jeudi 28 juin 2012

La Reine rouge retourne chez elle

Le billet du jour n'a rien à voir avec une amante de pirate ou de pilote prussien durant la Première Guerre mondiale. Palenque est un site qui cache encore beaucoup de mystères à creuser, à analyser et à étudier. En 1994, une archéologue mexicaine, Fanny López Jímenez, pénètre dans une tombe située sous le Temple XIII. Les parois sont couverte d'un pigment rouge tenace et toxique: le cinabre. La nouvelle court rapidement à travers le monde et le président Salinas de Gortarí se rend sur place pour briller en public et accessoirement en savoir plus sur la découverte.
 
D'ailleurs les ossements des trois individus en sont également couverts. Dès lors s'engage une longue et minutieuse étude pour déterminer l'identité de l'occupante principale des lieux dont les os sont couverts d'une couche de cinabre épaisse de 3 mm. Les premiers examens de médecine légale entrepris par l'anthropologue Arturo Romano Pacheco ont lieu sur place. Il s'agit des restes deux femmes et d'un enfant, accompagnateurs de la femme au visage recouvert par les tesselles en jadéite d'un masque funéraire.
 
Rapidement décision est prise de rapatrier les restes dans un laboratoire de l'INAH situé dans une annexe du cloître de Sor Juana Inés de la Cruz, à Mexico. Pendant plus de 15 ans, Romano Pacheco s'attachera à déterminer l'âge de la défunte, ses liens de parenté avec d'autres personnages enterrés à Palenque, les maladies dont elle a pu souffrir. Dans un premier temps, l'hypothèse selon laquelle il s'agissait de la mère de Pakal a tenu le coup. Récemment elle a dû être abandonnée au profit de celle de l'épouse de Pakal: les inscriptions palencaines évoquent son décès survenu le 13 novembre 572. L'accompagnaient un enfant âgé de 7 à 12 ans et une femme de 20 à 30 ans, tous deux sacrifiés dans le but d'accompagner la reine défunte dans son voyage vers l'inframonde.

Le 15 juin dernier et sous escorte policière, l'INAH a décidé de renvoyer les restes de la Reine Rouge à Palenque, l'idée étant à terme de les replacer dans la tombe. Selon Emiliano Gallaga, l'opération s'avère trop risquée pour le moment: les conditions extrêmes de température et d'humiditpe ne sont pas optimales pour garantir leur conservation.

Pour en savoir, consultez le bulletin publié par l'INAH et le diaporama disponible ici.
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mercredi 27 juin 2012

Conférence Los portadores del humo


Dans le cadre de l'exposition temporaire présentée actuellement au Museo del Templo Mayor, une série de conférences revient en détail sur l'Offrande 109, son contenu, son analyse, son symbolisme. Le 12 mai dernier, c'était au tour de Leonardo López Luján d'introduire la conférence intitulée Los portados del fuego: descubirmiento y análisis de una ofrenda de sahumadores del Templo Mayor.

Le Museo del Templo Mayor a eu l'excellente idée de mettre en ligne cette conférence en espagnol. Seul hic, elle a été divisée en cinq vidéos que nous intégrons dans ce billet.

Dans la première partie, Leonardo López Luján effectue une rapide mise en contexte de Tenochtitlan et des fouilles entreprises à partir de la découverte du monolithe de Coyolxauhqui en 1978 jusqu'à l'offrande découverte en 2009.


Dans la seconde partie, Miguel García González revient sur les opérations effectuées .



Dans la troisième partie, Amaranta Argüelles, invitée de Raíces il y a quelques semaines, revient sur les 31 encensoirs découverts parfaitement alignés et sur leur pointilleuse extraction.


Dans un quatrième temps, on pourra écouter Ángel González López évoquer les analyses de ces encensoirs (matières, usages, symbolimes).


Enfin dans un dernier moment, Leonardo López Luján reprend la parole et fait le lien entre les preuves archéologiques et les témoignages ethnohistoriques.

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mardi 26 juin 2012

Tout Teotihuacan visible en ligne (ou presque)

L'INAH continue sa politique de virtualisation du patrimoine mexicain afin d'en faciliter son accès au plus grand nombre. Après avoir proposé une visite virtuelle du site de Teotihuacan il y a quelques années, c'est au tour de ses deux musées d'être accessibles en ligne pour tout un chacun. D'un côté on pourra se promener dans le Musée de site, d'un autre on parcourra les salles du Musée des peintures murales Beatriz de la Fuente.

Le principe est le même que pour les autres musées de sites déjà présents : on clique sur les flèches pour suivre un parcours guidé, on peut agrandir certaines vues. On peut aussi directement choisir la salle ou l'endroit qui nous intéresse. La lecture des notices sous chaque pièce relève pourtant de l'exploit si vous n'avez pas vue une vue aquiline.

On aimerait quand même un parcours un peu plus libre comme pour le Museo Nacional de Antropología. On pourrait quand même avoir une visite un peu plus ludique mais il y aurait alors besoin de moyens supplémentaires pour la développer. Pourquoi ne pas proposer différents niveaux de visite virtuelle, incluant des jeux, des questionnaires selon que l'on soit scolaire ? Des documents annexés, des infographies, des animations ne seraient pas non plus superflus, à l'instar de ce que peut proposer Google Art Project.

Ces visites virtuelles furent une véritable innovation il y a quelques années lors de leur apparition. A l'ère informatique, il convient d'être actualisé et à la pointe, notamment quand on est un site institutionnel. Pour l'heure, il faudra se contenter d'une visite quelque peu monolithique et aseptisée. Lassant...
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lundi 25 juin 2012

Le passé indigène par Alfredo López Austin et Leonardo López Luján

Il y a des classiques des études qui méritent d'être tranposés dans la langue de Molière. Car comme les Mexicains n'ont jamais douté de l'utilité de publier les ouvrages de Jacques Soustelle, de Guy Stresser-Péan, de Claude Baudez ou de Michel Graulich dans celles de Cervantés.

