mercredi 30 mai 2012

Découverte de peintures murales à Cueva del Oso, Chihuahua

Le nord du Mexique est marqué par la présence de nombreuses ethnies. On connaît bien les Raramuri ou les Pimes mais d’autres peuples font désormais de l’histoire. C’est notamment le cas des indiens Conchos, groupe qui a pourtant atteint 50000 individus et qui a progressivement périclité avant de disparaître au cours du 19e siècle.
Leur existence, leurs croyances et rituels nous sont parvenus principalement par des récits de frères missionaires. Un autre héritage connu est celui de la peinture murale. Des archéologues de l’INAH ont récemment cinq groupes de peintures rupestre dans la Cueva del Oso, à une soixantaine de kilomètres de la ville de Chihuahua. Elle possède une profondeur de huit à neuf mètres. Le sol particulièrement humide est recouvert d’une couche de sédiment gris, résultats de la combustion de bois.

Leur ancienneté pourrait remonter à 1300 ans après Jésus Christ. Trois catégories peuvent être distinguées : géométriques, zoomorphes et anthropomorphes. Dans la seconde, on retrouve des représentations de sangliers, d’ours, de serpents et d’oiseaux. Dans la troisième on notera deux scènes notables.

La première montre un groupe d’individus desquels se démarque un personnage plus grand que les autres. Il est représenté sous une chute d’eau pendant que les autres le regardent. Selon Arturo Guevara, archéologue en fonction auprès de l’INAH Chihuahua, il s’agit probablement d’un bain rituel pris par un chaman pour purger les problèmes rencontrés par la communauté.

La seconde scène montre un autre chaman aux extrémités fléchies en train d’effectuer une danse, elle-même faisant partie d’un rituel funéraire en l’honneur d’un chasseur défunt. Il porte une coiffe que portait les chasseurs pour pouvoir s’approcher de leur proche sans attirer leur attention.

Des motifs de soleil, de nuages et de brouillard sont également présents et reflètent le temps dans cette région à certains moments de l’année. L’état des peintures est stable même si certaines parties inférieures semblent avoir souffert des conséquences de l’humidité. Elles ont été effectuées au moyen de pinceaux simples et des doigts.
On notera enfin la présence de mobilier dans cette grotte : les archéologues ont notamment mis au jour des tepalcates domestiques et les restes d’un metate plat à bords irréguliers. La prochaine étape sera de procéder à des fouilles plus systématiques et à des analyses chimiques pour dater plus précisément ces peintures.

L’INAH a publié un bulletin en espagnol que vous pouvez consulter ici.
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lundi 28 mai 2012

Une offrande retrouvée dans un ancien quartier de Tenochtitlan

Quand on évoque Tenochtitlan, on pense généralement au Huey teocalli, le Grand Temple. Il ne faut pourtant oublier que la capitale mexica était principalement constituée de différents quartiers résidentiels où les gens vaquaient à leurs occupations quotidiennes. Il est intéressant de voir comment l'archéologie nous fait connaître ses bribes de routine qui nous rapproche des anciens habitants de la ville de Mexico.

C'est ainsi qu'une courte dépêche de l'INAH nous révèle la découverte d'une offrande au sud-est du zocalo, au carrefour des rues Regina et Correo Mayor. Elle est composée d'une vaisselle en céramique à l'intérieur de laquelle ont été déposées les cendres et les os incinérés d'un individu, et pas moins de 200 pièces d'obsidienne disposées autour. D'autres pièces de céramiques zoomorphes figurent également à l'inventaire.

D'autre part trois petites plateformes préhispanique en argile, mesurant en moyenne 2 m de long pour 1 m de large ont été mises à jour: elles se situent à 2,5 m sous le niveau actuel du sol. En se référant aux propositions d'Alfonso Caso, l'archéologue Manuel Eduardo Pérez Rivas estime que cette offrande se situe dans ce qui était autrefois le calpulli Teopan o Zoquiapa.

C'est en découvrant des restes de matériel lithique (silex, éclats de taille, lamelles ébauchées) à deux mètres sous le sol que l'équipe de Maribel Cruz García a décidé de poursuivre sa remontée dans le temps et a fini par atteindre l'emplacement de l'offrande susdite.

L'incinération était un rituel funéraire significatif. Le commun des mortels est habituellement enseveli directement sous le sol de sa demeure. Il n'est pas exclu que le personnage incinéré puis enterré ait eu une importance certaine. Il sera également intéressant de voir quel traitement peri mortem il a reçu.

Pour en savoir plus sur cette découverte, vous pouvez consulter le bulletin publié par l'INAH et observer le diaporama disponible ici. Sur le thème des rituels funéraires et du traitement crématoire, vous pouvez également consulter l'ouvrage de notre collègue Ximena Chávez Balderas intitulé Rituales funerarios en el Templo Mayor de Tenochtitlan et publié par l'INAH en 2005. Elle est également l'auteur d'un rapport intitulé Sacrificio humano y tratamientos mortuorios en el Templo Mayor de Tenochtitlán, publié gratuitement sur le site du FAMSI.
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Raíces 55 - Tezozomoc avec Alejandro Tapia

800e note publiée sur ce carnet !!! 

