vendredi 31 août 2012

Découverte d'un "théâtre" à Plan de Ayutla, Chiapas

Dans le cadre du VII Coloquio de arqueología qui se tient depuis le 27 août dernier au Musée du Templo Mayor, l'archéologue Luis Alberto Martos a présenté l'avancée des fouilles sur le site chiapanèque de Plan de Ayutla, Sak T’zi’ selon son glyphe-emblème. Sa conférence a été résumée et présentée sur le site de l'INAH.

L'annonce faite lors de sa présentation a de quoi surprendre : un "théâtre" a été retrouvé par des archéologues de l'INAH sur l'Acropole nord de Plan de Ayutla.

Lors de son exposé, Martos est notamment revenu sur les cas de théâtre découverts par le passé dans différentes cités mayas depuis le Classique comme Tikal, au Guatemala; Chinkultic, au Chiapas; Pechal, Peor es Nada et Edzná au Campeche.  Il cite également la Relación de las Cosas de Yucatán de Diego de Landa selon lequel les locaux utilisaient la Plateforme des Aigles et des Jaguars et celle de Vénus pour effectuer des danses. Martos a rappelé enfin que ce type de construction est étudié depuis 1985 par Armando García Gutiérrez et plus récemment par Takeshi Inomata, archéologue de l'University of Arizona.

Le "théâtre" maya partagerait certains éléments avec le nôtre qui trouve ses origines dans l'Antiquité gréco-romaine. La représentation théâtrale est avant tout motivée religieusement. Dans le cadre de Plan de Ayutla, l'espace scénique a été aménagé à partir d'un palais qui existait préalablement (entre 250 et 550 de notre ère). Une cour intérieure a vu une de ses façades, longue de 8 m, abattue afin de créer l'espace et l'acoustique nécessaires aux représentations. Puis une plateforme à trois marches encadrées par deux rampes a été élevée.

Cet emplacement limite sérieusement la quantité de spectateurs : Martos estime qu'elle ne pouvait en accueillir plus de 120. Si on considère sa position en haut de l'acropole, à 42 m au-dessus du niveau des places du site, il est presque évident que les représentations proposées étaient réservés à une élite.

Aux abords du théâtre, plusieurs artefacts ont été retrouvés et semblent confirmer la fonction de l'édicule : des ocarinas et des sifflets figurent notamment parmi les trouvailles. Des sculptures en stuc représentant un captif et des divinités du maïs, du soleil, et une chauve-souris faisaient probablement partie des éléments qui pouvaient représenter l'humiliation d'un seigneur capturé au combat.

Rappelons que Sak Tz'i a connu une occupation continue depuis 150 avant J.-C à 1100 de notre ère, fait suffisamment rare pour être souligné.

Pour en savoir plus sur cette annonce, consultez la note en espagnol publiée sur le site de l'INAH et le diaporama suivant.

[Mise à jour du 30/09/2012. Le Dr Miguel Rivera Dorado, professeur à l'Universidad Complutense de Madrid a émis de sérieux doutes sur cette découverte. Sa réflexion, présentée sur son carnet, porte autant sur le terme grec utilisé pour qualifier un espace architectural que sur le manque de véritables indices archéologiques qui corroboreraient son utilisation.]
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mercredi 29 août 2012

Un scénario d'abandon de Copan

Dans les colonnes virtuelles du quotidien Diario de Yucatan a été publié une série d'articles rédigés par German Reyes. Ils font suite à une conférence de presse et une visite organisées par le secrétariat au tourisme du Honduras afin de promouvoir le site, conséquence indirecte de la fascination mondiale qu'a provoqué la fausse prophétie maya de 2012.

L'archéologue français René Viel, présent à Copan depuis 1976, a proposé un scénario pour expliquer le déclin rapide qu'a connu Copan à partir de la mort du treizième roi de Copan, Uaxaclajuun Ub’aah Kawiil ou 18 Lapin. Capturé par son rival de Quirigua, il décéda le 7 mai 738.


Classique, Copan, Honduras.
Photo HPJV, disponible le 28/07/2012 sur : 

Uaxaclajuun Ub’aah Kawiil avait donné sa grandeur à la cité avec la construction de plusieurs bâtiments qu'on peut parfois encore admirer  aujourd'hui : le terrain de jeu de balle IIIA, un grand escalier hiéroglyphique ( en 710), une série de stèles traduisent parfaitement cette apogée de l'art maya copanèque. Il convient de préciser que l'escalier hiéroglyphique actuellement visible a été reconstruit et prolongé pendant le règne de K'ak' Yipyaj Chan K'awiil en 755.


Escalier hiéroglyphique de la Structure Esmeralda,
Classique récent, Copan, Honduras.
Photo : Peter Andersen, disponible le 28/07/2012 sur : 

Viel reprend notamment plusieurs arguments présentés dans son dernier ouvrage, Copan, ciudad de reyes, publié en 2011. Selon lui, plusieurs preuves médico-légales indiqueraient que la population a été décimée par la malnutrition et les maladies. On constate notamment un fort taux de mortalité infantile pour cette période. Après la disparition de Uaxaclajuun Ub’aah Kawiil, la ville est tombée sous la coupe de Quirigua. La plupart des produits consommés à Copan étaient alors importés, laissant la ville à la merci d'une crise alimentaire. Selon Viel, ces événements auraient pu provoquer l'ire des Copanèques contre leur roi et ils ont littéralement abandonné le site du jour au lendemain, abandonnant directement leurs outils pour un endroit non déterminé.

De son côté, l'archéologue guatémaltèque Edy Barrios a résumé ses travaux dans un complexe habitationnel de la Vallée du Rio Amarillo qui coule en contrebas du site archéologique. Barrios a notamment commenté la présence d'un four et de restes céramiques qui semblerait indiquer l'existence d'un quartier de tourneurs dont les bâtiments possédaient des fondations en dur alors que les parois et les toits étaient faits de matériaux périssables.

L'archéologue et épigraphe David Stuart vous propose une série de vidéos explicatives à propos de Copan sur le site compagnon du documentaire Lost King of the Maya.

