7.11.09

Déchiffrement de nouveaux glyphes à Chichen Itza

Le site yucatèque mondialement ne finit pas de révéler ses secrets. C'est ainsi qu'on apprend qu'une équipe d'archéologues mène une équipe de fouilles autour de la Maison colorée (Casa Colorada). Il s'agit de corroborer une date déchiffrée et provenant de cette partie du site. Selon les hypothèses des épigraphes, elle ferait allusion à 869 de notre ère, quelques 200 ans avant l'acmé de la cité.

Toutefois les épigraphes ont pu retrouver d'autres références épigraphiques à des dirigeants de Chichen Itza et d'Ek Balam. Cette date de 869 ferait référence à la fin de la construction de ce bâtiment. La Casa Colorada correspond en fait à quatre bâtiments répartis autour d'une plateforme au milieu de laquelleu figurait une stèle haute de 2,30 m, apparemment la seule connue sur tout le site.

Malheureusement, elle a été retrouvée en de très nombreux fragments : cela a amené les archéologues à faire l'hypothèse d'une destruction suite à acte de guerre. Par conséquent, l'état des glyphes est également très fragmentaire.

L'archéologue José Francisco Osorio León a indiqué que des datations sur des échantillons de céramiques découverts au même endroit et les fouilles entreprises dans le groupe des Séries Initiales permettront de préciser la chronologie de Chichen Itza avant son âge d'or. De fait de nouvelles fouilles vont être entreprises dans la maison du Cerf.

Osorio León a rappelé qu'un dixième terrain de jeu de balle est en cours de restauration, près de la Maison colorée. Ce bâtiment de 15 mètres de haut était originellement recouvert de peinture rouge dont il ne reste aujourd'hui que de rares traces. Il dispose de trois grandes ouvertures et sa voûte est recouverte d'une crête faite de sculptures représentant le dieu à nez crochu identifié souvent et à tort avec le dieu Chac.


Masque du dieu à nez crochu, sculpture, Casa Colorada, Chichen Itza, Classique tardif
Photo retrouvée le 6 novembre 2009 sur :

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4.11.09

Quel est l'impact du structuralisme sur l'étude des mythes et rituels mésoamérocains ?

Alors qu'il y a encore quelques mois on fêtait dignement le centième anniversaire de Claude Lévi-Strauss, l'anthropologue qui a révolutionné notre manière d'observer et de comprendre les faits humains nous a quitté hier en nous laissant un héritage culturel et scientifique colossal.

Mais dans les panégyriques qui vont saluer les apports indéniables et la personnalité incroyable de M. Lévi-Strauss, quelle est la part de la Mésoamérique ? En fait le bilan est mitigé. Car si M. Lévi-Strauss n'a que peu étudié les mythes mésoaméricains, c'est surtout indirectement qu'il a nourri et continue d'influencer notre interprétation de ceux-ci. Seul son ouvrage intitulé Histoire(s) de lynx contient une ébauche d'analyse du mythe de  Huitzilopochtli, si mes souvenirs sont bons. Non, il faut aller voir dans la méthode utilisée par Michel Graulich, Guilhem Olivier ou encore Leonardo Lopez Lujan et son père Alfredo Lopez Lujan l'influence du père du Structuralisme.

M. Lévi-Strauss affirmait à juste titre que "les mythes se pensent entre eux". Quand on regarde la nébuleuse des peuples qui ont vécu et vivent encore au Mexique et dans une bonne partie de l'Amérique centrale, on ne peut qu'opiner. Il expliquait notamment qu'"un mythe est la totalité de ses variantes". Il est incroyable de voir qu'en dépit des distances et des époques, les mythes mésoaméricains demeurent identiques et reprennent des structures "élementaires" similaires.

Vous pouvez voir et écouter M. Lévi-Strauss sur le site de l'INA (Institut National de l'Audiovisuel) définir le  terme "mythes" en 1971 : 

Ecoutez comment M. Lévi-Strauss raconte le mythe du "Fils de la Racine" à feu Bernard Rapp.

Plusieurs vidéos sont également accessibles sur Youtube, tel cet entretien remarquable de M. Lévi-Strauss, où M. Jean-Pierre Vernant, éminent helléniste qui fut avec Marcel Détienne l'un des premiers à appliquer le structuralisme dans la sphère de l'Antiquité, André Comte-Sponville, Jacques Le Goff détaillent l'influence de l'anthropologue dans leur domaine respectif d'études .













Avec la disparition, c'est aussi l'Ecole Pratique des Hautes Etudes où nous étudions qui est également en deuil dans la mesure où il fut directeur d'études à la Vè section avec le soutien de Georges Dumézil.

