jeudi 31 janvier 2013

Comment les Teotihuacains maquillaient leurs défunts ?

Cette question a priori saugrenue est pourtant au coeur d'une étude effectuée par une équipe de chercheurs de l'Université de Valence en Espagne et de l'Universidad Nacional Autónoma de México et publié dans le Journal of Archaeological Science. Ils ont notamment analysé la présence de produits à usage cosmétique présents dans des urnes funéraires datées entre 200 et 500 de notre ère, soit le Classique ancien.

María Teresa Carbo Domenech, responsable de l'étude pour l'Université de Valence, a notamment expliqué que ces cosmétiques ont été utilisés de manière post mortem sur les dépouilles d'individus appartenant aux classes dirigeantes de la ville. Ce sont trente et une petites vaisselles en terre cuite qui ont été analysées. Retrouvées dans une tombe, on avait émis l'hypothèse selon laquelle elles pouvaient avoir des traces de pigments.

Elles ont donc été soumises à une batterie d'examens afin de déterminer la nature de ces pigments. Trois éléments se sont révélés originaires d'une autre région: le mica, la jarosite et le galène étaient donc importés. De par leur composition peu toxique, il est très probable qu'ils aient servi de pigments dans des rituels périmortuaires.

Références bibliographiques
Doménech-Carbó, M., Vázquez de Agredos-Pascual, M., Osete-Cortina, L., Doménech-Carbó, A., Guasch-Ferré, N., Manzanilla, L., & Vidal-Lorenzo, C. (2012). Characterization of prehispanic cosmetics found in a burial of the ancient city of Teotihuacan (Mexico), Journal of Archaeological Science, 39 (4), 1043-1062 DOI: 10.1016/j.jas.2011.12.001.  
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mercredi 30 janvier 2013

Un enterrement multiple découvert à Tamanché, Yucatan

Il semblerait que le quotidien El Universal devance régulièrement l'agence de presse de l'INAH au moment d'annoncer les découvertes effectuées par les archéologues mexicains. C'est en tout cas ce qu'on peut constater en voyant le récit très court proposé dans un article publié il y a quelques jours dans son édition en ligne. 

Des fouilles de sauvetage sont actuellement en cours sur les bas-côtés de la route qui relie Mérida, la capitale yucatèque et Progreso, son port. A hauteur du village de Tamanché, une équipe de dix-huit archéologues est actuellement en train de mettre au jour un groupe de quinze enterrements, situé en périphérie du noyau de constructions préhispaniques. C'est Luis Pantoja Díaz qui est en charge de ce chantier.

Les premières observations ont permis d'établir une première datation entre 850 et 1050 de notre ère, à la charnière entre le Classique terminal et le Postclassique. Un autre détail important est la direction vers laquelle sont tournées les crânes : tous sont orientés vers l'est.

D'autre part, plusieurs sujets semblent avoir appartenu à un groupe dirigeant : ils ont plusieurs dents incrustées de jade ou limées. Un mobilier funéraire, principalement composé de plateaux et de vases, accompagnait les défunts.

Ces découvertes témoignent de l'importance du lieu, bien que des traces de pillages et de destruction (involontaires?) aient été repérées.  Partager

lundi 28 janvier 2013

Manifestations artistiques rupestres au Nayarit

L'état occidental du Nayarit est, à l'instar de ses voisins, mal jugé quant à son passé préhispanique. Il faut convenir que les institutions locales

Dans un bulletin publié par l'INAH, on apprend ainsi que des archéologues de l'INAH, dirigés par Mauricio Garduño Ambriz, ont annoncé la découverte d'un panneau de pétroglyphes datés entre 850 et 1350 de notre ère sur une falaise orientée vers le sud. Cette région de l'altiplano méridional du Nayarit a très rarement été mise en valeur d'un point de vue archéologique.

Le panneau présentaerait deux styles iconographiques et peut être divisé en deux sections.  La section oriental comporte des représentations liées à la fertilité : on compte notamment des nuages de pluie, des coquillages coupés et des vulves. Sur le pendant occidental du panneau, on peut voir des crânes sculptés de profil et regardant vers le couchant.

