mercredi 15 avril 2015

Compte-rendu Arqueología mexicana 132

Les éditeurs et le comité scientifique de la revue co-publiée par l'INAH a pris l'excellente initiative de nous proposer un numéro sur l'archéologie oaxacaine. Il y a quelques temps, on avait déjà pu bénéficier d'un travail de haute volée sur les fouilles d'Atzompa, ville satellite de Monte Albán.


Il n'est justement pas question de Monte Albán dans ce numéro et c'est tant mieux. Le lecteur pourra ainsi découvrir des sites appartenant à d'autres cultures, contemporaines ou non, de cette cité du Mexique ancien. Ce numéro est orienté vers un aspect révélateur des cultures s'étant succédé ou ayant occupé simultanément ce territoire : les tombes.

Javier Urcid est un des grands spécialistes des anciennes cultures du Oaxaca préhispanique. Il nous propose une plongée au coeur des tombes royales découvertes à Cerro de la Campana, nom qu'il considère plus approprié que celui d'Huijazoo. Situé à 27 km au nord-ouest d'Oaxaca, Cerro de la Campana.

Après l'intervention particulièrement détaillé du professeur de l'Université de Brandeis, on lira l'article du Dr. Michael Lind sur les tombes découvertes à Lambityeco. L'ancien professeur de l'UDLAP s'intéresse autant aux tombes des gens du commun qu'à celles de leur élite dirigeante.

Situé sur la route Panaméricaine, le site de Yagul est une étape obligée pour celles et ceux qui souhaitent voir Mitla. Yagul a notamment été le théâtre de la mise en place d'un nouveau style architectural qui propose une structure funéraire à triple chambre. Nelly Roblés qui a provoqué la polémique au sein de la communauté archéologique mexicaine pour certaines décisions prises lorsqu'elle était à la tête du Conseil National d'Archéologie. Dans un trop court article, l'archéologue oaxacaine revient notamment sur l'importance de la pierre taillée.

Impossible de parler de tombes oaxacaines sans évoquer le cas de Mitla. Iván Olguín Ramírez a décidé de verser dans l'histoire de l'archéologie en résumant les explorations effectuées par Leopoldo Batres à la fin du XIX siècle. Le jeu auteur de cet article établit une typologie des tombes observées sur ce site.

Agustin Andrade Cuautle, coordinateur de la section Archéologie de l'INAH Oaxaca, effectue un résumé rapide des fouilles entreprises à El Popote en 2010 près de San Sebastian Teitipac. L'archéologue explique notamment la présence de deux contextes funéraires appartenant à deux époques distinctes qui ont pu être déterminées par la présence de matériels céramiques et lithiques.


Cesar Dante García Rios et Ricardo Higelin Ponce de León ont travaillé sur la tombe 1 de San Pedro Ixtlahuaca et ont pu déterminer que son occupant, déposé au 12e siècle était un homme d'un statut social important. Le matériel qui avait été enterré avec lui permette de tirer cette conclusion. Les auteurs de cet article mentionne la présence multiple de sculptures représentant des divinités liées à la fertilité, à la pluie mais aussi probablement à la guerre.

On retrouve Ricardo Higelin Ponce de León comme auteur d'un second article sur une fosse partagée (commune?) observée entre Tlacolula et la Sierra mixe. Avec Antonio Martínez Tuñón, ils présentent un contexte funéraire particulièrement riche retrouvé dans une tombe du site de San Miguel Albarradas. Ce sont les restes osseux de 75 individus adultes qui ont ainsi été mis au jour dans une tombe mesurant 5 m de long. Un détail de grande importance est que tous les individus enterrés à cet endroit proviennent de contextes primaires distincts.

Le dernier article de ce long dossier est l'oeuvre de Tito Cuauhtémoc Mijangos García et Socorro Delfina García Hernández. Ces deux archéologues de l'INAH Oaxaca rapportent les fouilles de sauvetage effectuées dans la tombe de Sa Kugñia Sju, située dans la région chololtèque d'Oaxaca. Leur papier est essentiellement schématique mais il mentionne la présence de trois individus enterrés à différents moments mais pouvant appartenir probablement à une même lignée.

Le Dr. Manuel Hermann Lejarazu, chercheur au CIESAS-DF, complète cette compilation de travaux en s'attardant sur les récits de fondation dans la tradition mixtèque et chololtèque. Il revient en détail sur l'importance des serpents de pluies, animal fantastique qui empêchait la fondation des villages et le développement de la lignée chololtèque dans la région.

Arqueología mexicana compte également un article à quatre mains d'Eric Taladoire et d'Henri Noël Bernard sur les aventures de deux pièces de style olmèque en Europe. C'est María de Guadalupe Suárez Castro qui expose le document de ce numéro : il s'agit du Chilam Balam de Tekax, document yucatèque rédigé en 1833, qui combine les calendriers maya et européens, une section de remèdes et un almanach des signes de jours favorables ou non. Xavier Noguez revient pour sa part sur l'exposition Códices de México et les activités qui ont été mises en place à cette occasion.

Un autre article rédigé par une équipe polyvalente de chercheurs essaie de différencier le tizate et le tiza, autant par leurs propriétés physico-chimiques respectives que leur utilisation respective lors de l'élaboration d'oeuvres d'art préhispaniques et coloniales.

Dans sa série de réflexions "Mensonges et vérités", Eduardo Matos Moctezuma propose un détour insolite par l’opéra. L'archéologue émérite de l'INAH se demande ainsi combien d'opéras porte le nom de son glorieux ancêtre.

La rubrique "Archéologie mexicaine dans le monde" propose l'expérience de terrain vécue par Pilar Luna Erreguerena, sous-directrice d'Archéologie subaquatique près du Cap Gélidonie en Turquie.
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