mercredi 31 octobre 2012

Des traces d'incendie rituel retrouvées à El Pañhú, Hidalgo

Nous avons déjà présenté le projet archéologique de la vallée du Mezquital, dirigé par le Dr Fernando López Aguilar, enseignant-chercheur à l'ENAH. Dans un bulletin publié récemment sur le site de l'INAH, il décrit une découverte intéressante faite sur le site d'El Pañhú, dans l'état d'Hidalgo. Ce site était d'une importance régionale certaine comme en témoignent les tesselles de turquoise (originaires du Nouveau Mexique) et de jadéite (originaire du Motagua au Honduras) retrouvées lors des précédentes campagnes de fouilles.

Lors de fouilles entreprises sur la pyramide principale de ce site de tradition xajay, situé à trente kilomètres d'Huichapan, un sol couvert de stuc a été mise au jour. Sur ce cliché disponible sur le site de l'INAH, on peut apprécier différentes tâches obscures qui correspondent à des dépôts de cendres, suite à différents rituels que López Aguilar estime de "régénération du soleil".

Pour préciser son hypothèse, le chercheur mexicain fait notamment appel à l'archéoastronomie. Le 3 août 650 de notre ère a eu lieu une éclipse solaire qui a dû fortement impressionner les habitants d'El Pañhu. Il serait très probable qu'il ait été aussi observé par les habitants de Teotihuacan, alors au fait de sa gloire et de son expansion. Selon la même proposition de López Aguilar, ce serait ce même événement astronomique qui pourrait avoir généré l'abandon progressif et massif de la grande cité mésoaméricaine. Un phénomène similaire pourrait avoir eu lieu à El Pañhu. L'éclipse solaire était vécue comme un moment dramatique où le soleil "dévoré" était le signe précurseur de la fin d'une ère.

Le temple très certainement dédié au Vieux Dieu du feu fut rasé. Des fragments de crânes témoignent de sacrifices humains tandis que des aiguilles de maguey indiquent des autosacrifices effectués par les prêtres.

Pour compléter ce billet, vous pouvez également voir un diaporama des fouilles sur le site de l'INAH.
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mardi 30 octobre 2012

Lifting pour le terrain de jeu de balle de Toluquilla, Queretaro

Situé dans la réserve naturelle de la Sierra Gorda de l'état de Querétaro, Toluquilla est un site appartenant à la culture dite huaxtèque ou huastèque, selon l'orthographe que vous préférez. Construit un plateau, il comprend cent vingt structures dont quatre terrains de jeu de balle.Toluquilla était un important centre régional et dominait cette partie de la Sierra Gorda. L'industrie minière était la spécialité de Toluquilla, notamment le mercure et le cinabre (sulfure de mercure) si apprécié des anciens Teotihuacains et Mayas. Des offrandes funéraires ont renforcé l'importance de Toluquilla à un niveau supraregional avec la présence de céramiques fabriquées dans la région d'El Tajín, Veracruz ou imitant le style de Tula, Hidalgo, l'utilisation de coquillages originaires de l'océan Pacifique et de la côte du Golfe du Mexique.

Les premières mentions du site sont d'ailleurs le fait d'ingénieurs au milieu du XIXe siècle à la recherche de nouveaux gisements. L'archéologue Elizabeth Mejía Pérez Campos, coordinatrice du projet Toluquilla, a commenté sur le site de l'INAH les travaux de restauration effectué sur le Terrain de jeu de balle 1, le plus important des quatre. Long de 40 m, large de 9 m, ce terrain dispose de deux murs droits dont vous pouvez apprécier les photos ici. L'absence d'anneaux laisse penser que les modalités du jeu tenaient compte de marqueurs disposés sur le sol. Les travaux de restauration ont été effectués sur les parements du terrain de jeu de balle: longs de 3,7 m, ils sont formés de pierres qui ont été démontées, catalogués et replacés avec un mélange de chaux, sable et eau, conformément aux techniques originales.

Les campagnes de fouilles à Toluquilla ont permis d'exhumer les restes osseux de cent quatre-vingt-dix-sept individus répartis parmi vingt-sept enterrements appartenant à toutes les classes d'âges. Des foetus ont même été retrouvés. Des traces de contamination au mercure ont notamment été observés sur les ossements, probablement dûes soit la pollution de l'eau que les habitants buvaient ou des aliments qu'ils ingéraient, ou encore à son inhalation.