Pour en savoir plus, consultez les références suivantes:
Viel, R.  (1998).  "La  interacción  entre  Copan  y  Kaminaljuyu".  In  XI  Simposio  de  Investigaciones Arqueológicas en Guatemala, 1997 , (J.P. Laporte et H. Escobedo éds.), pp.568-573. Guatemala : Museo Nacional de Arqueología y Etnología. Document pdf disponible le 28/07/2012 sur : http://www.asociaciontikal.com/pdf/34.97_-_Rene_Viel.pdf.
Viel, R.  (1999). "El  periodo  Formativo  de  Copan,  Honduras.  In XII  Simposio  de  Investigaciones  Arqueológicas  en Guatemala, 1998 (J.P. Laporte y H. L. Escobedo éds.), pp.96-101. Guatemala : Museo Nacional de Arqueología y Etnología.  Document pdf disponible le 28/07/2012 sur : http://www.asociaciontikal.com/pdf/05.98%20-%20Viel.pdf.
Viel, R. et J. Hall (2000). "Las  relaciones  entre  Copan  y  Kaminaljuyu".  In  XIII  Simposio  de  Investigaciones  Arqueológicas  en Guatemala1999  (J.P.  Laporte,  H.  Escobedo,  B.  Arroyo  et  A.C.  de  Suasnávar éds.),  pp.107-111. Guatemala : Museo Nacional de Arqueología y Etnología. Document pdf disponible le 28/07/2012 sur : http://www.asociaciontikal.com/pdf/09.99_-_Rene_Viel.pdf.
Viel, R. et J. Hall (2002). "El paisaje natural y cultural del valle de Copan". In XV Simposio de Investigaciones Arqueológicas en Guatemala, 2001 , (J.P. Laporte, H. Escobedo et B. Arroyo éds.). Guatemala : Museo Nacional de Arqueología y Etnología): pp. 872–877. Document pdf disponible le 28/07/2012 sur : http://www.asociaciontikal.com/pdf/78.01%20-%20Viel%20-%20en%20PDF.pdf .


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mardi 28 août 2012

Un monolithe sculpté en forme de jaguar retrouvé à Izapa, Chiapas

A la fin de leur campagne de fouilles 2011, des archéologues de l'INAH et de l'Université d'Albany avaient localisé un bloc présentant une décoration qui a été révélé seulement aujourd'hui. Long d'1,38 m, haut de 87 cm et épais de 50 cm, le monument 91 avait été observé au fond d'un ruisseau qui afflue sur la rivière Izapa, dans l'état du Chiapas. Malheureusement il dût rester une année supplémentaire à son emplacement. Car il n'est pas aisé de bouger un tel objet.

Emiliano Gallaga, directeur du centre INAH-Chiapas, a expliqué qu'il se trouvait au nord-ouest du site d'Izapa à cinq mètres de la structure 53. Il n'exclut pas l'idée que le monument ait fait partie de ce monticule à un certainement. Mais il aurait été volontairement déplacé. Pour l'heure, il a été déposé près du groupe F, après cinq heures de manœuvres effectuées par dix personnes.

Une première datation ferait état d'une ancienneté d'environ deux mille ans. Cette datation a pu être proposée grâce à la présence de metates et d'une vaisselle en céramique. Un nettoyage sera prochainement effectué afin de déterminer plus précisément l'iconographie du jaguar. Les gravures ont été retrouvées vers le bas.

Pour en savoir plus, vous pouvez lire le bulletin publié par l'INAH et parcourir le diaporama comprenant différentes photo des manoeuvres effectuées.
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lundi 27 août 2012

15 enterrements complets retrouvés sur le site de Tancama, Querétaro

En 2009, nous vous présentions un des projets d'ouverture de sites archéologiques dans un billet. Il s'agit de Tancama, situé à une douzaine de kilomètres de Jalpan de Serra dans l'état de Queretaro. Le site a officiellement été ouvert au public l'année dernière. Cependant les fouilles se poursuivent autour de la Place de la Promesse, la troisième qui forme ce site dont l'apogée est située entre 500 et 750 de notre ère. Récemment elles ont pris un tournant intéressant avec l'exploration systématique de l'édifice 17, structure de base ovoïde. 
 
Dans un bulletin de l'iNAH publié sur son site, on apprend que les archéologues ont mis à jour 17 enterrements complets d'individus dispersés.Les premières datations des ossements surprennent : datées vers 1150 de notre ère, elles sont largement postérieures à l'apogée puis à l'abandon de la ville. Leur disposition laisse également perplexe : ils étaient faisait face à l'escalier de l'édifice 17 et sous l'une des rampes.  Pour Jorge Quiroz en charge du projet archéologique Valles de la Sierra Gorda, estime que les habitants ayant vécu près du site après son abandon ont continué d'y venir pour y enterrer leurs défunts.
 
Une seconde hypothèse proposée par Cristina García Pura, anthropologue chargée de faire une étude anthropométrique détaillée, serait que les ossements puissent avoir été déplacés et réutilisés. Il faudra cependant attendre que les analyses déterminent le sexe, l'âge, les maladies pour en savoir davantage. Jusqu'à présent, seulement l'étude de l'enterrement 45 a pu établir qu'il s'agissait d'une femme décédée entre quarante et cinquante ans. L'ensemble des enterrements a pour l'heure été transporté au Département de Collections d'Archéologie Comparatives de l'INAH, à Mexico.

En 2001, soixante-quatre crânes appartenant majoritairement à de jeunes personnes âgées de moins de dix-huit ans avaient été sortis de terre, lançant ainsi des fouilles plus approfondies de Tancama, site de culture huastèque.

Pour en savoir plus sur cette découverte, nous vous recommandons le diaporama disponible sur le site de l'INAH
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dimanche 26 août 2012

Réouverture du Palais dit de Quetzalpapalotl à Teotihuacan

Depuis sa découverte et sa première restauration par Jorge Acosta en 1962, le Palais dit de Quetzalpapalotl, n'avait jamais fait l'objet d'une restauration aussi importante. Après avoir diagnostiqué la détérioration rapide du bâtiment en 2009, l'INAH a confié à l'archéologue Verónica Ortega, la tâche ardue de le remettre d'aplomb. Cette réinauguration coïncide avec le 25e anniversaire de l'inscription du site de Teotihuacan au Patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO.


Patio des Piliers avant restauration, Palais de Quetzalpapalotl, Teotihuacan.
Classique ancien.
Photo : Antoine Hubert, prise le 17/05/2008. 
Disponible le 26/08/2012 : 

Un des principaux problèmes consistaient notamment en l'utilisation de ciment et béton armé lors de la restauration. A l'époque, on considérait que ces matériaux modernes étaient à l'épreuve du temps et des intempéries. Or on sait que depuis quelques années, il n'en est rien : de plus en plus de restauration monumentales s'effectuent en utilisant les matières premières dont disposaient les constructeurs à l'époque. Certaines restaurations ont permis de retrouver les techniques de construction grâce à l'archéologie expérimentale. Dans le cas du Palais de Quetzalpapalotl, les travaux ont d'abord été orientés vers l'élimination de l'humidité et la canalisation des eaux de pluie vers l'extérieur du bâtiment.

Patio des Piliers restauré, Palais de Quetzalcoatl, Teotihuacan.
Photo : Mauricio Marat/INAH

Les travaux ont été effectués sur les stucs et les peintures murales afin de leur rendre un certain éclat qui leur faisait défaut. Il convient de rappeler qu'à la différence d'autres complexes résidentiels, le Palais de Quetzalpapalotl est orné de peintures à motifs abstraits et géométriques qui pourraient faire allusion à l'eau et à la fertilité. On peut également y observer des incrustations de mica et d'obsidienne.

