mardi 30 mars 2010

Chichen Itza vaut 220 millions de pesos

Voilà la somme déconcertante et répugnante à laquelle s'est abaissée à payer la gouverneure de l'état du Yucatan, Yvonne Ortega (PRI)... 200 millions de pesos pour 80 hectares de terrain dont 45 pour la seule zone archéologique de Chichen Itza. Tout cela pour une famille qui s'est littéralement approprié le site, au mépris de la loi organique fédérale sur le patrimoine mexicain et sa conservation. Pour vous donner un ordre de comparaison, cela représente environ 12000000 euros, soit 140 euros du m2. Bien évidemment, cela peut paraître bien peu quand on compare ce chiffre avec le prix du m2 parisien.

Il n'empêche : cet achat à prix d'or est tout simplement scandaleux. Scandaleux de voir comment les Barbachano ont littéralement détruit les abords de la zone archéologique pour construire diffférents complexes hôteliers, au mépris des lois et de la constitution mexicaine et ne pas être poursuivis pour leurs délits.

Scandaleux de voir comment Cultur, l'organisme d'état chargé d'exploiter le potentiel touristique et donc économique. On n'a donc pas fini de voir et d'entendre des concerts bidons pour les spectateurs étrangers fortunés venus "visiter" Chichen Itza. Il paraît que McCartney sera le prochain artiste à se présenter au pied du Castillo, en dépit des fouilles qui se poursuivent.

Scandaleux de voir comment les autorités fédérales, tant de l'INAH, que de la SEP ou même la présidence de la République sont restés les bras croisés, incapables de sauvegarder un patrimoine national de toute première importance des dangers du tourisme de masse. Chichen Itza est avant tout un patrimoine national si bien qu'aucun particulier ne peut revendiquer sa propriété. D'ailleurs M. Barbachano est également propriétaire des terrains sur lesquels se trouve Uxmal. Il est curieux de noter qu'au final, c'est l'état du Yucatan qui est devenu acquéreur et non l'INAH, qui s'était lancé dans de longues négociations avec M. Barbachano. Le Dr Miguel Leon-Portilla avait d'ailleurs demandé en 2007 l'expropriation des Barbachano. Il n'a malheureusement pas été écouté.

On imagine déjà la gloriole politique et médiatique que la gouverneure du Yucatan et son parti, le PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel, observez l'oxymore des deux derniers mots) vont essayer d'acquérir dans les prochains jours.

Vous aurez compris : Mexique Ancien désapprouve cette politique numéraire qui causera plus de préjudices à Chichen Itza que de retombées scientifiques positives. Seul (maigre) point positif : M. Barbachano n'a pas obtenu les 750 millions de pesos qu'il réclamait pour Chichen...

Sources :



Partager

Les relations Teotihuacan - Tikal au Classique

Un bulletin de l'INAH résume une lecture proposée par le Dr Raúl García Chávez, chercheur au centre INAH de l'Estado de México. Rien de révolutionnaire mais il est bon de rappeler que depuis plusieurs années, archéologues, anthropologues et historiens de l'art essaient d'établir des liens entre les deux principales cultures mésoaméricaines du Classique : d'un côté Teotihuacan, sur le haut plateau central, de l'autre la zone maya, sur les hautes terres qui se partage entre le Chiapas et le Peten actuels. Matos Moctezuma rappelle l'existence de céramiques de type teotihuacain à Copan, Honduras, ou de stèles à Kaminaljuyu, Guatemala (2009: 78).

Carte situant Tikal, Guatemala

Rien de bien nouveau dans la mesure où l'on est à peu près que la métropole centrale avait des liens commerciaux avec Teotlalpan dans l'état d'Hidalgo, Cholula dans celui de Puebla, et que son influence s'est étendue jusqu'au Pacifique, à Ixtepete, ou vers la Côte du Golfe, à Matacapan (Matos Moctezuma, 2009 : 76-78).

Le Dr García Chávez propose une analyse iconographique de la stèle 31 de Tikal et de différentes petites céramiques, datées vers 370 de notre ère. Certaines représenteraient des personnages richement vêtus et portant une coiffe commune le personnage de droite, sur la stèle sus-mentionnée.

