dimanche 31 juillet 2011

Des traces de peinture murale à Paquimé

Lors de la XIV Conferencia de Arqueología de la Frontera Norte qui a récemment eu lieu à Paquimé, dans l'état de Chihuahua, l'archéologue Eduardo Gamboa, coordinateur académique de l’évènement, a présenté la conférence de clôture. Il a notamment expliqué que des traces de peintures ont été localisées dans la pièce 36 sur le site de Casas Grandes.

Ils sont apparus lors de travaux de déblaiements et de restauration nécessaires pour un site classé Patrimoine culturel de l'humanité. Ce seraient deux murs stuqués de 4 m de long de la pièce susmentionnée qui seront prochainement étudiés par une équipe interdisciplinaire dirigée par Gamboa, car des fragments de peinture blanche et rouge y ont été observés. D'un point de vue stylistique, ces fragments rappellent les peintures de la culture Pueblos.

Le problème majeur pour les archéologues sera de fouiller différentes phases de réoccupation de cet endroit. Sur la surface, ils ont en effet retrouvé de nombreux objets dont la conception est postérieure aux peintures. Parmi eux figuraient des objets en pierre, en coquillage, en métal, en céramiques, des restes osseux, du verre, et des matières organiques. Malheureusement les conditions climatiques défavorables n'ont pas permis d'avancer.

Un bulletin de l'INAH revient plus longuement sur cette conférence. Il est également disponible en format .pdf.

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Des conférences au University of Pennsylvania Museum

Plusieurs exposés effectués lors du 29th Annual Maya Weekend sont disponibles sur Youtube. On peut saluer cette initiative de l'University of Pennsylvania of Archaeology and Anthropology à diffuser gratuitement les contenus de cet événement académique important aux Etats-Unis.

Nous vous en proposons deux exemples. Le premier exposé est présenté par Jennifer von Schwerin, chercheuse à l'University of New Mexico. Il y est question d'architecture maya et de reconstitution en 3D.


La seconde vidéo, un peu plus courte, est présentée par Katherine Miller, de l'Arizona State University. Elle présente des résultats d'anthropologie physique effectués sur des ossements mayas.


Libre à vous désormais de retrouver le compte du University of Pennsylvania Museum sur Youtube. Pour notre part, nous avons créé une liste de lecture sur notre propre compte Youtube. Bon visionnage ! 
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mercredi 27 juillet 2011

Des traces d'anthropophagie à Cueva del Maguey, Durango

Lors de la XIVe conférence d'archéologie de la frontière nord qui s'est tenue à Paquimé, dans l'état de Chihuhua, l'archéologue José Luis Punzo a fait un exposé sur le site de Cueva del Maguey, située dans la Sierra de Durango. Chargé de l'exploration et de la conservation de ce site, Punzo a fait état de récentes découvertes, résultats de différentes saisons de fouilles.

Cueva del Maguey se distingue par son architecture : dans des cavernes suffisamment hautes, les habitants qui ont vécu à cet endroit vers 1450 avaient construit différents bâtiments et maisons. Le site a été bâti à 2600 mètres d'altitudes dans un massif boisé de la montagne duranguense.


Maison en acantilado, Cueva del Maguey, Durango.
Postclassique.
Photo INAH disponible le 27/07/2011 sur 

Des analyses ostéologiques pratiquées sur des restes humains retrouvés ont révélés que les Xiximes qui habitaient sur le site consommaient de la chair humaine lors de rituels liés à la guerre et aux cycles agricoles, notamment au moment des récoltes.
 
La pratique de l'anthropophagie et du cannibalisme rituel n'est en rien exceptionnel chez les anciens peuples mésoaméricains ou nordaméricains. Même si elle n'était quotidienne, elle n'en existait pas moins. Les médecins légaux qui ont étudiés les ossements ont notamment remarqué des traces de découpe sur un lot d'une quarantaine d'os. Ces derniers ont été recueillis lors de fouilles de surface, dans le but de conserver intact l'habitat des Xixime. Les archéologues ont également mis la main sur du bois, des graines, des cordages, des pierres taillées, des céramiques, des os d'animaux, des griffes de jaguar et des dents de crocodiles.
 
