lundi 29 novembre 2010

Visite virtuelle Exposition Moctezuma Tiempo y destino de un gobernante

Il reste peu de temps pour voir la très belle exposition sur Moctezuma II au Museo del Templo Mayor, au coeur du DF. En janvier, elle sera démontée. Pour l'instant, on ignore où le monolithe de Tlaltecuhtli sera gardé. Si vous avez programmé un voyage ou un séjour à Mexico dans les prochains jours, considérez le Templo Mayor comme un passage obligé.
 
Les pièces présentées ne sont peut-être pas aussi nombreuses que lors de l'exposition au British Museum. Cependant les conservateurs du Museo det Templo Mayor et les responsables des fouilles entreprises depuis 2006 ont largement compensé ces absences en présentant des objets issus d'offrandes découvertes en 2007. Pour préparer votre visite ou même pour revoir ce très beau moment d'archéologie, l'INAH propose un mini-site. Bravo à Nalleli et à ses collègues pour ses travaux.
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dimanche 28 novembre 2010

Ouverture de la Biblioteca Digital Mexicana

En cliquant sur le titre de cette note, vous aurez accès à une nouvelle source gratuite d'ouvrages sur l'histoire du Mexique. Différentes institutions gouvernementales (INAH, CONACULTA, Archivo General de la Nacion, Centro de Estudios de la Historia de Mexico) ont décidé de mettre en commun leurs très nombreuses ressources bibliographiques pour les proposer gratuitement au public.

Pour l'heure, un fond d'une vingtaine de textes sont disponibles, retraçant l'histoire du Mexique depuis l'époque préhispanique au 20ème siècle. Le projet est né suite à la participation des mêmes institutions à la création de la Bibliothèque Digitale Mondiale, il y a quelque temps. Les documents proposés sont répartis par siècle.

Pour les spécialistes de la Mésoamérique, on retrouve quelques documents intéressants. Il s'agit du Codex Colombino, du Manuscrit Colombino pour l'époque préhispanique. Puis viennent des documents coloniaux comme le Codex de Huamantla, le Codex Chavero de Huexotzingo, la carte de Sigüenza y Gongora, le Codex Totomixtlahuaca, la Matricula de Tributos et le Codex Techialoyan de Cuajimalpa.

On pourra juste regretter que cette bibliothèque digitale mexicaine n'ait pour l'heure aucun compte sur les réseaux sociaux : l'internaute serait averti plus rapidement des mises à jour effectuées sur le site. Pour l'heure, nous avons repris les liens et les avons ajoutés à notre section de textes en ligne.
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Deux publications en ligne sur Cacaxtla

Sur le site Mesoweb, on peut télécharger deux documents depuis quelques jours. Il est question de Cacaxtla, ce petit site situé à l'ouest de Tlaxcala, capitale de l'état homonyme, situé à quelques dizaines de kilomètres du DF. Comme vous avez pu le lire dans de nombreux articles, Cacaxtla est un site qui nous tient particulièrment à coeur, et pas seulement pour la grande beauté des différentes peintures murales qui l'ornent.
Le fait d'assister à un synchrétisme d'éléments mayans et d'autres typiques du Haut Plateau central laisse l'esprit errer vers différentes hypothèses qui pourraient expliquer une telle fusion stylistique et culturelle.

Les papiers proposés sont parmi les premiers publiés après l'annonce de la découverte des peintures des édifices A et B.

FONCERRADA de MOLINA, Martha. 1980. "Mural Painting in Cacaxtla and Teotihuacan Cosmopolitanism". Third Palenque Round Table, June 11-18, 1978. In Third Palenque Round Table, 1978, Part 2, Merle Greene Robertson (éd.).

KUBLER, George. 1980. "Eclectism at Cacaxtla". Third Palenque Round Table, June 11-18, 1978. in Third Palenque Round Table, 1978, Part 2, Merle Greene Robertson (éd.).

N'oublions pas de rappeler une publication de M. Graulich, essentielle pour comprendre le symbolisme de ses peintures et la notion de dualité, propre à la pensée mésoaméricaine.

1990. "Dualities in Cacaxtla". In Dualismo mesoamericano, Symposium at the 46th International Congress of Americanists, Amsterdam, 1988. R. Van Zantwijk, E de Ridder et D. Braakhuis, TUU-ISOR, Utrecht, p. 94-118.

Bonne lecture ! N'hésitez pas à nous laisser vos commentaires après avoir parcouru ces textes que nous avons ajouté à notre bibliographie.
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Les peuples indigènes du Mexique Programme 1

Nous en avons parlé rapidement sur les réseaux sociaux. L'INAH produit et diffuse une mini-série de documentaires et débats sur les peuples autochtones dans le Mexique d'aujourd'hui. Le premier épisode est passé jeudi dernier sur TVUNAM. Puis l'INAH l'a mis à disposition de tout un chacun sur Youtube depuis vendredi matin. Seul hic, ce premier épisode a été tronçonné en cinq parties. Dommage quand on sait que les débats Discutamos México sont retransmis sur la chaîne CanalOnceIPN sans interruption ou besoin de passer à un autre morceau. Voilà pourquoi je partage les cinq moments de ce premier programme dans cette note. Nous espérons vous proposer les autres épisodes dans les prochaines semaines, en souhaitant que l'INAH améliore son système de retransmission par la toile. On notera la présence ô combien précieuse du Dr. Miguel Leon-Portilla.