Pour en savoir plus sur ces travaux de restauration, vous pouvez consulter le bulletin publié sur le site de l'INAH. Pour en savoir plus sur Toluquilla, vous pouvez également consulter sur cette fiche proposée par l'INAH.
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lundi 29 octobre 2012

Raíces 75 - Archéologie de Sonora avec Victor Ortega León

Pour ce soixante-quinzième épisode de Raíces, cap au nord-ouest du Mexique ! Las du Centre et du sud-est, découvrons un peu les traditions culturelles préhispaniques du Sonora, qui passe pour être un des états disposant d'un des plus extrêmes climats de ce pays. Pour nous présenter l'archéologie de cet état, nous recevons Victor Ortega León, archéologue et enseignant à l'Universidad Humanista de las Américas.

Vous pouvez nous écouter en baladodiffusion sur Soundcloud et Divshare en format flash et html5. Le fichier mp3 du programme sera disponible pendant les quatre prochaines semaines.



Raices 75 - 27102012 by Mexique Ancien


Références bibliographiques

Braniff, Beatriz (coord.) 2001. La gran Chichimeca. El lugar de las rocas secas. Milán: Jaca Books/INAH/Conaculta.
Carpenter Slavens, J., G. Sánchez y E. Villalpando. 2003. "Sonora prehispánica: Del arcaico y del surgimiento de aldeas agrícolas", en Arqueología, vol. 29. México: INAH.
Areti-Hers, Marie (coord.) 2000. Nómadas y Sedentarios en el norte de México. Homenaje a Beatrix Braniff. México : INAH-UNAM.
Martínez Rámirez, Júpiter. 2012. Travesía hacia el desierto. Anecdotario de un arqueólogo en la Sonora del siglo XX y XXI. México: Fundación Armella Spitalier.
Pfefferkorn, Ignaz. 2008. Descripción de la provincia de Sonora. Cién de México. México: CONACULTA.
Arqueología mexicana, 97. Mexico: Raíces.

Expositions
Évènements académiques
  • Taller avanzado de Epigrafía V. Textos en objetos portátiles, Auditorio Javier Romero Molina, ENAH, jusqu'au 21 novembre.
  • Museo del Templo Mayor 25 años recuperando nuestro pasado, 27 octobre, 10 et 17 novembre, 8 décembre.
  • 75e anniversaire de la Sociedad Mexicana de Antropología, 30 octobre, Auditorio Jaime Torres Bodet.
Médias
Cet entretien a été enregistré le 18 octobre 2012 dans les studios de Radio UdeM, avec l'aide de Nicolas Chapa aux manettes et de Sergio Becerra au montage. Nous vous rappelons que Raíces est un programme radio éducatif sans but lucratif sous licence Creative Commons Paternité-Partage à l'identique-Usage commercial interdit.
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samedi 27 octobre 2012

Le Museo del Templo Mayor fête ses 25 ans

La semaine dernière, l'enceinte qui fut inaugurée pour héberger les vestiges lors des fouilles entreprises sous la direction d'Eduardo Matos Moctezuma a fêté son premier quart de siècle. L'INAH propose différentes activités en relation avec cet événement.

En premier lieu, on notera l'inauguration d'une exposition temporaire intitulée Museo del Templo Mayor. 25 años recuperando nuestro pasado. Elle propose une sélection de vingt-cinq objets et cent cinquante images accumulées durant les trois dernières décennies. Certains objets sont exposés pour la première comme cette tête de serpent aux pigments parfaitement visibles ou ce squelette d'ibis retrouvé dans une offrande.

D'autre part, une série de conférences gratuites est offerte les 10 et 17 novembre et 8 décembre prochain dans l'amphithéâtre Eduardo Matos Moctezuma. Enfin, la journaliste Cristina Pacheco a eu un long entretien avec l'inventeur de la Coyolxauhqui sur la chaîne Once TV le 12 octobre 2012.




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mardi 23 octobre 2012

Série documentaire Ciudad de Dioses (Temporada 1 - Tenochtitlan)

Aujourd'hui, je vous propose de découvrir une petite série documentaire intitulé Ciudad de Dioses disponible sous forme de lecture sur Youtube. Il s'agit d'une présentation globale de Tenochtitlan. La participation de certaines autorités scientifiques bien connues donne une validité aux commentaires proposés. La résolution est suffisamment bonne pour la projeter sur un écran plat. Les données présentées sont récentes et bien actualisée, même si les travaux du PAU sont quelque peu laissés de côté.

Bon visionnage ! Merci à Elena Mazetto de nous avoir fait découvrir cette série.

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dimanche 21 octobre 2012

Raíces 74 - Le musée maya de Cancún

Cette semaine, Raíces vous propose une exclusivité. Avant la presse nationale mexicaine, l'archéologue Adriana Velázquez Morlet, déléguée de l'INAH au Quintana Roo, nous explique les secrets du nouveau Musée maya de Cancún qui sera inauguré à la fin de ce mois d'octobre en présence des plus hautes autorités locales et nationales.