Il semblerait aussi que ses ossements aient été bouillis avant leur consommation. L'archéologie et l'anthropologie physique confirment ainsi les chroniques du XVIIe siècle, notamment la Carta annua de Hernando de Santarén. Des analyses ADN ont pu déterminer que les Xixime consommaient uniquement des individus appartenant à leur groupe ethnique, même s'il s'agissait d'ennemis.

Le bulletin de l'INAH est disponible en format .pdf ou sur le Réseau Mexicain d'Archéologie. Pour en savoir plus sur la toujours très polémique anthropophagie en Mésoamérique, pensez à consulter l'ouvrage de M. Graulich sur le sacrifice humain chez les Aztèques, publié aux éditions Fayard.
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mardi 26 juillet 2011

Un monolithe dispersé façon puzzle à Chalcatzingo, Morelos

L'INAH propose un bulletin sur une trouvaille peu commune et très intéressante sur le site de Chalcatzingo. Certains spécialistes considèrent qu'il s'agit d'un site olmèque dans le centre du Mexique. Si on prend en compte l'hypothèse de Gallaga, Bachand et Love quand à l'influence olmèque sur le site chiapanèque de Chiapa de Corzo au Chiapas, on pourrait plutôt penser qu'il s'agit d'une façon de penser, d'une religion plus que d'une culture en tant que telle. Resituons d'abord Chalcatzingo à l'aide de cette carte disponible sur Google Earth et Google Maps.


Chalcatzingo est notamment connu pour ces nombreux dessins et sculptures gravés dans la pierre, voir même dans certaines cavernes. Le bloc récemment présenté à la presse a les dimensions suivantes : il a d'abord été retrouvé en onze morceaux. Son élaboration daterait de 800 avant J.-C. Ils étaient situés sur la partie nord du Cerro Gordo de Chalcatzingo.


Blocs de la Triade des félins, Chalcatzingo, Morelos, Préclassique ancien.
Photo Mauricio Marat-INAH, disponible le 26/07/2011 sur :

Les archéologues se sont ensuite attelés à reformer ce puzzle géant et lourd in situ.


Montage des fragments de la Triade des félins, 
Chalcatzingo, Morelos, Préclassique ancien.
Photo Mauricio Marat-INAH, disponible le 26/07/2011 sur :

Voici le résultat final.



Triade des félins, Chalcatzingo, Morelos, Préclassique ancien.
Photo Mauricio Marat-INAH, disponible le 26/07/2011 sur : 

L'ensemble mesure 1,5 m de haut pour 1,1 m de large et 40 cm de profondeur. Les archéologues ont progressivement sorti de terre les blocs à partir du mois d'avril de cette année. Les restaurateurs Olga Lucía González et Gilberto Buitrago ont coordonnés les travaux qui faisaient partie d'un projet plus vaste visant à conserver différents monolithes présents sur la face nord du Cerro Gordo de Chalcatzingo. Buitrago explique que c'est en procédant au déblaiement et à la préparation du terrain pour d'autres monolithes que ceux formant la Triade des félins ont pu être retrouvés.

Chalcatzingo est connu depuis longtemps par les mésoaméricanistes car il présente une iconographie dont de nombreux éléments sont précurseurs d'autres manifestations artistiques dans le centre du Mexique, et notamment sur le Haut Plateau central. Les jaguars et les félins occupent une place particulière dans l'iconographie dite "olmèque". Ils sont liés à la nuit, à l'obscurité, à l'eau, à au soleil décroissant chez les Mexicas, durant le Postclassique. Dans ce cas particulier, l'archéologue Mario Córdova Tello, responsable du Centre INAH Morelos, émet l'hypothèse selon laquelle ce monolithe et les autres retrouvés au pied de la face nord du Cerro Gordo pourraient avoir formé une longue frise.

On peut d'ores et déjà voir le monolithe de la Triade des félins en visitant le site. Un autre monolithe, appelé les Olmèques marchant et datant de la même époque, est également visible, 50 ans après son dégagement partiel par Roman Piña Chan.

L'INAH propose également un diaporama disponible sur son site et préparé par Mauricio Marat. On pourra lire le bulletin de l'INAH en espagnol disponible en format pdf à cette adresse.

