Accéder au contenu principal

Trois sculptures monumentales rapatriées depuis Miami

Sur sa page internet, l'INAH explique que le musée Lowe de l'Université de Floride a rendu aux autorités mexicaines trois sculptures de grandes dimensions qui avaient été introduits illégalement sur le territoire étatsunien.


La première pièce est une tête de serpent en basalte, datée du Postclassique et originaire du Haut plateau central. Ses dimensions sont respectables : 39,3 de hauteur pour 85 cm de longueur. On peut voir un motif de natte au dessus au-dessus des yeux. On ne distingue pas de plumes qui permettraient une identification plus facile.


La seconde pierre sculptée est en fait une stèle haute de 71 cm et large de 40,6 cm. Bien que rudimentaire, le style est identifiable avec le centre du Mexique. Il s'agit d'une représentation clairement reconnaissable de Tlaloc, portant un collier de chalchihuites et tenant probablement des éclairs dans ses deux mains. Une coiffe de longues plumes couvre son chef. Les traditionnels yeux circulaires sont ici rectangulaire et rappelle une sculpture du Vieux Dieu du feu. Cela n'est pas surprenant dans la mesure où les deux sont étroitement liés dans l'iconographie de Teotihuacan par exemple.

Une seconde stèle représente un personnage revêtu d'atours spectaculaire: il porte notamment une lourde coiffe en forme de tête d'ara et un pagne maintenu par une ceinture retombant sur le devant. De sa bouche s'échappent 4 volutes de parole. Sa main guache montre directement les cartouches de glyphes. Selon les informations disponibles sur la galerie de l'INAH, cette stèle daterait entre 600 et 200 avant Jésus-Christ (sic !) et serait originaire de la côte du Golfe du Mexique. Cependant un problème se pose: la présence contenant de cartouches contenant différents glyphes (certainement de dates) remet totalement en cause les plus anciennes dates en Compte Long connues jusqu'à présent, notamment à la Mojarra, Véracruz. J'ose croire qu'il s'agisse d'une coquille.






Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Des restes humains anciens découverts sur le site de la Morita, Nuevo León

Des archéologues ont mené des recherches dans la grotte préhistorique La Morita II, à Nuevo León, lors de la phase II et III de la saison de fouilles 2023-2024. Ils ont découvert des restes humains datant de 2 500 à 3 000 ans avant notre ère, accompagnés de fragments de vannerie, de textiles et de fibres, probablement issus du linceul qui les enveloppait.  Fouilles des phases II et III, La Morita, Nuevo León. Photo : Moisés Valadez, INAH. L'exploration, menée par l'Institut National d'Anthropologie et d'Histoire (INAH) et le Centre INAH Nuevo León, a également permis de trouver des ustensiles et des outils à usage domestique-rituel. Selon l'archéologue Moisés Valadez Moreno, les restes humains comprennent des phalanges, des métatarsiens, un cubitus, un humérus, plusieurs côtes et des dents, correspondant probablement à un bébé et deux adolescents en raison de la présence d'os de petite taille. Il est probable que les restes aient été délibérément démembrés et d...

Guiengola : Une cité zapotèque révélée par le LiDAR

L'archéologie, cette quête passionnante du passé, se réinvente constamment grâce aux avancées technologiques. Aujourd'hui, c'est le LiDAR (Light Detection and Ranging), une technologie de télédétection par laser, qui nous offre un aperçu fascinant d'une civilisation méconnue : les Zapotèques de la période Postclassique tardive (environ 1200-1521 après J.-C.). Le site de Guiengola, au sud-est de l'État d'Oaxaca au Mexique, a récemment révélé ses secrets grâce à cette technologie révolutionnaire.  Avant l'utilisation du LiDAR, Guiengola était un site archéologique peu connu, partiellement exploré par des méthodes traditionnelles. La végétation dense et le terrain accidenté rendaient les explorations difficiles et limitaient notre compréhension de ce qui pouvait se cacher sous la surface. Mais l'arrivée du LiDAR a changé la donne.  Fig. 1. Carte du site archéologique de Guiengola, Oaxaca. L'avantage du LiDAR est sa capacité à couvrir de vastes zon...

Conférence en ligne Travesías por agua: Sistemas de navegación en Mesoamérica

Suite à la conférence prononcée par l'archéologue Mariana Favila Vazquez hier à El Colegio Nacional, nous plongeons dans un aspect fascinant et souvent méconnu de l'histoire mésoaméricaine : la navigation préhispanique. Loin de l'image d'une civilisation uniquement terrestre, les peuples du Mexique ancien étaient des marins et des navigateurs aguerris, exploitant fleuves, lacs et mers pour le commerce, la guerre et la vie quotidienne. Transmise en direct sur les réseaux sociaux de la prestigieuse institution mexicaine, l'intervention de Favila Vazquez, met en lumière la navigation maya et son importance.  Dès les années 1970. des archéologues comme Norman Hammond  ont souligné l'ampleur de la navigation maritime maya le long des côtes du Yucatán, principalement à travers l'étude de sources iconographiques. Des travaux plus récents, à partir des années 2010, ont étendu ces études aux eaux intérieures, c'est-à-dire les lacs et les rivières, avec des cont...