lundi 30 juillet 2012

Du matériel lithique retrouvé à Campo Viejo, Veracruz

Des fouilles de sauvetages entreprises par l'INAH ont permis de découvrir des vestiges préhispaniques dans un terrain situé à Mahuixtlan, près de Coatepec dans l'état de Veracruz.

D'après les premiers éléments retrouvés par une équipe d'archéologues présente sur le site depuis sept mois, ils pourraient de vestiges probablement liés au site voisin de Campo Viejo situé à 4 km de distance. L'archéologue en charge du projet, Luis Espinoza García, a indiqué que ce site avait connu une occupation importante à la charnière entre Préclassique récent et Classique Ancien.

Les fouilles ont notamment révélé la présence de murs formés de pierrees taillés datant de l'époque ancienne de Campo Viejo, entre 100 avant notre ère et 200 après Jésus Christ. Il est probablement que l'unité qui s'est développée à Mahuixtlan soit en fait un satellite de Campo Viejo.

D'autre part une offrande comptant pas moins de 70 pièces en obsidienne et un fragment de pendant d'oreilles a été retrouvé sur les restes carbonisés d'un animal ou d'un être humain. Les première analyses ont permis de tracer la provenance de ces lames : elles viennent du Cerro de las Navajas, situé à plusieurs centaines de kilomètres dans l'état d'Hidalgo.


Les restes d'un temazcal, orienté vers le volcan Pico de Orizabal, ont également été retrouvés. Cependant l'identification à une tradition culturelle reste impossible, quand bien la région ait été totonaca au moment du contact.

Pour en savoir plus sur cette découverte, nous vous invitons à lire le bulletin en espagnol disponible sur le site de l'INAH et à regarder la vidéo ci-jointe.
Partager

dimanche 29 juillet 2012

Raíces 62 - La folie chez les anciens Nahuas

Jaime Echeverría García est un invité au parcours polymorphe: il a étudié l'archéologie puis la psychologie avant de revenir à ses premières amours et de rédiger actuellement une thèse de doctorat à l'UNAM. Qui plus est, Jaime Echeverría s'est attelé à l'étude de thèmes qui seraient plutôt propres à l'anthropologie sociale: la peur, l'altérité et la folie sont en effet des domaines peu explorées, moins encore quand il s'agit d'un groupe préhispanique comme les Nahuas.

Voici donc le résultat de notre entretien, enregistré le 26 juillet dernier dans les studios de Radio UdeM, mixé par Sergio Becerra et présenté par votre serviteur. Voici le fichier disponible sur Soundcloud en format html5 et flash.





La liste complète des programmes est disponible également sur notre page spéciale.


Vous pouvez consulter les références bibliographiques suivantes pour en savoir plus sur le thème d'aujourd'hui. Pensez à consulter la page de Jaime Echeverria: http://jaimeecheverriagarcia.weebly.com.

Echeverría García, Jaime.
2004 “La locura entre los mexicas” en Diario de Campo, vol. 72, diciembre, pp. 34-39. Disponible el 25 de julio del 2012 en : http://jaimeecheverriagarcia.weebly.com/uploads/1/1/7/7/11770238/locura_mexicas_diario_de_campo_2004.pdf.
2005 “Los conceptos de locura entre los antiguos nahuas” en Diario de Campo, vol. 76, mayo, pp. 57-62. Disponible el 25 de julio del 2012 en : http://jaimeecheverriagarcia.weebly.com/uploads/1/1/7/7/11770238/conceptos_locura_nahuas_diario_de_campo_2005.pdf.
2008 “La locura y su causalidad entre los nahuas: pasado y presente” en Cultura y desorden mental. Miradas desde la etnopsiquiatría y el etnopsicoanálisis, Francisco de la Peña M. (coordinador), INAH, ENAH, CONACULTA, México, pp. 11-28. Disponible le é- juillet 2012 sur http://jaimeecheverriagarcia.weebly.com/uploads/1/1/7/7/11770238/echeverria_locura_y_causalidad_2008.pdf
2012a. Los locos de ayer. Enfermedad y desviación en el México antiguo. Toluca: Instituto Mexiquense de Cultura.
2012b. Extranjeros y marginados entre los mexicas. Editorial Cacciani.
López Austin, Alfredo.
1984. Cuerpo humano e ideología. México: UNAM.
Martínez González, Roberto.
2011. El nahualismo. México: Universidad Nacional Autonóma de México.
Romero, Laura 2006. Cosmovisión, cuerpo y enfermedad: el espanto entre los nahuas de Tlacotepec de Díaz, Puebla. Colección Obra Diversa, México, Instituto Nacional de Antropología e Historia.

Voici la liste des liens à consulter pour compléter l'écoute de ce programme.
Expositions : 
México multicultural: Joyas de la indumentaria indígena. Museo del Noreste, Monterrey, N.L. Du mardi au dimanche, de 10 à 18 heures. http://www.3museos.com.
Les secrets de la civilisation maya. Musée canadien des civilisations, Gatineau, Québec Jusqu'au 28 octobre 2012. http://www.civilisations.ca/maya/.

Informations :
Découverte du Temple du soleil nocturne à El Zotz, Guatemala : Mexique ancien.
Découverte d'un barrage à Tikal, Guatemala : Mexique ancien.

