mardi 31 janvier 2012

Exposition Arqueología del nuevo milenio en Chiapas

Les comptes-rendus d'expositions se mutliplient sur notre carnet ces derniers temps. La dernière en date est visible au Museo Regional de Chiapas, à Tuxtla Gutiérrez, capitale de l'état chiapanèque.

Intitulée Arqueología del nuevo milenio en Chiapas, cette exposition est l'occasion de voir pour la première fois les résultats concrets des fouilles conjointes de l'INAH (avec Emiliano Gallaga) et de la New World Foundation (avec Lynneth Lowe et Bruce Bachand) sure le site mixe-zoque de Chiapa de Corzo. Si votre mémoire flanche, vous pouvez toujours vérifier les différentes notes que nous avons rédigé en en mai 2010 et en avril 2011. On pourra donc voir quelques éléments formant les ornements funéraires de ce dirigeant ayant vécu entre 1500 et 700 avant notre ère.
 
Mais plus que Chiapa de Corzo c'est l'ensemble des zones fouillées dans les années 2000 qui est mise en valeur par l'INAH. Plus de 100 pièces originaires de différentes zones archéologiques chiapanèques sont présentées. On pourra voir ainsi une scultpure (89 cm de long pour 28 cm de haut) d'une tête d'aigle, retrouvée sur le site zoque d'Iglesia Vieja, près de Tonala. Il y a aussi ce miroir en hématite et cette tête de figurine, datés du Préclassique moyen (entre 800 et 600 avant Jésus Christ) : ils ont été mis au jour à Cantón Corralito et semblent indiquer une influence olmèque dans leur élaboration.

D'autre part une stèle retrouvée à Lagartero en 2011 attirera l'attention du visiteur : mesurant pas moins de 2 m de hauteur, elle est sculptée en bas-refief et représente un guerrier en piétinant un autre. La place principale de Lagartero, site du Classique tardif, est encadrée de 4 pyramides. Il comporte un terrain de jeu de balle.

L'exposition est partagée en 4 modules géographiques. Le premier se concentre sur les sites de Xoconusco et de la côte du Chiapas. Le second est une présentation de plusieurs sites épiclassiques et postclassiques comme Lagartero et Tenam Puente. Le troisième module revient sur la vallée du fleuve Grijalva et le site de Las cuevas del río La Venta et Chiapa de Corzo. Un dernier espace revient sur la vallée de l'Usumacinta et les sites Plan de Ayutla, Palenque et Bonampak.

Si vous avez donc prévu un détour au Chiapas, une visite au Museo Regional de Chiapas s'avère incontournable.
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lundi 30 janvier 2012

Raíces 37 - Exposition Comer y ser avec Gabriela Sánchez

Revenons sur le trente-septième programme de Raíces, programme d'anthropologie, diffusé sur Radio UdeM. Dans ce numéro nous revenons sur l'exposition Comer y ser, proposée au Museo de Historia Mexicana depuis le 23 novembre dernier.

L'historienne Gabriela Sanchez et sa collègue Guadalupe Piedra sont donc venues expliquer les tenants et aboutissants de cette exposition. Le programme a été enregistré le 19 janvier avec Oscar aux manettes.

Le fichier mp3 est disponible au téléchargement sur Soundcloud et sur Divshare.



Vous pourrez profiter prochainement d'une note plus complète sur cette exposition, incluant des références bibliographiques et un diaporama des pièces présentées dans la salle d'expositions temporaires.

Références bibliographiques complémentaires :
González Torres, Yolotl. 2009. "Notas sobre el maíz entre los indígenas mesoamericanos antiguos y modernos". In Dimensión antropológica, vol. 41.
Neurath, Johannes. 2008. Por los caminos del maiz. Mito y ritual en la periferia septentrional de Mesoamérica. Serie Historia y Antropología, México, FCE-CONACULTA.
Echeverría, María Esther & Luz Elena Arroyo (coords.). 2000. Recetario del maíz. Cocina Indígena y Popular, 10, México : CONACULTA-Culturas populares. González de la Vara, Fernán. 1996. La cocina mexicana a través de los siglos. Tomó II. Época prehispánica. México : Editorial Clio.

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dimanche 29 janvier 2012

Ouverture d'un nouveau musée de site

Suite aux différentes campagnes de fouilles effectuées sous le Centre culturel d'Espagne, un nouveau musée de site vient d'être présenté au public. Il n'y a pas eu d'inauguration officielle dans la mesure où le nouveau président du conseil espagnol vient d'être élu et n'a pas encore programmé de visite au Mexique.
Pourtant le Dr Carlos González González, directeur du Musée du Grand Temple récemment invité dans Raíces, et Raùl Barrera, archéologue chargé du PAU (Programa de Arqueología Urbana) ont accompagné Ana Tomé Díaz, directrice du Centre Culture d'Espagne à Mexico.