Dans le cas qui nous concerne, Le passé indigène fait figure d'un classique de la littérature américaniste. Déjà disponible depuis plusieurs années en anglais ou en italien, il est ENFIN disponible depuis le 15 juin dernier sur Amazon et fort logiquement en librairie. L'éditeur Les Belles Lettres, plus connu pour sa collection Budé de textes bilingues qui ont fait pâlir plus le porte-monnaie d'un étudiant latiniste et/ou hélléniste poursuit un effort entrepris avec la publication des Guides de civilisation Les Mayas par Claude Baudez en 2004 et Les Aztèques par Jacqueline de Durand-Forest en 2008.


Il y a plus d'une décennie, les éditions Maisonneuve et Larose avaient proposé une série de traductions d'ouvrage sur les Mayas à prix exhorbitant et surtout les fameux Paradis de brume d'Alfredo López Austin.

Preuve que l'ouvrage des anthropologues père et fils fait parler de lui, on pouvait récemment en écouter un compte-rendu sur France Inter.


Que pourrait donc trouver dans cet ouvrage contre la modique somme de 35 € ? Selon l'un des auteurs, il n'y aura pas de grandes différences avec l'original mexicain publié au Fondo de Cultura Económica et disponible pour 195 pesos (soit 12 € sans compter les frais de port).
Pour les curieux et amateurs du Mexique ancien qui ne parlent pas un traître mot d'espagnol, l'intérêt est tout trouvé. Pour les hispanophones, il est moindre. En tout cas il était nécessaire que les ouvrages de cette dynastie de chercheurs arrivent au public francophone. D'une part ils proposent un large spectre d'analyse, utilisant à la fois l'histoire, l'histoire de l'art, l'archéologie, l'anthropologie sociale, culturelle, physique, l'ethnohistoire. D'autre part ils couvrent plus de 30000 ans d'histoire sur un territoire vaste et varié, s'attachant à retrouver des points culturels communs à des ethnies très différentes, notamment sur le point de vue linguistique.

J'ai personnellement hâte de voir si les autres collaborations des López seront publiés en France dans les prochaines années, en particulier leur ouvrage référence sur le Grand Temple de Tenochtitlan, publié par l'INAH. Les seuls travaux d'Alfredo López Austin ont provoqué un avant et un après dans notre perception et notre connaissance de l'homo mesoamericanus.  Je pense notamment à Cuerpo humano e ideología ou Hombre dios. Son fils Leonardo n'est pas en reste: sa thèse sur la Maison des Aigles est l'exemple d'une analyse pluri et interdiscplinaire digne d'intérêt et relativement accessible pour le béotien que je suis.
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dimanche 24 juin 2012

Raíces 59 - Les Indiens dans les villes de la Nouvelle Espagne avec Felipe Castro

Ce samedi 23 juin a été diffusé le 59e épisode de Raíces. Nous avions préalablement enregistré un entretien avec l'historien Felipe Castro, enseignant-chercheur à l'Instituto de Investigaciones Históricas de l'Universidad Nacional Autonóma de México. Felipe s'est notamment spécialisé dans l'étude des groupes indiens pendant l'époque coloniale. En 2010, il avait coordonné la publication d'un ouvrage collectif intitulé Los indios y las ciudades en Nueva España. Même si cet ouvrage est physiquement épuisé, il est dorénavant disponible gratuitement sur le site de l'IIH.

Comme chaque semaine, nous vous proposons de télécharger le programme en baladodiffusion sur Archive.org en format mp3 et ogg..


Felipe Castro est également féru de nouvelles technologies et de leurs applications dans le domaine de la recherche historique. Il est notamment l'auteur de trois blogs :
  1. Peregrinaciones en el pasado : http://felipecastro.wordpress.com/ 
  2. Clíotropos : http://cliotropos.wordpress.com/
  3. Los indios y las ciudades de Nueva España : http://indiosenciudad.wordpress.com/

Il anime également un groupe d'historiens sur Internet appelé H-Mexico. Ce dernier est présent sur les deux principaux réseaux sociaux que sont Twitter et Facebook. Felipe Castro y tient aussi ses propres flux à son nom.

Pour compléter ce programme, nous vous recommandons les références suivantes.

En ce qui concerne les événements mentionnés pendant ce programme, veuillez consulter les liens ci-dessous.
  1. Exposition Les secrets de la civilisation maya, Musée canadien des civilisations, Gatineau, Québec jusqu'au 28 octobre 2012 : http://www.civilisations.ca/maya/.
  2. Exposition Piedras del cielo : civilizaciones del jade, Museo Nacional de Antropología, Mexico jusqu'au 30 juin 2012 : http://www.mna.inah.gob.mx .
  3. Exposition México multicultural: Joyas de la indumentaria indígena, Museo del Noreste, Monterrey : http://www.3museos.com .
  4. Cours de langue Ch'ol avec le Dr Dr Juan Jesus Vázquez, jusqu'au 29 juin, de 10 à 14 h, Instituto de Investigaciones Filologicas, UNAM, Aula 4. Renseignements : iifldifusión[at]unam.mx et http://filologicas.unam.mx .
  5. Conférence Religión mesoamericana: cultura maya avec la Dr María del Carmen Valverde, 26 et 28 juin de 18 à 20 h, Instituto de Investigaciones Filologicas, UNAM: Renseignements: http://filologicas.unam.mx .
  6. Colloque et ateliers Primer encuentro de arqueoastronomía en Guatemala, du 18 au 27 juin, Campus Central Universidad del Valle de Guatemala. Renseignements : www.uvg.edu.gt/arqueoastronomia .
  7. Belize Archaeology Anthropology Symposium: Time and the Maya, du 26 au 29 juini San Ignacio, Belize. Organizado por el NICH Belize. Renseignements : http://www.nichbelize.org/.
  8. IV Congreso Nacional de Estudiantes en Arqueología: Interdisciplinariedad y aportaciones a las diversas áreas culturales, jusqu'au 23 juin, Universidad Autónoma de San Luis Potosí y la Coordinación de Ciencias Sociales y Humanidades, San Luis Potosí.
  9. Cycle de conférences Iximche: arqueología e historia. Jusqu'au 8 août, Amigos del museo de Iximche. Renseignements : http://oralidadmaya.info/iximche .
Merci pour votre écoute et vos commentaires.
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samedi 23 juin 2012

Bande dessinée Ixtz'unun

Le quotidien guatémaltèque Prensa Libre propose une bande dessinée divertissante et divulgatrice. Intitulée Ixtz'unun (Colibri en maya), elle raconte la vie quotidienne d'une petite fille maya de 9 ans  sur le site de Zapote Bobal (dans le département du Petén).
Son auteur, Mélanie Forné, s'appuie notamment sur les résultats des fouilles archéologiques sur ce site. Si vous consultez le blog de Mélanie Forné, vous retrouverez pour l'heure 16 épisodes expliquant autant les rituels funéraires que les semailles, l'astrologie, le travail des scribes, le commerce, le jeu de balle, etc.

