dimanche 30 juin 2013

Raíces 108 - Zelia Nutall avec Paloma Estrada Cruz

Cette semaine dans Raíces, nous avons reçu Paloma Estrada Cruz, auteur d'une publication sur les femmes archéologues qui ont marqué ou marquent l'histoire de cette science au Mexique. Comme chaque semaine, vous retrouverez notre balado gratuitement sur le portail Archive en format mp3 et ogg.



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Références bibliographiques
Estrada Muñoz, Paloma (2012). Las mujeres en la arqueología mexicana (1876-2006). Madrid : Editorial Académica Española.
Manuela Pérez Rodríguez, Assumpció Vila-Mitjá y Trinidad Escoriza Mateu (Coord.)(2011). Revista atlántica-mediterránea de Prehistoria y de arqueología social. Arqueología feminista: investigación y política. Homenaje a Encarna Sanahuja Yii. Vol. 13.
Pedro V. Castro-Martínez y Trinidad Escoriza-Mateu (2006).  Trabajo y sociedad en arqueología. Producciones y relaciones versus orígenes y desigualdades. Rampas 7.  Barcelona: Universidad de Barcelona.
Trinidad Escoriza Mateu. s/f. Producción y trabajo femenino en las representaciones rupestres levantinas. Almería: Universidad de Almería.
Walburga Wiesheu. ( 2006). Arqueología de género y patrones de especialización artesanal. In Cuicuilco,  Enero-abril 2006, 13 (36).
Rodríguez-Shadow, María J.  (coord.). La condición de las mujeres y las relaciones de género en Mesoamérica prehispánica. III Mesa de Estudios de Género. Primera Reunión Internacional. México: DEAS-INAH.

 
Exposiciones
A cien años del descubrimiento de AltaVista, Chalchihuites 1908-2008, Museo de la Revolución de la Frontera, Ciudad Júarez, Chihuahua, jusqu'au 13/08/2013.

Pintando con naturaleza la imagen del mundo. Textiles indígenas mexicanos, Museo regional de Puebla, Puebla, jusqu'au 29/11/2013.


Eventos académicos

CELE-INALI
Análisis de las lenguas y culturas de los pueblos indígenas contemporaneos tomando como modelo el nahuatl, du 22/06 alu24/07, tous les lundis, mercredis et vendredis de 11 à 14 h. Renseignements: academialenguasmexicanasunam[at]yahoo.com.mx.

UPEAP
Puebla Mundo prehispánico jusqu'au 14/07, tous les jeudis à partir de  18 h 30 avec Eduardo Merlo Júarez: http://www.upaep.mx/educacioncontinúa.

Noticias
Découverte d'un enterrement métisse multiple à Ocuituco Ocuituco, Morelos.

Publication d'un CD de musique rituelle dans le Bajío guanajuatense.

Nous vous rappelons que Raíces est un programme sans but lucratif sous licence Creative Commons Paternité-Partage à l'identique - Utilisation comerciale interdite. Ce programme a été mixé par Sergio Becerra dans les studios de Radio UdeM, San Pedro Garza García, Nuevo León, México, le 5 juin et le 17 juin 2013 avant son émission le 29 juin 2013. Montage et illustration sonore sont le travail de Sergio Becerra alors que votre serviteur a dirigé l'entretien.
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samedi 29 juin 2013

Quelques nouvelles du 9e Congrès International des Mayistes à Campeche

Cet événement annuel organisé par l'Institut de Recherches Philologiques de l'Université Nationale Autonome du Mexique a livré des informations peu ou pas diffusé par les autorités archéologiques de ce pays. Depuis la semaine dernière, même si l'événement était visible en direct sur Internet, il faut souvent d'en remettre aux articles de la presse généraliste pour avoir quelques articles à se mettre sous la dent. 

C'est le quotidien La Crónica de hoy qui semble la plus présente avec des articles publiés régulièrement par Juan Calavera et Reyna Paz. Passons certaines erreurs orthographiques et approximations archéologiques et essayons d'en tirer quelques enseignements.

Cocorico ! Commençons par la présence française à ce congrès. Dans une table ronde dirigé par Dominique Michelet et Nikolaï Grube, Philippe Nondédéo dirige une équipe franco-mexicaine en charge d'explorer le site de Naachtun situé à la frontière entre le Campeche mexicain et le Péten guatémaltèque depuis plusieurs années. Lors de sa présentation, l'archéologue français a fait part de l'exploration de deux structures situées dans l'ensemble A: il s'agit des pyramides appelée La Perdida et la pyramide 27. Sous chacune d'elles avaient été construites des chambres funéraires. Si la première a été victime de pillage, la seconde n'a semble-t-il jamais reçu d'occupant. Les restes d'un terrain de jeu de balle et d'une structure aux orientations archéoastronomiques font également partie des avancées du CEMCA et de l'INAH. Dans l'ensemble B ont été localisés plusieurs enterrements, lorsque cette partie de la ville fut utilisé à des fins résidentielles au Classique terminal. Naachtun, située entre Tikal et Calakmul, était soumise tributairement à cette dernière. Mais elle a continué à subsister en dépit du déclin de ses prestigieuses voisines.

Lors de sa participation, l'épigraphiste espagnol Alfonso Lacadena a estimé que 90 à 95 % des glyphes mayas ont été déchiffrés et ce dans cinq langues épigraphiques anciennes.

Un second papier sensationnaliste de nos journalistes n'a pas hésité à jouer sur la fibre nationaliste mexicaine. Ernesto Vargas Pacheco a vu son hypothèse se transformer en affirmation. Même si le chercheur de l'Institut de Recherches Anthropologiques (et non Archéologiques comme le présente Juan Carlos Talavera) prend beaucoup de pincettes, il est évident que s'intéresser à un archétype de l'archéologie nationaliste mexicaine suscite l'intérêt des lecteurs. Pourtant Vargas Pacheco relativise bien son hypothèse en citant différentes sources qui évoque l'endroit où Cuauhtemoc, le dernier huey tlatoani, fut exécuté par les hommes de Cortés. S'il est probable que le châtiment eut lieu près d'El Tigre, Campeche, il est en revanche plus difficile de savoir ce qui survint à sa dépouille : fut-il enterré ou incinéré préalablement comme cela était la coutume ?

