lundi 29 avril 2013

Ceibal : vers une chronologie mésoaméricaine chamboulée ?

Dans un article publié le 25 avril dernier dans la revue Science (1), les archéologues Takeshi Inomata, Daniela Triadan, Kazuo Aoyama, Victor Castillo et Hitoshi Yonenobu proposent une hypothèse issue de leurs fouilles entreprises sur le site guatémaltèque de Ceibal. Des datations ont été effectuées sur des matériaux retrouvés dans un espace civico-rituel formé des restes d'une plateforme carrée et d'une autre plus longue, les deux étant séparées par une place. Elles remontent à 1000 avant notre ère.

Des rénovations à peine plus récentes (vers 700 avant notre ère) ont vu la plateforme carrée se transformer en petite pyramide de 6 m sur 8 m tandis qu'une nouvelle plateforme allongée a été édifié juste derrière la plus ancienne.

Ce sont les dates des édifications les plus anciennes qui font croire que les Mayas ont au mieux forgé leur culture sans un contact direct avec les Olmèques. Pourquoi une telle idée, révolutionnaire sous bien des aspects ? Tout simplement parce que les premières structures de La Venta ont été datées 200 ans plus tard que celles récemment découvertes de Seibal. Jusqu'alors les groupes mayas présents alors vers le sud avaient été influencés par la culture olmèque entre 1500 et 400 avant notre ère.

Un autre paradigme pourrait être également reconsidéré bientôt : les rituels et les espaces publics seraient apparus après que les civilisations naissantes ont formé des systèmes économiques et des classes sociales.

Cependant ce n'est pas la fin de la chronologie et de l'influence olmèque vers la zone maya si on en croit les commentaires de Michael Coe et Jack Clark. Les deux chercheurs rappellent justement que le site de San Lorenzo, bien que mal exploré, a été daté vers 2150 avant Jésus-Christ. Rebecca Lauck, chargé des fouilles à La Venta, estime que les rituels effectués à cet endroit sont différents des rituels effectués à Ceibal et dans d'autres sites mayas.

Pour en savoir plus, veuillez consulter l'article publié sur le site Science News.

(1) T. Inomata et al. Early ceremonial constructions at Ceibal, Guatemala, and the origins of lowland Maya civilization. Science. Vol. 340, 26/04/2013, p. 467. doi:10.1126/science.1234493.
(2) Bower, B. Maya civilization's roots may lie in ritual. Disponible en linea para : Maya civilization's roots may lie in ritual .
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dimanche 28 avril 2013

Raíces 99 - Diplomado Teoria y práctica de la antropología social

Après une semaine sans programme en raison du Niñoton sur Radio UdeM, nous avons transmis aujourd'hui un entretien avec la Dr. Hiroko Asakura, anthropologue sociale au CIESAS Noreste. Elle est en charge du Diplôme en anthropologie sociale que le CIESAS propose depuis 2011 à son siège de Monterrey. Les inscriptions sont ouvertes pour les personnes titulaires d'une licence ou sur le point de l'achever.

Pour plus de renseignements, vous pouvez évidemment consulter la page internet du CIESAS, téléphoner directement au CIESAS Noreste ou écrire directement à la Dr Asakura à l'adresse : diplomadociesas@gmail.com .

Comme d'habitude vous pouvez télécharger ce programme librement sur Archive en format mp3 et ogg



Il est disponible temporairement sur Soundcloud.



Renseignements
CIESAS Noreste
Morelos 822, Barrio Antiguo, Centro

Monterrey, N.L.
Tel.: 83 44 71 16 y 83 42 75 82.
Dépliant disponible en format pdf.

Informations
Localizan centenar de sitios arqueológicos en Ensenada, BCN.

Descubren dos entierros en una pirámide de Santa Rita, El Corrozal, Belice.

Figura de una sacerdote sobre las faldas del Cerro del Sombrerete, Veracruz. 

Évènements académiques
Atelier Antropología y consultoria, du 29 avril au 3 mai, ENAH.
Cours Sistemas de Información Geográfica Aplicados a la Arqueología, à partir de mai à Xalapa et Mexico.
Cours Introducción a la escritura jeroglífica maya 2013: calendario, lengua y aspectos retórico-literarios de las inscripciones del periodo Clásico, du 9 au 14 mai, Instituto de Investigaciones Filológicas, UNAM.
Cours La palabra y la imágen en los códices nahuas, avec le Dr Patrick Johannson à partir du 3 mai, Instituto de Investigaciones Históricas, UNAM.
Colloque Sociología y Antropología en la obra de Rodolfo Stavenhagen, Centro Cultural Universitario, Tlatelolco, 29 avril à partir de 16 h, Insituto de Investigaciones Sociales, UNAM.
Conférence El oro entre los mexicas, avec Elizabeth Baquedano, 29 avril, Instituto de Investigaciones Históricas, UNAM.
Cours de langue nahuatl, à partir du 5 mai 2012, Procuración de justicia étnica, Monterrey. Tél. 81 16 26 43 81.

Médias
Série documentaire Piedras que hablan, épisode 11, archéologie du Michoacan, Canal 22 y chaîne INAHTV.
De raíz luna, avec Mardonio Carballo, tous les jeudis sur le Canal 22.