Pour nos auditeurs francophones, Adriana est revenu autant sur les principes qui ont régi le dessin et la construction du musée, situé au coeur de la zone hôtelière de Cancún, et plus précisément sur le site préhispanique de San Miguelito (voir la carte ci-dessous).



Adriana nous a également confié que cette enceinte, résultat du plus gros investissement fédéral depuis la construction du Musée National d'Anthropologie, disposera de collections largement inédites. Lors de son inauguration, le visiteur pourra également profiter de l'exposition temporaire Rostros de la Divinidad, une exposition qui fut présentée cette année à la Pinacothèque de Paris et que nous avons relayée sur ce carnet. Elle sera présentée jusque janvier 2013.

Vous pouvez nous écouter en baladodiffusion sur Soundcloud et Divshare en format flash et html5. Le fichier mp3 du programme sera disponible pendant les quatre prochaines semaines.






Expositions
Évènements académiques
Médias
Cet entretien a été enregistré le 18 octobre 2012 dans les studios de Radio UdeM, avec l'aide de Nicolas Chapa aux manettes et de Sergio Becerra au montage. Nous vous rappelons que Raíces est un programme radio éducatif sans but lucratif sous licence Creative Commons Paternité-Partage à l'identique-Usage commercial interdit.

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jeudi 18 octobre 2012

Une série de tombes découvertes au Nayarit

Alors qu'ils effectuaient une campagne de fouille de sauvetage sur le tracé de la future autoroute qui reliera Jala, au Nayarit, et Puerto Vallarta, au Jalisco, des archéologues de l'INAH ont fait une découverte fortuite au contenu inédit. En charge des opérations, Lourdes García Barajas et José Beltrán Medina, chercheurs à l'INAH Nayarit, ont annoncé la découverte d'une tradition funéraire dans cette région. Jusqu'à présent, des tombes à puits et certaines céramiques contenant des restes osseux avaient été enregistrées au pied du volcan Cerobuco.

Sur quels éléments archéologiques se fonde cette annonce ? Pour l'heure la présence de douze enterrements a été enregistrée : ils consistent en des pierres de basalte et accomodées de manière à former des caisses, retrouvés à 40 cm de la surface. Lourdes García Barajas décrit leur disposition de la manière suivante :
"Chaque cache, composée de huit pierres en basalte et couverte de dalles, était séparée de 30 à 40 cm d'une autre. Au moment de retirer les dalles, nous nous sommes rendu compte que les coins ouest et nord de la cache comportaient des restes de pigmentation rouge. Des vaisselles, des bols tripodes, des colliers formés de piécettes incisées en terre cuite , des billes en terre cuite, des objets en nacre et des poinçons en os."
De son côté José Beltrán Medina est revenu sur le contenu d'une des caisses en basalte : elle contenait trois figurines féminines de type Mazapa. Deux d'entre elles sont identiques et mesurent 30 cm de hauteur: peintes en rouge, elles sont habillées d'une robe et portent une coiffe, des bracelets et des boucles d'oreille. La troisième représente une jeune femme vêtue et portant différents ornements.

Ce sont ces éléments qui ont permis une datation vers 1100 de notre ère, moment où ont survenu de nombreux mouvements migratoires entre l'Occident et le Haut Plateau central. Les archéologues n'excluent pas l'hypothèse qu'il puisse s'agir d'un cimetière de filiation nahua, étant donné les passages répétés de cette ethnie sur des routes commerciales fréquentées à l'époque par ces derniers.

Pour l'heure les anthropologues n'ont pas déterminé le nombre d'individus qui ont été déposés. Mais on a pu établir que la majorité des ossements présentaient des traces de crémation. Des examens médico-légaux sont actuellement en cours pour établir notamment l'origine et les pathologies de ces individus.

Parallèlement une tombe à puits formée de quatre voûtes a été mise au jour : c'est la première découverte de ce genre au Nayarit. Elle a malheureusement été retrouvée vide, victime très probablement d'un pillage.

Pour en apprendre davantage, consultez le bulletin publié en espagnol par l'INAH et jetez un oeil au diaporama présentant ces fouilles.
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mercredi 17 octobre 2012

Travaux de restauration de l'Édifice 11 d'El Tajin

Un petit cocorico de temps en temps ne fait de mal à personne. C'est en parcourant la lettre d'informations de l'INAH qu'on peut apprécier la présence du restaurateur français Benjamin Blaisot sur le site d'El Tajin, au Veracruz. Le jeune homme avait déjà fait valoir ses talents à Teotihuacan l'année dernière. Cette fois-ci il est sur le devant de la scène avec un entretien que vous pouvez retrouver sur le site de l'INAH.