Les spécialistes de l'INAH Nayarit estiment que les différents gravures rupestres reflèrait deux moments de la culture dite Aztatlán qui s'est développée dans une région située entre les états du Sinaloa, du Nayarit et du Jalisco entre 900 et 1350.  Les représentations réalistes et figuratives appartiendraient à une première phase appelée Cerritos, entre 900 et 1100. Les images géométriques et angulaires seraient de la phase Ixcuintla. Cela dénoterait une réutilisation de cet espace rituel pendant 450 ans et sa possible utilisation comme marqueur astronomique, étant donné que la paroi suit un axe est-ouest.

Pour en savoir davantage, vous pouvez consulter directement le bulletin publié par l'INAH et regarder le diaporama qui le complète.
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Raíces 88 - Adivinanzas ñañhüs avec Itzel Vargas

La diffusion des langues et culturels originelles du Mexique en direction du jeune public est insuffisante dans ce pays. L'éditeur Artes- de México propose depuis quelques années des publications sensées intéressées les plus jeunes à la richesse culturelle et linguistique du Mexique. Itzel Vargas García a coordonné un livre de devinettes en langue ñañhü. Pour être plus précis, les devinettes sont présentées dans 5 variantes et une traduction en espagnol. Nous remercions Gabriela Olmos pour son aide dans l'organisation de cet entretien

Comme chaque semaine, vous pourrez télécharger le podcast du programa en format mp3 et ogg sur le portail Archive.org.



Notre liste de lecture est également disponible sur Divshare et Soundcloud.



Esperamos sus reacciones y comentarios.

Références bibliographiques
Vargas García, Itzel y Nicandro González Peña (coord.)(2012). Adivinanzas  hñähñus Yä nt´ägi thuhu hñähñu, México: Artes de México.
Wright Carr, David Charles. (2005). "Lengua, cultura e historia de los Otomíes", en Arqueología mexicana, vol. XIII, núm. 73, pp.26-29, México: Editorial Raíces.

Expositions

El Mundo maya según Teober Maler
Museo Regional de Yucatán, Palacio Cantón, Mérida
Hasta abril del 2013.

25 aniversario Museo del Templo Mayor
25 años recuperando nuestro pasado
Hasta marzo del 2013

Maya III : Life - Death - Time 
Didrichsen Art Museum, Helsinki, Finlande (8/09/2012 - 28/04/2013)
http://www.didrichsenmuseum.fi/eng/maya.php

La sociedad y el tiempo maya
MNA, Sala de exposiciones temporales
Hasta finales de febrero del 2013.

Oro, arte prehispánico de Colombia
Museo Nacional de las Culturas
Hasta el 31 de enero del 2013, México 


Evénements académiques.

Taller Signos de Mesoamérica, con los Drs Alfredo López Austin y Andrés Medina Hernández, 3er viernes. De 12 a 14 hrs.
Auditorio, Instituto de Investigaciones Antropológicas

Resultados del Proyecto elite y gobierno: excavaciones en Teopancazco
con la Dra Linda Manzanilla, 1er y 3er martes del mes. De 10 a 13 hrs.
Sala de videoconferencias, Instituto de Investigaciones Antropológicas.

El miedo y la locura entre los antiguos mexicas, curso con el Dr. Jaime Echeverría García,
(5 de febrero-5 de marzo), informes en http://antesdenuestra.blogspot.mx .

Diplomas religiones mesoamericanas con el Dr Ruben Morante, Sociedad Mexicana Forense, con . Informes en http://antropforense@somefodesc.org.mx .

Médias
Acervo digital de lenguas indígenas: http://lenguasindigenas.mx/ .
INALI : http://inali.gob.mx/
Proyecto Lingua Pax: http://www.linguapax.org/es/ 

Crédits musicaux: Los Folcloristas - Dalia Chinita ; Tonana - Pora Gure


Cet entretien a été enregistré le 3 janvier 2013 dans les studios de Radio UdeM, San Pedro Garza García, Nuevo León, Mexico, avec l'aide de Sergio Becerra et Nicolas Chapa aux manettes et au montage. Nous vous rappelons que Raíces est un programme radio éducatif sans but lucratif sous licence Creative Commons Paternité-Partage à l'identique-Usage commercial interdit.
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mercredi 23 janvier 2013

Des fragments de textile vieux de 1500 ans exposés

Le Museo de Altos de Chiapas a été inaugurée il y a quelques semaines par l'ancien président mexicain, Felipe Calderón. Situé au coeur de San Cristobal de las Casas dans un bâtiment historique récemment restauré, il comporte deux collections. La première contient les collections archéologues. A l'étage on peut visite la seconde, une vaste collection de textiles et de vêtements mayas traditionnels.