Expositions
Rostros de la divinidad, Museo maya de Cancun, jusqu'en mai 2013.

Nous vous rappelons que Raíces est un programme sans but lucratif sous licence Creative Commons Paternité-Partage à l'identique - Utilisation comerciale interdite. Ce programme a été mixée par Sergio Becerra dans les estudios de Radio UdeM, San Pedro Garza García, Nuevo León, México, les 18 et 25/04/2013. Montage et illustration sonore sont le travail de Sergio Becerra alors que votre serviteur a dirigé l'entretien.





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samedi 27 avril 2013

Arqueologia mexicana - Hors-série 49

L'archéologie a toujours eu une image caricaturale et pleine de stéréotypes dans le monde du cinéma. Les exemples abondent : combien des archéologues depuis les années 1980 ne sont pas directement identifiés au pilleur qu'est Indiana Jones ? Ce référent culturel impropre ne date pas d'aujourd'hui si on considère la production cinématographique mexicaine dans le hors-série de la revue Arqueología mexicana.

Il suffit de parcourir la filmographie et la bibliographie à la fin de la publication pour se rendre compte du sérieux avec lequel Enrique Vela a  préparé cette publication. En Europe, la production cinématographique mexicaine se résume souvent à son âge d'or situé dans les années 40 et 50, avec des figures aussi importantes que Maria Felix (qui a d'ailleurs vécu en France) ou Pedro Armendariz. Depuis une douzaine d'années, la production mexicaine reste marginale sur les écrans mondiaux, souvent limitée à une diffusion dans les salles d'art et essai avec des réalisateurs qui remportent des prix parfois prestigieux. On pensera notamment, entre autres, à Alfonso Cuaron ou à Alejandro Iñarritú.

L'objectif de ce hors-série est d'explorer la manière dont l'archéologie et le patrimoine préhispanique ont été exploités par le septième art mexicain. Comme le dit pertinemment Vela, il s'agissait de :
signaler l'existence d'une source d'information de premier ordre pour l'analyse du rôle de notre histoire ancienne dans l'actualité et celui de l'archéologie dans l'imaginaire collectif.
Le choix de critères limitant le catalogue de l'analyse reste volontairement ouvert et restreint à la fois. Les films présentés ont au moins pour caractéristiques un aspect de l'histoire préhispanique (scénaristique ou contextuel) et l'intégration de l'archéologie comme élément partiel ou fondamental de la trame. Une distinction naturelle se fait naturellement entre films historiques et fictions. Les documentaires et longs-métrages ayant pour sujet les peuples originaires sont traités séparément.

Il faut remonter à 1917 pour trouver trace du premier film Tepeyac présentant les apparitions miraculeuses de la Vierge de Guadalupe a Saint Juan Diego. L'année suivante, une autre figure importante de la culture populaire mexicaine, Cuauhtemoc, fait son apparition sur le grand écran, encore muet. Avec le temps, on retrouvera l'archéologie mexicaine présente dans des films de catcheurs, d'action, de terreur, de comédie.

Si vous êtes cinéphile, ou mexicanophile ou amateur d'archeólogie. ce hors-série nous plaira sans nul doute.

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vendredi 26 avril 2013

Piedras que hablan 10 - El Coporo, Plazuelas y Peralta, caminos de Guanajuato

Voici le dixième épisode de la série documentaire Piedras que hablan. Cette semaine, l'écrivain mexicain Juan Villoro nous emmène à la découverte de trois sites archéologique dans l'état de Guanajuato. Il s'agit de sites fouillés et restaurés récemment. Tous sont ouverts au public. Le cas de Plazuela est particulièrement intéressant au regard de différentes influences mésoaméricaines dans son architecture.



Précipitez-vous sur la chaîne INAHTV pour voir les épisodes précédents. Ils ne restent en ligne que quelques semaines. Rappelons que ce programme est une co-production de l'INAH et Canal 22, propriétaires des droits d'exploitation et de diffusion de cette série.
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jeudi 25 avril 2013

Découverte d'une série de gravures rupestres au Cerro de Sombrerete, Veracruz

Un nouveau bulletin de l'INAH revient sur une découverte complémentaire à celle que nous vous annoncions il y a quelques jours sur les bords du Rio Tuxpán. L'équipe de Maldonado Vite a remis le couvert en annonçant publiquement une découverte très intéressante. Il s'agit d'une série de gravures rupestres découvertes sur le Cerro du Sombrerete, près d'Alamo-Temapache, au Veracruz.

L'une de ses gravures effectuées en bas-relief n'a pas manqué d'attirer l'oeil de journaliers qui travaillent à la récolte d'agrumes. Sur une plaque sédimentaire longue de 2,90 m et large de 2,50 m est représenté un personnage long de 1,5 m et large de 40 cm. Représenté de profil, il a l'oeil gauche fermé et la bouche ouverte. Il porte un bijou à l'oreille, un casque zoomorphe surmonté d'un élément conique, une sorte de jupon orné de triangles et d'un ceinturon, et des bracelets de cheville. Dans sa main gauche il porte un glyphe de ligature d'années. Au-dessus du personnage, deux cercles concentriques pourraient représenter une pierre verte ou chalchihuitl. Derrière la cape est visible une rondache dorsale divisée entre quadrants. Selon Maldonado Vite, il pourrait s'agir d'un prêtre ou tlamatinime. Ce terme nahua signifie homme sage.