2010 a été une année particulièrement violente en terme de cyclones et autres ouragans. L'un d'entre eux, Karl, avait durement frappé l'état côtier du Veracruz, endommageant notamment les structures préhispaniques d'El Tajin. C'est seulement depuis quelques semaines que des travaux de consolidation et de restauration ont été entrepris sur les peintures murales de l'Édifice 11. L'humidité excessive générée par le passage de l'ouragan s'échappe par la porosité des peintures murales.

Le traitement consiste donc dans un premier à stabiliser les peintures pour ensuite enlever la fine couche de sels qui s'est cristallisée à leur surface et a diminuer la visibilité des peintures à 50 %. Des fissures et des effritements ont même été observés.

Benjamin Blaisot fait la description de l'iconographie décelable sur ces peintures : il s'agit de grecques inversées et de langues bifides encadrées par des cénèphes. A l'intérieur des langues bifides, on peut observer des symboles qui renverraient à Tlaloc et à Quetzalcoatl. Blaisot revient également en détail sur les différentes phases de traitement : d'abord on applique du coton trempé dans une solution eau-alcool, puis des petits papiers imprégnés de cellulose absorbent les cristaux.

Les sols ont bénéficiés d'un traitement complètement réversibles : après leurs consolidation et leur enregistrement, une couche de géotextile a été posée afin de faire coexister peintures originales et restauration modernes. La reproduction des peintures se fera notamment à partir des relevés à taille réelle...
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dimanche 14 octobre 2012

Raíces 73 - Archéologie dans l'enseignement secondaire mexicain

Comme de nombre de nos invités, Natzin a étudié l'archéologie et par besoin a commencé à travailler comme professeur d'histoire dans une institution privée de Mexico. Dans le but de concilier ses études et son travail, Natzin a eu l'excellente de proposer une série de séances didactiques afin de sensibiliser ses élèves à l'exploration, l'étude et la conservation du patrimoine mexicain. Bien lui en a pris : Natzin a décroché en 2006 le prix Manuel Gamio, récompense de l'INAH pour sa thèse de licence. Voici l'entretien que nous vous avons enregistré le 10 octobre 2012 dans les studios de Radio UdeM avec l'aide de Sergio Becerra.

Vous pouvez écouter ce programme en format flash et html5 selon le navigateur que vous utilisez.





Comme chaque semaine, voici les liens que vous pouvez consulter pour en savoir plus sur les informations mentionnées pendant ce programme.

Références bibliographiques :
García Macias, Natzin Itzaé. 2009. Arqueología e educación. Una propuesta didáctica para la enseñanza de la arqueología en la educación secundaria. México: INAH.

Expositions :
Évènements académiques
Évènements archéologiques
Médias
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jeudi 11 octobre 2012

Un ensemble funéraire découvert à Bocana del Rio Copalita

A peine ouvert au public, le site de Bocana del Rio Copalita, situé à une dizaine de kilomètres de la station balnéaire de Huatulco, Oaxaca, n'en est pas moins soumis à une sixième campagne de fouilles qui a récemment connu de nouvelles avancées.

C'est ainsi que l'archéologue Raúl Matadamas Díaz, chargé du projet d'exploration et de restauration a annoncé l'exhumation d'une tombe disposant d'un riche mobilier que nous détaillerons ensuite. Pour l'heure, il convient de rappeler que Copalita est un site dont l'identité des occupants ou même la filiation ethnique reste méconnue mais dont l'occupation remonte à 600 de notre ère. Différents groupes se sont succédé sur ce site. Les traces les plus anciennes sont celles de Mixe-Zoques, puis celles de groupes zapotèques originaires des vallées centrales d'Oaxaca. Ensuite Chontales et Mixtèques ont occupé l'endroit jusqu'à l'arrivée des Espagnols.

Le personnage principal, un jeune homme âgé de 20 a 23 ans d'après les premières analyses anthropométriques, était allongé sous une voûte formée de plusieurs dalles, qui s'est effondrée postérieurement sur le corps. Les spécialistes de l'INAH ont retrouvé les différents éléments suivants : 
  • un fémur qui pourrait avoir servi comme bâton de pouvoir;
  • un collier comportant cinq perles de jade;
  • les restes de 3 petits sacs remplis de peinture sur la cage thoracique : des traces de pigment rouge ont été observé sur certains os de cette dernière ;
  • une hache en pierre blanche, longue de 20 cm, dont le fil est peint en rouge;
  • six vaisselles en céramique marron et crème ont été retrouvées à côté du fémur droit.
Autour de la sépulture, les archéologues ont mis au jour vingt-deux autres enterrements, légèrement postérieur à la tombe précédemment décrite. Datés entre 700 et 800 de notre ère, ils démontrent l'occupation et l'utilisation continues de cette espace à des fins mortuaires. D'ailleurs des fouilles antérieures avait permis de retrouver seize autres ossements dont le contexte céramique montrent une date en 300 et 700 de notre ère. Des vingt-deux corps mentionnés plus haut, l'un d'entre eux correspondrait à une femme allongée sur le ventre, le visage vers le sol : elle portait deux pendants d'oreilles en jade et une perle de la même matière a été retrouvée sur ses vertèbres lombaires.
Différents patrons d'enterrement ont également été enregistrés : sur les trente-neuf corps comptés, trois correspondaient à des enfants âgés de moins de six ans et déposés dans des vaisselles, un quatrième ayant été déposé à même le sol. Six corps ont été retrouvés en position fléchie, les autres en position allongée. Vingt-cinq disposaient d'une offrande faite soit d'artefacts en jade soit de vaisselles en céramique.
Pour en savoir plus sur cette découverte, vous pouvez consulter le bulletin en espagnol publié sur le site de l'INAH. Une visite virtuelle de Bocana del Rio Copalita est également disponible.
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mercredi 10 octobre 2012