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2.11.09

Exploración Maya : une série documentaire sur History

Voici une petite s2rie de documentaires diffusés sur la chaîne satellite History au Mexique et en Amérique latine. Réalisée et diffusée sur la version espagnole de cette chaîne, Exploración Maya comporte quatre épisodes orientés autour de quatre thèmes :

  • Constructions et astronomie;
  • Guerres et rituels;
  • Agriculture, pêche, alimentation et médecine naturelle;
  • Commerce et navigation.
Présentée par Danilo Drankic, archéologue de l'INAH, coproduite par l'INAH et la CONACULTA, Exploración Maya propose une vision globale mais variée des peuples mayas à travers les siècles, jusqu'à l'arrivée des Espagnols.




Voici la bande-annonce en espagnol, disponible sur Youtube. La page officielle du documentaire compte une carte interactive et une explication du calendrier maya.



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1.11.09

Deux congrès mayistes à ajouter dans vos agendas

Nos collègues du bloc-notes Mayistas mettent à l'attention du lecteur deux événements d'importance pour les chercheurs du Mayab.

Le premier a lieu à partir de la semaine prochaine à Cracovie : il s'agit de la treizième édition de la Conférence Maya Européenne. Elle aura lieu du 9 au 14 novembre prochain. Comme l'année passée à Paris, l'événement se déroulera en deux temps. D'abord des ateliers d'épigraphie par niveau auront lieu du 9 au 12. Puis les conférences à proprement parler auront lieu les deux derniers jours et on comptera Nikolaï Grube et Simon Martin parmi les nombreux intervenants.
Pour ceux qui n'auront pas pu s'inscrire en ligne, il y aura toujours la possibilité de le faire sur place. En attendant, consultez la page de Wayeb pour avoir plus de détails sur l'organisation de cet événement dont la prochaine édition aura lieu à Madrid en 2010.

Après avoir accueilli en 2009 le Congrès International des Américanistes, Mexico recevra en 2009 le 8eme Congrès International des Mayistes. Cette fois-ci, c'est l'UNAM et plus particulièrement l'Institut d'Etudes Philologiques qui sera organisateur et siège de ce congrès. Rappelons que le Mexique fêtera l'année prochaine le début de l'insurrection indépendantiste de 1810 et la Révolution de 1910. Voilà pourquoi la capitale mexicaine a été choisie comme ville hôte.

Au programme, "Lucha y permanencia de los pueblos mayas. Una historia de los pueblos Mayas."
Il y aura deux conférences magistrales, une table ronde d'hommage, trois sessions plenières, des symposia proposés par les organisateurs et des présentations libres sur des sujets libres.

Les participations pour ces deux dernières catégories seront acceptés jusqu'au 30 novembre de cette année. Les tarifs d'inscription sont progressifs. Il faudra débourser 1000 pesos avant le 30 janvier 2010, 1500 pesos avant le 30 mai 2010, 2000 pesos jusqu'au début du congrès, prévu du 8 au 13 août. Les inscriptions peuvent être effectuées sur le site internet de l'institut, sur le bloc-notes du congrès ou encore en envoyant un courrier électronique à mayistas[at]servidorpointunampointmx .

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Les grottes de Yagul et Mitla au patrimoine mondial de l'UNESCO

Non content d'annoncer le rituel du Volador de Papantla au patrimoine mondial de l'UNESCO, l'INAH a récemment indiqué que les situés aux alentours des sites de Yagul et Mitla faisaient également du même patrimoine, suite au dernier vote réalisé au siège de l'UNESCO.

Attention, ces deux sites archéologiques situés dans l'Oaxaca ne sont pas nommés en tant que tel. Ce sont des grottes dont l'occupation remonte à 8000 ans avant notre ère qui ont attiré le regard bienveillant des autorités onusiennes. Des graines de courges remontant à 10000 ans avant Jésus Christ sont d'ailleurs la preuve la plus a de domestication des plantes sur le continent américain. Ces quarante grottes sont les témoins du passage de la vie nomade à la sédentarisation de certains groupes. On y a retrouvé du matériel lithique et des peintures rupestres.

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Pour en finir avec le canular de 2012

David Stuart, grand épigraphe et mayaniste depuis qu'il a fêté ses douze ou treize ans, se fend sur son bloc-notes d'une note rassurante pour la communauté américaniste en général et mayaniste en particulier.