Un second personnage, représenté sur un plan supérieur, est composé plus schématiquement. Il porte un maxtlatl mais ses mains ne sont pas visibles tandis que ses pieds sont identifiables. A côté est gravé un motif en spirale coupé par deux droites qui se coupes. La facture de cette gravure fait dire à Maldonado que l'artiste aurait pu essayé d'imiter un style, voir même qu'il n'aurait pas achevé son oeuvre.

Le reste des grafittis est formé de spirales isolées ou regroupées, de tailles différentes, de symboles solaires et aériens.

Pour en savoir plus, veuillez consulter le bulletin disponible sur le site de l'INAH et le diaporama qui l'accompagne.
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dimanche 21 avril 2013

Compte-rendu - Arqueología Mexicana 120

D'habitude, un résumé critique de la publication grand public de l'INAH vous est proposé tous les deux mois. Cette fois-ci, la livraison a un peu tardé et j'ai dû me plaindre auprès de l'éditeur pour obtenir un numéro qui est disponible depuis début mars ! C'est très frustrant de prendre un abonnement et de constater qu'on reçoit ce qui est dû alors que (presque) tous les spécialistes l'ont déjà lu. Il suffit donc juste de prendre son mal en patience.

Trêve de plaintes et autres récriminations contre l'entreprise de logistique qui ne fait pas son boulot. Passons aux choses sérieuses !

On commence par une présentation rapide du Manuscrit de Glasgow, également appelé Description de la Ville et de la Province de Cholula. Xavier Noguez revient notamment sur l'histoire mouvementé de ce qui est en fait une réponse à un questionnaire envoyé par la royauté espagnole sur ses nouvelles colonies entre les années 1581 et 1585

Suit une présentation des travaux de repérage et de cartographie effectués sur le site maya de Noh Kah, situé à la frontière mexicano-bélizaine. Javier López Camacho, Araceli Vázquez Villegas et Luis Antonio Torres Díaz exposent les intérêts des fouilles qui y seront prochainement entreprises.

Des Mayas il est encore questions dans cet article signé Kai Delvendahl et Nikolai Grube : ils résument les fouilles fructueuses sur le site campechain d'Uxul : elles ont permis de mettre au jour la tombe inviolée d'un prince dans ce qui était probablement un ancien palais. L'individu a pu être identifié grâce â un jeu de vases cérémoniels qui portent son titre et son nom.

Mayas, troisième épisode, avec le rapport de Luis Alberto Martos López sur la très polémique identification d'un complexe théâtral sur le site chiapanèque de Plan de Ayutla que nous avions rapporté dans ce carnet.

L'historienne des religions Yolotl González Torres nous propose un article d'anthropologie comparée des religions en mettant en parallèle les rateliers de crânes propres à la culture mexica et les tours de têtes décollées en Inde, souvent au motif d'impressionner les peuples conquis.

L'article ethnologique est l'oeuvre d'Yesenia Peña Sánchez : elle expose l'importance des serpents dans le culture hñähñü de la Vallée du Mezquital. Après avoir présenté les principales espèces d'ophidiens dans cette région de l'état Hidalgo, elle décrit les usages médicaux, alimentaires et artisanaux qu'en font les focaux. Elle rapporte quelques légendes en rapport avec le serpent et évoque l'importance du serpent dans la vie sexuelle des locaux.

Dans la série Légendes urbaines, Eduardo Matos nous propose une petite réflexion sur le sacrifice lié au jeu de balle, rétablissant certaines vérités scientifiques sur la mise à mort des perdants et non des vainqueurs du jeu. C'est l'occasion de revenir sur la grande diffusion du jeu de balles mais également l'incroyable quantité de variables et de variantes le définissant.

Parlons du gros morceau de ce numéro 120 : l'agriculture en Mésoamérique. C'est d'ailleurs par un article homonyme que Matos Moctezuma expose rapidement le thème en s'attardant sur l'importance du calendrier agricole qui régissait la vie de bon nombres de peuples mésoaméricains. D'autre part, l'auteur se demane comment était réparties les terres arables.

De son côté Emily Mc Clung de Tapia revient sur les origines de l'agriculture : elle montre l'intérêt de la paléobotanique pour définir les concepts de sédentarisation, domestication et agriculture en Mésoamérique de manière générale.

Aurora Montúfar, spécialiste en archéobotanique, revient sur le lent processus de domestication des plantes par les groupes de chasseurs-cueilleurs qui ont permis leur culture à des niveaux et à des volumes toujours plus importants. Elle s'intéresse non seulement au maïs, mais aussi au haricot et à la courge. Elle prend également en compte le coton, la chia, la tomate et évoque rapidement leur présence dans des offrandes.

Suit un travail de Teresa Rojas Rabiela sur les différentes techniques agricoles mises en place en Mésoamérique. En prenant en compte la diversité environnementale et la richesse biologique de cette suprarégion, elle revient sur une agriculture essentiellement manuelle, fonctionnant sans animal de trait pour les labours mais capable pourtant de modifer son environnement en construisant des terrasses ou des monticules, proposant des techniques d'irrigation parfois très élaborées.

