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Exposition Mayas. Revelación de un tiempo sin fin

Ce 14 décembre, le président mexicain Enrique Peña Nieto a inauguré une nouvelle exposition dans les galeries du Palais National à Mexico. Accompagné de différentes autorités nationales et internationales, l'ambassadrice de France faisant partie des diplomates cités par le bulletin de l'INAH, le président Peña a pu profiter des explications de. Bien que présente et contrairement à la tradition, la commissaire de l'exposition, Mercedes de la Garza, s'est faite discrète et a répondu aux médias sur la forme et l'importance symbolique des objets exposés.

Même si l'exposition présente les Mayas à travers le temps, l'essentiel des 535 pièces exposées fait référence à l'époque préhispanique. Selon de la Garza, elles "avaient des finalités religieuses, politiques et sociales. Il s'agissait de commandes faites par les gouvernements, de nature rituelle afin d'être placées dans les tombes comme offrandes".

Cette exposition sera l'occasion d'admirer pour la première fois treize objets découverts lors de fouilles à Comalcalco, au Tabasco, et le Tableau du Temple XXI de Palenque-Lakam'ha, au Chiapas.

Le bulletin fait état de cinq espaces d'expositions :

  1. L'homme face à la nature expose les liens étroits que les peuples mésoaméricains en général et les anciens Mayas tissaient avec leur environnement immédiat, leur perception et leur interprétation de la nature dont ils se sentaient partie prenante.
  2. Communauté et vie quotidienne explique l'organisation sociales des Mayas, leurs vêtements, leurs décorations corporelles, les ustensiles et objets utilisés pour la production de repas et la composition d'offrandes.
  3. L'homme face au temps et aux astres met en valeur des inscriptions calendaires et astronomiques, montrant l'importance de l'observation des étoiles et autres corps célestes dans la conception du temps et de l'univers propre à ses populations.
  4. Le cœur des villes s'attarde sur l'urbanisme et l'architecture sacrée des Mayas, notamment sur Chinkultic, voisine de Palenque.
  5. Les élites gouvernantes et leurs historiographie montre l'importance de l'épigraphie pour déchiffrer les guerres, les alliances, les mariages arrangés, les cérémonies au cours desquelles l'élite maya réaffirmait son lien avec les ancêtres et les divinités vénérées.
  6. Les forces sacrées expliquent plus en détail les conceptions et les rituels religieux au moyen de différentes figurines féminines et d'objets de culte.

Un dernier espace propose d'admirer une série de huipiles, de tambours et d'autres objets  modernes utilisés au quotidien par les descendants de ses groupes mésoaméricains.

L'INAH espère compter plus d'un million de visiteurs durant les trois premiers mois de l'exposition. Tout porte à croire que ce chiffre pourra être atteint. D'une part l'enceinte de l'exposition est symboliquement très importante pour les Mexicains. Le Palais National est l'équivalent du Palais de l'Élysée en France, même si la résidentielle officielle des présidents mexicains est située à Los Pinos. C'est au balcon de ce palais que le président lance officiellement le cri de ralliement des insurgés de 1810 pour l'indépendance mexicaine. Le Palais National est situé au centre de Mexico, là où bon nombre de touristes nationaux et étrangers viennent déambuler. A un moment où les crédits à la culture (notamment à la production cinématographique et la publication d'ouvrages) ont été singulièrement rabotés, l'INAH pourrait faire figure de privilégié avec une légère augmentation de son budget. Les archéologues et chercheurs de l'Institut aimeraient pourtant en voir la couleur. Pour l'heure les réformes structurelles sur la fiscalité, l'éducation, la vie politique et les énergies ont concentré les "efforts" salués notamment par l'OCDE et le FMI. Mais un an après l'arrivée de Peña Nieto au pouvoir et le retour du PRI, on attend toujours de savoir concrètement quels sont leurs projets pour la culture. La baisse significative d'informations en rapport avec l'archéologie sur le site de l'INAH montre bien qu'il n'y a pas de véritable intérêt de la part des autorités. Rappelons que le gouvernement précédent avait financé les fouilles de treize zones archéologiques pour mettre en place un tourisme culturel (de masse) dans des endroits peu visités et dont les résultats tardent à être diffusés.

Dernier point et non des moindres, cette exposition prendra ensuite ses quartiers au Brésil et en France en 2014. Préparez-vous à en entendre parler, et malheureusement pas toujours de manière fiable, dans les médias français. Nous essaierons de vous apporter des informations sur le sujet en temps et en heure sur ce carnet.
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