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Compte-rendu du jeu vidéo Poktapok

L'INAH a fait un grand tapage autour de la sortie du jeu Potapok sur plateformes Android et iOS. Pour l'ancien gamer et amateur de cultures précolombiennes que je suis, il était difficile de ne pas succomber au challenge du jeu de pelote qui se pratiquait et continue de se pratiquer dans une grande partie du Mexique et du sud-ouest des États-Unis. 

Je vous propose donc un petit compte-rendu un peu hors-norme. Si l'effort est plus que louable, les résultats sont plus que décevants. 

Menu d'accès
Premier assemblage qui fait mal aux yeux du puriste que je suis : un anneau du jeu de pelote de Chichen Itza collé sur une peinture de vase cérémoniel. On peut voir trois options : Jeu rapide, Tutoriel et Langues.

On dispose d'un tutoriel qui vous explique les mouvements de base du joueur et c'est tout.

Nous avons affaire à un jeu qui vise le marché international puisqu'on choisir entre l'espagnol et... l'anglais. Aucune autre langue n'est disponible, tant européenne comme native. Dommage quand on sait que le jeu est parrainée par le Ministère mexicain de l'éducation nationale.

Interface de jeu
On dispose de trois modes de difficulté auquel on peut ajouter une option de tir automatique ou manuel, histoire de compliqué le jeu.

Les mouvements du joueur/joueuse sur le terrain sont erratiques. La prise en main du pad sur l'écran est imprécise, la détection de collision avec la balle aléatoire. Il est dès lors compliqué de faire passer la balle dans l'anneau. En l'occurence, ce détail est assez réaliste : cela relève du miracle. Et encore, nous avons le jeu en mode facile et gardé le mode de tir automatique. Autant vous dire que la prise en main pour le débutant est franchement rédhibitoire.

On peut choisir entre sept terrains de jeu répartis entre les sites de Paquimé, Palenque, Tenochtitlan, Chichen Itza, El Tajín, Xibalba et le Tlalocan, ces deux derniers espaces étant des terrains situés dans l'inframonde. Les terrains essaient de reprendre des éléments picturaux et architecturaux propres à chaque culture. En ce qui concerne Tlalocan, on se croirait entouré para la Pyramide du serpent à plumes. C'est difficile à croire dans la mesure où aucun terrain de jeu de balle n'a été trouvé dans ce site. Les dimensions des terrains ne changent pas vraiment. En revanche la hauteur des anneaux de jeu de balle diffère d'un terrain à l'autre.

Une fois sur le terrain, on est franchement déçu : les murs des terrains sont archi-pixellisés et dignes d'une veille NES ou Master System... La liste des déceptions ne fait que continuer.

Personnages
On dispose de six personnages au total dont deux femmes : Cuauhtemoc, Tlaloc, Olman, Tenoch, Hanapu, Mazatl, Mali et Xochitl. On ignore si les femmes pratiquaient le jeu de balle à l'époque préhispanique mais une petite touche féminine dans ce monde précolombien foncièrement machiste passe pour un léger anachronisme qui cherche avant tout à attirer des joueuses. Sur le terrain, tous les personnages se déplacent de la manière et effectuent les mêmes gestes lorsqu'ils marquent ou perdent un point. On ne peut pas parler d'un grand effort de personnalisation.

En revanche il s'agit exclusivement de matchs en un contre un. Oubliez donc les matchs entre les jumeaux divins du Popol Vuh et les seigneurs de l'inframonde ou les sacrifices d'équipes entières. Le match se joue arbitrairement en huit points (3 points si vous réussissez à faire passer la balle dans l'anneau, 1 point si vous laissez la balle en zone morte dans le camp de l'adversaire). 

De la manière, le jeu ne prend absolument pas en compte les différentes variantes du jeu de balle : il est fondé exclusivement sur un contrôle exclusif de la balle par les hanches du joueur. Curieuse reconstitution quand on sait que ces variantes sont connues depuis des décennies.

Résumé
Quand bien vous seriez un mordu des civilisations précolombiennes et des jeux de sports, Poktapok n'en vaut franchement pas la peine. Pour moi, c'était vite vu : il a été vite désinstallé et oublié.


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