C'est dans ce cadre que le visiteur peut actuellement observer les quelques 65 fragments de textile découverts en 1997 dans une grotte El Lazo située dans la forêt d'El Ocote. Cette exposition est le résultat d'une longue période de restauration entreprise entre 2006 et 2011. La restauration est une science et un art chronophages. Elle exige un budget important selon les pièces traitées. Le travail de la restauratrice Martha Sánchez Valenzuela a notamment consisté à déterminer le type de fibres végétales utilisées pour confectionner ce tissu entre 600 et 900 de notre ère. Les analyses ont révélé qu'il s'agissait pour une majorité d'entre eux d'un mélange de coton et de fibre de palme.

Le contexte archéologique dans lequel ont été retrouvés ces fragments est également important. Selon l'archéologue Miguel Báez, 40 fragments organiques ont été retrouvés, principalement des os d'enfants. Il semblerait que les tissus avaient servi à envelopper ces enfants, offrandes propitiatoires à la fertilité et à la pluie. Les restes d'un dessin sont clairement observables sur un fragment et permettent d'émettre cette hypothèse. On y observe notamment un personnage au nez long et incurvé, semblable à différentes représentations du dieu de la pluie, et une grecque, symbole de la foudre.

Pour en savoir plus, consultez le bulletin de l'INAH et jetez un oeil au diaporama  qui l'illustre.
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lundi 21 janvier 2013

Raíces 87 - Les femmes de Juchitan avec Elena Poniatowska

Cette semaine, nous vous proposons une petite excursion à la frontière entre littérature et anthropologie. Et quelle meilleure invitée qu'Elena Poniatowska Amor, grande figure littéraire, journalistique et politique mexicaine, plusieurs fois récompensée par des prix prestigieux au Mexique et à l'étranger ! Elle est notamment Docteur honoris causa de l'Université Paris VIII-Vincennes.


Elena Poniatowska. 
Photo : Alejandro Linares García. Disponible le 19/01/2013 sur : 

Grâce à Nicolas Chapa, nous avons pu enregistrer une très (trop!) courte entrevue téléphonique avec Doña Elena avec deux objectifs : commenter la présence des peuples originaires dans ses textes et évoquer le processus de rédaction de Luz, luna y las lunitas. Dans ce recueil de textes, l'un d'entre eux décrit la vie quodienne de femmes zapotèques vivant à Juchitan, en Oaxaca.

La deuxième partie de l'entrevue s'est orientée sur le projet de la Fundación Elena Poniatowska. Son but est de "préserver, organiser et diffuser l'archive historique" de l'écrivaine.

Voici donc le résultat de notre entretien, disponible librement en format mp3 et ogg sur le portail archive.org.



Vous pouvez également le balado sur Soundcloud et Divshare.


Références bibliographiques
Poniatowska Amor, Elena. (1994). Luz, luna y las lunitas. México: Editorial Era.

Bennholdt Thomsen, Verónika. 1997. Juchitán, la ciudad de las mujeres. México:  CNCA / CND, Instituto Oaxaqueño de las Culturas, Feca.
Dalton Palomo, Margarita . 2011. Mujeres: género e identidad en el Istmo de Tehuantepec, Oaxaca. Oaxaca: Publicaciones de la Casa Chata.


Expositions

El Mundo maya según Teober MalerMuseo Regional de Yucatán, Palacio Cantón, Mérida, jusqu'en avril 2013.
25 aniversario Museo del Templo Mayor, 25 años recuperando nuestro pasado, Museo del Templo Mayor, Mexico, jusqu'en mars 2013.
Maya III : Life - Death - TimeDidrichsen Art Museum, Helsinki, Finlande (8/09/2012 - 28/04/2013).
La sociedad y el tiempo mayaSala de exposiciones temporales, Museo Nacional de Antropología, Mexico, jusqu'à la fin de février 2013.
Oro, arte prehispánico de ColombiaMuseo Nacional de las Culturas, Mexico, jusqu'au 31 janvier 2013.

