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Les Voladores de Papantla-El Tajín classés au Patrimoine immatériel de l'UNESCO

Je pense que la toute nouvelle secrétaire de l'UNESCO sera reçu avec des vivas au Mexique. A l'instar de la France, qui figure parmi les pays les plus souvent cités au Patrimoine mondial de l'Humanité, le Mexique augmente régulièrement sa présence dans cette liste. L'année dernière, c'était la cuisine de Oaxaca qui avait été directement nommée, de même que la Guelaguetza, danse typique de cette région.


Aujourd'hui c'est le Véracruz et plus particulièrement Papantla qui est mis à l'honneur. Cette petite localité peut désormais se vanter d'être nommée deux fois au patrimoine de l'humanité. En 1992, c'est la zone archéologique d'El Tajín qui avait reçu cet honneur. Tajín est un mot totonaque qu'on peut traduire par "Lieu du Tonnerre". Mais qui étaient donc les Totonaques ? Il s'agit du dernier peuple ayant occupé le site entre le Ier et le XIIIe siècle de notre ère! A titre de comparaison, des villes comme Teotihuacan ou Palenque n'ont été occupées "seulement" que sept à huit siècles...


Désormais c'est une tradition, voir même un rite précolombien qui est inscrit au Patrimoine immatériel de l'humanité.



Rituel du volador. Codex Tepeucila, pl. 6.
Photo : Ignacio Guevara/Raices. Retrouvée le 20 octobre 2009 sur http://www.arqueomex.com/images/FOTOSNUM81/01F01.jpg .




Voici un cliché de ce rituel qu'on peut également voir à l'entrée du Musée National d'Anthropologie, à Mexico. Moyennant piécette à la fin du spectacle, les voladores escaladent le mât avant d'effectuer une longue et vertigineuse descente.



Disponible le 30 septembre 2009 sur le site de l'INAH.


Pourtant il serait incorrect de penser que ce rituel est exécuté par les seuls Totonaques. Des ethnologues et antropologues modernes comme Guy Stresser-Péan, Theodor Preuss ou Alain Ichon font état de rituels similaires dans d'autres parties du Mexique ou d'Amérique centrale. Michel  Graulich s'en fait largement l'écho à travers plusieurs exemples. 

Selon lui, il est intéressant de voir que les voladores totonaques, coiffés de leur chapeau pointu, rappelle Ehecatl, le dieu du vent et donc annonciateurs de la pluie fertilisante. Leurs voisins huaxtèques sont présentés par Ichon (1969 :  327-339) comme des "Anges de l'air" apportant pluie et foudre.  Pour eux, il s'agit de la danse des aigles, représentation des morts et compagnons du Soleil couchant tombant sur terre et apportant la fertilité (Stresser-Péan, 1948 : 328-329).

Larsen (1937 : 180-181) explique aussi qu'à Xicotepec on effectuait le rituel pour s'attirer les bonnes grâces des esprits de la terre et de bénéficier ainsi d'une bonne récolte. Les voladores sont alors identifiés à des "oiseaux qui dominent les vents" . 
On peut observer des explications similaires chez les Chortis ou les Huichols.




Curieusement l'annonce de cette nouvelle a pris de court l'INAH, puisqu'aucun communiqué de presse n'est visible sur le portail internet institutionnel. La presse nationale et internationale, traditionnelle ou numérique s'en fait pourtant largement l'écho quand on google un petit peu comme dans cet article retrouvé le 29 septembre 2009 sur le site du Grand Journal.


Références complémentaires :
  • Article "El Tajin", retrouvé sur l'encyclopédie en ligne Wikipedia, version française.
  • Article "El Tajin", retrouvé sur l'encyclopédie en ligne Wikipedia, version anglaise,
  • article "El Tajin", retrouvé sur l'encyclopédie en ligne Wikipedia, version espagnole,
  • un site en espagnol, Voladores de Papantla, retrouvé le 29 septembre 2009 (contient des photos et des vidéos),
  • le bloc-notes Los Voladores de Papantla.
  • Herrera Meza, María del Carmen. 1997. El Códice de Tepeucila: el entinatado mundo de la fijeza imaginaria. INAH, Mexico. 
  • Stresser-Péan. 2005. "El Volador. Datos históricos y simbolismo de la danza". In Arqueología Mexicana, vol. XIII, núm. 75, Editorial Raices-INAH, Mexico, p. 20-27. 
  • Urcid, Javier. 2006. "Antigüedad y distribución de la danza de los Voladores". In Arqueología Mexicana, vol. XIV, núm. 81, Editorial Raices-INAH, Mexico, p. 70-74.
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