Redéfinition du rôle du Grand terrain de jeu de balle de Chichen Itza

Lors du XVII Coloquio Roman Piña Chan qui a eu lieu au MNA dans le cadre de la Feria del libro antropológico, l'archéologue yucatèque José Huchim Herrera a présenté les résultats de la longue restauration entreprises sur un des lieux les plus importants de Chichen Itza : le Grand Terrain de jeu de balle, enceinte la plus vaste de ce genre en Mésoamérique.


Grand Terrain de jeu de balle, Chichen Itza, Yucatan
Photo : B. Lobjois.

Les travaux ont essentiellement consisté en la réhabilitation d'un escalier serpentiforme et de cinq petites structures disposés au-dessus de chaque corps est et ouest du Grand Terrain de jeu de balle. En s'appuyant autant sur des études d'archéoastronomie que sur des représentations bi et tridemsionnelles de terrains de jeu de balle (cf. Taladoire, 2012), Huchim Herrera explique que le Terrain de jeu pouvait avoir également une fonction d'observatoire. Il a pour ce faire comparer une série de mesures et d'observations faites il y a 20 ans avec d'autres effectuées après la restauration de ces repères : il a pu rétablir que les repères situés au centre permettaient d'observer le soleil pendant les équinoxes alors que ceux situés au nord du terrain pouvaient avoir servi pour observer le solstice d'été.


Parapet sud-ouest, Grand Terrain de jeu de balle,
Chichen Itza, Yucatan.
Photo : Bertrand Lobjois

Pour comprendre de quoi retourne tout cette annonce, vous pouvez consulter le bulletin de l'INAH disponible en ligne.

Un court reportage est également proposé sur la chaîne INAHTV.



Références bibliographiques:

Taladoire, E. (2012). "Las representaciones bi y tri-dimensionales de juegos de pelota en Mesoamérica", in Arqueología Mexicana, vol. XIX, 117, p. 18-27. Mexico: Raíces.
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mardi 9 octobre 2012

Nouvelles données importantes pour le Templo Mayor

Nous avons mentionné à plusieurs reprises les travaux de sauvetage que le PAU est en train d'effectuer dans le centre de Mexico. Après l'offrande 130, les cinquante encensoirs récemment évoqués dans la presse, un contexte funéraire inédit, on en sait un peut plus sur le tronc d'arbre qui avait été dégagé en mai dernier. Raúl Barrera Rodríguez, responsable du PAU, a notamment expliqué qu'il était disposé sur une structure circulaire de 2,2 m de diamètre et 55 cm de hauteur, faite de tezontle (pierre volcanique poreuse typique de la vallée de Mexico) cimentés par de la boue. Situé à seulement 2 m du cuauhxicalco découverte l'année dernière, l'édicule est orienté vers le côté Huitzilopochtli de la pyramide double. Elle appartient probablement à la phase IV du Templo Mayor, c'est-à-dire qu'elle est contemporaine des têtes de serpents à plumes.

La construction du futur vestibule d'entrée à la zone archéologique oblige l'équipe de Raúl Barrera Rodríguez à travailler dans l'urgence : elle a récemment remis le couvert avec une information qui en fera frémir plus d'un : plus de deux cents mâchoires et quarante-cinq crânes humains ont été exhumés en deux points du cuauhxicalco. A l'arrière de cette structure, un dépôt probablement effectué pour la "fermer" rituellement contenait la plus grande quantité de crânes jamais retrouvé au Templo Mayor. Pour Ximena Chávez Balderas, il est très probable que Mictlantecuhtli en était le destinataire. Barrera n'exclut pas que certains aient pu être manipulés dans le but d'être décorés de différents pierres semi-précieuses et coquillages et de représenter le dieu de la mort.