Cet entretien a été enregistré le 22 novembre 2012 dans les studios de Radio UdeM, San Pedro Garza García, Nuevo León, Mexico, avec l'aide de Sergio Becerra et Nicolas Chapa aux manettes et au montage. Nous vous rappelons que Raíces est un programme radio éducatif sans but lucratif sous licence Creative Commons Paternité-Partage à l'identique-Usage commercial interdit.
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jeudi 17 janvier 2013

Prochaine réouverture du Museo d'Arqueología d'Hecelchakán

Quarante-sept ans après son inauguration, le Museo de Arqueológia Maya situé à Hecelchakán, dans l'état du Campeche, va subir une cure de beauté intensive. Non content de présenter stèles et sculptures du site côtier de Xcalumkin, le musée se dotera d'une toute nouvelle muséographie présentant et mettant en valeur les figurines en céramique dite Jaina, du nom de cette île artificielle construite par les Mayas de la région. Mesurant 1 km de longueur pour 750 m de largeur, l'îlot de Jaina servait de cimetière : pas moins de 1000 enterrements y ont été répertoriés jusqu'à présent. Actuellement l'accès à l'île est interdit au public.

Ce sont donc 163 objets qui vont être de nouveau exposés, entre les petites figurines en céramiques typiques de Jaina, des vaisselles peintes et différents matériels lithiques. En charge de produire la nouvelle muséographie, l'anthropologue Marco Antonio Carvajal Correa, collaborateur de l'INAH Yucatan, a notamment évoqué la présence très marquée de sifflets et d'ocarinas en terre cuite et représentant différents animaux. Dans le bulletin publié par l'INAH, il rapporte une certaine continuité culturelle dans la mesure où les enfants de la petite commune de Tepakan jouent de ces instruments pendant le Jour des Morts afin de les guider vers les maisons de leurs descendants.



Trois salles formeront le musée restauré d'Hecelchakán. Le premier espace est formé par deux salles et présentera une collection permamente résumant l'occupation préhispanique et la fonction rituelle de l'île. Un deuxième espace racontera le contact avec les Espagnols.


Figurine dite Jaina en terre cuite, Maya, Classique.
Photo : Thomas Aleto. Disponible le 17 janvier 2013 sur :

Pour en savoir plus sur les figurines Jaina, nous vous recommandons de parcourir virtuellement la salle maya du Museo Nacional de Antropología ou encore cette page du Logan Museum of Anthropology.
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mercredi 16 janvier 2013

Une dizaine d'enterrements préhispaniques retrouvés au Yucatan

Sur le site de l'INAH et sur la page du quotidien mexicain Milenio, on peut lire une nouvelle très intéressante sur l'occupation de la périphérie de Chichen Itza. Pour le coup, on pourrait même parler de grande banlieue...

Lors de fouilles de sauvetage préalable à l'élargissement de la route qui relie Libre Unión y Yaxcabá, sur le site de Xtojil (voir carte ci-dessous). D'après les premières datations effectuées, la dizaine de corps retrouvés dans des caches remonterait entre 600 et 800 de notre ère, quelque temps avant que Chichen Itza ne domine outrageusement cette partie de la péninsule du Yucatan.


Ces découvertes confirment l'idée d'une certaine densité de population autour des points d'eau naturelle que sont les cenotes.

Les fouilles de surface préalables à l'ouvrage ont permis de détecter pas moins de 28 structures répartis sur les 18 kilomètres du tronçon en travaux. C'est ainsi que les archéologues de l'INAH Yucatan ont pu observer des ciments écroulés sur des élévations naturelles que des fondations surélevées et un peu plus élaborées, voir des structures pyramidales atteignant de 6 à 12 m de hauteur. Ces ensembles architecturaux semblent avoir été la règle dans des villages qui dépendaient généralement d'un centre administratif plus important. On se souviendra notamment du site d'Izamal, fouillé par Miguel Covarrubias et situé dans la même région : la ville dominait un vaste territoire parsemé d'hameaux et de villages.

