vendredi 30 août 2013

Que mangeaient les habitants de la Quemada, Zacatecas ?

Dans un bulletin publié lundi dernier sur le site de l'INAH, on append que les archéologues de l'INAH Zacatecas ont pu travailler sur des grains de maïs et des graines d'haricots, de courgettes et d'amarante, découverts dans un contexte domestique. Âgés de plus de 1100 années, ces vestiges paléobotaniques ont été découverts lors de fouilles effectuées l'année dernière.

Cette découverte remet fondamentalement en cause l'hypothèse qu'on se faisait sur la population qui résidait à La Quemada. Auparavant, on considérait que cette ville était un lieu de pèlerinage. Marco Antonio Santos, responsable du projet, estime que ces graines nous donnent une idée plus claire du régime alimentaire des habitants. Il a rappelé que des graines de maïs et de haricots avaient également détecté de manière éparse sur des terrasses agricoles préhispaniques.

Une autre découverte remet fondamentalement en question la perception de l'environnement de la Quemada. Il semblerait qu'avant la surexploitation minière de la région, La Quemada devait être un endroit particulièrement boisé. Les fouilles ont en effet mis au jour une poutre de pin atteignant de 2,5 m de longueur et 30 cm de diamètre.



Conséquence de ces deux faits archéologiques, la délimitation du territoire mésoaméricain à l'époque est à revoir. Santos estime que la frontière de la suprarégion culturelle doit être repositionnée plus au nord.

Les fouilles entreprises par l'équipe de Santos ont également mis au jour différents objets : 8 meules fracturés, des restes de charbons, un foyer incomplet et des pointes de projectiles. Les graines mentionnées ont été retrouvées dans de grandes jarres mesurant 40 cm de hauteur sur 70 cm de diamètre. D'autres récipients aux dimensions inférieurs (30 x 40 cm) semblent avoir été utilisés pour la préparation des aliments. Tous ces objets retrouvés à El Cuartel sont actuellement restaurés et analysés.



Ce sont trois niveaux architecturaux qui ont pu être détectés grâce aux puits de sondages. Le premier consiste en une chambre ou zone de repos, le second correspond à la terrasse où ont été retrouvés les jarres et les graines. Tous deux ont été datés entre 600 et 900, soit l'apogée de La Quemada. Ils ont été construit au moyen de plaques de pierre couvertes d'argile et réunis au moyen d'un mélange de fibres végétales, d'argile et d'un matériau agglutinant, de la bave de nopal probablement.

Le troisième niveau, daté entre 900 et 1200 de notre ère, pourrait avoir servi de point d'observation archéo-astronomique dans la mesure où il était situé en hauteur. Lors du solstice d'été, les rayons du soleil vont directement éclairer l'intérieur de la chambre. Sous le premier niveau, les archéologues ont détecté la présence d'une structure en terre qui pourrait avoir servi comme espace rituel entre 200 et 400 de notre ère. Cette dernière hypothèse repose sur le fait qu'elle semble avoir été construite comme extension de l'édifice Sacrifices où avaient été retrouvés plusieurs ossements il y a une vingtaine d'années.

Pour en savoir plus, nous vous recommandons la consultation du diaporama disponible sur le site de l'INAH.
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