Stèle 31, Tikal, Guatemala, Classique ancien.
Retrouvé le 20 mars 2010 sur http://bit.ly/ds84MZ


Cependant il convient de faire justice à différents rédigés avant les travaux du Dr. C'est notamment le cas de David Stuart, dont une lecture de 1996 faisait déjà état des liens entre Teotihuacan et Tikal. Stuart montrait, via l'épigraphie, que les Mayas faisaient référence à Teotihuacan comme un lieu d'origine, "Tollan", le lieu des roseaux. Le personnage central utilisé dans la démonstration du Dr García Chávez, appelé Hibou-Lanceur de javelines, n'était pas le dirigeant de Tikal. Il fut possiblement dirigeant de Teotihuacan. D'ailleurs le glyphe Hibou-bouclier est visible sur les deux sites, ainsi qu'à Uaxactun. Pour Stuart, repris par García Chávez, ce glyphe représente un "lignage" ou un "clan". Car d'après les stèles, Yaax Nuun Ayiin (379-404), Siyaj Chaan K’awiil II (411-456), et K’an Chitam appartenaient à ce lignage et dirigèrent la cité jusqu'à la défaite de K'an Chitam contre Calakmul. Sur la stèle 31, on pourrait donc voir Yaax Nuun Ayiin revêtus d'atours teotihuacains.

Ces atours correspondraient à certains visibles sur plusieurs peintures murales de Teotihuacan. García Chávez appuie également sa démonstration sur certaines céramiques représentant des personnages assis sur leur trône et dont les paraphernalia rappellent curieusement celle de Tikal.

Le dernier élément qui prouverait ce lien étroit entre Teotihuacan et Tikal serait l'architecture des bâtiments du Groupe E Mundo Perdido de Tikal, observable sur le lien à cliquer. Là où la nouveauté apparaît, c'est dans l'affirmation que les sujets sacrifiés et enterrés à la Pyramide du Serpent à plumes de Teotihuacan étaient d'origines mayas. Les arguments médico-légaux et anthropologiques ne sont pas présentés dans le bulletin de l'INAH.

Jose Angulo Villaseñor avait rejeté l'hypothèse d'une conquête militaire de Tikal par Teotihuacan, notamment pour des raisons logistiques et matérielles. Selon lui, les stèles reflèteraient plutôt des alliances politiques et militaires. Cet argument serait valable si on ne considérait pas la manière dont l'empire mexica s'est développé 1000 ans plus tard dans des conditions matérielles assez similaires.

[édition du 1/04/2010. Suite à un commentaire laissé par un de nos lecteurs sur Facebook, il convient de rappeler que Kidder et Sanders publièrent en 1978 deux ouvrages publiés par l'Université de Pennsylvanie sur les rapports entre Teotihuacan et Kaminaljuyu.]

[édition du 2/04/2010.  Nous renvoyons nos lecteurs au site internet de Massimo Stefani. Il contient des référents visuels intéressants pour Tikal ou Kaminaljuyu.]

Références
Braswell, Geoffrey E. 2003. The Maya and Teotihuacan. Reinterpreting Early Classic Interaction. University of Texas Press, Austin.
Martin, Simon & Nikolai Grube. 20002. Crónica de los reyes y reinas mayas. Planeta, Mexico.
Matos Moctezuma, Eduardo. 2009. Teotihuacan, Colegio de México-FCE, México.
Stuart, David. 1996. "The arrival of strangers: Teotihuacan and Tollan in Classic Maya History", paper presented at Princeton University, October 1996 - Revised February 1998. Retrouvé le 30 mars 2010 sur http://bit.ly/ds84MZ .
Taube, Karl, 1992. "The Temple of Quetzalcoatl and the Cult of Sacred War at Teotihuacan". In RES: Anthropology and Aesthetics, No. 21 (Spring, 1992), pp. 53-87. Stable URL: http://www.jstor.org/stable/20166842
Partager

samedi 27 mars 2010

Lancement du podcast INAH

Non content de disposer de médias innovants (Youtube, Googlemaps, Twitter, Facebook, radio en ligne, l'INAH ne proposait pas jusqu'à présent d'un podcast. Pourtant ce genre de médias a un potentiel très fort : interviews d'archéologues, d'anthropologues et autres chercheurs, présentation de zones archéologiques, d'expositions, etc.