Evénements académiques :
Diplôme Mesoamerica au Museo Nacional de Antropología, organisé par l'Instituto de Investigaciones Antropológicas à partir du 6 août.
Homenaje à David Grove: Chalcatzingo a 80 años de su descubrimiento, 1-3 août, Ex-convento deTepoztlan, Morelos.

Partager

samedi 28 juillet 2012

Quelques outils basiques pour apprendre l'épigraphie maya

Profitons du calme régnant dans le milieu archéologique mésoaméricain pour approfondir nos connaissances. Lorsqu'il m'a fallu préparer mon cours sur les Mayas pour le Museo de Historia Mexicana de Monterrey, je devais trouver des dynamiques amusantes et accessibles à un public hétéroclite mais avide de connaissances.

Je ne suis pas à proprement parler un mayiste et encore moins un épigraphiste. En France, nous disposons d'excellents chercheurs dans ce domaine comme Ramzy Barrois. En Europe en général, nous disposons d'excellent spécialistes comme Erik Boot, Nikolaï Grube ou Sven Gronemeyer. De l'autre côté de l'océan, l'école américaine n'est pas en reste si on considère des personnalités comme Stephen Houston, David Stuart, Mark Van Stone et consorts. Même chose au Mexique où un chercheur comme Erik Velazquez fait figure d'autorité, tout comme Guillermo Kantun ou Manuel Chavez.

Pour en revenir à nos moutons, j'ai été confronté au besoin d'enseigner rapidement à mes étudiants les glyphes-emblèmes, ceux des calendriers, certains glyphes-titres et quelques actions... Comment faire alors que je n'avais que des connaissances que limitées. Comme dit l'adage : "C'est en apprenant qu'on enseigne". Où pouvais-je trouver des références qui puisse m'expliquer simplement ce que j'allais devoir moi-même enseigner ensuite ? Mes premières recherches sur la Toile m'ont rapidement conduit à deux sites que je connais et qui sont référencés dans la section Investigations de ce carnet : FAMSI et WAYEB.

En fouillant les différentes ressources pédagogiques disponibles gratuitement sur les deux sites, je suis tombé sur plusieurs ouvrages anglophones disponibles gratuitement en format pdf. A la fin de chaque référence, vous trouverez une notation allant du plus accessible au plus difficile.
Etant donné mes besoins pour le cours, je me suis surtout reporté sur les ouvrages de Mark Pitts et d'Inga Calvin, qui sont des adaptations et des versions simplifiées d'ouvrages plus complexes. Ils forment une excellente mise en jambe avant de s'attaquer à des travaux plus complets et plus conséquents. 

Et vous, chers lecteurs, que recommanderiez-vous ?

Partager

jeudi 26 juillet 2012

Rififi à l'INAH

Depuis quelques jours une (bonne) surprise attend les visiteurs du Museo Nacional de Antropología à Mexico. Différents syndicats de chercheurs et d'enseignants de l'INAH occupe l'entrée et les guichets du musée. Le visiteur (mexicain ou étranger) peut donc accéder gratuitement à toutes les salles du musée. Mieux encore: les archéologues, historiens et autres ingénieurs de recherche vous feront visiter gratuitement le musée. Imaginez-vous en train de visiter gratuitement le Louvre avec un titulaire de chaire d'histoire de l'art à la Sorbonne ! Bonus, certains livres publiés par l'INAH sont même offerts aux visiteurs ! 

Mais d'où vient cet élan de générosité ?

Sur Facebook, les comptes Académicos INAH et Investigadores INAH ont publié dans plusieurs langues (français, allemand, anglais, italien et espagnol) le texte qu'ils distribuent à l'entrée du MNA. Les personnes directement mis en cause par les manifestants sont le directeur de l'INAH, le Dr Alfonso de Maria y Campos Castelló
 et la coordinatrice du Consejo Nacional de Antropología et chargée du Projet Monte Alban, l'archéologue Nelly Robles restent muets, attendant probablement que l'orage passe.

Les accusations sont graves. Selon le tract, la Dr Robles et le CNA auraient autorisé :
  • la construction d'un musée de site directement sur une structure préhispanique du site de Tzintzuntzan au Michoacan, en se basant sur le simple que des fouilles de sauvetages avaient été préalablement effectuées. Or la loi mexicaine est stricte: rien ne peut être construit sur des vestiges anciens. A titre de comparaison, on pourrait imaginer que l'état français décide de construire un musée à l'intérieur des arènes de Lutèce.
  • l'aménagement de cafétérias, de parkings et leur concession à des entreprises privées sur l'emplacement des forts Loreto et Guadalupe, hauts lieux de la résistance mexicaine lors de l'Intervention française au Mexique.
Une conférence de presse avec les manifestants a eu lieu au MNA le 24 juillet, expliquant les enjeux de cette occupation du musée. Les employés des centres INAH de province rejoignent progressivement le mouvement, comme lors des manifestations contre les concerts à Chichen Itza ou contre le projet de spectacle son et lumière à Teotihuacan. Ils exigent notamment de discuter directement avec le ministre mexicaine de l'éducation nationale, supérieur M. de Maria y Campos et de Mme. Robles.

