Accéder au contenu principal

Teotihuacan fête ses 100 ans d'ouverture au public

A l'occasion du centième anniversaire de l'ouverture de Teotihuacan au grand public, l'INAH s'est fendue d'une petite cérémonie organisée au musée du fameux site archéologique. Malheureusement le communiqué disponible sur le site de l'INAH contient des erreurs ou des omissions qu'il nous semble bon de corriger dans la deuxième partie de cette note.

Revenons dans un premier temps sur les personnalités invitées à la présentation d'une plaque commémorative sur la pyramide du soleil. Etaient président le directeur de l'INAH, Eduardo Matos Moctezuma, Ruben Cabrera Castro, Alejandro Sarabia, Sergio Gomez. On pourra regretter l'absence de Linda Manzanilla, Leonardo Lopez Lujan et de Saburo Sugiyama qui ont eux aussi contribué grandement à notre connaissance de ce site hors du commun. Accessoirement la crème des teotihuacanistes a inauguré une petite exposition photographique, Centenario. Museo de sitio de Teotihuacan, qui sera ouverte jusqu'à la fin de l'année. Visible au musée du site, le visiteur découvrira une vingtaine de clichés retraçant les principales découvertes faites au cour de ce siècle de fouilles teotihuacaines.

Gomez est en outre intervenu pour présenter le projet de micro-robot qui explorera le tunnel que ses équipes ont découvert il y a quelques semaines. Selon lui, il ne fait aucun doute que "la sacralité de cet espace a fait supposer que peut-être des dirigeants de la ville ont été enterrés là". Il a ajouté que ce tunnel "représente une opportunité inégalable de nous rapprocher de la pensée cosmogonique et religieuse des anciens Teotihuacains." Souhaitons que ces hypothèses audacieuses se concrétisent.

Il convient enfin de noter l'organisation d'une série de conférences au cours de laquelle interviendront différents spécialistes du site comme Alejandro Villalobos, Rubén Cabrera, Arturo Menchaca y Linda Manzanilla (récemment reçue docteur honoris causa à l'Universidad Nacional Autonoma de México, pour le centenaire de cette institution). Elles auront lieu du 30 septembre au 7 octobre 2010 et auront pour thème la Pyramide du Soleil que Batres fouilla et restaurera (à son goût) entre 1905 et 1910.

Néanmoins, ce bulletin de l'INAH laisse un goût amer. Tout autant que les festivités poposées à l'occasion. Commençons par le paradoxe introduit par le rédacteur de cette note. Dans le premier paragraphe, l'auteur explique qu' "un siècle après que Leopoldo Batres a commencé les explorations systématiques de ce qui est aujourd'hui la zone archéologique de Teotihuacan...". Cependant le même auteur conclue en rappelant que les explorations et la restauration de la Pyramide du Soleil ont débuté en 1905. Il y a donc un petit paradoxe temporel que n'aurait pas renié Doc Brown dans sa DeLorean volante.

Il est vrai que le rôle de Leopoldo Batres a été prépondérant, voir indispensable pour que notre connaissance de Teotihuacan s'améliore. Mais il aurait été juste de rappeler que c'est dès 1883 que le futur chef de l'Inspection des Monuments Historiques (équivalent du directeur de l'INAH actuel) avait réalisé différents travaux de fouilles, de restauration et de consolidation (critiquables quand on voit les méthodes et les matériaux utilisés alors). Et je ne parle même pas des explorations qui ont eu lieu avant les travaux systématiques de Batres, notamment celles de l'explosif Charnay.

Il aurait été également judicieux d'insister sur le caractère politique de l'ouverture de la zone archéologique de Teotihuacan en 1910. Le centenaire de l'Indépendance fut scrupuleusement planifié par le président Porfirio Diaz afin de légitimer son pouvoir mais également pour promouvoir une image positive du Mexique auprès des investisseurs étrangers. C'est d'ailleurs à ce même moment que fut inauguré le XVI Congrès International des Américanistes, dont le siège fut Teotihuacan. Cet événement donna une assise scientifique internationale du pays.