En ce qui concerne Calakmul, les deux correspondants de La Crónica de hoy ont préféré mettre en valeur la présentation d'Omar Rodríguez Campero. Ce collaborateur du Centre INAH Campeche a notamment expliqué que des travaux de restaurations et de consolidation ont récemment été effectués sur les peintures murales de Chiiknahb, cet édifice sous lequel des scènes de vie quotidienne détonnent avec les peintures cérémoniales mayas auxquelles nous sommes habitués. D'un autre côté, les frises en stuc peint de la sous-structure Ilcen ont été restaurées avant leur prochaine ouverture au public, 14 ans après leur découverte. Mais l'essentiel de l'article est centré sur l'exploration de la Structure XXI dite Kalomt'e. Différents matériels céramiques de grande qualité ont ainsi été mis au jour. Il s'agirait notamment de plateaux de type codex contenant des informations épigraphiques de toute premier ordre, un sifflet zoomorphe, un hibou, un joueur de pelote retrouvé dans deux des neufs pièces qui composent cette structure. Long de 80 m et large de 70 m, il serait composé de sept étapes de construction. Cependant 30 m restent à explorer : il faut donc faire preuve de prudence.

Voici le programme des tables rondes et des présentations effectuées tout au long de cette semaine. Vous vous rendrez compte que le résumé que nous vous en proposons est à la fois partiel et partial. Espérons qu'on puisse accéder rapidement à une publication contenant tous les exposés.

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lundi 24 juin 2013

Raíces 107 - Les anciens Tarasques avec Roberto Martinez Gonzalez

Cette semaine dans Raíces, nous recevons Roberto Martínez González, historien, anthropologue et titulaire de chaire à l'UNAM, pour commenter les structures de pouvoir chez les anciens Tarasques. Dans l'épisode 94, Roberto nous avait proposé un rapide tour d'horizon sur la civilisation tarasque.
Comme chaque semaine, vous retrouverez notre balado gratuitement sur le portail Archive en format mp3 et ogg.


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Références bibliographiques
Alcala, Jerónimo de. (2008) Relación de Michoacán. Morelia: El Colegio de Michoacán.
Beltrán Ulises et al. (1994) El Michoacán antiguo, Brigitte Boehm de Lameiras (coord.), México: El Colegio de Michoacán-Gobierno de Michoacán.
Benedict, Warren.
Boehm de Lameiras, Brigitte (coord.). 1994. El Michoacán antiguo. Estado y sociedad tarascos en la época prehispánica. México: El Colegio de Michoacán-Gobierno de Michoacán.
Cárdenas García, Efraín. (1996) Pátzcuaro, Ihuatzio y Tzintzuntzan, en Arqueología mexicana, IV, 19, p. 28-33. México: Editorial Raíces.
Castro Leal, Marcia. (1986) Tzintzuntzan, capital de los Tarascos. Morelia: Gobierno del estado de Michoacán.
Martínez González, Roberto. (2010) Dioses propios y ajenos: deidades patrones y realeza sagrada entre los purépechas del siglo XVI, Revista española de antropología americana, 39, 1, p. 53-76. Madrid : Universidad Complutense. Documento pdf disponible en línea. URL: http://dialnet.unirioja.es/servlet/articulo?codigo=2994052&orden=236628&info=link.
Martínez González, Roberto. (2010) La dimensión mítica de la peregrinación tarasca, Journal de la société des américanistes [en línea], 96-1 | 2010, puesto en línea le 27 de octubre del 2010, Consultado el 14 de febrero 2013. URL : http://jsa.revues.org/index11250.html
Martínez González, Roberto. (2011) Alianza religiosa y realeza sagrada en el antiguo Michoacán, en Revista española de antropología americana, 41, 1, pp. 75-96. Madrid : Universidad Complutense. Documento pdf disponible en línea. URL: http://dialnet.unirioja.es/servlet/articulo?codigo=3599484&orden=288579&info=link .
Michelet, Dominique. (1995). La zona occidental en el Posclásico, en Historia antigua de México, vol. III, El horizonte Posclásico y algunos aspectos intelectuales de las culturas mesoamericanas, Linda Manzanilla y Leonardo López Luján (coord.), p 153-188. México: INAH-UNAM-Porrúa.
Michelet, Dominique (coord.). (1993) El proyecto Michoacán 1983-1987. Medio ambiente e introducción a los trabajos arqueológicos. Collection Études Mésoaméricaines II-12/Cuadernos de estudios michoacanos 4. México: CEMCA.
Michelet, Dominique. (1996a) El origen del reino tarasco protohistórico, in Arqueología mexicana, IV, 19, pp. 24-27. México: Editorial Raíces.
Michelet, Dominique. (1998) Reino y reyes tarascos, in Arqueología mexicana, VI, 32, p. 50-57. México: Editorial Raíces.
Michelet Dominique. (2010). De palabras y piedras: reflexiones en torno a las relaciones entre arqueología e historia en el Michoacán protohistórico, sector de Zacapu, en ISTOR [en ligne], 43, p. 27-43. México: CIDE. Consultado el 14/02/2013.  URL: http://www.istor.cide.edu/archivos/num_43/dossier2.pdf .
Ñúñez Enríquez, Luis Fernando y Roberto Martínez González. (2010) Prácticas funerarias mexicas y purépechas: el problema de la confrontación entre datos etnohistóricos y arqueológicos, in Ancient Mesoamerica, 21, 2, p. 283-308, Cambridge: Cambridge University Press.
Paredes Martínez, Carlos. (1996) La estratificación social de los tarascos, in Arqueología mexicana, IV, 19, pp. 34-39. México: Editorial Raíces.
Schöndube, Otto. (1996) Los tarascos, in Arqueología mexicana, IV, 19, p. 14-21. México: Editorial Raíces.

Expositions
A cien años del descubrimiento de AltaVista, Chalchihuites 1908-2008, Museo de la Revolución de la Frontera, Ciudad Júarez, Chihuahua, jusqu'au 13/08/2013.

Pintando con naturaleza la imagen del mundo. Textiles indígenas mexicanos, Museo regional de Puebla, Puebla, jusqu'au 29/11/2013.
Événements académiques
IX Congreso Internacional de Mayistas, Centro de Convenciones y Exposiciones Campeche XXI, San Francisco Campeche, Campeche, du 23/06/2013 au 29/06/2013. Retransmission surinternet: http://www.culturacampeche.com/online/.

Atelier Sistemas de Información Geográfica aplicados a la Arqueología, Unidad Académica de Antropología de la UAZ, Zacatecas, du 24 au 28/06 de 10 à 17 h. Renseignements : http://capacitacionrma.blogspot.mx/.

Análisis de las lenguas y culturas de los pueblos indígenas contemporaneos tomando como modelo el nahuatl, del 22/06 al 24/07, tous les lundis, mecredi et vendredi de 11 h à 14 h. Informations : academialenguasmexicanasunam [at] yahoo.com.mx .