C'est donc chose faite depuis le 25 mars : vous pouvez vous abonner et télécharger en format le podcast de l'INAH en format mp3. Pour se faire, cliquez sur ce lien ou ajouter ce fil rss à votre lecteur audio préféré.

A terme on pourrait penser que Radio INAH et le podcast proposent le même contenu. Le seul podcast serait donc amplement suffisant. Le fil rss des bulletins est disponible à partir d'Outlook, Thunderbird ou Google Reader.
Partager

jeudi 25 mars 2010

En travaux...


Cualli tonaltzintli!

Après une erreur de son maître d'œuvre, le bloc-notes est obligé de faire peau neuve. Nous allons essayer de proposer des nouvelles fonctionnalités offertes par Blogger pour vous proposer un interface plus clair, plus lisible. La barre d'onglets sous la bannière de notre site sera donc aménagée pour accueillir les trop nombreuses sections de liens que nous proposions jusqu'à présent et qui seront progressivement remplacées, voir supprimées.

Nous demandons à notre lectorat de bien vouloir nous excuser pour les désagréments de lecture apparus récemment ou ceux à venir.

Tlazohcamati.

Partager

lundi 22 mars 2010

Arqueologia Mexicana n°102

Et voici la dernière livrée en date du magazine de divulgation archéologique sur la Mésoamérique. Le mois dernier, on fêtait les 32 ans de la découverte de Coyolxauhqui. A cette occasion, l'INAH et Editorial Raices ont mis le paquet en ce qui concerne les rédacteurs.



Jugez vous-même : Leonardo López Luján, seul et avec son père, Alfredo López Austin seul, Eduardo Matos Moctezuma, deux fois s'il vous plaît, sans compter Xavier Noguez ou Manuel Hermann Lerajazu.  Du lourd donc, du très lourd même. Tout comme ce monolithe de 8 tonnes qui repose désormais au Museo del Templo Mayor, et sur lequel sont projetées ce qui étaient probablement les couleurs originales.


Commençons donc par le dossier de ce mois. Matos Moctezuma, à l'origine de la découverte du monolithe, dresse un bilan de trente années de fouilles et de recherches connexes. On peut voir notamment des photos curieuses, voir amusantes (Leonardo López Luján en train de prendre des notes).

Alfredo López Austin a pour sa part préféré nous résumer l'importance de Coyolxauhqui dans la mythologie mexica à travers une nouvelle traduction d'un passage de Sahagun revisitant notamment le lien entre le toponyme qu'est Coatepec proposé par Seler et la découverte de Matos Moctezuma.

Suit un article à six mains, rédigé par Lourdes Cué, Fernando Carrizosa y Norma Valentín. Il y est proposé une lecture iconographique du monolithe en correspondance avec les codex. Mais surtout, pour la première fois, une intégration de la polychromie à cette analyse.

Leonardo López Luján propose d'élargir l'étude à d'autres représentations de Coyolxauqui : les sculptures complètes, les têtes ou encore leurs évocations dans les chroniques.

Enfin Matos Moctezuma referme le dossier en s'intéresse à l'impact de la découverte de la pierre de Coyolxauhqui sur l'inconscient collectif mexicain, à travers une série de commentaires et de photographies parfois cocasses, comme cette voiture encastrée dans le Templo Mayor en 1999 !

Puis le père et le fils les plus célèbres de l'anthropologie mexicaine étudient les allées et venues de la Pierre de Tizoc, à l'instar de ce que López Luján avait déjà fait pour la Pierre du Soleil

Précédant le dossier sur Coyolxauhqui on retrouvera donc la rubrique de Manuel Hermann Lejarazu sur l'histoire des codex mexicains. Ce mois-ci le chercheurs évoque les codex d'Azoyu et le Lienzo de Tlapa

Suit un article d'anthropologie physique sur la vision de la vie et de la mort dans le Mexique préhispanique. Pas de grande nouveauté à ce titre. Pas plus d'ailleurs dans l'article évoquant la nature de K'inich Janaab' Pakal dans son contexte funéraire.