 

Alors qu'en pensez-vous ? Entonces que opinan ? What do you think about this programme ?
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jeudi 25 novembre 2010

Bibliothèque virtuelle d'archéologie

Notre collègue Ximena Chavez a partagé sur le grand réseau social bleu un lien vers un carnet brésilien. Dirigé par des étudiants en maîtrise au Museo Nacional, il contient de nombreux vers des ressources méthodologiques spécialisées en archéologie. On y trouve de tout : des manuels de stratigraphie au livre d'art rupestre en Afrique du sud, en passant par un manuel de terrain pour l'archéologue. En cliquant sur le titre de chaque livre, on vous renvoie vers le site 4Shared.

Bref, un carnet à placer dans vos favoris...
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lundi 22 novembre 2010

Nouveau bandeau de titre.

Il convient de rendre à César ce qui appartientà César. Vous avez pu noter un petit changement d'image que nous souhaitions faire depuis de nombreux mois. L'oeuvre dessinée est le résultat d'Aurora, une étudiante au talent incroyable. Suite à une suggestion, elle nous a offert cette réinterprétation d'une peinture murale de Zacuala, à Teotihuacan.

La mise en forme a été effectuée par notre bon ami, Bern, baroudeur et grand amoureux du Mexique. Vous pouvez d'ailleurs visiter son nouveau carnet. Il s'apprête à rendre ce que le Mexique a pu lui apporter.
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Arqueologia Mexicana n°106

Parlons rapidement de la nouvelle livrée de la revue de divulgation publiée par l'INAH. Le thème principal de ce numéro est le culte des ancêtres en Mésoamérique. Un tel numéro n'est pas innocent dans la mesure où le 1er novembre, on fête le Jour des morts. Le comité éditorial de la revue a jugé bon de proposer une revue des différentes manières de fêter et de célébrer les ancêtres.

Patricia McAnany a eu l'honneur d'ouvrir le bal en rappelant l'importance du devoir de mémoire et de l'alimentation des morts en Mésoamérique. Son objectif est à moitié  rempli car elle s'attarde trop sur le cas de K'axob, au Bélize. De la même manière,  elle tombe dans une glose sur le lignage qui s'applique principalement chez les Mayas. chez les Tarasques, en pays Nayar, dans la tradition des tombes à puits.

Mais l'accent a été particulièrement mis sur les paquets sacrés ou tlaquimilolli. Maricela Avala Falcon revient largement sur leur présence chez les Mayas du Préclassique jusqu'à l'époque coloniale. Son article propose notamment une partie iconographique très intéressante : on peut voir comment les paquets sacrés sont particulièrement présents sur les linteaux de Yaxchilan au Chiapas. Elle établit ensuite des liens avec l'histoire et l'ethnographie pour proposer un panorama somme toute complet.

Vient ensuite un papier de Veronica Hernandez Diaz sur le culte des ancêtres visibles dans la tradition des tombes à puits. Rappelons d'abord que ce type de sépulture est très typiques des cultures qui ont peuplé l'ouest du Mexique (dans les actuels états de Jalisco, Zacatecas et Nayarit) entre le Préclassique ancien et le Classique récent. L'article d'Hernandez est très didactique pour qui ne comprend pas ou ne connaît pas ce type de tradition funéraire. Qui plus est, elle revient la portée symbolique de ce type d'enterrements. Ensuite elle aborde les nombreuses céramiques naturalistes qui y ont été retrouvées, n'hésitant pas à y voir des portraits des ancêtres. Enfin elle revient sur un aspect fondamental de la pensée mésoaméricaine, qui est la conception cyclique du temps mais aussi de l'espace.

L'ethnohistorien Hans Roskamp revient pour sa part sur le culte des ancêtres au Michoacan à travers une étude pluridisciplinaire mais essentiellement fondé sur les documents écrits. Il décrit comment les Tarasques pouvaient concevoir la vie dans l'au-delà et comment les ancêtres étaient divinisés. La dernière partie de l'article revient sur le thème des paquets sacrés chez les Tarasques : les traditions locales rapportent qu'après incinération, le roi était placé dans des manteaux accompagnés d'un masque. L'ensemble était ensuite placé dans une urne funéraire qu'un porteur, le thiume transportait jusqu'au temple de Curicaueri. Pour Roskamp, la relation entre les paquets sacrés des dieux et des rois étaient très étroites.

Guilhem Olivier présente les paquets sacrés de manière synthétique et précise, sans pour atteindre l'article très complet qu'il avait publié dans le Journal de la Société des Américanistes. Cela dit, il convient de rappeler qu'Arqueologia Mexicana est une revue de divulgation. D'un point de vue éditorial, il aurait mieux valu regrouper les articles sur les paquets sacrés. Son exposé est on ne peut plus essentiel pour bien comprendre le culte des ancêtres en Mésoamérique. Mais un peu comme McAnany est mayiste, Olivier présente les paquets mexicas. Expliquant leur origine mythique, il détaille les différentes fonctions rituelles de tlaquimilolli lors de la cérémonie du feu nouveau et de l'intronisation. Comme chez les tarasques, les paquets sacrés des Mexicas pouvaient être "des réceptacles des forces divines".

Johannes Neurath offre une vision contemporaine du culte des ancêtres. A la différence de leurs cousins mayas, tarasques ou mexicas, les "personnes-flèches" de la culture huichole seraient en fait les vestiges d'un culte rendu aux momies ancestrales. L'article est sobre, clair, concis et montre encore la présence des coutumes préhispaniques dans certains parties du Mexique.

