mercredi 29 février 2012

Le Projet Tetlacuilolli

Dans notre série de notes sur les outils disponibles sur la toile, il convient de mettre en valeur le travail effectué par le CIESAS (Centro de Investigaciones y Estudios Superiores en Antropología Social) à travers deux projets dirigés par Luz María Mohar Betancourt, chercheuse de cette institution. Nous avions déjà parlé des origines et des résultats obtenus par le Projet Amoxcalli en 2010. Il consistait à mettre en ligne soixante-dix documents et codex mexicains conservés à la BNF em France après une étude pictographique et linguistique pointue.

Avec le Projet Tetlacuilolli, le CIESAS récidive en proposant une base de données iconographiques de premier choix : il s'agit de mettre à la disposition de tout un chacun une sélection des codex et documents coloniaux en nahuatl conservés par le département d'ethnographie du British Museum et à la bibliothèque Bodley de l'Université d'Oxford. Le Projet Tetlacuilolli, né en 2007, s'attache à leur étude et à leur diffusion. La méthodologie utilisée est identique à celle utilisée pour le Projet Amoxcalli.

Apres avoir passé l'introduction animée, l'internaute peut accéder au catalogue de 13 codex : les codex Itzcuintepec I, II, III, IV, V et VI, le Rouleau Itzcuintepec, le codex Techialoyan-Chalco, le Codex Techialoyan-Huychoapan, la Mapa Santa Barbara, la Généalogie Huitznahuac, un Catéchisme en nahuatl et le Codex Mendoza.

Le résultat de l'observation et de l'analyse de ces documents se manifeste sous la forme d'un dictionnaire pictographique : on peut introduire un vocable en nahuatl ou en espagnol pour retrouver ses représentations dans les documents.  On notera également quatre segments pour le traitement du Codex Mendoza : sont traités séparément les glyphes toponymiques, les représentations féminines, les types de construction et la fondation de Tenochtitlán. Un lien vers le dictionnaire pictographique du Projet Amoxcalli est également disponible.

Nous avons ajouté les liens directs vers chaque codex du Projet Tetlacuilolli dans la page Textes de ce carnet. Inutile de vous dire que ce site est indispensable dans votre liste de favori.


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mardi 28 février 2012

Exposition Comer y ser

Un des faits anthropologiques les plus intéressants est sans conteste l'alimentation. On connaît bien les divisions céréalières qui expliquent les principales cultures au cours des millénaires et de la sédentarisation de l'homme. En Europe, le blé est au cœur de bon nombre de préparations. En Asie, c'est le riz qui l'emporte. Aux Amériques, c'est la culture du maïs et de la pomme de terre qui se détache.

Les autorités du Museo de Historia Mexicana, à Monterrey, se sont attachés à produire une exposition temporaire sur le thème de l'identité d'un groupe en fonction de son alimentation. Intitulée Comer y ser, cette exposition s'intéresse particulièrement à l'identité culinaire du Mexique. Pour se faire, 131 pièces des collections privées Armella Spitalier et FEMSA, et certaines de l'INAH sont proposées au public dans une muséographie divisée en sept espaces.
C'est en grande partie dans son passé préhispanique et gastronomique que le Mexique puise une grande partie de son identité nationale. La domestication du maïs trouve son écho dans la conception mésoaméricaine de l'homme et de l'univers.

L'exposition Comer y Ser est visible jusqu'en mars prochain au Museo de Historia Mexicana à Monterrey, de 10 à 18 heures. L'accès est gratuit le mardi et le dimanche. Pour préparer votre visite, vous pouvez vous procurer trois volumes d'Arqueología Mexicana que nous avons déjà commenté sur ce carnet :
Le numéro hors-série 12 sur la cuisine préhispanique donnera aussi une bonne idée générale de ce thème.

Un extrait de la conférence inaugurale, présentée par le Dr Erik Estrada Lugo, professeur  à l'Universidad Autónoma de Chapingo, est disponible sur Youtube.


Une autre vidéo offre un aperçu rapide des pièces exposées.


Vous pouvez également consulter ce diaporama préparé par votre serviteur lors de sa visite le 15 janvier dernier.


