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Compte-rendu Arqueología mexicana hors-série 61

Enfin ! Il aura fallu plus de vingt ans pour que les lecteurs d'Arqueología mexicana puissent avoir un résumé relativement complet des manifestations graphiques les plus répandues sur le territoire mexicain : les représentations rupestres sous formes de peintures ou de gravure sont un mode d'expression aussi ancien que les vagues de populations dans cette partie du monde.


María del Pilar Casado López possède une bonne expérience des manifestations rupestres. La directrice de la Planification, de l'Évaluation et de la Coordination des projets de la Coordination Nationale d'Archéologie de l'INAH propose une étude en deux temps.

Tout d'abord elle propose une étude de l'art rupestre mexicain par un court état des lieux de la recherche. Suit une tentative de définition de l'art rupestre. Peut-on ou dit-on considérer ces images comme une manifestation culturelle possédant une connotation lié à l'esthétique. Sur ce sujet, nous vous invitons à regarder ce panel d'experts réunis lors du
Dans un deuxième temps, elle rapporté les principales concentrations d'images peintes ou sculptées dans la pierre présente dans six zones géographiques. 






À ce titre, la zone Nord est la plus vaste : elle aurait mérité un choix éditorial plus détaillée. Le nord-est du Mexique possède notamment une iconographie et un style propre, distincte de son homologue du nord-ouest.

Étant donné la quantité énorme de représentations pariétales, l'absence d'un registre complet et actualisé de celles-ci, il conviendrait que ce numéro hors-série soit le premier d'une longue série. Il nous semble que Casado López est pleinement de cette difficulté.

Le directeur de publication d'Arqueología mexicana, Enrique Cela, a récemment estimé que la recherche sur les manifestations carcérales au Mexique était en "couche-culottes". Cette expression est à la fois vraie et incorrecte. Certains chercheurs comme Otto Schöndube, William Green, Solveig Turpin, Paulie Schaafma ou feu Beatriz Braniff ont consacré plusieurs décennies de leurs vie à enregistrer l'existence d'un patrimoine incroyable. 

Le problème de l'art rupestre mexicain est double. Les budgets de l'INAH sur l'art rupestre sont le plus souvent réduits à une proportion congrue et indécente. D'autre part, il est peu diffusé. Répétons-le : c'est la première fois que la revue Arqueología mexicana publie un numéro complet sur le sujet. Observons également l'organisation des salles du Musée National d'Anthropologie à Mexico : le nord de ce pays, qui représente plus de la moitié territoire est présent dans une minuscule salle. Les autorités de l'INAH auraient donc tout intérêt à reconsidérer leur position sur l'art rupestre mexicain. Cela permettrait également aux Mexicains d'avoir plus conception plus exacte de leur passé pour pouvoir le respecter et le préserver.

La suggestion est somme toute valable pour le gouvernement français. Si le président Hollande s'est apparemment émerveillé en visitant la réplique de la Grotte Chauvet, pourquoi son gouvernement (et particulièrement les ministères de la culture, de l'éducation nationale, de la recherche et de l'enseignement supérieur) ne planche pas sur un budget plus conséquent pour connaître et diffuser notre patrimoine préhistorique ?
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