Passons à un aspect davantage religieux et rituel avec l'article de Johanna Broda sur les rites et divinités du cycle agricole. L'auteur explique comment le calendrier mexica des fêtes fut réadapté par son équivalent catholique au moment de la Conquête.

Un dernier article de Teresa Rojas Rabiela expose les adaptations et l'évolution de l'agriculture mésoaméricaine au contact des Espagnols, notamment par l'introduction des animaux, des machines  et des outils. Elle évoque le retour de balancier dont ont bénéficié les conquérants en cultivant les plantes de Nouvelle-Espagne et en les introduisant en Europe.

Reste désormais à attendre le prochain numéro qui marquera le vingtième anniversaire d'Arqueología mexicana.
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dimanche 14 avril 2013

Raíces 98 - La place de la femme dans l'archéologie mexicaine

Cette semaine nous avons parlé de la place des femmes dans l'archéologie mexicaine. Aussi incroyable que cela puisse paraître, les femmes ont dépassé les hommes en termes d'archéologues ou d'étudiantes en archéologie. Cependant beaucoup reste à faire quant à l'égalité des sexes. Paloma Estrada Muñoz a étudié le phénomène et publié récemment un ouvrage sur les grandes figures féminines de l'archéologie mexicaine

Comme chaque semaine, nous vous proposons de télécharger le programme en format mp3 et ogg.



También se puede descargar libremente en Soundcloud.



Référencias bibliográficas

Estrada Muñoz, Paloma (2012). Las mujeres en la arqueología mexicana (1876-2006). Madrid : Editorial Académica Española.
Manuela Pérez Rodríguez, Assumpció Vila-Mitjá y Trinidad Escoriza Mateu (Coord.)(2011). Revista atlántica-mediterránea de Prehistoria y de arqueología social. Arqueología feminista: investigación y política. Homenaje a Encarna Sanahuja Yii. Vol. 13
Pedro V. Castro-Martínez y Trinidad Escoriza-Mateu (2006).  Trabajo y sociedad en arqueología. Producciones y relaciones versus orígenes y desigualdades. Rampas 7.  Barcelona: Universidad de Barcelona.
Trinidad Escoriza Mateu. s/f. Producción y trabajo femenino en las representaciones rupestres levantinas. Almería: Universidad de Almería.
Walburga Wiesheu. ( 2006). "Arqueología de género y patrones de especialización artesanal". In Cuicuilco,  Enero-abril 2006, 13 (36).
Rodríguez-Shadow, María J.  (coord.). La condición de las mujeres y las relaciones de género en Mesoamérica prehispánica. III Mesa de Estudios de Género. Primera Reunión Internacional. México: DEAS-INAH. 

ENAH
El análisis teórico en ciencias sociales: Aplicación a una teoría del origen del Estado en Mesoamérica. Presentación del libro de Manuel Gándara Vázquez, Auditorio Javier Romero Molina, ENAH, México, 15/04 de las 12 a las 14 hrs.


UNAM
Instituto de Investigaciones Filológicas
Introducción a la escritura jeroglífica maya 2013: calendario, lengua y aspectos retórico-literarios de las inscripciones del periodo Clásico. Du 9 au14/05. Classes tous les mardis, mercredis et jeudis de 17 à 19 h. Informations : Tel: 56 22 74 94 ext.128 iifldifunde@unam.mx http://filologicas.unam.mx/escritura-jeroglifica-maya.html


CIESAS - Noreste
Preinscriptiones pour le Diplomado Teoría y práctica de la antropología social, avec Hiroko Asakura, du 20/09/2013 au 22/03/2014, informes al 83447116 y 83427582.

Museo Nacional de Antropología
Cours La construcción de Mesoamérica, avec Eduardo Corona Sánchez, samedi 20/04 de 10 à 13h.

Pennsylvania Museum
Ancestors at Copan and Quirigua: Acts of Remembrance, avec Wendy Ashmore.
19/04/2013, de 17 à 19 h.

INAH-DEAS
Seminaire "Metodología del trabajo de campo y escritura etnográfica", avec Lourdes Baez Cubero "Desde la otra orilla: etnografía del trabajo de campo entre los nahuas de la Sierra Norte de Puebla" Salle de réunion Roberto Weitlaner de la DEAS, 17/04/2013 à 11 hrs.

Cycle "Análisis de Cine Etnográfico" : projection du documentaire de Jean Rouch et Edgar Morin "Chronique d'un été". Mercredi 17/04 à 16h30, Salle de réunion Roberto Weitlaner.

Centro INAH San Luis Potosí
Seminario permanente Los chichimecas y la frontera septentrional de Mesoamérica, 18/04/2013, 12 à 15 h, Teleaula du Centro de las Artes San Luis Potosí Centenario, avec la participación de  María Cristina Quintanar Miranda .


Centro de Nanociencias y Nanotecnología
1er Encuentro: Lenguas, Culturas y Ciencia en las Comunidades Indígenas de México, Centro Social Cívico y Cultural Riviera de Ensenada, Ensenada, Baja California, 19-20 /04/2013.


Informations
Descubrimientos de dos cabezas zoomorfas en Trapiche, Salvador

Médias

Série documentaire Piedras que hablan. Episode 9 : Calakmul, Campeche, Canal 22 de la CONACULTA, mercredi 17/04 à 21 h.