Pour l'heure, seize épisodes sont disponibles en format pdf. Chaque bande dessinée est accompagnée d'un guide pédagogique contenant des informations complémentaires sur le sujet concerné.

  1. Ixtz'unun en el palacio et son guide pédagogique
  2. Ixtz'unun en el mercado et son guide pédagogique
  3. Ixtz'unun y la pelota de hule et son guide pédagogique
  4. Ixtz'unun y la flor del huipil et son guide pédagogique
  5. Ixtz'unun sueña con el tecolote et son guide pédagogique
  6. Ixtz'unun artesana et son guide pédagogique
  7. Ixtz'unun perdida en el bosque et son guide pédagogique
  8. Ixtz'unun en un día Kej et son guide pédagogique
  9. Ixtz'unun y la estela et son guide pédagogique
  10. Ixtz'unun ¡es una colibrí! et son guide pédagogique
  11. Ixtz'unun el día de la quema et son guide pédagogique 
  12. Ixtz'unun se va de viaje et son guide pédagogique
  13. Ixtz'unun en la gran ciudad et son guide pédagogique 
  14. Ixtz'unun y el muñeco de jade et son guide pédagogique
  15. Ixtz'unun en la puerta de Xibalba et son guide pédagogique
  16. Ixtz'unun un nuevo comienzo et son guide pédagogique
La cible de cette BD est évidemment les jeunes. Mais les moins jeunes et les étudiants en espagnols seront ravis de trouver un matériel relativement complet, fiable et gratuit !!! Personnellement je suis devenu complètement mordu de Ixtz'unun ! Espérons qu'il y ait prochainement de nouveaux épisodes.
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vendredi 22 juin 2012

De la lecture tronquée des statistiques

La publication de statistiques officielles sur l'affluence des touristes dans la zone archéologiques mexicaines fait lieu d'une lecture raccourcie et biaisée de la part de l'INAH. Passons sur le fait que la publication n'est pas dénotée d'influence politicienne. Une fenêtre émergente sur le site de l'INAH (et d'autres sites gouvernementaux) nous rappelle

"... doit être suspendue la diffusion dans les médias de communication sociales de toute propagande gouvernementale. C'est pour cette raison que du 30 mars au 1er juillet inclus, l'accès aux sections contenant la diffusion de programmes, actions, travaux et réussite du gouvernement."
Cette publication est en contradiction totale avec la loi mexicaine. Car le tableau publié dans ce bulletin propose bien des chiffres lues de manière biaisée et partiale. A lire le titre, on pourrait croire que le nombre de visiteurs a augmenté partout, ce qui est loin d'être le cas. D'ailleurs le bulletin reconnaît qu'au total, de janvier à avril 2012, l'affluence de visiteurs nationaux et étrangers dans les sites archéologiques et les musées du pays s'est élevée à 6967166 de personnes, chiffre qui représente une baisse de 0.51 % par rapport à la même période pour 2011


Mais la baisse est encore plus significative quand on prend en compte uniquement les visiteurs en zone archéologique. Ce sont environ 400000 entrées nationales de moins soit 12,38 % de baisse pour seulement 1,47 % de hausse pour les visiteurs étrangers !  Pas aussi glorieux que le titre de la note veut bien le faire croire. Personnellement, je considère cette baisse comme une bénédiction: Alfredo Barrera Rubio, ancien délégué de l'INAH Yucatan, avait récemment mis en garde contre la surexploitation touristique des sites archéologiques yucatèques et les dégradations qu'ils subissent continuellement.

Prenons l'emblématique cas de Chichen Itza, un des sites les plus visités au Mexique avec Teotihuacan :  - 1,9 % de nationaux, -27,5 % d'étrangers si on compare avec la même période en 2011. Comment exliquer une telle baisse sur ce site ? Il ne fait aucun doute que la politique d'augmentation des tarifs imposée par CULTUR, polémique structure privée et publique dirigée par un proche de la gouverneure Ivonne Ortega (PRI), a atteint ses limites et a découragé plus d'un visiteur mexicain et étranger à payer 200 pesos par personne (environ 10 €) ! Imaginez une famille avec les parents et deux enfants plus les grands-parents, on atteint 1000 pesos (50 €) sans compter le parking, les restaurants et les souvenirs ! Il est évident que l'affluence vers des sites proches comme Ek Balam augmente, même si l'entrée à Ek Balam a elle aussi vu son prix croître. Mais cela ne permet pas une récupération. Curieusement le site de Coba, situé à 80 kms de Chichen Itza, a vu sa fréquentation étrangère augmenter de 35 % et la locale baisser de 26,4 %.

Pourquoi publier un article avec un titre aussi trompeur, voir mensonger ? Il est évident que les politiques et notamment le parti présidentiel se doivent de montrer des chiffres favorables quant à la fréquentation touristique afin de favoriser leurs candidats respectifs pour les élections générales (présidentielle et législative) qui auront lieu le 1er juillet prochain. Mais le détournement de la loi ne saurait être justifié.

Pour en savoir plus.
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jeudi 21 juin 2012

La coiffe de la discorde

Le chercheur français Patrick Johansson, enseignant à l'UNAM et grand spécialiste des peuples nahuas de l'époque préhispanique a-t-il raison de s'entremettre dans les relations diplomatico-culturelles entre le Mexique et l'Autriche ?


Réplique de la coiffe dite de Moctezuma.
Exposition Moctezuma : Tiempo y destino de un gobernante.
Photo : B. Lobjois prise le 14/07/2000. 

