Accéder au contenu principal

Arqueología Mexicana n°98

Avec un peu de retard, étant donné les vacances prises par votre serviteur, Mexique Ancien vous propose le résumé du dernier numéro de la revue de divulgation de l'INAH.



Hasard des publications, une autre revue publiée par Raices, Relatos e Historias, proposait justement un court article sur la construction de l'empire aztèque et son apogée à l'époque de Moctezuma, dans son numéro de juin. Notre intention n'est pas à proprement parler de présenter Moctezuma Xocoyotzin. D'une part parce que ce serait trop difficile à faire en un seul post, mais surtout parce que différentes publications, complètes, critiques et variées, ont été publiés par le passé.

Après la traditionnel rubrique du courrier des lecteurs, on peut lire une manchette courte mais très intéressante sur des fouilles réalisées à Coamiles, sur la côte central de l'état de Nayarit, à l'ouest du pays. Des sondages réalisés dans l'Acropole nord de ce site ont permis de retrouver trois phases de construction tout au long du Postclassique. Les archéologues estiment que Coamiles est un lieu d'observation privilégiant les équinoxes, si on prête attention à l'orientation des bâtiments et l'iconographie pétroglyphique présente sur le site.

Retenons également l'article de Manuel Hermann Lejarazu sur l'origine perdue du Codex Borgia. Suit un article assez moyen proposant des reconstitutions au fusain des principaux bâtiments de l'acropole de Xochicalco.

L'imposant dossier sur Moctezuma Xocoyotzin débute par une chronologie de l'empire mexica depuis sa soumission à Colhuacan à son emprise sur une grande partie de la Mésoamérique. Federico Navarrete propose d'ailleurs un premier article sur les lignages historiques et mythiques sur lesquels reposait la royauté mexica. On y apprend aussi comment le lignage de Tlatelolco avait exagéré sur son origine chichimèque. Navarrete appuie son étude sur l'observation de certaines planches du Codex Azcatitlan.

Leonardo Lopez Lujan et Guilhem Olivier se sont intéressés à l'iconographie de Moctezuma, en particulier à ses attributs de pouvoir. L'archéologue et l'historien insistent sur la connotation divine propre à un empereur, sur les rituels qui lui incombaient, et sur les objets comme la natte, le diadème de turquoise, sa barrette nasale ou sa cape en coton bleu. Ils terminent leur présentation en insistant sur les attributs de Moctezuma lors des guerres.

L'article de Frances Berdan sur l'expansion mexica pourrait être trop court pour un sujet assez vaste. Il convient de le voir plutôt comme une introduction rapide à ce thème. Néanmoins les cartes des tributs et populations soumises sont utiles. D'ailleurs l'auteure insiste sur le tribut pour expliquer ce thème et évoque aussi les défaites subies par Moctezuma avant la conquête espagnole.

Eduardo Matos Moctezuma étant à l'origine de ce dossier, il eût été impossible qu'un article de cet éminent spécialiste des Aztèques n'y figure pas. Son article est orienté sur quatre axes : la rencontre Moctezuma-Cortès, la description du palais du premier, la description de Tenochtitlan et enfin la présentation du marché de Tlatelolco.

Autre grand nom de la pensée moderne sur la Mésoamérique, Miguel León-Portilla s'attache à proposer sa vision de l'antépénultième tlahtoani de Tenochtitlan et résume la succession des événements qui conduisirent à la chute de la ville la plus importante des Amériques et le destin dramatique de Moctezuma Xocoyotzin.

La dernière partie de ce dossier propose une vision synoptique de l'image de Moctezuma dans les arts et la vie quotidienne à travers les siècles.

Ensuite, il est intéressant de lire l'article co-écrit par Eric Taladoire et Annick Daneels sur Jean-Baptiste Fuzier, médecin français ayant participé à la seconde intervention française sur le territoire mexicain. Cet homme faisait partie d'une commission scientifique : ses travaux ont essentiellement porté sur l'archéologie du Véracruz. Il a permis la localisation de certains sites et certaines pièces découvertes ont été fidèlement dessinées sous sa main.