Une autre originalité du Palais est la présence de sa cour intérieur entourée de piliers sculptés en bas-reliefs. Sur les côtés est, nord et sud, on peut voir des quetzalli, oiseaux à connotation solaire. Sur le côté ouest, on peut observer ce qui semble être des chouettes, oiseaux nocturnes. Des incrustations d'obsidienne représentent notamment les yeux des animaux.

Columna 01 Quetzalpapálotl

Quetzal sculpté, Patio des piliers, Palais de Quetzalpapalotl, Teotihuacan.
Photo : Alfonso Mendoza Ramos. 

Les crêtes stuquées et peintes qui sont incrustés dans le toit du bâtiment ont bénéficié d'un traitement spécial.

Cette restauration a permis également de creuser plusieurs puits de sondage dans le but de retrouver les phases de construction de cet édifice et d'établir ainsi son rapport avec le reste de la place de la Pyramide de la Lune.Selon Ortega Cabrera, la distribution des espaces a fortement évolué. Dans les premières étapes (vers 350 de notre ère), n'y avait aucun accès à la Pyramide de la Lune. Puis vers 450, la structure dite des Coquillages emplumés a été complètement recouverte par la construction du Palais de Quetzalcoatl, qui offrait cet accès à la place de la Pyramide de la Lune.

Une autre découverte correspond aux chambres entourant le Patio des Piliers : les archéologues ont découvert un système d'écoulement des eaux. Des pigments de peinture rouge y ont été observés, permettant d'établir l'hypothèse que des prêtres peints en rouge se lavaient et teignaient l'eau qui courrait dans cette "tuyauterie".

La réouverture du Palais de Quetzalpapalotl a obligé à réaménager le sens et la manière de le visiter. Désormais l'accès se fait depuis le Patio des Jaguars, puis par les Coquillages emplumés, par groupe de vingt personnes et dans un délai de dix minutes. Le parcours inclut une série d'informations qui permet de mieux comprendre l'importance de ce bâtiment.

Vous pouvez notamment voir un diaporama sur les travaux de restauration sur le site de l'INAH. Dans la même note publié sur ce site, on retrouvera aussi le lien vers la balade virtuelle à Teotihuacan et une vidéo. Le bulletin publié sur le site est disponible ici.


(Mise à jour du 30/10/2012) Nos collègues du carnet mexicain arKeopatías ont mis en ligne deux vidéos de la cérémonie de réouverture de ce bâtiment.





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Raíces 66 - Arqueología virtual con Juan Monsivaís

Cette semaine, Raíces a accueilli Juan Monsivaís, architecte adepte de la souris, de la palette graphique et autres outil de CAO. Juan a notamment travaillé avec son équipe pour la tenue de l'exposition Seis ciudades de Mesoamérica en 2010 au Museo Nacional de Antropología de México. L'idée est donc de présenter l'intérêt de l'archéologie comme complément à l'archéologie traditionnelle, autant lors de la préparation de fouilles pour déterminer un périmètre que dans la manipulation de certaines artefacts sans risquer de les détériorer.

Voici le résultat de cet entretien, disponible gratuitement sur Soundcloud (versions html5 et flash) et Divshare.



Ce programme a été enregistré le 23 août 2012 dans les studios de Radio UdeM, Universidad de Monterrey, San Pedro Garza García, Nuevo León.

Il convient de commenter que tout le travail de Juan Monsivaís est effectué sous Windows, d'une part parce que les outils sous MacOS sont trop CHERS et qu'ils sont malheureusement trop rares sous Linux. Avis donc aux utilisateurs de Mac, et en particulier à certains fans aveuglés par le "génie" vendeur de Steve Jobs : nul besoin d'un Mac pour proposer un travail qui allie créativité et respect de l'histoire.

Sites à consulter sur le thème de l'archéologie virtuelle :
Tlamachqui : http://www.tlamachqui.com/espanol/index.html .
Altaïr4 : http://www.altair4.com/ .
Ayutamiento de la Rinconada : http://www.larinconada.es/areas/index.php?Area=11&Opc=17 .
Sociedad española de arqueología virtual : http://www.arqueologiavirtual.com/seav/ .
Archéovision, Université de Bordeaux : http://archeovision.cnrs.fr/ .

Publications :
Virtual Archaeology Review Journal : http://www.varjournal.es/
Forte, Maurizio. 1998. L'archéologie virtuelle: le passé retrouvé. Paris: Arthaud.
Moller Mayo. Palenque como nunca antes visto. México.

Voici une liste des événements annoncés dans la dernière partie du programme.

Evénements : 

VII Coloquio de arqueología Abandono y destrucción: el final de las ciudades mesoamericanas, Auditorio Eduardo Matos Moctezuma, Templo Mayor, México. Du 27 au 31 août 2012 : http://www.inah.gob.mx/images/stories/Invitaciones/2012/Agosto/cartel_abandono_destruccion.pdf .
Seminario Antropología Molecular, retos logros y alcances, Auditorio Fray Bernardino de Sahagún, MNA, México “La paleogenómica en los estudios antropológicos: Secuenciando exomas”, par Rafael Montiel, 28 août 2012.
II simposium de antropologia Luis Reyes, Museo Luis Reyes, Tlaxcala, 31 août 2012.
V Festival de los soles, Monterrey, Nuevo León, jusqu'au 31 août 2012.
I Coloquio Estudios históricos sobre la guerra en Mesoamérica, Escuela Nacional de Antropología e Historia, Mexico, du 17 au 21 septembre 2012.
Ces trois événements sont présentés sur Facebook.

Expositions : 
México multicultural: Joyas de la indumentaria indígena Museo del Noreste, Monterrey, N.L. Du mardi au dimanche, de 10 à 18 h. http://www.3museos.com
Les secrets de la civilisation maya, Musée canadien des civilisations, Gatineau, Québec Del 18 de mayo al 28 de octubre 2012 http://www.civilisations.ca/maya/
Le Cinquième Soleil-Arts du Mexique, Musée du président Jacques Chirac, Sarran jusqu'au 11 novembre 2012 : http://www.museepresidentjchirac.fr/fr/f3.php
Exposición temporal del manuscrito del Popol Vuh de Fray Francisco Jímenez, Museo del Popol Vuh Francisco Marroquín, du 23 au 29 de août 2012.