Une vidéo résume rapidement la découverte et la restauration de cette pierre sculptée. Elle est disponible sur la chaîne INAHTV, en cliquant sur Youtube.



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Des soldats archéologues dans le Mexique révolutionnaire

En préparant un projet de fouilles sur le site de Cañon de San Joaquin dans l'état de Chihuahua, l'archéologue mexicain Rafael Cruz a redécouvert un fait intéressant. Alors que le Mexique était en plein milieu d'une guerre civile indirectement provoquée par les Etats-Unis, alors que Pancho Villa s'évertuait à attaquer les troupes américaines sur leur propre territoire, à Columbus, Nouveau Mexique, 50 soldats US entrèrent au Mexique sous le commandement de John Warren Weissheimer et John W. Wright pour une mission de reconnaissance, à la recherche de Pancho Villa.

Au Smithsonian Institute de Washington, Rafael Cruz a mis la main sur différents documents (photos, relevés, dessins et plans) élaborés par le petit contingent américain, entre le premier juillet et le 20 novembre 1916. Afin "de rompre la monotonie tandis qu'ils exécutaient l'ordre de ne pas effectuer de mouvement de troupes", les officiers ont décidé de prospecter treize sites archéologiques dans l'état du Chihuhua. Une carte signée le lieutenant Roderick Dew indique l'emplacement de la rivière San Joaquin et les directions de plusieurs localités (Pearson, Dublan et San Miguel), connues actuellement comme Mata Ortiz, Casas Grandes et la Babícora. Cruz a comparé cette carte avec ses propres recherches, commencées dans les années 1990. Il en retient la grande exactitude des informations qui figurent sur le document américain : 11 des 13 sites indiqués sur la carte ont ainsi retrouvés. Weissheimer en son temps proposa une datation des sites vers 800 après J.-C., ce qui s'est révélé particulièrement précis en analysant le matériel retrouvé par Cruz et son équipe : ils semblent appartenir à la même culture que celle des sites de Casas Grandes ou de Paquimé. De la même manière Cruz explique que ses prospections lui ont permis de retrouver deux sites que Weissheimer n'avait pas indiqué.

Agrandir le plan

Cette recherche a été exposée lors de la XIV Conferencia de Arqueología de la Frontera Norte . Une note complète est disponible sur le site de l'INAH.
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vendredi 22 juillet 2011

Un enterrement zoque retrouvé au Chiapas

Notre connaissance des Zoques va encore avancer suite à la découverte des ossements de trois individus sur le territoire de la municipalité de Berriozábal, au Chiapas, en décembre dernier. L'heure est désormais aux premiers résultats d'analyses : il s'agirait d'un homme et d'une femme, âgé d'environ 38 à 42 ans et d'un foetus d'environ 7 mois de grossesse. Les déformations crâniennes et la taille des dents permettent d'établir qu'il s'agirait de Zoques de haut rang. Ils ont pu être datés entre 200 et 400 avant notre ère, c'est-à-dire le Préclassique récent.

L'archéologue Víctor Manuel Ortiz a expliqué que les ossements avaient été déplacés par le propriétaire alors qu'il creusait son terrain pour installer une fosse septique (sic!). Mais ils sont très fragmentaire si on en juge la liste publiée :
  1. pour les adultes, les médecins légistes ont identifié des radius, des cubitus, des humerus, des clavicules, des homoplates, des phalanges, des fémurs, des tibias, des peronés, quelques côtes et vertèbres, les mâchoires inférieures et les crânes fracturés et incomplets;
  2. pour le foetus, un clavicule, un radius, un humerus y un cubitus. 

Restes zoques, Préclassique tardif, Berriozabal, Chiapas.
Photo INAH, disponible le 21/07/2011 sur : 

Pour ce dernier, il n'est pas exclu qu'il soit incomplet, étant donné que la mère était encore enceinte au moment du décès et que son corps a commencé à se décomposer avant que le corps du foetus n'est pu complètement se développer.

Ces mêmes médecins ont pu déterminer quelques pathologies. Chez l'homme, ils ont établi une pathologie auditive. Son oreille est ainsi bouchée, conséquence d'activités aquatiques répétées ou d'otites.