Lors de fouilles de sauvetage entreprises par la PAU avant la construction d'un stationnement souterrain sous le Centre culturel d'Espagne, Raúl Barrera et son équipe ont mis la main sur ce qui était le calmecac, cette école présentée par les sources coloniales comme une école de prêtrise réservée aux élites de la cité.

Pour en savoir plus sur le calmecac de TEnochtitlan, nous vous conseillons de relire cette note rédigée il y a près de deux ans. Nous vous expliquions la nature et l'importance sociale et religieuse de cette structure.

Voici une présentation en chiffres de ce nouveau musée :
  • 1 grand escalier de la phase VII du Grand Temple (celle correspondant à l'arrivée des Espagnols) ;
  • 1 escalier en bois de l'époque coloniale ;
  • un 
  • 2 grandes almenas ou décorations des toits du calmecac en forme de coquillage coupé dans le sens de la longueur ;
  • 2, 88 m de hauteur pour chaque almena en terre cuite.
  • 3 phases de constructions entre les règnes d'Ahuizotl et de Moctezuma entre 1486 et 1519 ;
  • 3 années de campagnes de fouilles entre 2006 et 2008 ; 
  • 3 ouvrages de ferronnerie de l'époque coloniale
  • 4 bases de colonne de l'époque coloniale ;
  • 19 m de long et 8 m de large pour les mesures du tronçon du calmecac fouillé par le PAU ;
  • 20 vitrines où sont exposés...
  • ... 88 objets récupérés lors des fouilles et appartenant à différentes époques (45 préhispaniques, 22 coloniales et 23 du XXe siècle) ;
  • 734 m² de surface pour l'exposition permanente ;
Le musée propose une muséographie interactive où sont présentées les fouilles, une anastylose du monument et son processus de restauration.

Vous pourrez plus d'informations en lisant cette note publiée sur le site de l'INAH. Elle est accompagnée d'un diaporama et d'une vidéo disponible sur Youtube.


La revue Arqueología Mexicana avait présenté les avancées de ces fouilles dans un article intitulé ".

Le musée du site du calmecac est ouvert du mardi au samedi de 11h à 17h et le dimanche de 11h à 15h. L'accès se fait sur réservation par téléphone (55211925 depuis le DF) ou courriel (visitas[at]ccemx.org).
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jeudi 26 janvier 2012

Enterrements et classes sociales à Teotihuacan

L'INAH propose une note résumant les fouilles menées par Gonzalo Morales Hernández et son équipe en périphérie de Teotihuacan. En fait l'archéologue mexicain avait présenté des résultats intéresssants lors de la dernière Table ronde de Teotihuacan en septembre dernier. Les archéologues ont notamment travaillé sur cinq structures situées à deux kilomètres au sud de la Ciudadela (actuellement en fouilles).
Dûment catalogués et carthographiés par René Millon dans les années 1970, ces édicules sont situés actuellement dans les hameaux de San Francisco Mazapa, Santa María Coatlán, San Sebastián Xolalpan y San Lorenzo Tlamimilolpa, tous appartenant à la commune de Teotihuacan de Arista. Nommés structures 10, 8, 2, 21 y 6Sa, ils servaient apparemment de logements et recouvraient au moins les restes de trente individus. Le mobilier funéraire relevé fait état de deux mille objets lithiques et trente et un mille fragments de céramiques !

C'est la structure 8 qui contenait le plus grand nombre d'enterrements. Au total ce sont les restes de 15 femmes, enfants et nouveaux-nés qui ont retrouvés. Des objets cérémoniels les accompagnant, à l'instar de ce vase incisé et originaire de la côte du Golfe. Pour être plus précis, la structure 8 est formée de cinq pièces, trois cours, un portique, deux systèmes de canalisations et un mur d'enceinte. Des traces de peinture rouge ont été mises au jour sur certaines sols stuqués. Enfin de petits trous faisaient office de dispensaires d'eau.

La structure 10 comptait un enterrement formé de quatre dépôts funéraires : des vaisselles et des figurines en céramique, des bois de cerf, et une aiguille en os animal sont les éléments les plus notables qui accompagnait le défunt. Un autre enterrement multiple était constitué d'une femme d'environ 30 à 35 ans, de quatre enfants dont l'âge oscille entre 4 et 10 ans et des restes incomplets d'un nouveau-né. Ils présentent des déformations crâniennes et d'importants problèmes dentaires. L'unité habitationnelle comportait trois pièces, deux cours, des couloirs en basalte recouvert de boue et partiellement stuqué, et un autel placé au centre d'une place.