La section "Archéologie" du magazine est formée de quatre articles. Le premier d'entre eux est signé par Leonardo Lopez Austin et Alfredo Lopez Austin. Ils reviennent sur le tepetlacalli visible dans la cour de l'église de Saint Thomas Ajusco, au sud du Distrito Federal. Leur article est l'occasion de rappeler l'utilisation de ce type d'objet et comment ils doivent être distinguer des petlacalli, même si les deux font référence à des récipients "de biens moraux ou de dons que les hommes espéraient recevoir des dieux" (p.20; Lopez Austin et Lopez Lujan, 2010 : p. 321-330, pl. 11-20). Le tepetlacalli de Saint Thomas Ajusco présente une décoration singulière : des reliefs représentant des épis de maïs ornent les quatre côté de la pierre. Les auteurs établissent des ponts avec deux autres tepetlacalli décorés de la même manière et visibles au MNA et au Museum für Völkerkunde de Berlin. La troisième partie de leur article présente le rituel qu'organise les paroissiens autour du tepetlacalli de Saint Thomas. Ce dernier ne peut être considéré en effet comme un objet archéologique puisqu'il n'a cessé d'être utilisé pour des rituels depuis l'époque préhispanique.

Venant après le dossier du mois, l'article de Ruben Morante Lopez se veut quelque peu polémique. Il revient sur la découverte de la stèle 1 de la Mojarra, Veracruz. Apparemment rédigés dans une langue méconnue, les glyphes qui y sont sculptés ont été partiellement décryptés par les épigraphistes John S. Juteson et Terrence Kaufman. Ces derniers explique qu'il s'agirait d'une langue proto mixe-zoque. Mais les spécialistes mexicains, notamment de l'Universidad Veracruzana, ont commencé à mettre en doute son authenticité. Morante Lopez, après différentes recherches, estime d'abord que la pierre a été sculptée ailleurs que sur le site de la Mojarra, où les édifices sont en terre crue et où trois fours témoignent davantage d'ateliers de céramique, qui étaieraient cette hypothèse. Et l'auteur de conclure sur une élaboration en deux temps des 21 colonnes de glyphes qui recouvrent le monument.

Un troisième article, rédigé par Ana Garcia Barrios revient sur les représentations du dieu Chaak sur les vases de style codex (Kerr K1199, K1895, K8608, K1813). La chercheuse madrilène rappelle que c'est dans les peintures sur céramique qu'on a le plus retrouvé d'informations sur cette divinité.

Dans la série d'articles sur l'anthropologie physique, Roberto Garcia Moll propose un réflexion sur les liens qui unissent l'archéologie et l'anthropologie physique pour établir des connaissances complètes sur le passé, à travers le matériel créé par l'être humain et l'étude des restes humains. Si l'article de Garcia Moll est intéressant, il eût été intéressant d'incorporer d'autres composantes de l'anthropologie, comme l'ethnohistoire, l'anthropologie sociale ou religieuse. On aurait pu ainsi éviter cette l'ambivalence dd'un terme ont il est parfois de percevoir les limites.

Dans la section Documentos, on retrovuera une analyde rapide du Codex Xolotl par Javier Noguez. On regrettera que le lien vers la bibliographie ne fonctionne pas. Nous renvoyons nos lecteurs aux brillants travaux de M. Thouvenot (2001) sur ce codex. Son collègue Manuel Hermann Lejarazu présente l'histoire du Lienzo de Tlapiltepec.

Bibliographie.
JUSTESON, John et Terence Kauffman. 1997. "A Newly Discovered Column in the Hieroglyphic Text on La Mojarra Stela 1: A Test of the Epi-Olmec Decipherment". In Science, version en ligne disponible le 21 novembre 2010 sur : http://www.sciencemag.org/site/feature/data/justeson.xhtml .
LOPEZ AUSTIN, Alfredo et Leonardo Lopez Lujan. 2010. Monte Sagrado-Templo Mayor, INAH-UNAM, Mexico.
OLIVIER, Guilhem. 1995. "Les paquets sacrés ou la mémoire cachée des Indiens du Mexique central (XVe-XVIe siècles)". In Journal de la Société des Américanistes, vol. 81, Musée de l'Homme, Paris, p. 105-141. Disponisble le 21 novembre 2010 sur : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/jsa_0037-9174_1995_num_81_1_1585.
RAGOT, Nathalie. 2000. Les au-delàs aztèques. BAR Paris Monographs in American Archaeology, vol 7, Oxford. 
THOUVENOT, Marc. 2001. Codex XOLOTL. Etude d'une des composantes de son écriture : les glyphes. Dictionnaire des éléments constitutifs des glyphes. Editions Sup-infor, version en ligne disponible le 21 novembre 2010 sur : http://www.sup-infor.com/etudes/Xolotl/codex_xolotl-txt.htm .
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mardi 16 novembre 2010

La constitution mexicaine traduite en plusieurs langues indigènes

C'est un petit événement en soi. Le sénat mexicain a récemment fait traduire la Constitution de 1917 en nahuatl, la langue indigène la plus parlée du pays (2 millions de locuteurs au total). On pouvait déjà trouver l'hymne national mexicain traduit et chanté en nahuatl, en maya, ou en mixtèque sur Youtube.

Pour autant on peut considérer que cette décision n'est qu'une toute petite victoire pour les peuples indigènes. Si les nahuatlophones sont les plus nombreux dans le pays, il ne faudrait pas oublier que plus de très nombreuses autres langues indigènes existent encore dans le pays. Certaines sont même menacées et vont bien ne plus avoir aucun locuteur...