Petit rappel des faits. Le 5 novembre 1519, un acte notarié catalogue des présents faits par le huey tlatoani tenochca Moctezuma à Cortés. Parmi eux figure une coiffe de plumes vertes de quetzal. Cortés décida de l'offrirà son tour à Charles Quint, roi d'Espagne et souverain du Saint Empire romain germanique. Le Dr Johansson explique à juste titre que contrairement à ce que rapporte l'histoire officielle la coiffe ne fut pas volée. Johansson rappelle tout aussi justement que nous ignorons à quel moment exact cette cargaison de présents arriva en Europe.

Depuis l'indépendance du Mexique en 1521, la fameuse coiffe a eu don d'empoisonner les relations entre les deux pays. Le rapide passage au pouvoir de l'empereur Maximilien de Habsbourg aurait pu permettre un retour de l'artefact au Mexique: il n'en fut rien.

Le thème du retour de la "Coiffe de Moctezuma" a été reprise par les politiques de tous bords ensuite, notamment après la Révolution mexicaine. Le Partido Revolucionario Institucional en a fait un des symboles de la "mexicanité", l'histoire officielle se chargeant de dénaturer le cadeau en vol manifeste de la part des colons.

La pièce a également connu de nombreuses restaurations au cours des cinq derniers siècles, pas toujours avec succès. Des ajouts, des remplacements de plumes hasardeux ont considérablement modifié l'aspect originel de cette pièce.

Pour le professeur Johannson, la coiffe de Moctezuma est un symbole important de l'identité mexicaine, au même titre que la Vierge de Guadalupe. Selon lui, il est nécessaire que les plus hautes autorités de l'état mexicain, à savoir le gouvernement et le président de la République formule une requête officielle auprès de leurs homologues autrichiens afin d'en exiger le retour au Mexique. M. Johannson rappelle que depuis la présidence d'Ernesto Zedillo, dernier chef d'état appartenant au PRI qui a gouverné le pays pendant 70 ans, les autorités mexicaines n'ont pas renouvelé leurs exigences. Le PAN (droite catholique conservatrice) au pouvoir depuis 2000 a certainement également voulu rompre avec une tradition de son vieil ennemi politique. On sait combien le président Calderón s'est retrouvé fort embarrassé à fêter les personnages emblématiques de la Révolution mexicaine comme Pancho Villa ou Francisco Zapat, situés à l'opposé du dogme politique panista et ennemis déclarés des conservateurs d'alors.

C'est oublier quand même qu'un accord a été retrouvé ces derniers mois entre le Mexique et l'Autriche pour procéder à un échange temporaire de la fameuse coiffe et du carrosse de Maximilien de Habsbourg. Soit dit en passant, je doute que les Autrichiens attachent autant d'importance à ce carrosse que les Mexicains à une coiffe qui n'est plus la leur depuis presque 500 ans...

Un proverbe français dit: "Donner, c'est donner. Reprendre, c'est voler". Dès lors, eût égard aux arguments proposés par Johansson sur l'authenticité de la pièce et sur le fait qu'il s'agisse d'un cadeau, est-il bien raisonnable d'exiger le retour de ce qui a été donné ? N'y a-t-il pas des symboles dont l'authenticité prêtent moins à discussion et qui pourraient renforcer le sentiment de patriotisme si présent dans ce pays ?

Que dire du masque de Pakal, des danses du Venado ou des Viejitos ou encore de la Guelaguetza et de la gastronomie mexicaine ? Ces deux dernières sont classées au patrimoine de l'humanité de l'UNESCO et donne une place incroyable au Mexique dans le monde. La coiffe dite de Moctezuma, elle, n'en fait curieusement pas partie.

Et puis depuis que Louis XV a abandonné les terres de Nouvelle France aux Anglais, la France réclame-t-elle le retour du Québec en son sein ? Ou le retour du Saint Suaire ?

J'attire votre attention sur le fait que j'admire beaucoup le travail de Patrick Johansson: j'ai eu la chance de suivre une série de lectures qu'il a faites à l'Ecole pratique des hautes études sur invitation de Michel Graulich. Nous avons égrainé dans Raíces le contenu de chaque séance de son cours sur la mort proposé ces dernières semaines à l'UNAM.

Si vous passez par ou vivez à Mexico, un petit tour à l'Instituto de la Judicatura Federal situé sur Sidar et Rovirosa 236, Colonia Del parque, s'impose: demain Eduardo Matos Moctezuma donnera une conférence sur la coiffe de Moctezuma à 9 heures du matin.
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mercredi 20 juin 2012

Numérisation en trois dimensions de pièces préhispaniques

Sur son site internet, l'INAH nous informe de la mise en place d'une base de données 3D de différents artefacts en utilisant un procédé similaire à celui mis en place pour numériser in situ le monolithe de Tlaltecuhtli et ensuite le site préhispanique de Xochicalco, dans l'état de Morelos, recréant virtuellement dans le moindre détail de chaque pierre et chaque changement de terrain.


Photo: Guido Galvani et María Sánchez Vega - Proyecto Templo Mayor.
Disponible le 18/06/2012 sur : 

Dans le cadre du Proyecto Digitalización Tridimensional de Sitios y Artefactos Arqueológicos une équipe d'ingénieurs dirigée par Diego Jímenez Badillo, archéologue au Museo del Templo Mayor et titulaire d'un doctorat en Systèmes d'information géographique, et Salvador Ruiz Correa, chercheur au Centre de Recherches en Mathématiques de l'Universidad de Guanajuato, a effectué un lent et patient travail de scanner de 490 pièces de style dit "Mezcala" retrouvées lors des différentes campagnes de fouilles au Templo Mayor depuis 2010. Dûment documentées, ces objets ont subi un premier scanner qui a permis d'établir un "squelette" de chaque pièce avant qu'un second passage reproduise la texture avec une marge d'erreur de 0,003 mm d'épaisseur. Ensuite en apposant une série de photos, on reproduit les couleurs, teintes et grain de l'objet.

Les objectifs sont multiples. Dans un premier temps, un logiciel d'exploitation permet de reconnaître et classer les objets "Mezcala" en fonction de leur traits géométrique.  D'autre part, les chercheurs qui le souhaitent pourront ainsi à une banque de données en ligne sans avoir besoin de se déplacer et de manipuler les pièces.