En fouillant sous la structure, les archéologues du PAU ont également mis au jour une pierre sacrificielle, datant de la Phase II du Templo Mayor. A sa base, cinq crânes perforés dans l'os pariétal semble clairement indiquer leur utilisation dans un tzompantli, ou râtelier de crânes. L'archéologue Estibaliz Aguayo estime qu'en dépit d'une fragmentation dû aux remblais et aux constructions qui ont pesé sur les crânes, la grande majorité de ces derniers est en bon état de conservation et facilitera autant leur analyse que leur restauration. D'après les premiers examens médico-légaux, ils s'agiraient d'hommes et de femmes âgés entre 20 et 35 ans.

Pour plus d'informations, consultez l'article publié sur le site d'El Universal ou le bulletin disponible sur le site de l'INAH: ce dernier est accompagné d'un diaporama plus qu'intéressant sur les conditions de fouilles.
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lundi 8 octobre 2012

Ukit Kan Lek Tok’ souverain difforme d'Ek Bakam

La médecine légale appliqué à des restes humains anciens ne cesse de nous apporter des éléments bien différents de ce que certains gouvernants voudraient nous faire croire. Le cas d'Ukit Kan Lek Tok’, ancien souverain du site yucatèque d'Ek Balam entre 770 et 801 de notre ère, se révèle extrêmement parlant. Certes on pouvait supposer que le roi présentait certaines déformations faciales mais elles n'étaient pas le résultat de coutumes traditionnelles. Un pendentif en os laisser en effet deviner que sa lèvre supérieure était coupée et que sa mâchoire était déviée.

L'anthropologue Vera Tiesler, chercheuse à l'Universidad Autonóma De Yucatán, avait déjà brillamment officié sur le cas de K'inich Janaab Pakal dans un livre qu'elle a notamment coordonné. Elle s'est attelé à l'étude des ossements de Ukit Kan Lek Tok’ et le verdict est bien plus sévère qu'il ne laisse paraître. Elle a observé des caries sur vingt-trois pièces dentaires, certaines atteignant le stade d'alvéoles maxillaires chroniques ! Le roi a notamment souffert trois infection sévères et cinq pièces dentaires étaient littéralement mortes. Cela a provoqué l'affaissement de sa mâchoire à droite et, par conséquent, sa dissymétrie faciale.

Sak Xok Naah, Classique récent, Talol.

Ajoutez-y une inclinaison naturelle de la machoire inférieure vers le bas et il n'est pas exclu que cela ait été facilité probablement par un mauvais coup.

Dans sa personnification du jeune dieu du maïs située sur la pierre qui scelle la voûte 15, Ukit Kan Lek Tok’ présente encore cette déformation. Ses restes furent déposés dans ce qui est appelé la Casa blanca de la lectura ou "Sak Xok Naah", structure fermée située dans l'Acropole d'Ek Balam (Talol selon le glyphe-emblème qui a pu être relevé). La chambre funéraire comportait plusieurs banquettes richement décorées et comportait quatre masques en stuc représentaient le soleil. Vingt et une vaisselles, plus de 7000 pièces de jade, de coquillages et de pyrites et d'os composent le mobilier funéraire qui accompagnaient le roi défunt. A l'extérieur tandis qu'on peut voir le souverain assis sur la gueule du monstre terrestre.

Moralité : chez les Mayas, on peut personnifier un dieu et avoir une apparence hors du commun. De fait rappelons que les personnes présentant des déformations, les personnes de petite taille entouraient souvent les anciens dirigeants mésoaméricains. Moctezuma II avait un certain respect pour eux dans la mesure où on les considérait comme messagers des dieux.

Pour davantage d'informations sur ces recherches, vous pouvez toujous lire une note publiée sur Azteca 21.
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dimanche 7 octobre 2012

Raíces 72 - Le cacao avec Gabriela Olmos

Cette semaine, Raíces a pris des allures gourmandes en s'intéressant au cacao. En compagnie de Gabriela Olmos, sous-directrice de publication chez Artes de México, nous avons voulu vous présenter rapidement cette graine aussi importante que le maïs et le haricot, pour certains peuples préhispaniques.


Voici le podcast en format mp3 disponible sur Archive.org .


Vous pouvez également nous écouter sur Divshare.


Ensuite vient notre traditionnelle liste de références et de liens pour compléter l'écoute de ce programme.