Sous la structure 21, les fouilles ont révélé les restes d'un nouveau-né d'un an environ. Les restes d'un encensoir volontairement brisé gisaient à ses pieds. Il est datée de la phase Xolalpan, soit entre 350 et 550 de notre ère.

En ce qui concerne les structures 2 et 6Sa, les données sont encore minces, dans la mesure où les 13 enterrements fouillés sont encore analysés. Les seuls détails qui ont été communiqués par Morales Hernández concerne l'architecture des deux ensembles.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le bulletin de l'INAH en espagnol.
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mercredi 25 janvier 2012

Campagne de restauration de peintures rupestres au Chihuahua

Alors que l'état de Chihuahua connaît une sécheresse inconnue depuis plus de 70 ans et voit ses populations amérindiennes durement frappées par la famine, l'INAH nous annonce une importante campagne de restauration de peintures, oeuvres des différentes populations qui se sont succédé dans la Cueva de las Monas, au nord de la ville de Chihuahua.

Les restaurateurs traiteront douze ensembles de peintures tarahumaras et apaches elaborées sur les parois de cette caverne entre 500 de notre ère et l'histoire moderne. Ils tâcheront de nettoyer les champignons et les excréments d'hirondelles qui se sont accumulés et ont endommagé les pigments des peintures.

Certaines images ont des éléments iconographiques qui renvoient directement à l'usage rituel du peyote, ce cactacé aux propriétés hallucinogènes.

Pour en savoir plus sur le sujet, vous pouvez toujours lire la note rédigée sur le site officiel de l'INAH, consulter le diaporama et regarder la vidéo mise à la disposition du public sur Youtube et que nous avons intégrée à notre note du jour, sachant que la SOPA nous tomberait dessus si elle était appliquée.


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lundi 23 janvier 2012

Raíces 36 - Livre Fray Estanislao Carrillo avec Alfredo Barrera Rubio

Dans notre trente-sixième épisode de Raíces diffusé le 15 janvier dernier, nous avons pu nous avoir un entretien avec le Dr Alfredo Barrera Rubio, ancien directeur du Centro INAH-Yucatan, professeur et chercheur à l'Universidad Autonóma De Yucatán.

Comme tout bon archéologue, le Dr Barrera est très intéressé par l'histoire de sa discipline mais aussi celle de son état. Il s'est donc naturellement rapproché de la figure du Frère Estanislao Carrillo, considéré comme le premier archéologue yucatèque.

Pour ce programme, notre ingénieur du son fut Nicolas Chapa. L'ensemble a été mixé par Sergio Becerra. Vous pouvez retrouver ce programme sur Archive en format ogg.


Si vous souhaitez vous procurez le livre d'Alfredo Barrera Rubio, consultez la page internet de la Biblioteca Básica de Yucatan. Le Dr Barrera Rubio dispose également d'un compte Facebook.

Pueden también consultar las páginas siguientes.

Barrera Rubio, Alfredo. 1978. "Settlement Patterns in Uxmal Area, Yucatan, Mexico". Presentado durante el 43rd Annual Meeting of the Society for American Archaeology, Tucson, Arizona . Disponible el 6/01/2012 sur : http://www.iai.spk-berlin.de/fileadmin/dokumentenbibliothek/Indiana/Indiana_10/IND_10_Rubio.pdf . In Indiana.

Barrera Rubio, Alfredo. 1987. "Los relieves de San Diego: Nuevas perspectivas". In Boletín de la Escuela de Ciencias Antropológicas de la Universidad de Yucatán 83:3-18. Merida.

Barrera Rubio, Alfredo y K. Taube. 1978 . "Mural Paintings of the Puuc Region in Yucatán". Presentado originalmente en the Third Palenque Round Table, June 11-18, 1978. Publicado in 1980 in Third Palenque Round Table, 1978, Part 2, edited by Merle Greene Robertson. Disponible el 6/01/2012 en http://www.mesoweb.com/pari/publications/RT05/Barrera-1980.html.


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vendredi 20 janvier 2012

Un four zapotèque retrouvé à Aztompa, Oaxaca

Une équipe d'archéologues de l'INAH dirigée par Jaime Vera explore ce petit site, satellite de Monte Alban, depuis 5 ans. Occupant une surface de 4 kilomètres carrés, Atzompa est composé 40 structures. 15 ont d'ores et déjà été libérées.

En fait, les premières traces archéologiques de ce four remontent à la quatrième campagne de fouilles en août 2010 alors que l'équipe de fouilleurs dégageait le mur d'un monticule au nord de la Maison des Autels. Mesurant 2,1 m de profondeur pour un diamètre oscillant entre 90 cm et 1,2 m, il a été mis en œuvre dès les premiers moments de l'occupation du site vers 650 de notre ère.