Raíces est un programme éducatif à but non lucratif. Il est protégé par une licence Creative Commons 3.0.
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dimanche 19 août 2012

Raíces 65 - La sexualidad entre los antiguos mexicas avec Miriam López

Cette semaine, nous poursuivons notre série de programmes sur la société mexica en particulier, nahua en général. Après avoir évoqué la folie, les mythes, certains rituels effectués au Templo Mayor, nous parlons de sexualité. Pour ce faire, nous avons demandé à Miriam López Hernández d'intervenir de nouveau : il y a deux mois, elle nous avait expliqué le statut des femmes dans la société mexica. Candidate à un doctorat en anthropologie à l'UNAM, Miriam a exploré les problèmes de genre et de sexualité.

Nous avons enregistré Raíces le 16 août 2012 dans les studios de Radio UdeM. Sergio Becerra s'est chargé de l'enregistrement et du montage. Il est disponible librement sur Soundcloud.



Vous pouvez écouter tous les anciens programmes sur le site Divshare.



Souvenez-vous que Miriam López a son site internet où vous pouvez télécharger plusieurs de ses publications gratuitement : http://www.miriamlopezhernandez.com/. Vous pouvez compléter l'écoute de ce programme en lisant les références suivantes.

Livres
Rodríguez-Shadow, María J. (coord.). (2007). Las mujeres en Mesoamérica prehispánica. Toluca: Universidad Autónoma del Estado de México. Documento pdf disponible el 2/06/2012 en http://ceam.mx/images/stories/articulos_pdf/biblioteca_virtual/publicaciones/genero_y_sexualidad_lopez_y_rodriguez_2011.pdf.
López Hernández, Miriam y María J. Rodríguez-Shadow (eds.). (2011). Genero y sexualidad en el México antiguo. Puebla: Centro de Estudios de la Antropología de la Mujer. Documento pdf disponible el 2/06/2012 en http://ceam.mx/images/stories/articulos_pdf/biblioteca_virtual/publicaciones/genero_y_sexualidad_lopez_y_rodriguez_2011.pdf. López Hernández, Miriam y María J. Rodríguez-Shadow (eds.). (2011). Las mujeres mayas en la antigüedad. Documento pdf disponible el 2/06/2012 en http://www.ceam.mx/images/stories/mujeres_mayas.pdf.

Articles
Baez-Jorge, F. (2010) "Mitología y simbolismo de la vagina dentada", en Arqueología Mexicana, vol. XVIII, núm. 104, pp. 51-55. México: Editorial Raíces.
López Hernández, M. y Jaime Echeverría García. (2011) "Concepciones y costumbres relacionadas con la procreación, el embarazo, parto y puerperio entre los nahuas prehispánicos", en Memorias de la XXIX Mesa Redonda de la Sociedad Mexicana de Antropología, Puebla, México, 16 pp : http://www.miriamlopezhernandez.com/uploads/1/1/7/6/11767522/embarazo_sma_xxix_2011.pdf
 López Hernández, M. y Jaime Echeverría García. (2011) "Tlaltecuhtli como vagina dentada en la concepción nahua prehispánica". en Mujeres: Miradas interdisciplinarias, Centro de Estudios de Antropología de la Mujer, México, pp. 83-100 : http://www.miriamlopezhernandez.com/uploads/1/1/7/6/11767522/tlaltecuhtli_vagina_dentada_miradas_2011_web.pdf
López Hernández, M. y Jaime Echeverría García. (2011) " "El cuerpo femenino en estado liminar: connotaciones entre los nahuas prehispánicos" 2011, (con Jaime Echeverría García) en Cuicuilco, número 50, volumen 18, enero-abril, pp. 159-184 http://www.miriamlopezhernandez.com/uploads/1/1/7/6/11767522/cuerpo_femenino_liminar_cuicuilco_num._50_ene-abril_2011.pdf
López Hernández, M. y Jaime Echverría García. (2010) " Transgresiones sexuales en el México antiguo", en Arqueología Mexicana, vol. XVIII, núm. 104, pp. 65-69. México: Editorial Raíces.

En ce qui concernent les évènements mentionnés dans ce programme, voici les liens que vous pouvez consulter :

Evènements académiques
Cours "La diversité linguistique au Mexique", présenté par Marcelo San Giacomo Trinidad du 4 au 25 août 2012, Museo Nacional de Antropología, Mexico.
5to Festival de los soles de la Silla, du 9 au 31 août 2012, Monterrey.
I Coloquio Estudios históricos sobre la guerra en Mesoamérica Resumenes y títulos de ponencia hasta el 7 de Septiembre 2012, al correo del coloquio: coloquio_eaah_guerra_enah@hotmail.com.
II Congreso de Folklore y Tradición Oral en Arqueología, Auditorio Roman Piña Chan, Escuela Nacional de Antropología e Historia, México DF (20-24 août 2012) ;

Expositions
México multicultural: Joyas de la indumentaria indígena. Museo del Noreste, Monterrey, N.L. Du mardi au dimanche, de 10 à 18 heures. http://www.3museos.com.
Les secrets de la civilisation maya. Musée canadien des civilisations, Gatineau, Québec Jusqu'au 28 octobre 2012. http://www.civilisations.ca/maya/.
Le Cinquième Soleil-Arts du Mexique, du 11 juillet au 11 novembre 2012 Musée du président Jacques Chirac, Sarran, France : http://www.museepresidentjchirac.fr/fr/f3.php .

Recherche
Un troisième enterrement découvert à Atzompa, Oaxaca : http://www.inah.gob.mx/index.php/boletines/17-arqueologia/6069-hallan-entierro-y-ofrenda-en-tercera-tumba-de-atzompa .

Raíces est un programme éducatif à but non lucratif protégé par une licence Creative Commons.
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dimanche 12 août 2012

Raíces 64 - Teotihuacan, ciudad multicultural con la Dra Linda Manzanilla

Cette semaine, nous avons de nouveau pu converser avec la Dr Linda Manzanilla Naim, professeure à l'UNAM et archéologue à l'INAH, pour évoquer un aspect peu connu de la grande ville de Teotihuacan : son caractère multiethnique. Etant donné la grande expérience et la connaissance pointue de la Dr Manzanilla, il convenait de comprendre comment cet aspect a pu être démontré autant par des études artistiques qu' anthropologiques et médico-légales.

L'entretien a été enregistré le 8 août 2012 dans les studios de Radio UdeM avec l'appui logistique de Sergio Becerra.Vous pouvez le retrouver en format html5 ou flash sur le site Soundcloud.




Nous l'avons rajouté à notre liste de lecture disponible sur Divshare.



Nous vous recommandons de consulter les références pour compléter ce programme.

Manzanilla Naim, L., J.C. Martínez, et S. Tejeda Vega, (1999). "Implicaciones el análisis de calcio, estroncio y zinc en el conocimiento de la dieta y la migración en Teotihuacán, México", in Anales de Antropología, 33, pp. 13-21, Mexico, D.F. : UNAM, Instituto de Investigaciones Antropologicas. Document pdf disponible le 11/08/2012 sur : http://www.iia.unam.mx/comunidadIIA/archivos/MANL510125/Manzanilla_Anales_1996-1999_elementos_traza_entierros.pdf .