Souhaitons que cette expérience soit généralisée à toutes les pièces du Museo du Templo Mayor, exposées au public ou mises en réserve. Souhaitons aussi que l'accès à cette base de données, comme celui de la numérisation des collections du Museo Nacional de Antropología, soit ouvert au public sans contrepartie, puisqu'il s'agit du patrimoine national mexicain.
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mardi 19 juin 2012

Arqueología mexicana Hors-série 44

Quand on voit le nombre de numéros de la revue de divulgation publiée par l'INAH, on peut se demander quel est l'intérêt d'un énième, hors-série qui plus est, sur les Mayas. Nul doute que l'aspect mercantiliste propre aux fausses prophéties y est pour quelque chose. Dès lors comment faire du neuf avec du vieux.


En effet, à bien y regarder les cartes, chronologies, figures sont des reprises de différentes numéros réguliers publiés depuis les débuts d'Arqueología mexicana. A priori, il n'y aurait donc aucun avantage pour le lecteur fidèle de la revue. En revanche pour le novice ou la personne en quête d'informatifs fiables et actualisés, ce hors-série se révèlera plus qu'utile.

D'une part le format adopté est quelque peu différent: il s'agit ni plus ni moins d'un abécédaire de termes et concepts touchant autant à l'architecture, à l'alimentation, à l'organisation sociale, à l'écriture, à la religion, aux mythes, aux manifestations artistiques, à l'urbanisme. Il remplit parfaitement son rôle introducteur à des lectures plus poussées et complète comme l'ouvrage coordonné par Nikolai Grube, Les Mayas, splendeur d'une civilisation, publié chez Könemann en 2000.

Pour plus d'informations sur ce hors-série, pensez à consulter l'index disponible sur la page officielle de la revue.
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lundi 18 juin 2012

Raíces 58 - Xalla et Teopancazco avec Linda Manzanilla Naim

Ce samedi, nous avons l’honneur et le plaisir de recevoir une sommité de l’archéologie mexicaine en la personne de Linda Manzanilla Naim, docteur en égyptologie à la Sorbonne, archéologue et responsable de fouilles sur le site de Teotihuacan depuis plus de 25 ans, récompensée à plusieurs reprises pour ses travaux. Elle est titulaire d’une chaire d’archéologie à l’Instituto deInvestigaciones Antropológicas de l’Universidad Nacional Autónoma de México depuis de très nombreuses années. Elle est également membre du Colegio Nacionalde México depuis 2007 et de l’Academia Mexicana de Ciencias. En 2003, elle est devenue la première femme mexicaine à devenir membre de l’Académie des Sciences aux Etats-Unis.

Comptant plus de 170 publications, Linda Manzanilla s’est montrée incroyablement patiente avec votre serviteur. Il était extrêmement difficile de déterminer un thème précis à aborder tant les expériences et les champs de recherches couverts par Linda Manzanilla sont divers. Je lui ai presque laissé les clefs du studio pour présenter ses fouilles et expériences en Turquie et en Egypte. Ensuite nous avons tenté d’orienter son intervention sur les travaux qu’elle dirige dans les complexes habitationnels de Xalla et Teopancazco à Teotihuacan.

Cet entretien a été enregistré le 13 juin 2012 dans les studios de Radio UdeM avec Sergio Becerra aux manettes. Il est disponible comme toujours sur les portails Soundcloud et Divshare.


En ce qui concerne les publications mentionnées dans la seconde partie du programme, elles sont disponibles ci-dessous.


Doménech-Carbó, María Teresa, María Luisa Vázquez de Agredos-Pascual, Laura Osete-Cortina, Antonio Doménech-Carbó, Núria Guasch-Ferré, Linda R. Manzanilla, Cristina Vidal-Lorenzo. 
2012. "Characterization of prehispanic cosmetics found in a burial in the ancient city of Teotihuacan", en Journal of Archaeological Sciences, 19: p. 1043-1062.


Manzanilla Naim, Linda
2011. Proyecto "Teotihuacan: Elite y gobierno. Excavaciones en Xalla y Teopancazco". Articulo para el Boletín del Consejo Nacional de Arqueología, documento pdf disponible el 17/06/2012 sur : http://www.arqueologia.inah.gob.mx/consejo/wp-content/uploads/2_manzanilla.pdf .

Pecci, Alessandra, Augstín Ortíz, Luis Barba et Linda Manzanilla
2009. "Distribución espacial de las actividades humanas con base en el análisis químico de los pisos de Teopancazco, Teotihuacan". En  VI  Coloquio  Bosch  Gimpera.  Lugar,  Espacio  y  Paisaje  en  Arqueología: Mesoamérica y otras áreas culturales, Edith Ortiz Díaz (ed.), Instituto de Investigaciones Antropológicas, UNAM: p. 447-472.
Manzanilla Naim, Linda

2008. "La iconografía del poder en Teotihuacan". En Símbolos de poder en Mesoamérica, Guilhem Olivier (ed.) Instituto de Investigaciones Históricas (Serie Culturas Mesoamericanas 5) e Instituto de Investigaciones Antropológicas, UNAM: p. 111-131.

Voici les pages à consulter pour les événements que nous avons commentés dans ce programme. 

III Congreso Internacional. Avances de las mujeres en las ciencias, las humanidades y todas las disciplinas: Ciencia, Sociedad y Tecnología: Desafíos y Alternativas, Universidad Autonóma Metropolitana, Campus Xochimilco, 20-22 juin 2012: http://mujeresenlasciencias.azc.uam.mx/index.php

Primer encuentro de arqueoastronomía en Guatemala, Campus Central, Universidad del Valle de Guatemala : http://www.uvg.edu.gt/arqueoastronomia

Conférence de Markus Eberl: Reyes mayas y buhos Guerreros : La gente común del Petexbatún. Museo Popol Vuh, Universidad Francisco Marroquín, La Antigua, 21 juin 2012 :

Pensez également à visiter l'expo sur les Masque sde jade présentées à la Pinacothèque de Paris: ce sont les derniers jours.