Il convient cependant de noter que plusieurs chercheurs appartiennent à la Section 10 du Syndicat National des Travailleurs de l'Education, ce dernier étant à la botte de Mme Elba Esther Gordillo, dirigeante autocrate de ce syndicat depuis près de 30 ans, qui fait et défait les élections mexicaines grâce à ses réseaux et et qui s'oppose à une réforme fondamentale de l'éducation et du statut des personnels enseignant. Bien qu'elle le nie, la famille de Mme. Gordillo est notamment directement impliquée dans le parti Nueva Alianza, parti d'opposition. Au-delà de la légitime défense du patrimoine mexicaine, il ne fait nul doute que cette manifestation est également politique. Personne dans cette histoire n'est donc blanc ou noir... J'insiste également sur le fait que la défense du patrimoine mexicain dépasse les clivages politiques et concerne TOUS les Mexicains.

Face à cette occupation, la Dr Diana Magaloni, directrice du MNA, reste prudente et ne semble pas avoir fait de déclaration officielle sur le sujet. Les manisfestants seront probablement délogés aujourd'hui pour l'inauguration d'une exposition temporaire sur les samourais japonais.

Si les jours de M. Alfonso de Maria y Campos Castelló
 sont de toute manière comptés, rien ne laisse penser que la future administration Peña Nieto nomme la personne adéquate à la direction de l'INAH, ni ne propose une véritable politique de développement de l'INAH. La culture ne fait pas partie du (pseudo-programme) du président élu de manière controversée le 1er juillet dernier : son épouse est une ancienne actrice de feuilletons de bas gamme et lui-même n'a pas été capable de citer trois livres qui ont marqué sa vie lors du dernier Salon du Livre de Guadalajara. Sans oublier le projet de spectacle son et lumière que M. Peña Nieto avait presque fini d'imposer à Teotihuacan à la fin de la décennie précédente lorsqu'il était gouverneur de l'Etat de Mexico.


Rien ne filtre sur le site de l'INAH ni sur les comptes Twitter des différents centres INAH présents dans chaque état de la fédération mexicaine. Silence assourdissant que les médias mexicains relient timidement comme El Informador ou La Jornada.
Partager

mercredi 25 juillet 2012

Sur le barrage maya de Tikal, Guatemala

Sur le site anglophone Phys.org on peut lire le résumé d'un article collectif intitulé "Water and Sustainable Land Use at the Ancient Tropical City of Tikal, Guatemala". Il est l'oeuvre d'une équipe d'archéologues de l'University of Cincinatti, de l'University of Texas at Austin et de l'Universidad de San Carlos au Guatemala. Parmi les auteurs on retrouve notamment Vernon Scarborough et Liwy Grazioso. L'article, déposé en février 2012 est disponible dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (payant comme trop souvent).

Après 40 ans d'absence, une équipe américano-guatémaltèque a été formée en 2009 pour développer un projet de fouilles sur le site maya de Tikal. Ce site qui a connu une occupation connue entre le Préclassique moyen et le Classique tardif a connu un développement urbanistique et démographique de première importance: on parle d'un territoire couvrant plus de 140 km2 et on estime que la population ait pu atteindre les 80000 habitants ! Par conséquent, il est évident que les besoins en ressources naturelles pour alimenter la ville était primordiaux, notamment en eau.

Dès lors, c'est un concours de créativité et d'ingénierie qui semble avoir eu lieu dans la ville afin de récupérer la majeure quantité du précieux liquide. La construction d'un barrage révèle bien le besoin accru et permanent en eau, en particulier pour éviter les épisodes de longue sécheresse. Second par la taille en Mésoamérique, celui de Tikal présente la particularité d'avoir un chemin qui reliait les deux parties, le même qui est emprunté par les touristes qui visitent le site archéologique aujourd'hui. Il recueillait les eaux qui s'écoulaient depuis différentes surfaces stuquées dans le centre de la ville. De fait elles étaient également dirigées vers différents réservoirs artificiels.

Les canalisations étaient coupées par des "boîtes de sable" qui filtraient l'eau de ses impuretés et la rendre potable. Les habitants de Tikal devaient parcourir 30 kilomètres pour se procurer ces sables de quartz, montrant ainsi la valeur qu'ils attribuaient à l'eau. Un ingénieux système de canalisations permettait enfin d'irriguer les parcelles à cultiver. Ce système a permis d'alimenter la ville jusqu'au IXe siècles quand des sécheresses plus longues ont mis à mal la zone maya.

Il y a quelques années, des archéologues avaient mis au jour un système d'eau sous pression à Palenque, le premier découvert sur tout le continent américain. Cela en dit long sur la conception de l'urbanisme selon les anciens Mayas.

Comme l'explique très bien l'archéologue américain Michael Smith dans un billet publié sur son carnet Publishing Archaeology, si les réservoirs de Tikal sont connus depuis longtemps et si cette étude propose une meilleure compréhension du système d'approvisionnement en eau de la ville de TIkal, l'argument d'un modèle de développement durable pose quelque peu problème. Comme le dit l'astrophysicien canadien Hubert Reeves: " En science comme ailleurs, l’inertie intellectuelle, la mode, le poids des institutions et l’autoritarisme sont toujours à craindre." Smith ne rejette pas complètement cet hypothèse mais il estime qu'il faudrait davantage de données et des cas similaires pour la valider définitivement.
Partager

lundi 23 juillet 2012

Arqueología Mexicana 116

Dans ce billet, je vous propose de faire un petit tour de la revue de divulgation de l'INAH. Ce-mois c'est la grand-place de Mexico qui est mise à l'honneur. Le Zocalo de Mexico, appelé également Place de la Constitution est un espace politique, historique et social de premier ordre sur le continent amércain. Ce numéro est donc placé sous le signe de l'histoire et de l'évolution physique et symbolique du Zocalo.