Plus de la moitié des structures ont été retrouvés à Xtojil, sur la commune de Libre Union. La structure 22 qui avait déjà connu les affres de la construction de la route dans les années 1950 contenait les caches où gisaient les restes osseux qui sont en cours d'examens médicaux-légaux. Sept corps reposaient donc dans des tombes creusées dans le sol stuqué des fondations surélevées et recouvertes de pierres plates. Ce cliché de l'AFP illustre très bien le contexte funéraire. D'autres corps ont été déposés en position assise ce qui a assuré une meilleure préservation. Les restes des différentes caches poseront davantage de problème dans la mesure où leur position couchée a considérablement endommagé leur intégrité et limite leur identification. Cependant les anthropologues  physiques ont pu déterminer qu'ils n'avaient connu aucune déformation crâniennes.

Pas moins de trente pièces de céramique accompagnaient les défunts. Les archéologues ont notamment enregistré la présence de plateaux, jarres, vases et autres récipients mais aussi de lamelles en obsidienne, des perles en jade et des pendentifs formés de coquillages. Un vase et une autre vaisselle comportent plusieurs inscriptions qui sont d'ores et déjà soumises à des épigraphes. Il est possible qu'ils fassent allusion à leur propriétaire si on prend compte de très nombreux exemples de pièces similaires. Pour les anciens Mayas, il était d'usage d'enterrer les défunts sous la maison.

Pour en savoir plus sur ces fouilles de sauvetage, consultez le bulletin publié par l'INAH et ce diaporama.


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mardi 15 janvier 2013

La Reine rouge fait encore parler d'elle

Nous avons parlé à maintes reprises de cette mystérieuse femme dont les ossements ont été découverts en 1994 sous le Temple XIII par Fanny López Jímenez, archéologue du projet dirigé par Arnoldo González Cruz. Ce dernier est d'ailleurs l'auteur d'un ouvrage récemment publié chez Turner en 2011 et intitulé La reina roja: una tumba real. Elle a même fait l'objet de plusieurs documentaires, de qualité souvent inégale. 

Une des caractéristiques fondamentales de cette découverte est l'omniprésence de sulfure de mercure, ce minéral hautement toxique, majoritairement originaire des sites de Ranas et Toluquilla, dans la Sierra Gorda de Querétaro. C'est ce cinabre qui a longtemps empêché d'extraire des échantillons d'ADN viable afin de déterminer les liens de parenté de cette femme avec le fameux K'inich J'anaab Pakal II. Différentes théories ont été proposées. La tendance est actuellement de considérer cette femme comme l'épouse de Pakal, Tz’ak-b’u Ajaw.

Pour vérifier cette possibilité, les chercheurs ont réussi enfin à récupérer des échantillons de collagène présent dans une vertèbre. La manipulation a eu lieu en juin de l'année dernière et les échantillons ont été envoyés dans plusieurs laboratoires. Ils ont notamment été soumis à une nouvelle méthode d'analyse d'ADN mitochondrial. L'utilisation de la spectroscopie Raman constitue une autre nouveauté dans le cadre d'analyses physico-chimiques.

Pour en savoir plus sur le sujet, vous pouvez consulter le bulletin publié sur le site de l'INAH.
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lundi 14 janvier 2013

Un projet en devenir : Noc Cah, Quintana Roo

L'archéologue Javier López Camacho travaille depuis deux ans sur un projet de fouilles et de valorisation d'un site maya datant du Classique ancien, Noc Cah. Situé au sud de l'état oriental du Quintana Roo, à une dizaine de kilomètres de la frontière avec le Bélize, Noc Cah a révélé sa présence en 1998 quand certains rapports faisait état de la présence de marécage et de points d'eau. 

Depuis deux mois le travail de terrain a surtout consisté à enregistrer les principaux monticules, places, unités habitationnelles et chemins et à délimiter la zone archéologique qui sera fouillée ensuite. Il en résulte que Noc Cah (Grande Ville en yucatèque) s'étendait au moins sur environ 25 ha.