Références bibliographiques : 

  • Chocolate. Cultivo y cultura del México antiguo. Artes de México, 103.
  • Chocolate II. Mística y mestizaje. Artes de México, 105.
  • El cacao y el chocolate. Arqueología mexicana, edición especial 45. México: Raíces.
  • Coe, Michael D. y Sophie Coe. (1999). La verdadera historia del chocolate. México: Fondo de Cultura Económica. 
  • Itturiaga, José N. (2010). Chocolate: orgullo de México. México: Nestlé. 
  • López Austin, Alfredo. (1992) El conejo en la cara de la luna: ensayos sobre mitología de la tradición mesoamericana. México: Era Ediciones.
  • Durand-Forest, Jacqueline de (1967). "El cacao entre los aztecas", in Estudios de Cultura Nahuatl, vol.7, 155-181. México: IIH/UNAM. 
  • Hurst, W. Jeffrey, et al. (2002). "Cacao usage by the earliest Maya Civilization", in Nature, 418, 289-290.
  • Carnet Delicias prehispánicas.
  • Billet sur ce carnet sur le numéro hors-série d'Arqueologia Mexicana, 45.

Expositions :
Évènements académiques
Médias

Ce programme a été enregistré dans les studios de Radio UdeM le 3 octobre 2012, avec le soutien d'Oscar, Mauricio et Hector. Le montage est l'oeuvre de Sergio Becerra. Production et présentation sont la responsabilité de votre serviteur. Nous vous rappelons que Raíces est un programme radio éducatif sous licence Creative Commons Paternité-Partage à l'identique-Usage commercial interdit.
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vendredi 5 octobre 2012

Découverte de la tombe royale de Dame Lotus-Main à El Perú-Waka

Une équipe d'archéologues états-uniens de la Washington University in Saint Louis travaille à des fouilles sur le site de El Perú-Waka sous la direction du Dr David Freidel, mayiste reconnu pour ses travaux avec Linda Schele, et Juan Carlos Pérez, archéologue et ancien vice-ministre de la culture du Guatemala. Ce site qui a connu son apogée pendant le Classique tardif est situé dans le département du Péten, au Guatemala.

Des fouilles sont menées depuis quelque temps sur la structure indiquée comme M13-1. Mais elles n'avaient initialement été programmées pour étudier des tombes. Récemment l'équipe a dL'identification proposée par cette équipe de chercheurs repose sur l'analyse et la lecture d'une petite vaisselle en albâtre. On y retrouve la représentation d'une femme âgée sur la partie extérieure tandis que quatre glyphes ont été gravés à l'intérieur avec le nom de la propriétaire : Dame Lotus-Main, princesse de Calakmul, c'est-à-dire, un des membres de la puissante dynastie Kan qui dirigeait cette ville et de nombreuses autres dans la zone maya, parfois très éloignées.

Selon d'autres inscriptions, on sait que K'abel occupait un poste important : elle était gouverneur militaire de l'endroit au nom de sa famille d'origine. Elle est également désigné en tant que kaloomte, c'est-à-dire guerrier suprême.

Pour en savoir davantage, vous pouvez directement consulter le billet en anglais présenté sur le site de la Washington University in Saint Louis. Un rapport en format pdf est également disponible sur cette page. Voici un entretien court avec David Freidel qui nous livre quelques détails en anglais sur la découverte et l'hypothèse de travail proposée.


Bon visionnnage !
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jeudi 4 octobre 2012

Cinq nouvelles visites virtuelles sur le site de l'INAH

Depuis quelques jours l'INAH nous offre la possibilité de connaître virtuellement cinq sites archéologiques :
Il est notable de voir que ces deux sites ont récemment été inaugurés et ouverts au public. Si on peut saluer l'initiative, il est également bon de rappeler que Google utilise également sa technologie Streetview pour découvrir de nombreux sites directement sur Google Earth ou Google Maps.

Si on dispose davantage d'informations sur le site de l'INAH que sur l'application Google, il faut bien reconnaître que son accès gagnerait en visibilité en étant intégré directement au parcours sous la forme d'éléments à cliquer. D'autre part, il serait judicieux que ces parcours soient accessibles dans différentes langues afin de susciter l'intérêt de futurs visiteurs.

A vous de voir et de vous faire votre opinion.

[Mis à jour le 7 octobre 2010]
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mardi 2 octobre 2012

Arqueología mexicana 117

La revue de divulgation de l'INAH propose dans son dernier numéro une mise à jour sur l'état des connaissances sur les sites tlaxcaltèques de Xochitecatl et Cacaxtla, dans le tout petit état de Tlaxcala.


Les fameuses peintures murales ne sont que partiellement de mise. Dans le dossier spécial de ce bimestre, il est plus question d'appréhender le rôle élitiste de l'acropole de Cacaxtla avec les monuments plus ouverts de Xochitecatl et les humbles cabanes de Natavitas. Les archéologues Jesús Carlos Lazcano Arce et Mari Carmen Serra Puche nous proposent une perspective méconnu et complémentaire de la vision que nous avons de Cacaxtla par le biais de trois articles.