Un premier exercice d'Eduardo Matos Moctezuma revient sur les différents monolithes qui furent retrouvés à cet endroit à travers le temps. Car l'archéologie montre qu'il n'y avait pas de monuments de taille importante à l'époque préhispanique.

Dans un article écrit à quatre mains avec Leonardo López Luján, Matos Moctezuma rapporte l'étrange destin de la Pierre peinte, un monument dûment peint et illustré par différents explorateurs et voyageurs. Les auteurs estiment pour leur part que son existence est plutôt une invention d'Isidro Gondra.

Ensuite l'historien Antonio Rubial García nous décrit la grand-place de Mexico pendant les deux premiers siècles de la Colonia espagnole. Elle sert notamment de marché où sont vendus aussi bien produits de consommation courante que de luxe ou esclaves. La grand-place est aussi un lieu de fêtes taurines où une arène temporaire était levée. C'est également un lieu de revendications et de révoltes à l'époque vice-royale. La justice y voyait l'expression de ses verdicts sous forme de condamnation publique.

Salvador Rueda Smithers, directeur du Musée d'histoire de Chapultepec, revient pour sa part sur la vie quotidienne sur la grand-place à travers l'analyse du toile attribuée à José Antonio Prado.

Suit une participation d'Angeles González Gamio sur l'origine du nom Zocalo. C'est en 1803 qu'une statue équestre du roi espagnol Charles IV est élevée sur un socle en marbre. Elle y restera jusqu'en 1823, peu après l'avénement d'un Mexique devenu indépendant.

Au moment de l'Indépendance, le Zocalo devient Place de la Constitution où défile l'armée d'Iturbide et Guerrero. Le même Iturbide se fait ensuite couronner empereur en 1822 avant d'être battu. Puis Guadalupe Victoria utilise cet endroit pour officialiser l'abolition de l'esclavage en 1827.

Un dernier article montre l'évolution architecturale du Zocalo durant les deux derniers siècles et comment une place copieusement arborée a peu à peu laissé place à ce que les defeños appellent "La Plancha" et où se dresse le mat qui porte le drapeau tricolrore frappé de l'aigle tuant le serpent.

Parallèlement à ce dossier, le lecteur pourra retrouver une troisième article d'Eduardo Matos Moctezuma: dans le cadre de la série sur les mythes et légendes de la Conquête, l'archéologue mexicaine revient sur la puissance militaire de l'envahisseur espagnol et son présumé faible numéro de soldats. La réalité est tout autre...

De son côté, Xavier Noguez fait un retour sur les vignettes qui illustrent l'oeuvre de Diego Duran. Dans la section Archéologie, on peut profiter d'une présentation complète de l'équipe du PAU sur les espaces actuellement fouillés aux alentours du Templo Mayor (Cuauhxicalco et sol incrusté de pierres sculptées).

Pour les passionnés d'archéozoologie, on lira avec intérêt l'article sur le régime alimentaire des mammouths du Mexique. Un dernier papier à teneur ethnologique établit des parallélismes intéressants entre le pow wow de certains groupes amérindiens d'Amérique du Nord avec le mitote encore effectué dans l'ouest du Mexique.

A dans deux mois pour parler du prochain numéro sur des fouilles à Cacaxtla.
Partager

dimanche 22 juillet 2012

Raíces 61 - L'offrande 141 du Templo Mayor avec Alejandra Aguirre

Ce programme marque le début de la troisième saison de Raíces. Après quinze jours de vacances bien méritées, nous sommes de retour pour vous présenter l'anthropologie mexicaine avec ses chercheurs, étudiants, diffuseurs et divulgateurs. Cette semaine, j'ai voulu partager un petit souvenir de vacances: votre serviteur a pu voir l'offrande 141 du Templo Mayor de Tenochtitlan en compagnie d'une archéologue assignée précisément à son enregistrement: Alejandra Aguirre. Collaboratrice du Proyecto Templo Mayor dirigé par Leonardo López Luján, Alejandra prépare actuellement une thèse de doctorat en études mésoaméricaines à l'UNAM: elle étudie les couteaux de silex personnifiés et ornés appelés ixquauac.

Voici le podcast du programme 61, disponible sur Soundcloud.



Si vous souhaitez réentendre tous les épisodes de Raíces depuis le début, voici une liste de lecture disponible sur Divshare.


Nous avons enregistré cet entretien le 19 juillet dernier dans les studios de Radio UdeM, avec le soutien technique de Sergio Becerra. 

Pour compléter ce programme, nous vous recommandons de consulter la référence suivante.

López Luján, Leonardo (coord.). 2012. Humo aromático para los dioses: una ofrenda de sahumadores al pie del Templo Mayor de Tenochtitlan. INAH : Mexico.