Nous attendons vos commentaires et réactions avec intérêt.
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jeudi 14 juin 2012

Découverte d'une tombe préhispanique à Poza Rica, Veracruz

La nouvelle n'a curieusement pas été relayée par l'INAH mais sur cette page internet, le centre INAH du Veracruz annonce la découverte d'une tombe préhispanique qui daterait . Ce sont les habitants d'un quartier de cette ville qui, au moment de commencer la construction d'une maison se sont retrouvés nez à nez avec des pièces en céramique de style huastèque ou totonaque.

Bien qu'en mauvaises conditions, les analyses préliminaires ont révélé qu'il s'agirait d'une femme enceinte enterrée en position foetale. Son âge n'a pas pu être encore déterminé. Elle aurait vécu vers 800 de notre ère, si on en croit la datation des céramiques qui l'accompagnaient comme offrande mortuaire.

Pour en savoir, lisez l'article publié sur le site Solución política.
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mercredi 13 juin 2012

L'aviculture, une coutume bien ancrée à Paquimé

Les archéologues Arturo Guevara et Nawa Sugiyama ont commenté la presse les résultats de différentes analyses effectuées sur les ossements d'oiseaux retrouvés à travers plusieurs campagnes de fouilles sur le site de Paquimé.

Elever des oiseaux n'est pas une chose unique dans le Mexique ancien. Il semblerait que ce fut dès le Classique ancien à Teotihuacan. Les chroniques espagoles nous explique comment le tlatoani Moctezuma disposait d'un parc animalier qui comptaient de nombreuses espèces animales importées, notamment des quetzals ou certains rapaces.
Une telle hypothèse pourrait paraître a priori farfelue si on prend le temps d'observer l'environnement hostile autour de Paquimé.

Certains indices permettent de soutenir d'un élevage aviaire à Paquimé. Plusieurs céramiques reprennent des motifs de perroquets (aras rouges et aigles). Mais il semblerait que certaines constructions aient également servis à l'élevage d'autres espèces. Selon Sugiyama les restes de quatres psitaciformes ont été retrouvés (ara militaire, perruche à bec de ciseaux, deux autres de loriquets). D'autre part les ossements de onze espèces falconiformes (allant de l'aigle au vautour), quatre espèces de strigidés (incluant chouettes et hiboux) et onze espèces d'oiseaux vivant en milieu lacustre ainsi que différents mammifères ont été inventoriés.

Cela a amené les archéologues et archéozoologues que ces animaux étaient probablement placés sous surveillance et avaient vécu entre 1250 et 1400 de notre ère. L'ara rouge était un oiseau à connotations solaires. Les os de dindon semble également indiquer qu'ils étaient utilisés lors de rituels sacrificiels.

Pour plus d'informations, nous vous invitons à lire le bulletin publié par l'INAH sur son site. 
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mardi 12 juin 2012

Fiches pour réviser

Imaginez que vous devez présenter un examen de connaissances sur les Mayas d'hier et d'aujourd'hui. Comment réviser de manière rapide et efficace ? Les anglosaxons utilisent fréquemment des flashcards, autrement la bonne vieille fiche de notes. En l'occurence sur un côté, on peut lire un concept, un nom, un site et de l'autre figure une définition que le futur candidat se doit de connaître !

Pour accélérer les choses et pour peu appréhender le monde maya, rien de mieux que de quelques fiches, même si celles-ci sont en anglais. 




Bonne révision !
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lundi 11 juin 2012

Exposition de l'enterrement de Kalom, Dzibilchaltún


En 1994, les archéologues dirigés par Rúben Maldonado découvraient les restes d’un dirigeant maya sur le site de Dzibilchaltun, situé à une dizaine de kilomètre au nord de Mérida, l’actuelle capitale du Yucatan. Lors de fouilles effectuées dans la chambre centrale de l’édifice 42 du site yucatèque, une urne funéraire et une vingtaine d’autres vaisselles furent retrouvées. Le contenu (cendres et ossements) permit d’identifier qui y reposait.


Structure 42, Dzibilchaltun, Yucatan.
Foto: M. Marat/INAH. 

Un petit os de cervidé, long d’une vingtaine de centimètres et cassé en quatre morceaux, fut notamment déposé sur les cendres d’un personnage : il comporte un texte formé de douze blocs de glyphes. Les premiers font référence au tipe d’objet (grattoir). Vient ensuite un premier signe à valeur phonétique, kalom : selon Maldonado, cela signifierait « celui qui ouvre » . Les trois autres signes u-ku-wi contiennent uk, qui peut être traduit comme pleurer, boire ou avoir soif et ferait référence à Chaak qui ouvre les nuages pour faire tomber la pluie. Enfin dans le texte, on retrouve le glyphe-emblème de Dzibilchaltun.



Os de cervidé scuplté de 12 glyphes, Structure 42,
Dzibilchaltun, Yucatan.
 
En visitant le musée archéologique du site de Dzibilchaltun que vous pourrez voir également un autre glyphe emblème sur la stèle 19 : le souverain y est représenté avec sa coiffe en forme du dieu Chaac et une série de glyphe indiquant le nom de Kalom ´Uk´uw Chan Chak dirigeants de Ch´iy Chan Ti Ho. Les vingt urnes qui accompagnaient Kalom U’kuw et le couvercle de l’urne qui contenaient les cendres sont également visibles.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le bulletin publié par l'INAH et jeter un coup d'oeil au diaporama disponible ici.
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dimanche 10 juin 2012

Raíces 57 - La mujer mexica avec Miriam López

Il y quelques mois, votre serviteur se retrouvait seul face au micro du studio 2 de Radio UdeM pour enregistrer un programme en l'honneur de la Journée internationale de la femme. A l'époque, je proposais une présentation générale sur la place de la femme dans les socíétés préhispaniques. N'étant pas un spécialiste, j'ai entrepris de contacter les personnes adéquates, en l'occurence Miriam Gallegos pour la femme maya et Miriam López pour la femme mexica.

Voilà pourquoi ce numéro de Raíces fait la part belle au "beau sexe" et revient sur la place et les responsabilités de la femme dans la société mexica. Nous avons également profité de l'occasion pour présenter le dernier ouvrage de Miriam, paru la semaine dernière et qui a pour titre "Mujeres divinas, mujeres terrenas".

Il est disponible sur Soundcloud.



Vous pouvez également le trouver sur Divshare.



