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Analyses physionomiques du souverain maya Ukit Kan Lek Tok’

Pendentif d'os représentant le souverain Ukit Kan Lek Tok’
Photo: INAH/Medios


Un portrait gravé sur un pendentif en os révèle les traits déformés du visage du souverain maya Ukit Kan Lek Tok’, qui gouverna la cité de Ek Balam entre 770 et 801 ap. J. –C, à l’apogée de son pouvoir. L’INAH a consacré un article à l’étude des caractéristiques physionomiques du souverain, qui ont été maintenant prouvées par les études de l’anthropologie physique.


Vue générale d'Ek Balam.
Photo d'Ago76 retrouvée le 19 juin 2009
sur http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/6f/EkBalam09.JPG

Les chercheurs de l’INAH et coordinateurs du Projet Archéologique Ek Balam, Leticia Vargas de la Peña et Víctor Castillo Borges, expliquent que, sur cette représentation qui faisait partie de l’offrande funéraire du roi, on peut remarquer la mandibule détournée et la lèvre supérieure divisée.

L’anthropologue physique Vera Tiesler de l'Universidad Autonóma de Yucatan, qui a eu l'occasion d’analyser les restes osseux du souverain, a pu confirmer la présence de plusieurs pathologies à l'origine de l’aspect physique d'Ukit Kan Lek Tok’. La présence de tartre et caries, la perte de 5 dents dûe à plusieurs infections et la remarquable réduction de la hauteur de la mandibule gauche comptent parmi ces problèmes et ont compromis la symétrie de son visage.

Les deux chercheurs du Projet Archéologique Ek Balam estiment que ce pendentif d’os n’est pas le seul objet qui peut révéler l’aspect de ce haut personnage : la voûte 15, qui fermait l’enceinte de la chambre funéraire, montre en effet une représentation du souverain en tant que dieu jeune du Maïs, et la lésion faciale est clairement visible.

Ce souverain est également représenté dans d’autres monuments et objets du site de Ek Balam, comme par exemple le pilier I, un vase cylindrique tripode et la stèle I. Ukit Kan Lek Tok’ est considéré respectivement comme un grand guerrier, un joueur de balle et un ancêtre divinisé.

Les études épigraphiques menées sur le glyphe emblème ont en outre permis de découvrir le nom original de l’ancien royaume, c’est-à-dire Talol. Ek Balam en a été certainement la capitale.
Le déchiffrement des nombreux textes glyphiques de la cité a permis aux spécialistes de mieux connaître l’histoire de ce site, dont l’apogée remonte au Classique récent et terminal, entre 600/800 et 900 ap. J.-C.

Références sur internet :

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