En ce qui concerne les événements suivants, vous pouvez cliquer sur les liens suivants :

Nouvelles archéologiques :
Cours et diplômes :
Expositions :
Évènements académiques :
  • Religión mesoamericana: cultura nahuatl, conférence de Berenice Alcantara 24 et 26 de julio de 2012, de 18 à 19 heures Instituto de investigaciones Filológica, Mexico ;
 Laissez vos commentaires et suggestions en dessous de ce billet...
Partager

samedi 21 juillet 2012

Un édifice funéraire retrouvé à Atzompa, Oaxaca

Les archéologues pensait jusqu'à présent qu'Atzompa était un petit site satellite de la grande Monte Alban. Force este de constater que ce statut a tendance à évoluer depuis quelques mois. En janvier dernier, nous rapportions la découverte d'un four pour céramiques, montrant la fonction principale de ce site. Déjà en 2009, la mise au jour de différents terrains de jeu de balle sur le site interrogeait les chercheurs.

La récente publication d'une note sur le site de l'INAH conforte ce questionnement plus qu'il ne le résout. Dans le cadre du projet dirigé par la Dr Nelly Robles, les archéologues Enrique García et Jaime Vera fouillent quelques temps l'édifice 6, situé sur la partie nord de la Place B. Ses dimensions atteignent 18,6 m de long pour 24,5 m de profondeur et 6,6 m de haut. Il est adossé à un autre édifice appelé Maison des Autels, très probablement, un résidence réservé à l'élite du site.

C'est en avril dernier que les chercheurs ont détecté la présence de trois chambres funéraires disposés verticalement, l'une sur l'autre. La surprise est que ces tombes sont situés au-dessus du niveau du sol, patron jamais observé jusqu'alors dans la région de Monte Alban.

La chambre 1 est située au centre de la structure tandis que les chambres 2 et 3 ont été construites quasiment au niveau de l'édifice, légèrement en deçà de la première sépulture. Elle mesure 2,5 m de large pour 1,8 m de haut au maximum et 4 m de profondeur. De grandes pierres plates forment un toit voûté reposant sur des murs en pierre et présentant quelques vestiges de stuc. Des niches sont visibles de chaque côté de la voûte.

La chambre 2 mesure 4 m de profondeur et son accès a seulement 1 m2 de surface. Le toit plat est formé de grandes pierres plates taillés. Des peintures murales ornent les parois : une cénèphe encadrée par deux lignes bleus reprend des motifs géométriques (I, disques jaunes tâchetés de trois points et à trois rayures, disques blancs). Leur signification n'est pas bien claire pour l'instant. Il pourrait toutefois s'agir de références au terrain de jeu de balle dont la forme en I est fréquemment utilisée. Les disques jaunes et tâchés de noir pourrait avoir un rapport. La dernière forme est plus problématique: s'agit-il d'un disque solaire comme le propose García ou d'une balle ? Les deux ne sont pas incompatibles. Il semblerait que différents glyphes ont été peints avant d'être rayés.

D'ailleurs ce signe de destruction et de mutilation n'est pas extraordinaire. Comme nous l'avons récemment vu à El Zotz, les peuples mésoaméricains avaient l'habitude de considérer les temples comme des être vivants. Différents tessons de céramiques semblent indiquer que cette structure a été rituellement détruites peu avant l'abandon de la cité, vers 850 à 900.

Pour le moment les tombes ont été datées entre IIIB-IV de Monte Albán, soit entre 650 et 850 de notre ère. Mais le mobilier funéraire et les matériaux découverts au moment de creuser un puits de sondage seront prochainement analysés par un laboratoire de l'université, une fois la convention signée entre l'INAH et cette institution. En effet les restes d'un individu jeune et d'un canidé ont pu être extraits. Des restes céramiques, un petit metate, un os de tortue, un fragment de coquillage et une carapace travaillés et une perle en jade feront également l'objet d'études plus poussées.

Afin de vous rendre mieux compte de la découverte, vous pouvez regarder cette vidéo disponible sur la chaîne INAHTV.

Un diaporama est également consultable sur le site de l'INAH. Le bulletin espagnol est en version intégrale au même endroit. Nous suivrons cette actualité avec intérêt puisque les fouilles systématiques de la chambre 3 viennent de démarrer et un orifice a déjà permis l'observation d'un toit voûté et de fragments de peinture murale.
Partager

vendredi 20 juillet 2012

Une nouvelle pyramide découverte à El Zotz, Guatemala

Le portail scientifique anglophone Science Daily publie un billet sur les fouilles entreprises depuis 2009 par l'archéologue Stephen Houston et son équipe de la Brown University sur le site guatémaltèque d'El Zotz. La pyramide dite Temple du soleil nocturne fait l'objet de fouilles systématique depuis quelques années. Elle se trouve en haut d'un édifice d'importance : la Pyramide du Diable qui fut bâtie sur la tombe royale de Pa'Chan ("ciel fortifié").

Le Temple du Soleil nocturne semble avoir été érigé entre 350 et 400 de notre ère, soit le Classique moyen. Fouillé à 30 %, il a déjà révélé la présence de 8 masques de stuc hauts d' 1,50 m. Selon toute logique, il semblait y en avoir eu 14. Houston propose une hypothèse intéressante sur la présence de ses différents masques :

"Les stucs fournissent une vue sans précédent sur la façon dont les Mayas percevaient les cieux, pensaient le soleil et le soleil lui-même était greffé à l'identité des rois et des dynasties qui leur succèderaient".