Ce samedi nous avons émis le cinquante-cinquième épisode de Raíces. Pour se faire, nous avions enregistré dès le 23 mai dernier un entretien avec Alejandro Tapia Vargas, psychologue, ethnohistorien et collègue à l'Université de Monterrey. Ce n'est pas la première fois qu'Alejandro intervient dans notre programme. Il est l'auteur d'un ouvrage sur l'écriture de l'histoire de la Nouvelle Espagne. En son compagnie, nous avons revisité la rédaction de son ouvrage Crónica mexicayotl.

Vous retrouverez comme d'habitude ce programme en baladodiffusion sur Soundcloud et l'intégralité des programmes sur Divshare.

Nous joignons également une série de références bibliographiques et les liens mentionnés dans la troisième partie du programme. Nous attendons vos commentaires et questions avec intérêt.

1. Editions du texte
Tezozomoc, Fernando Alvaro. 1998. Crónica mexicáyotl. México: UNAM.
Germán Vázquez Chamorro (2001). «Introducción». Crónica Mexicana, de Hernando Alvarado Tezozómoc. Madrid, DASTIN S.L. Colección "Crónicas de América". ISBN 8449202164.

2. Commentaires et études
José Rubén Romero Galván (2003). Los privilegios perdidos: Hernando de Alvarado Tezozómoc, su tiempo, su nobleza y su Crónica Mexicana. México, UNAM. ISBN 970-32-0690-5.
José Rubén Romero Galván (1996). «Los cronistas indígenas». Historia de la literatura mexicana, desde sus orígenes hasta nuestros días (tomo 2), Beatriz Garza Cuarón y Georges Baudot (editores). México, siglo XXI. ISBN 968-23-2404-1.
Peperstraete, Sylvie. (2007). La " Chronique X ". Reconstitution et analyse d'une source fondamentale sur la civilisation aztèque. Oxford: British Archaeological Reports, International Series n°1630.

3. Documents électroniques
Tezozomoc, Hernando Alvaro. Crónica mexicana. Gonzalo Díaz Migoyo et German Vázquez Chamorro. Disponible le 23 mai 2012 sur : http://www.artehistoria.jcyl.es/cronicas/contextos/11502.htm .

4. Événements académiques
Les masques de jade mayas. Pinacothèque de Paris, jusqu'au 10 juin 2012 : http://www.pinacotheque.com/en/home/exhibitions/current-exhibitions/the-jade-masks-of-the-mayas.html .
Entre mito y ciencia: Mayas 2012. Conférence de Guillermo Kantun. Auditorio del Museo Regional de Yucatan, Palacio cantón, Merida, 31 mai, 18 heures.
Mayas: un redescubrimiento. Cours de Bertrand Lobjois. Auditorio del Museo de Historia Mexicana, Monterrey, 31 mai, 19 heures.
3er encuentro Variación cambio y contacto lingüistíco. Casa Chata, CIESAS DF, Mexicoo, du 24 mai au 2 juin : http://ciesas.files.wordpress.com/2012/03/variacic3b3n-ling.jpg?w=450&h=700.
Mostrar y ocultar en el arte y en los rituales: perspectivas comparativas, Instituto de Investigaciones Históricas, UNAM, Mexico 28 et 29 mai :  http://www.historicas.unam.mx/eventos/2012/coloquio_mostrar_ocultar_arte.html .


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jeudi 24 mai 2012

Documentaire sur Plan de Ayutla, Chiapas

Le site maya fouillé sur le territoire de la commune de Plan de Ayutla au Chiapas sera très prochainement ouvert au public. Les archéologues en charge des fouilles ont proposé une hypothèse sur le nom ancien de ce site : il pourrait s'agir de Sak' T'zi', Chien blanc en maya classique. Nous avons déjà évoqué les travaux effectués sur ce site dans trois notes que vous pouvez consulter ici :
Afficher Zones archéologiques présentées sur Mexique Ancien sur une carte plus grande.

Deux vidéos disponibles sur Youtube présentent ce site et reviennent sur cette interprétation. Elles ont été tournées en 2004 par Eduardo Herrera. L'accent est également mis sur la conservation de ce patrimoine par les habitants de la communauté, évitant ainsi les pillages.





Références bibliographiques:
Martos López, Luis Alberto. (2009). The discovery of Plan de Ayutla, Mexico. In Maya Archaeology 1, edited by Charles Golden, Stephen Houston, and Joel Skidmore, pp. 60-75. San Francisco: Precolumbia Mesoweb Press. Document pdf disponible le 24/05/2012 : http://www.mesoweb.com/articles/Martos2009.pdf.
"Bonampak Lineage might have Come from Plan de Ayutla, Chiapas". Disponible en ligne le 24 mai 2012 sur : http://www.inah.gob.mx/index.php/english-press-releases/51-archaeological-zones/85-bonampak-lineage-might-have-come-from-plan-de-ayutla-chiapas .
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lundi 21 mai 2012

Restauration de grelots à Santo Nombre, Puebla

Les restaurateurs de l'ENCRyM ont récemment travaillé sur une offrande funéraire retrouvée à proximité du corps d'un jeune garçon. Ce dernier était enterré sous la plateforme centrale du site poblano de Santo Nombre. Au total, ce sont 69 grelots qui ont été soumis à un traitement de stabilisation. Nous avions rapporté la découverte de ce corps il y a deux ans et demi

Blas Castellon Huerta, en charge du projet, est récemment revenu sur les études et analyses effectuées sur les restes: "Il s'agit d'un garçon âgé entre 9 et 13 ans". Son corps était placé en position assise, les bras étendus. Il avait des os d'oiseaux dans ses mains et une pierre verte a été retrouvé à hauteur de sa trachée. Les 69 grelots mentionnés plus tôt recouvraient ses chevilles. Ils mesurent en moyenne 2 cm de long pour 2 cm de large. Ils sont le résultat d'un alliage de cuivre, d'arsenic et de plomb. Des éléments organiques ont livré quelques secrets intéressants : des attaches en cuir regroupaient les grelots et s'appuyaient sur des bandes en papier amate et en issu disposées sur les chevilles du sujet. 