Cours Mundo prehispánico. Jusqu'au 14/07, tous les jeudis à partir de 18.30 h. Renseignements : http://www.upaep.mx/educacioncontinua.

IX Jornadas permanentes 2013, Auditorio  Eduardo Matos Moctezuma, Museo del Templo Mayor, México D.F.
La pintura rupestre en el Norte de México. El caso de la cueva El Gualdria, Coahuila, con Leticia González Arratia. 28/06 à partir de las 10 h.
La arqueofauna y los objetos de hueso hallados en el proyecto LTK-0, con Gilberto Pérez Roldán. 28/06 à partir de 12h.

Noticias
Identifican restos de buque naufragado en Yucatán en 1849.
 
Medias
Arqueología mexicana, especial 50. Códice de la Cruz-Badiano, 1ra parte.

Nous vous rappelons que Raíces est un programme sans but lucratif sous licence Creative Commons Paternité-Partage à l'identique - Utilisation comerciale interdite. Ce programme a été mixé par Sergio Becerra dans les studios de Radio UdeM, San Pedro Garza García, Nuevo León, México, en février 2013 et le 17 juin 2013. Montage et illustration sonore sont le travail de Sergio Becerra alors que votre serviteur a dirigé l'entretien. 
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jeudi 20 juin 2013

Explorations d'un nouveau site maya: Chactun, Campeche

Depuis deux ou trois jours, on assiste à une petite ébullition parmi les mayistes. Alors que la 6e Convention mondiale d'archéologie maya vient de se clore au Museo Popol Vuh au Guatemala, il est une découverte qui ne manquera pas d'alimenter les conversations dans les couloirs du IXe Congrés international des mayistes à San Franciso Campeche à partir de dimanche prochain. Même l'AFP s'est fendu d'une dépêche reprise par plusieurs médias français, comme le Monde.

C'est dans cet état éponyme que les archéologues Ivan Sprajc et Atesta Flores Esquivel, l'épigraphe Octavio Esparza Olguín ont découvert un site archéologue de grande étendue il y a à peine une quinzaine de jours. Baptisé Chactun, qu'on peut traduire par Pierre Rouge ou Grande Pierre, ce site n'était pas encore enregistré dans l'atlas des sites archéologiques du Campeche, il a été repéré par des chicleros qui accompagnaient Sprajc dans son opération de reconnaissance au nord de la biosphère de Calakmul dans un région comptant pas moins de 3000 km2 de surface entre Rio Bec y Chenes. Sa superficie de 22 ha en fait un des sites les plus vastes des Basses Terres centrales.

Les explorations de surface ne sont pas dues au  hasard puisque Sprajc explique qu'un examen stéréoscopique de différents clichés aériens a permis la localisation de monticules. Après un long chemin en 4x4 pendant deux heures et demie à travers la forêt tropicale depuis le site de Xpuhil, le petit groupe de chercheurs est tombé nez à nez avec plusieurs vestiges architecturaux et des restes de stèles et d'autels parfois encore recouverts de stuc.

Trois groupes ont pour l'heure était détectés et une première topographie effectuée grâce à une station géodésique totale nous donne une première idée des volumes présents. Le Groupe Ouest est certainement le plus important puisqu'il s'étend sur plus de 11 ha. Il comprend notamment une pyramide haute de 23 m. Les Complexes Sud-est et Nord-Est sont de taille inférieure. Les trois ensembles présentent des structures de type pyramidal, palatial et résidentiel. Un terrain de jeu de balle a été localisé dans ces deux derniers complexes. L'architecture de Chactun, en dépit de son voisinage avec Rio Bec, n'en a absolument pas les traits architecturaux.

Dix-neuf stèles ont d'ores et déjà été retrouvées. Trois sont dans un bon état de conservation. La stèle 1 est celle qui donne précisément le nom du site et mentionne le nom d'un dirigeant appelé K'inich B'ahlam en 751 de notre ère. Selon Esparza Olguín, certaines semblent avoir été réutilisés au Classique récent et Postclassique ancien. Bien que décapitées, les habitants ont continué de leur adresser des offrandes, comme en témoigne la présence de tessons de céramiques. Si certaines stèles ont été sculptées dans le tuf, d'autres sont élaborées à partir de stuc sculptés et peint.

En guise de conclusion, nous vous proposons d'observer le diaporama et de regarder cette vidéo disponible sur la chaîne INAHTV.


Bref, on n'a pas fini d'entendre parler de Chactun dans les prochaines années. Sprajc a obtenu le soutien de la National Geographic Society, d'une entreprise autrichienne et d'une autre slovène. Source: Bulletin de l'INAH, consulté le 19/06/2013.
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mercredi 19 juin 2013

Participation au programme Evolución espiritual

Hector Diego Medina est journaliste et présentateur sur la chaîne mexicaine d'information en continu, Milenio TV. Il est également universitaire, producteur-présentateur d'Evolución Espiritual, programme diffusé tous les jeudis sur Radio UdeM de 19 h à 20 h. Depuis quelque temps déjà, Hector m'avait proposé d'intervenir dans son programme pour présenter l'anthropologie des religions. Sous bien des aspects, je pense être un anthropologue en formation. Mais soit... Connaissant un peu le contenu spirituel, voir religieux mais respectueux d'Evolución Espiritual, je ne pensais pas trop avoir ma place.

Hector Diego, tout comme José Luis Rámirez Vargas, présentateur d'El mundo de las religiones sur Frecuencia Tec, est un excellent interlocuteur, avide de savoir comment les sciences humaines étudient et pensent les phénomènes religieux et les spiritualités. L'humble et certainement incomplète participation de votre serviteur a tendu cependant à mettre en valeur les aspects suivants :
  • définir l'anthropologie religieuse dans le cadre plus vaste des études religieuses, qu'elles fussent sociologie, histoire, philosophie voir économie,
  • rappeler la neutralité nécessaire de l'anthropologue dans son processus d'analyses d'un phénomène religieux,
  • définir les particularités des catholicismes mexicains,
  • donner des exemples de syncrétismes dans le but d'informer le public et d'instaurer le respect et la tolérance nécessaire entre différentes confessions ou pratiques religieuses
J'espère sincèrement avoir atteint ces objectifs même si je doute légitimement du contenu de mes propos. Mes différentes participations à des programmes de ce genre sur 3 stations de radio locales (Radio UdeM, Frecuencia Tec et Radio Nuevo León) m'ont fait prendre conscience de certaines choses. La première est le manque criant de ce type de stations à niveau régional en Frqnce. On m'objectera qu'il existe des chaînes de webtv qui remplissent parfaitement ce rôle. Cependant la radio reste un des médias les plus consultés en France. Alors pourquoi ne pas les créer ou les diffusions au moins à un niveau régional. A titre indicateur, la ville de Monterrey compte plus de 4,5 millions d'auditeurs potentiels...