Le fait que le Temple du Soleil Nocturne ait été recouvert d'une autre structure a garanti, comme fréquemment dans d'autres sites archéologiques mayas, la bonne conservation des masques et de leurs peintures. Mais cela complique et ralentit considérablement le dégagement de la structure. Dès 2009 les archéologues avaient trace des stucs dans un tunnel creusé par des pilleurs il y a plusieurs décennies.

Afin de restituer au mieux une image des stucs et du temple, Houston a sollicité le soutien du Center for Advanced Spatial Technologies, situé à l'University of Arkansas afin d'effectuer des prises de vue en trois dimensions. En y ajoutant les centaines de clichés pris au cours du dégagement du Temple du Soleil Nocturne, ils ont pu nous proposer, entre autres, ce relevé. La structure est entièrement couverte de peinture rouge et pouvait être facilement observable 30 kilomètres aux alentours du site. Les masques de stuc pourraient alors représenter différents états du soleil au long de son trajet diurne. La note publiée sur le site de la Brown University donne l'exemple d'un masque dirigé vers l'est avec différents traits de poissons. Au delà de son orientation vers le soleil levant, il pourrait faire allusion à la mer des Caraïbes située dans cette direction.

Des bandes célestes, contenant des représenations archaïques de Vénus et d'autres corps célestes. Houston rappelle à juste titre qu'au moment de la construction du temple, El Zotz et sa grande voisine Tikal connurent des contacts avec des groupes originaires du centre du Mexique actuel, et particulièrement de Teotihuacan.

Toujours selon l'archéologue américain, les Mayas considéraient leurs temples comme des êtres vivants. La mutilation volontaire des nez, des bouches et des glyphes figurant sur le diadème de chaque masque pourrait signifier sa mise à mort rituelle avant une nouvelle phase de construction.

Dans une vidéo hébergée sur le site de la Brown University, Houston revient sur cette belle découverte:


La nouvelle a trouvé notamment écho sur le site du quotidien français Le Monde, au moins dans sa version électronique: on peut y lire un article succinct sur la découverte faite non par Stephen Houston mais par Thomas Garrison, professeur à la South California University. Il faudrait donc que les médias se mettent d'accord entre eux et que l'article soit un peu plus poussé: la présentation est générale et très incomplète, ne donne pas vraiment une explication du contexte de cette découverte.

Partager

jeudi 19 juillet 2012

Les restes d'un quartier tépanèque retrouvés à Azcapotzalco

Des fouilles de sauvetage archéologique entreprises sur l'avenue Aquilés Serdan, dans le quartier Azcapotzalco de la capitale mexicaine, ont permis de recueillir les restes d'une dizaine d'individus, en majorité des enfants, et de constructions. D'après les premières observations, il semblerait qu'il s'agisse des habitations d'une famille de commerçants (pochteca en nahuatl).

Azcapotzalco fut une importante cité de la vallée de Mexico pendant les XIII et XIVe siècle. Cette hégémonie prend fin en 1428 lors d’attaques combinées entreprises par les Huexotzincas, les Texcocas et les Mexicas qui font d’Azcapotzalco un centre secondaire, vassal de Tlacopan, une des villes de la Triple Alliance.

Sous la chapelle Saint Simon érigée par les Espagnols au moment de la conquête, se trouvait un temple indien. Les vestiges, datés d'environ 700 ans, faisaient probablement partie d'un centre civico-cérémoniel de certaine importance. Pour être plus précis, ce sont pour l'instant cinq unités qui sont fouillés depuis environ deux mois. L'une d'entre elles mesuraient 4 m de large pour 22 m de long. C'est là qu'une dizaine d'enterrements a été mise au jour. Les restes étaient assis et disposés dans des linceuls : cela donne un aperçu clair de la forte mortalité infantile qui frappait les peuples préhispaniques.

Selon l’archéologue Alejandra Jasso Peña, la majorité de ces enterrements étaient effectués dans de petites fosses distribués dans une cour recouverte d’un sol. Tous les enterrements d’enfants contenaient également une offrande d’objets en terre cuite : encensoirs, flûtes, encensoirs à manches, coupes, vaisselles, pièces de collier en forme d’oiseaux, plats. Certains présentaient des décors de style Aztèque II (noir sur rouge) et Rouge Texcoco.

Les archéologues ont également découvert les restes d’une jeune femme âgée d’environ 25 ans, probablement décédée suite à un accouchement. Elle portait une paire de boucles d’oreilles et un pendentif élaborés à partir de petites pierres en obsidienne de différentes teintes. Ces bijoux indique que la jeune femme appartenait à un groupe important du site.

Un des enfants enterrés à quelques mètres de là était couvert d’une vaisselle un peu plus grande que les autres. Les restes d’un chien avaient été déposés également à ses côtés, probablement pour son symbolisme psychopompe. Une plateforme de 4 x 6 m est également apparue : elle comportait plusieurs crânes perforés verticalement, laissant penser qu’il s’agissait d’un tzompantli différent de ceux qui furent édifiés postérieurement. Lorsque les Mexicas dominèrent la région, les perforations horizontales des crânes devinrent la norme.


Jorge Arturo Talavera González, chercheur également impliqué dans ces fouilles, revient sur la présence de deux coupes à pulque qui contenaient les restes incinérés de crânes humains. En se référant à différentes sources coloniales, on sait que l’incinération était le rituel funéraire d’une certaine élite, évitant ainsi la putréfaction du corps et renforçant l’idée qu’il s’agit d’un quartier de commerçants.