Les archéologues se sont également intéressés à la datation C14 des ossements: ils ont pu déterminer qu'il avait été déposé vers 1200 de notre ère, longtemps après l'abandon du site au Classique moyen vers 600. Pour les archéologues, il semble donc probable que de petits groupes aient continué d'utiliser certaines structures à des fins rituelles.

Des études d'archéozoologie ont permis d'identifier que les petits os retrouvés dans les mains du préadolescent correspondaient à ceux d'un faucon et d'une caille. Ici nous nous arrêtons pour extrapoler le symbolisme des oiseaux. Selon différents peuples mésoaméricains, les deux ont des connotations solaires. En ce qui concerne la caille, elle est présentée régulièrement dans les chroniques coloniales et les codex comme l'oiseau le plus souvent sacrifié ou offert (1). Il est probable que le jeune homme inhumé ait eu un aspect solaire.

Pour assurer leur stabilité, les restaurateurs de l'ENCRyM ont procédé à un nettoyage des pièces avant de nettoyer les traces de corrosion observées. Un coffret spécial a été élaboré afin de garantir des conditions optimales de conservation.

Vous pouvez également consulter directement le carnet créé pour le projet Santo Nombre : vous bénéficierez ainsi d'informations de première main même si il n'est guère actualisé. Cliquez ici : http://santo-nombre.blogspot.mx/.

Pour en savoir plus, on consultera directement la note publiée sur le site officiel de l'INAH et la galerie de photos adjointe. Félicitations à toute l'équipe du Projet Santo Nombre.

(1) Sierra Longega, Patricia. 2006. "La codorniz, animal mítico". In Arqueología Mexicana, vol. XIV, núm. 86. Mexico : Editorial Raíces-INAH.
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dimanche 20 mai 2012

Raíces 54 - Ofrenda 130 del Templo Mayor con Amaranta Argüelles.

Depuis quelques semaines, le visiteur du Templo Mayor peut connaître une exposition temporelle intitulée Humo para los dioses : il s'agit de l'offrande 130 retrouvée en 2009 par les archéologues de l'INAH sous l'emplacement du monolithe de Tlaltecuhtli.



Amaranta Argüelles a fait partie de l'équipe qui a mis au jour cette offrande hors du commun: ce sont de trente-deux encensoirs en céramique, peints et probablement utilisés lors d'un rituel de grande importance. Pour Raíces, Amaranta a eu la gentillesse de revenir sur cette incroyable découverte. Le programme a été enregistré dans les studios de Radio UdeM le 17 mai 2012 et monté par Sergio Becerra.

Ce programme est disponible sur la plateforme Archive en format mp3 y ogg.




Para saber mas sobre esta exposición, pueden ver este video:


Complétons cette note avec les liens mentionnés pendant ce programme:
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vendredi 18 mai 2012

Arqueología Mexicana 115 - Cholula

Nous en parlions sur les réseaux sociaux il y a une quinzaine de jours: le numéro 115 de la revue grand-public de l'INAH est disponible à la vente. On peut consulter le sommaire sur la page internet de la revue. Elle a pour dossier central la cité préhispanique de Cholula, actuellement située à quelques kilomètres de Puebla.



L'Universidad De Las Américas en Puebla est la principale institution à effectuer des recherches systémiques sur ce qui était une ville de pélerinage obligatoire pour les dirigeants devant valider leur arrivée au pouvoir. La ville de Quetzalcoatl reste embuée de mystère. C'est d'abord Eduardo Merlo Juárez qui s'attache à nous présenter le passé glorieux et sacré de Cholula, évoquant notamment l'émerveillement des conquérants à leur arrivée dans cette ville sainte.

Eduardo Matos Moctezuma revient sur les quarante premières années de fouilles systématiques à Cholula : il convient de rappeler qu'il fut d'ailleurs l'un des archéologues à oeuvrer dans les années 1960. Noguera, Messmacher et Marquina furent également de ceux qui creusèrent la pyramide pour mieux en comprendre la structure. 