 

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lundi 27 février 2012

Raíces 42 - Le Projet d'Archéologie Urbaine avec Raúl Barrera Rodríguez

Dans la quarante-deuxième édition de Raíces sur Radio UdeM, nous avons pu nous entretenir avec Raúl Barrera Rodríguez pour évoquer les découvertes faites par le Programme d'Archéologie Urbaine, autour de la zone archéologique du Templo Mayor de Tenochtitlán. Il est notamment revenu sur l'ouverture du musée de site du Calmecac et sur les fouilles ayant permis la découverte de 25 dalles sculptées disposées sur un sol dallé datant de la Phase IVb.

Vale la pena leer este boletín publicado por el INAH sobre los logros del PAU.
Le programme a été enregistré le 24 février 2012 dans les studios de Radio UdeM, avec Checo Becerra aux manettes. Vous pouvez télécharger ce programme et les trois précédents sur Soundcloud. D'un autre côté, vous pouvez écouter tous les programmmes de Raíces en consultant notre playlist sur Divshare.

Nous ajoutons ici le lien pour vous inscrire au cours de Marco Antonio Cervera Obregon à la FES Acatlán mentionné pendant le programme : http://www.acatlan.unam.mx/cursos-ec/1522/ .


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vendredi 24 février 2012

Un jeu de patolli découvert à Dzibilnocac, Campeche

Le site de Dzibilnocac est situé dans la zone de style architectural dit Chenes, à la frontière avec les états voisins du Yucatan et du Quintana Roo. Il s'étend sur plus d'1.3 km2.  Les premières explorations archéologiques remontent à Catherwood et Stephens à moitié du XIXe siècle. Puis l'Allemand Teobert Maler effectua une série de clichés dans al zone d'Hochob entre 1881 et 1891. L'enregistrement et la cartographie ont suivi en 1973 par Nelson. Ce n'est qu'à la fin des années 1990 qu'ont eu lieu les premiers fouilles de surface, sous la direction de l'archéologue américaine Lorena Williams-Beck. Différents puits de sondage furent creusés en 2004 et des fouilles systématiques de la Structure A1 furent ensuite engagées, suite à la découverte de caches contenant du mobilier céramique et lithique.


Si les principaux témoignages architecturaux correspondent au Classique, Dzibilnocac a été occupé dès le Préclassique moyen soit 500 ans avant notre ère jusqu'au Postclassique. Entre novembre 2011 et janvier 2012 la structure A1 a subi différents travaux de conservation, en particulier sur la façade arrière de la Tour Est. Les ciments endommagés par les infiltrations ont été enlevés. Mesurant 74 m de long sur 30 de large, l'édifice A1 est composé d'une plateforme sur laquelle reposent 10 pièces disposées en croisées, recouvertes partiellement de trois tours. Chacune est décorée d'une sculpture représentant une divinité solaire.

Pendant les fouilles de la tour centrale, les archéologues dirigés par Heber Ojeda Mas ont fait une découverte intéressante : ils ont retrouvé ce qui semble être un plateau de jeu de patolli. Mesurant environ 50 cm de côté, il est gravé à même le sol d'une des pièces de la deuxième croisée.


Ill.1 Patolli, Structure A1, Dzibilnocac, Campeche.
Classique tardif.
Photo INAH, disponible le 23/02/2012 sur : 

L'archéologue Miriam Judith Gallegos explique que ce plateau de patolli n'est pas le premier à être découvert en contexte archéologique. Elle a participé à l'invention d'un plateau dans la Structure 7 de Calakmul dans un environnement similaire : gravé sur le sol, son accès et sa visibilité n'étaient probablement connus que d'un certain nombre de personnes. Dans les oeuvres de Sahagun (ill. 2) et Duran, on dispose de représentations de personnages jouant au patolli. font penser que le patolli était utilisé lors de rituels divinatoires. Chez ce dernier, on apprend que les Mexicas avaient une addiction aussi profonde que leur descendants regiomontanos pour les machines à sous dans les trop nombreux casinos de Monterrey. Par conséquent, les Espagnols décidèrent d'interdire le patolli.


 Ill. 2. Personnages jouant au patolli, Historia General de las Cosas de Nueva España.
 Illustration disponible le 23/02/2012 sur https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/0b/Patolli.jpg .


Chez les Mexicas, Macuilxochitl était le dieu du patolli (ill. 3).