Pourquoi donc ne pas avoir traduit la Constitution dans TOUTES les langues indigènes afin de toutes les reconnaître? La mise en avant du nahuatl n'est certainement pas une chose nouvelle. Déjà les historiens, les archéologues et les artistes oeuvrant pendant le Porfiriat avait fait des Aztèques (des Nahuas) l'ethnie la plus évoluée, donc la plus puissante du Mexique préhispanique. Il paraissait normal à l'élite du Porfiriat de mettre  en avant cette ethnie plutôt qu'une autre (Tenorio Trillo, 1998 : 112-3). Mais attendre cent ans pour proposer une seule version traduite du texte fondateur du Mexique actuel, ça en dit long sur le droit des peuples indigènes au Mexique. D'ailleurs pourquoi ne pas proposer une nouvelle constitution qui prendrait véritablement en compte cette richesse culturel qui fait le Mexique ?

De son côté, l'INALI (Instituto NAcional de Lenguas Indigenas) a décidé de faire un effort particulier dans le cadre du Bicentenaire du début de la guerre d'indépendance et du Centenaire de la Révolution mexicaine. C'est ainsi que des groupes de traducteurs ont été mis en place dans différentes universités et centres de recherches linguistiques à travers tout le pays pour traduire la Constitution politique des Etats Unis du Mexique en 13 langues appartenant à 5 grandes familles linguistiques. Les versions proposées sont soumises d'ailleurs au public pour être commentées et améliorées par l'internaute afin de coller le plus possible aux concepts et idées parfois très abstraits de l'espagnol.

Si on regarde le détail, on a les familles et les langues suivantes :
  • maya : maya, huasteco del occidente, tzeltal, tzotzil et ch'ol,
  • oto-mangue : otomi del centro, mazahua de oriente, matlazinca,
  • tarasco : purépecha
  • totonaco-tepehua : totonaco de la costa, tepehua del norte
  • uto-nahua : náhuatl de la Huasteca Potosina, náhuatl central de Veracruz
Pour autant on peut considérer que cette décision n'est qu'une toute petite victoire pour les peuples indigènes. Si les nahuatlophones sont les plus nombreux dans le pays, il ne faudrait pas oublier que plus de 80 langues indigènes existent encore dans le pays. Certaines sont même menacées et vont bien ne plus avoir aucun locuteur...

Pourquoi donc ne pas avoir traduit la Constitution dans TOUTES les langues indigènes afin de toutes les reconnaître? La mise en avant du nahuatl n'est certainement pas une chose nouvelle. Déjà les historiens, les archéologues et les artistes oeuvrant pendant le Porfiriat avait fait des Aztèques (des Nahuas) l'ethnie la plus évoluée, donc la plus puissante du Mexique préhispanique. Il paraissait normal à l'élite du Porfiriat de mettre  en avant cette ethnie plutôt qu'une autre (Tenorio Trillo, 1998 : 112-3). Mais attendre cent ans pour proposer une seule version traduite du texte fondateur du Mexique actuel, ça en dit long sur le droit des peuples indigènes au Mexique. D'ailleurs pourquoi ne pas proposer une nouvelle constitution qui prendrait véritablement en compte cette richesse culturelle qui fait le Mexique ? Quid des six autres grandes familles linguistiques repertoriées par l'INALI et qui ne font pas partie du projet ? 



Pour information, il s'agit des familles et variantes linguistiques suivantes : 
  • Algica : Kikapoo
  • Cochimi-Yumana :
  • Seri : seri;
  • Mixe-Zoque : ayapaneco, mixe, oluteco, popoluca de la Sierra, sayulteco, texistepequeño, zoque
  • Chontal de Oaxaca : chontal de oaxaca,
  • Huave :  huave 
Toutes les familles et variantes linguistiques sont accompagnés de 68 groupes linguistiques que nous ne détaillerons pas. Au total, ce sont 364 parlers que le Catalogue de l'INALI a répertorié. Pour vous familiariser avec les langues indigènes, je vous recommande ce musée virtuel, disponible en espagnol et en anglais. Vous pouvez aussi jetter un oeil sur cette carte animée proposée par l'INALI. Enfin le Colegio de México a mis en ligne un Archivo de Lenguas Indígenas de México.



Bibliographie
Diario oficial. 2008. "INSTITUTO NACIONAL DE LENGUAS INDIGENAS. Catalogo de las Lenguas Indígenas Nacionales: Variantes Lingüísticas de México con sus autodenominaciones y referencias geoestadísticas." Disponible le 16 novembre 2010 sur : http://www.inali.gob.mx/pdf/CLIN_completo.pdf .
TENORIO TRILLO, Mauricio. 1998. El artilugio de una nación : México en las exposiciones universales, 1880-1930. Fondo de Cultura Económica, Mexico.