C'est d'ailleurs de sous-structures et de constructions et agrandissements successifs dont il est question dans l'article signé par Gabriela Uruñuela y Ladrón de Guevara et Amparo Robles Salmerón, toutes deux archéologues à l'UDLA. Une autre figure de cette institution, la Dr Patricia Plunkett, s'attarde à expliquer les différents monuments présents sur le Patio des Autels. Michael Lind et Catalina Barrientos procèdent à une étude de la Mapa de Cuauhtinchan 1 et 2 et de l'Historia Tolteca-Chichimeca: ils proposent ainsi de comprendre le gouvernement en vigueur. Puis Gilda Hernández Sánchez détaille les caractéristiques physiques et iconographiques de la céramique polychrome dite Cholula. John M.D. Pohl propose d'ailleurs des rapprochements ce style de céramique et celle de la culture Aztatlán observable au Nayarit et au Jalisco. EnsuiteFrancisco González-Hermosillo Adams propose une lecture du Codex Cholula : il en ressort que les informations présentées sont considérées comme frauduleuses. Avec Lori Diel, on découvre un autre document colonial intitulé Manuscrito del aperreamiento: il s'agit d'un châtiment ordonné par Cortés contre six nobles et un prêtre cholultèque lors de l'occupation de la ville par les Espagnols. Un dernier et court papier ébauche les fouilles de sauvetage effectuées dans les rues de Cholula: il est l'oeuvre de Ashuni Romero Butrón et de Carlos Cedillo Ortega.

On compte également trois autres articles à teneur archéologique. Le premier est l'oeuvre d'Alexandra Biar, doctorante en archéologie à Paris I : elle revient sur les embarcations et le systèmes de canaux dans l'ancienne Tenochtitlan. Leonardo López Luján et Gabriela Sánchez Reyes reviennent sur un autre vestige mexica : il s'agit d'une tête de jaguar qu'on peut observer lors d'une promenade dans la rue Emiliano Zapata. Enfin Francisco Riquelme revient sur l'ambre et ses secrets.

On retrouve également les habituelles sections de la revue. Xavier Noguez nous propose une rapide présentation du Codex de Florence. On notera par ailleurs les débuts d'une nouvelle version en espagnol de ce document compilé par Bernardino de Sahagún dans le numéro 43 de la revue Estudios de Cultura Nahuatl. Elle sera l'oeuvre de José Rubén Romero Galván. Dans la série mythe ou réalité, Eduardo Matos Moctezuma revient cette fois sur la perception de la Malinche par la tradition populaire et se demande si elle fut vraiment une traîtresse.


Les publications sur ce qui était considéré par les Conquistadors comme la Rome des Amériques se font rares. Le fait qu'Arqueología Mexicana propose un numéro complet est un effort plus que louable. Nous vous en recommandons chaudement l'achat.
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dimanche 13 mai 2012

Raíces 53 - Epigraphie avec Guillermo Kantun

Cette semaine nous avons profité de la prochaine conférence de Guillermo Kantun au Museo Regional de Yucatan, à Mérida, pour faire le point sur l'épigraphie qui combine linguistique, art, architecture et archéologie.

Vous pouvez télécharger gratuitement ce programme librement en format en mp3 y ogg.



Pour compléter cette écoute, nous vous recommandons de consulter la bibliographie suivante. Vous observerez que plusieurs ressources sont disponibles gratuitement sur le site du FAMSI.

Calvin, Inga. 2010. Dinastías reales maya en el periodo clásico. Documento .pdf disponible  el 07/05/2012 en : http://www.famsi.org/spanish/mayawriting/calvin/royal_dynasties_es.pdf .

Calvin, Inga. 2010. Guía de Estudios de Jeroglíficos Maya. Documento .pdf disponible  el 13/02/2010 en : http://www.famsi.org/spanish/mayawriting/calvin/glyph_guide.pdf .

Houston, Stephen, Mazariegos, Osvaldo y David Stuart (eds.). 2001. Decipherment of Ancient Maya Writing. University of Oklahoma Press.

Kettunen, Harri & Christophe Helmke, 2011. Introducción a los Jeroglíficos Mayas. Spanish Version. Manual para el Taller de Escritura, Cuarta Edición, 2011. Disponible le 12/05/2012 sur : http://www.wayeb.org/download/resources/wh2011spanish.pdf . 
Pitts, Mark. 2008. The complete Writing in Maya Glyphs Book 1 – Names, Places, and Simple Sentences. Documento .pdf disponible el 07/05/2012 en : http://www.famsi.org/research/pitts/MayaGlyphsBook1.pdf.

Pitts Mark. 2009. The complete Writing in Maya Glyphs Book 2 – Maya Numbers and the Maya Calendar. Documento .pdf disponible el 07/05/2012 en : http://www.famsi.org/research/pitts/MayaGlyphsBook2.pdf

Pitts, Mark. 2011. A Brief History of Piedras Negras As Told by the Ancient Maya. History Revealed in Maya Glyphs. Documento .pdf disponible el 07/05/2012 en : http://www.famsi.org/research/pitts/pitts_piedras_negras_history.pdf

Thompson, John Eric S. 1962. Un catálogo de Jeroglificos maya. University of Oklahoma Press. Document .pdf disponible le 7 mai 2012 sur :  http://www.famsi.org/mayawriting/thompson/ThompsonGlyphCatalog.pdf .

Vous pouvez également consulter le numéro 48 de la revue Arqueologia Mexicana ou lire le carnet en anglais des chercheurs de l'University of Texas at Austin. Terminons avec en mentionnant le site de l'épigraphiste Sven Gronemeyer : http://www.sven-gronemeyer.de/.

