Accéder au contenu principal

Deux corps partiellement momifiés tarahumaras découverts

Une équipe d'archéologues dirigée par Enrique Chacon, responsable du projet Proyecto Arqueológico Cueva El Gigante a découvert deux corps partiellement momifiés et un squelette dans cette grotte, situé sur le territoire de la commune de Guerrero, Chihuahua. Ils s'ajoutent aux huit autres momies et treize squelettes mis au jour l'année dernière.

La découverte s'est faite (comme souvent) au moment de terminer la saison de fouilles. Les ossements ont été transportés ensuite au Museo Comunitario de Historia Regional “Abraham González” pour recevoir les traitements de restauration nécessaires. Ils y seront prochainement exposés.

Les analyses de médecine légale ont permis d'établir quelques données anthropologiques d'importance. Des dix corps partiellement momifiés, trois étaient des nourrissons, le reste étant formé d'adolescents et de jeunes adultes. Ils ont été datés entre 1000 et 1200 de notre ère, laissant croire que la grotte fut utilisée comme cimetière depuis cette époque. Les corps ont été déposés à même le sol en position fœtale. Selon les explications Chacon, des offrandes ont été déposées autour des corps et l'accès à la grotte fut bouché. Peu à peu la poussière a couvert les corps et l'air sec régnant a favorisé leur conservation.

En 2010, une coa (une sorte de bêche préhispanique servant à travailler la terre), un panier, deux cuillères faite à partir de calebasses, des graines de chilicote (un haricot sauvage), des fragments de linceuls et de cordelettes font partie du mobilier accompagnant les corps, suggérant que ceux-ci étaient enveloppés comme des paquets.

Cette année, les archéologues ont retrouvé de nouveaux fragments de linceuls, des chilicotes, des perles en coquillage et en os, une pointe de projectile, des fragments de céramiques, un récipient et un pendentif en turquoise.

Les tissus ont été analysés et ont montré l'existence de trois types de linceuls : un de tissu double élaboré à partir de fibre végétale (certainement un yuca local), un autre fait à partir d'une peau d'animal (non déterminé) et des fibres de coton.

En comparant ces restes avec d'autres de la région, Chacon estime qu'il s'agirait d'un cimetière tarahumara. Des analyses ADN permettront prochainement de confirmer cette filiation culturelle.

Le nom Cueva del Gigante est à mettre en relation avec des récits etnohistoriques selon lesquels dans une grotte vivait un géant qui dévorait les enfants. Pour s'en débarrasser, il fallait déposer des chilicotes qui pouvait l'empoisonner.

L'INAH a publié un bulletin en ligne, disponible en format .pdf. Un diaporama est disponible en cliquant ici.
Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Curieuses découvertes au pied de la Pyramide de la Lune à Teotihuacan

Dans un bulletin publié hier sur le site de l'INAH, Verónica Ortega, sous-directrice de la zone archéologique de Teotihuacan, a annoncé une série de découvertes troublantes reprises dans différents médias mexicains comme la Jornada, Milenio ou El Universal. Cette partie du site est d’ailleurs le pré carré de la chercheuse mexicaine, elle qui fut notamment en charge de la supervision du Palais de Quetzalpapalotl.



“La nature a horreur du vide”, disait Aristote. Force est de constater que le vide était abhorré dans la cosmovision mésoaméricaine. En plus de cent années d’exploration à Teotihuacan, la place située au pied de la Pyramide de la Lune n’a été sondée et fouillée superficiellement que dans les années 1960 ! La Structure A qui la ferme au nord est pourtant en train de révéler des secrets trop longtemps gardés. Mesurant 25 m de côté, cette structure continue de générer de nombreuses interprétations et de polémiques entre spécialiste. Elle est composée en surface d’une dizaine …

Découverte d'une deuxième structure sous la Pyramide du Castillo à Chichen Itza.

La pyramide du Castillo à Chichen Itza est probablement un des monuments mexicains les plus représentés et les plus publiés sur la toile. C'est une icône au-delà du simple qu'elle ait été reconnue comme faisant partie des 7 merveilles du monde moderne il y a quelques années. Le site yucatèque a récemment défrayé la chronique pour ces concerts somptueux inaccessibles pour le commun des mortels, la présence illégale de vendeurs dans la zone archéologique et des tarifs d'entrée prohibitifs dont le gouvernement décide de la hausse à sa guise, etc.

On en oublierait presque que Chichen Itza est une zone archéologique, c'est-à-dire, un lieu dédié à la recherche scientifique.



Cette fois-ci, avec un outil semblable conceptuellement parlant, une équipe mixte de recherches UNAM-INAH a entrepris une prospection électrique en trois dimensions de la Pyramide du Castillo. L'archéologue Denisse Argote Espino est devenue une spécialiste en la matière, apportant sa technique innovante…

Carbone 14 - L'Amérique latine pillée !

Dans son programme du 5 novembre 2016, Vincent Charpentier recevait André Delpuech, responsable des collections précolombiennes du Musée du Quai Branly-Jacques Chirac pour discuter du pillage et des ventes des objets précolombiens.Voici peu, les policiers de l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (Ocbc) procédaient à des saisies conservatoires de pièces archéologiques sud-américaines, mises aux enchères dans de grandes salles des ventes. Ainsi, désormais, le Mexique, le Guatemala l'Equateur ou le Pérou interviennent au nom de la sauvegarde de leur patrimoine. L'Amérique latine est l'objet d'un très intense pillage de son patrimoine précolombien. A la base, sont les huaqueros, les pilleurs de tombes...Qu'en est-il de la circulation de ces collections archéologiques provenant des Amériques, du pillage de sites, du trafic illicite, de la traçabilité des objets ? De ce patrimoine mis aux enchères, parfois acquis par les musées, que penser des fa…