A mesure qu'on se rapproche de la fin du magazine, on peut lire un article intéressant sur les fouilles sous-marines réalisées au large de la Riviera maya sur un navire coulé appelé Quarante Canons.

Enfin Xavier Noguez étudie de manière et relativement complètement le Codex Magliabechiano.

J'espère vous avoir donné envie de lire cette revue. La prochaine aura pour thème "Les prophéties maya et l'année 2012".
Partager

Quand National Geographic s'emmêle les pinceaux

Qu'une grande institution comme le National Geographic fasse une bourde, passe encore. Or depuis quelque temps, on assiste à une recrudescence d'approximations de la part de ce qui constitue un des monuments de la divulgation scientifique mondiale.

"Pourquoi ce début de diatribe ?" allez-vous me demander... Non que je manque de respect à qui que ce soit, mais après avoir vu comment NG proposait des documentaires douteux sur les Mayas au moment de la sortie d'Apocalypto, et plus récemment de celle de l'infâme 2012, NG récidive sur son site internet. Pour le vérifier, je vous invite à cliquer sur le titre de cette note. Vous tomberez sur un article relatant les récentes découvertes de Bonampak, découvertes que nous avions amplement commentées ici. Un passage m'a doublement fait sursauter sur ma chaise de bureau et dodeliner de la tête en signe de profonde désapprobation. On retrouvera au passage ce très beau cliché d'Alejandro Tovalin, disponible le 21 mars 2010.


Bref, citons ce passage directement en anglais : ""he only thing is that this skeleton does not have the hand tied on the back like those found at the Quetzalcóatl temple in Teotihuacán," an ancient Maya metropolis in what is now Mexico City."

Traduisons pour nos lecteurs francophones ou hispanophones qui auraient quelques problèmes avec la langue de Shakespeare ou de Byron :
La seule chose est que ce squelette n'a pas les mains attachées dans le dos comme ceux trouvés au Temple de Quetzalcoatl à Teotihuacan,"une ancienne métropole maya dans ce qui est maintenant la ville de Mexico

En fait, ce n'est pas tant à NG que j'en veux. Encore que l'éthique journalistique exige qu'on vérifie des informations avant de les publier. Mes commentaires iraient plutôt contre M. Gallaga qui estime que Teotihuacan était une cité située à l'emplacement de Mexico. Pour son information et celle de John Roach (auteur de l'article susmentionné), Teotihuacan est situé à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Mexico et n'a jamais été une ville maya.

Deuxièmement, Teotihuacan ne fut en aucun cas une cité maya. On sait que cette grande métropole entretenait des liens privilégiés avec la zone maya (personnages sur des stèles, vaisselles peintes tripodes, etc.). Pour tout dire, Teotihuacan fut une ville où des populations originaires de différentes régions de Mésoamérique cohabitaient : Zapotèques de Oaxaca, Huastèques de la côte du Golfe, Mayas du Chiapas...

Enfin, il convient de rappeler que la dénomination de "Temple de Quetzalcoatl" est inappropriée. En effet, Quetzalcoatl est un nom nahua de divinité utilisé au Postclassique et au moment de la Conquête. Or il est possible que ce nom n'ait pas été utilisé par les Teotihuacains eux-mêmes. De fait le nom Serpent à plumes est plus neutre et plus approprié tant que nous n'aurons pas de preuve tangibles de cette dénomination.

Ceci étant, il ne faut pas négliger l'apport économique et logistique de la National Geographic Society à la meilleure connaissance des civilisations précolombiennes en général et mésoaméricaines en particulier. D'ailleurs, je vous recommande chaudement la lecture du dernier numéro sur les problèmes géopolitiques relatifs à l'eau.
Partager

mercredi 17 mars 2010

La Ciudadela y el Templo de la Serpiente Emplumada.