Ses parois sont en adobe, ce matériel de construction typique des régions semi-arides qui a la réputation de particulièrement bien tolérer les changements de températures. Selon Jaime Vera, cette découverte confirme la tradition de fabrication de céramique à Atzompa. D'autres fours avaient été précédemment découverts et fouillés : leur patron de construction est très semblables.

D'autre part des fouilles ont quadrillé une banquette du Patio Est de la Maison des Autels. Deux croquis ont été mis au jour et représentent probablement la structure en croix de l'édifice, ainsi que les escaliers qui en marquent l'accès.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le bulletin de l'INAH en espagnol sur le site de ce dernier. Un diaporama est également mis à la disposition du public. Vous pouvez regarder cette vidéo disponible sur la chaîne INAHTV.
Détail amusant, Santa Maria Atzompa continue d'être un important centre de production de céramique verte vitrifiée.



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lundi 16 janvier 2012

Raíces 35 - Projet Monte Tlaloc avec Victor Arribalzaga

Le programme n°36 diffusé la semaine dernière sur Radio UdeM avait pour invité Victor Arribalzaga. Archéologue et professeur à l'Escuela Nacional de Antropología e Historia, Victor Arribalzaga est spécialisé dans les fouilles en milieu extrême : il a notamment participé au projet sur le Nevado de Toluca et a dirigé plusieurs campagnes sur le Monte Tlaloc, à la limite entre le DF et Tlaxcala.
Impliquant directement ses étudiants, Victor Arribalzaga nous a expliqué autant les résultats surprenants de ces travaux que la préparation nécessaire pour l'archéologie en haute-montagne. Le temple de Tlaloc fut construit dès le Classique tardif avant d'être réutilisé jusqu'à la conquête espagnole.

Un autre aspect intéressant de ce site réside dans ses orientations astronomiques. Selon les observations visibles dans cette vidéo entre le 7 et 12 février de chaque année, se forme une montagne "fantôme" formés par le Pico de Orizaba, le Cerro de la Malinche et le Popocatepet. Dans le même temps, l'ombre colossale du Monte Tlaloc recouvre Texcoco et une partie de ce qui fut la lagune où était posée Tenochtitlan.


Le programme que nous vous proposons est disponible en format .mp3 sur les portails Soundcloud et Divshare. Il a été enregistré par Oscar et mixé par Sergio Becerra, tous deux ingénieurs du son à Radio UdeM.

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mardi 10 janvier 2012

Arqueología mexicana n°113

Première information en ouvrant la revue de divulgation archéologique de l'INAH : en 2012, elle sera publiée mensuellement. Doit-on se réjouir de ce marketing opportuniste ? La question restera certainement sans réponse. Ne préjugeons guère plus : espérons seulement que les numéros qui seront proposés seront à la hauteur de nos espérances.


Au sommaire de ce numéro 113, on retrouvera un grand dossier sur Palenque. Ce n'est pas la première fois que l'ancienne cité chiapanèque  fait l'objet d'une étude pluridisciplinaire : le numéro 2 d'Arqueología mexicana est même épuisé. D'autres articles ont régulièrement été proposés dans des dossiers thématiques ou la présentation de cultures régionales. Vingt après, il était vraiment nécessaire de faire le point sur les fouilles, les restaurations et l'évolution des études palencaines.

Faisons donc un petit tour du propriétaire en notant d'abord la deuxième partie de l'article de Claude-François Baudez sur les batailles rituelles en Mésoamerique. Après avoir détaillé les batailles rituelles observables dès le Classique tardif sur le site oaxacain de Dainzú, il revient sur les figurines en céramiques datées de la même époque et s'interroge sur l'importance de Xipe Totec lors de ce rituel dans des régions aussi éloignées que la côte guatémaltèque, les Basses Terres mayas, la Côte du golfe et la vallée de Mexique. Elle est cependant à remettre en perspective avec l'étude récente de Carlos Javier González González sur Xipe Totec : le directeur du Museo del Templo Mayor estime qu'il n'y a pas d'identification possible de cette divinité avant le Postclassique ancien.

Le dossier de Palenque commence avec une étude géologico-architecturale : Martha Cuevas García et Jesús Alvarado Ortega expliquent l'importance de l'utilisation de fossiles dans la construction de bâtiments comme dans l'élaboration d'offrandes et proposent l'hypothèse selon laquelle les habitants de Palenque vénéraient ses vestiges d'une création antérieur du monde. De leur côté, Roberto López Bravo et Benito Venegas Durán revisitent la chronologie de la construction de Palenque de ses origines à son abandon. Ils insistent notamment sur la découverte d'artefacts qui ont amélioré notre compréhension de la vie des Palencains.