Manzanilla Naim, L. (2003). "Teopancazco: un conjunto residencial teotihuacano", in Arqueología Mexicana, vol. XI (64), pp. 50-53, Mexico: Editorial Raíces.

Manzanilla Naim, L. (2012). "La vida doméstica en Teotihuacan: una ciudad excepcional en Mesoamérica", in 90 años de cultura. Centro de Enseñanza para Extranjeros. Historia, Arte, Literatura y Español, José Luis Prieto (coord.), pp. 128-141. México, D.F: UNAM / Centro de enseñanza para extranjeros.

Enfin voici une liste d'évènements programmés pour cette semaine.

Evènements académiques
Cours "La diversité linguistique au Mexique", présenté par Marcelo San Giacomo Trinidad du 4 au 25 août 2012, Museo Nacional de Antropología, Mexico.
5to Festival de los soles de la Silla, du 9 au 31 août 2012, Monterrey.

Expositions
México multicultural: Joyas de la indumentaria indígena. Museo del Noreste, Monterrey, N.L. Du mardi au dimanche, de 10 à 18 heures. http://www.3museos.com.
Les secrets de la civilisation maya. Musée canadien des civilisations, Gatineau, Québec Jusqu'au 28 octobre 2012. http://www.civilisations.ca/maya/.
Le Cinquième Soleil-Arts du Mexique, du 11 juillet au 11 novembre 2012 Musée du président Jacques Chirac, Sarran, France : http://www.museepresidentjchirac.fr/fr/f3.php

Recherche
Un ossuaire mis au jour au Templo Mayor de Tenochtitlan.


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vendredi 10 août 2012

Sur la domestication du dindon ocelé en territoire maya

Le dindon ocelé, est une volaille originaire d'Amérique centrale: il est particulièrement visible au Yucatan. Il ne faut pas le confondre avec son voisin nord-américain le dindon sauvage d'Amérique du Nord (Meleagris gallopavo). Si sa consommation nous semble ordinaire et quotidienne, il ne faut pas oublier ses racines d'outre-Atlantique et particulièrement d'Amérique centrale.  Il faisait naturellement partie des gibiers chassés apportant des quantités protéiniques et énergétiques non négligeables. Sa domestication progressive a sans nul doute permis d'améliorer le quotidien de nombreuses populations, évitant de dépendre ainsi des résultats aléatoires de la chasse et facilitant la sédentarisation de certains groupes. Rappelons que les anciens peuples mésoaméricains ou andins ne disposait pas de bétail (ovin, porcin ou bovin), ce dernier étant introduit avec l'arrivée des Espagnols.


Dindon ocellé (Agriocharis Ocellata)
Photo: George Harrison. Disponible le 9/08/2012 sur :
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/bd/Meleagris_ocellata1.jpg/800px-Meleagris_ocellata1.jpg 

Erin Thornton, chercheuse associée au Florida Museum of Natural History et au Trent University Archaeological Research Centre, a récemment participé à une publication présentant les résultats d'analyses effectuées sur des os fossilisés de dindon sauvage, retrouvés dans les années 80 sur le site maya d'El Mirador, au Peten guatémaltèque.

Tout semble indiquer que le dindon aurait pu être consommé sous forme domestiquée dès le Préclassique tardif, soit entre 300 et 100 après Jésus-Christ. La présence de dindon sauvage d'Amérique du nord tend à montrer des traces d'échanges commerciaux entre le nord de la Mésoamérique et cette partie de la zone maya. Mais elle fait surtout reculer l'hypothèse d'une domestication de l'animal de plus de 1000 ans...

Nicolas Latsanopoulos a récemment publié une étude iconographique sur cet animal. Selon lui, cette découverte laisse cependant en suspens de nombreuses questions. Je cite un extrait d'une conversation électronique que nous avons eu à propos de cette annonce :

Le problème est de savoir s'il s'agit d'un spécimen sauvage ou domestiqué, puisqu'il n'existe aucun critère discriminant au niveau de la morphologie. [...] la question de savoir si les Mayas possédaient leurs propres "cheptels" de dindons domestiques reste ouverte (et il faut tenir compte qu'ils pouvaient être aussi bien approvisionnées en dindons sauvages qu'en dindons domestiques, ce qui ne simplifie par l'affaire).

En bref, l'hypothèse proposée semble bien mince. Pour en savoir plus, veuillez consulter l'information sur le site de l'Université de Floride : http://www.eurekalert.org/pub_releases/2012-08/uof-urd080812.php .

Vous pouvez également retrouver l'article complet sur le portail PLOS
Thornton EK, Emery KF, Steadman DW, Speller C, Matheny R, et al. (2012) "Earliest Mexican Turkeys (Meleagris gallopavo) in the Maya Region: Implications for Pre-Hispanic Animal Trade and the Timing of Turkey Domestication". PLoS ONE 7(8): e42630. doi:10.1371/journal.pone.0042630 . Disponible le 9/08/2012 sur : http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0042630?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+plosone%2FPLoSONE+%28PLoS+ONE+Alerts%3A+New+Articles%29 .

Sur le thème du dindon, vous pouvez également chercher une petite étude iconographique effectuée par Nicolas Latsanopoulos en contexte teotihuacain.

Latsanopoulos, N. (2011) "De chair et de plumes : données sur le symbolisme du dindon dans la culture Aztéque". N. Ragot, S. Peperstraete et G. Olivier (éds.), La quête du serpent à plumes : arts et religions de l'Amérique précolombienne : hommage à Michel Graulich. Turnhout: Brepols / Paris : Ecole Pratique des Hautes Etudes.
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jeudi 9 août 2012

Un contexte funéraire inédit découvert au Templo Mayor

Un des avantages à visiter des chantiers est de disposer d'informations qui ne sont pas encore publiées ou seulement commentées entre les spécialistes concernés. En juillet dernier, j'ai eu l'occasion, comme pratiquement chaque année, de faire un petit sur le terrain de jeu pour archéologues qu'est le Grand Temple de Mexico-Tenochtitlan. Je ne suis pas le premier ni le dernier à le faire. Parfois on peut ainsi bénéficier des précisions importantes apportées par les archéologues eux-mêmes.

Depuis l'année dernière la place Manuel Gamio abritera très prochainement un nouvel accès à la zone archéologique et au musée du site. C'est dans ce contexte qu'il y a quelques mois le PAU (Proyecto de Arqueología Mexicana) dirigé par Raúl Barrera Rodríguez avait mis au jour une structure arrondi (un des cinq cuauhxicalco) et une série de vingt et une pierre sculptées et incrustées dans un pavement datée de la phase V du centre cérémoniel.