Jasso Peña commente encore que de nombreux enterrements secondaires ont été retrouvés : il s’agit de restes humains qui ont été déplacés de leur tombe originale pour une autre. Plusieurs figurines représentant des déesses de la fertilité et des vases liés aux cultes de Tlaloc et de Quetzalcoatl font également partie de ce contexte.

Bonne nouvelle: étant donné les multiples vestiges mis au jour, la campagne de sauvetage a été prolongée de manière indéterminée, interrompant tous les ouvrages d'art en cours. C'est d'ailleurs le même qui prévaudrait si une découverte importante survenait pendant la construction de la nouvelle entrée du Templo Mayor en centre-ville.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le bulletin en espagnol publié sur le site de l'INAH. Un petit diaporama est également visible sur le même site.
Partager

mercredi 18 juillet 2012

Un atelier de fabrication du cinabre retrouvé à Ranas, Querétaro

Des archéologues de l’INAH Querétaro travaillent actuellement sous la direction d’Alberto Herrera Muñoz sur le site de Ranas, situé sur le territoire de San Joaquin dans l’état de Querétaro. Ce site a connu une occupation continue entre 400 et 1200 de notre ère. Il avait des contacts réguliers avec Teotihuacan, mais également avec Tajín au Veracruz et Tula dans l’état d’Hidalgo.


Ranas disposait d’un environnement aux ressources naturelles importantes. C’est notamment le sulfure de mercure, également appelé cinabre, qui constituait son fonds de commerce. En effet, on a retrouvé trace de cinabre originaire de Ranas sur certaines statuettes de Teotihuacan et dans de nombreux contextes funéraires mayas. Pour ne citer que l’un d’eux, le cinabre retrouvé dans les chambres mortuaires de la Reine rouge et de Pakal à Palenque est originaire de Ranas ! Cela en dit long sur les échanges commerciaux de l’époque mais également sur le symbolisme de ce pigment rouge si toxique ! Tikal au Guatemala et Monte Alban en Oaxaca utilisaient également le cinabre importé de Ranas.

Lors de fouilles effectuées sous un temple qui sera prochain inclus dans la visite du site, ils ont découvert les restes de deux individus déposés il y a 900 ans. Une des fosses avait un diamètre de 72 cm et avait été préparée dans la deuxième de construction de la pyramide. Un premier examen anthropométrique indique qu’il s’agirait d’un individu âgé de 13 à 16 ans, son sexe restant à déterminer. Il était enterré en position foetale sur les restes d'un autre individu. Différents échantillons ont été prélevés afin de déterminer le sexe et d’éventuelles pathologies.

Une offrande composée de couteaux biface en obsidienne grise, semblable à celle originaire de Zacualtipan, deux coquillages originaires de l’Océan Pacifique, un sifflet et un anneau gravé en os humain accompagnait le corps.

Un deuxième enterrement est en cours de fouilles mais trois crânes humains et des matériels d’offrandes ont été exhumés. Situé à proximité du premier enterrement, il reste encore à déterminer s’il s’agit de corps complets ou de restes déplacés. Toujours est-il qu’ils ont la même ancienneté que le premier individu retrouvé.

Le temple fait partie d’un ensemble de 5 bâtiments qui contrôlaient probablement l’accès original du site. Leur disposition suggère que cette partie du site avait une fonction résidentielle, selon Herrera Muñoz. Elles mesurent en moyenne 11 m de long et ont connu plusieurs phases de construction. L’Edifice des percuteurs attire notamment l’attention : il tire son nom des soixante outils qui y ont été retrouvés, entre autres des burins, des marteaux, de binettes en basalte, en ignimbrite, en serpentine ou en rhyolite. Dans la même structure se trouvait un atelier contenant pour moudre les minerais et préparer le fameux cinabre.

Pour en savoir, retrouvez le bulletin publié en espagnol disponible sur le site de l'INAH. Vous pourrez également consulter un diaporama sur les fouilles en cours à Ranas.
Partager

mardi 3 juillet 2012

Découverte d'une nouvelle occurence de la fermeture de baktun à la Corona

Le Projet Régional Archéologique La Corona (PRALC) est le fruit d'une collaboration entre le Middle American Research Institute, centre de recherche de l'Université de Tulane en Louisiane et celle de la Valle de Guatemala. Situé au coeur du Peten, dans la biosphère La Corona est également appelé site Q par Peter Mathews pour qué ? en espagnol, Sak Nikté en maya. Le site est connu depuis les années 1960 par un pillage systématique : une trentaine de panneaux portant le glyphe-emblème (ill. 1) de ce site sont actuellement éparpillés un peu partout dans le monde, en particulier au Peabody Museum d'Harvard. Voici une petite vidéo de présentation.



Placé sous la direction de Marcello Canutto, enseignant à l'Université de Tulane et Tomas Barrientos, archéologue à l'Universidad del Valle de Guatemala, le projet a déjà fait quelques révélations surprenantes. Son emplacement était stratégique : il était situé au centre des routes qui rejoignaient la côte du Golfe du Mexique et les Basses Terres Centrales, dans un environnement particulièrement doté en eaux douces.