Dans un troisième article, l'archéologue Rodrigo Liendo expose la relation de Palenque avec un petit royaume voisin : Chinikihá. Malgré sa redécouverte par l'archéologue allemand Teobert Maler en 1898, Chinikihá n'a jamais vraiment bénéficié d'une attention de la part des archéologues ou des pilleurs de tombes en dépit d'une position régionale stratégique. Située à quarante kilomètres à l'ouest de Palenque et onze kilomètres de Pomoná, elle contrôlait l'accès aux plaines et aux montagnes du Tabasco. En conjecturant la densité de population, la surface du centre civico-religieux et cette position stratégique, Liendo considère que Chinikihá était une chèferie d'une importance égale à Palenque, Piedras Negras ou Pomoná.

Suit une participation d'Arnoldo González Cruz, José Luis Ruvalcaba Sil et Francisco Riquelme Alcantar décrivant une série d'analyses effectuées sur les tesselles qui composent le masque mortuaire de la Reine rouge de Palenque. Les chercheurs ont voulu déterminer l'origine de la malachite employée à cet effet.

Puis José Luis Cruz Romero s'interroge sur la présence record de jougs et de haches votives à Palenque : pourquoi la dynastie régnante de Palenque s'est-elle entichée d'une telle quantité d'objets de ce type ?

Luis Fernando Nuñez explique comment les mayas vénéraient leurs ancêtres dans le cadre de cultes et rituels de la cité et de l'unité familiale. Membre du projet Chinikihá, Nuñez compare volontiers les sépultures de cette cité et de Palenque : il y trouve des patrons similaires.

Guillermo Bernal Romero revient sur la chronologie dynastique de Palenque qui a pu être largement complétée et affinée durant les dernières années.

Enfin il est intéressant de lire le papier proposé par Laura Filloy sur le tablero du Temple de la Croix de Palenque. La restauratrice du Museo Nacional de Antropología et son collègue José Roberto Ramírez Vega reprennent les explications données dans notre programme Raíces l'été dernier. Ils narrent l'histoire mouvementée des trois blocs qui formaient originellement le tablero et qui ont été séparés et conservés séparément dans des conditions parfois inadéquates. Ils expliquent aussi les travaux de restauration entrepris afin de pouvoir exposer le tablero dans la salle Maya du MNA.

D'autres articles complètent ce numéro passionnant. L'un de la main d'Eduardo Matos Moctezuma rétablit la vérité sur la figure idéalisée de Quetzalcoatl et mène la vie dure aux descriptions (in)volontairement mensongères d'un personnage ascète et européanisé. L'autre travail d'intérêt est un écho à une recherche d'archéoacoustique en cours au MNA : l'anthropologue social Gonzalo Sánchez Santiago et l'archéologue Marisol Cortés Vilchis exposent les résultats de fouilles entreprises au sud de l'isthme de Tehuantepec. Ce sont des instruments de musique qui sont mis en valeur : un tambour, une triple flûte, des vases ornés de clochettes et deux ocarinas ont tous été mis au jour dans des enterrements domestiques.

La traditionnelle rubrique de Xavier Noguez présente les Anales de Tula. On notera l'absence regrettable de la double page de Manuel Lejarazu.

On notera enfin que les prochains numéros (normal et hors-série) seront donc publiés en février : le premier (114) aura pour thème les boissons alcoolisés dans le Mexique préhispanique tandis que le second (42) présentera la collection de codex de la bibliothèque du Museo Nacional de Antropología.
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lundi 9 janvier 2012

Expositions de braseros teotihuacains au MNA

Si vous êtes un visiteur consciencieux du Museo Nacional de Antropología de Mexico, vous prendrez quelque temps pour observer les pièces disposées dans le vestibule d'entrée.

Ces braseros, dit de type théâtre, mêlent des techniques de moulage manuel et de modelage (López Pérez, 2009 : 187). Il existait des moules pour des récipients à usage rituel comme à usage quotidien (fabrication de jarres, plats et autres vaisselles). Lors de fouilles à La Ciudadela en 1982 qu'a été retrouvé un atelier comportant plus de 11000 appliques moulées et 1900 moules (fragments inclus).


Brasero de type théâtre, Classique, céramique peinte.
Museo de sitio, Teotihuacan.
Photo de B. Lobjois prise le 30/10/2004.