Le premier concerne le développement urbain imaginé en fonction des formations topographiques, d'orientation astronomiques et la présence immédiate des trois volcans qui se détachent dans l'horizon immédiat : le Popocatepetl, l'Iztaccihuatl et la Malinche. Le second court papier à quatre mains fait le point sur les explorations effectuées dans la zone archéologique. Le dernier est l'oeuvre de la professeur de l'UNAM et résume une publication éditée par cette institution : Vida cotidiana en Xochitecatl-Cacaxtla.


Vue de l'Acropole de Cacaxtla, depuis le sud-ouest.
Photo : Bertrand Lobjois.

Le dossier comporte des ramifications qui vont au-delà de l'archéologie. La première d'entre eux est rédigé par l'historienne de l'art Maria Teresa Uriarte; elle pose une question  provocatrice, issue d'une collaboration avec le mayiste Erik Velázquez : la grande peinture de l'Édifice B de Cacaxtla représente-t-elle vraiment une bataille ? Étant donné la présence de certains éléments iconographiques concordants, ils estiment qu'il s'agit d'une représentation du mythe de la naissance et de la mort du dieu du maïs, observable déjà sur des peintures murales du Préclassique à San Bartolo.


Peinture murale dite de la Bataille, Epiclassique, Cacaxtla.
Photo prise le 14 juillet 2012 : Bertrand Lobjois.


Marchand et son chargement,
peinture murale, Templo Rojo, Epiclassique, Cacaxtla.
Photo prise le 14 juillet 2012 : Bertrand Lobjois.

Suit une réflexion de l'archéologue David Carballo et de l'archéoastronome Anthony Aveni sur l'orientation de l'architecture cérémonielle de Xochitecatl et d'autres sites avoisinants.


Vue de la façade est de la pyramide de Xochitecatl, Tlaxcala.
Photo : Bertrand Lobjois

L'article suivant, proposé par Patricia Plunket, Gabriela Uruñuela et Sara Ladrón de Guevara s'attèle justement à expliquer comment Cholula a dû temporairement abandonner son emprise sur cette partie du Mexique central à la suite d'une éruption volcanique. Il est curieux de voir que Cacaxtla-Xochitecatl avait déjà subi les mêmes affres à la fin du Préclassique pour la même raison.

Enfin on nous propose un dernier texte sur la fête de Saint Michel dans le village homonyme, situé en contrebas de la zone archéologique.On y retrouve différents éléments ethnographiques qui explique l'origine et le développement de ce culte à l'archange.

Pour parler du reste de la revue, on notera la participation de l'archéologue français Eric Taladoire qui propose un travail statistique et iconographique lié aux représentations bi et tridimensionnelles des terrains de jeu de balle. A la suite du dossier principal, on retrouvera une étude sur la découverte de la Dame de Chalma et ses tribulations : à partir de données de seconde main, de correspondances, Leonardo López Luján et Laura Filloy Nadal ont pu rétablir le contexte archéologique de cette découverte.

Le biologiste Jesús Alvarado Ortega nous fait découvrir un site paléontologique de tout premier ordre : la Cantera Tlayúa située dans la Mixteca poblana.

Enfin, dans sa série Mensonges et vérités, Eduardo Matos Moctezuma revient sur le polémique "Panache de Moctezuma" et sur sa nationalité : mexicaine ou autrichienne ?

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lundi 1 octobre 2012

Quelques cartes pour les travaux 3

Voici la suite d'une série de billets sur la cartographie de la Mésoamérique. Pour les professeurs d'ELE ou les étudiants soucieux de présenter un travail ou un projet correctement documenté, vous pouvez consulter l'Atlas histórico de México. Il s'agit d'un outil accessible gratuitement mis au point par le Colegio de Ciencias e Humanidades de la Universidad Nacional Autónoma de México. Il comprend une série de cartes allant de l'époque préhispanique à notre époque en passant par les tourments de la guerre d'indépendance, le Porfiriat, la Révolution Mexicaine, etc. Il est principalement l'oeuvre de Jazmín Arrieta Sámano et Karla Gabriela Moreno Vega. On peut notamment en faire un très bon usage avec un TNI : au-delà de présenter l'information de manière ludique, on pourra directement évaluer les connaissances acquises à travers d'activités. Enfin il est même possible de télécharger l'intégralité de cet atlas sans avoir à verser le moindre peso : idéal si votre connection internet sans fil est défaillante !


Voici une petite capture d'écran pour mieux apprécier ce gratuiciel.

D'autre part vous pouvez également retrouver une très bonne carte sur une encyclopédie en ligne. Mes efforts pour retrouver le(s) auteur(s) de cette carte se sont soldés par un échec.


Voilà pour le moment. Je profite de ce billet pour demander aux lecteurs de ce carnet un service: je recherche une carte détaillée sur les cultures de la Côte du Golfe.
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