Pour compléter ce programme, voici les liens qui y sont nommés. Commençons par les travaux coordonnés par Miriam López et María J. Ródriguez-Shadow.

Rodríguez-Shadow, María J. (coord.). (2007). Las mujeres en Mesoamérica prehispánica. Toluca: Universidad Autónoma del Estado de México. Documento pdf disponible el 2/06/2012 en http://ceam.mx/images/stories/articulos_pdf/biblioteca_virtual/publicaciones/genero_y_sexualidad_lopez_y_rodriguez_2011.pdf .

López Hernández, Miriam y María J. Rodríguez-Shadow (eds.). (2011). Genero y sexualidad en el México antiguo. Puebla: Centro de Estudios de la Antropología de la Mujer. Documento pdf disponible el 2/06/2012 en http://ceam.mx/images/stories/articulos_pdf/biblioteca_virtual/publicaciones/genero_y_sexualidad_lopez_y_rodriguez_2011.pdf .

López Hernández, Miriam y María J. Rodríguez-Shadow (eds.). (2011). Las mujeres mayas en la antigüedad. Documento pdf disponible el 2/06/2012 en http://www.ceam.mx/images/stories/mujeres_mayas.pdf .

Pensez à consulter le site de Miriam López pour en savoir un peu plus sur son dernier ouvrage: http://www.miriamlopezhernandez.com .

En ce qui concerne les événements de la semaine, consultez les liens suivants.

Les secrets de la civilisation maya, Musée canadien des civilisations, Gatineau, Québec Del 18 de mayo al 28 de octubre 2012. http://www.civilisations.ca/maya/

Aztec to Zapotec II: Selections from the Ancient Americas Collection, Orlando Museum of Art, Florida : http://www.omart.org/exhibitions/aztec-zapotec-ii .

1er Congreso de Epigrafistas Mayas, Universidad del Oriente, Valladolid, Yucatán, du 11 au 15 de juin 2012 : http://discovermam.org/2012/04/11-ajaw-3-wo-april-25-2012-announcement-congress-of-maya-epigraphers-the-legacy-continues/#more-665

Cours de lengua ch'ol, avec le Dr Juan Jesus Vázquez du 18 au 29 de juin De 10 a 14 h, Instituto de Investigaciones Filologicas, UNAM, Aula 4, renseignements:  iifldifusión@unam.mx ou http://filologicas.unam.mx .

Cours de nahuatl,

Bonne écoute... Laissez-nous vos commentaires et suggestions. 






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vendredi 8 juin 2012

Cartographie des sites mayas

Sur le site Maya GIS, vous pouvez retrouver des éléments de curiosité ou de travaux (selon que vous soyez amoureux de l'ancienne civilisation maya ou chercheur) D'une part, vous pouvez télécharger un fichier .kmz à ouvrir sous le programme Google Earth. Vous pourrez ainsi retrouver pas moins de 6000 sites répartis selon trois catégories d'importance, datés de février 2010. 

Clifford Brown, chercheur à l'Université de Tulane en Louisiane, et Walter Witschey, professeur d'anthropologie à l'Université Lognwood en Virginie ont mis à profit leurs expériences, respectivement dans le domaine militaire et dans l'informatique, pour utiliser des données pour situer par satellite différents sites mayas. 

Ils ont ainsi pu fournir au public une série de cartes statiques de haute résolution: 

  • La plus volumineuse occupera 88 Mo sur votre DD ou votre USB. Elle date de 2008.
  • D'autres plus anciennes sont encore disponibles.
D'autre part, ils ont une vision incluante de leur projet en proposant à tout un chacun d'apporter de nouvelles données. Attention toutefois à bien respecter le droit d'auteur en citant les auteurs de ces documents...
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jeudi 7 juin 2012

Etudes biochimiques sur des couteaux d'obsidienne

Sur son site, l'INAH a publié un bulletin résumant une série d'analyses chimiques effectuées sur des couteaux d'obsidienne retrouvés sur le site archéologique de Cantona, au Puebla.

La restauratrice Luisa Mainou a procédé à différentes études sur un lot de 31 couteaux en obsidienne originaire du site poblano de Cantona. Elle a notamment retrouvé les traces des cellules sanguines humaines minéralisées à la surface des lames. Pour entrer dans le détail, la chercheuse a employé un bistouri pour chaque couteau d'obsidienne afin de prélever une quantité infinitésimale de tissus à la surface pour le passer sous le microscope électronique à balayage.

Elle a pu ainsi observer des globules rouges au stade de minéralisation, précédant celui de fossilisation et confirmer ainsi l'utilisation des lames d'obsidienne lors de sacrifices humains, confirmant ainsi une première observation faite en 1991 sur une lame.
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mercredi 6 juin 2012

L'archéologie en temps électoral

Si vous n'êtes pas au courant, les Mexicains vont se déplacer aux urnes pour des élections générales le premier juillet prochain. On renouvellera maire, députés locaux et fédéraux, sénateurs et surtout le président. Il est bon de rappeler qu'au Mexique, on ne peut être réélu pour le même poste. Cette mesure démocratique héritée de la Révolution de 1910 et du slogan antiréelectioniste de Francisco Madero n'en demeure pas moins illusoire: nombreux sont ceux qui abandonnent leur poste quelques mois avant la fin de leur mandat pour se préparer à un nouveau scrutin pour un autre poste ou dans un autre état.

Il n'en reste pas moins intéressant de savoir comment se développeront les projets archéologiques en cours au Mexique dans les prochains mois. L'avenir ne s'annonce guère brillant. Contraint au blackout et à la neutralité, les dépendances gouvernementales tournent au ralenti depuis plusieurs semaines. Les cours et les expositions se raréfient. Les crédits pour les grands projets s'achèveront cette année: c'est notamment le cas du Projet Templo Mayor et des fouilles entreprises depuis 2006 à l'emplacement du monolithe de Tlaltecuhtli.