Un deuxième enseignement est sans contestation possible le poids des religions et des spiritualités dans la société mexicaine en générale, regiomontana en particulier. J'entends d'ici les athées (dont je partage certaines idées) fustiger cette omniprésence de la religion dans la vie publique voir politique de ce pays. L'examen récent du discours de la mairesse de Monterrey lors de la remise des clés de la ville à Jésus en est un criant exemple: l'usurpation de son statut d'élu de la troisième ville du pays a passablement été critiqué, notamment par les catholiques et les athées. Il faut dire que l'édile a eu le "mauvais" goût de participer à une rencontre de pasteur évangélique, reconnaissant de facto sa confession. Curieusement la constitution mexicaine a repris le concept pourtant bien français de la séparation de l'église et de l'état. Dans un pays où le catholicisme traditionnel (dont je partage aussi certaines valeurs) prend sérieusement du plomb dans l'aile face aux églises protestantes venu du voisin nord-américain, au bouddhisme (dans lequel je me reconnais également), voir à l'islam, il est plus que temps que les confessions religieuses n'évitent de tourner au communautarisme et à la ringardise. La tolérance, le dialogue interreligieux incluant l'athéisme doivent faire des propositions et agir ensemble pour garantir la cohésion sociale et contribuer significativement au développement personnel.

L'anthropologie des religions constitue un excellent référent scientifique pour épauler leurs actions. Comme disait Albert Einstein, "la science sans religion est borgne et la religion sans science est aveugle". Voici donc ce programme disponible gratuitement en format mp3 et ogg sur le site Archive.



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mardi 18 juin 2013

Arqueología mexicana - Especial 50 El Códice de la Cruz-Badiano Prinera parte

Comme souvent lorsqu'il s'agit d'un fac-simile publié sous la forme d'un hors-série, l'éditeur Raíces n'hésite pas à profiter avantageusement du porte-monnaie du lecteur moyen, mais aussi de sa patience. L'accès au Codex de la Cruz-Badiano, véritable bible d'herboristerie rédigée en latin sur des plantes médicinales originaires de la Nouvelle-Espagne, ne nous convaincra pas du contraire.


Pour l'heure, le lecteur devra se contenter d'une étude par Robert Bye et Edelmira Linares des sept premiers chapitres de ce manuscrit conservé actuellement à la Bibiothèque Nationale d'Anthropologie et d'Histoire. Pourtant l'histoire du Codex Badiano n'a pas été de tout repos. Préparé par un des disciples de Sahagún, il fut envoyé à la cour d'Espagne. Selon les éditeurs, il a pour particularité d'être le premier ouvrage rédigé - en 1552 - et illuminé par des scribes natifs sur les plantes médicinales locales, marquant une rencontre inédite avec la médecine européenne.

Certaines planches sont analysées plus en détail et comporte les données suivantes : son identification, son nom en nahuatl et sa signification, la traduction des gloses en latin. Dans la partie inférieure sont annotés les commentaires de Bye et Linares : ils portent autant sur l'aspect de la plante que sur ses usages pharmaceutiques. On notera à la page 14 une courte bibliographie. Il convient de rappeler que le Codex de la Cruz-Badiano a également été publié sous forme de CD-ROM il y a quelques années.
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lundi 17 juin 2013

Raíces 106 - Los Otomíes du semi-désert de Querétaro avec Mirza Mendoza

Cette semaine dans Raíces, nous allons faire un petit détour par l’état de Querétaro, cet état situé au nord-est de la capitale, Mexico. À bien des égards, cette région du Mexique recèle des trésors archéologiques et historiques peu connus, voir même par les Mexicains eux-mêmes. Cependant ce sont les trésors humains qui nous intéressent : les Otomis sont un peuple originaire qui vivent sur un territoire qui s’étend sur différents états mexicains. Ils sont notamment très présents dans l’état de Mexico et dans son voisin, le Michoacan. Il existe plusieurs communautés otomis, la plupart résidant dans la partie semi-désertique de l’état de Querétaro. Mirza Mendoza Rico est anthropologue social : elle a travaillé de très près avec ces communautés et a publié différents textes et articles sur leurs conditions de vie et leurs habitudes.

Comme chaque semaine, nous vous proposons de télécharger ce programme en format mp3 ou ogg sur le portail Archive.



Mais il est aussi disponible temporairement sur Soundcloud.



Références bibliographiques
Mendoza Rico, Mirza (2006). Otomíes del semidesierto queretano. Mexico: CDI.
Mendoza Rico, Mirza (2005). La fotografía en la comprensión del mundo indígena, en María Elena Villegas Molina (coord.), Estudios antropológicos de los pueblos otomíes y chichimecas de Querétaro, Querétaro, México, D.F. : INAH.

Expositions
A cien años del descubrimiento de AltaVista, Chalchihuites 1908-2008, Musée de la Revoluto de la Frontière, Ciudad Juárez, Chihuahua, jusqu'au 13/08/2013.

Atzompa: un reencuentro con el pasado y Tradición milenaria, cerámica de Santa María Atzompa, musée de site de Santa María Atzompa jusqu'au 31/07/2013.

Nouvelles
Découverte du principal enterrement à Colima, Colima.

Événements académiques
INAH
Conférences Fauna y flora en el Templo Mayor de Tenochtitlan, 22/06 de 10 à 13h, Auditorio Eduardo Matos Moctezuma. Informations: 4040-5600.

UNAM

Cours La palabra y la imagen en los códices nahuas, 6e et dernière session avec le Dr. Patrick Johansson, 21/06 de 10 h à 13 h, Instituto de Investigaciones Antropológicas.

IX Congreso Internacional de Mayistas, du 23 au 29/06, Centro de Convenciones y Exposiciones Campeche XXI, San Francisco Campeche, Campeche.

ENAH

Congreso de posgrado en arqueología de la ENAH, du 17 au 21/06, de 9 h à 21 h, Auditorio Javier Romero Molina, DF. Infomes: arqueoli_apos@gmail.com .

Universidad Autónoma de Zacatecas

V Congreso Nacional de Estudiantes de Arqueología, jusqu'au 18/06/2013.

CIESAS-DF

Appel à participation pour le V Coloquio Internacional de la Mixteca. Date limite: 21/06. Informations: seminarioculturamixteca @ gmail.com .