Des analyses ADN vont être pratiquées afin de déterminer une filiation entre le foetus et les deux  adultes, et de confirmer une hypothèse des archéologues de l'INAH Chiapas : ils estiment qu'il s'agirait d'un enterrement d'une famille.

Cette petite vidéo proposée par l'INAH sur sa chaîne Youtube reprend les principaux éléments de la découverte.


Le quotidien Tabasco Hoy reprend la dépêche de l'INAH sur son site internet. Le bulletin de l'INAH est disponible en pdf, accompagné d'un diaporama intéressant.

[Mise à jour faite le 22/07/2011]
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jeudi 21 juillet 2011

Une exposition sur les Olmèques au MNA

Museo Nacional de AntropologíaImage by saturdave via Flickr
Depuis le 19 juillet dernier, le visiteur du Museo Nacional de Antropologia, situé dans le quartier de Chapultepec à Mexico, peut visiter une très belle exposition temporaire sur les Olmèques qui a été présentée à Los Angeles County Museum of Arts (LACMA) puis au Museum of Fine Arts de San Francisco. L'Américaine Virginia Fields, récemment décédée, en fut la commissaire.
118 objets (en bois, en basalte, en pierre verte et en céramique) seront proposés au public mexicain. Ils sont originaires de différents sites olmèques ou d'influence olmèque et conservés dans différentes enceintes mexicaines : le Museo de Antropología de Xalapa et le Museo Tuxteco (Veracruz), le Museo Amparo (Puebla), le Museo Regional de Chiapas et le Museo Arqueológico de Tapachula (Chiapas), le parc Museo La Venta (Tabasco) et le Museo de Antropología "Palacio Cantón" (Yucatán). On pourra en particulier voir les têtes monumentales 5 et 9 du Musée de San Lorenzo Tenochtitlan.
L'exposition se tiendra sur trois emplacements dans l'enceinte du musée :
  • dans les jardins des salles Côte du Golfe, Oaxaca et Mexico, pour les plus volumineuses,
  • la Media Luna dans le vestibule du musée,
  • sur le balcon de la salle Mexica.
On pourra visiter l'exposition jusque fin octobre. En attendant, vous pouvez consulter le bulletin complet disponible sur le site de l'INAH. Sur le site du Museo Nacional de Antropología, vous trouverez quelques informations pratiques pour préparer votre visite.

Le style "olmèque" s'est développé essentiellement sur la côte du golfe du Mexique. Cependant plusieurs sites éloignés comme Chalcatzingo, dans l'état de Morelos, Takalik Ab'aj au Guatemala présentent des caractéristiques iconographiques communes avec La Venta ou San Lorenzo.
[Edition du 21/07/2011 : l'INAH a également mis à disposition une infographie téléchargeable en format pdf]

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mercredi 20 juillet 2011

Une offrande funéraire à El Teul, Zacatecas

En dépit des difficultés des archéologues de l'INAH à mener à bien leurs fouilles en raison des forts problèmes de violence et d'insécurité qui sévicent dans le nord du Mexique, le projet Et Teul révèle une nouvelle fois tout son intérêt. Après la découverte d'une statue le mois dernier, le programme de fouilles a permis de localiser une offrande funéraire (ill.1)  qui confirme l'importance du cuivre sur ce site. D'ailleurs l'enterrement a été retrouvé à proximité d'un fourneau servant à travailler ce métal et fouillé l'année dernière.

Ill. 1. Enterrement, Cerro El Teul, Zacatecas, Postclassique.
Photo INAH disponible le 20/07/2011 sur : 
Autour des restes d'un homme âgé d'une cinquantaine d'années, les archéologues ont compté 540 coquillages, 101 plaques et 12 perles en coquillage, 3 perles de pierre verte, une clochette et 2 pinces en cuivre. Le terrain fouillé est situé au nord de la Terrasse des Toits Brûlés. Il s'agissait probablement d'une plateforme (ill.2).
 Ill. 2. Zone de fouilles, El Teul, Zacatecas, Postclassique.
Photo INAH, disponible le 20/07/2011 sur :
L'archéologue Enrique Pérez Cortés a expliqué à la presse que l'état de conservation des restes osseux est assez mauvais : son équipe a pu seulement récupérer le crâne, une partie du pelvis et des os longs. Il semblerait que l'individu ait été enterré en position assise. 

