Accéder au contenu principal

Des ossements qui suscitent la polémique...

Voici une bonne semaine, nous rapportions sur ce blog la découverte des restes d'une femme dans un cenote situé à une quarantaine de kilomètres de Tulum. Il nous semble intéressant de rapporter et de résumer la petite polémique qui est apparue sur le groupe de conversation Aztlan d'où nous tirons bon nombre des informations que nous publions.

Premier à tirer sur l'ambulance, Michael Smith, anthropologue et spécialiste des Aztèques à l'Université d'Arizona, rappelle à juste titre qu'il est difficile d'accepter une telle datation (13600 avant notre ère) sur l'analyse toujours très "fumeuse" du radio-carbone d'un seul échantillon. Il est important de vérifier cette date en mesurant le contexte de cette découverte. Malheureusement, il semblerait que l'eau ne soit pas le meilleur endroit pour avoir des échantillons suffisants et fiables. M. Smith finit son intervention en rappelant l'usage de la prudence.

Michael Ruggeri s'est aussitôt empressé de rapporter la découverte de onze temples sous-terrains dans des grottes du Yucatan, à Tahtzibichen, près de Mérida. Certains d'entre eux contenaient des ossements humains, probablement sacrifiés ou sont même ensevelis sous les eau. Des restes d'objets en céramique, probablement laissés pour accompagner les morts. Ruggeri s'appuie sur un article paru sur le site d'informations de Yahoo.


Grottes de Tahtzibichen, Yucatan
Photo : Reuters.

L'article mentionne l'existence d'un chemin souterrain long de 330 pieds reliant plusieurs chambres. L'auteur de l'article rapproche alors ces grottes avec l'idée que pour les anciens Mayas, elles étaient la porte d'entrée de Xibalba, le monde de mort. Soit dit en passant, cette idée des grottes et cavernes comme porte d'entrée vers l'inframonde n'est pas proprement maya dans la mesure où les Aztèques considéraient ces lieux comme l'entrée vers le Mictlan ou le Tlalocan, lieux funéraires souterrains.

Une petite vidéo du National Geographic vous donnera un petit aperçu pour comprendre de quoi on parle sur Aztlan.



Pour conclure, je pense que Michael Smith a raison. On ne peut se fier à un seul échantillon, surtout quand ce dernier a reposé longtemps dans des conditions si particulières. Il faut trouver d'autres moyens d'étayer la datation.

La réponse de Ruggeri est intéressante mais elle vient plus corroborer ce que Smith dit à propos de la datation au radiocarbone. La découverte de ces temples souterrains rend nécessaire une datation par le biais d'un contexte complet. L'article cité propose une interprétation intéressante. Pourtant il ne faut pas voir dans ce qu'ont fait ces Mayas quelque chose d'exclusif. Cela prouve un comportement typiquement "mésoaméricain".

Comme toujours, on peut regretter le manque de recul et de connaissance de la part de ceux qui rédigent ce genre de papier. Il faut être prudent.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Compte-rendu Arqueología mexicana 139

Après nous avoir proposé un dossier très fouillé et varié sur l’amarante, la revue co-publiée par l’INAH et l’éditeur Raíces se sont penchés sur l’archéologie et l’histoire d’un des plus petits états mexicains, celui qui a conservé presque les mêmes frontières qu’il possédait avant l’arrivée des Espagnols : Tlaxcala. Ce dossier est présenté de manière chronologique. Aleksander Borejsza nous propose un état des lieux sur le Tlaxcala préhispanique en insistant sur la destruction toujours plus prononcée des contextes archéologiques en raison des activités humaines, agricoles notamment. David Carballo, professeur assistant à l’Université de Boston, revient pour sa part sur les principaux centres régionaux apparus au Tlaxcala entre le Préclassique et l’Épiclassique. Il explique notamment la nature de la sédentarisation des différent groupes ayant peuplé la région. Parmi les exemples détaillés par le chercheur figurent le site de La Laguna et le complexe Xochitécatl-Cacaxtla-Nativita...

Raíces 199 - Appel à préinscription pour le III Colloque d'Archéologie, de Paléontologie et d'Anthropologie du Nord-est du Mexique avec Victor Ortega León

Cette semaine, Raíces a reçu la visite de notre vieux complice VIctor Ortega León, professeur à l'École Nationale d'Anthropologie et d'Histoire du Nord du Mexique. Comme depuis 2013, nous invitons les chercheurs et étudiants intéressés à présenter leurs travaux et recherches au public regiomontano. Comme chaque semaine, nous vous proposons d'écouter, télécharger et partager ce  programme  sur le portail Archive en format  mp3  et  ogg . Références Appel aux pré-inscriptions pour le CAPAN 2015 Formulaire de préinscription pour le CAPAN 2015. Page officielle du CAPAN 2015. Page Facebook officielle du CAPAN 2015 Crédits musicaux Susana Harp - Bélee Crúu (Chanson zapotèque de Cándido Zárate) Son Gubidxa - El feo (Chanson zapotèque de Demetrio López) Évènements universitaires et académiques INAH XI Jornadas Permanentes de Arqueología 2015, Musée du Grand Temple, México, 24/04, de 10h30 à 12h40. 10:00 - 10:50  Fa...

Fouilles à La Perseverancia, Michoacan

Difficile de faire mieux ce jour. A travers des médias moins connus, on peut trouver traces d'importantes découvertes. C'est le cas de cette cité perdue, abandonnée au Michoacan. Rien de ce qui a été découvert ne permet une identification avec des populations qui peuplait cette partie du Mexique. Il ne s'agit de Nahuas, ni de Purepechas, ni d'Otomies, ni de Chichimèques. C'est le quotidien en ligne Provincia qui a proposé cette information pour le moins suprenante et qui mériterait des crédits plus importants. Reste de l'édifice K9, La Perseverancia, Michoacan Photo : Rodolfo Cid. Retrouvé le 26 janvier 2010 sur : http://bit.ly/8lhLYb Tout reste à faire pour les archéologues dirigés par Alejandro Salafranca. Bonne chance à son équipe...