UAM Itztapalapa

Cours Sistemas de información geográfica aplicados a la arqueología, du 17 au 21/06 de 10 h à 17 hrs. 

Musée des Cultures du Nord, Casas Grandes, Chihuahua

XV Conferencia de Arqueología de la Frontera Norte "Los Pueblos del Norte, 20 y 21/06/2013. Informations au Centre INAH Chihuahua: 01(614) 410 – 8733 / 01(614) 410 – 9076 / 01(614) 410 – 3948 / 01(614) 437 – 1166

UPEAP, Puebla

Cours Mundo prehispánicoavec Eduardo Merlo Júarez, jusqu'au 14 de julio, tous les jeudis à partir de 18 h 30:

Association Arbol de todas raíces,

Cours de nahuatl, les samedis à 10 h pour le premier niveau et à midi pour le niveau intermédiaire. Procuración de Justicia Étnica A.C, J. Aldama 520 sur, Col. Centro, Monterrey.

Médias
Video en la página de la UNESCO (10 min. 32 s.):



Série documentaire DiversidadCanal del Congreso, jeudi à 22 h ; rediffusion dimanche à 11h30 et sur Canal 22, mercredi à 21 h ; rediffusion à 21 h. 

Nous vous rappelons que Raíces est un programme sans but lucratif sous licence Creative Commons Paternité-Partage à l'identique - Utilisation comerciale interdite. Ce programme a été mixé par Sergio Becerra dans les studios de Radio UdeM, San Pedro Garza García, Nuevo León, México, le 30 mai et le 12 juin 2013 avant son émission le 14 juin 2013. Montage et illustration sonore sont le travail de Sergio Becerra alors que votre serviteur a dirigé l'entretien.
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samedi 15 juin 2013

Vers une carte numérique de l'enceinte sacrée du Grand Temple de Mexico-Tenochtitlan

La Jornada nous révèle de belles surprises parfois. Cet article d'Ana Mónica Rodríguez publié le 1er avril dernier revient sur un projet peu commenté au Templo Mayor. Cependant l'INAH n'en évoque pas un mot sur son site. Leonardo López Luján a évoqué en fait une initiative cherchant à améliorer notre compréhension de cette enceinte cérémonielle.

Dans un premier temps, López Luján a décrit un projet impliquant l'INAH et la faculté d'archéologie de l'Université de la préfecture d'Aichi au Japon. C'est l'archéologue Saburo Sugiyama, connu pour ses recherches à Teotihuacan depuis les années 1980, qui accompagnera son homologue mexicain. L'objectif est simple : dessiner une carte virtuelle de précision millimétrique du centre cérémoniel afin de le reconstruire virtuellement. López Luján a précisé à la journaliste l'importance du calcul exact des dimensions des constructions mexicas, de l'identification d'anciens systèmes de mesures, du registre de modifications architecturales subies au fil du temps, de l'élaboration de modèles hypothétiques tridimensionnels permettant de comprendre les différentes étapes de construction du Grand Temple.

Mais les moyens à mettre en œuvre sont complexes, notamment en terme des technologies qui sont utilisées : GPS, scanners tridimensionnels et programmes de conceptualisation sont notamment de la partie. Jusqu'à présent, ce sont 18000 m2 qui ont été ainsi cartographiés et modélisés grâce aux fouilles et travaux de laboratoire effectuées par le Proyecto Templo Mayor, le Proyecto de Arqueología Urbana, la direction de sauvetage archéologique de l'INAH.

L'autre versant de ce projet est d'intégrer les restes de peinture murale encore visibles. C'est l'architecte et restauratrice Michelle de Anda, secondée par Fernando Carrizosa et Luz María Muñoz, qui a été chargé d'établir un registre précis des soixante peintures murales réparties sur différents monuments. Avec plus de 2300 clichés, elles ont été déposés virtuellement sur les données volumétriques précédemment acquises. Un travail sous Autocad permet ensuite de restituer virtuellement le centre cérémoniel dans sa splendeur.
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mercredi 12 juin 2013

Compte-rendu Arqueología mexicana 121 - Arqueología del siglo XXI

Cette publication marque un anniversaire important pour la revue publié par l'INAH. Il s'agit en effet de fêter le vingtième anniversaire. Quoi de mieux alors que de s'intéresser à l'évolution des théories et des méthodes archéologiques au Mexique, "de la manière selon laquelle la pratique archéologique s'est transformée récemment, des fondements derrière notre connaissance des anciennes cultures mexicaines" (p. 39).




Dans un premier temps, on peut lire une réflexion de Kenneth Hirth sur la méthode dont dispose l'archéologue pour estimer la population présente sur un site à une époque donnée.  On pourrait parler d' "archéodémographie" d'une certaine manière.

Vient ensuite un travail de Joaquín García-Bárcena sur les techniques de datation par stratigraphie, dendrochronologie, radiocarbone et thermoluminescence. En revanche la datation à l'uranium-thorium n'est pas détaillée alors qu'elle permet des analyses qui se substituent au radiocarbone. On appréciera cependant le tableau récapitulatif pour sa clarté : il explique clairement ce que le grand public a parfois du mal à comprendre.

L'archéologue Linda Manzanilla revient sur l'importance des espaces domestiques et productifs pour comprendre la vie quotidienne des groupes à Teotihuacan ou dans la zone maya.

Une des autres avancées importantes enregistrées depuis une vingtaine est l'utilisation presque systématisé du GIS. Bien plus qu'une cartographie digitale, le GIS permet de collecter des données

Avant ce dossier, on notera plusieurs articles intéressants. Il y a d'abord la traditionnelle chronique du Dr Xavier Noguez sur un document peu voire jamais étudié, la carte de Beinecke, conservée à l'Université de Yale.

Suite un comparatif très intéressant de trois sculptures benizaa proposé par Javier Urcid. Il s'agit d'un ensemble de trois personnages en terre cuite dont deux sont complets. Le troisième partage un style identique mais seule la tête est conservée. On apprend ainsi que chaque sculpture est conservée dans une enceinte différente.

L'article rédigé à huit mains par Ilán Leboreiro, Josefina Mansilla, Fabienne de Pierrebourg et Christophe Moulherot tient à la fois de l'anthropologie physique et de l'anthropologie culturelle. Il s'agit d'une mise à jour nécessaire sur un corps momifié naturellement et conservée au musée du quai Branly. Elle fut étudiée en son temps par Leopoldo Batres, ancien militaire francophone reconverti en inspecteur des monuments historiques pendant le Porfiriat. Or les conclusions qui sont aujourd'hui proposées vont aux antipodes de celles de Batres : d'après les observations et les analyses préliminaires effectuées, le corps tatoué serait celui d'une femme et non celui d'un homme comme conclu il y a 123 ans...