Voici une petite vidéo d'INAHTV qui résume et simplifie (peut-être) trop la pyramide du Serpent à plumes à Teotihuacan et les découvertes qui ont été faites à la fin des années 1980. Le chiffre de 260 victimes sacrificielles enterrées là peut faire réfléchir.

Bon visionnage !
Partager

Découvertes de tombes tlaxcaltèques

Eduardo Contreras Martinez n'est pas seulement le découvreur d'Ocotelulco, cette chèferie mentionné par Cortès lui-même dans ses lettres à Charles Quint. Depuis quelque temps, le directeur de l'INAH de l'état de Tlaxcala, situé à quelques encablures de la tentaculaire capitale du Mexique, fouille en urgence un cimetière d'un genre un peu spécial avec une équipe de spécialistes.

L'accès au canyon de Tlacuetla, près du hameau de San Lucas Cuauhtelulpan, Tlaxcala, n'est certes pas aisé. Mais il revêtait une signification pour les Tlaxcaltèques qui y pratiquaient des offrandes et des crémations. Au total ce sont cinq dépôts qui ont été découverts lors de fouilles de sauvetages entreprises par l'INAH, dont deux ont été complètement fouillés.


Restes humains, Postclassique tardif, Tlaxcaltèque. 
Canyon de Tlacuetla, Tlaxcala.

Une vingtaine d'objets en céramique polychrome, comprenant des coupes et des vases préhispaniques, a été également retrouvée. Dans le premier dépôt, pas moins de dix kilos de matière osseuse et une mandibule inférieure déplacée vers la droite se trouvaient aussi  près d'une petite céramique polychrome de phase Azteca II. Dans le second dépôt, ce sont quatre tombes que les outils des fouilleurs ont sorties de terre. Chaque tombe contenait les corps de deux adultes et deux enfants. Les adultes étaient en position fléchie, l'un d'entre eux montrant même une fracture du crâne et une fissure sur le bras droit. Les ossements étaient ici associés à une importante quantité de mobilier en céramique de style mixtèque incluant des petites boîtes, des vaisselles, des plats...


Dépôt funéraire, Barranca de Tlacuetla, Tlaxcala.
Tlaxcalteca-Mixteca, Postclassique tardif.
Photo retrouvée le 17 mars 2010 sur http://bit.ly/djsNzP

En revanche, les corps des deux enfants ont connu un traitement différencié puisqu'ils ont été incinérés seulement jusqu'à la taille. Leur crâne et leur tronc étaient relativement en bon état. Une petite boîte avait été déposée au-dessus d'un des crânes.

Contreras Martinez explique que les canyons, à l'instar des montagnes, des lacs, des rivières, des tourbillons constituaient autant de lieux de culte. Il indique aussi que les explorations continuent afin de exhumer les corps et les objets détectés dans les trois dépôts restants.
Partager

samedi 13 mars 2010

Une fabrique d'armes à San Claudio, Tabasco.

El Universal reprend aujourd'hui un communiqué très court de l'INAH. Près de Tenosique, dans l'état de Tabasco, les archéologues de l'INAH fouillent actuellement le site de San Claudio. Occupé entre 200 avant et 900 de notre ère, San Claudio a révélé un aspect inattendu : l'exploitation du silex pour la fabrication d'outils, d'armes et d'ustensiles rituels et leur commercialisation.

L'archéologue José Luis Romero Rivera, directeur du projet, explique avec justesse que le silex était une matière première indispensable dans la mesure où les anciens peuples mésoaméricains ne connaissait rien des métaux. Pour autant il estime que San Claudio n'était certainement pas une chèferie importante et devait être soumise plutôt à Piedras Negras, actuellement situé à une quarantaine de kilomètres, de l'autre côté de la frontière avec le Guatemala.

La structure la plus haute mesure en effet 12 mètres. Jusqu'à présent, seules 3 des 97 structures cartographiées ont été fouillées. Elles sont réparties sur pas moins de 70 hectares.
Partager

Restauration des peintures de Tetitla à Teotihuacan

Sur le site du quotidien El Universal, on apprend la fin des opérations de restaurations des peintures murales situées dans le complexe habitationnel de Tetitla, à l'est de l'enceinte principale. Ils avaient été entrepris en 2007.