Sortie du volume 55 de la Fonoteca del INAH

De raíz luna. Tous les jeudis à 20h30 sur Canal 22.

Mes de la arqueología mexicana  sur la chaîne Educatv 12.

Programación:

Nous vous rappelons que Raíces est un programme sans but lucratif sous licence Creative Commons Paternité-Partage à l'identique - Utilisation comerciale interdite. Ce programme a été mixée par Sergio Becerra dans les estudios de Radio UdeM, San Pedro Garza García, Nuevo León, México, les 04 et 11/04/2013. Montage et illustration sonore sont le travail de Sergio Becerra alors que votre serviteur a dirigé l'entretien.
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vendredi 12 avril 2013

Piedras que hablan 8 - Cenotes, el agua de los origenes

A priori réservé aux plongeurs et spéléologues en mal d'émotions, les cenotes sont depuis quelques années une priorité de l'archéologie subaquatique dans la péninsule du Yucatan. En raison de leur forte valeur symbolique pour les anciens peuples mayas, les cenotes ont donc leur propre programme dans la série Piedras que hablan. Profitez-en ! Le programme ne sera accesible sur Youtube que pendant quelques semaines...



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jeudi 11 avril 2013

Conférence de Marilyn Masson au Penn Museum

Marilyn Masson est une archéologue américaine qui travaille depuis une vingtaine sur le site de Mayapan, au Yucatan. Ce site dispose d'un centre cérémoniel relativement restreint mais avait une énorme "banlieue". A bien des égards, Mayapán est souvent considéré comme une réplique tardive de Chichen Itza. La ville domina le nord de la péninsule après l'abandon de Chichen jusque vers 1460, soit peu de temps avant l'arrivée des Espagnols. Masson a donné une conférence très intéressante sur un des monuments emblématique de Mayapan : la Pyramide de Kukulkan, également appelée El Castillo. Le Penn Museum a récemment mis en ligne cette conférence sur Youtube. Vous pouvez la voir à l'envi en gardant qu'elle est en anglais sans sous-titres. Bon visionnage !
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mercredi 10 avril 2013

Deux nattes tissées découvertes à Teotihuacan

L'archéologue Sergio Gómez est le responsable du Projet Tlalocan qui s’attèle depuis plusieurs années à un projet de fouilles méthodiques d'un tunnel courant sous la pyramide adossée et la pyramide du serpent à plumes à Teotihuacan. A l'intérieur de ce tunnel connectait plusieurs chambres que les archéologues de l'INAH sont peu à peu en train de découvrir.

Après avoir déblayé plus de 800 tonnes de terre déblayées et mis au jourplus de cinquante mille objets, l'équipe du Proyecto Tlalocan a mis la main sur des objets très intéressants d'un point de vue symbolique. Gómez Chávez a annoncé une découverte inédite sur les réseaux sociaux et dans une brève publiée sur le site du quotidien La Jornada. Il s'agit de deux petates ou nattes. Finement tressées, ces objets en vannerie d'une grande fragilité vont finalement pouvoir être conservés après avoir passé près de deux mille ans dans cet endroit. En revanche leur extraction a requis des travaux préalables très minutieux de la part d'une équipe de restaurateurs dirigés par Alfonso Cruz.

Même si nous ne disposons pas du contexte complet de la découverte, certains éléments ont été révélés à la presse. Les deux nattes étaient disposées côte à côte au niveau du sol avec un mobilier varié comptant une cinquantaine d'artefacts. On a notamment compté des pots, des vases en terre cuite mais aussi des couteaux en silex et en obsidienne. La première natte mesure 1 m de longueur sur 40 cm de largeur tandis que la seconde atteint 40 cm de longueur sur 30 cm de largeur. Aucune précision n'est donnée sur une éventuelle pigmentation.

Pourquoi faire tant de pataqués pour cette découverte alors ? D'une part parce que c'est la première fois que de tels objets sont retrouvés à Teotihuacan. Ensuite parce que les petates sont des objets à forte connotation politique dans les civilisations mésoaméricaines anciennes. La natte est un attribut de pouvoir au même titre que le sceptre ou la peau de jaguar. On en a des témoignages archéologiques et ethnohistoriques depuis les Olmèques jusqu'aux témoignages des informateurs de Sahagún. Dans les années 1980 et 1990, les travaux de Cabrera Castro (1), Sugiyama (2), Manzanilla (3) ou López Austin et López Luján (4) avaient émis l'hypothèse d'au moins deux groupes se disputant le contrôle sur une ville qui pourrait avoir compté plus de cent mille habitants. L'un d'eux aurait eu le serpent à plumes comme emblème, la pyramide homonyme ayant pu être le symbole de leur assise. Cependant au deuxième siècle de notre ère, différents lieux incendiés autour de la pyramide laissent penser à d'importants changements politiques et religieux. La pyramide du Serpent à plumes fut alors couverte par une pyramide adossée, les représentations de la créature détruite ou transformé pour celle, presque exclusive de félins. La présence de deux nattes prendrait donc un sens tout particulier, pour peu que leur date puisse être mise en relation avec la chronologie de la Citadelle et avec la Pyramide du Serpent à plumes. A Teotihuacan il existe notamment de nombreuses associations du serpent à plumes avec la natte, tant sur les peintures murales que sur des céramiques. Dès lors cette découverte remarquable pourrait un peu plus confirmer l'importance politique de cette partie de la ville à un moment donné.