Ill. 3. Macuilxochitl et joueurs de patolli. Codex Magliabechiano, 121:

Le patolli de Dzibilnocac a une forme carrée et comporte 58 cases rectangulaires de taille irrégulières. Plusieurs d'entre elles sont marquées d'une croix incisée (ill.1). Des formes similaires de patolli sont visibles dans le Codex Vindobonensis (ill. 4) et d'autres documents comme les codex Xolotl, Aubin, Vaticanus B et Borbonicus (Gallego, 1994: 11). Il pouvait être aussi bien représenté à même le sol que sur une natte pour être transporté (comme tout bon jeu de voyage !).

Représentation d'un patolli, Codex Vindobonensis, pl.13.
Disponible le 23/02/2012 sur : 

Le patolli était pourtant bien plus qu'un jeu de hasard. Il est composé de 52 ou 104 cases, représentant ainsi un ou deux siècles mésoaméricains et la coïncidence entre les calendriers solaires et rituels. Deux participants devaient déplacer des haricots ou des petites pièces de céramiques (tepalcates) et parcourir les 52 cases. Son existence est connue depuis le Classique ancien à Teotihuacan. Mais pourquoi le nombre des cases ne correspond pas exactement aux 52 ou 104 à parcourir ? Selon Gallego (communication personnelle), les cases marquées d'une croix ne devaient pas être comptées lors des mouvements des pions.

Dans le cas des patolli retrouvés en contexte archéologique, notamment en zone maya, leur usage semble avoir été rituel. Dans le cas de Calakmul comme celui de Dzibinocac, il ne pouvait être accessible au commun. En revanche les exemplaires retrouvés à Teotihuacan semblaient être situés dans des zones de passage  (Gallegos, 1994 : 19).

L'INAH met à la disposition un bulletin en espagnol et un diaporama rapportant la découverte.

Références bibliographiques:
Carrasco, Ramón. 1982. Consolidación como perspectiva en la conservación del patrimonio cultural: Restauración en Hochob, Dzibilnocac y Chicanna, Campeche. INAH, México.

Gallegos Gómora, Miriam Judith. 1994. "Un patolli prehispánico en Calakmul, Campeche". In Revista Española de Antropología Americana, 14, pp. 9-24 Madrid : Edit. Computense. Disponible le 23/02/2012 sur : http://revistas.ucm.es/ghi/05566533/articulos/REAA9494110009A.PDF .

Nelson, Fred. 1973. Archaeological Investigations at Dzibilnocac, Campeche, México. Papers of the New World Archaeological Foundation, No.33. Brigham Young University, Provo, Utah.

Sánchez López, Adriana et José Agustín Anaya. 2006. "Dzibilnocac y Tabasqueño: Arqueología de la región Chenes". En XIX Simposio de Investigaciones Arqueológicas en Guatemala, 2005 (editado por J.P. Laporte, B. Arroyo y H. Mejía), pp. 838-855. Museo Nacional de Arqueología y Etnología, Guatemala (version en ligne disponible en http://www.asociaciontikal.com/pdf/76_-_Adriana_y_Agustin.05_-_Digital.pdf.

Williams-Beck, Lorena. 1999. Tiempo en trozos: Cerámica de la Región de los Chenes, Campeche, México. Gobierno del Estado de Campeche, México.



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jeudi 23 février 2012

Raíces 41 - L'ENAH avec José Luis Vera Cortés

Pour ce quarante et unième épisode de votre programme de radio préféré sur l'anthropologie mexicaine, nous recevons le Dr José Luis Vera Cortés, anthropologue légiste et biologiste. Le Dr Vera Cortés a pris la direction de l'Escuela Nacional de Antropología e Historia, prestigieuse institution qui a pour objectif la formation d'anthropologues (sociaux, culturels, ethnologues, légistes, etc.) et d'historiens (ethnohistoriens et historiens).
Pour nous, il revient sur les origines de l'ENAH et le processus original d'élection du directeur de l'institution : en effet, il ne s'agit pas d'une désignation par le gouvernement comme dans le cas de l'INAH mais d'une élection démocratique où les différents membres de la communauté éducative de l'ENAH décident. Il évoque aussi ses objectifs pour les quatre ans qu'il passera à la tête de l'ENAH : ouvrir l'ENAH au public, renforcer les programmes de recherche.


Le programme que vous pouvez écouter et télécharger sur Soundcloud pendant les quatre prochaines semaines est également disponible sur Divshare. Il a été enregistré le 16 février dernier dans les studios de Radio UdeM et mixé par Sergio Becerra.