PS : Notre note sur le canular de Tinun a été retirée. Merci à Shania de nous avoir rappelé à notre promesse.
PPS : Cette note a été améliorée grâce à la participation involontaire d'Erico sur le forum http://mexique-fr.com .
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lundi 15 novembre 2010

El Teul continue de surprendre

L'ouverture du site archéologique d'El Teul, dans l'état de Zacatecas, se rapproche. Mais d'ici à 2012, les découvertes continuent de surprendre les spécialistes. Nous vous avions déjà présenté le projet El Teul il y a quelques mois, co-dirigé par l'archéologue Peter Jiménez Betts. Pour rappel, El Teul est un des rares sites mésoaméricains à avoir connu une occupation depuis le Préclassique récent jusqu'à la conquête espagnole. Elle porte alors le nom de Teulichan ou Tonanipan. Ce sont les Tlaxcaltèques, alliés de Cortés qui avaient même incendié le site, étant donné la farouche opposition faites par les Caxcains, qui l'occupait depuis 1350 environ.
Sachez que l'INAH rapporte la mise au jour d'une statue monumentale (1,97 m de haut quand même). De forme cylindrique (52 cm), elle a été taillée dans un bloc et pèse environ une tonne. Le lieu où cette statue a été déposée a lui aussi une signification sur laquelle nous reviendrons ultérieurement. C'est en effet au sud de l'aile est du terrain de jeu de balle que les archéologues l'ont patiemment déterrée. Elle est datée entre 900 et 1100 après Jésus-Christ.

Guerrier décapité, sculpture.
Epiclassique-Postclassique, El Teul, Zacatecas.
Photo : INAH, disponible le 12 novembre 2010 sur http://bit.ly/9RhIZd .

Quelques fragments d'une statue similaire avait été retrouvé sur la partie nord du même monticule peu de temps auparavant. L'équipe de Peter Jiménez Betts estime probable de retrouver leurs pendants sur l'aile ouest du terrain de jeu de balle : des fouilles de ce monticule sont prévues pour bientôt. La présence de représentations de guerriers décapitées n'est pas une nouveauté en soi, si on considère l'iconographie d'autres sites en Mésoamérique. Le cas le plus connu est sans conteste la cérémonie de décapitation visible plusieurs reliefs sculptés sur les tableros du Grand Terrain de jeu de balle de Chichen Itza au Yucatan.

Joueur de balle décapité, bas-reliefs,
Grand Terrain de jeu de balle, Chichen Itza, Yucatan.
Epiclassique.
Photo B. LOBJOIS, disponible le 12 novembre 2010 sur : http://bit.ly/d1jTv2 .

La sculpture retrouvée fait cependant partie d'un ensemble d'objets sur lequel le bulletin de l'INAH revient en détail. C'est la galerie de photos magnifiques qui donne une idée plus générale des fouilles entreprises sous les monticules du terrain de jeu de balle. J'ai particulièrement été frappé par les pendants d'oreilles ci-dessous.


L'auteur du bulletin de l'INAH explique qu'il serait de style teotihuacain. Cette affirmation mériterait de reposer sur une étude comparative documentée et claire. Même si les pièces sont dûment photographiées, leur relevé constituerait un plus pour établir ce parallèle avec l'iconographie teotihuacaine.


Clochettes en forme de tête de serpent, cuivre.
Postclassique ancien, El Teul, Zacatecas.
Photo INAH disponible le 12 novembre 2010 sur http://bit.ly/940iuG .

Il y a aussi ces petites clochettes en cuivre, en forme de tête de serpent. Ce type d'indumentaires est assez répandu en Mésoamérique, comme en témoigne les nombreux exemples de fonderie mixtèque et zapotèque. Dans le cas de ces deux clochettes, il n'est point question d'or mais de cuivre. Ce type d'objet a le mérite de nous informer sur les activités présentes sur le site d'El Teul.


Laura Solar présentant des récipients tripodes.
El Teul, Zacatecas.
Photo INAH disponible le 12 novembre 2010 sur http://bit.ly/94rJ1M .

La statue d'El Teul ne font donc que conforter un rituel en usage ailleurs en Mésoamérique. Le sang versé est sensé couler vers le centre du terrain, alimentant les dieux afin que l'équilibre cosmique puisse être conservé (Graulich, 2005). Sur le cliché précédent, Laura Solar, une des archéologues et co-responsable du projet, présente une série d'objets  en céramique parmi lesquels figurent différents récipients tripodes et un animal (cerf, chien ?).

Il est évident qu'El Teul aura beaucoup de choses à révéler avant son ouverture au public en 2012. Nous suivrons donc avec beaucoup d'intérêt l'évolution des fouilles et des découvertes qui y seront faites.

Bibliographie :
GONZALEZ TORRES, Yolotl. 1985 (réed. 2005). El sacrificio humano entre los mexicas. Fondo de Cultura Economica, Mexico.
GRAULICH, Michel. 2005. Le sacrifice humain chez les Aztèques. Fayard, Paris.

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vendredi 12 novembre 2010

Le patrimoine archéologique au Mexique et le changement climatique

Le quotidien Le Monde du 12 novembre s'aventure sur le terrain archéologique en déclenchant l'alarme. Il s'agit surtout de montrer les conséquences directes qu'a et que pourrait avoir le réchauffement global sur les monuments (parfois patrimoine de l'humanité).
Les photos sont parfois impressionnantes, tout autant que les commentaires d'Henri-Paul Francfort, chercheur au CNRS impliqué dans des travaux archéologiques, en évoquant trois causes aux actuelles et futures déconvenues du patrimoine archéologique mondial. En premier lieu, il souligne la montée des océans qui pourraient ensevelir bon nombre de sites classés. Puis il revient sur l'amplitude toujours croissante de phénomènes naturels comme les perturbations ou les cyclones. Son exposé se poursuit par le réchauffement des zones de permafrost ou en altitude, menaçant le patrimoine naturellement conservé. Enfin il termine en parlant de l'effet d'érosion provoqué par la désertification.