Au Mexique et aux USA (et j'imagine quelque part aussi en Europe), on commence à voir les affiches annonçant la sortie du film catastrophe de Roland Emmerich, 2012. Le mot catastrophe est d'ailleurs redondant dans la mesure où ce réalisateur allemand n'a jamais vraiment fait d'incursion dans d'autres genres cinématographiques. Voilà pour la pointe toute voltairienne de cette note.

Revenons-en à nos moutons. Pour Stuart, il est facile de contredire les arguments des partisans de conspirations mondiales, les amateurs de New Age. Il ajoute sans hésiter les producteurs hollywoodiens à cette liste de manipulateurs. D'abord il rappelle que la date de Compte Long 13.0.0.0.0 n'est en aucun cas une date de création. Les glyphes mayas font référence à des dates plus anciennes.

On peut également rappeler que même si les calendriers mayas et aztèques présentent certains points communs, notamment en ce qui concerne des fêtes et des rituels similaires, ils ne sont pas identiques.

Ce qui doit se passer le 21 décembre 2012 ou le 23 selon les interprétations des glyphes est simple : les Mayas et donc par extension, les autres peuples mésoaméricains, sont quasiment muets à ce sujet. Une seule inscription du site El Tortuguero, complexe et incomplète, mentionne la date 13.0.0.0.0. Selon Stuart, le passage est ambigu et pose plus de problèmes que d'assertions.

De la même manière, il convient de prendre avec circonspection tout rapprochement avec des événements astronomiques d'importance en 2012. Car, même en dépit des observations précises faites par les Mayas, aucun alignement galactique n'est prévu, pas plus que par les astronomes modernes d'ailleurs.

Donc méfiance : quand vous voyez la pierre du Soleil (de culture mexica) collée à des références sur les Mayas, passez votre chemin. Le rédacteur des informations proposées n'est en rien consciencieux et expert des cultures mésoaméricaines. Qui plus est, les "études" proposées par ces pseudos chercheurs sont souvent contradictoires, donc encore moins dignes de foi. Il ne faut pas plus prêter attention aux prophéties des peuples autochtones modernes dans la mesure où ils sont plus influencés par le New Age qu'autre chose.

David Stuart n'en est pas à son premier coup. Il avait déjà pourfendu les mensonges et la vision tronquée de Mel Gibson, lorsque le film "Apocalypto" était sorti il y a 3 ans. On peut lire sa note ici.

Emmerich a été malin : il a prévu de sortir son film avant la catastrophe annoncée, histoire de profiter pleinement de l'argent que vous lui donnerez en allant voir son film...

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27.10.09

Mexique ancien sur le site du Grand Journal

Tout est dans le titre de cette note. Merci à Bastien et à Nicolas du Grand Journal pour leur proposition d'entretien. En espérant prendre une bière un de ses quatre et de parler d'archéologie...

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24.10.09

Le Colloque International “Teotihuacan cité des dieux”, Ière partie

Nous vous avons promis un résumé et des informations supplémentaires en ce qui concerne le Colloque International consacré à Teotihuacan qui a eu lieu le 8 et 9 octobre dernier dans le Théâtre Claude Lévi-Strauss du Musée du quai Branly… Chose promise, chose dûe ! Voici un résumé relatif aux interventions les plus intéressantes.

La première journée a commencé avec l’intervention d'Alejandro Sarabia Gonzalés, directeur de la Zone Archéologique de Teotihuacan. Le titre de sa présentation, « El complejo arquitectonico de la Piramide del Sol », nous emmène directement au cœur des différentes problématiques archéologiques mises en évidence par ce colloque.

Même si les fouilles de la Pyramide du Soleil ont commencé en 1905 grâce aux travaux de Leopoldo Batres, les connaissances spécifiques relatives à cet édifice restent minces. Le problème principal souligné par Sarabia est que la Pyramide du Soleil a été étudiée comme étant un édifice isolé, et pas comme la partie d’un ensemble d’édifices qui faisaient partie du centre religieux de la cité.


La Pyramide du Soleil, Teotihuacan.
Photo : B. LOBJOIS le 30/10/2004.

Après un bref aperçu des découvertes effectuées par les archéologues, à savoir le squelette d’un enfant sans matériel associé ainsi que quatre sculptures présentant des traces de peinture rouge et retrouvées dans la plateforme adossée à la pyramide, Sarabia aborde la partie centrale de l’analyse, c’est-à-dire une hypothèse de travail en ce qui concerne la décoration de la façade de la plateforme adossée à la Pyramide. La découverte de plusieurs fragments de sculptures représentant des félins a fait penser que la façade en était complètement ornée, dans un style comparable à celui de la Pyramide du Serpent à Plumes. Leopoldo Batres avait d’ailleurs supposé la même chose ; malheureusement on n’est pas encore en mesure de savoir si les deux édifices sont contemporains.

