mardi 26 mai 2015

L'INAH et le ministère mexicain de la justice ont perdu de vue 700 objets archéologiques

En tant que lecteurs réguliers, vous connaissez notre dégoût récurrent des fouilles sauvages ou des destructions du patrimoine archéologique au Mexique (et ailleurs). Cette-fois, il nous convient de dénoncer l'irresponsabilité de deux institutions publiques mexicaines : son ministère de la justice (et ses différents titulaires depuis 2006) et l'INAH (et ses différents directeurs et responsables juridiques).

Dans un court papier dans le quotidien El Universal publié le 25 mai 2015, on apprend que sur les 979 pièces archéologiques récupérées à l'Aéroport International de la Ville de Mexico (AICM), de toutes les époques et presque toutes les cultures, quelques 700 ont été égarées entre 2006 et 2014. Ni le ministère de la justice qui en avait la garde temporaire, ni l'INAH, sensé les avoir cataloguées, n'en trouvent la trace.

Vous devez bien vous douter que ce genre de nouvelles n'a pas été présenté sur le site de l'INAH. Il est dommage que cette institution, comme tout un chacun, n'assume pas ses responsabilités lorsqu'elle commet des erreurs, aussi énormes qu'elles soient. D'ailleurs il semblerait que les deux dépendances gouvernementales se renvoient la balle.

Il convient de remettre en cause et de demander des comptes directement aux responsables des affaires juridiques de l'INAH, qui est sensé garantir l'application de la loi fédérale sur le patrimoine historique et archéologique. En attendant, on peut craindre le pire. Ces œuvres avaient interceptées avant de quitter le territoire mexicain, victimes des filières du marché noir qui continuent souvent d'oeuvrer en toute impunité. A titre de comparaison, le Musée maya de Cancun compte 130 pièces exposées au public ! On a donc un ou plusieurs musées qui ont littéralement disparu.

Une honte pour les différents ministres de la justice qui se sont accédés sous les mandats du président conservateur Felipe Calderón et de son successeur de centre-droit, Enrique Peña Nieto. Il serait peut-être que l'UNESCO rappelle le Mexique à ses devoirs.
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