Ill. 4a. Crâne d'un individu mâle, El Teul, Zacatecas, Postclassique.

Fait notable, une paire de pinces se trouvait sous la mâchoire inférieure de l'individu devait probablement accrochée à son cou. Ce genre d'objet est également connu des archéologues et peut être observé au musée régional de Nayarit. Dans la Relación de Michoacán,  on explique que c'était l'attribut de prêtres.
Pince en cuivre, El Teul, Zacatecas, Postclassique.

L'ensemble des pièces en coquillages et des pierres vertes devaient former un grand pectoral, puisque de petits orifices indiquent qu'ils étaient "cousus". Des restes de fibres ont été soumis à analyse. Enfin deux autres crânes ont été retrouvés à proximité de cette offrande.
Pérez Cortés estime également qu'il faut rapprocher cet enterrement d'autres documentés à l'ouest du Mexique, sur des sites comme la vallée de Sayula, Jalisco, Tuxcacuesco et Amapa, Nayarit. Il émet l'hypothèse que Cerro El Teul devait participer à une réseau d'échange avec des sites de la côte du Pacifique, en leur fournissant des objets en cuivre.

L'INAH met également à disposition du public un diaporama expliquant cette offrande funéraire.
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Arqueologia Mexicana n°110

Le dernier numéro de la revue de divulgation anthropologique mexicaine est disponible depuis quelques semaines dans les kiosques et autres supermarchés. Au sommaire de ce numéro 110, on retrouve un dossier très intéressant sur les dirigeants mayas de différentes cités mayas pendant le Classique.
 Au total, ce sont six dirigeants qui sont présentés de manière parfois très différentes par plusieurs spécialistes mexicains et étrangers des dynasties mayas. Nikolaï Grube, auteur d'un livre-référence en la matière avec Simon Grube, propose un article sur la représentation des dirigeants et la terminologie qui les concerne. Takeshi Inomata, enseignant-chercheur à l'University of Arizona, résume de manière claire et simple la vie courtisane sur le site d'Aguateca, au Guatemala.

Vient ensuite la présentation  des dirigeants mayas suivants :
Un article complémentaire de Sergio Quezada explique comment les chefferies étaient organisées au Yucatan, au moment de l'arrivée des Espagnols au Yucatan.

Parallèlement on lira avec intérêt le papier de Patricia Olga Hernandez Espinoza sur des examens de médecine légale effectués sur des populations métisses du XVIIIe siècle ayant succombé à une épidémie de variole.

Maria Gaida, suite à une récente étude des tepetlacalli par Leonardo Lopez Lujan et son père, propose un examen détaillé de l'un d'entre eux, redécouvert au Musée Ethnologique de Berlin. D'ailleurs un autre article proposé par Javier Urcid montre que les tepetlacalli n'étaient pas l'apanage des populations du Haut Plateau Central : il revient sur le cas des plusieurs coffres en céramique retrouvés dans l'offrande IV et la terrasse 18 de Monte Alban.

Les deux documents étudiés par Manuel Hermann Lejarazu et Xavier Noguez sont respectivement le Codex Laud et le Codex de Tepetlaoztoc.

Bref, un numéro passionnant à se procurer rapidement.
Bibliographie complémentaire :

Martin, Simon & Nikolaï Grube. 2002. Chronicles of the Mayas Kings and Queens, Thames & Hudson, Londres-New York.
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mardi 19 juillet 2011

Débats sur les sculptures récemment découvertes à Tonina

Il y a une semaine environ, l'INAH et plusieurs journaux mexicains annoncaient la découverte de deux nouvelles sculptures sur le site chiapanèque de Tonina en mai dernier par l'équipe de Juan Yadeun. Voici une courte video qui résume en espagnol cette invention faite au sud du terrain de jeu de balle de Tonina.


Selon Yadeun, les guerriers prisionniers et sacrifiés seraient originaires de Copan, une importante cité maya du Classique située au Salvador. Ils portaient notamment des bandes de tissus sur les oreilles, à la place des traditionnels boucles en jade qui  les ornaient, indiquant ainsi leur statut de captifs, tout comme leurs mains attachés dans le dos. Chaque statut a une hauteur d'1,5 m. Ils auraient été sujets du K’uy  Nic  Ajaw, seigneur de Copan.

