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L'archéologie mexicaine au TACquet

Comment effectuer un enregistrement suffisamment précis de contextes quand on découvre une quarantaine d’urnes funéraires sur un terrain de 30 m² de surface ? C’est le cas épineux auquel a été confronté José Luis Punzo Díaz, archéologue du Centre INAH Michoacan, à l’ouest du Michoacan. Appelés à effectuer un sauvetage archéologique sur le futur d’un petit barrage dans la vallée du fleuve Balsas, au nord du hameau de Huetamo, Punzo Díaz et son équipe ont très vite dû renoncer à effectuer la procédure qui prévaut dans ce genre de contexte: la microstratigraphie.

Cette dernière est une très patiente et minutieuse fouille contrôlée des urnes pouvant contenir différentes couches de matériaux et restes déposés les uns sur les autres. Les urnes de Huetamo posaient problème en raison de l’espace fortement restreint pour les fouiller in situ : elles avaient été placées directement dans la roche mère et simplement recouverte d’un plateau., En raison de la complexité de leur contenu. Il fallait aussi résoudre de gros problèmes de précision des relevés.

La solution a priori osée à ce problème allait pourtant se révéler. En collaboration avec Gastélum Strozzi, chercheur à l’UNAM, et de Peláez Ballestas, collaboratrice à l’Hôpital général de Mexico, huit urnes furent dégagées complètement et soumis à une TAC (Tomographie axiale computérisée) comme on le ferait avec certains patients dans les hôpitaux. Non invasive et extrêmement précise, la TAC a permis un relevé tridimensionnel et complet de tous les éléments présents dans chaque urne.

Dès lors, les archéologues ont pu déterminer des patrons dans l’agencement des éléments (osseux, lithiques, céramiques, métalliques, végétaux) déposés avec les cendres des défunts. Chaque urne et son contenu ont pu être reconstruits virtuellement en trois dimensions, permettant une manipulation aisée et sans risque pour le matériel..

Pour  en savoir plus sur cette recherche passionnante qui démontre, si besoin est, comment l’archéologie est une science toujours plus exacte en termes méthodologique, vous pouvez lire le papier présenté par Punzo Díaz, Gastélum Strozzi et Peláez Ballestas sur le site de la Coordination Nationale d’Archéologie de l’INAH. Reste à savoir si la même technique sera appliqué aux 34 autres urnes détectées.
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