En ce qui concerne les cours et autres événements académiques, voici les liens à cliquer:
Prochain programme : les encensoirs du Templo Mayor.
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samedi 12 mai 2012

Un calendrier lunaire maya déchiffré à Xultun, Guatemala

Sur son site internet, le quotidien mexicain El Universal publie une note résumant une importante découverte effectuée par une équipe américano-guatémaltèque sur le site de Xultun au Guatemala. Les archéologues William Saturno de l'Université de Boston et David Stuart de l'Université du Texas à Austin ont présenté les premiers éléments d'une découverte singulière lors d'une conférence de presse.


Xultun est un site maya situé à 40 km au nord-est de la fameuse Tikal, au Peten, et à 8 km au sud du site préclassique de San Bartolo. Parmi les principales structures cartographiés, on compte une pyramide haute de 35 m, deux terrains de jeu de balle, 24 stèles sculptées, plusieurs places et cinq réservoirs d'eau. Découvert en 1915, il n'a jamais été exploré systématiquement.


Dans une petite chambre, les archéologues ont retrouvé une série de peintures murales de premier ordre. Le projet, co-financé par la National Geographic Society, a notamment permis d'étudier un calendrier basé sur des cycles lunaires et un autre sur des planètes: des hiéroglyphes pourraient directement représenter Mars, Mercure et Vénus. Il a été retrouvé dans une pièce qui faisait probablement partie d'un complexe résidentiel. Ce serait d'ailleurs la première que de telles peintures soit retrouvées. Malheureusement elle avait déjà été visité par des maraudeurs et chapardeurs, privant les chercheurs d'un contexte archéologique probablement plus riche. Mais surtout cette découverte met un point final aux fautes prophéties de fin du monde annoncées depuis les livres d'Argüelles.


Dans un article paru dans la revue Science, les deux archéologues-épigraphistes ont retrouvé un compte long supérieur aux 13 baktuns observés sur d'autres sites. Rappelons que le Monument 6 d'El Tortuguero évoque la fin du 13e baktun pour décembre 2012. A Xultun, il y en aurait 17. Les calculs représentés sur la paroi renvoient autant au passé qu'au futur dans 7000 ans. 


Ce qui a surpris les scientifiques, c'est la présence d'un scribe sur une des parois. Un glyphe onomastique a été peint près de la figure centrale et signifie "Jeune frère obsidienne". A sa gauche est représentée une figure royale vêtue de plumes bleues et portant un long bâton. L'ensemble semble avoir été peint il y a environ 1200 ans lorsqu'une grande sécheresse frappait la zone maya. Saturno et Stuart proposent de concevoir cette pièce comme l'atelier d'un scribe, personnage important dans la société maya : il était chargé de "rapporter" l'histoire du site.


Pour terminer cette note, nous vous renvoyons à la note publiée sur le site de National Geographic. Elle contient une photo en haute résolution qui permet de voir certains détails. Un autre article propose d'avantage de photos.Vous pouvez également jeter un oeil sur cette vidéo présentée sur le même site. William Saturno dispose également d'un journal de bord sur le site de National Geographic. Enfin il y a ce long communiqué de presse des deux chercheurs américains.




Bon visionnage !

[édition du 23 mai 2012. Sur le site Mesoweb, Joel Skidmore et Mark Zender proposent une publication complète et très bien illustrée sur les peintures de Xultun. Elle est disponible gratuitement en cliquant ici.]
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vendredi 11 mai 2012

Mères préhispaniques

Aujourd'hui, c'est la fête des mères au Mexique. Pour le quotidien El Universal, c'est également l'occasion de se pencher sur la place de la femme et sur le rôle maternelle dans les anciennes sociétés mexica et maya. On pourra regretter que l'auteur de l'article ne prenne pas en compte la place de la femme dans d'autres sociétés précolombiennes. On pourrait même dire que résumer dans un article de presse généraliste un thème aussi général et complexe relève de la gageure tout autant que la note que nous rédigeons.

Il réussit à montrer son rôle central car si l'homme gouverne, c'est bien la vie familiale et société qui s'articule autour de la femme et de la mère. Chez les Mexicas, la femme du petit peuple ou macehualtin passe sa journée entre la maison et le champ. Elle aide autant son époux dans les travaux des champs que son foyer et son calpulli (quartier) en confectionnant les vêtements et les manteaux nécessaires pour sa famille que pour le tribut payé. Chez les femmes pipiltin, appartenant à la haute société mexica, il était courant qu'elles aient à tisser certaines pièces en coton. Elles participaient également aux échanges commerciaux, notamment par l'achat d'esclaves. Grâce aux informateurs de Sahagún, on connaît assez bien l'éducation des jeunes filles par leur propre mère. On leur enseigne le tissage, leur futur rôle de mère. Car c'est avant tout pour leur rôle de génitrice que les femmes mexicas et mayas sont vénérées. 

Du côté maya, la femme noble pouvait exercer le pouvoir, notamment dans le cas d'une régence. On dispose de plusieurs exemples de femmes ayant régné le temps que leur digne rejeton atteigne l'âge raisonnable pour monter sur le trône couvert d'une peau de jaguar. Elles sont également souvent représentées lors des cérémonies d’intronisation, faisant le lien entre le dirigeant défunt, représentant le soleil absorbé par le monstre de la terre, et le nouveau souverain, figurant le soleil émergeant du même monstre. Zac Kuk, mère de Pakal II en est un excellent exemple. Elles peuvent même être à l'origine d'une dynastie comme ce fut le cas de la Dame de Tikal. D'autre part, Diego de Landa explique que les mères yucatèques couvraient d'un coquillage le pubis de leur fille entre trois et douze ans.