Bonne écoute !
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mercredi 22 février 2012

Exposition "Les secrets de la civilisation maya"

Jonathan Javelle, lecteur de notre carnet, nous propose un compte-rendu de l'exposition Les secrets de la civilisation maya au Musée Royal d'Ontario, à Toronto. Nous le remercions pour sa précieuse collaboration.

Depuis le 19 novembre 2011 et ce jusqu’au 9 avril 2012, le Musée Royale de l’Ontario ou R.O.M. (à Toronto, Canada) présente une exposition riche en informations historiques et archéologiques dans une présentation pertinente et efficace. Les photos étant interdites lors de la visite, nous ne pourrons que décrire ce que nous y avons vu.

L’exposition concerne principalement la période classique (250-900 de notre ère) et se veut comme une déambulation dans le monde maya. "Le parcours de l’exposition mène le public de la campagne au cœur d’une cité maya classique" comme l’indique le guide de l’expo. Les nombreuses salles présentent les grands traits de la civilisation maya dite classique avec des artefacts bien mis en valeurs et remis en contexte. Chaque salle a son thème : la cité, le temple, l’écriture et cycle temporel, le palais et la mort. Le cheminement est simple, et chaque visiteur peut y trouver son compte.

Les textes explicatifs sont clairs et précis et certaines pièces importantes sont visibles à 360°. S’ajoutent à cela des maquettes illustrant l’exposition. Ces dernières ont un double rôle. L’un est de fournir des éléments ludiques et concrets pour le visiteur, l’autre sert aux visiteurs non-voyants, les créations pouvant être manipulées.

L’exposition base ses explications sur des grands sites comme Palenque, Toninà, Calakmul, Bonampak, Tikal, Copán, etc. Des reconstitutions de fresques des temples des Inscriptions ou de Bonampak, servent d’arrière plan général, tout en illustrant le thème de chaque salle par le choix d’une scène particulière. Les pièces présentées sont quant à elle riches et variées : vase tripode, stèle, bas-reliefs, brasero, parie de disques d’oreille, statue, masque funéraire, etc, provenant de sites comme Yachkilan, Xicalango, Chichen Itza, ou Altun Ha au Bélize. Parmi tous ces artefacts, deux sont particulièrement marquants. Le premier est un masque funéraire en jade provenant de Campeche, et le second, le bas-relief de Palenque reconstitué pour l’occasion, magnifique. Notons également l’explication du calendrier maya qui démonte toutes les théories apocalyptiques en replaçant le calendrier dans son contexte. Très instructif. Les grandes connaissances sur les Mayas sont là, sans tomber dans le cliché. Le cheminement de l’exposition se termine par une explication rapide de l’époque postclassique et de la résurgence et sauvegarde du patrimoine indigène dans des pays comme le Mexique ou le Guatemala.

Le catalogue est un simple carnet d’une valeur de 5$ canadien mais qui permet de garder une trace de cette exposition. Ce petit guide en anglais et en français, tout comme l’exposition est fort pratique et évite de s’encombrer avec un catalogue trop volumineux, surtout lors d’un voyage Il offre une présentation rapide de l’exposition et une sélection des différents artefacts présentés.

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dimanche 19 février 2012

Raíces 40 - Exposition Arqueología del Nuevo Milenio avec Emiliano Gallaga

Pour le quarantième épisode de Raíces diffusé le 11 février dernier sur Radio UdeM, nous avons reçu le Dr Emiliano Gallaga, archéologue et délégué de l'INAH pour l'état du Chiapas. Notre invité nous a invité à découvrir une exposition temporaire visible au Musée régional du Chiapa, dans la capitale Tuxtla Gutiérrez.

Intitulée Arqueología del nuevo milenio, elle présente les résultats parfois spectaculaires de plusieurs campagnes de fouilles sur différents sites mayas et zoques durant les dix dernières années.

Cet entretien avec le Dr Gallaga a été enregistré le 9 février dernier et mixé par Sergio Becerra. Il est disponible au téléchargement sur Soundcloud.



L'émission est disponible depuis ses débuts sur le portail Divshare. Si vous êtes intéressé(e), veuillez nous contacter par courriel pour pouvoir accéder pleinement aux fichiers.