Taladoire et Faugère-Khalfon en donne une excellente description technique :
La base de l'encensoir [...] adopte la forme simple d'un sablier et ne joue que le rôle de support pour le couvercle qui occupe l'espace principal. Il se décompose en divers éléments : un couvercle conique d'argile souvent grossière porte le décor central, un visage aux yeux ronds avec un masque buccal en talud-tablero. Le visage est souvent porteur de boucles d'oreilles. L'ensemble occupe le centre d'un cadre en U inversé, décalé vers l'avant, et fort ainsi un proscenium pour le motif principal. Ce cadre est généralement décoré de motifs complexes : fleurs, coquillages, cercles emplumés, oiseaux, papillons.
D'autres types d'appliques existaient : yeux emplumés, couteaux, plantes, épis de maïs, graines de cacao, fleur de coton, étoiles de mers, boucliers sont ainsi répertoriés comme éléments décoratifs.

L'usage des braseros de type théâtre était principalement domestique et rituel : on les démontait avant de les déposer aux côtés du défunt, sans qu'il y ait véritablement une orientation spécifique.

Pour vous préparer à la visite, pensez également à consulter la page officielle de l'exposition en cliquant ici.

Bibliographie complémentaire :

López Pérez, Claudia María. 2009. "Cerámica". In Teotihuacan : Ciudad de los dioses. p. 131-191. Mexico : INAH.
Taladoire, E et B. Faugère-Khalfon. 1995. Archéologie et art précolombiens : la Mésoamérique. Paris : Ecole du Louvre/Réunion des Musées Nationaux/La Documentation française, p. 122-123.

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dimanche 8 janvier 2012

Art rupestre au Guanajuato

Sur le site de l'INAH, on peut en apprendre un peu plus sur les manifestations rupestres présente au nord-est du Guanajuato, dans la vallée du fleuve Victoria en particulier. Cette zone de recherches est à cheval sur cet état et son voisin, le Queretaro, et se caractérise par un environnement aride et semi-désertique. Un joli(bien que trop court) diaporama et disponible en cliquant ici.

Carlos Viramontes, responsable du Projet El Rosario dans le Queretaro il y a quelques années, a dirigé cette étude qui a permis de dénicher 40 ensembles pariétaux regroupant 3000 motifs peints à différentes époques. Ils s'ajoutent à soixante-dix autres ensembles catalogués à la fin des années 1980. Selon leur emplacement, il est possible d'établir deux catégories de représentations: celles faites par un groupe élargi (público selon Viramontes) et d'autres par un groupe restreint (privado) comme Tierra Blanca dont l'accès à 3400 m d'altitude est compliqué.

Les artistes ont utilisé des pigments jaunes, rouges et noirs tantôt pour peindre la faune (cerf à queue blanche, canidés, mille-pattes et arachnides, oiseaux aux ailes grandes ouvertes). Il faut garder à l'esprit que la faune et l'environnement ont évolué au cours des siècles. Il était notamment important pour les chasseurs de savoir où on pouvait trouver du gibier. Des motifs géométriques (cercles concentriques entre autres) sont aussi très présents.

Plus surprenantes sont les représentations de clochers, de chapelles et de crucifix, parfois datées avec des inscriptions. Elles sont l’œuvre de groupes otomis qui sont venus s'installer dans cette région durant le XVIe siècle. On peut même observer des hommes à chapeaux, des crois et des autels du XIXe siècle.

Voici le lien vers la note de l'INAH.
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samedi 7 janvier 2012

Raíces 34 - Las Labradas avec William Breen Murray

Et voilà un nouvel épisode de Raíces. Dans ce programme diffusé le 31 décembre dernier, nous avons accueilli William Breen pour deux raisons. L'une était de commenter sa participation à un court ouvrage sur l'archéologie dans l'état d'Aguascalientes, publié par l'Universidad Autonóma de Aguascalientes.

L'autre raison de la visite de William était l'évolution du classement au patrimoine de mondial de l'humanité d'un site d'art rupestre sur la côte du Sinaloa. Cet état du Pacifique mexicain cache une très belle collection de gravures faites dans des blocs de pierre volcanique. La dureté de la pierre n'empêche la nature 'et l'eau en particulier d'éroder ces pierres.

L'entretien a été enregistré le 13 décembre dernier dans les studios de Radio UdeM. Il est disponible en format .mp3 sur les pages Soundcloud et Divshare. Vous pouvez le télécharger librement pendant sur le premier site.




Pour visualiser cette zone et les pétroglyphes qui y sont observables, voici une vidéo proposée par l'INAH :


Voici la courte présentation que nous commentions avec William. Le document est disponible en format pdf sur le site de l'UNAM. Comme toujours, nous attendons vos commentaires et suggestions avec impatience.
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mercredi 4 janvier 2012

Premier numéro de Textos arkeopáticos

Les collègues du carnet mexicain Arkeopatias propose désormais une version papier de leurs recherches et travaux. Editée sous licence Creative Commons, Textos Arkeopáticos se veut "un complément au carnet Arkeopatias" qui sera publiée tous les quatres mois.


