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Une bien triste semaine

En quelques jours, le milieu mésoaméricaniste a dû faire un double deuil. Tout d'abord, c'est María Isabel Campos qui s'en est allé le 24 septembre dernier. La directrice du Centre INAH Morelos fut avant tout une ethnohistorienne reconnue pour ses recherches sur les effets des phénomènes naturels sur le patrimoine. Elle fut aussi responsable de la Coordinación nacional de Antropología Social à l'INAH.


María Isabel Campos.
Foto: INAH.



Le 25 septembre dernier, âgé de 90 ans, l'olméquiste et mayiste Michael D. Coe succombait à une crise cardiaque foudroyante alors qu'il était hospitalisé à New Haven. Anthropologue formé à Harvard (1959), professeur émérite à Yale, ancien conservateur des collections anthropologiques au Peabody Museum, ses apports à l'épigraphie maya ont été grandement bénéficié des travaux du philologue Yuri Knorosov, lesquelles furent traduits en anglais para son épouse Sophie Dobzhansky.


Il fut le premier à étudier un document qu'il estimait être maya, le Codex Grolier, rebaptisé depuis l'année Códice maya de México. Ce dernier a toujours suscité une grande polémique quant à son authenticité. Sa découverte fortuite au club Grolier de New York et sa rapatriation au Mexique ont notamment remis en question nos connaissances religieuses et picturales sur les Mayas. En dépit d'études sérieuses et complètes présentées dans une exposition itinérante, le Codex Grolier n'aurait sans pas été connu sans l'apport décisif de Coe.




Son intérêt pour les civilisations anciennes ne se limitaient pas au continent américain. Il publia ainsi un ouvrage sur Angkor Vat et la civilisation khmer il y a 15 ans.

Quelques ouvrages de Coe ont été traduits en français mais ils sont désormais rares à trouver. Mentionnons L'art maya et sa calligraphie, publié aux Éditions de la Martinière. En 2008, Arte TV avait également diffusé un documentaire qui reprenait ses idées publiées dans le classique Breaking the Maya Code. En 1987, Armand Colin publiait Les Maya : Mille ans de splendeur d’un peuple.



Curieusement, Si Michael Coe reçut les plus hautes distinctions du gouvernement que sont la Orden del Quetzal et la Orden del Pop, les autorités mexicaines ne lui attribuèrent jamais une digne reconnaissance de ses apports. Il nous lègue un savoir profond, complet, même si sujet parfois au désaccord. Voici une de ses interventions à Berkeley, histoire de lui rendre un dernier hommage.




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