Au-delà de l'ethnohistoire et de l'archéologie, les mythes et la cosmovision mésoaméricaine octroient un rôle prépondérant aux femmes et aux déesses. Les mythes de la naissance des jumeaux divins rapportée dans le Popol Vuh maya postclassique et celle de Quetzalcoatl/Huitzilopochtli dans le Mexique central sont très semblables. Une jeune femme vierge tombe enceinte par une parthénogénèse étonnante. Leur progéniture doivent asseoir leur pouvoir en exterminant soit les seigneurs de l'inframonde soit des membres de leur famille. 


Il convient de rappeler le poids des déesses. Chez les Mexicas, Tlaltecuhtli est la déesse de la terre, . Chez les Mayas, c'est la déesse de la Lune, Uh Ixik, qui revêt un aspect essentiel : elle a transmis aux femmes l'art du tissage. La déesse O, la vieille déesse, détient des pouvoirs de divination. Elle est également liée à la fertilité et aux rituels de naissance.

Pour en savoir plus sur ce thème passionnant et beaucoup plus ouvert qu'on ne croit, il convient de consulter différents ouvrages et publications.

Arqueología mexicana. La mujer en el mundo prehispánico. (1998). Vol. V, núm. 29. Mexico : Editorial Raíces-INAH.
Baéz-Jorge, Felix. (2010). "Mitología y simbolismo de la vagina dentada". In Arqueología Mexicana, vol. XVIII, núm. 104, p.51-55. Mexico : Editorial Raíces-INAH.
López Hernández, Miriam. (2011). 
Martin, Simon. y Nikolai. Grube. (2000). Chronicle of the Mayas Kings and Queens. Deciphering the Dynasties of the Ancient Maya. Londres : Thames and Hudson.
Ródriguez-Shadow, María J. et Miriam López Hernández. (2011). Las mujeres mayas en la antigüedad. Mexico : Centro de Estudios de Antropología de la Mujer. Disponible le 11/05/2012 sur : http://www.ceam.mx/images/stories/mujeres_mayas.pdf .
Ródriguez-Shadow, María J. et Miriam López Hernández. (2011). Genero y sexualidad en el México antiguo. Mexico : Centro de Estudios de Antropología de la Mujer. Disponible le 11/05/2012 sur : http://www.ceam.mx/images/stories/articulos_pdf/biblioteca_virtual/publicaciones/genero_y_sexualidad_lopez_y_rodriguez_2011.pdf .
Ródriguez-Shadow, María J. et Miriam López Hernández. (2011). Mujeres y diosas aztecas. Mexico : Centro de Estudios de Antropología de la Mujer. Disponible le 11/05/2012 sur : http://www.ceam.mx/images/stories/articulos_pdf/biblioteca_virtual/publicaciones/mujeres_y_diosas_aztecas.pdf .
Ródriguez-Shadow, María (2011). Las mujeres en Mesoamérica prehispánica. Toluca : Universidad Autonóma del Estado de México. Disponible le 11/05/2012 sur : http://www.ceam.mx/images/stories/articulos_pdf/biblioteca_virtual/publicaciones/las_mujeres_en_mesoamerica_prehispanica.pdf .
Teufel, Stefanie. (2001a). "El arte de tejer". In Los mayas. Una civilización milenaria. N. Grube (ed.), p. 354-355. Cologne : Könemann.
(2001b). "Matrimonios diplomáticos: mujeres en la corte". In Los mayas. Una civilización milenaria. N. Grube (ed.), p. 172-173. Cologne : Könemann.
Velázquez García, Erik. (2004). "La vida cotidiana de los Mayas durante el periodo Clásico". In Historia de la vida cotidiana I. Mesoamérica y los ambitos indígenas de la Nueva España, Pablo Escalante Gonzalbo (coord.), p. 99-136. Mexico : Fondo de Cultura Económica - El Colegio de México.


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samedi 5 mai 2012

Raíces 52 - Catalogo esencial del MNA avec Gabriela Olmos

Les moyens de diffuser et de divulguer les scientifiques sont presques illimités, notamment par le biais des réseaux sociaux. Mais ils ne compensent pas le nécessaire contact avec le support papier. Alors que Google et le Museo Nacional de Antropología ont annoncé la visite virtuelle complète de cette enceinte culturelle sur le Google Art Project, livres et revues font encore recette. 

Artes de Mexico est une revue pourrait-on presque qualifier de luxe. Il y a quelques jours, nous évoquions la récente publication d'un catalogue de 100 objets du MNA, à raison de 10 pour chacune des 10 salles qui forment le rez-de-chaussée. Pour en parler dans Raíces, nous avons Gabriela Ramos, sous-directrice d'édition pour la revue dirigée par l'écrivain Alberto Ruy-Sanchez. Vous pouvez d'abord retrouver une critique de cette publication dans une note que nous avons publiée il y a quelques jours.

Voici donc le résultat, enregistré le 3 mai dernier dans les studios de Radio UdeM, avec Sergio Becerra aux manettes et au montage. Le programme est disponible sur le portail Archive en format mp3 et ogg.


Pour compléter cette note, nous vous proposons les liens mentionnés tout au long de ce programme. Espérons qu'ils puissent vous servir.