Quatre contributeurs lancent un appel à publier et proposent dans ce premier numéro un texte bien différent des autres : 
  • Juan José Guerrero García réfléchit sur la coprophogie et les immondices et la divinité tutélaire de l'ancienne ville de Chalma : Chalmecacihuatl.
  • Azucena Cervantés Reyes offre une lecture renouvelée des représentations d'animaux à Teotihuacan en utilisant la sémiotique, même si elle remet en cause le concept de continuité culturelle en Mésoamérique.
  • David Andrade Olvera revient sur les concepts de patrimoine matériel et immatériel au Mexique.
  • Enfin, pour améliorer le traitement de sources bibliographiques, Luis Alberto Órtiz Laguna, introduit une courte explication pour le logiciel gratuit et libres de droit Latex.
La maquette est colorée mais moderne et gage déjà d'un certain professionnalisme mais également d'un modernisme peu courant dans les publications institutionnelles. L'écrin donne envie de parcourir la revue. Comme vous pouvez vous en rendre compte, les thèmes sont très distincts et variés.

Souhaitons longue vie à Textos Arkeopáticos, de nombreux rédacteurs et lecteurs.
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mardi 3 janvier 2012

Inauguration du Centro Interpretativo Guachimontones Phil Weigand

Le quotidien Milenio propose un article en ligne sur l'inauguration de ce qui peut-être considéré comme l'héritage de Phil Weigand, décédé en septembre dernier. Cet archéologue américain avait consacré 40 ans de sa vie à l'étude du site de Guachimontones, dans l'état du Jalisco. Il fut le premier à l'étudier en profondeur à partir de 1970.

Afficher Zones archéologiques présentées sur Mexique Ancien sur une carte plus grande

Après 20 d'errances administratives et budgétaires, le musée du site de Guachimontones ouvre finalement ses portes au public. Ce sont 27 millions de pesos qui ont permis de clore le projet. Le guide muséographique a été élaboré par Weigand et sera sans nul doute la meilleure façon de connaître cette culture dite de Teuchitlan, commune où se trouve la zone archéologique et le musée susmentionnés.


Centro Interpretativo Guachimontones Phil Weigand
Photo disponible le 3/01/2011 sur :  

Cette culture s'est développée entre le IVe siècle avant Jésus-Christ et le IXe de notre ère. Si vous consultez la page officielle du projet, vous pourrez retrouver d'autres informations et vous préparer à la visite de ce site. Malheureusement, depuis la disparition du chercheur américain, il n'a pas vraiment été mis à jour.

Le site était un centre cérémoniel composé de plusieurs pyramides circulaires ou coniques comptant avec des escaliers, d'un terrain de jeu de balle et de terrasses. La pyramide centrale est entourée d'un patio circulaire surélevé. Elle est composé de différents niveaux et est pourvue de quatre escaliers orientés selon les points cardinaux.


Plan du Projet archéologique de Teuchitlan.
Disponible le 3/01/2012 sur : 

Même s'il est classé patrimoine de l'humanité, Guachimontones reste partiellement fouillé dans la mesure où beaucoup de terres alentour sont encore cultivées.

Pour en savoir, pensez à consulter les pages suivantes :
[Edition du 05/01/2012] Voici deux courtes vidéos mises en ligne par l'utilisateur MultiEdSanchez sur Youtube. Attention : elles sont en espagnol sans sous-titres et présentent l'inauguration effectuée en grandes pompes par le secrétaire d'éducation publique, Alejandro Lujambio.


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lundi 2 janvier 2012

Exposition Comer y ser au MHM de Monterrey

Depuis le 23 novembre dernier, les regiomontanos peuvent se rendre au Museo de Historia Mexicana, situé au centre-ville de Monterrey et visiter l'exposition Comer y ser : raíces gastronómicas de México.

Elle repose sur un constat anthropologique simple où la nourriture constitue la pierre angulaire d'une civilisation. En l’occurrence, les organisateurs ont souhaité proposer au public regio un aperçu de ses racines alimentaires, là où l'influence de la malbouffe américaine se fait le plus cruellement sentir.

L'exposition compte 131 pièces, photos, images, documents facsimilés dont une majeure partie est issue de la collection privée Armella Spitalier. Elles sont organisées selon les axes suivants. La priorité est évidemment accordé au maïs, céréale considérée comme un des fondements du concept de Mésoamérique.

A ce titre, on pourra voir plusieurs représentations anciennes des divinités du maïs. Mais il s'agit également de voir un peu plus loin en posant la question de l'union de l'homme et de l'univers au travers des différents aliments qu'il peut trouver dans son environnement naturel immédiat. Cette conception de l'alimentation est très difficilement compréhensible dans la mesure où notre alimentation est de plus en plus standardisée et n'est plus en phase avec les cycles naturels.