Le projet Noc Cah s'inscrit dans le cadre plus large d'un catalogue des sites archéologiques du Quintana Roo : la densité de constructions, de villages et de centres urbains est remarquable, notamment dans le sud de l'état mais ne bénéficie pas nécessairement de l'attention qu'il mériterait. Selon López Camacho, le gigantisme présumé des places laissent présager une forte densité. Certains monticules atteignent 20 m de haut sur 100 m de long ! 

Un groupe de structures appelé El Pich a particulièrement attiré l'attention des archéologues : il comprend quatre complexes architecturaux orientés selon les points cardinaux et pourvus de cours et de places qui leur confèrent probablement un caractère cérémoniel. 

Les explorations de surface ont révélé que deux styles architecturaux cohabitaient à Noc Cah : le premier est apparenté au Peten central guatémaltèque (ill.1) et le second fait penser au style postérieur Rio Bec (ill.2) . 


Ill. 1. Architecture du Peten central.
Place et Acropole Nord, Tikal, Peten, Guatemala.
Photo : Bjørn Christian Tørrissen
Disponible le 13/01/2013 sur : 


Ill. 2 Architecture de style Rio Bec.
Structure VIII, Becan, Campeche.
Photo : Joaquín Martínez Rosado.
Disponible le 13/01/2013 sur : 

Pour López Camacho, il faut cependant prendre en compte ces découvertes autrement que d'un point de vue touristique et mettre en exergue plutôt l'héritage des anciens Mayas. Le projet de fouilles et de restauration qui sera prochainement soumis au Conseil national d'archéologie fera d'ailleurs la part belle aux habitants des communes environnantes afin de les impliquer directement dans la prospection, l'exploration, la restauration et la conservation du site.

Pour en savoir plus sur ce projet, nous vous recommandons la lecture en espagnol d'un article rédigé par Ana Mónica Rodríguez et publié sur le site du quotidien La Jornada.
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dimanche 13 janvier 2013

Raíces 86 - Chamanisme et guérisseurs avec Laura Romero

Anthropologue et enseignante à l'Universidad de las Américas de Puebla depuis quelques mois, Laura Romero collaborait auparavant à la Benemérita Universidad Autonóma de Puebla. Elle y a coorganisé deux colloques sur le chamanisme et les guérisseurs. Le premier d'entre eux est d'ailleurs disponible à la vente depuis quelque temps. Il nous paraissait nécessaire de faire un peu le point sur ces aspects culturels encore très présents au Mexique et profondément ancrés dans le passé préhispanique du pays.

Voici donc le résultat de notre entretien, disponible librement en format mp3 et ogg sur le portail archive.org.



Vous pouvez également le balado sur Soundcloud et Divshare.



Références bibliographiques

Martínez Rodríguez, Roberto (2010). El nahualismo. Mexico: UNAM-IIA.
Romero, Laura. 2006a. Cosmovisión, cuerpo y enfermedad: el espanto entre los nahuas de Tlacotepec de Díaz, Puebla. Mexico: INAH-CONACULTA.
Romero, Laura. 2006b. Saber ver, saber soñar: El proceso de iniciación de los curanderos nahuas de san Sebastián Tlacotepec, Puebla, Tesis de maestría en estudios mesoameriacanos, Mexico, UNAM.
Romero, Laura (coord.). 2011. Chamanismo y curanderismo: nuevas perspectivas. Puebla: BUAP.

Expositions

El Mundo maya según Teober MalerMuseo Regional de Yucatán, Palacio Cantón, Mérida, jusqu'en avril 2013.
25 aniversario Museo del Templo Mayor, 25 años recuperando nuestro pasado, Museo del Templo Mayor, Mexico, jusqu'en mars 2013.
Maya III : Life - Death - TimeDidrichsen Art Museum, Helsinki, Finlande (8/09/2012 - 28/04/2013).
La sociedad y el tiempo mayaSala de exposiciones temporales, Museo Nacional de Antropología, Mexico, jusqu'à la fin de février 2013.
Oro, arte prehispánico de ColombiaMuseo Nacional de las Culturas, Mexico, jusqu'au 31 janvier 2013.

Événements universitaires
Maya meetings, University of Texas, Austin, du 15 au 19 janvier 2013.