Parallèlement, une autre offrande a été rapporté dans une autre partie du tunnel. Elle comprenait différents objets, probablement en bois, incrustés de cristaux, de roches et de jadéite. Gómez Chávez estime cependant qu'une reconstitution de ces objets pourra être effectuée.

[Édition du 16/04/2013. L'INAH propose quelques informations complémentaires dans un bulletin publié sur son site internet le 15/04/2013. On y apprend notamment que les premières explorations du robot Tlaloc II, construit en collaboration avec l'Instituto Politécnico Nacional, chercheront à atteindre le fond du tunnel et à en donner des images aux archéologues]

[Édition du 28/04/2013. Un nouveau bulletin de l'INAH publié sur son site internet le 23/04/2013 fait état des premières découvertes par le robot Tlaloc II. Les images délivrés par ce dernier ont permis d'établir l'existence de trois chambres au fond de ce tunnel. Selon Sergio Gómez, leur profondeur pourrait être supérieure à 5 m, étant donné qu'il s'agit de la limite atteinte par le scanner. Cependant l'avancée du petit véhicule ne s'est pas faite sans encombre : ses roues se sont embourbées sur 20 ou 30 cm, cela étant dû autant aux 35 kgs de l'engin qu'à l'humidité.]

(1) CABRERA CASTRO, R. (1998). La serpiente emplumada y el jaguar como símbolo de poder político. In Karol Kociba Henryk & Yolotl Gonzalez Torres (Eds.), Historía comparativa de las religiones (pp. 197-220). Mexico : Instituto Nacional de Antropología e Historia.
(2) SUGIYAMA, S. (2005). Human sacrifice, militarism, and rulership : materialization of state ideology at the Feathered Serpent Pyramid, Teotihuacan. Cambridge ; New York: Cambridge University Press.
(3) MANZANILLA, L. (2001). Gobierno corporativo en Teotihuacan: una revisión del concepto palacio aplicado a la gran urbe prehispánica. Anales de Antropología, 35, 157-190.
MANZANILLA, L. (2009). Corporate Life in Apartment and Barrio Compounds at Teotihuacan, Central Mexico: Craft Specialization, Hierarchy, and Ethnicity. In Linda Manzanilla & Claude Chapdelaine (Eds.), Domestic life in prehispanic capitals : a study of specialization, hierarchy, and ethnicity, (pp. 21-42). Ann Arbor: University of Michigan, Museum of Anthropology.
(4) LÓPEZ AUSTIN, A., L. LÓPEZ LUJÁN, & S. SUGIYAMA. (1991). El Templo de Quetzalcoatl en Teotihuacan : su posible significado ideológico. Anales del Instituto de Investigaciones Estéticas (62), 35-52.
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mardi 9 avril 2013

Que mangeaient les habitants de Joya de Cerén, El Salvador?

En 2011, une équipe américano-salvadorienne d'archéologues découvrait les vestiges d'un ancien palais maya sur le site salvadorien de Joya de Cerén. Bien que peu connu, il est inscrit depuis 1993 au Patrimoine mondial de l'humanité. Pourquoi se fait-il qu'une petite communauté agricole du Classique récent puisse faire partie du gotha de l'archéologie précolombienne ? En fait l'histoire de Joya de Céren est étroitement liée au volcanisme, très actif dans la région.

On sait grâce à l'étude des strates sédimentaires que le site a connu deux éruptions très importantes au IIe et au VIe siècles. Son dangereux voisin Loma Caldera a ainsi craché ses cendres sur le petit village, "congelant" la vie alors présente avant de la recouvrir de lave sur une haute de 5 à 7 m. C'est d'ailleurs le principal point commun entre Joya de Céren et Pompéi : la couche de cendres a permis la conversation de nombreux vestiges qui permettent aux archéologues de cerner ce qu'était la vie quotidienne.

Dans le cas du site salvadorien, les paléobotanistes ont fait des surprenantes découvertes. On pense notamment à ces jeunes plants de manioc et maïs, recouverts par les cendres quelques heures après leur mise en sol. Plus récemment des études ont révélé que le régime alimentaire des habitants de Joya de Cerén était composé de légumes, de piments, d'herbes aromatiques. Des goyaviers et des cacaoyers complétaient leur diète. Partager

lundi 8 avril 2013

Découverte probable d'un quai sur le site de Tabuco, Veracruz

Dans un bulletin émis vendredi dernier, l'INAH résume les avancées très impressionnantes des fouilles de sauvetage entreprises par le Proyecto Arqueológico Sur de la Huasteca Veracruzana depuis octobre 2012. Dirigés par María Eugenia Maldonado Vite, les archéologues ont mis au jour plusieurs vestiges qui semblent donner un sens à ce site qui fut exploré et sondé par Gordon Eckholm dans les années 1940.