La décoration aurait été plus particulièrement composée par une série de têtes de félins alignées, et entourées, en haut et en bas, pas deux frises de chalchihuitl, symbole de fertilité. La Pyramide du Soleil pouvait un temple consacré au félin en tant que symbole d’une divinité.

La deuxième exposition, présentée par Sergio Gómez et Julie Gazzola, avait pour titre « Grupos de poder y cosmogonia. Escenificaciones rituales en el complejo de la Ciudadela ».

Ce travail avait le but de présenter les résultats des dernières campagnes de fouilles menées dans la Pyramide du Serpent à Plumes et la Ciudadela, une zone rituelle d’extraordinaire importance dans le centre sacré de Teotihuacan, fort probablement le lieu où les seigneurs accédaient au pouvoir,. Elle est placée exactement au centre de la croix qui divisait en quatre partie la cité, représentation du centre de l’univers.


Maquette de la Ciudadela, Musée de la ZAT.
Photo retrouvée le 24/10/2009 sur
http://www.common.wikipedia.org/Teotihuacan

Ruben Cabrera avait supposé l’existence d’une phase antérieure de la Ciudadela. Avant la construction de ce dernier ensemble d’édifices, en effet, il en existait d’autres, localisés par les archéologues et  interprétés comme liés au pouvoir politique. La découverte de fragments de grandes frises en est un exemple : ce qui reste d’un édifice également consacré au Serpent à Plumes mais antérieure à la Ciudadela. Une autre découverte a été la présence de pierres peintes avec du cinabre qui avaient été utilisées pour fermer l’accès à un tunnel qui pénétrait jusqu’au centre de la Pyramide du Serpent à Plumes. Dans ce contexte, la relation entre le tunnel et l’inframonde est évidente, celui-ci ayant été probablement reproduit culturellement à partir de la création d’un espace aquatique, tout comme on peut observer au Templo Mayor de México-Tenochtitlan.

Dans cette phase appelée Pre-Ciudadela, les fouilles ont détecté la présence, de ce qui, probablement, était un terrain consacré au jeu de balle. Les études menées sur le sujet laissent à penser qu’il a ensuite été détruit. Cette phase remonterait à une époque comprise entre 1-200 ap. J.-C. Sergio Gomez attire  particulièrement l’attention sur un ancien plan d’époque coloniale de la ville de Teotihuacan, où la Ciudadela est appelée « Tonalli y Tlaxiloya », c’est-à-dire « le soleil se couche » en langue nahuatl. Cette expression a été mise en relation avec la présence du terrain de jeu de balle, où se déroulait la lutte entre le soleil et les forces de la lumière contre les ténèbres et les forces de l’inframonde.

Les auteurs ont ensuite concentré l’attention sur les traces d’un important drainage localisé dans cette phase, caractérisé par la présence de 40 individus mutilés et décapités. L’hypothèse émise par les archéologues est que, après la destruction du champs de jeu de balle, l’intention fut de créer intentionnellement un espace rempli d’eau dans la Ciudadela ; un espace rituel qui pouvait accueillir une grande quantité de personnes et où avaient lieu les rites religieux les plus importants. Le mur qui entoure la Ciudadela n’aurait pas été construit parce qu’il s’agissait d’une forteresse militaire, mais probablement pour séparer les espaces profanes des espaces sacrés.

Le Colloque a continué avec les travaux présentés par Linda Manzanilla, dont le titre était « Sedes de poder y rituales de los gobernantes : el caso de Xalla, un conjunto palaciego en Teotihuacan ». Cet exposé a présenté le résumé des connaissances acquises sur les édifices faisant partie du Conjunto de Xalla, localisé au nord de la Pyramide du Soleil. La présence de plusieurs représentation d’une fleur à quatre pétales a été interprétée par Alfredo López Austin comme le possible glyphe emblème de la ville.



Le jaguar de Xalla
Photo : B. LOBJOIS. Prise le 20 novembre 2008.



Xalla pourrait en effet être l’ensemble d’édifices où habitaient les souverains de Teotihuacan, et l’iconographie de cet ensemble, caractérisée par la présence de félins, comme dans la Pyramide du Soleil, renforce cette hypothèse. Dans la place centrale de Xalla a été découvert un temple, vert à l’intérieur et rouge à l’extérieur, dont les façades est, nord et sud présentaient également une iconographie caractérisée par la présence du dieu de l’orage et de félins. Plusieurs figurines retrouvées dans l’ensemble font référence à la fertilité, tandis que d’autres ont été interprétées comme étant des représentations du dieu du feu et du dieu de l’orage.