Peinture murale des déesses de jade, Classique, Teotihuacan.

L'information est en fait reprise d'une dépêche publiée sur le site internet de l'INAH. On apprend ainsi que les peintures n'avaient pas été l'objet d'une restauration depuis plus de trente ans. Si bien que certains pigments étaient devenus complètement invisible à l'oeil nu. Au total, ce sont 16 oeuvres qui ont été progressivement dépoussiérées et scrupuleusement travaillées pour exhauster leurs couleurs. Parmi ces peintures, on retrouve les déesses de jade (voir cliché ci-dessus) ou encore les Jaguars, les Aigles, les Jaguars orangés, le Chevalier Jaguar.


Détail d'un jaguar peint, Portique 13, Mur 2
Tetitla, Classique, Teotihuacan.
Photo : B. LOBJOIS, mai 2002

Afin de restaurer au mieux, les ingénieurs du CECRyM ont procédé à des prélèvements et ont inspecté chaque peinture avec des lampes ultraviolettes afin de retrouver les matériaux utilisés au moment de leur conception. C'est ainsi qu'ils ont pu retrouver des lignes noires autour des têtes d'aigles ou encore le bleu utilisé sur les déesses de jade.

Pour sa part, Matos Moctezuma établit Tetitla dans la phase Xolalpan (2009 : 59). L'archéologue estime que ce complexe est contemporain de Zacuala, Yayahuala, Atetelco, Tepantitla, Xolalpan, Tlamimilolpa ou encore la Ventilla. C'est à cette époque que les liens entre Teotihuacan entretient des contacts réguliers avec la zone maya. Mais de nombreuses populations étrangères sont également présentes dans la métropole (op. cit. : 60).

En ce qui concerne les restaurations en d'autres endroits de Teotihuacan, nous vous recommandons la lectures des articles de Magar et de Villaseñor Angulo.

Références:

ANGULO VILLASEÑOR, Jorge. 2003. "Restauración de pinturas murales en Teotihuacan o los nuevas pinturas de Tetitla". In La pintura mural prehispánica en México, Boletín informativo, Año IX, número 18, junio 2003, IIE-UNAM, Mexico, p. 30-37. Document pdf disponible le 12 mars 2010 sur : http://www.pinturamural.esteticas.unam.mx/Pdf/boletin18.pdf .

DE LA FUENTE, Beatriz. 1995-1996. La Pintura Mural Prehispánica en México. I Teotihuacán. Tomo I Catálogo ; Tomo II Estudios. IIE/UNAM, Mexico.

MAGAR, Valerie. 2003. "Algunas aclaraciones en torno al artículo Restauración de pinturas murales en Teotihuacan o los nuevas pinturas de Tetitla". In La pintura mural prehispánica en México, Boletín informativo, Año IX, número 19, diciembre 2003, IIE-UNAM, Mexico, p. 28-34. Document pdf disponible le 12 mars 2010 sur : http://www.pinturamural.esteticas.unam.mx/Pdf/boletin19.pdf&pli=1 .

MATOS MOCTEZUMA, Eduardo. 2009. Teotihuacan, Fideicomiso Historia de las Américas, Serie Ciudades, FCE-Colegio de México, Mexico.
Partager

dimanche 7 mars 2010

L'ancien calmecac de Tenochtitlan bientôt ouvert au public

Pour changer, parlons encore du Templo Mayor, de la Rue Guatemala et du Serpent à plumes. Voici quelques jours, nous vous annoncions la découverte de ce qui constitue probablement l'ancien temple rond d'Ehecatl-Quetzalcoatl. Cette fois, nous allons remonter un peu plus loin dans nos archives et reparler d'une structure située à quelques mètres de mentionnée dans la note précédente.

C'est par le biais du quotidien La Jornada que nous apprenons que le calmecac de l'ancien centre cérémoniel de Tenochtitlan allait prochainement être proposé à la visite pour le touriste en goguette. Commençons par quelques questions : qu'est-ce qu'un calmecac ? A quoi servait-il ? Où était-il situé ? Qu'y apprenait-on ?