Bien qu'avertie par le chercheur français, l'UNESCO se trouve face à un nouveau défi et donc par extension, toutes les pays ont pour devoir de plancher immédiatement sur ce patrimoine menacé. Ce sont d'abord les tissus (organiques ou végétaux qui contribuent notablement à la datation mais aussi à la reconstitution de la vie quotidienne). Mais les édifices et autres structures auront du mal à supporter les passages répétés d'ouragans  d'intensité de plus en plus forte comme sur la péninsule du Yucatán. On pourrait élargir la réflexion de Francfort au Veracruz et au Tabasco qui subissent des inondations chaque année pendant plusieurs semaines. Au contraire, le bassin de Mexico connaît une sécheresse chronique qui pourrait mettre à mal plusieurs structures...

Le diaporama commenté du Monde n'est pas un coup d'essai. Francfort avait déjà évoqué ce problème dans un document audio disponible sur le site de l'INRAP et enregistré lors du programme Le salon noir sur France Inter, le 26 novembre 2008. On y entend aussi Dominique Michelet, directeur de l'UMR 8096 Archéologie des Amériques du CNRS et responsable de différents chantiers de fouilles au Mexique et en Amérique centrale au cours de sa carrière. S'il reconnaît l'importance du facteur environnemental, il refuse de considérer le changement climatique comme seule cause pour expliquer la disparition des principaux centres mayas. Michelet explique comment un temple de Tabasqueño, situé au Yucatán, s'est effondré après quinze jours de pluie intensive. Le pire est que le temple en question venait d'être restauré par l'INAH. Tant Francfort que Michelet conviennent d'établir un registre international des sites archéologiques.

En furetant sur la toile, on découvre également la tenue d'une exposition organisée par la DRAC d'Alsace, toujours en 2008. Intitulée "Archéologie et changement climatique : un patrimoine menacé", elle faisait la part aux dangers encourus par le patrimoine européen. La question est donc : pourquoi le Monde n'a-t-il pas clairement indiqué ses sources ? Une autre serait : quelle en est la motivation profonde sachant que ce thème est connu depuis quelques années ?
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jeudi 11 novembre 2010

Colloque Claude Levi-Strauss , un parcours dans le siècle

On l'ignore peut-être mais le Collège de France est à la page. En témoigne le lien que m'a fait parvenir un de nos lecteurs à propos d'un colloque organisé l'honneur  du père de l'anthropologie structurale le 25 novembre 2008. Près d'un an après sa disparition, la perception aiguë de Claude Levi-Strauss nous fait grandement défaut, même s'il n'a pas particulièrement écrit sur les mythes et les religions du Mexique ancien (dans Histoires de lynx notamment).
Il y a deux ans, une dizaine de chercheurs se sont intéressés à l'œuvre lévistraussienne. Les enregistrements audio de ce colloque sont tous présents sur le site du Collège de France. On peut même les télécharger "a gusto" comme on dit en terre d'Anahuac. Je vous invite notamment à écouter l'intervention de Anne-Christine Taylor, spécialiste des religions amazoniennes et actuelle directrice du département Recherche et Enseignement au Musée du Quai Branly : "L'Amérique dans le structuralisme".

Bonne écoute ! N'hésitez pas à nous laisser vos commentaires.
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La revue Cuicuilco fête ses trente ans

Publiée par l'Escuela Nacional de Antropologia e Historia, la revue Cuicuilco fête ses 30 ans en grand et propose au lecteur curieux une page internet où on peut chercher, télécharger et lire tous les numéros de la revue originellement réservé aux spécialistes et aux bilbiothèques qui la commandaient.

L'UNAM a déjà entrepris ce type de projet de numérisation de ces revues. C'est notamment le cas des revues des Estudios de Cultura Nahuatl, publié par l'Instituto de Investigaciones Antropológicas, ou encore du Boletin de Pintura Mural Prehispánica en México, préparé par l'Instituto de Investigaciones Estéticas, même si l'intégralité des numéros n'est pas disponible.

En France, le Journal de la Société des Américanistes fait figure de pionnier en la matière, même si les numéros les plus récents ne sont pas disponibles en ligne. La mise en ligne temporaire du dernier numéro d'Ancient Mesoamerica, publié par la Cambridge University Press, propose une approche inverse : on peut télécharger l'intégralité du dernier numéro jusqu'à ce que le numéro suivant soit publié.

On ne peut donc que se féliciter du choix éditorial de l'ENAH, favorisant la diffusion de la recherche mésoaméricaniste. Espérons que ce type d'initiatives se multiplie un peu partout dans le monde. Bon nombre de revues, fort intéressantes demeurent accessibles dans certaines bibliothèques et centres de recherches, limitant ainsi leur accès à un public d'étudiants-chercheurs ou d'amateurs curieux. C'est le cas de la revue Mexicon, publiée par l'Université de Bonn en Allemagne, qui gagnerait à mettre en ligne ces plus anciens numéros.

Pour l'heure, nous avons ajouté Cuicuilco à notre liste de Périodiques et vous invitons à découvrir cette revue.
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Exploration du tunnel de la Pyramide du Serpent à plumes

Avant toute chose, veuillez regarder la vidéo suivante et observez bien.


