de la structure 3 de Calixtlahuaca, le site fouillé par Michael Smith et ses étudiants.



    Enfin essayez de prendre quelques minutes pour lire cette synthèse de Guilhem Olivier très intéressante sur le sacrifice humain chez les Aztèques. Elle est disponible sur le site de Letras Libres et est téléchargeable en format pdf. D'ailleurs, nous avons décidé de mettre un lien direct dans la section Publications sur les Aztèques.
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    Découverte d'un enterrement à Bonampak, Chiapas


    L'année 2010 ne pouvait pas mieux commencer. L'INAH annonce sur son site internet la découverte d'ossements sous la seconde pièce du Temple des Peintures à Bonampak, Chiapas. Du mobilier funéraire, constitué essentiellement de tessons de céramiques et d'ornements en jadéite, a été aussi retrouvé par une équipe d'archéologues dirigée par Alejandro Tovalín Ahumada.



    Ossements et éléments en jadéite, Chambre 2, Bonampak, Chiapas.
    Classique (vers 800 après Jésus Christ).
    Photo retrouvée le 6 janvier 2010 sur http://dti.inah.gob.mx/images/stories/boletines/2010/Enero/07_enero/brazalete_jadeita_web.jpg

    Les premières analyses ont permis en effet de dater l'individu de 1300 ans environ, c'est à dire l'époque Classique tardif. Les archéologues proposent deux théories quant à son identité : l'absence de glyphes sur le mobilier funéraire ne permet pas de l'identifier. Selon les informations communiquées par Tovalín Ahumada, les ossements ont été découverts dans une crypte funéraire de 2,2 mètres de long sur 70 cm de large et 75 de profondeur. Elle est surplombé d'une petite voûte stuquée en blanc haute de 35 cm.

    Le crâne est manquant, sauf sa mâchoire inférieure. La présence d'un silex à proximité pourrait indiquer le statut de victime sacrificielle de l'individu. A la place de son crâne, on a retrouvé un vase en albâtre perforé. Mais l'existence de plus de 400 pièces de jadéite qui devaient faire partie d'un pectoral permet une autre hypothèse : il s'agirait d'un parent de Chan Muan II, qui a régné sur la cité entre 776 et 792 de notre ère.



    Photo retrouvé le 9 janvier 2010 sur facebook à partir du site de l'INAH.

    A ses pieds deux plats avaient été disposés. L'anthropologue physique Javier Montes a expliqué qu'il s'agissait d'un homme âgé entre 35 et 42 ans et ayant mesuré 1,70 m.

    Selon Tovalin Ahumada, on ne peut exclure un parent de Chan Muan II, qui a régné sur la cité entre 776 et 792 de notre ère. Chaan Muan II aiurait fait couvrir cet endroit par le Temple des Peintures. Dans la deuxième pièce où se trouvait son trône, on aurait effectué un rituel d'offrandes. Des échantillons de charbons et d'ADN ont été prélevés afin d'affiner  la datation et les éventuels liens familiaux avec d'autres ossements retrouvés  lors de précédentes campagnes de fouilles. Chan Muan II appartenait à un lignage secondaire de Bonampak.

    Bonampak est situé au coeur de la forêt lacandone, à une trentaine de kilomètres au sud de Yaxchilan. En 1946, deux archéologues américains, guidés par des Indiens Lacandons, purent mettre à la lumière du monde archéologique ce qui souvent considéré comme la Pompéi maya.



    La dépêche a été reprise sur le site du quotidien El Universal.

    Références.

    Les peintures murales de Bonampak sont assez présentes sur la toile. Malheureusement, la majeure partie des informations à leur sujet est disponible en anglais ou espagnol.



    Peintures murales de la structure 1, Bonampak, Maya, Classique.
    In situ. Photo retrouvée le 7 janvier 2010 sur

    Consultez donc le projet de l'université de Yale. Nous ajouterons d'ailleurs ce lien dans la liste des centre de recherches mais aussi dans les banques de données iconographiques.
    On peut retrouver une galerie de photos sur le site de l'Université du Michigan mais l'accès semble restreint. Le site redescolar propose une galerie plus accessible mais réalisé à partir de photos scannées dans la revue National Geographic. L'Université de Tulane en Louisiane, propose également quelques clichés intéressants.

    La revue Arqueología Mexicana s'est souvent faite l'écho des découvertes et des peintures murales de Bonampak si on en juge la liste suivante de numéros contenant un article à son sujet : 9: 69. 16: 48. 19: 73. 30: 50. 36: 73. 47: 36. 51: 12. 55: 44, 54. 93: 28.

    On pourra lire également les deux ouvrages pour se faire une idée plus précise de Bonampak :
    Ruppert, Karl, J. Eric S. Thompson and Tatiana Proskouriakoff. 
    1955. Bonampak, Chiapas, Mexico, Pub. 602, Carnegie Institute of Washington, Washington.

    Miller, Mary Ellen. 
    1986. The murals of Bonampak. Princeton University Press, Princetown.


    Mise à jour du 15 janvier 2010.
    Via le blog d'Erik Boot, nous avons trouvé trace de clichés de l'agence Notimex publiés sur le site du quotidien en ligne La Crónica de Hoy, le 7 juillet dernier. 





     

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    jeudi 7 janvier 2010

    Numérisation de la Pyramide du Serpent à plumes de Teotihuacan

    Ouvrons cette année 2010 avec une petite note sur un projet mis en place par CyArk et avalisé par l'INAH et le Fonds Mondial des Monuments.
    Justin Barton explique les techniques employées pour proposé une numérisation complète de cette pyramide, certainement une des plus connues du Mexique. Il justifie le déploiement d'une telle technologie : l'érosion provoquée par l'humidité. Il est vrai que l'INAH consacre régulièrement des fonds au maintien de la pyramide de Teotihuacan, mais l'accroissement de la ville de Mexico et sa pollution ne finissent pas de la détériorer.

    CyArk a donc effectué un travail de terrain de deux jours permettant 28 scans et 285 millions de points de référence. Des photos panoramiques de la pyramide du serpent à plumes, de la Citadelle et d'autres monuments importants de Teotihuacan ont été prises.

    Cette association a notamment à son compte la numérisation de Chichen Itza, que nous avions mentionnée dans ce bloc-notes l'année dernière. Les résultats seront prochainement disponibles au public.
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