Accéder au contenu principal

Des traces d'anthropophagie à Cueva del Maguey, Durango

Lors de la XIVe conférence d'archéologie de la frontière nord qui s'est tenue à Paquimé, dans l'état de Chihuhua, l'archéologue José Luis Punzo a fait un exposé sur le site de Cueva del Maguey, située dans la Sierra de Durango. Chargé de l'exploration et de la conservation de ce site, Punzo a fait état de récentes découvertes, résultats de différentes saisons de fouilles.

Cueva del Maguey se distingue par son architecture : dans des cavernes suffisamment hautes, les habitants qui ont vécu à cet endroit vers 1450 avaient construit différents bâtiments et maisons. Le site a été bâti à 2600 mètres d'altitudes dans un massif boisé de la montagne duranguense.


Maison en acantilado, Cueva del Maguey, Durango.
Postclassique.
Photo INAH disponible le 27/07/2011 sur 

Des analyses ostéologiques pratiquées sur des restes humains retrouvés ont révélés que les Xiximes qui habitaient sur le site consommaient de la chair humaine lors de rituels liés à la guerre et aux cycles agricoles, notamment au moment des récoltes.
 
La pratique de l'anthropophagie et du cannibalisme rituel n'est en rien exceptionnel chez les anciens peuples mésoaméricains ou nordaméricains. Même si elle n'était quotidienne, elle n'en existait pas moins. Les médecins légaux qui ont étudiés les ossements ont notamment remarqué des traces de découpe sur un lot d'une quarantaine d'os. Ces derniers ont été recueillis lors de fouilles de surface, dans le but de conserver intact l'habitat des Xixime. Les archéologues ont également mis la main sur du bois, des graines, des cordages, des pierres taillées, des céramiques, des os d'animaux, des griffes de jaguar et des dents de crocodiles.
 
Il semblerait aussi que ses ossements aient été bouillis avant leur consommation. L'archéologie et l'anthropologie physique confirment ainsi les chroniques du XVIIe siècle, notamment la Carta annua de Hernando de Santarén. Des analyses ADN ont pu déterminer que les Xixime consommaient uniquement des individus appartenant à leur groupe ethnique, même s'il s'agissait d'ennemis.

Le bulletin de l'INAH est disponible en format .pdf ou sur le Réseau Mexicain d'Archéologie. Pour en savoir plus sur la toujours très polémique anthropophagie en Mésoamérique, pensez à consulter l'ouvrage de M. Graulich sur le sacrifice humain chez les Aztèques, publié aux éditions Fayard.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Compte-rendu Arqueología mexicana 139

Après nous avoir proposé un dossier très fouillé et varié sur l’amarante, la revue co-publiée par l’INAH et l’éditeur Raíces se sont penchés sur l’archéologie et l’histoire d’un des plus petits états mexicains, celui qui a conservé presque les mêmes frontières qu’il possédait avant l’arrivée des Espagnols : Tlaxcala. Ce dossier est présenté de manière chronologique. Aleksander Borejsza nous propose un état des lieux sur le Tlaxcala préhispanique en insistant sur la destruction toujours plus prononcée des contextes archéologiques en raison des activités humaines, agricoles notamment. David Carballo, professeur assistant à l’Université de Boston, revient pour sa part sur les principaux centres régionaux apparus au Tlaxcala entre le Préclassique et l’Épiclassique. Il explique notamment la nature de la sédentarisation des différent groupes ayant peuplé la région. Parmi les exemples détaillés par le chercheur figurent le site de La Laguna et le complexe Xochitécatl-Cacaxtla-Nativita...

Fouilles à La Perseverancia, Michoacan

Difficile de faire mieux ce jour. A travers des médias moins connus, on peut trouver traces d'importantes découvertes. C'est le cas de cette cité perdue, abandonnée au Michoacan. Rien de ce qui a été découvert ne permet une identification avec des populations qui peuplait cette partie du Mexique. Il ne s'agit de Nahuas, ni de Purepechas, ni d'Otomies, ni de Chichimèques. C'est le quotidien en ligne Provincia qui a proposé cette information pour le moins suprenante et qui mériterait des crédits plus importants. Reste de l'édifice K9, La Perseverancia, Michoacan Photo : Rodolfo Cid. Retrouvé le 26 janvier 2010 sur : http://bit.ly/8lhLYb Tout reste à faire pour les archéologues dirigés par Alejandro Salafranca. Bonne chance à son équipe...

Des restes humains anciens découverts sur le site de la Morita, Nuevo León

Des archéologues ont mené des recherches dans la grotte préhistorique La Morita II, à Nuevo León, lors de la phase II et III de la saison de fouilles 2023-2024. Ils ont découvert des restes humains datant de 2 500 à 3 000 ans avant notre ère, accompagnés de fragments de vannerie, de textiles et de fibres, probablement issus du linceul qui les enveloppait.  Fouilles des phases II et III, La Morita, Nuevo León. Photo : Moisés Valadez, INAH. L'exploration, menée par l'Institut National d'Anthropologie et d'Histoire (INAH) et le Centre INAH Nuevo León, a également permis de trouver des ustensiles et des outils à usage domestique-rituel. Selon l'archéologue Moisés Valadez Moreno, les restes humains comprennent des phalanges, des métatarsiens, un cubitus, un humérus, plusieurs côtes et des dents, correspondant probablement à un bébé et deux adolescents en raison de la présence d'os de petite taille. Il est probable que les restes aient été délibérément démembrés et d...