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Compte-rendu Arqueología mexicana 128

Quelques semaines après sa parution dans les kiosques mexicains, nous vous proposons une rapide rétrospective du dernier numéro de la revue publiée par l'INAH. Hasard du calendrier (ou pas?), cette publication coïncide avec l'inscription de Calakmuk comme bien mixte (naturel et culturel) sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO. Ceci étant dit, penchons-nous un peu plus sur le contenu de cette revue qui met à jour bon nombre de données et d'informations présentées dans le numéro 18, aujourd'hui épuisé.




Le dossier de ce numéro débute avec une présentation générale du site par Ramón Carrasco, directeur du Projet Calakmul.

Dans son article intitulé “La ciudad de Calakmul”, Eduardo Salvador Rodríguez, archéologue du Projet Calakmul, revient sur l’organisation de la ville à la lumière des fouilles qui se sont déroulées au cours des vingt dernières années.

Dans une étude épigraphique de différentes stèles, marches et sculptures, Rogelio Valencia Rivera et Octavio Esparza proposent de nouvelles hypothèses quant à l’histoire de Calakmul, reposant en particulier sur le glyphe Chatahn, lignage présent dans d’autres sites comme Dzibanché, actuellement situé au Quintana Roo. Ce lignage aurait été présent aux côtés d’un autre, Kaanu’l.
Non content d’avoir rédigé l’article introduisant l’archéologique à Calakmul, Ramón Carrasco a rédigé deux autres articles en collaboration avec María Cordeiro, directrice de la conservation et de la restauration du Projet Calakmul. Dans un premier papier, les deux chercheurs relèvent les difficultés qu’ils ont connues pour consolider la Structure II. Ils expliquent comment les méthodes de travail ont dû être adaptées à ce contexte archéologique et ont finalement modifié l’histoire et l’idéologie des anciens habitants de Calakmul. L’analyse iconographico-architectural repose sur les flancs de la Structure Sub II-C : « Il n’y a pas dans cette forme de pensée, d’opposition entre vie et mort comme ciel et enfer, et  pour cela, il n’y a pas de place pour les dieux ni les divinités bénévoles pas plus que pour les démons ni les êtres malveillants. Pour les anciens Mésoaméricains, la mort n’est ni une récompense, ni une punition comme pour les Occidentaux : c’est simplement un état. »

Les mêmes auteurs reviennent aussi sur les travaux de conservation des peintures murales du Chick Naab. Datées du VIIe siècle, elles sont soumises depuis leur découverte à des conditions extrêmes de chaleur et d’humidité . Mettant en scène des hommes et des femmes effectuant différents rituels, les peintures du Chick Naab ont requis de nouvelles stratégies de restauration pour garantir leur conservation. 

Archéologue du Projet Calakmul, Mario Zimmerman présente un résumé des travaux de restauration et consolidation effectués l’année dernière sur la Structure III. Explorée il y a une trentaine d’années par des archéologues de l’Université de Campeche, la Structure III a révélé la présence de trous de poteaux lors du retrait de ciments de la base pyramidale. Grâce à cette découverte, les archéologues pense que la plateforme était recouverte d’un toit en matériaux périssable, redéfinissant l’utilisation des espaces. D’autre part, à l’instar d’autres constructions, la Structure III compte une phase antérieure : le remblais utilisé a favorisé une bonne conservation des masques en stuc peint situés de part et d’autre de l’ancien escalier principal. On peut dire « bonne » dans la mesure où, comme cela était souvent l’usage des anciennes cultures préhispaniques, il était courant de « tuer » rituellement l’ancienne phase. Dans ce cas, les masques en stuc ont été volontairement mutilés. Cela n’a pas empêché une datation qui remonterait au Protoclassique.

L’article suivant s’intéresse à la céramique de Calakmul découverte dans différents contextes (funéraire ou domestique). Sylviane Boucher, responsable de la céramothèque de l’INAH Yucatan, observe la présence répétée du jeune dieu du maïs et ses liens avec d’autres éléments iconographiques comme le crâne dont il peut renaître ou la tortue.
En marge de ce dossier très complet, le lecteur appréciera une série d’observations intéressantes faites par Guillermo Bernal Romero sur le tableau Est de l’Édifice 1 du groupe XVI de Palenque. L’épigraphe du Centre d’Études Mayas de l’UNAM propose une lecture reposant sur un cycle de 63 jours, le rituel de production du feu en relation avec un dieu-patron calendaire, le Dieu N Zarigüella, vieille connaissance présentée par Alfredo López Austin dans ses Mythes de l’oppossum.

Parallèlement à tous ces travaux mayistes, on lira avec curiosité le travail de Javier Urcid, spécialiste des cultures d’Oaxaca, sur le monolithe dit de l’hôpital Demetrio Mayoral Pardo. L’auteur retrace le parcours chaotique de ce bloc taillé de plusieurs glyphes et propose de les voir comme des glyphes onomastiques faisant allusion à des généalogies.

Comme souvent dans Arqueología mexicana, il est d’usage de lire un article d’anthropologie physique, science ouvrant des perspectives très intéressantes pour les archéologues et les historiens. Dans ce numéro, Leticia González Arratia, Josefina Mansilla Lory et Ilán Leboreiro Reyna exposent les résultats de leurs analyses de trois paquets mortuaires découverts aux alentours de Cuatro Ciénegas, au milieu du désert de Coahuila. L’aridité du milieu a permis une bonne conservation des tissus humains et textiles : les analyses ont révélé qu’il s’agissait d’enfants en très bas âge.

Le chercheur argentin Daniel Schavelzón propose un travail intéressant de l’histoire de l’archéologie de Teotihuacan . la réutilisation d’une grille en fer forgé datant du XVIIe siècle pour consolider une section des édifices préhispaniques appelés Souterrains par Leopoldo Batres. Il s’agit d’une réflexion plus vaste que les techniques de conservation et restauration à la fin du XIXe siècle.

Mentionnons enfin les rubriques récurrentes de la revue en commençant par la série d’Eduardo Matos Moctezuma sur les sculptures perdues de Tlatelolco : l’auteur s’attache comme toujours à démêler légendes urbaines et vérités. D’autre part, la chronique de Xavier Noguez présente le Codex de Xicotepec, document racontant l’histoire de cette commune située dans l’état de Puebla et étudié en son temps par Guy Stresser-Péan.

Si vous disposez d’un dispositif mobile, vous pouvez télécharger gratuitement l’application Arqueología mexicana sous Android ou iOS et ensuite payer pour accéder à ce numéro qui vous offrira des contenus exclusifs. Vos commentaires seront donc plus qu’appréciés pour débattre sur le contenu de ce numéro.

  
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