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Compte-rendu Arqueología mexicana 151

Billet n°1600

Tenochtitlan, éventuellement Tlatelolco, peut-être les Bains de Moctezuma sont les vestiges préhispaniques qu'un touriste aura probablement visité à Mexico. Mais quid de Cuicuilco, ce site méconnu près duquel la Villa Olimpica fut construite dans les années 1960 pour accueillir les JO et sur laquelle, paradoxalement la nouvelle École Nationale d'Anthropologie et d'Histoire fut édifiée à la fin des années 1970 ?

Pirámide de Cuicuilco al Sur del Distrito Federal.jpg
De Felipe huerta hdez - Trabajo propio, CC BY-SA 3.0, Enlace

Le dernier numéro de la revue Arqueología mexicana s'est donné l'objectif de combler ces manques depuis une perspective pluri et inter-disciplinaire. Le dossier principal de ce numéro contient notamment une présentation de l'état des connaissances sur Cuicuilco par Felipe Ramírez, responsable du Projet archéologique Cuicuilco. Mónica Moguel Bernal et Denia Sandoval ont choisi d'orienter le lecteur au moyen d'une présentation de l'occupation de Cuicuilco, depuis son apparition il y a près de 4000 ans à son abandon au IIIe siècle avant notre ère. Puis Felipe Ramírez essaie de contextualiser Cuicuilco dans ses relations avec d'autres cultures, comme Chupicuaro et le Bajío, et d'autres régions dont les matières premières furent retrouvées dans différents contextes archéologiques de Cuicuilco. De son côté, l'archéologue Alejandro Pastrana rédige un plaidoyer pour une étude commune de Cuicuilco par les géologues et les archéologues. Cette "géoarchéologie" a permis de comprendre les différents moments de l'éruption qui a détruit le site. L'anthropologue Manuel Gándara, enseignant à l'ENAH, nous propose de voir comment cette institution est née d'un paradoxe. Il revient sur différents épisodes marquant de la conservation de la zone archéologique de Cuicuilco, et comment ce message est désormais celui du voisinage direct de celle-ci. Nadia Aroche clôt ce dossier nous invite ǹotamment à connaître Cuicuilco et la délégation Tlalpan au moyen d'un petit guide de poche.


Autour de ce dossiter cuicuilteca sont articulés les différentes rubriques que nous avons l'habitude de lire. Ainsi Xavier Noguez poursuit sa présentation philologique des documents coloniaux avec un court papier sur ceux contenant des annales continues. Dans sa série sur les tlatohque tenochas, María Castañeda de la Paz a décidé de présenter Moctezuma II en différents épisodes. Il est vrai que ce dirigeant a probablement été le plus mentionné par les chroniques et rapports. Pour l'heure, elle s'attarde sur la vie de Moctezuma avant l'arrivée des Espagnols. La sociologue Elisa Ramírez a décidé de débuter une mini-série sur les mythes liés à la tromperie: pour ce faire, elle rapporte un mythe chinantèque sur l'origine des taches du jaguar dûes à la ruse du tlacuache. Manuel Hermann Lejarazu, spécialiste des codex de la Mixteca au CIESAS,  réfléchit sur la volonté de Moctezuma Ilhuicamina de retourner à Aztlan, lieu d'origine et paradis perdu des groupes nahuas. Dans sa rubrique Mensonges et vérités, Eduardo Matos Moctezuma, revient sur différents moments clés de l'histoire mexicaine où Tlatelolco a servi de scène.

Éric Taladoire propose de reconsidérer l'appellation "Las Bocas", utilisée de manière peu scrupuleuse par les collectionneurs d'art, les maisons de vente aux enchères et certains mésoaméricanistes. Il y oppose les travaux de l'archéologue Maricruz Paillès sur le seul site fouillé et porteur du toponyme Las Bocas, dans l'état de Puebla.

Le directeur de la Zone archéologique de Tlatelolco, Salvador Guilliem Arroyo, fait le point sur le Programme de protection technico-légal mise en place pour ce projet. Musée contextuel, le Musée de site de la Caja de Agua, le Musée de site de la zone archéologique, sauvetages archéologiques récents et en cours, Guilliem Arroyo offre un panorama complet de l'archéologie tlatelolca depuis les explorations entreprises en complément du Proyecto Templo Mayor de Tenochtitlan par Eduardo Matos Moctezuma il y a 30 ans à son "indépendance" en 2007.

Manuel Hermann Lejarazu que nous évoquions un peu plus haut, nous propose un autre texte sur un projet très prometteur qu'il a entrepris il y a déjà 7 ans dans la Mixteca:  l'archéologie des sources historiques. Habitué des textes, cartes, plans et documents coloniaux, il s'est donné la tâche de cartographier, notamment avec les GIS et les parcours de surfaces, des chèferies et des villages qui étaient mentionnés dans les documents antérieurs au contact et qui semblaient avoir disparu des documents coloniaux comme les Relaciones geográficas de Antequera y de Tilantongo. Il publie ici ses prometteurs résultats.

Terminons avec le brillant papier d'une équipe pluridisciplaire du Proyecto Templo Mayor sur les restes de poissons-scie retrouvés dans différentes offrandes. Fouilles, études biologiques et taphonomiques, conservation et symbolismes possibles de ce poisson sont passés au crible par ces spécialistes.





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Bonne lecture !

Références :
Bernardino de Sahagún (2012). Codex de Florence . [En ligne] Disponible sur : http://www.wdl.org/fr/item/10096/#q=Codex+de+Florence&view_type=list&search_page=1&qla=fr. [Dernier accès 02/09/2013].

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