Bonne écoute en attendant vos commentaires.
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jeudi 16 février 2012

Arqueología Mexicana Edición Especial 41

Intitulé La colección de códices de la Biblioteca Nacional de Antropología e  Historia, ce numéro hors-série de la revue grand public de l'INAH présente rapidement 19 des 94 codex coloniaux originaux et des 68 copies d'après des originaux des dix-septième, dix-huitième et dix-neuvième siècles. La BNAH contient la collection la plus riche au monde en ce qui concerne les documents indigènes.

On découvrira des documents peu connus comme le Codex Huamantla, le Codex Porfirio Díaz, le Catéchisme en nahuatl, le Lienzo de Aranza, etc.

Chaque document a été confié à un spécialiste reconnu. Parmi les rédacteurs, on retrouve en effet María Castañeda de la Paz, Xavier Noguez, Michel Oudijk, Manuel Hermann Lejarazu, Elizabeth Jiménez García, Hans Roskamp, etc. La directrice de la BNAH, María Teresa Sepúlveda y Herrera, propose une présentation rapide de la lente et tumultueuse constitution de cette collection.



Chaque document est présenté en deux temps. D'abord on présente son contenu. Des pistes sont proposées pour déterminer son lieu d'origine et sa date d'élaboration. Puis on revient sur l'histoire du document et son arrivée à la BNAH. L'auteur rappelle également l'existence ou non d'études sur pour chacun d'entre eux.

A la fin de la revue, une bibliographie récapitule un grand nombre de références qui pourront être consultées par le lecteur 
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mercredi 15 février 2012

Nouvelles découvertes au Templo Mayor de Tenochtitlan


Le Huey Teocalli en nahuatl refait parler de lui. Raúl Barrera et son équipe du PAU ont annoncé la découverte de 23 dalles sculptées en bas-relief. Datées du Postclassique tardif, elles ont été incrustées dans un sol fait de dalles en andésite rose et en basalte. Elles étaient disposées à proximité de la plateforme circulaire retrouvée il y a quelques mois sous la place Manual Gamio où se situera prochainement l'entrée de la zone archéologique. Leur emplacement stratigraphique correspond à la phase IVa de la Grande pyramide.

Leur iconographie est particulièrement intéressante pour l'historien des religions : les reliefs représentent différents personnages et éléments de la geste de Huitzilopochtli rapportée par les sources coloniales. Selon Barrera, y sont représentés la naissance du dieu patron des Mexicas et l'origine de la guerre fleurie.

Lorena Vázquez Vallín, co-responsable des fouilles avec Rocío Morales, a expliqué à la presse que des cercles sont également observables sur les côtés de certaines plaques : il pourrait s'agir des points renvoyant à des dates pour l'instant non déterminées.

Pour l'heure, différents sondages seront entrepris afin de déterminer l'existence d'offrandes sous les dalles. Ensuite elles seront restaurées et un grand verre sera posée afin de les rendre visibles au futur visiteur.

Sur son site l'INAH met un bulletin explicatif en espagnol. On y retrouvera également un diaporama proposant des clichés de différentes sculptures retrouvées à l'occasion.

[Edition du 6/03/2012. L'INAH propose depuis aujourd'hui une courte vidéo présentant la découverte de Lorena Vázquez et Rocio Morales.]


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mardi 14 février 2012

Des vaisselles retrouvés dans un cénote yucatèque

Cette information n'a pas encore été publiée sur le site de l'INAH. J'en ai trouvé sur Twitter en consultant le compte du Centro INAH Yucatan. Un article publié par le quotidien mexicain La Jornada fait état d'une découverte intéressante près de Chichen Itza. Des archéologues-plongeurs ont sondé un de ces trous d'eau dans le municipe d'Homún.

A 35 mètres de l'entrée, l'équipe dirigée par Sergio Grosjean Abimerhi a pu localiser vaisselles appartenant à des époques différentes : la majeure partie sont préhispaniques, d'autres sont de l'époque coloniale. La plupart a été intentionnellement perforé et lancé afin de symboliser leur mort symbolique. En revanche une certaine confusion existe sur la quantité de pièces retrouvées : le gazouillis de l'INAH en mentionne 70 tandis que l'article de La Jornada parle de 38 artefacts.