Le site a connu une occupation depuis le Protoclassique (entre 150 avant et 250 après Jésus Christ). Situé sur la rive sud du fleuve Tuxpan près des mangroves de Tumilco, Tabuco était considéré jusqu'à présent comme un site cérémoniel. Après différents sondages effectués sur un terrain attenant à la zone archéologique, les fouilles ont d'abord révélé la présence d'un dépotoir contenant des tessons de céramique, des os d'animaux, des débris d'obsidienne et de grandes quantités de coquillages.

Au nord-est un grand mur à banquette adossée mesurait plus de 15 m de long. D'une largeur et d'une hauteur de 60 cm, il s'enfonce progressivement dans le sous-sol, passant  Il était composé de grandes plaques de coquillages moulus et agglomérés. Les vestiges de trois petits adoratoires construits avec le matériel ont été retrouvés dans ce qui semblent un des accès au centre cérémoniel. Ils mesurent chacun 3 m de diamètre.

Sur la partie ouest de la zone fouillée, c'est les restes d'une structure circulaire de 15 m de diamètre et 60 cm de hauteur. La présence d'un foyer sur la plateforme permet d'émettre l'hypothèse selon laquelle il s'agit d'une résidence. Un petit escalier a été retrouvé. La présence d'une rampe menant à un sol couvert de stuc pourrait indiquer la présence de ce qui fut un quai à l'époque préhispanique. C'est là qu'un dernier édicule circulaire a été retrouvé. La présence de traces au sol de ce qui semblent avoir été des parois en bois peut être interprété comme des pièces où les marchandises débarquées étaient ensuite rangées. La présence de matériaux organiques sur cette surface stuqué rend également très probable l'idée d'une inondation à la suite de laquelle tout fut rempli par des détritus, laissant seulement la structure circulaire en place.

D'un autre côté on apprend que pas moins de 50 individus ont été enterrés. Des analyses médico-légales ont commencé pour déterminer les liens familiaux et les éventuelles maladies dont ils ont souffert. Ils ont été retrouvé en position étendue ou fléchie. Les restes ont été déposés en plusieurs strates situés entre 10 cm et 1 m sous la surface. Un autre objectif des archéologues est de pouvoir affiner la séquence céramique du site grâce à leurs grandes quantité et variétés.

Pour en savoir plus sur cette découverte très intéressante, à la limite entre les territoires totonaques et huastèques, vous pouvez consulter le bulletin publié sur le site de l'INAH.
 
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dimanche 7 avril 2013

Raíces 97 - La vingtaine d'Ochpaniztli avec Elena Mazzetto

Esta semana en Raíces comentamos la veintena de Ochpanitzli, la veintena del barrido cuando arranca el calendario de las 18 veintenas de los mexicas. Por esta occasión, establecimos un enlace por internet con nuestra colega Elena Mazzetto, doctora en arqueología por la Universidad de Venecia, Italia.

Cette semaine dans Raíces, nous avons parlé de la vingtaine d'Ochpaniztli, celle du balayage, prélude du calendrier solaire. Nous avons eu le plaisir de recevoir notre collègue Elena Mazzetto, docteur en archéologie à l'université de Venise.

Comme chaque semaine, nous vous proposons ce programme sur le portail Archive en format mp3 et ogg.



Vous pouvez également télécharger gratuitement le balado sur Souncloud pendant les quatre prochaines semaines.



A partir de cette semaine, nous cesserons d'utiliser Divshare et vous proposons de vous rendre sur notre compte 4share pour retrouver le même fichier en format mp3.

Références bibliographiques

Graulich, Michel (1981). "Ochpaniztli ou la fete aztéque des semaílles", en Anales de An­tropología  18, t.  II, p. 59-100. http://www.revistas.unam.mx/index.php/antropologia/article/download/24126/pdf_845
Grave Tirado, Luis Alfonso (2005). Barriendo en lo ya barrido. Un nuevo repaso a Ochpaniztli, Estudios de Cultura Náhuatl, 35 : 157-177
Catherine DiCesare. (2009) Sweeping the Way. Divine Transformation in the Aztec Festival of Ochpaniztli. Boulder: University Press of Colorado.
 
Expositions
El espacio sagrado tolteca. Exposition temporaire, Museo Regional de Querétaro, jusque mai 2013.
 
Eventos académicos
ENCRYM
Cours Rehabilitación estructural de edificaciones patrimoniales, avec Rúben Rocha Martínez, du 8 au 11/04.

MNA
Cours La construcción de Mesoamérica, samedis 13, 20, 27 avril et 4 mai, de 10 à 13 h. Avec Eduardo Corona Sánchez.  Préinscription au Departamento de Promoción Cultural Téléphones: 4040-5300 ext. 412308 y 412309, 55536381 et 55536386 ou au courriel promocion_cultural at inah.gob.mx.

ENAH
Entre el tintero y el papel, Auditorio Javier Romero Molina, ENAH, Mexico. Du 10 au 12 avril 2013, de 9 à 21 h. Renseignements : Mtro. Pedro Quintero Méndez pquintino at yahoo.com.

