Accéder au contenu principal

Un enterrement zoque retrouvé au Chiapas

Notre connaissance des Zoques va encore avancer suite à la découverte des ossements de trois individus sur le territoire de la municipalité de Berriozábal, au Chiapas, en décembre dernier. L'heure est désormais aux premiers résultats d'analyses : il s'agirait d'un homme et d'une femme, âgé d'environ 38 à 42 ans et d'un foetus d'environ 7 mois de grossesse. Les déformations crâniennes et la taille des dents permettent d'établir qu'il s'agirait de Zoques de haut rang. Ils ont pu être datés entre 200 et 400 avant notre ère, c'est-à-dire le Préclassique récent.

L'archéologue Víctor Manuel Ortiz a expliqué que les ossements avaient été déplacés par le propriétaire alors qu'il creusait son terrain pour installer une fosse septique (sic!). Mais ils sont très fragmentaire si on en juge la liste publiée :
  1. pour les adultes, les médecins légistes ont identifié des radius, des cubitus, des humerus, des clavicules, des homoplates, des phalanges, des fémurs, des tibias, des peronés, quelques côtes et vertèbres, les mâchoires inférieures et les crânes fracturés et incomplets;
  2. pour le foetus, un clavicule, un radius, un humerus y un cubitus. 

Restes zoques, Préclassique tardif, Berriozabal, Chiapas.
Photo INAH, disponible le 21/07/2011 sur : 

Pour ce dernier, il n'est pas exclu qu'il soit incomplet, étant donné que la mère était encore enceinte au moment du décès et que son corps a commencé à se décomposer avant que le corps du foetus n'est pu complètement se développer.

Ces mêmes médecins ont pu déterminer quelques pathologies. Chez l'homme, ils ont établi une pathologie auditive. Son oreille est ainsi bouchée, conséquence d'activités aquatiques répétées ou d'otites.

Des analyses ADN vont être pratiquées afin de déterminer une filiation entre le foetus et les deux  adultes, et de confirmer une hypothèse des archéologues de l'INAH Chiapas : ils estiment qu'il s'agirait d'un enterrement d'une famille.

Cette petite vidéo proposée par l'INAH sur sa chaîne Youtube reprend les principaux éléments de la découverte.


Le quotidien Tabasco Hoy reprend la dépêche de l'INAH sur son site internet. Le bulletin de l'INAH est disponible en pdf, accompagné d'un diaporama intéressant.

[Mise à jour faite le 22/07/2011]

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Des restes humains anciens découverts sur le site de la Morita, Nuevo León

Des archéologues ont mené des recherches dans la grotte préhistorique La Morita II, à Nuevo León, lors de la phase II et III de la saison de fouilles 2023-2024. Ils ont découvert des restes humains datant de 2 500 à 3 000 ans avant notre ère, accompagnés de fragments de vannerie, de textiles et de fibres, probablement issus du linceul qui les enveloppait.  Fouilles des phases II et III, La Morita, Nuevo León. Photo : Moisés Valadez, INAH. L'exploration, menée par l'Institut National d'Anthropologie et d'Histoire (INAH) et le Centre INAH Nuevo León, a également permis de trouver des ustensiles et des outils à usage domestique-rituel. Selon l'archéologue Moisés Valadez Moreno, les restes humains comprennent des phalanges, des métatarsiens, un cubitus, un humérus, plusieurs côtes et des dents, correspondant probablement à un bébé et deux adolescents en raison de la présence d'os de petite taille. Il est probable que les restes aient été délibérément démembrés et d...

Guiengola : Une cité zapotèque révélée par le LiDAR

L'archéologie, cette quête passionnante du passé, se réinvente constamment grâce aux avancées technologiques. Aujourd'hui, c'est le LiDAR (Light Detection and Ranging), une technologie de télédétection par laser, qui nous offre un aperçu fascinant d'une civilisation méconnue : les Zapotèques de la période Postclassique tardive (environ 1200-1521 après J.-C.). Le site de Guiengola, au sud-est de l'État d'Oaxaca au Mexique, a récemment révélé ses secrets grâce à cette technologie révolutionnaire.  Avant l'utilisation du LiDAR, Guiengola était un site archéologique peu connu, partiellement exploré par des méthodes traditionnelles. La végétation dense et le terrain accidenté rendaient les explorations difficiles et limitaient notre compréhension de ce qui pouvait se cacher sous la surface. Mais l'arrivée du LiDAR a changé la donne.  Fig. 1. Carte du site archéologique de Guiengola, Oaxaca. L'avantage du LiDAR est sa capacité à couvrir de vastes zon...

Conférence en ligne Travesías por agua: Sistemas de navegación en Mesoamérica

Suite à la conférence prononcée par l'archéologue Mariana Favila Vazquez hier à El Colegio Nacional, nous plongeons dans un aspect fascinant et souvent méconnu de l'histoire mésoaméricaine : la navigation préhispanique. Loin de l'image d'une civilisation uniquement terrestre, les peuples du Mexique ancien étaient des marins et des navigateurs aguerris, exploitant fleuves, lacs et mers pour le commerce, la guerre et la vie quotidienne. Transmise en direct sur les réseaux sociaux de la prestigieuse institution mexicaine, l'intervention de Favila Vazquez, met en lumière la navigation maya et son importance.  Dès les années 1970. des archéologues comme Norman Hammond  ont souligné l'ampleur de la navigation maritime maya le long des côtes du Yucatán, principalement à travers l'étude de sources iconographiques. Des travaux plus récents, à partir des années 2010, ont étendu ces études aux eaux intérieures, c'est-à-dire les lacs et les rivières, avec des cont...