Le Proyecto Tlalocan, dont nous nous sommes fait l'écho il y a quelques semaines, a signalé des avancées significatives avec les premiers tours de roue de Tlaloque 1, un petit robot conçu à l'Instituto Politecnico Nacional. C'est la première fois qu'une petite machine de ce type est utilisé en contexte archéologique au Mexique (la deuxième fois dans le monde après une exploration identique en Egypte il y a une dizaine d'années). Au-delà de la petite prouesse technologique réalisée par l'IPN, les premières images de Tlaloque ont, toutes proportions gardées, un impact aussi fort que celles des robots téléguidés qui nous ont envoyé des photos de paysage martiens il y a quelques années.

Le robot Tlaloque 1 explorant le tunnel sous la Ciudadela, Teotihuacan.
Photo INAH, disponible le 11 novembre 2010 sur http://goo.gl/9rXJH .

Pourquoi ? D'abord parce que l'hypothèse de l'archéologue Sergio Gomez d'un tunnel creusé par les mains d'hommes il y a 1800 ans a tendance à se vérifier : les traces d'outils utilisés à cet effet sont parfaitement visibles. Le tunnel a été délibérément rempli pour sceller l'accès vers trois chambres qui, jusqu'à maintenant, n'a pas révélé d'enterrements de dirigeants teotihuacains, comme le suppose Gomez. Ensuite parce que le parcours réalisé par Tlaloque 1 a mis en évidence la présence de blocs de pierres massifs et très probablement sculptés. Enfin parce que l'interstice de 25 cm de hauteur où s'est glissé le robot pourra probablement être agrandi pour permettre le passage de chercheurs, la voûte de la galerie semblant suffisamment stable. Gomez a clairement indiqué que ce sera la prochaine tâche de son équipe lors des prochaines semaines.

Une note et un petit diaporama sont disponibles sur le site de l'INAH. Nous continuerons à vous informer de la suite des explorations du tunnel.

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Les sources mexicaines de la pensée cartésienne

Un de mes anciens élèves et assidu lecteur de ce carnet a partagé une paire de vidéos disponibles sur Youtube. On y voit la journaliste mexicaine Carmen Aristegui s'entretenir avec Enrique Dussel, philosophe argentin et professeur à l'Universidad Autonoma de México (UAM).



Co-auteur d'El pensamiento filosofico latinoamericano, del Caribe y latino [1300-2000], Dessel part en brèche contre l'idée couramment répandue de l'absence d'une philosophie latinoaméricaine propre. Il défend l'hypothèse de principes et de théories philosophiques semblables à celles d'auteurs européens comme Hobbes ou Descartes, mais souvent antérieures et originaires de lieux inattendus.

Dessel prend notamment l'exemple de Descartes, élève du collège jésuite de la Flèche, et étudia le cours de logique mexicaine publié par Antonio Rubio, jésuite mexicain. envoyé en Espagne. D'autre part, il inclut logiquement et justement Nezahualcoyotl, roi-poète et philosophe. Ce dernier se rapprochait du grec Parménide mais se distinguait par son mysticisme. Dessel revient aussi sur la retraite et la longue réflexion de Moctezuma avant sa rencontre avec Cortés.

L'autre élément que je retiens est en relation directe avec la conférence récemment proposée au Museo de Historia Mexicana où nous avons défendu l'influence de la France (culturellement, philosophique, politiquement, structurellement). Il est bien connu que le Porfiriat, ces trente longues années de pouvoir autocratique du général Porfirio Diaz, fut marqué par la philosophie positiviste d'Auguste Comte. Dessel surprend le téléspectateur en insistant sur une appropriation de cette philosophie et non pas sa stricte application : "le positivisme mexicain est différent du positivisme français parce qu'il n'avait pas le même objectif".

Je n'ai malheureusement pas encore lu cet ouvrage mais comme le dit Carmen Aristegui, le fait que cet ouvrage crée la polémique est une indication à double tranchant. Néanmoins l'ouvrage est biaisée par la prise en compte et la valorisation de la pensée marxiste : Evo Morales, Fidel Castro et même Hugo Chavez sont présentées comme des penseurs. On éviter l'affront de les présenter comme philosophes. Néanmoins il est dommage que cet axe d'analyse ne puisse pas être compensé par la présentation de penseurs conservateurs.

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dimanche 7 novembre 2010

Tlaltecuhtli en couverture de National Geographic

On pourrait parler de consécration internationale pour Leonardo Lopez Lujan et ses collaborateurs du Proyecto Templo Mayor. Dans sa version espagnole, la revue National Geographic fait sa une avec une photo du monolithe de Tlaltecuhtli.


Photo Kenneth Garret pour National Geographic en espagnol,
Disponible le 6 novembre 2010 sur : http://tinyurl.com/29mdhz4 .

A l'intérieur du magazine, on retrouve deux articles sur les fouilles entreprises depuis 2005 dans les Ajacaras, en contrebas de ce qui étaient les escaliers du Templo Mayor. Le premier article est l'oeuvre de Robert Draper : il y présente rapidement l'ancienne métropole et s'attarde notamment sur Ahuizotl, le tlatloani antérieur à Moctezuma II. Rappelons que l'hypothèse de travail de Lopez Lujan est que sous le monolithe de Tlaltecuhtli pourraient reposer les restes d'un ou de plusieurs tlatoque.

Offrande 126, Templo Mayor, Tenochtitlan,
Postclassique tardif.
Photo B. Lobjois, prise le 14/07/2010.