Les fouilles de sauvetage se poursuivent au rythme de la construction de l’accès, qui ne peut-être que temporairement stoppé. Il y a quelques semaines, Rocio Morales et Perla Ruiz ont mis au jour un enterrement unique en son genre. Il s'agit de restes osseux d'une femme couché sur le côté. Comment sait-on qu'il s'agit d'une femme ? Les médecins légaux le déterminent par la forme de son crâne et de son pelvis. La nouveauté prend la forme de 1789 autres ossements humains disposés autour de cette femme.

Parmi eux trois crânes d'enfants et sept autres d'adultes donnent une première idée du nombre d'accompagnateurs de la défunte. Certaines vertèbres et fragments de sternums semblent présenter des traces de découpe. Cet ossuaire a été retrouvé à cinq mètres sous le niveau actuel du sol, sous des pierres de pavement appartenant à la Phase V du Templo Mayor, soit entre 1481 et 1486 de notre ère. Ses dimensions sont cependant très restreintes : 1,9 m de long sur 65 cm de large. Cependant les archéologues n'excluent pas que ces ossements aient été exhumés ailleurs avant d'être déposés autour de cette femme : fémurs et côtes étaient groupés en petits tas. Tous seront soumis à des analyses ostéologiques pour déterminer le nombre, le sexe, l'âge, les pathologies et les activités des individus présents dans cette offrande.

A quelques 35 cm à gauche du corps de la jeune femme, les fouilleurs ont retrouvé une petite structure large d'1,6 m de diamètre, stuquée et vide en son centre. Là reposait le tronc de chêne dont une première datation par le contexte remonte ver 1460 à 1469 de notre ère, soit la Phase IV de construction du Templo Mayor. Cet édicule est situé juste en face du cuauhxicalli que nous mentionnions plus haut et qui reprend différents éléments de la geste de Huitzilopochtli. Pour Barrera, il ne fait aucun doute que cet arbre fait référence à son parent mythique : dans les mythes mexica de création, quatre arbres soutenaient la voûte céleste et régulaient les flux d'énergie entre terre et ciel. Le tronc découvert mesure 2,20 m de long pour 40 cm de large. Autre détail intéressant, il est fendu en deux, ce qui pourrait faire référence à un autre mythe mésoaméricain très répandu : la rupture de l'arbre de Tamoanchan, l'arbre du paradis originel. L'archéologue Edgar Nebot García poursuit ses travaux pour déterminer la relation entre cet édicule et celui de Huitzilopochtli. Pendant ce temps, le tronc en bon état est soumis à un traitement de conservation afin d'éviter sa destruction par les insectes.

Pour en savoir plus sur cette découverte singulière, je vous invite à consulter le bulletin en espagnol sur le site de l'INAH. Vous y retrouverez aussi un diaporama des fouilles.

Une vidéo présente la nouvelle sur Youtube.




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mardi 7 août 2012

« Le Cinquième Soleil » s’est levé sur la Corrèze

 Ceci est un billet invité rédigé par Erik Le Bras.

22 ans après l’exposition du Grand Palais, le musée du président Jacques Chirac (Sarran) met à l’honneur les cultures du Mexique préhispanique. Cet événement culturel souhaité par la conseillère générale de la Corrèze, madame Bernadette Chirac, présente jusqu’au 11 novembre prochain quelques 200 prêts exceptionnels du musée du quai Branly, de la Bibliothèque de l’Assemblée nationale et d’importants collectionneurs privés parisiens.

Pourquoi le Cinquième Soleil ?

Le titre fait référence au logo, le glyphe aztèque Ollin,  qui accompagne le visiteur tout au long de l’exposition. Il est également un clin d’œil à la fin du monde prétendument annoncée par les Mayas puisque la date « Quatre Mouvement » marquera l’achèvement du Cinquième Soleil…

Le Parcours de l’exposition

« Le Cinquième Soleil » s’organise chronologiquement en 9 sections : les 8 premières traitent des principales cultures de la Mésoamérique tandis que la dernière illustre le goût des surréalistes pour les arts anciens et populaires du Mexique.

1.      Les Olmèques et les cultures villageoises
De la première section, on retiendra notamment un ensemble de vénus provenant de Tlatilco, la figurine d’homme-félin du musée du quai Branly, des baby-faces, une statuette féminine au thorax ouvert ainsi que divers masques dont un orné d’un profil humain incisé.

2.      L’Occident du Mexique
Ici, ce sont majoritairement des terres cuites qui évoquent les principales traditions de l’ouest mexicain. Une maquette de maisons Nayarit, un chien assis Colima, un couple de « Cornudos » ou encore plusieurs vénus Chupicuaro ayant appartenues à Guy Joussemet (ce collectionneur offrit au quai Branly la fameuse Chupicuaro qui trône aujourd’hui au pavillon des sessions du Louvre) n’en sont que quelques exemples admirables.

3.      Le Guerrero
Cette troisième unité est consacrée aux cultures Chontal et Mezcala. Les objets les plus intéressants sont peut-être la façade miniature d’un temple à quatre colonnes et deux sculptures anthropomorphes fortement stylisées.

4.      Teotihuacan
Une exceptionnelle statue anthropomorphe du quai Branly introduit l’art de la cité des Dieux. La sculpture en question fut acquise par l’Etat français en 1850 pour le « musée des antiquités américaines » du Louvre, l’un des premiers de ce genre en Europe. Outre cette pièce, on remarquera également un encensoir de type théâtre, quelques masques, une figurine articulée en terre cuite, un brasero en tuf à l’effigie de Huehueteotl, le vase dit « aux papillons » du quai Branly…

5.      La côte du Golfe au classique
La sobriété de l’art Teotihuacan cède la place à la production exubérante des cultures de l’Etat de Veracruz. Bien que les terres cuites exposées soient d’une grande qualité, c’est surtout le complexe joug-hache-palme qui suscite l’attention : joug représentant un crapaud ou un visage humain, palme à tête de jaguar ou aux motifs géométriques entrelacés, hache en forme de crâne ou de Coati… autant d’artefacts qui renvoient au jeu de balle et sa finalité sacrificielle.

6.      Les Zapotèques
C’est au travers de deux vases-effigies anthropomorphes et d’un important fragment de brasero à l’image de Huehueteotl, que les Zapotèques se dévoilent au public. Etant vu que près du quart des céramiques de cette culture sont fausses, celles présentées à Sarran ont été authentifiées par thermoluminescence.

7.      Les Mayas
A défaut de trouver les preuves d’une improbable prochaine fin du monde, les pseudo-scientifiques de l’anéantissement pourront toujours s’extasier devant des jades, des plats et des vases polychromes richement décorés de scènes mythiques, des panneaux sculptés ou des sifflets-anthropomorphes de l’île de Jaïna. Toutefois, un silex excentrique force notre admiration plus que tout le reste.