Taller Signos de Mesoamérica avec les Drs Alfredo López Austin y Andrés Medina Hernández
3e vendredi du mois, de 12 à 14 h, Auditorio de l'Instituto de Investigaciones Antropológicas, UNAM.

Resultados del Proyecto elite y gobierno: excavaciones en Teopancazco avec la Dr. Linda Manzanilla, 1er y 3e mardis du mois, dee 10 à 13 h. Sala de videoconferencias, Instituto de Investigaciones Antropológicas de l'UNAM.

Cet entretien a été enregistré le 5 décembre 2012 dans les studios de Radio UdeM, San Pedro Garza García, Nuevo León, Mexico, avec l'aide de Sergio Becerra aux manettes et au montage. Nous vous rappelons que Raíces est un programme radio éducatif sans but lucratif sous licence Creative Commons Paternité-Partage à l'identique-Usage commercial interdit.
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jeudi 10 janvier 2013

Maya Meetings 2013

Le premier évènement universitaire d'ampleur débutera dans quelques jours au San Jacinto Center, près d'Austin au Texas. C'est d'ailleurs un évènement semestriel organisé par l'University of Texas at Austin. Du 15 au 19 janvier, on pourra donc assister à une série de conférences mais également à des ateliers d'épigraphies. Le Lienzo de Quauhquechollan, conservé normalement à la bibliothèque de l'université sera exposé en marge.

Pour en savoir plus, vous consulter le programme du symposium et celui de l'atelier d'épigraphie sur la page des Maya Meetings. En ce qui concerne le symposium, il est intitulé The Art of Maya Architecture : Cosmology and Dynasty in the Built Environment. Dans le second on appréciera la présence de Justin Kerr qui proposera un atelier d'iconographie tandis que Marc Zender expliquera l'écriture pictographique utilisé par les groupes de langue nahuatl.

Pensez également à jeter un coup d'oeil sur le carnet de David Stuart et Stephen Houston: une note courte mais très intéressante sur le Panneau 1 de Yaxchilan vient d'être publiée. 
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dimanche 6 janvier 2013

Raices 85 - Fray Toribio de Motolinia avec Alejandro Tapia Vargas

Cette semaine, nous avons reçu la visite d'un désormais habitué des studios de Radio UdeM. Il s'agit d'Alejandro Tapia Vargas, ethnohistorien et psychologue à l'Université de Monterrey. Dans le cadre de notre série de programmes sur les auteurs espagnols et métisses racontant le contact et l'évangélisation de la Nouvelle-Espagne, nous avons choisi de présenter Fray Toribio de Benavente, dit Motolinia. Ce dernier terme est d'ailleurs la traduction de l'adjectif pauvre en nahuatl, faisant référence aux habits sobres du frère franciscain venu convertir les locaux.

Ce programme est disponible librement et gratuitement sur le site Archive en format mp3 et ogg. Vous pouvez le retrouver sur les portails Soundcloud et Divshare.





Bibliographie
Motolinía, fray Toribio (1979). Historia de los Indios de la Nueva España. Mexico, Porrúa.
Tapia Vargas, Alejandro (2010). La escritura. Simbolos de conversión en las crónicas novohispanas. Mexico: Trillas.

Expositions

La sociedad y el tiempo maya, Salle d'expositions temporaires, Museo Nacional de Antropología. 
Monte Albán ayer y hoy, Museo Nacional de Antropología, Mexico.
México artístico. La diversidad cultural indígena. Mi museo indígena. Av. Paseo de la Reforma Norte 707, Col. Ex Hipódromo de Peralvillo. 
Rostros de la divinidad. Museo maya de Cancún, jusqu'en janvier 2013.
El mundo maya de Teobert Maler, Museo Palacio Canton, Merida, jusqu'en avril 2013.