Laura Magriña est ethnohistorienne. Elle résume ses recherches sur un document rédigé par Fray Antonio Arias de Saavedra sur l'ethnie cora. Ce document colonial contient notamment un dessin qui pourrait être considéré comme un cosmogramme des Nayares et à leur usage de plantes psychotropes que sont le peyote et le cheri.

Le dernier article est un résumé des avancées de l'épigraphie maya. Erik Velázquez García, professeur de l'UNAM, revient notamment sur l'élargissement considérable des corpus d'inscriptions et sur leur déchiffrement.

On peut regretter que d'autres aspects de l'archéologie n'ait pas été traitée dans ce numéro. Il convient de nuancer ce sentiment en se souvenant les numéros publiés sur la restaurations, l'archéologie sous-marine et les articles disséminés çà et là sur l'anthropologie physique.

Eduardo Matos Moctezuma conclut ce numéro en nous proposant sa réflexion bimestrielle sur les légendes urbaines de l'archéologie mexicaine. Dans ce numéro, il s'attaque à l'interprétation fallacieuse de la représentation d'un astronaute sur la pierre qui scellait le sarcophage de K'inich Janah'b Pakal.
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lundi 10 juin 2013

Localisation de l'enterrement principale de la tombe à puits de Colima

Il y a un mois environ, nous vous décrivions la découverte d'une tombe à puits découverte lors de fouilles de sauvetage effectuées à Colima, capitale de l'état homonyme. Dans un nouveau bulletin publié le 6 juin dernier, les archéologues en charge du projet ont communiqué les dernières avancées. Selon Marco Zavaleta Lucido, l'enterrement principal était entouré de cinq autres.

Dans la chambre principale de la tombe, les archéologues étaient tombés nez à nez avec un monticule d'ossements appartenant à une dizaine d'individus. Sous ce dernier, une fine couche de terre couvrait les restes d'un squelette incomplet : si l'anthropologue Rosa María Flores a pu facilement identifier fémurs, tibias, humérus, clavicules, cubitus, radius, vertèbres, os iliaques et quelques côtes, elle n'a trouvé aucune trace des extrémités de cet individu âgé d'une quarantaine d'années. Une offrande l'accompagnait : elle consistait en un vase et un autre globulaire, un troisième récipient en terre cuite contenant des petits os qui n'ont pas encore été identifiés, une quatrième en forme de tortue à tête humaine, quatre pierres vertes (deux rondes et deux autres en forme de grenouilles). L'ensemble aurait entre 1500 et 2000 ans d'ancienneté. Pour Zavaleta Lucido, la présence des ossements empilés au-dessus du sujet enterré indiquerait clairement qu'il s'agit de l'enterrement principal de ce complexe.

Autour de ce personnage, les restes de cinq autres ont été mis au jour. Il y a d'abord le cas de cette femme d'une quarantaine d'année dont le corps avait été déposée dans une fosse creusée dans la pierre volcanique et recouverte de pierre, à seulement deux mètres au sud de la tombe à puits. Une deuxième femme a été enterrée cinq mètres plus loin : le mobilier funéraire comprend six pièces en terre cuite rougie et orange et deux poinçons en os de cervidé, déposés à côté du fémur gauche. Ces poinçons pourraient avoir été les outils d'une couturière, indiquant le statut de cette femme enterrée la bouche vers le sol.

Cette position correspond aussi à un autre enterrement effectué à 4 m de la tombe à puits vers l'Est. Une offrande simple accompagnait ce corps : un vase tripode en terre cuite  a été retrouvé à ses pieds et une pierre de metate près du crâne.

Deux derniers enterrements très détériorés suscitent l'attention des archéologues. L'un correspond à un enfant âgé entre au mieux de " ans. L'autre correspond à une femme déposée avec une mâchoire de canidé. Tous deux sont datés entre 500 et 600 de notre ère.

Les fouilles de sauvetage continuent et il ne fait guère de doute que d'autres découvertes auront lieu dans les prochaines semaines.


Pour information, un petit diaporama est disponible sur le site de l'INAH.


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dimanche 9 juin 2013

Des objets de la culture Mezcala retrouvés près de Colula, Guerrero

Dans un bulletin somme toute laconique publié sur le site de l'INAH le 4 juin dernier, on apprend qu'une équipe d'archéologues de l'INAH-Guerrero dirigée par Miguel Pérez Negrete, Jorge Alberto Hernández et Antonio Hermosillo Worley a mis au jour une série de matériels appartenant à deux cultures et à deux époques très éloignées sur le lieu-dit Oxtotenco, près d'Azcuala.

Les vestiges les plus anciens remonteraient au Préclassique moyen (soit 1000 avant notre ère). Il s'agirait de tessons de céramiques de style préolmèque : elles sont brunies, noires ou rouges avec des patrons de points. Celles de style olmèque sont blanches et brunies avec des incisions sur les bords et au fond.

Au-dessus de cette strate, les archéologues avaient retrouvé d'autres tesselles de céramique de type Blanc granuleux datées vers 700 après Jésus Christ. Leur aspect sablonneux et la décoration font penser qu'il s'agit de vestiges de la culture Mezcala. Elles accompagnaient une statuette anthropomorphe aux traits stylisés, presque géométrique, propres à la culture dite Mezcala. Cette dernière s'est développé entre 200 et 700 le long du fleuve Balsas.

Les pièces mezcala sont particulièrement prisées par les collectionneurs privés et atteignent souvent des prix records lors de ventes aux enchères. Nombre d'entre elles ont été pillées et sont donc dépourvues de contexte archéologique. Les pièces retrouvées dans les fouilles d'Oxcotenco sont par conséquent très importantes pour nous aider à comprendre à quoi elles pouvaient servir. On compte jusqu'à présent douze cas archéologiquement documentés.

Le contexte de ces fouilles est d'ailleurs très intéressant. Il s'agit d'une cavité naturelle possédant un diamètre d'environ 5 m et une hauteur de 2,4 m. Cerise sur le gâteau, la présence de restes osseux suggère qu'elle ait été utilisé pour des rituels funéraires. Leur état fragmentaire ne devrait cependant pas empêcher certaines analyses médico-légales.

Pour en savoir plus sur ces nouvelles découvertes dans l'état de Guerrero, nous vous recommandons de regarder le diaporama préparé par l'INAH sur son site.