La découverte remontant à quinze jours, les travaux et analyses dureront encore quelques temps. Il ne fait aucun doute qu'elles apporteront de nouvelles informations sur leur utilisations originales et permettront de valider.

L'idée finale de faire de ce cenote un musée subaquatique est en revanche on ne peut plus contestable et inappropriée.
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vendredi 10 février 2012

Raíces 39 - Surexploitation touristique au Yucatan avec Alfredo Barrera Rubio

Dans ce numéro de Raíces, nous sommes revenus sur le cas épineux des concerts illégaux organisés par le gouvernement yucatèque sur le site de Chichen Itza. En compagnie d'Alfredo Barrera Rubio, archéologue et ancien délégué du Centre INAH Yucatán, nous avons essayé d'expliquer les tenants et les aboutissants de cette politique touristique de masse qui fragilise autant les vestiges de ce site maya que les  communautés qui n'en tirent que faiblement partie.
L'entretien que nous vous proposons a été enregistré le 2 février 2012 dans les studios de Radio UdeM avec Sergio Becerra aux manettes. Il est disponible en mp3 sur le site Soundcloud et sur Divshare. Vous êtes libres de le télécharger et le partager sous sa forme originale uniquement.



Pour terminer cette note, nous vous recommandons de consulter les liens en annexe pour en savoir plus sur les expositions et cours auxquels vous pouvez assister.

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mercredi 8 février 2012

Ciclo de conferencias por el XXXIV aniversario del hallazgo de Coyolxauhqui

Voici le contenu du prochain cycle de conférences pour le trente-quatrième anniversaire de la découverte du monolithe de Coyolxauhqui. Le Musée du Grand Temple mettra à la disposition du public l'auditorium Eduardo Matos Moctezuma (150 places environ) pour assister à quatre conférences tous les samedis à 10h du 11 février au 3 mars. 11 février Representaciones de guerra, sacrificio y muerte al pie del Templo Mayor Raúl Barrera Rodríguez Lorena Vázquez Vallin Rocío Morales Sánchez 18 février Mitos y verdades en la historia mexica Eduardo Matos Moctezuma 25 février Hallazgos recientes en la séptima temporada del Proyecto Templo Mayor Amaranta Argüelles Alejandra Aguirre Molina 3 mars El corazón del hogar. La educación femenina entre los mexicas Miguel Pastrana Flores Pour plus d'informations, consultez la page internet du Templo Mayor ou téléphonez au 4040-5600 ext. 412930 pour réserver votre place. L'entrée est gratuite.
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Trois urnes funéraires retrouvées à Navolato, Sinaloa

La culture aztatlan n'est pas une des plus connues du Mexique. Elle s'est développée sur un territoire compris entre les états actuels du Jalisco, du Nayarit, du Colima et du Sinaloa, entre 850 et 1200 de notre ère. Se nourrissant de proies chassées ou pêchées, ses représentants étaient aussi agriculteurs et nous ont légué des témoignages archéologiques de leurs coutumes funéraires.

Une équipe d'archéologues de l'INAH Sinaloa dirigée par les archéologues José Alberto Duran  Iniestra et Heredia Zavala a effectué une série de fouilles sur le site de Navolato et ont pu apporter pour la première fois des indices permettant de comprendre mieux le rapport que cette culture entretenait avec la mort dans cette partie du Sinaloa.

Les céramiques habituellement élaborées par ce groupe culturel sont fines à bords rouges ou oranges peints jusqu'à mi-hauteur. Dans le cas présent elles mesurent 60 cm de diamètre pour 70 cm de hauteur. Leur localisation est également révélatrice de leur origine : dans des cas précédents, elles avaient été retrouvées sur des collines attenantes à un cours d'eau. Ce fut notamment le cas de Mocorito, Guasave y Concordia qui sont construites à côté des rivères Mocorito, Petatlán y Presidio. Elles gisaient entre 30 et 70 cm sous le niveau du sol actuel. Elles étaient séparées d'un mètre et recouvertes par de petits morceaux d'argile qui servirent de remplissage.

Seule une des trois urnes comptait encore avec ses ossements à l'intérieur de l'urne. Dans le cas des deux autres, ils étaient dispersés aux alentours et semblent avoir été fracturés. D'autre part leur consistance légèrement dure semble indiquer un traitement post mortem spécial : les os auraient été bouillis préalablement à leur mise en place dans l'urne.