La casa real de Tenochtitlan: de Acamapichtli a don Antonio Valeriano. Salle Dra. Eyra Elizabeth Cárdenas, le 9/04 à 18 h. Avec María Castañeda, Renseignements : Mtra. Patricia Ledesma B. coordinacionarqueologiaenah at yahoo.com

CIESAS Noreste
Préinscriptions pour le diplôme Teoría y práctica de la antropología social, Con la Dra Hiroko Asakura. Du 20/09/2013 au 22/03/2014. Renseignements au 83447116 y 83427582. diplomadociesas at gmail.com

CSULA
Appel à contribution A 2-day symposium in hommage to Michael D. Coe Golden Eagle Auditorium, Los Angeles, del 12 al 13 de agosto.
Médias
Série documentaire Piedras que hablan, episode 8 sur les cenotes du Yucatan et du Quintana Roo. Canal 22, tous les mercredis à las 21 hrs. Rediffusion sur Youtube les jeudis à 22 h.
De raíz luna, Canal 22, tous les jeudis à 20h30.

Nous vous rappelons que Raíces est un programme sans but lucratif sous licence Creative Commons Paternité-Partage à l'identique - Utilisation comerciale interdite. Ce programme a été mixée par Sergio Becerra dans les estudios de Radio UdeM, San Pedro Garza García, Nuevo León, México, les 24/03, 31/03 et 04/04 2013. Montage et illustration sonore sont le travail de Sergio Becerra alors que votre serviteur a dirigé l'entretien.
 
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vendredi 5 avril 2013

Piedras que hablan 7 - Paquimé Ciudad de hombres

Voici le septième épisode de la série documentaire diffusée sur Canal 22 au Mexique. Il sera disponible jusqu'à mercredi prochain. Cette semaine, l'écrivain Juan Villoro nous fait découvrir le site de Paquimé en compagnie d'Eduardo Gamboa.


Bon visionnage !
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jeudi 4 avril 2013

De l'encensoir "théâtre" le plus ancien retrouvé à Teotihuacan

Les encensoirs de type "théâtre" sont des objets communs parmi les mobiliers retrouvés lors de fouilles à Teotihuacan. Il s'agit d'un subtil mélange d'éléments moulés et fabriqués en série dont la meilleure diffusion est datée entre 400 et 600 de notre ère. Leur iconographie a permis de montrer le caractère multiculturelle de la grande cité du Haut Plateau central pendant le Classique : on sait ainsi que des artisans originaires d'Oaxaca possédaient leur propre quartier.

L'encensoir a été découvert il y a trois ans dans le complexe baptisé La Ventilla, au sud de la zone archéologique. Il avait été déposé avec deux coquillages Turbínela angulata dans les fondations d'une sous-structure au coin sud-est du Complexe des Glyphes. Les éléments qui le composent sont typiques de ce genre de vestige : une base formée de deux cônes joints par la pointe, la cloche, la cheminée, le personnage central (d'apparence féminine), des animaux ou des plantes originaires d'autres régions.

Les restes de quelques graines carbonisées à l'intérieur du piedestal ont été soumis à des analyses. Elles ont révélé qu'il s'agissait de plusieurs variétés de maïs, de haricots reposant sur un lit de charbons, résultat de la combustion de pin et de chêne vert.

Jaime Delgado en déduit que cet encensoir a été utilisé par les habitants de la Ventilla dans le cadre de rituels de caractère agricole, afin de remercier ou de propicier les récoltes. L'archéologue explique que des canaux d'irrigation ont été retrouvés également dans la zone.

La restauration effectuée par Rosario Contreras García du Proyecto La Ventilla de la ZAT a notamment permis d'identifier plusieurs éléments iconographiques qui donnent également du sens à cette pièce. Sur la partie supérieure on peut observer deux oiseaux qui pourraient être des représentations d'un cormoran à aigrettes et d'une buse de Harris. Le premier venait régulièrement sur la lagune de Texcoco tandis que le second est encore observable dans le sud du Veracruz et sur la côte du Golfe du Mexique.

Cormoran à aigrettes (Phalacrocorax auritus)
Photo disponible le 04/04/2013 sur :


Buse de Harris.
Photo disponible le 04/04/2013 sur :

C'est d'ailleurs du bec de cette buse que sortait la fumée lors du rituel susdit.

Jaime Delgado explique encore que cette version la plus ancienne des encensoirs en forme de théâtre. Ensuite ils ont connu des évolutions pour une utilisation dans deux contextes différents. D'une part, ils étaient déposés comme offrande funéraire. D'autre part, ils servaient à consacrer une construction.

 
Encensoir de type théâtre, Classique, Teotihuacan.


Chicomecoatl, culture mexica, Postclassique, MNA.

Personnellement, je note la présence de deux petits éléments coniques qui ressemblent à deux petits épis de maïs tenus dans chaque main. Cette hypothèse toute personnelle trouve son écho dans les très nombreuses représentations féminines dite Chicomecoatl, sculptées tout au long du Postclassique. Cela renfocerait l'hypothèse d'une utilisation de ces encensoirs lors de rituels en relation avec la fertilité et l'agriculture. Un autre élément commun est d'ailleurs la présence de cette coiffe en papier plié qui fait penser à un rideau de théâtre.




Pour en savoir plus sur cette recherche, consultez en espagnol le bulletin proposé sur le site de l'INAH. Vous pouvez également observer un diaporama qui présente cet objet sous toutes ses coutures. Enfin vous pouvez également regarder la vidéo suivante sur la chaîne INAHTV disponible sur Youtube.


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