Accéder au contenu principal

Conférence de Felipe Solis sur Tonatiuh

Sur son site internet, l'INAH fait un compte-rendu détaillé de la première de la dizaine de conférences intitulée "Los dioses en los codices". C'est Felipe Solis, directeur du Musée National d'Anthropologie, qui a donc inauguré ce cycle en présentant ses recherches sur le dieu du soleil.

Selon Solis -et c'est un premier truisme- Tonatiuh est une divinité solaire mais aussi guerrière, exaltant les guerriers à combattre : "Il symbolisait l'idéal du guerrier, la perfection du combattant, le soldat qui apparaît sur le plan céleste en vainqueur, qui fait fuir les étoiles et élimine l'obscurité en donnant lumière et chaleur à son peuple."



Pierre du Soleil
Photo B. Lobjois, octobre 2004.

Puis Solis de proposer l'hypothèse suivante : le visage sculpté au centre de la Pierre du soleil pourrait être celui de Tonatiuh. Ce visage est en effet encerclé par le disque solaire comme sur les codex précolombiens. Cette théorie repose sur la présence des glyphes symbolisants les quatre soleils des 4 ères précédant l'ère dans laquelle les Aztèques vivaient.

La pierre du soleil serait en fait un monument chronographique. La date 13 Roseau présente sur le haut du monolithe ferait référence à l'avénement de ce cinquième soleil et à l'arrivée de Axayacatl sur le trône. Un rien fantaisiste est l'interprétation de Solis quant à la présence d'yeux et de cils dans chacune des deux mains représentées à côté du visage : il explique que nul ne pouvait ainsi se cacher du dieu.

La pierre du soleil est un monolithe qui mesure 3,6 mètres de diamètre et 1,22 mètres d'épaisseur pour un poids de 24 tonnes. Elle a été découverte en 1791 dans des travaux de remise à niveau sur la place de la cathédrale. De fait la pierre a longtemps été exposée verticalement à même la cathédrale avant de connaître plusieurs déménagements et d'arriver finalement au Musée National d'Anthropologie où le visiteur peut la voir.

Il semblerait que sa position originale était horizontale et qu'elle servait à la fois de pierre pour le sacrifice gladiatoire. Ce rituel cruel consistait à attacher une future victime sacrificielle à combattre avec des armes symboliques contre des guerriers aigles et jaguars puissamment armés. Duran documente très bien le sacrifice gladiatoire (cf. à ce propos les ouvrages de M. Graulich et de Y. Gonzalez Torres sur le sacrifice humain chez les Aztèques). L'utilisation rituelle de la pierre du soleil semblerait justifiée par une cavité où on déposait le coeur et le sang du guerrier vaincu.

Felipe Solis a terminé sa conférence en expliquant qu'il était difficile de savoir combien de victimes étaient sacrifiées à Tonatiuh dans la mesure où les chiffres avancées par les sources coloniales seraient exagérées.

Les quotidiens El Universal et El Mañana ont repris le communiqué de presse disponible sur le site de l'INAH.
1 commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Raíces 328 - El Proyecto Uacusecha con Marion Forest

En homenaje a la arqueológa América Vázquezfallecida en el sismo del 19 de septiembre, y al arqueólogo Rodolfo Neftalí Mercado.

Esta semana en Raíces recibimos a una gran promesa de la arqueología francesa en México. Marion Forest es miembro del Proyecto Uacusecha, nacido de la colaboración del Centre National de Recherche Scientifique de Francia, del CEMCA y del INAH. Este equipo binacional explora desde hace varios años el Malpaís michoacano.

Como cada semana, les presentamos este programa en el portal Archive en formato ogg.

Créditos musicales Banda La Michoacana,Silvia Sapichu - Michoacan, MéxicoLila Downs - Tirineni TsitsikiReferencias bibliográficas Lista de publicaciones del Proyecto Uacusecha.

Forest, M. (2016). Urbanismo y sociedad en Malpaís Prieto, norte de Michoacán. Reflexiones acerca de la estructura espacial de un sitio prototarasco (1250-1450 d.C.). En Roskamp y S. Albiez-Wieck (eds.), Nuevas contribuciones al estudio del antiguo Michoacán. [archivo pdf] recuperado de ht…

Compte-rendu Arqueología mexicana 142

Arqueología mexicana nous propose une réflexion très complète et bien ficelée dans son numéro de novembre-décembre. A première vue, parler de législation pourrait paraître peu lié à ce qui constitue la raison même de la revue co-éditée par l’INAH et l’éditeur Raíces. Cependant il s’agit d’un thème qui nous plonge au coeur du mode de vie des peuples préhispaniques et l’adaptation de ces systèmes à celui importé du royaume de Castille et León.




Le dossier thématique contient huit articles. Dans le premier, rédigé par Carlos Brokmann, il est question de la diversité des systèmes juridiques dans l’ancien Mexique. Un point commun est qu’il s’agit de systèmes de lois reposant sur la tradition orale, répondant à une punition correspondant à chaque acte s’éloignant de la coutume ou de la conduite enfreinte. Si la majorité des documents font surtout référence aux lois et au système juridiques des Mexicas, il serait inapproprié que tous avaient la même organisation ou les mêmes règles de vie soci…

Décès du mayiste Erik Boot

Le nom d'Erik Boot ne vous est probablement pas très familier. Anthropologue néerlandais, diplômé de l'Université de Leyden et épigraphiste très doué, Boot était notamment un chercheur indépendant et un carnetier passionné : il en rédigeait trois en anglais depuis plus d'une dizaine d'années.

Maya News Update, un carnet présentant différentes actualités sur les groupes mayas préhispaniques.Ancien Mesoamerica News Update, carnet d'informations sur les découvertes concernant les anciennes cultures du Mexique et d'Amérique centrale.Maya Glyph Blog, un dernier carnet contenant les différentes propositions épigraphiques de Boot.Ses derniers billets concernaient une exposition sur les Mayas que le gouvernement guatémaltèque avait envoyé aux Pays-Bas en début d'année.
Mais Erik Boot n'était pas qu'un simple carnetier. Il avait notamment publié une quarantaine d'articles et d'essais qu'on peut retrouver sur la page Academia.edu. Comme tout bon may…