 
Ill. 1. Glyphe-emblème de Sak Nikté (La Corona, Guatemala)
Dessin de Stanley Guenter (Canuto et Barrientos, 2011: 16)
Reproduit avec l'autorisation de Marcello Canutto.

Le site a notamment connu son acmé pendant le Classique. D'autres glyphes ont permis d'établir que La Corona était allié à Calakmul grâce au mariage diplomatique d'une fille du roi Yuknoom Took' K'awiil, souverain de Calakmul entre 702 et 731, avec un souverain local en 721. Deux autres mariages de ce type sont également répertoriées dans des inscriptions remontant au VI et VIIe siècke. Cette alliance établissait de fait une rivalité entre La Corona et Tikal, grand ennemi de Calakmul.

Il y a quelques jours Canutto et Barrios ont présenté à la presse un travail d'épigraphie qui a fait l'effet d'une petite. Jusqu'à présent, on croyait que seul le monument 6 d'El Tortuguero était le seul à contenir la date 13.0.0.0.0 4 Ahaw 3 K’ank’in (23 décembre 2012) qui marque le début d'un nouveau bakt'un. Ce n'est désormais plus le cas. Treize blocs sculptés composent l'Escalier hiéroglyphique 2 (EH2). Neuf autres avaient été découverts puis abandonnés par des pilleurs. Leur décontextualisation laisse pourtant penser qu'ils faisaient probablement partie de l'EH 2. Sur le bloc 5 (ill. 2) l'archéologue et épigraphiste David Stuart a déchiffré la date qui mettra en émoi toute la communauté new age et les studios d'Hollywood.

Ill. 2. Bloc 5, Escalier hiéroglyphique 2, La Corona, Guatemala
Photo: David Stuart-La Corona Archaeological Project.
Disponible le 30/06/2012 sur : 
Reproduit avec l'autorisation de David Stuart.

Malheureusement, point de descente de dieu ni de fin du monde annoncée. Navré de vous décevoir ! Selon Stuart, enseignant-chercheur à l'University of Texas at Austin, elle rapporte la visite d'un dirigeant de Calakmul à Sak Nikté le 29 février 696. Comment expliquer la présence de fin de baktun dans ce site ? Pour Stuart (ill. 3), il faut la relier au chaos géopolitique ambiant dans cette région et au besoin du souverain de faire référence à cette date. Pour Canutto, cette projection dans le futur avait peut-être pour but de montrer qu'en dépit de la récente défaite de Calakmul contre Tikal, le roi était toujours bien vivant et garantissait sa protection à ses vassaux, que la stabilité était encore de mise. La date marque un changement de calendrier important comme le premier janvier pour nous.

Ill. 3. Relevé du bloc 5, Escalier hiéroglyphique 2, La Corona, Guatemala
Photo: David Stuart-La Corona Archaeological Project.
Disponible le 30/06/2012 sur : 
Reproduit avec l'autorisation de David Stuart

Selon la lecture de Stuart, trois autres dates du Bloc 5 font état d'autres événements qui montrent que La Corona/ Sak Nikte' était clairement sous influence de Calakmul:
  • 9.10.2.1.10 10 Ok 8 Kumk’u : jeu de balle à Sak Nikte’ (La Corona) impliquant Yuknoom Ch’een de Calakmul. Il convient de commenter à ce titre que Sak Nikte disposait d'un petit terrain de jeu de balle, mais en position centrale comme dans d'autres sites.
  • 9.13.3.16.17 8 Kaban 10 Kumk’u : visite de Yuknoom Yich’aak K’ahk’ à Sak Nikte'
  • 10.0.0.0.0 7 Ahaw 18 Sip : nouveau katun
Pour si on en doutait encore, les Mayas se projettaient dans l'avenir dans la mesure où leur perception du temps est cyclique, à différence de la nôtre qui est linéaire.

Le Middle American Research Institute de l'Université de Tulane fait bien les choses et propose une actualisation constante sur le site internet et le groupe (restreint) Facebook du projet. Plusieurs rapports de fouilles sont disponibles et permettent de comprendre tous les travaux entrepris depuis 2008. Celui publié pour la campagne 2011 compte pas moins de 500 pages !

Je tiens à remercier publiquement le Dr David Stuart de m'avoir autorisé à reproduire sa photo et son relevé du Bloc 5 et le Dr Marcello Canutto pour sa relecture et l'autorisation à reproduire le glyphe-emblème de Sak' Nikte.

Références bibliographiques:

Canutto, Marcello et Tomas Barrientos. 2011. "La Corona: un acercamiento a las políticas del reino Kaan desde un centro secundario del noroeste de Petén". In Estudios de Cultura Maya, XXXVII, p. 13-43. Mexico: Instituto de Investigaciones Filológicas/UNAM. Archivo pdf disponible el 29/06/2012 en : http://www.iifilologicas.unam.mx/estculmaya/uploads/volumenes/xxxvii/lacorona.pdf .

Stuart, David. 2012. Notes on a new text from La Corona. Disponible en linea el 30/06/2012 en Maya Decipherment: http://decipherment.wordpress.com/2012/06/30/notes-on-a-new-text-from-la-corona/ .

Autres références :
Site du MARI, Tulane University : http://mari.tulane.edu/index.html .
Site du PRALC :  http://mari.tulane.edu/PRALC/index.html .
Partager

Notes similaires

Related Posts with Thumbnails