Pour répondre, il convient de se replonger dans les sources coloniales. Chez les Mexicas, l'accès à l'éducation était ouvert aux garçons. Les filles restaient dans le giron maternel pour y apprendre les rudiments du tissage et des travaux domestiques. En revanche,  les garçons, selon leur origine sociale, ouvaient entrer à l'école des futurs guerriers, appelée telpochcalli, et celles pour les futurs prêtres.

Calmecac et tlamecazqui. In Codex Mendocino, fol. 61r, détail.
Consultable le 3 mars 2010 sur 

Situé dans le centre cérémoniel, à côté du Temple rond d'Ehecatl-Quetzalcoatl, le calmecac du Templo Mayor devait être certainement l'un des plus côtés. Là, les jeunes gens issus de la noblesse appelés pipiltin, apprenaient des chants destinés aux dieux, en particulier à Quetzalcoatl. On leur montrait les danses, l'écriture et la compréhension des codex (Sahagun, 2000 : Appendice III, IV, 332) et VII, 336-340).

La discipline qui régnait au telpochcalli aurait été toutefois un peu moindre si on considère l'absolue austérité du calmecac. Il faut dire que c'est du calmecac que sortaient les prêtres les plus importants, notamment le titre de Tlamacazqui Quetzalcoatl, selon Sahagun (2000 : I, V, 73). Sahagun utilise le terme Tlamacazqui pour désigner le pénitent en nahuatl. Mais il parle également de cuacuacuilti.

Cependant le lien avec le serpent à plumes n'est donc pas évident. Si Quetzalcoatl-Ehecatl symbolise le roi-prêtre pénitent de Tula (Sahagun, 2000 : I, III, 308), les anciennes représentations du serpent à plumes ne permettent pas une telle association. Sahagun est cependant très clair : les parents qui "offraient leur fils au dieu Quetzalcoatl Tlilpontonqui pour qu'il entre au calmecac". D'ailleurs les parents déposaient des offrandes devant la statue de Quetzalcoatl à l'intérieur du calmecac. Mais l'élève du calmecac se soumettait à des rituels et des travaux propres à l'école parfaitement inventoriés par Sahagun (2000 : Appendice III, VIII, p. 338-340).

Pour autant de nombreux calpulli avaient leur propre calmecac, comme le rappelle Couvreur (2002, citant CF 1950-1981, 2, p. 206). D'ailleurs Sahagun parle de sept calmecac.

Références bibliographiques.
BARRERA RODRÍGUEZ, Raul et Gabino LÓPEZ ARENAS. "Hallazgos en el recinto ceremonial de Tenochtitlan". In Arqueología Mexicana, vol. XVI, núm. 93, Editorial Raices-INAH, Mexico, pp. 18-25.

Códice Mendocino, Biblioteca Bodley, Oxford. Consultable en ligne le 3 mars 2010, sur : http://commons.wikimedia.org/wiki/Codex_Mendoza .

COUVREUR, Aurélie. 2002. "La description du Grand Temple de Mexico par Bernardino de Sahagún (Codex de Florence, annexe du Livre II)". In Journal de la Société des Américanistes, 88, Musée de l'Homme, Paris, p. 9-46. Document en ligne (pdf) disponible le 3 mars 2010 sur : http://jsa.revues.org/index2742.html .

MATOS MOCTEZUMA, Eduardo. 2008. Tenochtitlan. Fideicomiso Historia de las Américas, Serie Ciudades, Colegio de México-Fondo de Cultura Económica.

SAHAGUN, Bernardino de. 2000. Historia de las cosas de Nueva España. A. Lopez Austin et Josefina Garcia Quintana (éds.), 3 vols, Cien de México, CONACULTA, Mexico. 

SOUSTELLE, Jacques. 1955. La vie quotidienne des Aztèques à la veille de la Conquête espagnole, Hachette, Paris.

Partager

Notes similaires

Related Posts with Thumbnails