8.      Les Aztèques et les cultures du postclassique
L’avant-dernière section est dédiée aux Aztèques et leurs voisins huaxtèques, mixtèques et tarasques. L’art mexica domine le corpus avec une statue anthropomorphe masculine debout, un buste de Xipe-Totec, un coffret en pierre contenant le glyphe de Montezuma II, des sculptures représentant Ehecatl-Quetzalcoatl, Chalchiuhtlicue et une cihuateotl ainsi qu’un fac-similé du codex Borbonicus daté du XIXième siècle.

9.      Les arts populaires
L’exposition se termine sur une composition d’objets préhispaniques et populaires dont l’apparente liberté des formes inspira les Surréalistes. Plusieurs pièces exposées appartinrent à André Breton comme ce splendide masque Teotihuacan du pavillon des sessions du musée du Louvre.

Le catalogue

Le catalogue est actuellement en préparation (sortie prévue pour septembre). Il sera agrémenté des articles suivants :

-     Le Cinquième soleil sera-t-il le dernier ? - Claude-François Baudez et Véronique Campion-Vincent
-          L’Occident s’éveille aux arts amérindiens - Henri Stierlin
-          La civilisation olmèque - Claude-François Baudez
-          L’Occident du Mexique - Nicolas Latsanopoulos
-          Teotihuacan, cité des Dieux - Nathalie Ragot
-          La côte du Golfe au Classique - Sylvie Peperstraete
-          La tenue de cérémonie du joueur de balle mésoaméricain - Ted J. J. Leyenaar
-          La culture zapotèque - Nathalie Ragot
-          Unité et diversité de la civilisation maya - Claude-François Baudez
-          Les Aztèques et les cultures du postclassique - Sylvie Peperstraete
-          La beauté convulsive du papillon d’obsidienne - Carmen Bernand

Les Parisiens qui n’auront pas la chance de se rendre à Sarran, pourront toujours se procurer le catalogue à la librairie du musée du quai Branly.

Informations pratiques

Musée du président Jacques Chirac
19 800 Sarran, à 23 km au nord-est de Tulle (voiture indispensable)
Téléphone : 05 55 21 77 77
Ouvert tous les jours de 10h à 12h30 et de 13h30 à 18h
Plein tarif : 4 €
Tarif réduit : 2,5 €

Voici le film de présentation de l'exposition, visible sur Youtube.


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dimanche 5 août 2012

Raíces 63 - Mitos mesoamericanos con Alfredo López Austin

Cette semaine, Raíces reçoit un invité des plus prestigieux en terme d'anthropologie mexicaine. Après les entretiens avec Mercedes de la Garza et Linda Manzanilla Naim, nous avons le grand plaisir de pouvoir écouter le Dr. Alfredo López Austin, historien et anthropologue des religions mésoaméricaine, enseignant-chercheur à l'Universidad Nacional Autónoma de México. Depuis 50 ans le Dr. Alfredo López Austin a étudié, analysé, diffusé et divulgué les mythes mésoaméricains. Il s'est également intéressé à l'étude de différents aspects des sociétés nahuas : droit, éducation, médecine...

Il a publié plus de 150 travaux, participé à de nombreux cours et offert moults conférences à l'étranger : j'ai personnellement le souvenir de son cours donné en juin 2001 à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes, sur invitation du Dr. Michel Graulich. Plusieurs de ses ouvrages sont disponibles en français :



1997. Les paradis de brume. Mythe et pensée religieuse des anciens Mexicains. Paris : Maisonneuve et Larose.

Cet ouvrage est en voie de disparition dans la mesure où la maison d'édition a été placée en liquidation judiciaire en 2011.



2009. Une vieille histoire de la merde, illustré par Francisco Toledo et traduit par Perig Pitrou. Paris/México : Le castor astral/CEMCA.

Il est aussi co-auteur de plusieurs ouvrages avec son fils, l'archéologue Leonardo López Luján.

 
2012. Le passé indigène. Histoire précoloniale du Mexique. Paris : Les Belles Lettres.

Le programme de cette semaine a été enregistré le 2 août 2012 dans les studios de Radio UdeM, à San Pedro Garza García, au Mexique. Sergio Becerra s'est chargé de l'enregistrement et du montage. Le programme est disponible pendant 4 semaines sur le portail Soundcloud. Sentez-vous libre de le télécharger gratuitement.


Ce programme et ses numéros antérieurs sont également disponibles sur le portail Divshare sous forme de liste de lecture.


Pour compléter ce programme nous vous recommandons la consultation des références suivantes:

1961. La constitución real de México-Tenochtitlan . Mexico : Universidad Nacional Autonóma de México.
1973. Hombre-dios: religión y política en el mundo náhuatl. Mexico : Universidad Nacional Autonóma de México.
1980. Cuerpo humano e ideología. Mexico : Universidad Nacional Autonóma de México.
1998. Una vieja historia de la mierda.
1990. Los mitos del tlacuache: caminos de la mitología mesoamericana.
1991. Tamoanchan y Tlalocan. México: FCE.
1992. El conejo en la cara de la luna: ensayos sobre mitología de la tradición mesoamericana . Mexico: ERA. (réédition 2012)
1996. El pasado indígena, coautor con Leonardo López Luján . México: Colegio de México y FCE.
1997. Mito y realidad de Zuyuá. La Serpiente Emplumada y las transformaciones mesomericanas del Clásico al Posclásico, México: Colegio de México y FCE.
2008. Dioses del Norte, dioses del Sur. Religiones y cosmovisión en Mesoamérica y los Andes. Mexico/Lima : ERA-Instituto de Estudios Peruanos.
2009. Monte Sagrado - Templo Mayor. El cerro y la pirámide en la tradición religiosa mesoamericana. Mexico: UNAM-CONACULTA-INAH.
2010. "Ligas entre el mito y el ícono en el pensamiento cosmológico mesoamericano", en Anales de Antropología, (49), pp.9-50. México: IIA-UNAM. Disponible en ligne el 1 de août 2012 en: http://www.mesoweb.com/about/articles/ECN-XLIII_a01.pdf.

Si vous consultez la page d'Alfredo López Austin sur le portail Mesoweb, vous retrouverez une quantité non négligeable d'articles téléchargeables gratuitement.

Bonne écoute en attendant vos commentaires et suggestions.
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samedi 4 août 2012

Une nouvelle chaîne de télévision universitaire en ligne

L'University of Texas at Austin fait partie des rares institutions universitaires à disposer d'un centre de recherches mayistes de tout premier ordre. il faut dire que la présence de David Stuart, épigraphe réputé pour avoir trouvé une méthode pour déchiffrer l'écriture maya, n'y est certainement pas étrangère.