Voici d'abord les références bibliographiques que nous avons recommandées dans la seconde partie du programme:

En ce qui concerne les événements académiques, consultez les pages suivantes:
Sur les fouilles de Copán au Honduras, vous pouvez consulter cette brève sur le site de La Jornada et lire la note que nous avons publiée il y a quelques jours.

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jeudi 3 mai 2012

La arqueología, una visión científica del pasado del hombre

Voilà un petit ouvrage (par la taille en tout cas!) qui a complètement échappé aux campagnes publicitaires de l'INAH et surtout de l'UNAM. Publié dans la collection Ciencia para todos (La science pour tous en espagnol), il a été co-écrit en 1994 par Linda Manzanilla Naïm et Luis Barba, tous deux chercheurs-enseignants à l'Instituto de Investigaciones Antropológicas de la Universidad Autonóma de México. La Dr Manzanilla est archéologue et égyptologue: elle a notamment été formée en France. Elle a également oeuvré en zone maya, à Tiwanaku en Bolivie, et plus récemment à Teotihuacan. Le FCE l'a récemment réédité.


Bien que la collection Ciencias para todos s'apparente aux Que sais-je ? des PUF, indiquons clairement que l'ouvrage n'est pas accessible à n'importe quel public, notamment le plus jeune. Quand bien son objectif est d'expliquer les différents champs d'action de l'archéologue, certains tecnicismes pourraient rebuter.

Dans un premier, les auteurs reviennent sur les différentes techniques de prospection archéologiques (reconnaissance aérienne, prospections électriques, magnétiques,  chimiques et électromagnétiques).

Vient ensuite le temps des fouilles et de leur organisation: logistique, organisation du terrain, outils, relevés des coordonnées, stratigraphies, détermination du contexte fouillé,  registres.

La troisième partie s'intéresse aux analyses et aux premiers résultats des fouilles. Dans la mesure du possible, les archéologues essaient de les faire in situ, dans la mesure où le contexte de fouilles peut apporter de précieux indices pour l'interprétation. Les auteurs reviennent sur les analyses effectuées sur différents matériels. Ils commencent par les céramiques : macroscopie, pâte, couleur en coupe transversale, forme et décorations. Viennent ensuite les tests chimiques et physiques (résistance et compression, propriétés électromagnétiques, restes organiques). Puis ils reviennent sur les études faites sur les objets lithiques. Les techniques de datation sont abordées séparément et dépendent de l'objet étudié.

Dans un quatrième temps, à l'instar des poupées russes, les éléments analysés sont étudiés dans leur contexte propre, puis local, voir régional afin de leur donner un sens.

Car c'est bien là l'image que les auteurs ont souhaitée transmettre, l'archéologue est un technicien qui s'entoure de toutes les ressources possibles (sciences dures et sociales) pour donner la vision la plus complète de l'homme et de son interaction avec son environnement. De ce point de vue, le titre annoncé (une vision scientifique du passé de l'homme) est parfaitement justifié et les objectifs proposés en introduction parfaitement accomplis.

Pour le public mexicain, La arqueología, una visión científica del pasado del hombre est disponible dans toutes les librairies du Fondo de Cultura Económica à un prix modique. Il ne faut donc pas s'attendre à des photos en couleurs ni à une bonne qualité d'impression qui faciliterait la lecture. Mais il est également consultable sur la bibliothèque digitale du réseau mexicain d'éducation en ligne.

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mercredi 2 mai 2012

De nouveaux espaces de visite à Copan, Honduras

Le site maya le plus connu du Honduras, inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO, propose de nouveaux endroits à visiter. Dans un bref article publié sur la version en ligne de La Jornada, on apprend que 145 enterrements ont été découverts entre 2006 et 2009. Malheureusement les indications proposées par le quotidien de l'UNAM sont floues. Fouillé entre autres par Claude Baudez, le site est situé sur les hauteurs de la rivière éponyme, affluent du Motagua. Elle a connu son apogée au VIIe siècle avant d'être abandonnée progressivement au Xe siècle.


Copan est connu pour ses stèles (comme la H représentant le roi Waxaklajuun Ub'aah K'awiil. et surtout pour l'escalier hiéroglyphique qui flanque le monument. L'autel Q représente K'inich Yax K'uk' Mo, fondateur de la lignée des 15 souverains qui se sont succédés à Copan. 


Le site de Rio Amarillo, situé à seize kilomètres au nord de la cité de Copan, a été fouillé et restauré. Mais c'est le groupe Nuñez Chinchilla qui a fait l'objet de la découverte la plus impressionnante. Des fouilles dirigées par l'archéologue Shinji Nakamura ont permis la découverte d'un cimetière contenant les restes de 145 individus dont certains continuent d'être étudiés afin de déterminer leur origine, leurs liens familiaux. Un cas est particulièrement frappant: il s'agirait d'un enfant musicien puisqu'une flûte en céramique a été retrouvée à ses côtés. 

Après quelques rapides recherches, il est possible de situer exactement le lieu de cet imposant cimetière. Dans sa version en ligne, le quotidien hondurien La Prensa donne de plus amples précisions sur ce que seront les nouvelles aires ouvertes aux touristes. Un article est consultable ici. L'Instituto Hondureño de Antropología e Historia a gardé l'information secrète pour éviter les pillages et la destruction. Le nombre (300) et la qualité des céramiques et des différents mobiliers funéraires laisse penser qu'il s'agit d'individus importants. Nul doute que les pilleurs et autres collectionneurs privés s'en seraient donnés à coeur joie.