Pour sa part Leonardo Lopez Lujan revient rapidement sur les difficultés à fouiller dans un contexte urbain et stratigraphique aussi complexe que celui de Mexico. Pourtant il n'en oublie pas les avantages, avec un meilleur accès aux ressources bibliographiques, aux laboratoires d'analyses, et aux équipes de restauration qui garantissent un état optimal de conservation pour les plus de 8500 pièces retrouvées lors des fouilles. Malheureusement on regrettera que son article ne soit pas disponible sur le site de NG ou dans la version française de la revue.

Canidé, Offrande 120.
Templo Mayor de Tenochtitlan, Postclassique tardif.
Photo B. Lobjois, prise le 14/07/2010.

La publication est axée très grand public et explique de manière très simple et très imagée les avancées incroyables réalisées par Leonardo et son équipe pluridisciplinaire. J'ai particulièrement apprécié une infographie qui met en abîme l'offrande de "l'aristochien" comme l'appelle Leonardo López Luján : en quatre pages, le lecteur descend progressivement vers l'île où s'est développée Tenochtitlan, le centre cérémoniel, le Templo Mayor, la pierre monumentale jusqu'à l'Offrande 131. Les auteurs s'attardent sur la stratigraphie de l'offrande 120, dite de l'"aristochien", visible partiellement lors de l'exposition Moctezuma II: Tiempo y Destino de un Gobernante. Néanmoins cette stratigraphie manque un peu de précision et on se perd entre le contenu et le numéro de chaque offrande.

Couteau de silex décoré avec l'ehecacozcatl et l'epcololli,
Offrande 125, Templo Mayor de Tenochtitlan,
Postclassique tardif.
Photo B. Lobjois prise le 14/07/2010.


Ornement pour coiffe en or,
Offrande 125, Templo Mayor de Tenochtitlan,
Postclassique tardif,
Photo B. Lobjois, prise le 14/07/2010.

Référence bibliographique :
CHAVEZ BALDERAS, Ximena, AGUIRRE, Alejandra, MIRAMONTES, Ana; et ROBLES, Erika. 2010. "Los cuchillos ataviados de la Ofrenda 125, Temlo Mayor de Tenochtitlan". In Arqueologia Mexicana, vol. XVII, num. 103, Editorial Raices-INAH, p. 70-75.

[édition du 11 novembre 2010 : suite à certains commentaires pertinents de nos lecteurs, nous avons procédé à certaines modifications concernant les informations.]
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mardi 2 novembre 2010

Anales del Instituto de Investigaciones Estéticas

De la même manière que leur petite soeur, la revue Anales del Instituto de Investigaciones Antropologicas, les Anales del Instituto de Investigaciones Estéticas sont bien présentes virtuellement. 73 ans de publication sont donc disponibles en format .pdf et gratuitement pour tout un chacun.

Nous avons donc mis à jour notre section "Périodiques" et vous encourageons à aller faire un tour sur le portail de cette revue aussi souvent que possible. Utilisez l'extension Down them all pour accélérer le processus !
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Conférence au Musée d'Histoire Mexicaine de Monterrey

Un peu de pub pour notre chapelle. Après-demain, votre serviteur aura l'honneur de participer pour la troisième année consécutive aux Cuartas Jornadas de Estudios Mexicanos, organisées par l'Universidad de Monterrey au Museo de Historia Mexicana, dans le centre-ville de la Sultana del Norte.
Au programme cette année, il sera question du "Passé préhispanique aux temps du Porfiriat et de la Révolution". Il s'agit simplement de présenter à un public non-spécialiste comment s'est forgée l'identité nationale mexicaine au moment du pouvoir autocrate de Porfirio Diaz en 1884 et 1910. Au delà de la redécouverte et de la réappropriation du passé préhispanique, on expliquera notamment la systématisation des études archéologiques et anthropologiques à cette époque.Je cherche d'ailleurs une revue pour publier la version de l'article que j'ai rédigé pour l'occasion. Si vous avez des contacts, envoyez-moi un courriel. Au pire des cas, j'utiliserai le site qu'a recommandé mon collègue Felipe Castro pour faire une publication qui ait l'air professionnel.
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lundi 1 novembre 2010

1st Central-South Conference on Mesoamerica

This post is for my english readers and those who can understand english. For the first time, the University of Texas at San Antonio will organize a two-day conference about Mesoamerica. Maybe you already received the information by the Aztlan newsletter. This event will be on November 6th and 7th.

The entire schedule and the resumes are available here. Nevertheless, I'm quite surprised that expositors will only have 15 minutes to convince the audience. I don't know if someone can really do that in such little time. Don't forget to check the official website of this event by clicking on the title of this note. Indeed, check our Conferences page : it has been updated.

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Cours de nahuatl en ligne

Pouce ceux qui comme moi adoreraient parler le nahuatl moderne, nous vous recommandons un petit site internet en espagnol, certes d'aspect austère mais qui a l'air d'être efficace.

Certains modules sont encore manquants (pronoms, adjectifs, temps des verbes). Cependant l'ensemble est assez complet pour peu que vous sachiez l'espagnol pour apprendre. Certains outils sont même téléchargeables. Au delà des simples, le site propose en effet des textes poétiques et en prose ainsi qu'un dictionnaire bilingue (nahuatl-castillan). On a même la date actualisée selon le tonalamatl. On peut également voir quelques documentaires qui traitent des codex.

Si vous connaissez un équivalent en français et en anglais, n'hésitez pas à nous en faire par. N'oubliez pas non plus de faire un tour sur le site du dictionnaire en ligne d'Alexis Wimmer pour une étude plus poussée des formes du nahuatl classique. Dernier détail, la section Interactivité de ce carnet a été évidemment mise à jour.

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