Pour l'heure, les archéologues ignorent encore combien d'individus ont été déposés dans chaque urne. Des analyses ostéologiques sont en cours afin de résoudre cette interrogation et chercheront aussi à établir les causes des décès mais pour établir certains patrons génétiques et médicaux.

Les urnes étaient aussi accompagnées de plusieurs offrandes, probablement propitiatoires. Elles étaient composées de fragments de céramique polychrome, des vaisselles noires tripodes incomplètes. Certains présentent des décorations animales et des plumes. Quatre coquillages marins portant des traces d'exposition au feu semblent indiquer une utilisation lors d'un rituel funéraire.

Un autre petit récipient incisé de deux étoiles, une petite tête et une figurine de céramique rouge et deux représentations de canidés font également partie de cet ensemble mortuaire. La présence de ces derniers indique que la culture aztatlan avait une perception identique du chien à celle d'autres peuples mésoaméricains.

Un bulletin de l'INAH est disponible sur son site officiel. Une série de clichés est également visible sous forme d'un diaporama.
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lundi 6 février 2012

Raíces 38 - Livre Xipe Totec avec Carlos González González

Dans ce numéro de Raíces, j'ai eu la chance de recevoir le Dr Carlos González González, archéologue et directeur du Museo del Templo Mayor. Pour son doctorat, Carlos González s'est intéressé de très près au dieu Xipe Tótec. Cette recherche vient d'être publiée en coédition par le Fondo de Cultura Económica et l'INAH.



Photo : INAH, disponible le 05/02/2012 sur 

Xipe Tótec n'est peut-être pas la divinité la plus connue du panthéon mexica. Il semble avoir existé dans le centre du Mexique dès l'Epiclassique. L'Allemand Eduard Seler fut l'un des pionniers des études sur Xipe Tótec.

Le programme a été enregistré le 26 janvier et diffusé le 28 janvier dernier sur Radio UdeM. Il a été mixé par Sergio Becerra. Il est disponible sur Soundcloud et Divshare.



Nous vous recommandons de compléter cette écoute avec la lecture de certaines références disponibles sur Internet.

Broda de Casas, Johanna 1970. "Tlacaxipeualiztli: a Reconstruction of an Aztec Calendar Festival from 16th Century Sources". In Revista Española de Antropología Americana, vol. 5, p. 197-223. Madrid: Universidad de Madrid. Disponible en pdf el 26/01/2012 en http://www.ucm.es/BUCM/revistas/ghi/05566533/articulos/REAA7070110197A.PDF.

González González, Carlos J.
2004. "Algunas ideas sobre la presencia del zapote en el culto a Xipe Tótec". In Estudios Mesoamericanos núm. 6, enero-diciembre, Programa de Maestría y Doctorado en Estudios Mesoamericanos, , México: Facultad de Filosofía y Letras, UNAM.
2005. "Ubicación e importancia de Xipe Tótec en la parcialidad tenochca de Moyotlan". In Estudios de Cultura Náhuatl, vol.36, p. 47-65. México : Instituto de Investigaciones Históricas-UNAM. Disponible en pdf el 26/01/2012 en http://www.historicas.unam.mx/publicaciones/revistas/nahuatl/pdf/ecn36/728.pdf

Graulich, Michel. 1982. "Tlacaxipehualiztli ou la fête de la moisson et de la guerre". In Revista Española de Antropología Americana, vol. 12, p. 215-254. Madrid: Universidad de Madrid. Disponible en pdf el 26/01/2012 en http://www.ucm.es/BUCM/revistas/ghi/05566533/articulos/REAA8282110215A.PDF .

Vié-Wohrer, Anne-Marie 2008. "Hypothèses sur l’origine et la diffusion du complexe rituel du tlacaxipehualiztli": In Journal de la société des américanistes [En ligne] , 94-2 | 2008 , mis en ligne le 05 janvier 2013, Consulté le 26 janvier 2012. URL : http://jsa.revues.org/index10602.html .