On peut également cette vidéo qui résume bien la nouvelle.



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mardi 1 mai 2012

Catálogo esencial Museo Nacional de Antropología 100 obras

Incroyable tour de force réussi par la revue Artes de Mexico. Quelle publication mexicaine, voir étrangère peut réunir des contributeurs aussi reconnus que Leonardo López Luján (responsable du Proyecto Templo Mayor), Diana Magaloni Kerpel (directrice du MNA), Eduardo Matos Moctezuma (est-il encore nécessaire besoin de le présenter), Miguel León-Portilla, Mercedes de la Garza, Roberto García Moll, Sara Ladrón de Guevara (ancienne responsable du Proyecto El Tajín, Ann Cyphers, Robert Cobean (responsable du Proyecto Tula), Marie-Areti Hers, Javier Urcid ? Pas beaucoup... Et pourtant ils figurent bien au sommaire de ce catalogue essentiel présentant 100 chefs-d'oeuvre du Museo Nacional de Antropología. Un peu comme si vous aviez le FC Barcelone de l'anthropologie mexicaine, à quelques exceptions près.

Bref un casting de rêve pour présenter ce qui constitue un document de première qualité que tout amoureux du Mexique ancien se doit de trouver ! Vous allez me dire: "On a vu le casting d'Astérix aux Jeux Olympiques et le film était un nanar colossal!". Soit mais sachez que la revue Artes de México est une publication qui se caractérise par la qualité de ses photos mais aussi de ses textes. Son rédacteur n'est autre que le poète et écrivain Alberto Ruy Sánchez. 


Parlons de contenu puisqu'il convient de convaincre les réticents. Pour Diana Magaloni, ce catalogue doit devenir "un ouvrage de consultation". L'objectif est atteint si on considère la variété des pièces présentées que la présentation culture par culture choisie par l'éditeur. 


La participation de Leonardo López Luján est dans la lignée de ces derniers articles publiés dans Arqueología Mexicana: il décrit le lent processus qui a permis la formation de collections préhispaniques avant la création du Museo Nacional de Antropología. D'ailleurs, c'est Luisa Fernanda Rico Mansard qui est chargée de rappeler l'histoire de cette enceinte dès les premières années de l'indépendance mexicaine. Suit une contribution de Diana Magaloni sur le grand déménagement vers Chapultepec en 1964 et la réorganisation des collections, parfois récemment intégrées, dans l'espace conçu par l'architecte Pedro Rámirez Vázquez. Elle revient aussi sur des donations, des remises de pièces intervenues  jusqu'en 2002 et la mise en place d'objets récupérés en contexte archéologiques.


Suivent les contributions de Miguel León-Portilla et Mercedes de la Garza sur la parole des anciens peuples présentes dans leurs chants, leurs codex ou leurs peintures murales. On notera alors la très bonne carte et le diagramme de l'Ancien Mexique, idéaux pour situer chronologiquement et géographiquement les cultures et les époques.


Le reste de l'ouvre suit le sens de la visite du MNA, même si visiter les salles indépendamment restent tout à fait possible. Après une introduction rapide, on retrouve dix fiches illustrées par un cliché d'excellente résolution et quelques éléments d'explication. On peut dresser la liste des participants suivants :

  • José Antonio Pompa : salles Introducción a la antropología y Poblamiento de las Américas ;
  • Roberto García Moll : salle Preclásico del Altiplano central ;
  • Eduardo Matos Moctezuma : salle Teotihuacan ;
  • Robert Cobean et Elizabeth Jiménez García : salle Los Toltecas y su tiempo. Il convient de noter que les fiches ont différents auteurs comme Leonardo López Luján, Marco Antonio Santos, Maricarmen Serra Puche, Gabriela Uruñuela ;
  • Leonardo López Luján : salle Mexica ;
  • Nelly Robles : salle Culturas de Oaxaca. On notera la participation de Javier Urcid pour plusieurs fiches.
  • Sara Ladrón de Guevara : salle Culturas de la Costa del Golfo. Ann Cyphers a également collaboré à cette section.
  • Mercedes de la Garza : salle Maya. L'archéologue allemand Nikolaï Grube a rédigé une fiche sur un linteau de Yaxchilan, une sculpture de Chinkultic, un vase type codex et le Tableau du Temple de la Croix à Palenque.
  • Arturo Oliveros : salle Culturas del occidente. La rédaction des fiches est partagée avec Eduardo Williams et Marie-Areti Hers.
  • Marie-Areti Hers : salle Culturas del norte.
L'ouvrage s'achève sur une présentation de chaque intervenant et compte une bibliographie fournie et sérieuse. Le problème reste l'accès à certains ouvrages recommandés.

Le prix élevé de ce catalogue pour le Mexicain moyen (comptez dans les 200 pesos) pourrait rebuter. Cependant il s'agit d'un excellent investissement pour le curieux ou un jeune étudiant. Il ne fait aucun doute que toute bibliothèque digne de ce nom doit le proposer à ses lecteurs. Ce catalogue est un très bonne option pour organiser une visite pressée du MNA et savoir ce qu'il convient d'y connaître.
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