Afficher Zones archéologiques présentées sur Mexique Ancien sur une carte plus grande.

Datées d'environ 1300 ans, ces deux sculptures étaient dans un état fragmentaire, à l'instar de deux grandes tables qui servaient probablement de marqueurs du terrain de jeu de balle. Les inscriptions corroboreraient l'alliance Palenque-Copan contre Tonina (Popo selon son ancien nom) lors d'une guerre qui dura 26 ans. Les inscriptions feraient également mention d'usage de feu et de fumée lors du sacrifice de ces individus, suggérant un rituel d'inauguration de la nouvelle phase du terrain de jeu de balle.


Marqueur du terrain de jeu de balle, Classique, Maya, Tonina, Chiapas.
Photo INAH, disponible le 19/07/2011 sur : 


Sculptures de captifs, Classique tardif, Maya, Tonina, Chiapas.
Photo INAH, disponible le 19/07/2011 sur : 

L'INAH a mis à disposition du public un diaporama des sculptures découvertes et analysées par Tadeun. Nous reproduisons plusieurs clichés pour cette note.


Vue de l'acropole de Tonina, Chiapas.
Photo : INAH, disponible le 19/07/2011 sur 


Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles si le Dr David Stuart, épigraphe et mayiste patenté de l'University of Texas at Austin, n'avait publié une longue note sur son carnet où il se démarque de la lecture proposée par Yadeun. Généralement, les avis de Stuart font généralement foi auprès de la communauté des épigraphes. Stuart estime que les prisonniers représentés seraient plutôt originaires de Palenque que de Copan. Le corps de la sculpture la plus complète comporte une série de huit glyphes qu'on peut en partie observer sur cette photo de Moyses Zuniga pour Associated Press.


Captif, Maya, Classique tardif, Tonina, Chiapas.

Les deux glyphes sur les épaules marqueraient le début et la fin de la séquence suivante : 
uxlajuun(-eew) buluch winikij
k’altuun ta Juun Ajaw
i uht ochk’ahk’ ta ?n
Buk’ ? bolon eht?
Buk'? serait un nom également visible sur le monument 145 de Tonina : il fait référence à un guerrier fait prisonnier le 6 octobre 692, date également inscrite sur le monument 172 pour rappeler la défaite de Palenque. De fait, Stuart doute énormément de l'implication de Copan dans le conflit qui opposa Palenque et Tonina.

Deux interprétations des mêmes données : il serait intéressant de voir les réactions d'autres épigraphes.

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mardi 5 juillet 2011

Pétroglyphes au Cerro de Comiles, Nayarit

Locator map for the state of Nayarit within Me...Image via Wikipedia
L'archéologue mexicain Mauricio Garduño Ambriz a annoncé la découverte d'une trentaine de pétroglyphe sur les flancs du Cerro de Comiles. Situés dans les environs de Tuxpan, dans l'état occidental du Nayarit, ces 30 pétroglyphes s'ajoutent aux 150 qui avaient retrouvé par une équipe de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales.

Datés grâce aux rares traces de matériels trouvés dans ce contexte, les archéologues de l'INAH estiment qu'ils ont été sculptées dans la pierre entre 850 et 1350 de notre ère. Les motifs représentés sont assez hétérogènes mais assez diffusés : il s'agit de volutes, de grecques, de spirales, de serpents, de motifs géométriques, de disques solaires. Leur style est à rapprocher des céramiques de la culture Azatatlan, dont l'INAH avait reçu plusieurs dizaines d'exemplaires en mai dernier.


Ils sont tous sculptés dans la roche volcanique, de manière isolé ou en petits groupes formant des panneaux. Un ensemble attire l'attention : sur une roche plane, à proximité d'un disque solaire, on peut voir une série de petites cavités articificielles (4 à 6 cm de diamètre et 1 à 6 de profondeur) qui auraient pu être utilisés rituellement lors de pétitions d'eau.

Vous pouvez connaître davantage de pétroglyphes en cliquant sur ce diaporama.
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