Cet entretien a été enregistré le 13 décembre 2012 dans les studios de Radio UdeM, San Pedro Garza García, Nuevo León, Mexico, avec l'aide de Sergio Becerra aux manettes et au montage. Nous vous rappelons que Raíces est un programme radio éducatif sans but lucratif sous licence Creative Commons Paternité-Partage à l'identique-Usage commercial interdit.
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samedi 5 janvier 2013

Arqueología Mexicana Hors-série 47

Bonne nouvelle pour les amateurs d'art moderne mexicain ! Dans sa dernière livrée spéciale, la revue Arqueología Mexicana propose un catalogue raisonné des fresques, peintures murales, mosaïques et autres ensembles picturaux du célèbre peintre Diego Rivera. L'époux de Frida Kahlo partageait notamment avec elle une grande passion pour les racines préhispaniques du Mexique.


D'autre part, les deux artistes avaient rassemblé une collection non négligeable d'objets appartenant aux principales cultures précolombiennes mésoaméricaines. Il ne fait aucun doute que certains étaient des faux patentés, mais les oeuvres authentiques ne manquent pas. Malheureusement cet aspect n'est pas documenté dans ce numéro d'Arqueologia Mexicana. Pas encore pour le moment.

Dans le cas de ce hors-série 47, on pourra découvrir les peintures du Palacio Nacional, celles de la Secretaría de Educación Pública ou encore le carcama du Rio Lerma.

Il ne fait guère doute que l'éditeur puisse proposer d'autres numéros hors-série sur l'influence des cultures mésoaméricaines dans l'oeuvre d'autres artistes mexicains : Frida Kahlo, Rufino Tamayo en sont d'autres très bons exemples et termineront probablement sur nos étagères. Pour l'heure, on appréciera la publication d'un article de Francisco González Rul sur la passion très ancienne et profondément ancrée de l'archéologie dans la pensée et l'oeuvre de Rivera.

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jeudi 3 janvier 2013

Une possible identification à Atzompa

L'archéologue Eduardo García Wigueras propose en effet une hypothèse d'interprétation, conséquence logique à l'observation de l'iconographie d'une sculpture anthropomorphe découverte l'année dernière sur le site zapotèque d'Atzompa, Oaxaca. Pour être plus précis, il s'agit d'un élément faisant partie du mobilier funéraire retrouvé dans la Chambre 3 d'une sépulture à l'agencement inédit et détaillé dans un billet précédent.

Datant d'environ 1200 ans, elle conserve une grande partie de sa polychromie originale, faite de tons ocre, rouge et vert. Le personnage représenté possède de riches attributs qui rendent crédible son appartenance à l'élite de ce satellite de Monte Alban : une cape de plumes, un collier de perles, des boucles d'oreilles incrustées, un grand ceinturon et une grande coiffe en forme de tête de serpent entouré de plumes. C'est d'ailleurs ce ceinturon qui est repris par García Wigueras pour formuler son hypothèse : y figurent une série de glyphes pourraient bien indiquer le nom du personnage sculpté, notamment le nombre 8 et un autre élément représentant le tremblement de terre. Il pourrait s'agir donc 8 Tremblement de terre. Une série de grecques et une pyramide renversée complètent cette série. La présence d'une coiffe en forme de serpent emplumé n'est pas vraiment surprenante dans la mesure où dès Teotihuacan, on peut observer une association entre cette entité et le pouvoir.

Après restauration, cette image pourrait atteindre 80 cm de hauteur. Un dernier élément surprenant est la présence d'une deuxième figure en céramique à l'intérieur de la première : possédant des traits féminins, il pourrait s'agit d'une déesse de l'eau.

Pour en savoir plus sur cette sculpture, consultez le bulletin publié sur le site de l'INAH et observez différents clichés de la sculpture sur ce diaporama.


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mardi 1 janvier 2013

Les Mayas pour les enfants

Ce n'est guère facile de présenter en quelque minutes une civilisation aussi complexe que celles des Mayas. Et quand il s'agit d'un public jeune, cela relève tout sauf de la gageure. L'INAH semble proposer une piste intéressante en commençant une petite série de vidéos sur sa chaîne Youtube INAHTV.



Le résultat est coloré mais n'empêche pas quelques raccourcis grossiers. Espérons que les prochains épisodes seront plus justes ! Etant donné qu'il s'agit d'un programme pour enfants, rien n'empêche aux adultes qui se mélangent les pinceaux d'y jeter également un oeil, histoire de partir sur de bonnes bases. Attention: la vidéo est en espagnol sans sous-titres !
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