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Raíces 105 - Les félins à Teotihuacan avec Azucena Cervantés

Cette semaine dans Raíces, nous avons reçu Azucena Cervantés, archéologue à Teotihuacan. Dans le cadre de sa thèse de maîtrise, elle a étudié l'iconographie des félins à Teotihuacan. 

Comme chaque semaine, vous pouvez retrouver ce programme en format mp3 et ogg sur le portail archive.org.



Le balado est également librement disponible sur Soundcloud.


Références
Valverde Valdés, M. d. C. (2004). Balam : el jaguar a través de los tiempos y los espacios del universo maya (1. ed.). México, D.F. : Universidad Nacional Autónoma de México, Instituto de Investigaciones Filológicas, Centro de Estudios Mayas.
Saunders, N. J. (1998). Icons of power : feline symbolism in the Americas. London : New York: Routledge.
Arroyo, Sergio Raúl (éd.) (2005). El jaguar prehispánico: huellas de lo divino. Mexico DF - Monterrey: CONACULTA - Museo de Historia Mexicana.
Arqueología Mexicana 57 sobre el jaguar prehispánico.

Expositions
A cien años del descubrimiento de AltaVista, Chalchihuites 1908-2008, Museo de la Revolución Mexicana, Chihuahua, Chihuahua, jusqu'au 13 août 2013.

Médias
Série Diversidad, tous les jeudis à 22 h sur Canal del Congreso et sur INAHTV.

Événements académiques
VI Convención mundial de la arqueología maya, Auditorio Juan Bautista Gutiérrez, Universidad Francisco Marroquin, La Antigua, Guatemala, du 14 au 16/6/2013.
V Congreso Nacional de Estudiantes de Arqueología, Universidad Autónoma de Zacatecas, Zacatecas, du 15 au 18/06/2013.
Seminario permanente de historia y Antropología de las religiones, Escuela Nacional de Antropología e Historia, Cuicuiloc, DF.
En torno al teatro de evangelización, Salón Académico, Instituto de Investigaciones Históricas, del 14 al 16/06/2013.
Presentation du libro Tamtoc: esbozo de una antigua sociedad urbana, Chapelle de Aranzazú del Museo Regional Potosino, San Luis Potosí, 13/06/2013 à 18 h.
Cours Mundo prehispánico, UPEAP, Puebla, le 13/07/2013.
Cours La palabra y la imágen en los códices nahuas, avec Patrick Johansson K., session 5 La imagen del tiempo en los códices nahuas, 14/06/2013 de 10 à 13 h.
Recorrido "Hallazgos recientes de la cultura mexica", tous les samedis jusqu'au 29/06/2013 de 12 h à 14 h. Contact : 4040 – 5600. Ext: 412934.

Nous vous rappelons que Raíces est un programme sans but lucratif sous licence Creative Commons Paternité-Partage à l'identique - Utilisation comerciale interdite. Ce programme a été mixé par Sergio Becerra dans les studios de Radio UdeM, San Pedro Garza García, Nuevo León, México, le et 6 juin 2013 et émis le 8 juin 2013. Montage et illustration sonore sont le travail de Sergio Becerra alors que votre serviteur a dirigé l'entretien.
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vendredi 7 juin 2013

Vers un inventaire extensif de la peinture murale teotihuacaine

Lorsque Beatriz de la Fuente dirigeait l'Instituto de Investigaciones Estéticas à l'Universidad Nacional Autónoma de México, elle mit en place un projet de publication multi et interdisciplinaire pour mettre en valeur un pan sous-estimé du patrimoine pictural mexicain : la peinture murale préhispanique. Des analyses furent publiées dans le Boletín de pintura mural prehispánica. Puis en 1996 furent édités les deux premiers volumes d'une collection d'ouvrages qui catalogue ce genre de vestiges dans la Cité où apparaissent les dieux.

Depuis le décès de De la Fuente, c'est María Teresa Uriarte qui a repris le flambeau au sein d'Estéticas. Dans un projet collaboratif avec l'INAH et le Centro de Estudios Teotihuacanos, elle a entrepris un vaste projet de catalogage de tous les fragments de peintures conservés in situ et dans différentes réserves de musées mexicains. Dans cette tâche ardue,  elle est aidée par la restauratrice Gloria Torres Rodríguez et l'archéologue Claudia López Pérez. Une équipe comptant photographes, architectes, archéologues, artistes visuels et informaticiens a été formée pour l'occasion.

Pour bien comprendre l'ampleur de ce registre effectué entre 2010 et 2012, voici quelques chiffres publiés dans ce bulletin de l'INAH.

  • 12560 fragments catalogués appartenant à une occupation de la ville entre 200 et 700 de notre ère,
  • 12434 photos prises,
  • 1114 dessins,
  • 1870 fragments capturés,
  • trois zones monumentales placées sous restauration urgente
  • sept autres cataloguées,
  • réintégration de quatre œuvres sur châssis.
A titre de comparaison, lorsque Arthur Miller a publié son ouvrage sur les peintures murales teotihuacaines en 1973, il avait compté 358 peintures. De la Fuente 


Un glossaire est actuellement en cours de rédaction et un diagnostique général a été émis pour chaque zone. C'est donc une énorme base de données qui sera mise à disposition des chercheurs teotihuacanistes. Chaque fragment catalogué comprend les référents suivants :
  • numéro de registre,
  • réserve,
  • lieu de conservation,
  • technique utilisée,
  • état de conservation,
  • origine, 
  • couleur, 
  • caractéristiques physiques, 
  • type de scène.
En ce qui concerne les peintures étudiées in situ, la fiche inclut les données semblables à quelques détails près :
  • secteur de la ville,
  • unité architecturale,
  • structure,
  • carte de situation de la peinture,
  • élément architectural;
  • caractéristiques physiques,
  • description résumée des scènes;
  • motifs représentés,
  • état de conservation,
  • restaurations antérieures.
En général, il existe plus de 60000 fragments disponibles in situ. 126000 sont encore sur châssis et n'ont pas encore été restaurés.

Pour conclure ce billet, nous vous recommandons de regarder ce reportage disponible sur la chaîne INAHTV.



Références bibliographiques
Fuente, B. d. l. (Ed.). (1995). La pintura mural prehispánica en México. I Teotihuacan (1. ed.). Mexico: Universidad Nacional Autónoma de México, Instituto de Investigaciones Estéticas.
Miller, A. G. (1973). The mural painting of Teotihuacán. Washington, D.C.: Dumbarton Oaks.