Nous vous proposons de télécharger gratuitement deux fichiers pdf correspondant aux deux principaux ouvrages de Batres sur ces travaux à Teotihuacan. Faites-vous une opinion.

Batres Leopoldo.
1906. Teotihuacan. Imprenta de F.S. Sora, Mexico. Version électronique disponible en format .pdf le 24 septembre 2010 sur : http://www.archive.org/details/teotihuacanmemor00batriala .

1908. Exploraciones y consolidacion de los monumentos arqueológicos de Teotihuacan. Imprenta de Buznego y Leon, Mexico. Version électronique disponible en format .odf le 24 septembre 2010 sur : http://www.archive.org/download/exploracionesyco00batriala/exploracionesyco00batriala.pd .

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Compte-rendu Arqueología mexicana 139

Après nous avoir proposé un dossier très fouillé et varié sur l’amarante, la revue co-publiée par l’INAH et l’éditeur Raíces se sont penchés sur l’archéologie et l’histoire d’un des plus petits états mexicains, celui qui a conservé presque les mêmes frontières qu’il possédait avant l’arrivée des Espagnols : Tlaxcala. Ce dossier est présenté de manière chronologique. Aleksander Borejsza nous propose un état des lieux sur le Tlaxcala préhispanique en insistant sur la destruction toujours plus prononcée des contextes archéologiques en raison des activités humaines, agricoles notamment. David Carballo, professeur assistant à l’Université de Boston, revient pour sa part sur les principaux centres régionaux apparus au Tlaxcala entre le Préclassique et l’Épiclassique. Il explique notamment la nature de la sédentarisation des différent groupes ayant peuplé la région. Parmi les exemples détaillés par le chercheur figurent le site de La Laguna et le complexe Xochitécatl-Cacaxtla-Nativita...

Fouilles à La Perseverancia, Michoacan

Difficile de faire mieux ce jour. A travers des médias moins connus, on peut trouver traces d'importantes découvertes. C'est le cas de cette cité perdue, abandonnée au Michoacan. Rien de ce qui a été découvert ne permet une identification avec des populations qui peuplait cette partie du Mexique. Il ne s'agit de Nahuas, ni de Purepechas, ni d'Otomies, ni de Chichimèques. C'est le quotidien en ligne Provincia qui a proposé cette information pour le moins suprenante et qui mériterait des crédits plus importants. Reste de l'édifice K9, La Perseverancia, Michoacan Photo : Rodolfo Cid. Retrouvé le 26 janvier 2010 sur : http://bit.ly/8lhLYb Tout reste à faire pour les archéologues dirigés par Alejandro Salafranca. Bonne chance à son équipe...

Des restes humains anciens découverts sur le site de la Morita, Nuevo León

Des archéologues ont mené des recherches dans la grotte préhistorique La Morita II, à Nuevo León, lors de la phase II et III de la saison de fouilles 2023-2024. Ils ont découvert des restes humains datant de 2 500 à 3 000 ans avant notre ère, accompagnés de fragments de vannerie, de textiles et de fibres, probablement issus du linceul qui les enveloppait.  Fouilles des phases II et III, La Morita, Nuevo León. Photo : Moisés Valadez, INAH. L'exploration, menée par l'Institut National d'Anthropologie et d'Histoire (INAH) et le Centre INAH Nuevo León, a également permis de trouver des ustensiles et des outils à usage domestique-rituel. Selon l'archéologue Moisés Valadez Moreno, les restes humains comprennent des phalanges, des métatarsiens, un cubitus, un humérus, plusieurs côtes et des dents, correspondant probablement à un bébé et deux adolescents en raison de la présence d'os de petite taille. Il est probable que les restes aient été délibérément démembrés et d...