Curieusement le Centre Mésoamérique, organisateur des Maya Meetings, ne proposait pas encore de vidéos des conférences imparties lors de cet événement. Pour l'heure, on bénéficiait quand même des chaînes du Museo Popol Vuh Francisco Marroquin à La Antigua, au Guatemala, d'INAHTV et également de conférences en direct diffusé par l'Escuela Nacional de Antropología e Historia.

Depuis la semaine la chaîne UTexas Mesoamerica est disponible sur le portable Vimeo. Quatre conférences sont d'ores et déjà disponible gratuitement. Elles ont été filmées lors des Maya Meetings 2011 et ont pour thème le phénomène de 2012. ATTENTION : toutes ces vidéos sont en version originale non sous-titrée.

La première est présentée par Anthony F. Aveni et a pour titre Maya Apocalypse Now.

Anthony Aveni Clip Maya Meetings 2011 from UTEXAS Mesoamerica Center on Vimeo.


La second est intitulée Eons of Symmetry: Reflexions of the Deep-Tim Structures of the Maya Calendar.

David Stuart Clip Maya Meetings 2011 from UTEXAS Mesoamerica Center on Vimeo.

La troisième est intitulée Propheties and profits : The New Age Movement and 2012. Elle est proposée par Kathryn Reese Taylor.

Kathryn Reese Taylor Clip Maya Meetings 2011 from UTEXAS Mesoamerica Center on Vimeo.

La dernière conférence a pour titre History of 2012: Mayanism, the New Age and the Unintended Consequences of Well Intended Research. Elle est présentée par John Hoopes.

John Hoopes Clip Maya Meetings 2011 from UTEXAS Mesoamerica Center on Vimeo.


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jeudi 2 août 2012

Des traces de cacao vieilles de 2500 ans retrouvées au Yucatan

Si vous êtes "cacaophile" et dévorez les tablettes de chocolat au point de perdre votre tablette abdominale, cette nouvelle est pour vous ! Pour les curieux des usages mayas, elle l'est encore plus. Une équipe d'archéologues de l'INAH dirigée par Tomás Gallareta Negrón avait fouillé en 2001 le site Puuc de Paso del Macho. Quand on parle de Puuc, il s'agit d'une région située à la frontière entre les états du Yucatan et du Campeche dont la ville la plus emblématique est Uxmal. Une centaine de fragments de céramique avait alors été retrouvé.

Onze ans plus tard, le Centre W. Keck de biochimie instrumentale et comparative pour l'archéologie, dirigé par l'archéologue américaine George Bey, a présenté les résultats d'analyses spectrométriques de masse effectué par le chimiste Timothy Ward sur la centaine de tessons, avec l'espoir d'identifier les restes de résidus organiques sur ces derniers. Quelle ne fut pas la surprise au moment d'identifier des traces de cacao sur un plat ! Selon Gallareta Negrón, c'est la première que du cacao est présent sur ce type de vaisselle : jusqu'à présent les seules traces de cacao identifiées est déposé dans des vases peints et portant même le nom de leur propriétaire. 

Le second intervint au moment de la datation de la pièces. Jusqu'à présent les plus anciennes traces de cacao retrouvées sont datées d'environ 1500 ans. Dans le cas du plat de Paso del Macho, ces traces dateraient de 500 avant Jésus Christ ! Pour les archéologues, cette datation les obligent à revoir leurs hypothèses du développement social au nord du Yucatan. Jusqu'à présent, on pensait que la partie septentrionale de la péninsule avait connu un développement postérieur aux Basses Terres centrales ou Hautes Terres du Sud. Si l'élite de Paso del Macho consommait du cacao dès le Préclassique moyen, cela signifie probablement une organisation hiérarchique et sociale profondément ancienne dans la tradition maya. Qui plus est, les tessons de céramique ont été découverts à proximité du terrain de jeu de balle du site, lieu dont l'accès est réservé généralement à l’élite. Tous ces indices semblent indiquer que la zone maya semble avoir connu le développement de différentes entités à la même époque. C'est en effet à cette époque que fleurissent les sites de Nakbé ou El Mirador, actuellement situés au Péten guatémaltèque.
 
Préparé avec soin, le cacao n'était pas donné à tous et faisait surtout la joie des dirigeants et de leur cour. Le cacao parcourait de grandes distances. Les chroniqueurs de la conquête mentionnent sa consommation par l'élite mexica.

Pour en savoir plus sur cette découverte significative, n'hésitez pas à vous reporter au bulletin de l'INAH disponible en ligne et surtout à deux merveilleux numéros de la revue d'art Artes de Mexico.


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mercredi 1 août 2012

Nouveautés à Uxul, Campeche

Nous vous avions parlé de ce site satellite de Calakmul dans un billet publié en 2010. Nous vous expliquions notamment comment une équipe germano-mexicaine dirigée par les Drs Nikolai Grube et Kai Delvendahl fouille Uxul depuis 2008 avec un certain succès. Leur projet est de déterminer "le processus de centralisation et de déclin des structures d'état hégémonique dans les Basses Terres mayas en utilisant l'exemple d'une cité maya moyenne du Classique et ses liens avec un centre supra-régional".

Situé dans la biosphère de Calakmul, Uxul se révèle peu à peu. Depuis l'année dernière, les fouilles sont concentrées sur le complexe du palais royal : ce dernier mesure 120 m sur 130 m et est formé de onze édifices articulés autour de cinq cours, construit vers 650 de notre ère. L'année dernière la structure K2 a révélé l'existence de six panneaux sculptés sur l'escalier : quatre représentent des rois de Calakmul jouant à la balle. Les archéologues ont noté des changements importants dans l'organisation du centre de la ville, laissant penser que la ville soit passée sous contrôle de Calakmul à l'époque de Yukno´m Ch´een II. Mais vers le début du VIIe siècle, un lignage local reprend le contrôle de la ville jusqu'à son abandon vers 800.

Cette année, c'est une des chambres sud de la structure K2 qui a été consciencieusement explorée : le corps d'un jeune homme était déposé dans une tombe fermée par la fameuse "fausse" voûte. Plusieurs pièces en céramique l'accompagnaient : quatre plats et cinq vases parfois peints richement. Un dernier plat, peint dans le style Codex, couvrait son crâne. Les vases étaient dédicatoires : l'un d'entre eux fait référence à son propriétaire, un jeune prince, tandis qu'un second indiquerait son nom. Des bijoux en jade semble confirmer le statut de cet individu. Une autre vaisselle fait référence à 711 même si il paraît que la tombe puisse être datée dix ou vingt ans plus tard.

Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez consulter une note en anglais disponible sur le site Sciencecodex. Si vous êtes à l'aise dans la langue de Goethe, vous pouvez lire ce texte présenté sur le site de l'Université de Bonn où enseignent les deux responsables du projet Uxul.


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