Enfin Xavier Noguez fait une présentation courte du Codice Mendoza dont la présence est plus que pertinente si on considère le thème central de la revue.

Commentaires

Anonyme a dit…
existe t-il un portrait réel de Moctezuma ? la photo de cette peinture du XVI ème siècle est-elle vraiment imaginaire ou peut-on supposer qu'il y est des traits de ressemblance ?

merci
Unknown a dit…
Ce portrait présente une vision très européocentriste de Moctezuma. Même si elle repose sur une perception et une représentation imaginaires, certains éléments iconographiques comme le labret, le bouclier de plumes ou même le manteau rappelle des attributs des nobles mexicas.

Malheureusement les codex dessinés à l'arrivée des Espagnols ne proposent pas de portrait fidèle de Moctezuma Xocoyotzin. Certaines représentations préhispaniques donnent un aspect impersonnel au tlatloani, identifiable surtout par son glyphe.

Posts les plus consultés de ce blog

Des restes humains anciens découverts sur le site de la Morita, Nuevo León

Des archéologues ont mené des recherches dans la grotte préhistorique La Morita II, à Nuevo León, lors de la phase II et III de la saison de fouilles 2023-2024. Ils ont découvert des restes humains datant de 2 500 à 3 000 ans avant notre ère, accompagnés de fragments de vannerie, de textiles et de fibres, probablement issus du linceul qui les enveloppait.  Fouilles des phases II et III, La Morita, Nuevo León. Photo : Moisés Valadez, INAH. L'exploration, menée par l'Institut National d'Anthropologie et d'Histoire (INAH) et le Centre INAH Nuevo León, a également permis de trouver des ustensiles et des outils à usage domestique-rituel. Selon l'archéologue Moisés Valadez Moreno, les restes humains comprennent des phalanges, des métatarsiens, un cubitus, un humérus, plusieurs côtes et des dents, correspondant probablement à un bébé et deux adolescents en raison de la présence d'os de petite taille. Il est probable que les restes aient été délibérément démembrés et d...

Guiengola : Une cité zapotèque révélée par le LiDAR

L'archéologie, cette quête passionnante du passé, se réinvente constamment grâce aux avancées technologiques. Aujourd'hui, c'est le LiDAR (Light Detection and Ranging), une technologie de télédétection par laser, qui nous offre un aperçu fascinant d'une civilisation méconnue : les Zapotèques de la période Postclassique tardive (environ 1200-1521 après J.-C.). Le site de Guiengola, au sud-est de l'État d'Oaxaca au Mexique, a récemment révélé ses secrets grâce à cette technologie révolutionnaire.  Avant l'utilisation du LiDAR, Guiengola était un site archéologique peu connu, partiellement exploré par des méthodes traditionnelles. La végétation dense et le terrain accidenté rendaient les explorations difficiles et limitaient notre compréhension de ce qui pouvait se cacher sous la surface. Mais l'arrivée du LiDAR a changé la donne.  Fig. 1. Carte du site archéologique de Guiengola, Oaxaca. L'avantage du LiDAR est sa capacité à couvrir de vastes zon...

Conférence en ligne Travesías por agua: Sistemas de navegación en Mesoamérica

Suite à la conférence prononcée par l'archéologue Mariana Favila Vazquez hier à El Colegio Nacional, nous plongeons dans un aspect fascinant et souvent méconnu de l'histoire mésoaméricaine : la navigation préhispanique. Loin de l'image d'une civilisation uniquement terrestre, les peuples du Mexique ancien étaient des marins et des navigateurs aguerris, exploitant fleuves, lacs et mers pour le commerce, la guerre et la vie quotidienne. Transmise en direct sur les réseaux sociaux de la prestigieuse institution mexicaine, l'intervention de Favila Vazquez, met en lumière la navigation maya et son importance.  Dès les années 1970. des archéologues comme Norman Hammond  ont souligné l'ampleur de la navigation maritime maya le long des côtes du Yucatán, principalement à travers l'étude de sources iconographiques. Des travaux plus récents, à partir des années 2010, ont étendu ces études aux eaux intérieures, c'est-à-dire les lacs et les rivières, avec des cont...