Un autre moment de l'exposition revient sur les différentes technologies mises au point par l'homme pour dompter cette nature, domestiquer les plantes pour pouvoir les cultiver plus facilement, favorisant ainsi sa propre sédentarisation et in fine l'apparition de communautés et de cités.

L'occasion est de mettre également en exergue les aliments préhispaniques qui continuent de faire partir de l'alimentation des Mexicains actuellement et qui ont passé les frontières comme la vanille, la tomate, le cacao, etc. Un autre aspect est de voir comment des cultures se différencient simplement par les recettes qui les caractérisent.

Dernière étape: la présence de la nourriture dans l'au-delà. L'exposition explique pourquoi autant d'offrandes de nourriture ont été retrouvé dans des tombes. Il apparaît clairement que cette exposition est pluridisciplinaire. Le thème choisi est lui-même très porteur. D'ailleurs vous retrouverez prochainement un numéro de Raíces dont l'entretien sera centré sur cette exposition.

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dimanche 1 janvier 2012

El México antiguo I : De Tehuantepec a Baja California

Le Fondo de Cultura Económica (qui n'a d'économique que le nom) dispose d'une petite collection d'ouvrages que tout bon historien du Mexique ou féru d'histoire mexicain devrait posséder. Intitulée Herramientas para la historia et coordonnée par Clara García Ayluardo, cette série compte pour l'heure six volumes :
L'objectif est de proposer une bibliographie ample et préalablement commentée sur les différentes


Cette note portera évidemment sur le premier élément de cette liste dont Escalante Gonzalbo est en fait le coordinateur. Il prévient d'emblée le lecteur sur le caractère foncièrement incomplet et limité de la bibliographie proposée. Les collaborateurs viennent d'horizons différents (archéologues, historiens, ethnohistoriens, etc.) et proposent des références affines à leur discipline respective. Comme le sous-titre l'indique, l'ouvrage souffre a priori d'une autre limite : il ne propose que des références que pour la partie centrale et nord du Mexique. Les civilisations mayas, olmèques et zoques seront traités dans une publication ultérieure.

Ce qui pourrait paraître deux faiblesses fait toute la richesse de ce petit volume. Car, non content d’égrainer les travaux sur tel ou tel aspect, les différents participants (Escalante Gonzalbo, Rámirez Sánchez, Ávila Sandoval, Pastrana, Hernández Díaz, Hers, Yanagisawa et Pascual Soto) nous éclairent sur certains titres. Selon la région, on retrouvera des propositions de lectures selon la chronologie d'occupation du territoire, comme le fait Rámirez Sánchez pour les cultures du Haut-plateau central, par sous-aire culturelle comme le suggère Hers pour le Mexique septentrional, ou par courant d'études comme Ávila Sandoval l'indique pour l'étude des aspects économique, sociaux et politiques sur le Haut-plateau central.

La désignation de publications essentielles restent cependant subjectives. On retrouve par exemple l'Historia verdadera... de Bernal Díaz del Castillo être classée dans cette catégorie en dépit des nombreuses erreurs et inventions qu'on peut y lire et être préférée à des travaux de première main comme les Cantares Mexicanos ou même le Codex de Florence traduit par Dibble et Anderson ! Il faudra prendre certaines précautions avec cette classification polyglotte qui ignore l'étude pertinente de M. Graulich sur le sacrifice humain ou laisse de côté la Crónica Mexicayotl de Tezozomoc !

Une autre faiblesse de cet ouvrage réside dans sa prompte fin de validité puisque les publications se multiplient et se succèdent rapidement. Souhaitons que les auteurs aient pris en compte ce problème et puissent régulièrement des éditions mises à jour.

À l'heure où bon nombre de ressources sont disponibles directement auprès des institutions ou mis en ligne par les chercheurs eux-même, on est en droit de s'interroger autant sur l'intérêt que sur le bien-fondé de cette publication. Tout simplement, parce qu'il n'est pas aisé de s'y retrouver dans le labyrinthe de la toile. Cet ouvrage constitue un socle solide de références pour le nouveau venu dans les études sur le Mexique ancien. Mais elle se révèle également très pratique pour les recherches d'ouvrages en bibliothèques et débroussaille considérablement la tâche ardue qui consiste à dresser une bibliographie.

Pour résumer, il ne faut pas attendre de miracle de la part de ce petit ouvrage: s'il ne peut être décemment complet, il n'en est pas moins nécessairement pour gagner temps et énergie. Il mériterait cependant d'être actualisé et d'inclure les matériels disponibles sur la toile.

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