Pensez également à consulter et participer à cet événement si vous êtes à Mexico:

"Ciclo de conferencias por el XXXIV aniversario del hallazgo de Coyolxauhqui", Museo del Templo Mayor : http://www.gobiernodigital.inah.gob.mx/mener/index.php?id=32
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dimanche 5 février 2012

Exposition "Les masques de jade mayas"

Erik Le Bras est un de nos lecteurs et suiveurs assidus sur les réseaux sociaux. Il a aimablement accepté de rédiger une chronique suite à sa visite de l'exposition "Les masques de jade mayas", actuellement à la Pinacothèque de Paris. Nous le remercions pour sa participation qui, espérons-le, ne sera pas la dernière.

J’ai vu pour vous « Les masques de jade mayas » à la Pinacothèque de Paris (jusqu’au 10 juin 2012 - 28 place de la Madeleine). Voici mon compte-rendu.



Un événement culturel consacré aux masques de jade ? 

Autant vous prévenir tout de suite, l’intitulé de l’exposition est une accroche commerciale sans grand rapport avec son contenu. Les 14 thèmes qui jalonnent le parcours sont particulièrement éloquents :
  1. L’Univers maya de la période classique
  2. L’Image dans la plastique maya classique, conception d’un processus de transformation L’Essence des objets
  3. L’Art des mosaïques dans les masques funéraires de pierre verte 
  4. Le Souverain comme centre de l’univers Palenque 
  5. Le mobilier funéraire, expression du cosmos dans l’univers temporel des mayas Reconstitution du mobilier funéraire de Pakal 
  6. Calakmul 
  7. Offrande funéraire de la structure VII de Calakmul
  8. Offrande funéraire de la structure III de Calakmul 
  9. Oxkintok 
  10. Dzibanché 
  11. La Déformation céphalique, une constante dans les représentations faciales 

Un titre axé sur le mobilier funéraire de l’élite maya – 7 thèmes sont dédiés à ce sujet (7 à 13) - aurait été nettement plus approprié…

Quid des masques de jade ? 

Les pièces en question ne sont que 9 et ne bénéficient d’aucune présentation particulière visant à les distinguer des autres œuvres. Même si il n’y a pas de quoi en faire tout un battage publicitaire, les masques valent vraiment le coup d’être vus…

Mais que voit-on dans l’exposition ?

Sur la centaine d’objets de l’époque classique montrés au public, les céramiques (monochromes et polychromes) et les sculptures en pierre et/ou stuc (stèles, éléments d’architecture…) sont les plus nombreuses. On retiendra plus particulièrement le mobilier funéraire plus ou moins complet de sépultures découvertes à Palenque, Calakmul, Oxkintok et Dzibanché. La reconstitution en image de plusieurs d’entre elles, permet au visiteur de replacer in situ les pièces visibles dans les vitrines.

Pakal & pacotilles

L’un des temps forts de l’exposition est sans conteste la salle consacrée à la tombe de Pakal. On y découvre une silhouette humaine dessinée sur un plan horizontal, laquelle est agrémentée de l’importante parure funéraire en jade du souverain défunt : masque, colliers, ornements d’oreilles, ceinture ornée de petits masques, bagues, diadème, bracelets… Ne vous y méprenez pas, cette reconstitution plutôt réussie n’est composée que de fac-similés : en effet, ce trésor archéologique ne peut sortir du musée National d’Anthropologie et d’Histoire de Mexico. Le sentiment de déception est d’autant plus accentué à la vue des mauvaises copies des deux fameuses têtes en stuc et en calcaire de la crypte de la Pyramide des Inscriptions de Palenque. Pour une approche didactique, c’est complètement raté…

Admirez mais ne lisez pas !

La grande qualité des pièces exposées est quelque peu gâchée par le contenu des cartels et des panneaux d’explication tant ils sont truffés d’informations dépassées, erronées, douteuses ou sans aucun rapport avec l’objet concerné. Ne laissez pas les textes pervertir les œuvres.

N’achetez pas mais lisez plutôt…

Que dire du catalogue d’exposition si ce n’est qu’il est cher (49 euros – catalogue d’une exposition lambda coûte généralement autour de 40 euros) et que son contenu n’a aucun intérêt scientifique. On conseillera toutefois le hors série n°481 de Connaissance des Arts (8 euros seulement).

Pour avoir une idée des pièces exposées, vous pouvez regarder ce reportage de BFMTV disponible sur Youtube.


Le Figaro Magazine s'est intéressé également à cette exposition en publiant sur Youtube cet entretien avec le directeur de la Pinacothèque de Paris.



Et vous, chers lecteurs, qu'en avez-vous pensé ?
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