A son arrivée au pouvoir, le président Calderon avait promis l'ouverture de 12 nouveaux sites archéologiques pour 2012. Qu'en est-il ? S'il semblerait que cet objectif soit atteint, on peut être sceptique sur la volonté des quatre candidats pour la magistrature suprême mexicaine. Ni Enrique Peña Nieto (candidat centriste du Partido de la Revolución Institucional resté 70 ans au pouvoir jusqu'en 2000 et favori des sondages truqués de l'agence Mitofsky), ni Joséfina Vázquez Mota (candidate conservatrice du Partido Acción Nacional), ni Andrés Manuel López Obrador (candidat de gauche du Partido de la Revolución Democrática), ni Gabriel Quadri Torres (candidat du centre-gauche du parti Nueva Alianza) n'ont pris d'engagements ou même évoqué le problème de la conservation et de la protection du patrimoine historique et archéologique mexicain. De la même manière, ils se sont bien gardés d'évoqué l'avenir des différents ethnies qui peuplent le Mexique.

Dès lors que penser de ce vide culturel dans la campagne présidentielle mexicaine ? S'agit-il d'un manque d'intérêt pour le patrimoine et sa valorisation à échelle internationale ? S'agit-il d'un manque d'information sur les dangers que ce patrimoine court face aux ambitions d'un certain nombre de promoteurs et de politiciens véreux ?
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mardi 5 juin 2012

Restauration de peintures rupestres dans l'état d'Hidalgo

Sur le site de l'INAH, on nous présente une ambitieuse campagne de préservation et de restauration. Suite à la construction du barrage El Yathé dans la vallée de Mezquital, décision a été prise d'extraire trois panneaux de peinture rupestre de leur site pour les envoyer aux laboratoires de conservation et restauration.

Actuellement 80 % de ces travaux ont été effectués et permettront prochainement d'exposer ces blocs de roche basaltique dans un musée ou lors d'une exposition itinérante.

Pour une présentation complémentaire, vous pouvez également consulter le bulletin officiel, observer un diaporama et regarder une vidéo qui résume l'information.

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lundi 4 juin 2012

Nouvelles découvertes à Chalcatzingo, Morelos

Après de spectaculaires découvertes de différents monolithes de style olmèque sur le site de Chalcatzingo l'année dernière, les archéologues de l'INAH continuent leurs prospections et enchaínent les inventions de nouveaux vestiges. C'est ainsi qu'on peut lire une note sur le site de l'INAH rapportant la récente découverte d'une stèle, d'un autel et de deux offrandes.

En ce qui concerne l'autel, son iconographie est très semblable à celle d'autres monuments (1, 9, 13 et 36). De forme rectangulaire, mesurant 50 cm de long pour 40 de hauteur, il a été préalablement daté entre 500 et 800 avant notre ère. Dans le diaporama mis en ligne, on peut notamment observer la présence du glyphe de jade, symbole de la pluie, sur la partie supérieure de l'autel.

À quelques mètres sur la même plateforme (PC4), les archéologues dirigés par Carolina Meza Rodríguez ont déniché une stèle inachevée d'1,70 m de haut sur 60 cm de large. A première vue, elle serait contemporaine de l'autel.

D'autre part des travaux de restauration sur les marches ouest de la Structure 2 (autel) ont permis la découverte d'un enterrement double avec 6 vaisselles qui ont servi d'offrandes. Selon certaines analyses, les deux corps ont été déplacés de leur sépulture originale à cette cache située sous l'autel, aux parois en maçonnerie et couverte de plusieurs plaques en pierre taillée. Les 6 vaisselles auraient contenu des matériels organiques qui n'ont pas survécu au passage du temps. Cependant les céramologues devront confirmer la datation de ces céramiques: une première estimation les confine au Postclassique ancien (soit entre 1000 et 1200 de notre ère). Cela peut paraître curieux dans la mesure où Chalcatzingo s'est surtout développé au Préclassique moyen.


Une seconde offrande a été localisée dans un ensemble résidentiel situé à 300 mètres du centre cérémoniel : elle est composée de nombreux noyaux d'obsidienne, une pierre peu observée sur ce site, et correspondrait au Préclassique moyen, soit entre 800 et 500 avant notre ère. Les archéologues n'excluent pas l'idée de l'existence d'un atelier de taille d'obsidienne puisqu'ils avaient retrouvée des déchets de taille près de la stèle 19 il y a trois ans.

Vous pouvez retrouver le bulletin complet sur le site de l'INAH. Un diaporama est également mis à la disposition du lecteur ici.
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dimanche 3 juin 2012

Raíces 56 - Exposition Indumentaria mexicana

A Monterrey, une nouvelle exposition a été récemment inaugurée au Museo del Noreste. Elle a pour thème les traditions vestimentaires mexicaines. Ce sont 82 costumes traditionnels qui sont ainsi présentés au public pour avoir une meilleur perception des cultures qui peuplent le Mexique. Le commissaire de l'exposition, Octavio Murillo Álvarez de la Cadena, a organisé une muséographie en 5 temps:

  1. Mexique naturel où le visiteur appréhende la relation privilégiée des peuples autochtones avec la nature
  2. Mexique divers où on présente la richesse linguistique de ce pays et comment la langue sert à véhiculer la conception du monde
  3. Mexique réel où un regard critique est posé sur la condition des peuples indiens du Mexique
  4. Mexique artistique où on présente comment les mythes prennent vie et forme à travers les matières et les couleurs.
  5. Mexique infini où on explique la pensée et la conception du monde selon les peuples indiens du Mexique.
Pour une description complète de l'exposition, vous pouvez consulter les sites suivants :
Sur ce dernier site on retrouve notamment des passages d'un classique : Mapelli Mozzi, Carlotta. (1965). El traje indígena en México. Dibujos de Teresa Castelló Yturbide. México: INAH.


Ce programme a été enregistré dans les studios de Radio UdeM le 30 mai 2012, édité par Sergio Becerra et émis le 2 juin dernier. Il est disponible sur Soundcloud pour les 4 prochaines semaines et ajouté dans la liste de lecture préparée sur Divshare.


Raíces 56 - 02062012 by Mexique Ancien






Pour compléter cette incursion dans les traditions vestimentaires mexicaines, nous vous recommandons la consultation de différents numéros de la revue Artes de México:
  • Núm. 77-78: Indumentaria mexicana
  • Textiles mazahuas
  • Textiles de Chiapas
  • Textiles de Oaxaca
  • El rebozo
Voici également quelques liens évoqués dans la dernière partie du programme :

En ce qui concerne les événements institutionnels : 
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