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Nouvelles données archéologiques sur la culture Aztatlán

Dans un bulletin publié le 8 février dernier sur le site de l'INAH, on apprend la découverte de nouveaux éléments sur une des cultures les plus méconnus de l'Occident mexicain : la culture Aztatlan.


Mauricio Gardúño.
Crédit photo : Mauricio Garduño Ambriz, Centro INAH Nayarit.

L'équipe dirigée par Mauricio Gardúño, archéologue du Centre INAH-Nayarit, effectue depuis plusieurs années un série de repérages et de fouilles dans une région située entre les rivières Grande de Santiago et San Pedro Mezquital, aux alentours du mont Peñas. Ce dernier est notamment important pour les ralamuli (huicholes) de la région car son orientation reproduirait celle de la caverne Tateí Haramara, sanctuaire de cette ethnie visible dans la municipalité de San Blas et liée à la création des eaux primordiales.

Au total, ce ne sont pas moins de cinquante-trois sites de type résidentiel qui ont été enregistrés par l'équipe de Garduño. Le Mont El Tesorero tout proche regorge d'un minéral qui fut important pour les habitants de la zone côtière : la calcédoine, composé de cristallites de quartz. Ces découvertes sont en dûes à l'activité humaine en recrudescence dans la région : des travaux et constructions de grande envergure. Différents travaux de terrassements ont ainsi extrait involontairement des vestiges datant du Classique au Postclassique ont obligé l'INAH à prendre les devants, comme la loi mexicaine l'exige.


Mont Coamiles.
Crédit photo :  Mauricio Garduño Ambriz, Centro INAH Nayarit.

Certains échantillons de céramique du complexe Chinesco ont même permis de reculer l'occupation de la région au Formatif (également appelé Préclassique) terminal entre 150 et 200 avant notre ère.


Fragments de figurine en terre cuite, Complexe Chinesco, Formatif.
Crédit photo :  Mauricio Garduño Ambriz, Centro INAH Nayarit.

Gardúño estime que la région était notablement à l'Épiclassique concentrée sur les terres basses inondables, dans et autour de 4 localités : Amapa, Coamiles, Las Animas y La Laguna. La culture Aztatlán s'est donc développée de manière continue le long de la côte. Ce sont une nouvelle fois les défunts qui nous donnent une part des informations qui sustentent l'hypothèse de l'archéologue mexicain. La culture Aztatlán avait pris l'habitude d'enterrer ses morts dans des urnes au Postclassique, rituel observé déjà à l'Épiclassique au nord du Nayarit et au sud du Sinaloa sur les sites de La Presa y Chametla, dans les vallées de l'Acaponeta et du Baluarte.

Comment va avancer le projet dans le futur ? Pour Garduño, il convient d'abord d'établir différentes cartes des sites par GPS afin de faciliter leur protection. Le directeur du centre INAH, Othón Yaroslav Quiroga García, a rappelé que ce projet est de grande importance car il permettra de répondre à de nombreuses questions sur les civilisations ayant vécu dans cette partie du Mexique.

Espérons, en dépit des récentes coupes bugétaires au niveau fédéral, qu'il en soit ainsi.

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