Conférence "Le don sacré au Serpent à plumes : iconographie et pratiques sacrificielles en l'honneur de Quetzalcoatl chez les Mexicas et leurs prédecesseurs"
Le 28 avril dernier avait lieu la conférence magistrale intitulée "Le don sacré au Serpent à plumes : iconographie et pratiques sacrificielles en l'honneur de Quetzalcoatl chez les Mexicas et leurs prédecesseurs". Il s'agissait pour l'auteur de ce billet de présenter un chapitre de la dernière partie de ma thèse au public des étudiants du séminaire Religions en Mésoamérique, dirigé par Mme la Professeure Sylvie Peperstraete, directrice de recherches à l'École Pratique des Hautes Études.
Pour celles et ceux qui n'ont pas forcément le temps de voir les 90 minutes de cette conférence, voici un petit topo généré par l'intelligence artificielle ARIA, relue et modifiée par l'auteur de ces lignes.
La divinité aztèque Quetzalcoatl, le Serpent à Plumes, est une figure fascinante et énigmatique. Souvent associé à la sagesse, à la connaissance et à la création, son rôle dans les sacrifices mésoaméricains est beaucoup plus nuancé qu'il n'y paraît.
Contrairement à une idée reçue, Quetzalcoatl n'était pas simplement un opposant au sacrifice humain. Des recherches récentes révèlent une relation complexe et multiforme. Les sources historiques, archéologiques et iconographiques peignent un tableau beaucoup plus riche et contradictoire.
Sources contradictoires et réalités complexes
Les textes coloniaux, bien que biaisés par le prisme de la conquête espagnole, offrent des points de vue divergents. Certains décrivent Quetzalcoatl comme rejetant le sacrifice humain, privilégiant éventuellement des sacrifices animaux. D'autres sources, cependant, suggèrent une implication plus directe, voire une acceptation de certains sacrifices humains dans un contexte rituel précis.
L'archéologie et l'iconographie apportent des éléments supplémentaires. Les fouilles de sites tels que Teotihuacan, Cholula et Chichén Itzá révèlent des preuves de sacrifices humains et animaux, souvent associés à des représentations de Quetzalcoatl. Des sculptures et des codices montrent le Serpent à Plumes impliqué dans divers rituels sacrificiels, allant de l'autosacrifice à la décapitation.
Quetzalcoatl : Victime et Sacrificateur
Le rôle de Quetzalcoatl est paradoxal. Il est à la fois victime et sacrificateur. Dans certains mythes, il s'agit d'une figure sacrificielle, comme Nanahuatzin qui s'immole pour devenir le soleil. Dans d'autres, il est présenté comme un acteur clé des rites sacrificiels, participant activement aux cérémonies.
L'analyse des calendriers rituels mésoaméricains (veintenas) souligne la prééminence de Quetzalcoatl lors de certaines fêtes, souvent associées à des sacrifices. Les travaux d'Elodie Dupey Garcia mettent en lumière ce rôle central, démontrant un lien étroit entre Quetzalcoatl et les pratiques sacrificielles, qu'elles soient humaines ou animales.
Une approche interdisciplinaire
L'étude de la relation entre Quetzalcoatl et le sacrifice nécessite une approche interdisciplinaire, combinant des données mythologiques, archéologiques, iconographiques et même ethnographiques. En prenant en compte ces différents aspects, on arrive à une compréhension plus complète et nuancée du rôle de cette divinité dans les rituels sacrificiels mésoaméricains.
Commentaires