Félicitations et merci pour ce travail de recherches indispensables pour une meilleure diffusion des matériels archéologiques de Teotihuacan.
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jeudi 6 juin 2013

1000e billet : remise d'une vaisselle de culture Aztatlan à l'INAH


(Remerciement à Guillermo Kantún por orientarme en la numeración maya)

Pour ce millième billet, je préfère vous laisser penser à cette curieuse annonce publiée sur le site de l’INAH dans un bulletin publié le 13 mai dernier. On y apprend qu’un collectionneur privé, le professeur Luciano  Sandovial, a remis au centre INAH-Nayarit une très jolie pièce en céramique peinte qu’il avait gardé chez lui pendant 18 ans.
 
Une première expertise a été effectuée par Mauricio Garduño Ambriz, chercheur du centre INAH-Nayarit et spécialiste des cultures du Nord-ouest du Mexique. Selon ces premières constations, la pièce aurait été élaborée il y a 900 ans, elle présente des éléments iconographiques propres à la culture Aztatlan qui connut son acmé entre les 10e et 14e siècles de notre ère.

Il s’agit « d’un vase polychrome de type globulaire à cou droit, tripode avec des supports évoquant des maracas. Il mesure 18 cm de haut et 13 cm de largeur maximale et il est décoré profusément comme dans la tradition picturale dite de Style codex ».

Le chercheur mexicain insiste sur le bon état de conservation de l’objet avant de détailler la décoration de ce vase. Deux scènes principales ont été peintes : la première représente le sacrifice rituel d’un individu par cardiectomie, la seconde met en scène un rituel funéraire de crémation. 24 personnages sont représentés sur toute la surface externe de la vaisselle. 

La scène de crémation comprend rait notamment une représentation du dieu de l’inframonde, Mictlantecuhtli. A ce titre il conviendrait de nuancer : il pourrait tout aussi bien s’agir d’un ixiptla de Mictlantecuhtli, c’est-à-dire un personnage le représentant. Rappelons que le nom Mictlantecuhtli est un nom de consonance nahuatl et n’est donc pas forcément le plus indiqué pour nommer une image appartenant à une culture et à une époque différente et éloigné comme celles des peuples vivant dans la vallée de Mexico. Il est accompagné de deux autres personnages portant des masques en forme de mâchoires décharnées sur le point d’allumer le bûcher funéraire.
 
L’ancien « propriétaire » du vase indique qu’avant son nettoyage, la vaisselle contenait des restes de cendres, d’os triturés et de dents. Selon Ambriz, cela indiquerait qu’elle ait servi comme urne funéraire contenant probablement les restes incinérés d’un ancêtre divinisé lié à un lignage important. L’archéologue rappelle qu’à l’époque, l’incinération était une pratique funéraire restreinte à une élite assimilée au soleil, divinité qui régissait notamment les cycles agricoles.

Mais le plus intéressant pour les archéologues n’est pas seulement l’objet en lui-même, mais aussi son contexte de découverte. En l’occurrence, c’est un petit miracle de savoir que M. Sandoval ait pu préciser où reposait originellement ce vase. Selon ses dires, elle serait originaire du site de San Felipe Aztatlán, actuellement en cours d’inscription au registre des Monuments et Zones archéologiques de l’INAH. Ce site comprend notamment un monticule haut de 10 m appelé Loma de la Cruz. A 130 m à l’ouest de cette butte repose une plateforme rectangulaire aux dimensions réduites (1,6 m de hauteur, 55 cm de longueur sur 45 cm de profondeur). C’est sur cette plateforme qu’avait été déposée l’urne rendue par M. Sandoval au peuple mexicain.

San Felipe Aztatlan fut une chèferie très importante à partir du Postclassique ancien : son pouvoir était fondé sur sa participation dans un important réseau commercial qui impliquait des échanges de marchandises aussi diverses que des produits somptuaires ou des ressources importantes comme le cuivre, la jadéite, la turquoise, ou l’obsidienne.

Pour conclure ce millième message, on pourrait donc retenir un petit miracle : l’urne ne contient plus tous les éléments incinérés et d’importantes informations médico-légales sont définitivement perdues. Cependant elle pourra probablement accélérer le procédé d’enregistrement du site, mettre en place un projet complet de fouilles, diminuant probablement la quantité de fouilles sauvages et de pillages qui peuvent avoir lieu dans la région.
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dimanche 2 juin 2013

Raíces 104 - Fouilles à Tabuco, Veracruz avec María Eugenia Maldonado Vite

Cette semaine dans Raíces, nous avons reçu María Eugenia Maldonado Vite, responsable de fouilles sur le site préhispanique de Tabuco, Veracruz. Situé à quelques kilomètres de l'embouchure du fleuve Tuxpan, Tabuco semble avoir été un port d'échanges entre les populations qui descendaient le fleuve et les commerçants qui effectuaient du cabotage le long de la côte du Golfe du Mexique. C'est en tout cas ce que suggère la découverte d'un ponton précolombien et la présence d'enterrements à proximité.

Comme chaque semaine, vous pouvez retrouver ce programme en format mp3 et ogg sur le portail archive.org.


Le balado est également librement disponible sur Soundcloud.



Références
Bulletin de l'INAH sur Tabuco, publié le 5 avril 2013.

Médias
Diaporama sur les fouilles à Tabuco.
Série Diversidad, tous les jeudis à 22 h sur Canal del Congreso et sur INAHTV.

Événements académiques
Instituto de Investigaciones Antropológicas, UNAM.
Séminaire permanent Teorías y métodos en la antropología mexicana, 05/06/2013 de 11 à 14 h, salle 121. Coordinateurs: Drs María Teresa Valdivia Dounce et Andrés Medina Hernández.

Conférences Indios conquistadores: milicias otomíes en la Nueva España, avec Raquel Güereca, le 04/06/2013 de 12 à 14 h. Salle 121. Dans le cadre du séminaire permanent Grupos Otopames. Coordinatrices: Drs. Yolanda Lastra, Ana María Salazar et Verónica Kugel.

Découvertes archéologiques
Fouilles préliminaires sous la cour de la cathédrale San José à Tula, Hidalgo.


Nous vous rappelons que Raíces est un programme sans but lucratif sous licence Creative Commons Paternité-Partage à l'identique - Utilisation comerciale interdite. Ce programme a été mixé par Sergio Becerra dans les studios de Radio UdeM, San Pedro Garza García, Nuevo León, México, les 9 et 30 mai 2013 et émis le 1er juin 2013. Montage et illustration sonore sont le travail de Sergio Becerra alors que votre serviteur a dirigé l'entretien.
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