Il y a également une statue sur l’identité de laquelle les spécialistes ne sont pas d’accord. Cette sculpture, qui représente un homme, a été vue comme l’image d’un ancêtre du groupe au pouvoir à Xalla, tandis que d’autres spécialistes supposent qu’il s’agit plutôt de la représentation d’une victime sacrifiée à coups de flèches, puisque les membres inférieures de la sculptures présentent des projectiles taillés en très bas-relief. A l’époque mexica on sait bien que le rite appelé tlacacaliztli, pendant lequel des prisonniers de guerre étaient tués à coups de flèches, était lié à Xipe Totec, dieu de la guerre et de la fertilité. L'iconographie teotihuacaine recèle à peu près toutes les formes de sacrifices : arrachement du coeur, par fléchage, démembrement et décapitation.



Homme fléché, sculpture, Teotihuacan.
Photo : B. LOBJOIS, prise le 14 décembre 2008.



Détail d'une pointe de flèche, sculpture, Teotihuacan.
Photo : B. LOBJOIS, prise le 14 décembre 2008.

Rendez-vous prochainement pour découvrir ensemble la IIème partie du Colloque !

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Des corps enterrés retrouvés à Tamtoc, San Luis Potosi

37 corps ont été mis à jour cette année et l'année passée par des archéologues de l'INAH dans le site de Tamtoc, situé dans l'état de San Luis Potosi, au nord-est du Mexique. Datés pour la plupart du Postclassique moyen entre 1100 et 1200 après Jésus-Christ, ces restes humains ont été soumis à des analyses médicales et légistes.

Il en résulte qu'une partie d'entre eux souffraient d'infections qui ont provoqué des déformations osseuses sévères. Leurs corps avaient été placés à proximité de la stèle 32 située dans la partie nord du site, appelée la Noria. Sur cette stèle, les archéologues ont noté la présence d'un calendrier lunaire si bien qu'ils ont proposé d'interpréter cette partie du site comme lié à un culte de la fertilité. Mais le problème est que la stèle 32 date du VIIe siècle après Jésus-Christ. Découverte en 2006, elle mesure 8 mètres sur 12 mètres.


Dessin du relief de la stèle 32, Tamtoc, Classique Moyen.
Retrouvée le 23 octobre 2009 sur

30 autres corps avaient été retrouvés les années précédentes. En dépit de ces 60 squelettes, les anthropologues physiques et les médecins légistes estiment avoir besoin de plus d'informations pour véritablement établir un patron pour expliquer l'origine de ces infections et la raison des enterrements dans cette partie du site. Néanmoins on a pu établir que les femmes étaient majoritairement présentes parmi les corps retrouvés, même si hommes et enfants y figuraient aussi. Ils étaient enterrés sous de petits tumuli d'environ 50 centimètres de diamètre pour 30 à 40 centimètres de hauteur. Ils sont répartis selon un axe est-ouest, a priori en relation avec la courser du soleil. Lors de ces fouilles, des pointes de projectiles, des pièces de colliers et des bracelets ont été découverts.



Tamtoc est un site de culture huastèque. Il s'appelait d'ailleurs Tamohi, ce qui signifie "Lieu des tourbillons d'eau" en huastèque. Il se situe sur la rive droite de la rivière Tampaón. Décuvert par une mission française en 1929, il a notamment été fouillé par Guy Stresser-Péan dans les années 1960. Depuis le Proyecto Tamtoc se poursuit. Il est ouvert au public depuis 2006.

Références bibliographiques et électroniques
  • Stresser-Péan, Guy et Claude Stresser-Péan. 2001. Tamtok, sitio arqueológico huasteco: Su historia, sus edificios. Tomo I. Consejo Nacional para la Cultura y los Artes - CONACULTA, Centro de Estudios Mexicanos y Centroamericanos - CEMCA, El Colegio de San Luis, Instituto de Cultura de San Luis Potosí, Instituto Nacional de Antropología e Historia - INAH, Mexico.
  •  Stresser-Péan, Guy et Claude Stresser-Péan. 2005. Tamtok, sitio arqueológico huasteco: Su vida cotidiana. Tomo II.Consejo Nacional para la Cultura y los Artes - CONACULTA, Centro de Estudios Mexicanos y Centroamericanos - CEMCA, El Colegio de San Luis, Instituto de Cultura de San Luis Potosí, Instituto Nacional de Antropología e Historia - INAH, Mexico.
  • Article "Cultura Huasteca" sur Wikipedia en espagnol.


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